Chapitre 3

Après l'école les enfants Cullen accompagnés des loups arrivèrent le plus rapidement possible chez eux. Aussi impatient les uns que les autres, ils entrèrent dans la villa comme un troupeau d'éléphants.

Rapidement, ils trouvèrent Esmé assise seule dans le vaste salon, une moue soucieuse aux lèvres. Près d'elle, il y avait les vestiges d'un vase et d'un miroir, tous deux brisés.

- Que c'est-t-il passé ? Demanda Emmett, de tous les enfants Cullen, il était le plus proche de sa mère.

- C'est Edward, dit elle en désignant des débris. Il était vraiment en colère et il les a brisés de rage.

- Est-ce que tu sais pourquoi ? Demanda Bella inquiète.

- Non.

- Où est-il ?

- Avec Carlisle dans son bureau. Lui aussi semblait en colère pour une quelconque raison, soupira-t-elle. Ils sont revenus dans cet état de l'hôpital.

- Depuis combien de temps sont-ils enfermés ? Demanda Jasper.

- Près d'une heure.

- Ca va ? Demanda Rosalie en prenant sa mère dans ses bras.

- Oui, c'est juste que je n'aie jamais vu une telle colère chez Carlisle et Edward. Pas même lorsque les Volturi menaçaient Nessie.

- C'est peut-être à cause de la nouvelle, hasarda Jacob.

- Comment ? Demanda Esmé une lueur d'intérêt dans les yeux.

- Eh bien, depuis qu'il l'a vu, il est bizarre.

- Bizarre comment ? Demanda Bella d'une voix agressive et Renesmée s'approcha d'elle dans l'espoir de la calmer.

- Heu, eh bien il…il n'arrêtait pas de la regarder, confessa-t-il de peine et de misère, eh oui la solidarité masculine fonctionnait même pour les anciens ennemis. Et il reniflait les effluves de son odeur.

- Pourquoi, je n'ai rien vu ? Demanda Seth surprit.

- Ah, ça je ne sais pas, s'exclama son alpha. De quelle couleur sont ses cheveux ?

- D'une couleur étonnante. De la racine, ils sont blonds puis ils se dégradent vers le cuivre avec une touche de roux et de brun. Dit alors Seth rêveusement.

- Voila pourquoi tu n'as rien vu.

- Seth, nous devons parler tous les deux, lui dit sa sœur les sourcils froncés.

Le frère et la sœur sortirent sous les soupirs du plus jeune et les sourirent amusés des personnes restantes. Il savait bien ce qui l'attendait.

- Désolé Bella, dit Jacob penaud au vampire qui serrait la mâchoire de rage.

- Ça ne nous dit pas pourquoi ils sont en colère, remarqua Alice.

- Bon, ils nous le diront bien lorsqu'ils seront prêts, décida Esmé. J'ai envie de faire les boutiques. Qui veut m'accompagner ?

Personne n'était dupe, ils savaient bien qu'elle ne faisait que cela pour calmer leurs inquiétudes et la sienne par la même occasion.

Cependant, sa demande eut l'effet escompté et la pièce se vida de tous ses hommes en un temps record sous les rires des femmes seules restantes.

Une fois que celles-ci furent parties, ces derniers se réunirent tous dans le salon. Le même air préoccupé habitait leurs visages. Finalement, chacun reparti de son coté pour une quelconque occupation.

Tous, sauf Jasper.

Le major monta rapidement les escaliers et s'arrêta devant le bureau de Carlisle, sans aucune hésitation il ouvrit la porte. Deux têtes se tournèrent vers lui.

- C'est elle ?

- Je crois bien que oui.

- Tu ferais bien d'en être sur à cent pour cent.

Deux hochements de têtes approuvèrent sa dernière phrase. L'ancien soldat soupira.

- Par quoi commençons-nous ?

Les deux autres lui envoyèrent un sourire et il ferma la porte pour que personne n'entende quoique ce soit.

Personne ne sut que Jasper avait rejoins les deux vampires dans le bureau. Ces deux derniers restèrent dans celui-ci jusqu'au matin lorsque Edward dut se rendre au lycée.

Aucunes émotions n'étaient visibles sur leurs visages. Avant que quiconque n'ait pu poser une seule question, ils étaient dans leurs voitures et déjà bien loin.

- Qu'est-ce qu'il vient de ce passer ? Demanda Rosalie.

- Je crois bien que nous nous sommes fais ignorer, répondit platement son époux.

Il y eut un long moment de silence avant qu'Alice ne le rompe.

- Nous devrions partir. Edward est déjà au lycée et les cours vont commencés…on sera en retard.

Personne ne protesta. Sans un mot, ils montèrent dans leurs véhicules et se rendirent à l'école.

Pendant ce temps, Edward lui arrêtait sa voiture, puis se dirigeait tranquillement vers les portes de l'école. Il allait ouvrir une porte lorsqu'il fut interrompu par une masse de cheveux cuivrés.

- Hey, Edward c'est ça ? Demanda Luna.

Le vampire approuva.

- Ça va ? Hier tu ne semblais pas aller très bien.

- Je vais bien, une indigestion, menti-t-il.

- La bouffe de la cafète ?

- Ouais.

Ils marchèrent côtes à côtes un bon moment avant que la jeune femme ne s'arrête et brise le silence qui s'était installé.

- Tu connais un ou plusieurs beaux coins de paysage à White Rock ?

- Oui, pourquoi ?

- Tu te souviens du devoir que Tom nous a donné ?

- Oui.

- Bien, à par ma nouvelle maison et l'école, je ne connais pas la ville.

- Je connais effectivement quelques endroits, sourit Edward.

- Tu accepterais de me les montrer ?

- Je ne sais pas, un artiste ne révèle pas ses secrets.

- Oh aller, s'il te plait, insista la jeune femme. Tom est le seul prof de ce bahut qui vaut la peine que nous fassions ses travaux et le seul qui a mon respect d'ailleurs…Si tu acceptes, tu auras ma reconnaissance éternelle.

- Ta reconnaissance éternelle, vraiment ? Demanda Edward intérieurement mort de rire. Très bien, dit moi ou tu habites et je te ferai découvrir White Rock.

- Génial, merci.

- Alors, tu as quoi ?

- Danse et toi ?

- Anglais. Danse ? C'est une option et normalement tous les élèves en ont deux, s'étonna Edward. Toi, ça te fait trois.

- La danse remplace le sport, répondit la jeune femme. Les Evans ont insistés pour que je face danse. Apparemment, je suis violente quand je joue à des sports d'équipes.

- L'es-tu ? Demanda Edward amusé.

- Disons que j'aime les sports de contact.

Une mélodie affreusement stridente se fit alors entendre.

- C'est ça leur cloche ? S'exclama l'adolescente incrédule. Ils doivent vouloir notre mort par ultrason.

- Au bout d'un an, tu seras habitué, confessa Edward.

- Un an ? Faudrait pour ça que je reste un an. Aller, faut que je me sauve ou je suis bonne pour cinq tours de studio.

La jeune femme partit en courant sous le regard tendre d'Edward.

Il avait réussit ! Il allait la voir durant la fin de semaine. C'est Carlisle qui serait content.

La journée passa à une vitesse hallucinante pour Edward. Entre ses cours, Luna et son acharnement visible à éviter sa famille, il n'eut pas le temps de s'ennuyer. Bien sure, il savait que sa façon d'agir était puérile, mais il n'était pas prêt à affronter l'inquisition qu'était sa famille pour le moment. En plus, il avait quelque chose de plus important à faire que de satisfaire leur curiosité.

Ce petit jeu continua jusqu'au soir sous l'exaspération grandissante de tous. Sentant que les membres de sa famille ne tiendraient pas très longtemps, Carlisle décida de partir chasser avec son premier fils. Prétendant, vouloir essayer d'en savoir plus, auprès de sa femme et des ses frères et sœurs Jasper suivit les deux vampires.

- Alors, tout fonctionne comme prévu ? Demanda Carlisle.

- Oui, répondit Edward tout en regardant Jasper qui arrivait. Samedi, je dois lui montrer la ville.

- C'est bien, dit le soldat. Tu nous diras à se moment si c'est vraiment elle, ensuite si c'est elle il faudra le dire aux autres.

- Je suis totalement heureux pour la première fois depuis cent ans. Confia Edward. Bella à remit la joie dans mon existence, mais elle, elle l'éclaire par sa seule présence. Bon je sais qu'il nous reste à savoir comment et pourquoi, mais vous comprenez ce que je veux dire.

- Oui, j'ai hâte de la revoir mon fils.

- Bientôt Carlisle, très bientôt.

- Eh moi j'aimerais la connaître autrement que par des photos vieilles de centaines d'années, sourit Jasper.

- Je ne prendrais même pas la peine de répondre à ça.

- Les garçons, les avertit Carlisle le sourire aux lèvres.

Le samedi matin, Edward était chez Luna à sept heures. La maison était ridiculement grosse. Elle ressemblait d'avantage à un manoir qu'à une maison et le vampire n'entendait que quatre battements de cœurs dans celle-ci. De son temps, il vivait certes dans un manoir, mais en plus de sa famille il y avait une dizaine de personnes qui travaillait pour eux et qui les aidaient à entretenir la propriété.

Il montait doucement les escaliers menant à la porte d'entrer lorsqu'il les entendit, les cris et les injures. Inquiet, il frappa à la porte et ce fut un petit garçon qui lui ouvrit.

Celui-ci avait environs quatre ans et durant un instant Edward pensa qu'il était trop mignon, mais il ne l'avouerait jamais à voix haute. Seulement, le petit garçon était vraiment mignon avec ses cheveux bruns bouclés qui allaient dans tout les sens. Ses yeux étaient d'un bleu incroyable, encore tout ensommeillés cependant. Visiblement, il n'était pas tout à fait réveillé. Un nez en retroussé et une moue boudeuse complétaient son visage d'ange.

Les cris qui parvenaient jusqu'à eux ne semblaient pas l'incommoder plus que ça.

- Tu es qui toi ? Demande-t-il plutôt.

- Salut bonhomme, je suis un ami de Luna, dit Edward tout en s'accroupissant.

Un bruit de verre cassé parvient à ses oreilles et l'enfant se retourna vivement, tendis que les voix augmentaient en intensité et en volume.

Lorsqu'il se retourna Edward perçut la peur du petit.

- Tu t'appelles comment ? Demanda-t-il pour lui changer les idées.

- Thomas et j'ai quatre ans, dit-il en montrant fièrement ses doigts.

- Eh bien dit donc, tu es bien grand, s'exclama Edward ce qui sembla ravir le petit bonhomme en face de lui.

- Tu es un ami de Luna ?

- Oui, je m'appelle Edward.

- Luna m'a dit que tu viendrais aujourd'hui.

- Ah oui ?

- Oui, mais George et Debbie ne veulent pas qu'elle parte avec toi, déclara Thomas comme si rien n'était.

Edward comprit alors la raison de tous ses cris.

- Tu l'a connais bien Luna ?

- Oui, on vient du même foyer d'accueil, mais elle, elle ne veut pas être ici.

- Ah bon ?

- Oui, c'est elle qui me l'a dit.

Il semblait triste de ce fait.

- George et Debbie sont gentils.

- J'en suis sure, assura Edward.

Ils furent interrompus par l'arriver soudaine de Luna et d'un couple.

-…et puis de toute façon vous ne pourrez pas m'en empêcher, cracha la jeune femme d'une voix froide. Ah Edward.

- Monsieur, madame, salua poliment le vampire.

- Vous êtes ? Demanda George.

Luna souffla agacée.

- Edward Cullen.

- Le fils de Carlisle, le médecin ?

- Bon ça suffit, s'exclama l'adolescente. Debbie, George ne m'attendez pas.

La jeune femme entraîna Edward vers la sortit.

- Ça va ? Demanda celui-ci tendis qu'ils s'asseyaient dans la Porsche.

- Oh ça ? C'était juste une divergence d'opinions, dit-elle nonchalamment.

- Divergence d'opinions ? Je ne veux pas être la lorsque vous vous disputez.

Luna sourit et regarda la route défiler devant elle.

- Thomas à l'air génial.

- Il l'est, assura-t-elle tendrement. Alors ou allons nous ?

Edward sourit et accéléra.

Durant toute l'avant midi, le vampire entreprit de faire découvrir White Rock à Luna. Lorsque midi sonna la jeune femme se prit un encas de même qu'Edward pour donner le change.

Ils étaient depuis un moment sur une plage quelconque à regarder les vagues se briser sur le sable lorsque Edward interrompis le calme silence qui c'était installé.

- Je vais te montrer l'endroit que je préfère.

- D'accord.

Il entraîna l'adolescente dans sa voiture et il les conduisit hors de la ville. Le vampire arrêta la voiture une vingtaine de minutes plus tard dans une forêt sur un chemin de terre.

- J'espère que la marche ne te fait pas peur.

- Il en faut plus pour m'effrayer, rétorqua la jeune femme.

- Alors en route mauvaise troupe.

Ils marchèrent longuement à travers la forêt. Luna marchait avec aisance à travers les arbres et raines démontrant une certaine habitude. Une chose troubla Edward tendis qu'ils marchaient. Elle ne faisait aucun bruit lorsqu'elle marchait, contrairement à l'habitude humaine.

- Nous y voilà, annonça Edward un moment plus tard.

- Wow, murmura-t-elle émerveillé.

La petite clairière ou ils avaient débouchés était un peu surélevée ce qui faisant en sorte que devant eux s'étendait la forêt. La mer coupait brusquement l'avancé de la faune et le soleil qui se reflétait sur l'eau ajoutait au charme de l'endroit. Lorsqu'elle regarda vers la gauche, Luna vit une petite cascade dont la chute terminait dans une source.

En un mot l'endroit était magnifique.

- Je crois que j'ai trouvé quoi dessiner, dit-elle. À moins que tu veuilles le faire ?

- Que veux-tu faire ? Demanda Edward.

- La vue sur les arbres et la mer. Le soleil qui se reflète sur l'eau, c'est magnifique.

- Alors je ferrai la chute.

- Ça ne te dérange pas ?

- Non, l'endroit est bien asser grand pour deux.

- D'accord et si je m'assis sur l'une de ces grosses roches ?

- Tu seras mon model.

- Intéressant, je n'ai jamais servi de model.

- Il faut une première fois à tout.

La jeune femme s'assit et sortit de son sac un cahier et des crayons. Aussitôt qu'elle eut ces derniers en main, elle se mit à dessiner. Edward lui prit le temps de sortir son matériel puis commença son œuvre lui aussi.

-Tu disais que tu avais été dans le coma ? Demande-t-il.

- J'ai dis ça ? S'étonna Luna. Tu as du me faire une sacré impression. Peut gens le savent.

- Si tu ne veux pas en parler…

- Non, c'est bon. C'est juste que mon cerveau n'a pas enregistré toutes les conneries que j'ai dites lors de mon premier jour.

- C'est sur qu'avec la bande de Ricky.

- Ouais.

La jeune femme se fit silencieuse, son regard vert se perdit dans le vaste océan.

« - J'avais six ans.

Edward releva les yeux de son dessin.

- J'avais six ans lorsque je me suis réveillé, enfin c'est ce qu'ils ont dit, les médecins je veux dire. Ils avaient le choix entre cinq, six et sept ans. Ils ont choisi six, plus sure.

Elle sourit à Edward.

- Ils m'ont dit que j'avais eu un accident de voiture, mais que j'étais seule dans celle-ci. Une enquête a été ouverte, mais la police n'a rien trouvé. Les médecins m'ont dit que je m'appelais Luna, ils le savent à cause d'un médaillon que j'avais sur moi.

Elle lui montra le dit médaillon.

- Mon nom est gravé dessus…

-…J'aime la lune, dit-elle distraitement. C'est sûrement pour ça que je le garde. Ou peut-être parce qu'il représente un passé dont je ne me souviens pas. Encore faut t-il qu'une enfant d'environs six ans ait vraiment des souvenirs. Bref, je me suis réveillé après un mois de coma, totalement amnésique. Puis quand j'ai été mieux, de Chicago on m'a envoyé à Beacon Hills ou j'ai été adopté par les Whitemore. »

- Mais tu es avec les Evans, nota Edward.

- Ouais, dit elle amèrement et Edward sut qu'elle n'en dirait pas plus.

Aussi Edward décida de changer de sujet. La jeune femme ne lui dirait rien de plus pour l'instant, mais il avait la confirmation qu'il voulait.

- Regarde, tu es un bon model, lui dit-il en lui montrant son dessin.

- C'est très bien, pour un gars qui préfère la musique. Tu es doué.

- Si on veut, je suis plus habile au piano qu'avec un crayon.

- J'aime bien la musique aussi, elle nous permet de créer des choses, de faire passer l'émotion. Mais j'aime mieux l'art car elle permet de figé les choses, c'est comme ce magnifique couché de soleil. Jamais plus il ne sera comme maintenant, mais je l'ai dessiné alors je pourrai le regarder à ma guise et il restera inchangé.

- C'est une belle façon de voir les choses, céda Edward. Mais es-tu douée au piano ?

- Oui, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, quand je suis arrivé chez les Whitemore, il y avait un piano et c'est la première chose que je suis allé voir. Je me suis assise devant et j'ai commencé à jouer, je savais les notes. C'est grâce à ça que Jackson m'a accepté aussi vite.

- Jackson ?

- Mon frère, il a été adopté bébé par les Whitemore. Il n'était pas ravi à l'époque que je vienne vivre chez lui, aujourd'hui il donnerait tout pour que je sois là-bas avec lui.

Voyant qu'elle était triste Edward changea à nouveau de sujet. Ils parlèrent de tout et de rien jusqu'à tard dans la soirée, puis ils durent rentrer.