Suite à quelques problèmes sur mon ordinateur, je n'ai pas pu publier ce chapitre avant. Mais maintenant, il est là et j'espère qu'il vous plaira !

Chapitre 4 : J'aurais dû la noyer

Je peux mourir.

Selon le contexte, cette phrase peut ou faire très classe ou faire très flipper. Il y a les cas où la personne concernée a accompli tout ce qu'elle devait/pouvait/voulait accomplir et n'a plus rien à faire sur terre. À ce compte-là, le "Je peux mourir" sont les derniers mots d'un homme (enfin ça peut être une femme aussi, ne soyons pas sexistes) qui a su donné un sens à son existence et qui a atteint un tel degré de paix qu'il en vient à accepter la mort. La méga-classe.

Il y aussi les cas où la personne (Histoire de parité, prenons une femme) (En fait c'est encore plus macho vu la situation dans laquelle elle est) (Pourquoi est-ce que je suis incapable de faire un truc aussi con que des exemples anti-sexistes ?) (Et surtout, pourquoi est-ce que je me prends la tête à ce point pour des exemples ?) (Bref, reprenons) (Même si c'est chiant) est en danger de mort et réalise qu'elle n'est pas immortelle, et non petite idiote, ton corps risque de faire sbouic si le méchant monsieur avec un couteau réussit à t'atteindre ! Ou si ton corps tombe de cette falaise. Ou si tu ne remontes pas à temps à la surface. Enfin, ça dépend de la situation, mais vous avez compris l'idée.

Mais dans mon cas, mon "Je peux mourir" n'est ni classe ni flippant. Il est juste appréciateur. Parce que, allongée dans mon lit, sur le ventre, les mucles relâchés, l'oreiller parfaitent positionné, aucun bruit chiant dans les parages et cette sensation de bien-être dans mon corps, je me dis que si je mourrais là tout de suite maintenant, non seulement ça ne me dérangerait pas, mais en plus je trouverais ça parfait.

Viens à moi, la mort, que le dernier souvenir que j'emporte dans l'au-delà soit cette impression de béatitude !

-Johan !

Ok, la mort n'en a rien à carrer ni de moi ni de mon bien-être. Méchante mort.

Je replonge la tête dans mon oreiller en fronçant les sourcils. C'est un cauchemar, la voix que j'ai entendu ne peut pas être celle de...

-Allez marmotte, lève-toi ! s'exclame la voix en retirant d'un coup sec la couverture de mon corps, lâchant un courant d'air glacé sur moi.

...Weasley. Rectification, c'est elle qui peut mourir, vu la situation de danger imminent dans laquelle elle vient de se mettre.

-Dégage, je dors.

-Certainement pas, il est l'heure de se lever.

-Keskadire ?

Ce qui, en langage réveillé, signifie "C'est-à-dire ?". Mais comme une grande fille, je relève la tête pour regarder ma pendule.

Cinq heures du matin.

Je cligne des yeux une fois.

-TU TE FOUS DE MA GUEULE ?!

Elle sursaute violemment pendant que je me redresse, prête à bondir sur elle et à lui arracher sa touffe rousse. Cette sangsue n'a quand même pas osé venir ME réveiller à CINQ HEURES DU MATIN ?! Déjà que ça fait deux semaines non stop qu'elle me colle, se tape l'incruste à côté de moi pendant nos cours commun et passe son temps à me parler de trucs dont je me fous totalement, il faut en plus qu'elle vienne ME REVEILLER A UNE HEURE OU MÊME LES POULES DORMENT ENCORE ?!

C'est à ce moment précis que j'entends un coq chanter au loin.

Même les piafs se foutent de ma gueule.

Un instant désarçonnée, je me reconcentre très vite sur mon objectif principal, à savoir tuer Weasley dans d'atroces souffrances. Mais elle me fait un grand sourire, son moment de frayeur visiblement passé. Sa capacité à n'en avoir rien à foutre de mes élans de colère m'énerve encore plus qu'elle. C'est dire.

-Je sais qu'il est tôt, mais j'avais envie qu'on prenne un bain ensemble, m'explique-t-elle joyeusement.

Je me casse la gueule. Littéralement.

Je veux dire, je n'étais déjà pas très stable, à moitié debout sur mon lit, et son annonce m'a tellement surprise que j'en ai trébuché, et je suis tombée en arrière. Pourtant, je n'en ai rien à cirer tant ce qu'elle vient de me dire me plonge dans un chaos mental total.

-Un bain ?

-Exactement ! Tu sais que je suis préfète, alors j'ai accès à une salle de bain géniale. Allons-y !

En deux semaines, j'ai largement eu le temps de me rendre compte que cette nana ne fonctionne pas comme les être humains normaux. Mais là, elle pète tous les records.

-Non mais ça va pas la tête ?! Un bain avec toi ?! Alors là, tu peux rêver, moi je vais me recoucher tout de suite et si jamais tu recommences, alors je...

C'est à ce moment précis que plus aucun mot ne sort de ma bouche. Et que je constate que Weasley tient sa baguette dans ma direction. Cette folle vient de me lancer un sort de mutisme !

-C'est cela. Tu as de la chance que les autres ne soient pas là, sinon tu les aurais réveillées. Allez, allons-y.

Elle me saisit par le bras, ce qui provoque comme d'habitude une réaction allergique chez moi et me pousse à me débattre. Mais ce qu'elle vient de dire me fait réfléchir et je jette un coup d'œil vers les autres lits. Effectivement, ils sont vides, ce qui m'indique que les trois charmantes Marie couche-toi là qui partagent mon dortoir ont très certainement découché pour rendre visite à je-ne-sais-quel-et-je-ne-veux-pas-savoir joueur de quidditch musclé et testostéroné.

Ce qui me pousse à me poser une autre question : comment Weasley est-elle entrée dans mon dortoir ? Enfin, comment est-elle entrée dans ma salle commune ? Je sais bien qu'elle est préfète, mais elle n'a quand même pas accès aux mots de passe des autres maisons, si ?

...Si ?

Cette fois-ci, c'est sûr, je vais me barricader dans un coin. Là où elle ne pourra plus jamais m'atteindre.

Malheureusement, mes questions intérieures m'ont détourné de mon envie de me barrer loin d'elle, et elle m'a traînée jusque devant la salle de bain des préfèts, qu'elle est en train d'ouvrir.

Alors que je m'apprêtais à lui donner un pain, je reste bouche bée devant la taille et la décoration de la pièce. C'est immense. Et bon sang, ça pète la classe. Vraiment.

-Alors, t'en penses quoi ? me demande-t-elle en souriant.

Je lui lance un regard noir, et elle me fixe avec incompréhension, avant qu'elle ne comprenne :

-Ah oui, c'est vrai. Tiens, fait-elle en agitant sa baguette vers moi, me rendant la parole d'un informulé.

-Je te déteste, sont les premiers mots que je lui adresse.

Elle se contente de sourire de plus belle avant d'enlever son uniforme. Sans la moindre gêne, elle se retrouve nue devant moi avant de plonger dans l'eau comme un poisson.

Et je ronge mon frein en constatant qu'en plus d'être jolie, intelligente, populaire et d'avoir un copain que le monde entier lui envie (en tout cas le monde féminin), elle nage bien et elle est super bien foutue. Elle m'énerve.

-Allez, tu viens ?

-Non.

Weasley se contente de faire la moue avant d'actionner un robinet qui déverse un liquide à l'odeur de lavande dans le bassin. D'accord, je ne supporte pas cette nana, mais ce foutu bain géant me fait envie. Vraiment.

Pour ne pas froisser mon honneur de Serpentarde associale en haine contre l'humanité, je me contente de m'asseoir sur le rebord et de tremper mes pieds. Et je le regrette instantanément, puisque la chaleur et la sensation de la mousse sur mes chevilles ne me donne qu'une envie : plonger. Ce que mon orgueil et mon mépris Weasleyien m'interdisent catégoriquement de faire.

Pendant ce temps, l'autre barbote comme une bienheureuse, fait des longueurs, plonge et remonte à la surface, fait des concours d'apnée dont elle est la seule participante, se recouvre le corps de mousse, fait des bulles et me demande toutes les trois minutes si je ne veux pas venir la rejoindre. À chaque fois, je dis non, même si la tentation est grande. L'idée de pouvoir me prélasser là-dedans me paraît de plus en plus alléchante.

Et à ma plus grande honte, je craque. En vérifiant que Weasley est trop occupée à faire mumuse avec les robinets pour me regarder, j'enlève mon pyjama -parce qu'évidemment, mademoiselle ne m'a pas laissé le temps de me changer- et une fois nue, me dépêche de descendre dans l'eau, des fois qu'elle se retourne et constate à quel point mon corps fait pâle figure à côté du sien.

Non pas que je sois atroce, mais je suis un peu trop maigre, et là où Weasley présente formes et rondeurs féminines bien placées, -Malefoy doit vraiment s'amuser- je m'apparente plus à une brindille sans poitrine et possiblement comparable à une planche à pain. Il faut dire que je déteste me retrouver dans la foule, et que j'écourte toujours mes repas au maximum pour ne pas rester en présence de gens que je déteste, donc tout le monde, et que du coup, je mange juste assez pour ne pas tomber malade.

Forcément, mon corps ne s'est pas vraiment développé. Je suis petite, et je n'ai pas eu la phase passage de l'aspect enfantin à celui d'une adolescente. On ne peut pas dire que je complexe, mais je déteste me montrer en public.

En entendant le bruit que je fais en entrant dans l'eau, Weasley se retourne vers moi et pousse un cri ravi. Elle se dépêche de nager vers moi, et déclare :

-Alors, on n'est pas bien là-dedans ?

Je grogne pour ne pas admettre que la température de l'eau est juste parfaite, que la mousse me donne l'impression d'un duvet magique et que l'odeur des savons me plonge dans un état semi-léthargique absolument paradisiaque.

Je hais cette fille. Parce que pour le coup, je ne peux pas lui reprocher de m'avoir amenée ici.

Du moins, c'est ce que je pensais avant d'entendre la porte s'ouvrir derrière moi. Et deux voix masculines discuter :

-Et tu comptes faire quoi ?

-Peut-être engager un nouveau batteur, ou... Il y a quelqu'un ? s'interrompt la deuxième voix.

Je me retourne avec horreur vers deux personnes que je connais, l'une à cause de Weasley, et l'autre seulement de vue.

Le premier étant Albus et le deuxième étant son grand frère, James. Qui se figent en nous voyant. Enfin, moi, ils doivent m'avoir vue une dixième de seconde puisque je plonge aussitôt pour que seuls mes yeux dépassent du rebord du bassin. En revanche, Weasley a l'air plus tranquille, se contentant de vérifier que la mousse recouvre la majorité de son corps avant de s'exclamer :

-Salut les gars ! Vous veniez prendre un bain ?

Je me rappelle que c'est leur cousine, et je pousse un cri de rage mental. Si Potter n°2, alias Albus, est du genre à rester discret, comme me l'a répété mainte et mainte fois mon problème n°1 actuel, Potter n°1, alias James, est l'archétype du gars populaire qui adore l'être. Capitaine de l'équipe de quidditch de Gryffondor, préfet en chef, élève globalement assidu en classe, mais plus du genre à avoir des facilités qu'à bosser réellement, il a sa cour d'amis et connaît pratiquement tout le monde à Poudlard.

Il va cafter. D'ici une demi-heure, tout le château saura que je fais trempette avec miss Weasley de bon matin, et les Serpentards, qui ne m'aiment déjà pas beaucoup à la base, vont me tomber dessus pour me péter la gueule. Le peu de moi qui sera encore en état va se faire démonter par les autres maisons qui ne vont pas apprécier que l'erreur que je suis traîne avec la princesse chérie de Gryffondor, et si après ça je suis encore vivante, la famille Potter-Weasley y remédiera.

Je vais mourir. Vraiment.

-Ouais, marmonne Potter bis, on va vous laisser, désolé pour le dérangement.

Ils se retournent tous deux et sortent sans un mot, nous laissant à nouveau entre filles. Je regarde Weasley, qui a l'air de se foutre royalement de ma mort imminente. Et je craque.

-CETTE FOIS J'EN AI MARRE !

Elle cesse de se savonner le bras, et cligne des yeux devant mon pétage de câble. Je sors du bassin, et me moquant éperdument qu'elle voit mes cuisses de poulet et mon torse aussi plat que celui d'une gamine, et ramasse mes affaires en les enfilant à la va-vite.

-Mais enfin, Johan...

-ARRÊTE DE M'APPELER COMME ÇA ! MON NOM C'EST JOHANNA, ET POUR TOI C'EST ARROWS ! ON NE SE CONNAÎT PAS, JE NE TE SUPPORTE PAS, ET TU VIENS TE TAPER L'INCRUSTE VERS MOI ! ET MAINTENANT, TOUT POUDLARD VA CROIRE QUE JE SUIS POTE AVEC UNE NANA QUI CHERCHE A M'EMBRIGADER POUR FOUTRE LE BOXON EN L'AIDANT DANS SA VIE AMOUREUSE ! ET BIEN TU SAIS QUOI, VA TE FAIRE FOUTRE AVEC TON COPAIN ET DEMERDE-TOI !

Folle de rage, je sors de la salle de bain en manquant de réduire le plancher en miettes tant je le piétine en marchant.

J'étais très bien avant, dans ma bulle de solitude pépère tranquille, et elle se permet de venir régenter ma vie alors que je lui ai bien fait comprendre qu'elle me gonflait. Et maintenant, elle vient de m'attirer des emmerdes pour les deux années qui me restent dans cette école. C'en est trop.

-Hem... Arrows ?

Je me tourne violemment vers les deux qui me suivent, et qui sont, comme par hasard, les deux mâles Potter. Automatiquement, je porte la main à l'endroit où aurait dû se trouver ma baguette, mais étant donné que Weasley m'a traînée avant que je n'ai eu le temps de la prendre, je suis sans défense, ce qui m'énerve encore plus.

-Est-ce que... commence James, mais avant qu'il n'ait pu en dire plus, je me mets à hurler comme une démente :

-AH TOI LA FERME ! REPANDS TOUTES LES RUMEURS QUE TU VEUX SUR MON COMPTE, LÂCHE TA FAMILLE DE DEGENERES SUR MOI, VIENS ME CASSER LA GUEULE SI ÇA T'AMUSE MAIS FERME-LA !

Aucun des deux ne souffle mot tandis que je me retourne, prête à partir. En sens inverse arrive un Serpentard à qui il est déjà arrivé de me coincer dans un couloir pour me jeter un sort de coloration épidermique. J'avais passé les heures suivantes à attendre que la potion de l'infirmière enlève cette horrible teinte verte fluo de ma peau. Et évidemment, je n'ai pas ma baguette.

Il me jette un regard, sourit avec l'air de quelqu'un qui vient de trouver un jouet superbe, avant de remarquer les deux autres derrière moi. Heureusement, je suis assez éloignée d'eux pour qu'il pense que je n'ai fait que les croiser. La présence de témoins ne l'empêche pas de me bousculer au moment où il passe près de moi en marmonnant :

-Salut Sang-de-Bourbe. On se revoit plus tard.

Je prends une inspiration. J'ai l'habitude de ce genre de choses, mais pas quand je suis énervée. Je me force à ne pas réagir. Surtout ne pas réagir. La seule et unique fois où j'ai osé dire quelque chose, ça s'est fini d'une façon que je veux oublier. Plus jamais ça.

-Hé ! s'exclame alors la voix de Potter n°1.

Je me fige. Oh non, ne me dites pas qu'il va faire ce à quoi je pense...

-T'aurais pas pu faire attention ?! crie-t-il à l'attention de l'autre crétin qui m'a bousculée.

Si. Moi, je suis la Serpentarde solitaire lâche qui n'en a rien à foutre de tout et qui ne réagit pas devant une injustice. Mais lui, c'est le Gryffondor fier de l'être, vaillant et courageux qui veut marcher sur les traces de son père en aidant la veuve et l'orphelin. Et cet abruti est sur le point de me mettre dans un pétrin pas possible.

Encore une chance qu'il n'ait pas entendu l'insulte, parce que là, il n'y aurait aucun moyen de l'arrêter. Mais heureusement, là il y en a un. Le souffler.

-Ça va, Potter, je m'exclame d'une voix agacée, je fais attention si j'en ai envie !

Il stoppe tout mouvement sans comprendre en me regardant fixement, pendant que je soutiens son regard. Et il semble réaliser que je couvre l'autre justement parce que je ne veux pas de son aide.

L'autre -dont j'apprendrais un jour le nom, je crois que ça commence par un "N"- nous regarde quelques secondes sans rien dire, avant de se barrer en grognant. Le temps qu'il s'en aille de ce couloir, nous n'avons toujours pas bougé. C'est seulement quand il disparaît que je m'approche de l'aîné des Potter pour lui mettre une gifle monumentale.

-Qu... bredouille-t-il en clignant des yeux.

-Ça te va pas d'être sur le point de ruiner ma vie dans cette école, il faut en plus que tu me mettes des brutes sur le dos ?! je grince entre mes dents alors qu'il me regarde sans comprendre. Ne t'avise plus jamais d'essayer de m'aider, parce que je te tuerai.

Et je m'en vais, en le laissant planté là. Je suis tellement énervée que j'en ai les larmes aux yeux, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Depuis que j'ai pleuré comme une gamine à la punition que m'ont infligé les Serpentards auxquels j'ai osé répondre en première année.

Foutue Weasley. Foutu Malefoy. Foutu couple. Foutus Potter. Foutus Serpentards. Foutue école.

Foutue vie.

Voilà, on en apprend un peu plus sur Johanna, et les raisons qui l'ont poussée à devenir aussi peu sociable... Cette coupure est nécessaire pour faire évoluer sa relation avec Rose, mais vous verrez tout ça dans le prochain chapitre. Je le publierai assez rapidement, d'ici après-demain.

N'hésitez pas à laisser votre avis, même bref, ça fait toujours plaisir !