CHAPITRE 4 :
Hermione se dirigeait d'un pas rapide et mal assuré vers les appartements de son professeur de potions. Plus elle se rapprochait de sa destination, plus elle sentait l'appréhension grandir en elle. Elle avait peur que Ginny en ait trop fait et qu'elle soit ridicule. Après tout, il n'était pas trop tard pour renoncer, faire demi-tour et partir se réfugier dans sa chambre… Non ! Elle était une Gryffondor et elle ne pouvait pas planter Cédric comme ça alors qu'il venait exprès pour elle.
Elle respira profondément et tourna dans le dernier couloir qui menait directement aux appartements de Slughorn. Quand elle s'y engagea, elle remarqua que deux personnes étaient déjà présentes et semblaient trop absorbées par leur conversation pour remarquer son arrivée, la soulageant légèrement. Elle n'aurait pas à traverser le couloir sous leurs regards, c'était déjà ça de gagné ! Quand elle fut un peu plus proche, elle découvrit qu'il s'agissait d'Harry et Cédric. Son cœur se mit à battre un peu plus vite dès qu'elle l'avait reconnu.
*Aller Hermione, courage ! Et surtout, reste naturelle !*
– Bonsoir les garçons, les salua-t-elle avec un sourire en s'arrêtant devant eux.
Ils remarquèrent enfin sa présence et se tournèrent vers elle.
– Salut Mione ! lui répondit Harry.
– Bonsoir, la salua à son tour Cédric en se penchant vers elle pour lui faire leur bise habituelle.
C'est ce moment que choisit le professeur de potions.
– Ah vous voilà ! s'exclama-t-il. Mais que font mes meilleurs élèves dehors ? Oh…
Il venait de s'interrompre en voyant Cédric et Hermione se faire la bise. La surprise passée, un grand sourire s'étala sur ses lèvres.
– Entrez, je vous en prie.
Les trois élèves entrèrent et remarquèrent qu'ils étaient les derniers arrivés. Tous les autres avaient déjà pris place, sauf Ginny qui était en retard, mais seule Hermione en connaissait la raison. Alors qu'ils allèrent prendre place, laissant Hermione entre les deux garçons, cette dernière glissa un mot à l'oreille de Cédric.
– J'ai cru que tu ne viendrais pas, que tu aurais changé d'avis.
– Je te l'avais bien dis que je viendrais !
Ils se sourirent et prirent place. Hermione avait pris soin de laisser Harry à côté de la dernière place de libre, celle qui était destinée à Ginny.
Le repas fut servi peu de temps après et Cédric en profita pour parler avec Hermione.
– Bon alors, explique-moi comment ça se passe.
– Eh bien, commença la jeune fille, le professeur Slughorn nous parle de ses anciens et néanmoins importants élèves tout en nous posant des questions sur nous, nos familles et nos projets.
– Je vois, marmonna Cédric. C'est toujours comme ça ?
– Hum… oui. Le plus drôle, c'est que, comme il se passe toujours la même chose, je peux maintenant te décrire le comportement de tous les élèves présents.
– Je demande à voir !
_ Très bien. Voyons... tiens, Zabini. Il va répondre au prof s'il lui pose des questions mais avec un air ennuyé et va passer le reste du temps à nous fixer Harry et moi. A l'inverse, Cormac va se pavaner devant le prof avec sa super famille ô combien intéressante tout en me lançant des œillades qu'il croit irrésistibles. Harry aborde un air d'intérêt poli mais préfère surtout dévisager Ginny aussi discrètement qu'un dragon dansant dans une boutique de porcelaine. Les jumelles de Serpentard regardent tout le monde avec mépris et se contentent de parler entre elles. Quant à Belby, ton camarade de maison, il va engloutir tout ce qui lui tombe sous la main comme s'il n'avait pas mangé depuis une éternité. Moi j'observe tout le monde et réponds également aux questions du prof sur mes moldus de parents et…
Mais elle fut coupée par l'arrivée d'une Ginny aux yeux rouges.
– Excusez mon retard.
– Qu'est-ce qu'elle a ? demanda discrètement Harry à sa voisine.
– Elle vient de rompre avec Dean, lui expliqua Hermione. Et pour de bon.
Harry se détourna de sa meilleure amie pour regarder la jeune fille s'asseoir à ses côtés. Hermione regarda Cédric et lui sourit tout en lui faisant un clin d'œil complice. Ils rirent discrètement et Cédric se pencha vers Hermione.
– Je n'ai pas eu le temps de te dire que tu étais très belle ce soir.
Hermione rougit à l'entente du compliment. Elle avait suivi les conseils de Ginny et avait opté pour détacher ses cheveux qu'elle avait lissés, une petite touche de gloss sur les lèvres et avait revêtu un pull de Ginny : beige avec un léger décolleté, et portait également un pantalon marron qui faisait ressortir la longueur et la finesse de ses jambes. Simple mais joli.
– Ce pull te va très bien, reprit le Poufsouffle.
– Merci, il est à Ginny.
Ils se sourirent et Hermione rougit de plus belle.
– Eh bien, Miss Granger ! s'exclama Slughorn en sortant Hermione de sa rêverie. On peut dire que vous aimez vous entourer de gens importants : meilleure amie du grand Harry Potter, ex-petite amie du célèbre Victor Krum d'après les dires et maintenant vous sortez avec Monsieur Diggory ! Tous trois champions du tournoi des trois sorciers ! Eh bien, eh bien ! Vous ne faites pas dans la demi-mesure !
Hermione était de nouveau rouge, non pas de plaisir mais de gêne. Qu'est-ce qu'il voulait insinuer avec ces propos ? Sentant tous les regards posés sur elle, chose qu'elle détestait, elle se sentit obligé de s'expliquer.
– Non ce n'est pas ce que vous croyez…
_ Je ne pense pas qu'Hermione ait spécialement cherché notre compagnie, Professeur, l'interrompit Cédric, c'est plutôt nous qui avons été suffisamment intelligents pour nous rendre compte combien Hermione est une fille extraordinaire. Je crois parler pour nous trois quand je dis qu'elle n'est pas venue à nous mais que nous sommes allés à elle.
– Je confirme, assura Harry. Hermione est une fille formidable et pas du tout intéressée comme vous semblez l'insinuer !
– Loin de moi cette idée ! s'insurgea Slughorn. Et je vous prie de m'excuser, Miss Granger, si je vous ai offensée !
– Euh, non, c'est bon, ça va, répondit Hermione qui aurait préférée être n'importe où ailleurs qu'ici en cet instant.
Le repas reprit mais Hermione sentit que certains continuaient de la fixer, comme Cormac ou Zabini.
La soirée toucha à sa fin et Slughorn congédia ses élèves. Hermione et Cédric furent les derniers à sortir en souhaitant une bonne nuit à leur professeur. Harry et Ginny les attendaient mais quand Ginny les aperçut, elle attrapa Harry par le bras.
– Mais qu'est-ce que tu… protesta Harry.
– On part devant, annonça Ginny à Hermione. Tu nous rattraperas ?
– Hum, oui oui ! lui assura la jeune fille en rougissant devant le regard complice de la jeune Weasley.
– A demain ! lança Harry à Cédric avant d'être entraîné de force par Ginny en direction de la tour des Gryffondor, laissant Hermione et Cédric seuls.
– Demain ? interrogea Hermione.
– Il t'expliquera, répondit Cédric. Je vais te raccompagner jusqu'à ton dortoir.
– Tu n'es pas obligé, je suis une grande fille tu sais…
– Pas d'histoire ! Prend ça comme un ordre de ton supérieur que je suis ! Et puis, il est de ma responsabilité de préfet-en-chef de m'assurer qu'il ne t'arrive rien !
Hermione ricana mais n'ajouta rien et se contenta de le suivre. Ils avancèrent pendant un moment en silence avant qu'Hermione ne le rompe.
– Je tenais à te remercier pour tout à l'heure.
– Me remercier pour quoi ?
– Pour avoir pris ma défense face au professeur Slughorn. Tu sais, par rapport à ce qu'il a dit sur Harry, Victor et toi…
A la simple évocation de ces souvenirs, Hermione s'empourpra. Le fait que son professeur ait insinué qu'elle puisse avoir une relation amoureuse avec Cédric, devant tout le monde, y compris lui, l'avait mise très mal-à-l'aise. Mais Cédric ne sembla pas remarquer la gêne de la jeune fille.
– Tu n'as pas à le faire, c'était normal. Il n'aurait pas dû dire ça et tu ne devrais pas te laisser faire ! fit-il remarquer.
– Me laisser faire ? répéta Hermione, légèrement en colère en s'arrêtant. J'aurais très bien pu me défendre seule si tu ne m'avais pas coupé la parole !
Elle se détourna de Cédric et s'éloigna d'un pas rapide en marmonnant. L'étonnement passé, Cédric rattrapa Hermione et la saisit par le bras pour lui faire face.
– Ne t'énerve pas comme ça, je suis désolé, s'excusa-t-il mais sans grand succès.
Hermione croisa les bras sur sa poitrine et planta son regard dans le sien en signe de défi. Devant son obstination, il soupira et reprit d'une voix plus douce.
– C'est juste que je n'aime pas qu'on s'en prenne à toi…
L'effet fut immédiat : Hermione se détendit, rougit légèrement et lui accorda même un sourire.
– C'est bon, céda-t-elle, tu as gagné, encore une fois !
Ils se sourirent et reprirent leur chemin. Quand ils atteignirent le tableau de la Grosse Dame, ils s'arrêtèrent et se firent face.
– Eh bien voilà, ta mission s'achève ici, annonça Hermione.
– Un exploit de plus à rajouter sur ma liste, plaisanta-t-il.
Ils rirent doucement et Cédric se rapprocha d'Hermione. Lentement, il leva sa main vers son visage et glissa une de ses mèches de cheveux derrière l'oreille. Il posa sa main sur sa joue et la regarda dans les yeux avec intensité pendant ce qui parût une éternité.
– Bonne nuit, Hermione.
Il ôta sa main de sa joue et fit demi-tour pour rejoindre ses propres appartements sans se retourner. Hermione n'eut pas le temps de voir le petit sourire de Cédric. Finalement, il ne regrettait pas d'être venu à cette soirée qui s'était révélée intéressante.
Lorsqu'il ouvrit les yeux le lendemain matin, Ron remarqua qu'il était seul dans sa chambre. Tous ses camarades de chambre, y compris Harry, étaient déjà levés. Il jeta un coup d'œil à son réveil et remarqua que la matinée était déjà bien avancée. C'est encore un peu endormi qu'il s'habilla en vitesse et rejoignit la salle commune des Gryffondor. Cette dernière était vide, hormis la présence d'un élève, assis sur l'un des canapés, le regard perdu dans les flammes. Ron le rejoignit et s'affala à ses côtés.
– 'Jour Harry.
Ce dernier sembla refaire surface et se tourna vers son meilleur ami.
– Salut. Enfin levé ?
– Désolé, je ne savais pas qu'il était si tard. Tu es debout depuis longtemps ? l'interrogea-t-il.
– Hum oui. J'ai perdu la notion du temps.
– Comment ça se fait ? Après votre petite soirée d'hier, je pensais que tu aurais besoin de dormir.
– Et c'est le cas, assura Harry. Mais tu sais bien que je dors peu à cause de mes cauchemars…
Ron grimaça à l'entente de sa réponse. Il n'aimait pas entendre son ami parler de ses cauchemars comme tout ce qui concerne de près ou de loin au Lord Noir.
Harry finit par rompre le silence qui s'était installé sans que les deux garçons ne s'en rendent compte.
– Au fait, je suis chargé de te remettre un message.
– Par qui ? lui demanda le roux.
– Lavande.
Ron fronça le nez, ce que ne manqua pas de remarquer le brun.
– Tu as l'air ravi ! plaisanta-t-il. Elle m'a demandé de te dire qu'elle était folle de son petit Ron-Ron d'amour et qu'elle avait hâte de pouvoir te serrer dans ses bras et te couvrir de baisers.
A ces mots, les deux garçons grimacèrent : Harry à cause de l'image mentale qui s'était imposée à lui, et Ron à cause des promesses de sa petite amie.
– Si tu réagis comme ça, c'est peut-être qu'il y a un problème entre vous. Tu ne penses pas ?
– Peut-être… accorda Ron, songeur, aux paroles de son ami.
D'un commun accord, ils se levèrent et prirent silencieusement la direction de la Grande Salle. Ils prirent place parmi les autres élèves de leur maison et Ron scruta toute leur table à la recherche de quelqu'un.
– Ne me dis pas que tu cherches déjà Lavande ? S'inquiéta Harry.
– Mais non ! s'indigna Ron. Je cherche Hermione, tu ne l'as pas vue ce matin ?
– Non, répondit Harry en souriant.
A la table des Serpentard, Ron remarqua que Zabini était occupé à expliquer quelque chose, de visiblement important, à Malefoy, vu son expression. Puis ils regardèrent tous les deux vers la porte d'entrée et Zabini eut un grand sourire alors que Malefoy fronçait les sourcils. Pourquoi cette étrange attitude ? Il suivit leurs regards et découvrit Hermione. Tout s'expliquait, ils devaient encore se moquer d'elle. La pauvre.
Elle prit place à côté des garçons et les salua.
– Hey Mione, l'interpella le roux, comment ça se fait que tu n'arrives que maintenant ? Tu es une lève-tôt pourtant ?!
– Je sais bien, mais je me suis couchée tard après la petite réunion de Slughorn, expliqua-t-elle.
Ron se rembrunit, il n'avait toujours pas digéré le fait d'être mis à l'écart de cette manière.
– Et puis, reprit Hermione, j'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil. Ce qui explique mon réveil tardif.
– Cela n'aurait pas un rapport avec ta fin de soirée ? lui demanda Harry avec un sourire malicieux.
Les joues de la jeune fille se teintèrent de rouge à l'allusion de son ami, alors que Ron n'en comprenait pas la raison. Qu'est-ce qui pouvait bien la mettre dans cet état ?
– Hum, toussota Hermione. Je voulais savoir une chose Harry : pourquoi as-tu dis à Cédric que tu devais le voir aujourd'hui ?
Harry, qui avait très bien compris la ruse d'Hermione, se contenta de lancer un nouveau coup d'œil appuyé qui eut le don de la faire rougir de plus belle. Cependant il consentit à répondre à sa question.
– Comme on n'a pas vraiment eu l'occasion de parler avec lui de sa mission et de l'Ordre, on s'est mis d'accord pour un rendez-vous tous le quatre. Ce sera l'occasion de mettre les choses au point.
– Pas bête, remarqua Ron.
– Je dois avouer que c'est bien trouvé, concéda Hermione. Je n'y aurais pas pensé.
– Normal, toi tu le vois tout le temps ! s'exclama Ron sans remarquer la gêne qu'il venait de déclencher chez Hermione et l'air amusé d'Harry.
– Où devons-nous l'attendre ? demanda Hermione pendant que le trio se dirigeait hors de la Grande Salle.
– Il m'a dit qu'il nous retrouverait dans le hall, lui répondit le Survivant.
Ils attendirent donc que le préfet-en-chef de Poufsouffle les rejoigne, ce qu'il fit une petite dizaine de minutes plus tard.
– Bonjour tout le monde ! les salua-t-il en serrant les mains d'Harry et Ron et faisant son habituelle bise à Hermione. Excusez mon retard, j'étais avec Cho.
Sans en comprendre la raison, Hermione tiqua à l'entente de ces mots.
– Pas grave ! le rassura Ron, Harry observant les réactions d'Hermione.
– Très bien, on y va ?
– Oui mais où ? l'interrogea Hermione.
Cédric lui lança un regard complice.
– Tu es bien trop curieuse, ma petite Hermione. Tu verras bien !
Cédric s'élança dans les escaliers, les trois Gryffondor à sa suite. Il les mena dans une aile du château qu'ils n'avaient encore jamais visités. Il s'arrêta au troisième étage, devant l'armure d'un chevalier. Cédric lui murmura quelque chose et l'armure s'anima pour se déplacer et dévoiler une porte. Ils la franchirent et découvrirent une pièce très spacieuse et joliment décorée.
– Bienvenue dans les appartements des préfets-en-chef !
– Waouh ! s'extasia Ron en leur nom à tous.
Le salon, de forme circulaire, était chauffé par une grande cheminée sur la droite, devant laquelle trônaient deux canapés et trois fauteuils entourant une table basse en verre. Face à l'entrée se tenait une fenêtre qui donnait accès sur la cour intérieure, sur leur gauche un couloir menait à trois pièces : certainement les deux chambres et la salle de bain privée. Contrairement à ce qu'Hermione pensait, le salon n'était pas aux couleurs de Poufsouffle et Serdaigle mais dans les tons noirs et blancs donnant un aspect rétro mais sympa à la pièce.
Cédric les laissa découvrir les lieux tout en leur indiquant de prendre place sur les canapés et fauteuils disponibles. Harry et Ron prirent place sur l'un des canapés et Hermione et Cédric s'assirent chacun sur un fauteuil.
– Ça sera super sympa l'année prochaine ! s'exclama Ron.
– Pourquoi ? demanda Harry.
– Bah quand Mione sera nommée préfète-en-chef elle aura ces appartements et on pourra venir squatter !
Hermione rougit face au compliment indirect de son ami tout en se morigénant de passer son temps à rougir tout le temps.
– Ce n'est pas sûr que je sois nommée préfète-en-chef…
– Pff ! répliqua Ron en balayant sa réplique d'un geste de la main.
– … et même si c'était le cas, continua-t-elle comme s'il ne l'avait pas interrompu, je ne pourrais pas vous inviter, c'est interdit par le règlement !
Harry sourit à la réflexion tellement typique de son amie alors que Ron semblait bouder.
– D'ailleurs, reprit Hermione en se tournant vers Cédric qui n'était pas intervenu lors de l'échange, pourquoi nous sommes ici ? Tu risques d'avoir des problèmes à cause de nous et je ne veux pas que tu perdes ton poste par notre faute !
Cédric sourit devant la visible préoccupation qu'elle avait pour lui.
– Calme-toi, Hermione. C'est gentil de t'inquiéter pour moi, mais vous êtes là avec la permission de Dumbledore.
– Dumbledore ? l'interrogea cette fois-ci Harry.
– Je suis allé le voir pour lui expliquer que nous voulions parler de ma mission et de l'Ordre et c'est lui qui m'a proposé les appartements des préfets-en-chef. Ici au moins nous serons à l'abri de toute oreille indiscrète.
– Mais je croyais que tu partageais tes appartements avec la préfète-en-chef, fit remarquer Hermione.
– Toujours aussi perspicace, pas vrai ? sourit Cédric. Effectivement je partage ces appartements avec Maria Maury. Mais je ne la vois pas beaucoup. Je crois qu'elle se sent seule et qu'elle préfère rester avec ses amis de Serdaigle. Sans compter que je crois qu'elle a peur de moi, comme une bonne part des élèves qui me prennent encore pour un genre de mort-vivant !
Ils rirent tous les quatre avant d'aborder un sujet plus sérieux.
– Et si tu nous parlais un peu de ta mission ? proposa Harry les ramenant au sujet de base.
Cédric se lança donc, sous l'écoute attentive des trois Gryffondor, dans le récit de sa mission. Ils leur expliqua son trajet pour la France, effectué avec des moyens moldus pour éviter d'attirer l'attention, étant censé être mort, son arrivée dans le petit village où il a vécu durant presque un an et demi, sa prise de contact avec les sorciers locaux, comment il leur a transmis le message et les visions d'avenir de Dumbledore, comment un réseau – petit mais pas négligeable – de combattants résistants avait vu le jour, la discrétion dont il devait continuellement faire preuve, sa vie au quotidien, et il se permit également quelques blagues et anecdotes.
– Voilà, termina-t-il, vous savez tout.
– On peut dire que tu n'as pas chômé ! le félicita Ron. Mais il y a un truc dont tu ne nous as pas parlé et qui m'intrigue…
– Quoi donc ? lui demanda Cédric en réfléchissant aux éléments qu'il aurait pu omettre de parler.
– Les françaises, elles sont comment ?
Devant la mine plus qu'intéressée de Ron, Cédric rit, Harry leva les yeux au ciel et Hermione croisa les bras, n'appréciant visiblement pas le sujet. Elle le fit d'ailleurs remarquer en se levant soudainement et en arpentant la pièce.
– Je te rappelle, au cas où tu l'aurais oublié, Ronald, que tu as une petite amie !
– C'est bon Hermione, je ne fais rien de mal, je lui pose juste une question ! Et puis, si moi j'ai une copine, ce n'est pas le cas de Cédric !
Hermione lui lança un regard noir et alla se planter devant la fenêtre donnant sur la cour intérieure. Ron lança un regard interrogateur à Harry qui se contenta d'hausser les épaules et que Cédric gardait son regard fixé sur Hermione.
Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'Harry ne se décide à le rompre.
– Et maintenant que tu es revenu, qu'est-ce que l'Ordre va te demander de faire ?
Cédric se détourna d'Hermione pour lui répondre.
– Pour le moment, je me contente d'assister aux réunions de l'Ordre. Ça me permettra de me remettre à la page. Et par la suite, dans un futur que je pense proche, j'aurais de nouveau des missions à accomplir.
– Quoi ? Hermione venait de se retourner à l'entente de ses projets et avait perdu toute trace de colère. Mais comment vas-tu faire pour tes cours ?
Cédric s'autorisa un petit sourire alors que ses deux meilleurs amis soupiraient devant ses visibles préoccupations.
– Dois-je te rappeler que je connais presque entièrement le programme de septième année que j'ai étudié lors du tournois des trois sorciers ? Ma présence en cours est surtout une couverture et me permettra également de passer mes ASPIC.
– Comment comptes-tu justifier tes absences ? le questionna Harry. Parce que je suppose que certaines missions auront lieu pendant les cours ?
– Une fois de plus Dumbledore a pensé à tout ! les rassura-t-il. Il compte les justifier par de problèmes de santé, encore fragile, dû à mon fameux « accident » du tournoi.
Hermione secoua lentement la tête en signe d'acquiescement, le regard perdu dans le vide. Harry réfléchissait à ses révélations, Cédric observait Hermione.
– Et si on allait manger ? proposa Ron, dont l'estomac commençait à gargouiller.
Les trois autres rirent mais acceptèrent et ils prirent la direction de la Grande Salle.
