Le temps passait lentement sur cette petite planète bleue. Les jours, les semaines, les mois se succédaient, tous identiques, pour finalement faire une année. Les gens vaquaient à leurs occupations quotidiennes, sans se douter que d'ici environ un an et demi, leurs vies seraient de nouveau menacées. Chacun profitait du calme dans l'inscouciance la plus totale.

Au centre de la Capitale de l'Ouest, en revanche, l'ambiance était plutôt tendue.

Si vous aviez regardé à la fenêtre de la résidence Brief ce matin là, vous y aurez vu un jeune home vêtu d'une tunique orange tentant d'éviter les objets que lui lançait en hurlant une jeune femme aux cheveux bleus, puis vous auriez ensuite entendu les hurlements du dit jeune homme à l'encontre de la jeune femme. Ensuite vous auriez assisté à la monumentale giffle qu'elle lui donna, avant de le voir quitter la maison.

Comme nous disions donc, le quotidien opérait également dans cette maison. Car oui, ce genre de disputes était devenu de plus en plus courant entre Bulma et Yamcha. Il était toujours aussi absent, elle se sentait toujours aussi seule, il ne l'a comprenait toujours pas, elle était toujours aussi colérique, il n'était pas assez attentif, elle était trop capricieuse, il n'était pas assez gentil, elle était trop gentille, mais pas avec lui. La plupart du temps, après ce genre de disputes, ils allaient se réconscilier sous la couette. Mais même là, Bulma n'arrivait pas à lui pardonner totalement. Couchée à côté de lui, qui dormait, elle se demandait combien de temps tout cela allait durer, s'ils se disputeraient encore, s'il était vraiment sincère avec elle, si elle pouvait le croire quand il disait qu'il n'aimait qu'elle, et si elle était toujours heureuse avec lui. C'est sur, elle l'aime, sinon ils n'auraient peut-être pas tenu aussi longtemps. Cela faisait maintenant quinze ans qu'ils étaient ensemble, ça avait l'air de tenir, malgrès les disputes et ruptures régulières. Mais maintenant qu'elle était plus adulte, elle se demandait si ce genre de relation était vraiment fait pour durer.

Elle croyait au grand amour. Celui qu'on ne rencontre qu'une fois et qui dure toujours. Et même s'il n'éxistait pas, elle voulait y croire. C'était pour cette raison qu'elle s'était lancée, à seulement seize ans, à la recherche des Dragon Ball et qu'elle avait rencontré Goku et, par conséquent, Yamcha. Elle n'avait pas pu demander un fillancé au dragon Shenron, mais s'était entre temps rapprochée rapidement de Yamcha avec qui elle avait commencé à sortir. C'est vrai qu'ils s'étaient rapidement mis ensemble, malgré le fait qu'au premier abord il semblait assez intimidé par elle. En ce remémorant cette époque, elle se rendit compte que leur histoire avait été houleuse dès son commencement. Maintenant qu'elle y pensait, ils n'avaient pas vraiment eu de longues périodes sans dispute. Peut être était-ce elle qui était trop éxigeante avec lui, ou au contraire lui qui n'en faisait pas assez… En fait, c'était peut être bel et bien son idée de grand amour qui les avait fait tenir. Peut être que sans ça, elle aurait lâché prise bien plus tôt…

Laissant son esprit divaguer, elle se mit à penser à Vegeta, qui devait être en train de dormir dans une chambre un peu plus loin, s'il ne s'entrainait pas encore. Lui, par contre, elle le voyait tous les jours, comparé à Yamsha qui venait tous les trente-six du mois. Si les places avaient été inversées, est-ce que ça se serait mieux passé entre elle et son petit ami ? Elle n'en était même pas sûre…

Quelques heures plus tôt, Vegeta sortait de la salle de bain quand il passa près de la chambre de Bulma. Les gémissements qu'il y entendait lui firent penser que la larve lui servant de petit ami passait la nuit avec elle. Voulant ignorer le fait qu'il rougissait, gêné de surprendre de tels bruits, il se dirigea rapidement vers sa chambre. Une fois la porte refermée, il s'étendit su le lit, les mains derrière la tête. Il avait du mal à comprendre ce qu'elle pouvait trouver à cette loque, il n'était ni fort, ni intelligent, et ils passaient leur temps à se disputer. Elle qui avait si fort caractère, comment pouvait-elle trouver un quelconque interet à un être aussi pitoyable… Décidement, les relations entres humains étaient vraiment futiles. Alors que lui, il était tellement plus… « Non mais, à quoi je pense, moi ?! » se repris intérieurment le prince Saiyen, soudain conscient de ce à quoi il était en train de penser. Tout en maugréant, il se mit sur le flanc et, se laissant emporter par sa fatigue, sombra rapidement dans un sommeil profond.

Le lendemain, alors qu'il engloutissait sa quatrième fournée de croissant, Vegeta vit Bulma passer dans la cuisine sans lui accorder ne serai-ce un regard, puis se diriger vers le salon. Elle s'était réveillée avant Yamcha et plutôt que de s'embêter à attendre qu'il daigne ouvrir les yeux, elle décida de forcer un peu les choses, à sa manière. Quelque secondes plus tard, le bruit de la télé se fit entendre jusqu'aux étages. Il ne fallut pas longtemps au Saiyen pour perdre son sang froid et se rendre au salon.

- T'es devenue sourde pour mettre le son aussi fort ?! Hurla-t-il à la jeune femme, assise de travers sur un fauteil, les pieds posés sur l'accoudoir.

- Quoi, je viens pas t'embêter quand tu fais du bruit pendant que tu t'entraines, alors…

- Si, justement ! Alors baisse le son ou je fais exploser cet engin !

- Vas-y ! J'en rachèterai une avec le son encore plus fort !

Ne se faisant pas prier, Vegeta lança de rage un flux d'énergie en plein sur la télévision, sous le regard effaré de Bulma.

- Non mais ça va pas ?! Ma télé ! se lamenta-t-elle agenouillée devant les restes de l'appareil.

- Je t'avais prévenu.

- Hey ! Je te signale qu'on t'héberge et qu'on te nourri gratuitement, et ce depuis plus de deux ans ! La moindre des choses serait de respecter nos affaires ! Est-ce que je vais bousiller ta salle de gravité moi ?!

Le prince lui lança un regard de défi, sans bouger d'un pouce. Agacée, au bord des larmes, Bulma se redressa et quitta le salon en courant presque, avant de rejoindre l'étage. Vegeta eu un petit sourire satisfait et retourna finir son petit déjeuner, c'est-à-dire la demi douzaine d'assortiment de viennoiseries qui lui restait.

Les jours passèrent, tous pareils. Yamcha ne montra pas le bout de son nez pendant quelques temps, ce qui laissa Bulma sur les nerfs un bon moment, au grand damn de Vegeta qui s'en prenait plein la tête à la moindre occasion. Un soir, pourtant, Yamcha refit son apparition. Bulma lui sauta au coup, voulant faire des efforts pour que cette fois, ça se passe bien. Ou enfin, mieux que d'habitude. Mais elle comprit vite que c'était peine perdue. Un quart d'heure après son arrivée, il lui apprit qu'il ne resterait pas longtemps et qu'il ne reviendrait pas avant quelques jours. Ce fut la goute d'eau qui fit déborder le vase. Bulma et lui se disputèrent pendant un long moment, chacun criant toujours plus fort pour couvrir la voix de l'autre. Après une bataille acharnée, Yamcha ouvrit la porte d'entrée et s'en alla, poursuivi par les cris de sa petite amie. Une fois qu'elle eut finit de lui cracher sa rage, la jeune femme senti les larmes lui monter aux yeux, mais cette fois elle ne put rien faire pour les arrêter. Avançant difficilement dans sa maison, elle finit par s'adosser à un mur et se laissa glisser le long de ce dernier, enfouissant sa tête dans ses bras. Elle resta à sangloter comme ça quelques minutes, avant d'entendre des pas résonner dans le couloir. En relevant la tête, elle apperçu Vegeta, une serviette à la main. Il observa la jeune femme quelques secondes. Elle était légèrement décoiffée, ses yeux étaient rouges et conflés, ses joues étaient humidifées par ses larmes. Un petit sourire narquois se dessina sur les lèvres du Saiyen.

- Et bah dis donc, t'as une de ses tête, tu aurais presque pu faire peur à Freezer comme ça, lança-t-il sur un ton railleur.

S'en fut trop pour Bulma. S'entend la colère s'installer en elle, elle se releva et se précipita vers lui.

- Et qu'est-ce que ça peut bien te faire, hein ? De toute façon t'en as rien à foutre de moi, alors quoi, ça t'amuse de me rabaisser dès que tu me vois ?!

Le Saiyen resta immobile à l'approche de la terrienne. Sa colère ne l'effrayait pas le moins du monde, après tout que pouvait-elle contre lui, un puissant Saiyen de sang royal ? Arrivée à son niveau, Bulma lança son point droit contre le torse de végéta, qui eut un léger monvement de recul dû à la surprise. Elle commeça à frapper son torse du plus fort qu'elle pouvait, bien qu'elle sache pertinemment que cela ne lui ferait rien, tandis que ses larmes coulaient toujours le long de ses joues. Elle était folle de rage et de chagrin, et il était là, à se moquer d'elle. A cette pensée, elle accéléra ses coups.

- T'es-vraiment-qu'un-abruti !

Se sentant impuissante, elle finit par poser sa tête contre l'épaule de Vegeta, serrant son débardeur entre ses doigts, pleurant de plus belle. Elle n'en pouvait plus de toute ça. Lui, elle, Yamcha, les cyborg qui vont tous les tuer, à cet instant plus rien n'avait d'importance. Elle aurait juste voulu que tout s'arrête.

Le Saiyen poussa un soupir las. Elle était vraiment en piteux état, cette fois.

- Bon, arrête de pleurer, tu vas salir mes fringues.

- M'en fiche…

Bulma était toujours incapable d'arrêter ses sanglots. Elle ne se rendait compte qu'à moitié de la situation dans laquelle elle était, à pleurer dans les bras d'un monstre cruel qui avait voulu détruire la terre et tuer ses amis. Mais là, à l'instant, ça lui était égal.

Que devait-il faire, maintenant ? Voilà qu'elle pleurait contre lui, comme s'il n'avait que ça à faire. Il n'allait tout de même pas s'abaisser à la consoler, il ne voulait pas tomber si bas, surtout pour une femme pareille, une terrienne si insupportable, colérique... Mais il sentait bien qu'elle ne le lâcherait pas tant qu'elle ne se serait pas calmée. Bon, puisqu'il n'avait vraiment pas le choix…

Soudain, Bulma senti quelque chose bouger contre elle. Elle se redressa et remarqua que Vegeta, le regard fixe devant lui, passait l'un de ses bras autour de ses épaules.

- Qu'est que tu…

- Ferme-la et profite, ça arrivera pas souvent.

Bulma dévisagea le Saiyen quelques secondes. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Elle s'était attendu à tout, à ce qu'il l'envoie balader, qu'il l'ignore, elle pensait même qu'il l'a frapperait, mais elle était loin d'imaginer un tel geste de réconfort venant de lui. Résignée, elle reposa doucement sa tête contre lui. C'était comme si le temps s'était vigé sur ce moment là, plus rien d'autre n'existait, à cet instant précis, dans l'esprit de l'unique héritière de la famille Brief. Fermant les yeux, Bulma se laissa totalement aller contre le corps du prince Saiyen, et se remit à pleurer quelques instants. D'aussi loin que remontait sa mémoire, elle ne se souvenait pas s'être jamais sentie aussi bien dans les bras de quelqu'un. Elle fit encore semblant de pleurer quelques secondes, de peur que cet instant se finisse, ce qui était pourtant inévitable. Sentant qu'elle s'était enfin calmée, Vegeta relacha son étreinte. Bulma fit un pas en arrière pour se détacher de lui et essuya ses larmes.

- Merci…, chuchotta-t-elle.

- Tsss.

Sans accorder le moindre regard à la terrienne, le prince fit aussitôt volte face et quitta le couloir sans un mot. Bulma le regarda s'éloigner silencieusement, et une fois hors de vue, elle esquissa un léger sourire.

« Finalement, tu n'es peut être pas si mauvais que ça… »

Elle passa ses mains sur ses joues afin d'essuyer ses dernières larmes et, se rendant compte qu'elle n'avait pas sommeil, se dirigea d'un pas léger vers son labo. Une nuit blanche à travailler, rien de tel pour se remettre les idées en place.