Chapitre :

Le temple des brumes

Auteur : Shizuka Kurai

Genre : shônen ai, darkfic, léger cross-over avec Wolf's rain, X et Kingdom Hearts (KH pour les intimes)

Série : Gravitation

Pairing : Yuki Eiri / Shindô Shûichi

Persos :

- Kiba, Tsume, Hige et Toboe de Wolf's rain

Disclaimer : Persos de Maki Murakami pour ceux de Gravitation, de Disney et Square Enix pour KH, et de Nobumoto Keiko pour Wolf's rain

Commentaires : Bon, voici un autre chapitre de cette fic en cross-over. Je suis désolé de ne pas avoir beaucoup écrit pendant les vacances mais j'ai fait les maïs et j'ai déménagé donc, très peu de temps pour moi et mes écrits. J'espère que ça vous plaira toujours autant, et même si à partir de fin septembre, je pars en stage (arf ! six mois à Limoges !), j'essaierais de continuer à poster des chapitres dans la mesure du possible. AH ! Pour info, j'ai mis du japonais dans le texte (avis aux anti-japonisants dans le texte), accompagné bien entendu de son lexique.

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Résumé du chapitre précédent : Grâce à l'aide des mystérieux loups, Yuki et Shu arrivent enfin au refuge sous une pluie battante. L'écrivain soigne son amant avec les moyens du bord, espérant que celui-ci survive à ses blessures...

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Chapitre IV : Les ombres de la nuit

Le lendemain matin, le soleil brillait ardemment au-dessus de la chaîne des Monts Kiso. Yuki était plutôt fatigué après la nuit blanche qu'il avait passée au chevet du musicien. Celui-ci avait fait une poussée de fièvre et s'était mis à délirer, et son agitation avait causé une nouvelle hémorragie qui l'avait beaucoup affaibli. Le chanteur s'était finalement apaisé quand le soleil s'était levé, mais il se refusait à dormir, semblant craindre quelque menace diffuse dont Eiri ne comprenait pas l'origine. L'écrivain s'était alors résolu à aider son compagnon à se reposer en lui faisant respirer à nouveau un peu d'éther. Quand il sortit du refuge pour se détendre avec une cigarette, le romancier avait trouvé devant la porte les affaires dont ils s'étaient délesté la veille au soir, rassemblées dans le sac de couchage qui faisait parti desdits objets. À côté, il y avait aussi des noisettes et autres fruits des bois posés sur des feuilles d'érable. Étaient-ce les loups qui avaient apportés tout ça ? Cela semblait étrange, mais après les événements de la veille, c'était plus que plausible.

Pendant que Shuichi dormait, le blond explora un peu les environs. En montant un peu, il avait pu repérer le Mont Koma et la crête du Héron Blanc, enfin du moins, il le croyait, mais il fut incapable de se souvenir par où ils étaient venus. D'ailleurs, il lui semblait bien qu'il ne souvenait pas non plus du chemin pour retourner à la cabane. Décidément, il avait autant le sens de l'orientation qu'une boussole qui n'indique pas le nord. Il avait alors essayer d'utiliser le téléphone portable, mais celui-ci restait muet, indiquant qu'il était hors réseau. Étrange… En fait, depuis la veille, tout était étrange. La créature, les loups, le téléphone, cet orage d'une rare violence, et même Shuichi… En y regardant bien, le paysage aussi paraissait avoir un petit quelque chose de différent par rapport à hier. Le romancier observa plus attentivement, et là, il trouva ce qui manquait : les fils électriques ! Hier encore, il se rappelait avoir vu une antenne-relais, et aussi les fils du téléphérique tout en haut de la montagne, mais aujourd'hui, tout manquait là où ils auraient dû se trouver.

- « Kuso… jura le blond. On a atterri dans la Quatrième Dimension ou quoi ? »

Mais alors ?? Tout s'expliquerait alors ! S'ils étaient dans une autre dimension, il était normal que le téléphone ne fonctionne pas !

- « …Naaaan… Impossible… Je me fais des films là… » souffla le blond à mi-voix dans le vide.

Et pourtant… D'où pouvait alors bien sortir le démon aux yeux jaunes ? Et ces loups prenant forme humaine ?

- « Je dois être en train de rêver… C'est ça, je rêve… » se répéta-t-il quand il vit le loup blanc, apparemment venu le guider jusqu'à l'abri.

Et le pire dans tout ça, c'était qu'il n'y avait toujours aucun temple en vue. Tout en suivant le quadrupède, Eiri consulta sa montre. Cela faisait déjà deux bonnes heures qu'il s'était absenté. Il espérait que Shuichi ne s'était pas réveillé, ou pire… Soudain inquiet, il pressa le pas.

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Quand il arriva au refuge, l'adolescent dormait toujours. Le teint pâle, les traits tirés, Shuichi donnait plus l'impression d'un zombie que d'un jeune chanteur plein de fougue et de talent. Yuki renonça à le réveiller pour le faire manger, ou boire. Le pauvre petit avait déjà assez mal dormi cette nuit, et en plus il avait perdu beaucoup de sang. Il devait être épuisé. Et de fait, le musicien ne se réveilla qu'assez tard dans l'après-midi. Encore dans les vapes, Shuichi ne savait plus où il était, et se croyait encore dans l'appartement de Yuki, cloué au lit avec un bon rhume. Yuki essaya de le lui démentir, mais l'artiste semblait ne pas comprendre, et ne prêtait guère attention à ses paroles, si bien que l'écrivain renonça à lui expliquer leur situation : coincés comme deux pauvres débiles en plein milieu d'une forêt qui ne semblait plus la même, blessés sans pouvoir appeler de secours, et entourés de loups étranges et de créatures noires encore plus bizarres...

Tout ce que l'écrivain réussit à faire avaler au chanteur fut un peu de jus d'orange, que Shuichi ingurgita avec beaucoup de difficultés. Durant la nuit suivante, la fièvre revint soudainement, et l'artiste était si faible que Yuki lui fit prendre de l'aspirine en le lui donnant au bouche-à-bouche, seule manière efficace pour éviter que le blessé ne recrache le médicament. La nuit se passa sans encombre, hormis les grondements et les bruits de combat que le romancier entendait dehors. Apparemment, les loups veillaient, et Yuki espérait qu'ils ne laisseraient pas d'autres gnomes noirs comme la veille s'en prendre à eux. Pas très rassuré par ce qui se déroulait au-dehors, et voyant que Shuichi grelottait encore de froid à cause de la fièvre, le blond vint se glisser à nouveau contre lui dans le lit, lui offrant la douce chaleur et l'étreinte réconfortante de ses bras, ce à quoi l'adolescent répondit en blottissant sa tête au creux de l'épaule de son compagnon.

En se réveillant le lendemain matin, Shuichi put enfin avaler un peu de nourriture, bien que celle-ci ne fût guère idéale pour un convalescent. Cependant il avait le ventre rempli, et c'était ce qui importait le plus pour le moment. Cependant, le romancier ne s'attendait pas à ce que son amant lui demande quelque chose qui lui paraissait franchement ahurissant.

- « Yuki… fit Shuichi en se rallongeant avec l'aide du blond quand il eut fini de manger. Tu… Tu peux me laisser là et partir. »

- « Quoi ?! »

- « Je sais pas si je pourrais réussir à me lever et à marcher rapidement. Alors peut-être que… tu devrais partir et aller chercher du secours. Comme ça, les secours sauront où on est, et on pourra être sauvé tous les deux beaucoup plus vite… »

- « Tu me demandes de te laisser seul ici, alors que t'es même pas capable de te lever pour aller pisser ou pour te défendre ? »

- « Ha… haï… » balbutia le chanteur, vaguement effrayé par l'expression encolérée qu'affichait à présent son compagnon.

- « Non, mais t'es vraiment pas bien toi ! Comment peux-tu croire une seule seconde que je te laisserais seul ici ? » cria soudain l'écrivain, hors de lui.

Un silence se fit alors. Cette phrase avait comme un air de déjà vu, enfin plutôt de déjà entendu.

- « Je sais bien que je suis un monstre d'insensibilité et de froideur, mais je ne suis pas dégueulasse à ce point-là quand même, ajouta le blond sur un ton toujours énervé, mais malgré tout plus doux. Je n'arrive pas à croire que tu puisses penser que j'accepterais de t'abandonner ainsi, dans une forêt lugubre infestée de créatures sorties de nulle part. Tu me disais l'autre jour quand j'ai failli tomber dans le ravin que te demander de me lâcher, c'était te demander de te jeter toi-même dans le vide. Et bien là, c'est exactement pareil ! Me demander de t'abandonner, c'est me demander de me tirer un balle dans la tête direct ! Tu n'as donc pas compris à quel point tu étais important dans ma vie ? À quel point j'ai besoin de toi ? Je ne suis pas très démonstratif, c'est vrai, mais si vraiment je ne t'aimais pas, je t'aurai dit de dégager depuis longtemps ! »

- « Tu arrêtes pas de me le dire… » lâcha Shuichi d'un ton désabusé.

- « Raaah ! Tu m'énerves ! Je te le dis, oui, et je te fous même dehors parfois, mais je t'ai jamais empêché de revenir. Je suis même allé te chercher plusieurs fois, je me suis battu contre Seguchi pour ne pas qu'il te sépare de moi, je me suis remis en question pour accepter ton amour, alors toi ne rejette pas le mien comme ça ! On partira d'ici ensemble ou rien ! Je… je ne peux pas te laisser mourir ici, tout seul, en croyant que j'ai préféré sauver ma peau, plutôt que de sauvegarder notre amour…»

La voix du romancier s'étrangla soudain, et il se tut aussitôt. Shuichi pouvait constater que ses yeux étaient humides. Les derniers mots de son amant l'avaient vraiment ému et touché au plus profond de son âme. L'adolescent savait déjà que Yuki l'aimait, mais l'entendre de la propre bouche de celui-ci, c'était quelque chose de vraiment merveilleux. Les yeux du blond brillaient de colère, mais les larmes qui y perlaient montraient qu'il était secoué, troublé. Visiblement, ce dernier n'arrivait pas à ajouter quoi que ce soit, à la fois honteux de s'être exprimé de la sorte, et furieux envers le musicien. Avec un "tsss" agacé, il se retourna pour quitter la cabane, mais Shuichi le retint par la manche de sa chemise.

- « Yuki… » souffla-t-il, un sanglot dans la voix.

- « ... »

- « Reste… » lâcha alors le musicien avec un petit sourire que le blond aperçut du coin de l'oeil.

Il n'en fallut pas plus au romancier pour craquer, et il vint aussitôt se blottir dans les bras que l'adolescent lui tendait.

- « Gomen, Yuki… s'excusait l'artiste tandis que son amant pleurait doucement contre son épaule. Gomen nasaï… »

- « Ne m'abandonne pas, Shuichi… Ne meurs pas sans me le dire… Je t'interdis de mourir, tu m'entends ? J'ai trop besoin de toi… »

Ils pleurèrent tous deux un long moment, jusqu'à ce que Shuichi, épuisé, finisse par s'endormir. La blessure du musicien semblait guérir assez bien, aucune infection ne paraissait s'être déclarée, et bien qu'encore douloureuse, elle ne saignait plus. Mais malgré ces nouvelles encourageantes, Yuki était inquiet. Il n'arrivait pas à contacter qui que ce soit avec les téléphones, il n'y avait plus aucun signe de civilisation autour d'eux. Les loups ne leur étaient pas hostiles, mais n'étaient pas non plus amicaux, sauf le plus jeune. Et la nuit, les drôles de lutins sombres rôdaient autour de la maison, et leur présence semblait être la cause du mal-être de Shuichi. Quand la nuit tombait, les attaques reprenaient. Par la fenêtre, l'écrivain apercevait parfois leurs yeux jaunes luisants dans l'obscurité, et plus ils se rapprochaient de la cabane, plus l'artiste semblait souffrir et devenir brûlant.

La nuit suivante, quelques heures avant la pointe du jour, Shuichi se réveilla, tremblant de froid et fébrile. Yuki s'était assoupi, enroulé dans le sac de couchage près du poêle. Les bruits inquiétants autour de la cabane s'étaient apaisés, mais on pouvait sentir encore comme une présence pesante qui s'insinuait au creux de l'estomac. "Elles" étaient toujours là… Les sombres créatures… L'adolescent frémit à cette seule pensée, et inconsciemment, il poussa un gémissement d'angoisse, alertant l'écrivain qui ne sommeillait que d'un oeil.

- « Shuichi ? s'inquiéta ce dernier en se redressant sur un coude. Ça ne va pas ? Tu as mal ? »

- « Hein ? Ah, non, ça va. Je… J'avais juste un peu froid… » bafouilla l'artiste, embarrassé d'avoir dérangé son compagnon alors qu'il tentait de prendre du repos.

- « C'est juste à cause de la fièvre ça. Si je te mettais plus d'épaisseur, ça ne serait pas bon pour toi, alors dors maintenant. Ça passera dans un moment, » fit le blond en faisant mine de se rallonger.

- « Demo… »

- « Désolé pour toi, mais t'as déjà toutes les couvertures. Il reste que le sac de couchage et je me le garde, » grommela son amant en s'enroulant dedans.

- « Yuki… » souffla l'artiste d'une voix peinée.

- « Qu'est-ce que tu veux encore ? » demanda l'écrivain en regardant vers le lit.

- « Je… je voulais pas le sac, tu sais… bredouilla le gamin d'un ton hésitant. Je me disais juste que… »

- « Que quoi ? Quand t'as un truc à me dire, dis-le. Je vais pas te bouffer, malgré mon mauvais caractère. Alors accouche avant que ça m'énerve. »

- « Ben je me disais, que tu aurais pu venir avec moi dans le lit… Pour qu'on se tienne chaud… » souffla l'artiste d'une voix tremblante, n'osant avouer son angoisse.

- « … »

- « Tu dois pas être très bien installé, là, par terre… » reprit le musicien devant le silence de son interlocuteur.

- « … »

- « Yuki… Réponds-moi, onegai… »

- « … »

- « Yukiiii… insistait l'adolescent, peiné de ce mutisme pesant. Même si c'est pour m'envoyer chier, dis au moins quelque chose. »

- « Tsss… Commence pas à chialer, baka, fit alors le blond en se levant, un sourire au coin des lèvres. Tu sais très bien que je ne peux pas résister à ton air de chien battu. »

Yuki vint rejoindre le chanteur en emportant sa couverture qu'il garda sur les épaules, puis il monta carrément à la tête du lit pour venir se glisser sous son compagnon avec mille précautions pour ne pas le faire souffrir.

- « Yu… Yuki ! Mais qu'est-ce que tu fais ? » s'exclama l'artiste, étonné.

- « Je me mets sous toi pour que tu aies bien chaud, expliqua le romancier en calant le musicien entre ses jambes pour qu'il puisse s'adosser à son torse. Voilà, comme ça. Ça va ? T'es bien installé ? Tu n'as pas mal ? »

- « C… C'est bon, ça va… » balbutia l'adolescent en piquant un fard.

Malgré son embarras, Shuichi était aux anges. Avec un soupir d'aise, il laissa aller sa tête sur la poitrine du romancier, lentement bercé par la respiration de ce dernier. Il bailla, puis chercha la main de son compagnon, où il glissa ses doigts avant de dériver doucement vers le pays des songes…

La fièvre qui le reprit un peu plus tard brisa cependant ses rêves sereins pour se transformer en cauchemars. Yuki se leva pour s'occuper de lui, mais constatant que l'artiste s'agitait encore plus quand il était seul dans le lit, l'écrivain lui donna un peu d'aspirine avant de revenir s'installer derrière lui. Le romancier savait ce qui perturbait ainsi le sommeil de son amant : les monstres noirs. Cependant, il ne pouvait rien faire contre eux, et il ne savait pas si Shuichi résisterait longtemps à ces nuits éprouvantes.

Heureusement, au-dehors, les loups veillaient, et le soleil finissait toujours par montrer le bout de son nez. Le matin du troisième jour arriva, et dès que les premiers rayons du soleil eurent dissipés les ombres de la nuit, l'état de Shuichi se stabilisa et l'artiste s'endormit très vite, le cœur soulagé d'un grand poids. Pendant que son amant sommeillait, l'écrivain se leva et sortit pour fumer et tenter à nouveau de contacter quelqu'un, ou peut-être même faire appel à ces mystérieux loups...

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Pendant ce temps, dans la cabane…

Le jeune chanteur ouvrit lentement les yeux. Il se sentait encore faible, mais il était à présent bien reposé. Sa nuit de fièvre ne semblait plus qu'un mauvais souvenir à présent que le soleil brillait haut dans le ciel. Cependant, il se sentait mal à l'aise dans cette forêt, et il avait l'impression d'avoir déjà éprouvé cette sensation par le passé. Mais où, quand ? Il n'arrivait pas à s'en souvenir, et chercher dans sa mémoire commençait à lui donner mal à la tête, et il préféra en rester là pour le moment. Il se souviendrait sans doute plus tard. Mais pour l'instant, il n'avait envie que d'une chose : manger. Il avait besoin de reprendre des forces. Il essaya de se lever, mais la lancée de douleur qui irradia depuis son ventre l'obligea à se rallonger.

Où était donc Yuki ? Il avait disparu quand il s'était réveillé. Il avait dû sortir faire la petite commission. Ou plutôt la grosse, vu le temps qu'il mettait à revenir. Shuichi espérait seulement qu'il n'avait pas été attaqué par un autre de ces monstres noirs des nuits précédentes. Préférant ne pas penser au pire, le musicien ferma les yeux avec un soupir de lassitude. En attendant Yuki, il allait dormir encore un peu. Soudain, il sentit quelque chose d'humide se poser sur son front, et il rouvrit aussitôt les paupières pour tomber nez à nez avec…

- « Omae ! » s'exclama-t-il en apercevant le jeune loup de la veille sous sa forme humaine.

- « Ohayo ! » lui répondit à sa grande surprise le garçon-loup sur un ton joyeux.

- « Ha…heuuu… tu… » balbutia l'humain en ôtant le chiffon humide que le loup lui avait posé sur le front, tellement estomaqué qu'il en perdait ses mots.

- « Hum ? Nanda ? Ça va pas ? » le questionna aussitôt son visiteur, l'air sincèrement inquiet.

- « Tu parles ? » réussit enfin à demander l'artiste.

- « Ben oui, comme tu peux le constater, » acquiesça l'autre avec un grand sourire, sans paraître le moins du monde offensé.

- « Waouh ! Sugoï ! s'exclama Shuichi, impressionné et vivement intéressé par cet étrange garçon. Ah ! Heuuu… Pardon… »

- « Iie, nandemonaï, le rassura le jeune loup. Tu ne dois pas voir tous les jours des loups qui parlent. »

- « Heuuuu… Non, en effet… »

- « Tu te sens mieux ? »

- « Hein ? Ah, oui, merci, répondit le chanteur. J'ai encore mal, et je peux pas me lever, mais ça va à peu près. Par contre, j'ai une faim de loup… » fit-il avant de rougir brusquement, certain d'avoir gaffé.

- « Hahahahahaha ! se prit à rire l'autre. Vous avez vraiment des expressions marrantes, vous autres, les humains. »

Un peu surpris de cette réaction, l'artiste finit par se joindre à son compère, et il se mit à rire à son tour. Mais il s'arrêta bien vite quand il ressentit une vive douleur au ventre.

- « Ah ! Fais attention ! » s'alarma le loup.

- « …Hugn… C'est bon, ça va… » le rassura le chanteur avec une légère grimace.

- « Ouf ! Tant mieux ! »

- « Au fait, tu as un nom ? demanda l'artiste. Moi je m'appelle Shuichi. »

- « Moi, c'est Toboe, ravi de faire ta connaissance, Shuichi, » fit le garçon en souriant.

- « Moi de même, » lui sourit le chanteur.

- « Et si on mangeait ? J'ai apporté des fruits que j'ai trouvés dans la forêt. »

- « Oh génial ! Et nous, on doit avoir des trucs aussi. Regarde dans le sac, là. »

Les deux adolescents se mirent alors à discuter tout en grignotant, chacun racontant sa vie respective, de ces mésaventures ou de ces moments de bonheur. Toboe parlait de ses amis les loups, Kiba, le loup blanc qui les avait sauvé de la chose noire hier, Hige, drôle et charnu, et bien entendu, le loup à la cicatrice en forme de croix, Tsume. Le jeune loup semblait lui porter une affection toute particulière, qui n'était pas sans rappeler au chanteur la relation qu'il vivait avec le romancier. En effet, ledit Tsume était une crème avec Toboe, bien qu'il avait parfois son petit caractère bougon. Shuichi écoutait, émerveillé, l'histoire du garçon-loup.

- « Alors comme ça, vous venez d'un autre monde ? » questionna le musicien, avide d'informations.

- « Oui, confirma Toboe. Dans notre monde, la race des loups a presque complètement disparu, victime de la déforestation et des chasses menées par les Hommes. Ceux qui ont survécu se sont adaptés, et se sont métamorphosés en humain pour pouvoir passer inaperçus. La vie n'était vraiment pas facile pour nous. Mais heureusement, j'ai rencontré Tsume, Kiba et Hige. On avait d'autres amis loups mais ils sont restés là-bas. »

- « Mais comment avez-vous fait pour venir ici ? »

- « Nous sommes passer par "la porte". »

- « "La porte" ? »

- « Oui. Dans notre monde, il y avait une chose que nous recherchions, nous les loups : c'était "Rakuen", "Le paradis", un endroit où les loups pourraient vivre en paix loin de la menace des Hommes. Mais même cela, les Humains l'ont détruit et nous n'avions plus nulle part où aller (1). C'est alors qu'ils sont arrivés… »

- « "Ils " ? »

- « Les Sans-cœur, la créature que vous avez rencontrée l'autre jour. Ils venaient détruire complètement notre monde, et nous nous apprêtions à les combattre quand deux jeunes garçons accompagnés d'un canard et d'un chien parlants, sont arrivés. »

- « Un canard et un chien parlants… ? » souffla Shuichi, passablement troublé, mais ne réfutant pas complètement ce concept après vu des loups devenir humains et parler.

- « Haï. Donald et Dingo, je crois. »

- « … Donald et… Dingo… ? s'étonna le garçon aux cheveux fuchsia. Et y avait pas Mickey, aussi, tant qu'on y est ? » ajouta-t-il, légèrement narquois.

- « Si ! Y avait le Roi Mickey. Comment t'as deviné ?»

- « Heuuu… Comme ça, une intuition… lâcha Shuichi, carrément pantois en entendant parler d'un Mickey devenu "roi". On les connaît un peu, ces personnages, dans notre monde... »

- « Ah, c'est super ! Ils sont célèbres alors ! »

- « Si on veut… »

- « Donc, tous ensemble, ils sont venus nous aider, et comme ils ont vus qu'on était fort et comme on n'avait pas d'endroit où aller, ils nous ont proposés de venir ici pour devenir les gardiens de la porte. »

« De plus en plus bizarre… se disait l'artiste. Je suis pas sûr de tout comprendre là… »

- « Alors heuuu… C'est quoi cette fameuse porte ? » demanda Shuichi, de plus en plus perplexe.

- « C'est la porte qui relie les mondes entre eux. C'est par là que nous sommes venus, et c'est par là qu'arrive aussi les Sans-cœur. Et nous, on est là pour les arrêter. Pour les empêcher d'entrer dans votre monde. Pour vous protéger.»

- « Nous protéger ? »

- « C'est exactement ça, fit soudain une voix froide depuis la porte d'entrée de la cabane. Et vous autres, humains, n'avaient rien à faire ici. Alors dès que ton copain sera revenu, vous vous casserez tous les deux, pigé ? »

- « Tsume ! » s'exclama Toboe, indigné du comportement de son camarade.

C'était un homme entre 25-30 ans, mais donc les cheveux gris attachés sur la nuque durcissaient le regard. Il portait une tenue très moulante en cuir, dont les manches étaient déchirées aux épaules, et on pouvait apercevoir sur sa poitrine une cicatrice en croix. Shuichi le reconnut alors : le loup qui accompagnait Toboe la veille !

- « Et surtout toi, gamin… Cette partie de la forêt t'est interdite. Tu n'aurais jamais dû revenir ici… »

- « Revenir ? Comment ça, revenir ? Je suis déjà venu plusieurs fois avec mon grand-père quand j'étais enfant. Pourquoi n'aurais-je pas le droit de venir ici ? »

- « Tu n'as pas le droit d'approcher du temple, gamin. Un point c'est tout, » répondit seulement le loup gris.

- « Et on peut savoir pourquoi ? » demanda sèchement une autre voix glaciale que Shuichi identifia aussitôt.

- « Yuki ! » s'exclama le chanteur.

- « T'es qui toi ? » fit froidement le blond au loup gris, qu'il n'avait pas reconnu sous sa forme humaine.

Derrière Tsume, l'écrivain aperçut Toboe près de Shuichi. Lui, par contre, il le reconnut aussitôt. Reportant son regard vers l'homme devant lui, il vit la cicatrice en croix, et là, il comprit.

- « Ah, je vois… Tu es le loup gris d'hier, constata le romancier d'une voix où perçait un sarcasme évident. Le teigneux qui me faisait les yeux doux. »

- « Ne me cherche pas, humain ! » aboya Tsume.

- « Tsss… Tu n'es vraiment qu'un animal… cracha Yuki sur un ton persiflant, ravi que sa pique ait porté son coup. Ton copain le loup blanc m'a averti que t'avais un sale caractère. »

Le loup gris agrippa aussitôt Yuki par le col de sa veste, et lui lança un regard noir en lui montrant les dents. Des dents un peu trop effilées au goût du blond, qui demanda encore :

- « Pourquoi Shuichi n'a pas le droit d'approcher du temple ? »

- « Cela ne te regarde pas, humain, » cracha le loup gris avec hargne.

- « Un peu que ça me regarde, mon gros loup ! rétorqua le blond d'une voix forte. Je cherche ce temple, et ça m'emmerderait passablement de pas pouvoir y aller parce que l'enquiquineur de service qui m'accompagne y est interdit de séjour ! Alors explique ! »

- « Tout ce que t'as besoin de savoir, c'est que la présence de ton copain peut provoquer la perte de ce monde. »

- « Je vois… C'est parce que vous êtes les gardiens de "la porte", c'est ça ? Et Shuichi a le pouvoir de l'ouvrir, je me trompe ? C'est pour ça que vous ne voulez pas qu'il aille là-bas. Parce que cela ouvrirait le passage à ses créatures que vous appelez les "Sans-coeur", » lança le blond en agrippant la main de Tsume pour lui faire lâcher prise.

- « Grrr… Comment sais-tu tout ça ? C'est Kiba qui t'a tout raconté ? » gronda l'homme-loup.

- « Non, il s'est juste contenté de m'expliquer ce qu'étaient les Sans-cœur, et ce que vous faisiez ici, mais sans entrer vraiment dans les détails. Je connais vos noms aussi. Pour le reste, je l'ai deviné tout seul. »

- « T'es un p'tit malin alors, hein ? » fit narquoisement Tsume.

- « Ouais, répondit Yuki avec un sourire sardonique. Pourquoi ? Ça te gêne ? »

- « Plutôt deux fois qu'une, sale connard d'humain ! » explosa le loup, franchement agacé par l'air suffisant du blond.

Yuki esquiva habilement un premier, puis un deuxième coup de poing, avant de riposter vivement. Ne s'attendant pas à trouver un adversaire aussi vif, Tsume encaissa une droite bien sentie en plein visage. Sous le choc, il recula d'un pas, mais resta debout. Profondément offusqué de s'être laissé surprendre, il releva la tête avec un regard meurtrier et asséna au romancier un coup d'une puissance nettement supérieur à celle de l'humain. Eiri vola à plusieurs mètres avant de s'écraser lourdement au sol. Aussitôt, le loup gris prit son élan et d'une forte impulsion sur ses jambes, il se propulsa en l'air et aurait filé à l'écrivain une autre trempe si celui-ci ne s'était dérobé d'une roulade en arrière.

Les deux adversaires étaient à présent immobiles, un genou au sol, se fixant avec agressivité. La joue de Tsume avait rougi après le coup qu'il s'était pris. Quant à l'écrivain, un filet de sang s'écoulait lentement du coin de sa bouche. Le choc avait été rude, et pour le blond, c'était bien la première fois qu'il rencontrait un adversaire capable de le sonner avec un seul coup de poing. S'il ne voulait pas se faire étaler à la prochaine empoignade, il allait devoir se creuser un peu les méninges pour établir une stratégie, et ne pas compter uniquement sur la force brute. D'un geste très lent, Eiri essuya son menton, avant de cracher au sol le sang qu'il avait dans la bouche. Il ne perdait pas une seule seconde l'animal de vue.

« S'il se change en loup maintenant, ça va mal aller pour moi… » se dit le romancier.

En effet, il pourrait gérer un adversaire humain, même plus massif que lui, mais une bête féroce dotée de dents acérées, il voyait mal comment l'arrêter, et ne pas finir déchiqueter. Eiri ne bougeait pas, réfléchissant à ce qu'il pourrait faire. Il observait son ennemi avec insistance, guettant le moindre mouvement qui lui indiquerait qu'il passait à l'attaque. Une goutte de sueur suinta de sa tempe à mesure que son angoisse augmentait.

- « Tu as peur, humain ? persifla Tsume avec un plaisir évident. Je le sens, tu empestes la terreur. Comme c'est touchant ! »

- « Je n'ai pas peur de toi, sale clébard ! » répliqua violemment le blond.

- « Ne me compare à cette engeance vendue à l'humain ! rugit le loup. Contrairement à ces faibles chiens, les loups ne se soumettront jamais à vous ! »

- « Alors pourquoi protège-tu ce monde ? Il est rempli d'humains, non ? Qu'il est mignon, le gentil toutou à sa mémère !» ironisa l'écrivain, en tapotant ses cuisses comme on le ferait pour appeler un chien.

- « ASSEZ !! » explosa l'homme-loup en se jetant sur le romancier qui n'eut même pas le temps d'esquiver.

« Moi et ma grande gueule… »pesta intérieurement Yuki en se protégeant du mieux qu'il pouvait de la pluie de coups qui s'abattait sur lui.

Littéralement enragé, Tsume ruait son adversaire de coups bestiaux que celui-ci évitait à grand-peine, ne lui laissant pas le temps de riposter. L'homme en cuir avait plaqué l'écrivain au sol, et le maintenait ainsi de ses jambes puissantes. Eiri résistait autant qu'il le pouvait mais il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps. Soudain, un coup bien placé sur sa tempe lui fit perdre connaissance.

Pendant ce temps, Shuichi avait assisté à la scène, impuissant, depuis le lit à l'intérieur de la cabane. Il avait malheureusement perdu de vue les combattants quand ils étaient sortis en se jetant l'un sur l'autre, mais il pouvait entendre leurs éclats de voix et le vacarme de leur lutte acharnée. Avec l'aide de Toboe resté près de lui, le musicien se leva péniblement, et sortit à son tour pour arrêter cette vaine querelle. Les quelques pas qu'il venait d'effectuer étaient pour lui un véritable supplice. Il avait mal et il commençait à se sentir très mal, mais après avoir entre-aperçu le regard féroce de Tsume, il craignait pour la vie de son compagnon. Il devait les arrêter à tout prix, avant que ça ne se finisse mal. Quand il arriva sur le pas de la porte, il vit Yuki en fâcheuse posture, et Tsume au-dessus de lui qui levait déjà le bras pour lui porter le coup de grâce.

- « NOOOOOOOOOOOON !! » hurla Shuichi en se précipitant malgré sa souffrance vers les deux opposants.

L'artiste se jeta alors sur le bras du loup pour le stopper. De rage d'être ainsi dérangé, celui-ci réagit aussitôt et dégagea son bras d'un brutal mouvement qui envoya valser l'adolescent dans un tas de bûches entassé près de la maison.

- « SHUICHI ! » s'écria le jeune Toboe en s'empressant d'aller le dégager.

Enseveli et assommé net, Shuichi ne bougeait plus. Sa blessure au ventre s'était rouverte, comme l'attestait la tache rouge qui s'élargissait sous ses bandages, et il perdait aussi du sang d'une large coupure au front. Tsume s'était immobilisé, horrifié d'avoir osé toucher un enfant, et blessé qui plus est. L'écrivain, qui avait entre-temps repris connaissance, avait assisté à cette scène navrante, et profitant de l'inattention de son antagoniste, il le frappa violemment au coin de la mâchoire, puis une fois débarrassé de lui, il s'élança vers son amant. Il bouscula rudement le jeune loup qui tentait de ranimer Shuichi, et il prit délicatement le chanteur dans ses bras.

- « Shuichi ? Shuichi, réveille-toi ! appelait-il d'une voix où pointait une nuance d'angoisse. Shuichi ! »

Malgré ses sollicitations, l'adolescent restait désespérément inconscient.

- « Vous ne devriez pas le secouer comme ça, lui conseilla doucement Toboe en se relevant. Il perd beaucoup de sang… »

- « Uruse !! » lui cria le blond avec hargne.

- « Omae… » fit Tsume, prêt à se lancer sur le romancier pour le dérouiller.

- « Yamete, Tsume ! » l'exhorta le jeune Toboe en se plaçant entre son compagnon et les deux humains.

- « Ne te met pas en travers de mon chemin, Toboe ! » aboya le loup gris.

- « Il est temps d'arrêter cette querelle stupide… ajouta-t-il en baissant la tête, les oreilles basses. Shuichi… est mon ami, Tsume… »

- « Tu ne peux pas être ami avec un humain, Toboe, lui répliqua froidement Tsume en époussetant ses vêtements pleins de poussière. Il te trahira, comme cette jeune fille… Comme les autres… On ne peut pas leur faire confiance. »

- « Shuichi n'avait pas peur de moi, Tsume ! On a ri ensemble, il m'a raconté plein de choses sur son monde, il m'a considéré comme son ami bien que je sois un loup ! On doit l'aider ! Je ne veux pas qu'il meure, Tsume ! C'est mon ami ! C'est mon tout premier ami de mon âge, alors ne le laisse pas mourir ! » supplia le jeune loup, le visage ravagé par ses pleurs.

- « Toboe a raison, fit soudain une voix douce derrière Tsume. On ne peut pas le laisser mourir. N'oublie pas combien il est important… »

- « Grrr… gronda le loup gris en regardant s'approcher son chef de meute. Kiba… »

Sans se soucier de son partenaire à la cicatrice, le dénommé Kiba s'avança jusqu'à rejoindre les deux randonneurs.

- « J'ai parlé aux moines du temple, fit-il à l'adresse du blond. Ils acceptent de vous accueillir dans leur demeure jusqu'à ce que ton ami soit guéri. Ensuite, ils vont reconduiront dans votre monde. »

- « Je ne vous laisserai pas faire du mal à Shuichi, espèce de sales loups… » cracha l'écrivain sur la défensive.

- « Nous ne lui ferons rien, le rassura le loup blanc. Bien au contraire, nous allons le conduire jusqu'aux moines pour qu'ils le soignent. Alors maintenant, refais ses pansements et prépare quelques affaires. Nous allons vous conduire au temple. »

Yuki n'en revenait pas. Alors qu'ils avaient failli mourir pour trouver ce fichu temple, voilà qu'une bande de loups bizarres voulaient les y conduire, après avoir voulu les en écarter.

- « Elle est où, l'entourloupe, là ? demanda le blond, suspicieux, tandis qu'il soulevait son amant pour le ramener à l'intérieur. Vous nous dites que Shuichi n'a pas le droit d'approcher le temple, et maintenant vous voulez nous y emmener ? Qu'avez-vous l'intention de lui faire là-bas ? Un lavage de cerveau ? Une séance de torture pour ne qu'il ne parle pas ? À moins que vous ne vouliez le faire disparaître… »

- « Tu es inquiet pour ton ami, je le comprends, concéda Kiba. Mais je te donne ma parole que nous ne lui ferons rien. Les moines le soigneront et vous reconduiront à la lisière de la forêt quand il sera en état de voyager. Rien d'autre.»

- « … »

L'écrivain resta muet, soupçonneux à l'extrême. Il ne faisait déjà pas confiance à des gens de son espèce, alors à des loups, encore moins. Sans même un regard pour les trois loups qui se tenaient autour de lui sous leur forme humaine, Yuki retourna dans la maison où il déposa doucement son compagnon sur le lit.

- « Kuso… Ça pisse le sang… » jura-t-il entre ses dents quand il examina la blessure au ventre du musicien.

- « Alors on doit l'emmener sans plus atteindre auprès des moines, fit derrière lui la voix douce du loup blanc. Ils ont de quoi le soigner correctement. »

- « Je ne t'ai rien demandé, saleté de loup… » cracha le blond tout en essayant de stopper l'hémorragie.

- « Tenez, mettez ça sur ses blessures ! » le pressa le petit Toboe en accourant de l'extérieur.

Yuki examina avec appréhension ce que lui tendait le jeune loup. C'était une étrange bouillie de couleur verdâtre à l'aspect franchement peu appétissant.

- « C'est quoi cette horreur ? » s'enquit-il.

- « C'est un cataplasme très efficace, répondit aussitôt Toboe. J'ai mâché soigneusement les feuilles pour qu'il soit facilement applicable. »

- « Tu as… mâché les feuilles ? » lâcha le romancier en masquant à peine son dégoût.

- « Fais ce qu'il te dit, et ne discute pas ! » lança Tsume depuis la porte d'un ton qui ne souffrait pas de réplique.

Un peu à contrecœur, Yuki obéit. Dans cette situation, il n'avait pas d'autres choix que de suivre les conseils de ces loups. Shuichi, toujours inconscient, était plus pâle que la mort. Et si on ne faisait rien pour arrêter le sang de s'écouler, il allait finir par…

« Non ! se morigéna l'écrivain. On va le sauver. Il le faut. JE vais le sauver… Shuichi…»

Avec l'aide du jeune loup, le blond appliqua une bonne dose de la bouillasse verte sur les plaies béantes, et miraculeusement, le saignement stoppa. C'était sans doute une sorte de coagulant naturel. Soulagé, Eiri commença à en étaler généreusement sur la coupure au front du musicien, quand celui-ci se réveilla.

- « Yu…ki… »

- « Je suis là, Shuichi, l'apaisa le romancier en déposant une main sur sa joue brûlante. Ne t'agite pas surtout. »

- « Yuki… Tu es blessé… » s'alarma l'artiste en remarquant les traces de coups sur le visage de son compagnon.

- « Ne t'inquiète pas, ce ne sont que quelques bleus, » dit sobrement le blond.

- « Je ne veux pas qu'il t'arrive du mal, Yuki… Je veux te protéger… » souffla l'adolescent en refermant lentement les yeux.

- « Et tu l'as très bien fait jusqu'ici, le conforta Yuki. Tu peux te reposer maintenant, c'est moi qui vais prendre soin de toi. »

- « Hai… » acquiesça le chanteur dans un soupir fatigué, comme s'il se déchargeait d'un fardeau que son état ne lui permettait plus de soutenir.

Soudain, Shuichi fut prit d'une quinte de toux déchirante, et il se mit à cracher un sang noir et poisseux, avant de s'abîmer dans un lourd sommeil proche du coma. Son état devenait de plus en plus préoccupant à mesure que les secondes s'écoulaient. Jetant un dernier regarde à son amant, Yuki prit sa décision. Il se leva, et d'un air résolu, il demanda :

- « Il est loin d'ici ce temple ? »

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

À suivre!!

Au prochain chapitre : Révélations…

1°- Je vous préviens d'avance que je ne respecte pas vraiment le scénario de Wolf's rain. Il fallait effectivement que je trouve une excuse pour faire venir les loups dans le monde de Gravitation.

- Référence à l'anime, où Toboe était devenu amie avec une humaine, mais cette dernière a cruellement découvert son secret quand le jeune loup a malencontreusement tuer le corbeau de la fille.

Commentaires de fin : Alors, il vous a plu ce chapitre ? Oui ? Alors envoyez-moi des revieeeeews, merci beaucoup !! Moi je vais finir de ranger mes cartons et trouver une seconde entre 2 cartons pour écrire la suite. Bisous et à bientôt !!

Lexique :

Arigatô / arigatô gozaimasu : merci

Baka / bakamono / bakayarô : imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit

Chan/kun/san : Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)

Demo : mais

Gomen / Gomen Nasaï : pardon, désolé, excusez-moi

Haï : oui

Iie : non (le contraire de « hai » donc… hum… je pense que c'est évident)

Itaï : Aïeuh ! Ça fait mal !

Kuso : merde

Nanda : quoi ?

Nandemo nai : non rien, c'est rien

Nani : quoi ?

Ohayô /ohayô gozaimasu : Bonjour (jusqu'à 11H du matin)

Omae : toi

Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît / s'il vous plaît

Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » attaquer

Shinde kure : meurs !

Shine : meurs !

Sugoï : Super !

Teme : connard / enfoiré

Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme

Uruse (variante de « Urusaï / uruseï ») : Ta gueule, ferme-la, tais-toi

Yaoi : genre apparu dans les années 70 au Japon, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.

- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP Plot what plot)

- viendrait aussi de l'expression « YAmete Oshiri ga Itai » littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ? héhéhé…. Nyark nyark nyark…

- Le yaoi décrit une relation comportant des scènes sexuelles parfois trèèès explicites. Le « shonen-aï » en est une forme dérivé, mais ne comporte pas de scènes de sexe, juste un petit bisou par-ci par-là, mais surtout beaucoup d'amour.

Yamete : arrête / arrêtez