Désolé pour l'attente mais cela deviens difficile d'écrire avec les cours. Voici mon nouveau chapitre.
Dix heure venait de sonner, Merlin avait guetté patiemment la tombé de la nuit pour enfin pouvoir retrouver Morgana qui il le savait, l'attendait. Hunith s'était endormie, son souffle s'était fait régulier signe d'un profond sommeil après une dure journée de travail. La pauvre travaillait sans relâche pour subvenir à leur besoin et offrir au prince déchu la meilleure vie possible. Une vie qui elle le savait ne serai jamais la même que celle qu'il avait vécu auparavant. Merlin savait cependant qu'en dépit de ses dures conditions auxquelles il n'était pas encore habitué, il ne manquerait jamais d'amour.
Après un dernier regard en arrière, il sortit de leur chambre. Lui aussi était épuisé. Mais il éprouvait malgré tout un intense soulagement. Il avait eu si peur que Morgana se mette à parler, qu'elle révèle leur secret et ruine ainsi leur chance de survivre. S'élançant dans le grand escalier, il n'avait pas pris de bougie effrayé à l'idée d'alerter quelqu'un, ses pas dans le noir se firent silencieux. Les yeux baissés sur les marches du grand escalier en colimaçon, il se souvint du long trajet plein d'angoisse et de la peur qu'il avait ressenti lorsque Morgana était tombé à l'eau. Ce souvenir réveilla sa nervosité et il s'accroupi quelques instants, attentif au moindre bruit.
Rien, personne, la voie était libre pourtant cette envie de voir sa sœur qui le tenaillait l'empêchait de faire le moindre mouvement. Si on les découvrait que se passerait-il ? Seraient-ils chassés du palais ou pire ? Il n'avait pas droit à la moindre erreur.
Sortant dans la cour, Merlin repéra rapidement les deux gardes devant le tour. Il fallait les distraire suffisamment longtemps pour pouvoir se faufiler à l'intérieur. Il réfléchit vite et la seule idée qui lui vint à l'esprit nécessitait l'usage de la magie. Après tout faire bouger ces gros tonneaux à l'entrée était difficile sans magie. Personne à droite, personne à gauche.
« Dolgben » chuchota t'il. Ses yeux brillèrent instantanément et le tonneau bougea, puis roula venant s'arrêter aux pieds du garde qui surpris regarda son partenaire. Les deux hommes abasourdis ne savaient pas comment réagir, il n'y avait pas un souffle de vent ce soir. Alors ils entreprirent de ramener le tonneau de là où il venait n'osant prononcer un mot. Merlin en profita pour se faufiler à l'intérieur ni vu ni connu le sourire aux lèvres. Sa magie était un don de la nature, jamais il ne renoncerait à l'utiliser même si sa vie en dépendait et cela malgré les avertissements d'Hunith. Jamais il ne se plierait aux exigences de ses hommes qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez et qui tremblaient tant à la vie d'un simple sortilège. La magie noire était néfaste mais dans leur état de simple mortel ils ne feraient jamais la différence. Tout ce qui sortait de l'ordinaire était à craindre et désormais, après cette abominable guerre, à détruire.
Merlin se mit à la recherche du cadeau déposé plus tôt dans la soirée par sa sœur, il n'était pas difficile de le trouver vu l'odeur nauséabonde qui s'en dégagé. Lorsqu'il aperçut le crottin de cheval dispersé dans le couloir il n'eut qu'a se laissé guider jusqu'à la chambre de Morgana.
Lorsqu'il atteignit la porte de sa chambre, il hésita. Peut-être n'était-elle pas seule, il posa alors l'oreille contre le bois froid et attendit. Au bout de quelques secondes il se retrouva par terre au pied de Morgana qui avait brusquement ouvert la porte.
« Bonsoir mon frère ». Le rire qui s'échappa de sa gorge annihila tout sentiment de colère de l'esprit de Merlin qui se trouva bien stupide.
« Tu l'as fait exprès » marmonna t'il.
Morgana entreprit de relever son frère. Elle ferma aussitôt la porte et se jeta dans ses bras, gloussant suite à cette entrée digne d'un prince de sang.
« Merlin » dit-elle enfouissant son visage dans sa chemise « Merlin ».
Après l'avoir serré contre lui, il se détacha d'elle, prenant son visage dans ses mains.
« Tu vas bien ? »
« Oui » hoqueta-t-elle. « Mais je ne comprends rien, ils me prennent tous pour sa fille alors que c'est faux. J'ai préféré ne rien dire parce que j'avais peur mais maintenant je veux partir avec toi, je veux rentrer à la maison. »
« Morgana » dit-il en la secouant puis en la prenant de nouveau dans ses bras. « Morgana ! On ne peut pas rentrer il n'y a plus personne la bas. Hunith ne veux plus que nous utilisions la magie, ne dit jamais à personne d'où tu viens et qui tu es tu m'entends ? Personne ne doit jamais savoir sinon ils nous tuerons comme papa et maman. »
« Mais Merlin … » L'enfant désœuvrée ne savait plus où donner de la tête, tout se bousculait dans son monde jadis parfait. Le seul point d'encrage était son frère qui elle le savait ne la quitterait jamais.
« Non Morgana tu ne dois plus parler de ça, il faut rester ici avec Hunith, avec tes nouveaux parents »
« Ce ne sont pas mes parents ! »
« Je sais Morgana, mais ici nous sommes en sécurité, dehors nous n'avons aucune chance. »
Aucune chance, les gens étaient donc si cruels. Pourquoi le sort s'acharnait il sur eux. Elle était en sécurité ici mais Merlin ?
« Eh toi qu'est-ce que tu vas faire ? »
« Je vais rester ici avec toi. »
« Comme serviteur ? »
« Ça ne me dérange pas, de toute façon je n'ai pas le choix. »
Merlin tenta de sourire mais Morgana n'était pas dupe et elle connaissait son frère mieux que personne.
« Mais ce n'est pas juste. »
« Tu as plus de chance que moi petite sœur mais je suis heureux que tu es cette place. »
S'en était trop, accepterait elle d'être traité selon son rang pendant que la chair de sa chair, le sang de son sang irait trébucher dans la boue ?
« Eh bien pas moi, je voudrais travailler avec Hunith et toi ! »
Cette fois Merlin rit de bon cœur depuis combien de temps n'avait-il pas taquiné sa sœur.
« Ne dit pas n'importe quoi, tu détestes faire ton propre lit alors imagine le lit de toutes les chambres du château, il y en a beaucoup tu sais. »
« Tu te moques ! »
Morgana se renfrogna, tout cela était si sérieux pour elle. Merlin le comprit et tenta de la rassurer quant à son propre sort qui finalement n'était pas si terrible vu celui de leurs frères. Morgana le comprendrait un jour quand elle aurait grandi et muri.
« On sera ensemble quoi qu'il arrive, et même si personne ne sait, nous on le sauras et peut être qu'un jour les choses changeront »
« Mais quand Merlin ? Quand ? »
« Un jour, je te le promets, les choses changeront pour nous mais pour l'instant il faut vivre, c'est tout ce qui importe, tu comprends ? Promets-moi de ne jamais révéler notre secret et surtout pas au roi »
« Oui, je ferais attention »
« Tu me le promet ? »
« Je te le promets Merlin … jusqu'au jour où nous serons libres »
« Jusqu'au jour où nous serons libres »
Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir, ils les entendirent tous deux et à peine eurent ils le temps de se regarder qu'ils foncèrent se réfugier derrière le rideau de l'immense fenêtre.
La porte s'ouvrit et une femme pénétra dans la chambre de Morgana. C'était la nourrice qui venait s'assurer que l'enfant dormait bien. En la voyant ainsi la petite fille se maudit de s'être réfugié auprès de Merlin dans ce moment de panique. « Qu'elle sotte ! » pensa-t-elle. Il fallait qu'elle sorte Merlin de ce traquenard et une idée commença à germer dans son esprit.
« Merlin » chuchota t'elle
Il ne répondit pas, les yeux rivés sur la nourrice qui faisait le tour du propriétaire, cherchant sa petite protégée.
« Merlin » répéta-t-elle un peu plus fort.
Cette fois il tourna immédiatement la tête.
« Oui ? »
« Euh tu crois … tu crois que si je faisais mine d'avoir eu peur en entendant quelqu'un rentrer dans ma chambre puis tellement soulagé de voir ma nourrice, si je m'évanouissais, tu penses que ça ferait l'affaire ? Tu pourrais sortir ? »
« C'est vrai que tu es fragile petite sœur » dit-il d'un ton ironique. « Ma foi je crois que ça irai, si tu pouvais t'arranger pour tomber sur elle, ça serait encore mieux »
Morgana sortit le plus silencieusement possible de leur cachète.
« Arielle, c'est toi ? » Elle prit l'air le plus terrifié possible.
« Madame, oh Madame, c'est vous, je croyais que vous aviez disparu ! »
Morgana se jeta sur elle, tentant de verser de grosses larmes
« Oh Arielle, j'ai eu si peur, j'ai cru qu'un étranger était rentré dans ma chambre »
Elle sentit que le moment était venu de faire diversion afin de laisser à Merlin la chance de s'enfuir sans trop de pertes.
Elle s'avança en prenant soin d'écraser le gros orteil de la nourrice qui glapit de douleur.
« Je suis confuse » s'exclama-t-elle « C'est que… je ne me sens pas très bien ! Je crois que je vais défaill…
La femme rattrapa la petite fille de justesse, la pris dans ces bras pour la réveiller et la réveiller sans s'apercevoir de la petite ombre derrière elle qui se faufilait par la porte.
La nourrice jura voir un sourire se dessiner sur les lèvres de la petite fille qu'elle tenait dans ses bras.
« Un jour nous serons libres » pensa Morgana et ce jour-là, ils regretteront tous leurs actes ! »
