Et bien voilà un petit chapitre à la première personne et c'est Sherlock qui s'y colle. J'espère avoir respecté au mieux la personnalité de Sherlock.

Merci pour les favorites et followers c'est adorable

Bonne lecture


Chapitre 4

Pov Sherlock

« Dit da, tu es amoureux de papa ? »

Une simple question enfantine. Les yeux clairs me dardent en attendant réponse. Rosie dans son antre aux couleurs de Poudlard me scrute de sa mine sérieuse. Elle n'avait jamais posé de telles questions auparavant. Dans son lit emmitouflée au milieu des larges couvertures d'où dépassent les mèches blondes récalcitrante, halo de douceur immaculé, elle patiente pour m'entendre répondre à sa question. Ses yeux commencent à s'imprégner de la lourdeur du sommeil et à se clore d'eux même par intermittence. C'était mon tour ce soir de la border, j'appréciais à sa juste valeur notre petit rituel. Je lui avais lu un chapitre d'à la croisée des mondes, nous n'avions pas encore finit le premier tome. Après tout son anniversaire n'avait eut lieu qu'il y a trois jours.

Les habitudes. C'était une des trop nombreuses choses que j'avais apprises au côtés de John . Une certaine routine n'était pas forcément néfaste. Cela pouvait même être les pierres angulaires d'une certaine stabilité. Avant de connaître John, j'avais eut peur de m'enliser dans l'ennui, de m'engluer dans une vie trop paisible d'où ma recherche incessante du danger. Je n'aimais rien de moins que de me languir. J'avais put voir que la vérité était toute autre. La vie près de John et Rosie étaient mon havre de paix. J'allais m'y ressourcer, y puiser force et paix. L'affection ne faisait pas de moi un plus mauvais détective, comme l'avait supposé Mycroft de nombreuses années durant, comme j'en avais été certain si longtemps. Bien au contraire cela me rendait meilleur. John me rendait meilleur. J'étais plus tenace, plus réactif, désormais j'avais à perdre. Que n'aurais-je fais pour eux ? J'aurais tué pour eux. Pire, j'aurais épargné pour eux.

Lestrade m'avait un soir d'ivresse confié qu'il n'était pas toujours aisé d'être aimé par un Holmes. Je lui concédais aisément même si cela me coûtait de ne serait ce que de l'admettre dans l'intimité de mon esprit , c'était là un point que nous avions en commun Mycroft et moi. Nous ne nous attachions que peu, mais lorsque cela arrivait, c'était de manière pleine, totale, entière, irrémédiable, irrévocablement excessive. Je me doutais qu'il parlait autant de John que de lui même. Ma curiosité légendaire m'avait poussé à lui demander si c'était là un fait gênant. Il avait éclaté d'un rire frais, me répondant qu'il était grisant d'être aimé ainsi, d'avoir la sensation d'être l'être le plus extraordinaire que cette terre ai portée pour l'autre. Il avait ajouté hilare qu'avec Mycroft le sexe était purement fabuleux. J'en avais alors déduit qu'il avait trop but et moi trop peu. Tout ce que j'acceptais de savoir sur la vie intime de mon frère, était qu'elle existait. Je ne souffrais pas le moindre détail. Ce qui semblait grandement amuser l'inspecteur qui ne se privait pas de m'en abreuvoir dès que mon attitude l'indisposait. Autant dire à chaque fois que nous nous croisions et parfois par téléphone également. Comportement parfaitement puérile. Une amitié pour le moins étonnante Lestrade et moi, mais probablement pas autant que le couple qu'il formait avec mon aîné. À bien y réfléchir, pas si étonnant les concernant tout d'eux.

J'en reviens à Rosie, amoureux de John moi ? C'est ridicule. Risible littéralement. L'amour est une faiblesse impardonnable. Le risque attenant l'est plus encore. Ressentir de l'affection est autoriser un autre être que soit même à avoir une ascendance sur vous. C'était du moins l'opinion de Mycroft sur le sujet. Je n'y avais jamais trouvé suffisamment d'intérêt pour n'y serais ce qu'y songer. Du moins je tentais de m'en convaincre bellement. John. Mon exception à bien des règles. Je détestais la compagnie. J'aspirais à celle de John. Je cherchais à me soustraire à tout contact physique. J'aimais quand les mains de John frôlaient ma peau en un contact délicieux. J'exécrais les conversations banales, il n'y avait jamais rien d'ordinaire lorsque John et moi conversions. Le physique n'était pour moi que quantité négligeable, celui de John était loin de l'être. Il n'avait rien d'une beauté esthétique, mais il n'était que charme brute. Il était l'être le plus important dans ma vie, mon plus fidèle allié, avec le nombre des années j'avais finit par l'accepter, par reconsidérer le concept d'affection. Moi amoureux de John ? Un concept étrange, vraiment. J'avais eût quelque relation parfois, simples expériences plus ou moins agréable. Rien de commun avec John, rien de comparable. Tout était différent. C'était lui.

- « Tu l'aimes papa »

- « oui »

Ce n'est pas une question pourtant j'y répond instantanément. Bien sur que je l'aime. Le monde aime John. Alors pourquoi pas moi ? Je ne pouvais faire autrement c'était John. Le seul que j'aimais hormis moi et désormais Rosie. D'un autre, j'aurais balayé toutes ses questions d'un sarcasme bien sentit. Mais je m'étais juré de toujours répondre aux questions de cette enfant. Aussi m'y appliquais-je.

- « da même si tu n'es pas amoureux de papa, je n'y crois pas mais admettons. Tu partiras pas ? »

- « rien ni personne ne me détourneras jamais de toi ou de ton père. Je ne le dirais qu'une fois alors retiens le bien. Toi et ton père vous êtes mon monde. Je me battrais pour vous deux, contre vents et marrés. Contre l'univers s'il m'y oblige. Rien ne me résiste, encore moins quand c'est pour vous protéger. Alors non Rosie je ne partirais pas. »

Ses sourcils se lissèrent sous mes mots. J'avais apaisé ses craintes. Tant mieux, elle aurait un sommeil sans cauchemars cette nuit. Rosie réfléchissait beaucoup et avec une acuité parfaite. Les peurs allaient de pairs avec son intelligence. Avec la maturité, elle saurait mieux y faire face. Comme je l'avais fait. Je l'y aiderais et John aussi. Encore John. Toujours John. S'en était presque obsessionnel. Voilà John était mon obsession comme l'avait été la drogue avant lui, comme le sont les énigmes. Il me préserve des craintes, de l'ennuie, de la morosité. C'est ma passerelle sur le monde. Avec lui je l'appréhende mieux. Avec lui le monde m'apprivoise mieux. J'avais peine à me remémorer ma vie sans lui, où plutôt ce que je ressentais sans lui. Quel odeur je considérais comme mon foyer à l'époque ou ce n'était pas la sienne ? Quel visage s'imposait à moi quand je sombrais dans le sommeil quand ce n'étais pas le sien ? Quelle voix m'apaisait simplement en disant mon prénom quand je ne le connaissais pas encore ? Je n'en avais cure. Après tout, plus jamais je ne retournerais à cet état antérieur. Plus jamais je ne vivrais sans John, ne serais sans John. C'était là la certitude centrale de mon existence. John.

J'ébouriffe la tignasse blonde avec une douceur non feinte.

- « Bien sur que je suis amoureux de John. Tu ne l'as pas déduit jeune fille. C'est l'évidence même. »

Je l'embrasse sur le front avant de tourner les talons pour rejoindre la porte quand sa voix claire m'arrête

- « Lui aussi tu sais. Même s'il le sait pas encore. »

Je souri à l'obscurité avant de lui souhaiter bonne nuit. Cette enfant est d'une vivacité d'esprit terrifiante.

John m'attendait comme à l'accoutumé, dans son large fauteuil un thé à la main, les yeux rivés sur son livre. Notre rituel du soir, précieux et reposant.

J'avais toujours trouvé idiot les habitudes orchestrées, dizaine de petites manies rangées comme des notes sur une partition. Avant John. Avant de rentrer à la maison et de le retrouver là, m'attendant le sourire aux lèvres, me tendant un thé. J'avais le sentiment étrange que quoi que je fasse durant ma journée, peu importe à quel point elle pouvait être ennuyeuse ou désagréable, le soir venu je retrouverais toujours John et Rosie et tout serait parfait. Fait immuable, inaltérable. Je n'aimais pas la routine. Mais je les aimais tout les deux. Je l'aimais lui, je venais tout juste de l'avouer à sa fille. Peut être avait elle raison pour lui, ou peut être se fourvoyait elle. Ça n'avait que peu d'importance au fond. Ce que me donnait John me convenait tout à fait. Cette vie avec lui et Rosie était tout ce à quoi j'aspirais. Si un jour béni, il désirait m'en donner davantage je chérirais chaque bribe avec dévotion. Mais s'il n'en était jamais rien, je ne m'en trouverais pas plus mal au fond.

Simplement pouvoir être à ses côtés me paraissait déjà la plus belle des expériences. La plus importante aussi.

Je m'installe près de John. Il pose sa tête sur mes genoux dans un geste maintes fois répétés. J'en comprends la demande tacite et laisse courir mes doigts agiles sur son cuir chevelu. Il lâche un soupir d'aise. Un mot me brûle les lèvres, la peau et le cœur. Bonheur.


Review ? ^^