[J-1778]

"Où est-ce que j'en étais ? Ah oui, Polis... Jusqu'à cet instant, je croyais pouvoir vivre dans le bunker avec les autres et ma mère... Je ne peux pas supporter de la laisser la-dessous. Malheureusement, je pourrai creuser durant des années et ne jamais atteindre cette porte."

Je n'ai pas le temps de pleurer sur mon sort. Il faut que je bouge. Il n'y a rien pour moi à Polis et je sais où aller. Je me dirige là-bas, comme attirée. Arkadia fut ce qui se rapprochait le plus d'un foyer. Ma tête me dit de m'y rendre pour trouver de quoi survivre, mais mon coeur se signale lui-aussi, plus doucement, silencieusement. J'ai besoin de retourner là-bas. Là où mon peuple a vécu.

Je comprends mon erreur au moment où j'atteins la zone de notre ancien campement. "Camp Jaha" puis "Arkadia", il n'en reste aujourd'hui plus rien. Déjà bien amochée par l'incendie déclenché par Ilian, puis achevée par Praimfaya, la Station Alpha tient à peine debout et je suis surprise que ses morceaux ne se détachent pas un par un, au fur et à mesure que je laisse mon regard se poser sur elle.

"Je suis isolée depuis deux mois maintenant, mais c'est la première fois que je me sens seule. C'est comme si nous n'avions jamais été là... Peut-être que nous n'aurions jamais dû venir. Comment vais-je y arriver pendant 5 ans ?"

J'ai ramassé quelques débris qui pourront peut-être m'être utile, mais le sort semble s'acharner contre moi et rien n'est récupérable. Je force le cadenas d'une sorte de coffre en métal à l'aide d'un maillet trouvé là, et mon coeur s'arrête de battre dans ma poitrine. Je glisse ma main à l'intérieur et en sort un masque trop familier, puis sur une lettre adressée à Monty. Jasper. Mais ce n'est rien comparé à ce que je ressens lorsque mon regard tombe sur un iPod estampillé d'un nom qui me hantera pour toujours : Maya.

Ma main tremble, ma gorge se noue et mes yeux brûlent. Mon coeur se fend et un sanglot paniqué prend forme dans ma poitrine. Des larmes coulent sur mes joues sales et je me rends compte que j'avais arrêté de respirer au moment où je me mets à pleurer, à deux doigts de la crise d'hystérie.

"Je suis venue à Arkadia pour trouver de la nourriture ou de l'eau, mais tout ce que j'y ai trouvé, ce sont des fantômes."

Je mis quelques heures à me remettre de ma crise de panique. J'avais laissé le désespoir m'envahir, et j'avais bien cru que je ne m'en relèverai pas. Je m'en voudrai toujours pour la mort de Jasper. Je lui avais enlevé la personne qu'il aimait et je savais à quel point cette perte pouvait être destructrice pour être passée par là à de trop nombreuses reprises. Puis, ALIE lui avait enlevé sa douleur, pour finalement la lui rendre décuplée et il n'y avait pas survécu.

Durant ces quelques instants où j'ai laissé ma peine m'engloutir, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à tous ceux que j'ai perdu. Ceux dont j'ai provoqué, accidentellement ou non, la mort.

Leurs noms fusaient dans mon esprit. Wells, Charlotte, Finn, Maya, Lexa, Lincoln, Jasper... Les innocents du Mont Weather. Ceux de Ton DC. Les Grounders ne m'avaient pas nommée "Le Commandant de la Mort" pour rien. Là où Whaneda passe, la mort suit. Je ne parviens pas à rappeler qui m'avait dit ça un jour. La vérité m'avait écorchée vive tel un poignard.

"Une partie de moi pense que Jasper a eu une bonne idée... Quel est le but de tout ça si tout ce qu'il en résulte est la douleur et la souffrance ? ... Très encourageant, Clarke... Désolé, ignore-moi, ok ?"

Je pense aussi à ceux qui m'ont quittée, à ceux que j'ai laissés. Le silence m'oppresse. Leurs voix me manquent. Leurs présences à mes côtés, leurs regards bienveillants posés sur moi. Au moment où je ferme les yeux, j'aperçois dans un éclair deux prunelles d'un brun lumineux et je me rends compte qu'il me manque en particulier à cet instant. Celui sur lequel je pouvais toujours compter, le seul sur qui je pouvais me reposer, celui qui assurait mes arrière et me gardait concentrée. Comment vais-je faire sans lui ?

Je ne le blâmerai jamais de m'avoir laissée ici. Comment lui en vouloir d'avoir sauvé nos amis ? Comment garder de la rancoeur quand la dernière chose qu'il a faite sur cette Terre est d'écouter mon ultime conseil et d'écouter sa tête plutôt que son coeur ? Car j'en suis sûre, s'il avait écouté son coeur, s'il avait agit comme d'habitude, avec ses émotions et pas sa raison, il serait resté pour moi et à l'heure qu'il est, tous mes amis seraient morts par ma faute.

Cela me frappe tout à coup. La culpabilité qui me ronge au souvenir de ceux que j'ai perdu le consumait également... À quel point se sent-il coupable de m'avoir laissée ici, de m'avoir laissé pour morte dans cet enfer ? Je ne peux pas le laisser se torturer. Je dois faire quelque chose, même si tout effort est vain.

"Ça fait deux jours que je n'ai pas bu d'eau Je dois en trouver très vite ou je ne pense pas que je... Bref, je doute que tu puisses m'entendre sur cette radio merdique, mais au cas où c'est la dernière fois que je peux faire ça, je veux juste te dire : je t'en prie, ne t'en veux pas de m'avoir laissée ici... Tu as fait ce que tu avais à faire. Je suis fière de toi."

Je remonte dans le Rover alors que la nuit tombe sur Arkadia. Demain, il faudra que je décide quoi faire.

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Je ne le répéterai jamais assez mais si vous pouviez laisser une review à la fin de votre lecture. Même un tout petit pouce en l'air ça me ferait plaisir !

Sinon j'espère que vous avez apprécié le dernier épisode de la saison 5 sorti mardi soir/mercredi.

J'en profite pour vous avertir que j'ai écrit également deux OS sur Bellarke

Un premier : s/13014384/1/Des-Larmes-de-Pluie

Et un deuxième :

s/13027928/1/May-We-Love-Again

J'ai hâte d'avoir assez d'ancienneté sur ce site pour devenir bêta-lecteur :)

Bises à tous !