Épisode 4
Disclaimer :
Les personnages, l'univers et les lieux appartiennent à JKR.
L'histoire est bien entendu inspirée de la célèbre série "Grey's Anatomy", à découvrir d'urgence dans le cas où vous auriez vécu ces dix dernières années dans une grotte.
Les notions de médicomagie théoriques et pratiques inventées m'appartiennent mais je vous autorise à les utiliser sur simple demande.
Richard est notre propriété exclusive à Amy et moi. Touchez Richard et on vous butte. Cordialement.
Notes importantes :
La beta est assurée par la grande Amy W. Key à qui je voue un culte, elle incarne également le personnage de Richard.
Comme vous avez pu le remarquer, j'ai momentanément supprimé le Mé-DICO-Mage de la fanfiction, je le publierai à la fin de l'histoire, tout rempli, tout beau, comme il faut
Les Bavardages de Gis :
Bonjour ! Bonsoir ! On est un peu au milieu de la nuit donc les deux sont de rigueur :D
J'ai ENFIN fini mes partiels, je suis donc en vacances une petite semaine hahaha ! Et oui en psycho nous sommes des glandeurs c'est bien connu !
Néanmoins je pense passer cette semaine à écrire comme une acharnée dans le sens où je suis actuellement en train de vous préparer une nouvelle fanfiction. D'où mon acharnement ! Vous êtes curieuses hein ? Et bien je n'en dirais pas plus. D'ailleurs je me tais, on se retrouve en bas ;)
Réponses aux reviews :
Mortal Flower : Merci beaucoup pour ta review ! En effet j'essaye de jouer à mort sur l'originalité, bien que ce soit vraiment compliqué sur un fandom aussi complet que le drago/hermione
Lily O'Davoren : C'est dla Heavy Fiction oh yeah :p Je prie chaque soir le dieu des chaussettes, il est mon roi. Même s'il s'échine à trouer les miennes constamment. La force a dû se perdre, tente un collissimo la prochaine fois ) (merciiiii pour la review :D)
LedZep : Avec la longueur de la review ET ton pseudo tu t'étais d'ores et déjà vue offert mon amour éternel. Ca c'était avant de lire ladite review. Nous tombons donc dans l'adoration. Bref plus sérieusement, je suis très heureuse que cette histoire te plaise autant ! Oh une fan de GoT ? Je vis GoT, je mange GoT, je dors GoT (je n'irais pas jusqu'au « je bai… » ça pourrait paraître inapproprié pour nos plus jeunes lectrices…. Qui n'ont rien à faire là vu le rating de cette histoire, bref je me tais, Game of Thrones c'est la vie !). Richard c'est notre petite mascotte ! :D Pour ce qui est de Grey's Anatomy, c'est une série que je connais bien, j'ai vu pas mal d'épisodes mais sans vraiment suivre. J'essaye justement de ne pas trop coller à la série, de me l'approprier pour ne pas tomber dans l'imitation. Mais forcément, je n'y arrive pas à tous les coups :p Pour Ginny si je peux être honnête, je n'ai jamais accroché avec ce personnage. Pourtant elle a un rôle important dans cette histoire, mais vraiment ça ne colle pas, impossible de savoir pourquoi. Je suppose que ça doit aussi se ressentir lorsque j'écris ^^ Pour ce qui est de mon cursus, j'ai fait deux années (deux premières années pour être franche) de médecine avant d'abandonner et de me réorienter en psychologie. Du coup je garde des bonnes bases de médecine et ma meilleure amie qui elle est en plein dans ses études de médecine me donne des conseils lorsque j'en ai besoin Alors pour Granger's Anatomy, la saison 1 comptera 20 épisodes. Y aura-t-il d'autres saisons ? Surement ! Du moins ça dépend de vous, chers lecteurs, et de mon inspiration ^^ Je te remercie encore pour cette super review et bonne année à toi aussi :D
La Patate Masquée : Hello ! Merci pour les reviews ! Si tu te fais un compte sur fanfiction, tu peux follower l'histoire et ainsi recevoir un mail automatiquement à chaque publication (de l'histoire en particulier, ou de l'auteur en général). C'est vachement pratique ! Amy et moi te remercions pour tous ces compliments ! Et Richard t'embrasse )
Jedda : Merci beaucoup pour tous tes adorables compliments ! Je suis très heureuse que l'histoire te plaise et je vois que Blaise est également ton petit chouchou ! Pour l'instant il reste sur un rôle secondaire, but no worry il s'apprête très prochainement à revenir sur le devant de la scène !
Virginie : Tes reviews m'ont fait hyper plaisir ! Elles sont bien complètes tu donnes ton avis sur les différentes parties du chapitre, très bon élève bravo :D Plus sérieusement je vais essayer de répondre brièvement et globalement (hardest thing) : la relation drago hermione est faite pour évoluée mais c'est vrai que je voulais vraiment commencer sur une note très négative pour pouvoir bien remonter tout ça malgré leur âge plutôt avancé, à peu près vingt trois ans donc. Zabini va acquérir une place importante comme tous les personnages, chacun aura son heure de gloire en temps et en heure, c'est prévu ! Pareil pour Harry et Ron :) Merci encore !
Soundtrack du Chapitre :
Crystalised – The XX
Partition - Beyonce
Rebel Yell – Children of Bodom
Burn – The Pretty Reckless
Bien le bonjour, bande de moucherons ! J'vous ai manqué ? C'est normal.
Je reviens du banquet annuel des fantômes solitaires, et pfouah, c'était la zone. Tous des vieux croûtons à moitié séniles et toujours les mêmes histoires… Et vas-y qu'ils ont décrété qu'on la jouait sans alcool cette année ! Ça va pas bien dans leur cervelle fantomatique je vous le dis moi. Heureusement que j'ai planqué ma réserve secrète de Ghost'sky dans un vieux service reculé ahahah. Attendez que je me serve.
Bon. J'vous avais promis du croustillant pas vrai ? Eh bien figurez-vous que j'ai trouvé un super moyen de m'en procurer. Eh ouais. Alors c'est un machin moldu qui s'appelle Twitter et apparemment, tous les petits sorciers se jettent dessus, à commencer par nos abrutis d'internes ! C'est devenu encore plus facile de les espionner grâce à mon compte secret richardsanatomy.
Du coup, à relever cette semaine… Bah punaise c'est pas la joie entre Draco-le-salaud et Hermione-la-mignonne. Ils se sont fait reléguer dans un vieux service tout pourri (genre encore plus chiant que mon dîner, vous voyez ?), la déco est dégueulasse, et alors ohlalala, je les envie pas. C'est le service de la vieille Maggie, alors j'y traîne souvent, mais là j'ai plus vraiment envie parce que les tronches de déprimés de ces deux-là me feraient presque regretter de pas être tout à fait mort.
Alors pour s'occuper, ils se balancent des vannes à la gueule, et pfiouh, je crois qu'ils vont finir par en venir aux mains. Le premier con qui a l'idée de les enfermer tous seuls dans la même pièce, rappelez-moi d'aller le noyer dans la fontaine à eau.
Hermione déambulait distraitement dans le couloir principal. Son regard s'attardait sur le lino jaune citron qui tapissait le sol. Des traces blanchies témoignaient des allers-et-venues fréquentes du personnel et des patients, ainsi que du passage des ans depuis la dernière rénovation du service.
Deux jours qu'ils étaient là. Deux jours qu'ils s'ennuyaient à mourir dans l'aile d'obstétricomagie de l'hôpital. Ils n'avaient rien à faire ici. Internes spécialisés, sages-femmes et infirmières se partageaient les soins des patients. Parfois, certaines opérations délicates requéraient la présence d'un ou deux guérisseurs chevronnés. Mais c'était, hélas, tout.
Aussi, ils erraient là comme deux âmes en peine, foulant de leurs chaussons stérilisés le lino jaune citron. Même si Malefoy penchait davantage pour un jaune pisse. Personne ne savait quoi faire de ces deux internes en chirurgie qui passaient leur temps à se chamailler ou à s'ignorer, selon les périodes.
Alors on les laissait là, vagabonder à leur guise. De temps en temps, une infirmière leur proposait de l'aider à la toilette des malades. Hermione s'y attelait volontiers, voyant là l'occasion d'occuper ses journées. Drago, lui, semblait préférer se faire transfuser du pus de Bubobulb en gelée plutôt que de mettre la main à la pâte. Cela ne l'empêchait pourtant pas d'enfiler des gants et de suivre précautionneusement les indications des infirmières.
Tout cela n'était en réalité qu'une vulgaire punition, Hermione en avait bien conscience. Malefoy avait vu juste : Derwent n'avait pas supporté de se voir ridiculisé par deux minables internes. Et il avait trouvé là l'opportunité parfaite de se débarrasser d'eux sans pour autant se mettre à dos toute l'administration en les évinçant injustement de son service.
Le calvaire durait, durait... À croire qu'il s'était mis en tête de les y laisser pourrir indéfiniment. Leur quotidien était jalonné par les pauses-café aux côtés des infirmières et par d'interminables disputes sur tous les sujets qui leur venaient à l'esprit. Aussi, en ce matin pluvieux de septembre, ils en étaient réduits à se chercher des noises à propos de Quidditch. Sujet qu'Hermione ne maitrisait que peu. Chose que Malefoy savait parfaitement.
- Le prochain que j'entends parler des Canons de Chudley, je le colle à la morgue pour un mois. Et je peux vous dire que ce n'est pas là-bas que vous pourrez draguer le personnel.
Un guérisseur venait de surgir dans leur couloir. Oui, leur couloir. Avec le temps, ils l'avaient réquisitionné en guise de QG personnel.
- Les internes déchus : on a un truc qui pourrait vous plaire.
Ils se regardèrent et bondirent avant que le guérisseur n'ait pu leur en dévoiler davantage.
Pour la première fois de sa courte carrière de médicomage, Drago Malefoy se tut en pénétrant dans la chambre des patientes. Une fois n'était pas coutume, Hermione l'imita. Une mère et sa fille se trouvaient installées sur un lit d'hôpital. Jusqu'ici, rien d'anormal. Toutes deux blondes comme les blés, quoique plutôt communes de traits, rien d'apparent n'indiquait la nature de leur trouble. Jusqu'à ce qu'ils ne réalisent que c'était la fille qui discutait avec les guérisseurs. Pendant ce temps, la mère semblait bien occupée à jouer avec ses propres doigts.
- Je lui avais pourtant interdit de jouer avec ma baguette. Mais vous savez comment sont les gosses... J'ai détourné mon attention cinq malheureuses minutes et regardez le résultat...
L'enfant semblait dépitée.
- Un sortilège de transfert, murmura Hermione, fascinée.
- C'est exactement cela, Miss Granger. Et pour une fois que allez pouvoir servir à quelque chose, c'est vous et Mr Malefoy qui prendrez en charge nos chères patientes.
Sur ce, il les laissa seuls.
Et soudain, la gêne les envahit. Chacun souhaitait ardemment lancer l'enchantement permettant à chaque patiente de réintégrer son corps. Leur haine réciproque aurait dû les enjoindre à batailler un moment sur celui qui aurait l'honneur d'agiter vaguement sa baguette magique. Mais la cordialité qui s'était installée entre eux depuis quelques jours semblait les dispenser de pareille chamaillerie. Les lignes de leur entente n'ayant pas été préalablement déterminées, rien ne les enjoignait à en respecter d'obscures clauses.
L'ego de Malefoy eut raison de la gêne occasionnée.
- Je le fais Granger.
Du coup, plus rien ne l'empêchait d'argumenter à son tour.
- Ne te donne pas cette peine, je vais m'en charger.
- Je viens de te dire que je le faisais.
- Et je ne vois pas pourquoi.
- Tout simplement parce que je l'ai annoncé en premier.
Malefoy commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs.
- Et moi je te dis q...
- Je ne suis pas le premier prix d'une tombola ! s'énerva leur patiente de sa petite voix fluette.
- Oh vous taisez-vous ! On ne vous a rien demandé, s'énerva Drago en la fusilla du regard.
Il revint à Hermione.
- Peux-tu me rappeler la raison de notre présence dans ce foutu service ?
- Oh, éructa-t-elle outrée. Alors tu remets ça sur le tapis !
- Évidemment que je remets ça sur le tapis ! Je t'ai suivie dans tes plans foireux et regarde où ça m'a mené ? Je change les couches de bébés braillards pendant que tu t'extasies sur le miracle de la maternité !
Hermione encaissa le coup bas.
- Mais ça ne justifie pas que... commença Hermione
- Que tu t'arroges les meilleurs patients ! finit Drago.
Il passa sa main dans ses cheveux. Il stoppa brusquement son mouvement, au beau milieu des mèches flavescentes qui n'étaient pas les siennes.
Le hurlement que poussa Hermione résonna dans tout le service.
Le réveil sonna, Ginny ne se leva pas, elle ne bougea pas. Les draps étaient froids, glacées contre ses paumes, Harry avait encore découché. Un nombre incalculable de tâches l'attendaient avant qu'elle ne puisse partir travailler. Rien ne semblait en mesure de la faire réagir. Aussi, elle demeura là, à fixer bêtement le plafond.
Comme si l'observation attentive de la peinture blanche et écaillée l'aiderait à régler ses problèmes. Comme si scruter ainsi le plafond apaiserait ses propres maux. Comme si contempler les fissures de la chambre comblerait celles qui crevassaient son cœur. Elle soupira, lasse et fatiguée avant même de quitter son lit.
Pourtant l'heure tournait.
L'hôpital ne l'attendrait pas.
Se lever. Faire le lit. Se doucher. S'habiller. Déjeuner. Transplaner.
Elle se répétait ses objectifs matinaux comme un mantra. Autant se limiter au strict minimum. Elle se savait incapable de s'atteler au nettoyage de la cuisine ou de répondre aux innombrables lettres de sa mère. Ce matin, elle n'en avait pas la force. Se contenter d'arriver à l'heure et en état au travail suffirait amplement.
Se lever. Faire le lit. Se doucher. S'habiller. Déjeuner. Transplaner.
Elle se figea devant la glace. Seule, elle ne jouait plus. Seule, elle n'octroyait que peu d'importance au masque de neutralité qu'elle s'était habituée à afficher. Seule, elle pouvait contempler l'ampleur des dégâts. Elle s'approcha du miroir avec lenteur, comme incertaine de la véracité de l'image renvoyée.
Son teint blafard et ses traits tirés n'éveillaient que peu la curiosité. Ce qui demeurait dérangeant était le vide dans ses yeux. Ils ne reflétaient rien. Rien que le néant qui l'habitait. Rien qu'un abysse déconcertant qui ne donnait envie que de fuir. Elle avait beau feindre, la souffrance se lisait ici avec une netteté proche du ridicule.
Son ventre plat lui donnait envie de pleurer.
Malgré les mois qui défilaient, le désespoir s'agglutinait derrière ses paupières avec toujours autant de force. Elle avait beau prier, implorer, sangloter, aucun dieu ne semblait vouloir répondre à ses supplications. De toute façon, Harry avait bien trop de travail pour penser à lui faire l'amour.
La douleur avait un goût amer dans sa bouche.
De face, de profil, son ventre demeurait toujours aussi plat.
Elle essaya de le faire gonfler en retenant son souffle, de se cambrer.
Toujours aussi plat.
Pathétique, elle éclata en sanglots.
La salle de quarantaine de l'hôpital Ste Mangouste n'était utilisée qu'en cas d'urgence. Qu'en cas de grosse urgence. De celle qui faisait trembler tout le service. De celle qui poussait l'ensemble des guérisseurs du bâtiment à s'arracher les cheveux. De celle provoquée par une patiente récemment arrivée. De celle que vivaient actuellement Drago Malefoy et Hermione Granger.
La salle de quarantaine de l'hôpital Ste Mangouste occupait une vingtaine de mètres carrés du sous-sol. Ici, tout était d'un blanc immaculé du sol au plafond, mobilier inclus. À croire qu'un blanc virginal était en mesure de purger les malades de leurs troubles. Bien entendu, aucune sortie, aucune entrée, en somme aucun contact avec l'extérieur, n'était toléré.
Ainsi, la salle de quarantaine de l'hôpital Ste Mangouste ne tarda pas à se transformer en véritable enfer.
Hermione faisait les cent pas. Elle s'efforçait de se concentrer sur ses rondes répétitives, s'isolant du reste du monde. Elle ne voulait pas y croire. Comment avaient-ils pu être si inconscients ? Comment avaient-ils pu bafouer toutes les règles de sécurité de contagion rabâchées encore et encore durant leur cursus ?
Hermione Granger dans le corps de Drago Malefoy.
Certains jours, le destin se foutait ouvertement de sa gueule. Elle se sentait minuscule dans ce corps trop grand, comme perdue au creux de cette chair qui n'était pas la sienne. Se tenir différemment, se déplacer autrement étaient des plus étranges. Elle n'osait se toucher le visage. Ses mains étaient bien trop larges, puissantes. Et aussi risible que cela puisse paraître, ses ongles n'avaient jamais été aussi bien manucurés.
Drago, lui, était assis sur un des nombreux lits peuplant l'espace, l'ignorant ostensiblement. Le balancement de ses jambes rythmait régulièrement le temps qui s'écoulait. Un rien aurait suffi à le faire craquer. Mieux valait le laisser seul. Dans le cas contraire, il aurait été capable de devenir violent.
Drago Malefoy dans le corps d'Hermione Granger.
C'était sûrement un coup prémédité par le personnel. Il en était convaincu. Peut-être le nouveau jeu de ce malade de Derwent, une seconde phase de sa revanche. Vraiment, il n'aurait pu imaginer pire scénario. Il n'était en plus même pas envisageable de profiter de la situation. C'était Granger, il ne fallait pas pousser…
- C'est peut être un maléfice ? se demanda Hermione d'une voix bien plus rauque qu'à l'ordinaire.
De ses orbes nouvellement brunes, Drago lui lança un regard glacial, l'intimant implicitement de la fermer.
- Sûrement à cause de cette patiente... continua-t-elle, imperturbable.
Il leva les yeux au ciel.
- Bien entendu que c'est à cause de cette patiente Granger, assena-t-il. Tu pensais accuser qui ? La machine à café peut être ?
- Sûrement un enchantement de contagion. Mais à ce moment-là, comment les patientes ont-elles pu passer les barrières de sécurité de l'hôpital ? Cela n'a aucun sens.
Elle reprit ses rondes tout en continuant à grommeler.
- Si tu pouvais arrêter de marmonner dans ta barbe, ça me serait d'un grand secours, lança-t-il acide.
- Je ne marmonne pas, je réfléchis.
Un ricanement sarcastique lui fut adressé.
- Réfléchir à quoi, par Merlin ?
- J'essaye de nous sortir de cette situation plus que… désagréable.
- Les médicomages réfléchissent à ta place à l'étage.
Pour lui, tout cela n'était qu'un jeu. Cet hôpital, ce service, cet internat et tous ces patients qui confiaient leurs vies entre leurs jeunes mains. Il ne prenait rien au sérieux, s'en fichant outrageusement. Et ce je-m'en-foutisme constant commençait à lui taper terriblement sur les nerfs. Comment pouvait-on être si immature, tout en possédant autant de capacités ?
Quel gâchis…
Elle le savait excellent dans son domaine. Dès le premier jour, elle avait cherché à se renseigner sur lui. Harry au ministère l'avait aidée dans ses recherches. Et Ginny lui avait même procuré le dossier que possédait l'hôpital sur lui. Et excellent, il l'était. Ses notes aux examens frôlaient les siennes.
Dans un monde parallèle, ils auraient pu travailler en binôme, ils auraient pu faire des merveilles. Mais non, il préférait demeurer là, avachi à somnoler dans un coin.
- Tu n'as pas changé, conclut-elle à haute voix.
- Toi non plus. Maintenant laisse-moi dormir.
- Rien ne t'importe.
- Tout te tient tellement à cœur que ç'en devient risible
- Mais enfin ! Pense un peu à cette pauvre femme à l'étage !
Il gloussa à nouveau.
Quel petit con. Tant de nonchalance lui donnait des envies de meurtre.
- Tu ne rends pas compte de la situation ! Nous devrions faire quelque chose !
- Et quoi donc Miss Je-Sais-Tout ? Parce que pour l'instant, à part brasser du vent et me taper sur les nerfs, tu ne fais pas grand-chose non plus.
Elle soupira et finit par venir s'asseoir sur le lit adjacent, le dévisageant avec haine. Contempler son reflet était des plus troublants. Ce regard dérangeant qui n'était pas le sien, l'inflexion de ses sourcils, la crispation de ses traits, toutes ces expressions propres à Malefoy animaient son propre visage. Drôle de miroir.
- Combien d'années sans se croiser Malefoy ? Six, sept ans, c'est ça ?
Il acquiesça sans la quitter des yeux.
- Pourquoi être resté le petit con arrogant de Poudlard ?
Il ne semblait pas s'attendre à une telle question, ni à autant d'agressivité dans ses mots.
- Pourquoi être restée la miss Je-sais-tout fayote de Poudlard ?
Bien que blessée, elle s'interdit d'esquisser l'ombre d'une grimace. Du progrès, pensa Malefoy. Un énième soupir la trahit cependant. Ils s'observaient avec dégoût et pourtant se ressemblaient : même expression impassible, même position guindée, même regard froid.
Elle baissa tout de même les yeux la première.
Il venait de remporter le premier round.
Lorsque Millicent Bullstrode pénétra dans l'ascenseur, Dean sut instantanément qu'elle était là. Bien que coincé derrière deux guérisseurs et une infirmière, il ne pouvait voir qu'elle. Elle s'excusa en entrant dans l'habitacle, se tassa contre la paroi droite afin que la porte puisse se fermer derrière elle. Il se tenait dans son dos, elle ne le remarqua pas.
Ses cheveux courts dénudaient sa nuque pâle. L'étiquette de sa blouse dépassait de son col, son nom y était inscrit. S'il s'était écouté, il l'aurait arrangé. Un geste tout à fait anodin, mais qui pour lui aurait signifié davantage. Milly n'était pas comme les autres. Et cela faisait toute la différence.
Au fur et à mesure, les étages défilaient et les guérisseurs quittaient l'ascenseur. Cinquième étage. Il n'y avait plus qu'eux deux. C'était le moment.
Il stoppa la cabine.
- Milly…
Elle sursauta. Plongée dans l'étude de ses dossiers du jour, elle ne s'était pas rendu compte de sa présence. Elle aperçut le bouton d'arrêt enfoncé, fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que…
- Milly, je dois te parler.
Il ne pouvait plus fuir à présent. Autant se jeter à l'eau rapidement, comme un pansement qu'on arrache, vite et sans douleur.
- L'autre soir je t'ai suivie.
Elle ne répondit pas, se contentant de croiser les bras.
- Je t'ai suivie au Red Velvet.
Il ne la laissa pas s'expliquer.
- Milly, je peux t'aider. Je ne sais pas ce que tu y faisais, je ne suis pas sûr de vouloir savoir mais je suis là. Si tu as besoin de quoi que ce soit, d'argent, de…
- Arrête-toi tout de suite.
Son visage affichait une neutralité qui dénotait avec son ton froid et sa voix rauque. Il ne l'avait jamais vu afficher pareille expression.
- Je…
- Tais-toi. Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
Elle agita sa baguette, l'ascenseur repartit.
- Tu as dû te tromper, Thomas. Je n'ai rien à voir avec ça.
Il ne savait que répondre. Il s'était attendu à la voir hurler, s'énerver, l'insulter. Mais du déni ? Absolument pas.
La porte s'ouvrit, le service et son flot de médicomages apparurent.
- Si tu te sens obligé de suivre une fille pour la séduire, tu es encore plus pathétique que ce qu'il me semblait, Thomas ! cracha-t-elle avec toute la haine dont elle se savait capable.
Il n'eut pas le courage de courir à sa suite.
Déjà plusieurs heures qu'ils végétaient ici, et aucun signe des médicomages. Peut-être demeurerait-elle éperdument là, coincée dans le corps de son meilleur ennemi. Rien qu'y penser suffisait à lui filer la nausée. Elle s'efforçait de faire abstraction de toute cette horreur, et de se détendre. En vain évidemment.
Malefoy avait fini par s'allonger, un oreiller plat coincé dans le creux de la nuque. Le regard perdu dans le lointain, il agitait sa cheville pour évacuer la tension qui l'habitait. Sa chaussure cognait contre le montant en fer du lit. Il faisait un boucan insupportable. Sans doute était-ce fait exprès.
- Arrête ça, ordonna-t-elle d'une voix lasse.
Il l'ignora.
- Malefoy, arrête ce bruit, j'ai mal à la tête.
- Je t'emmerde Granger.
Voilà qui confirmait ses pensées : il faisait exprès.
- Si tu pouvais cesser de soupirer… râla-t-il.
- Si tu pouvais cesser de faire chier le monde… répliqua-t-elle.
- Je ne fais pas chier le monde, je te fais chier toi. La différence me parait notable.
Il disait vrai. Elle était la seule sur laquelle il s'acharnait. Elle avait bien fait attention à l'hôpital, elle l'avait observé plus que de raison. Il fallait bien avouer qu'il se comportait autrement en sa présence qu'avec le reste du service des internes. Pourtant, certains de leurs collègues étaient également des anciens de Poudlard. Certains même avaient appartenu à la maison Gryffondor.
Pourtant, il s'échinait à ne s'attaquer qu'à elle. Les habitudes avaient la peau dure.
- Il n'y a même pas de livres pour essayer de trouver une solution par nous-même…
- Et pas de baguette pour te faire taire, ajouta-t-il.
- Tout ça est de ta faute, les médicomages nous les auraient laissées si tu ne m'avais pas menacé devant eux.
Il se redressa, rouge de colère.
- De ma faute ? Tu plaisantes j'espère.
Son ton était menaçant. Elle ne plia pas pour autant.
- Pas du tout ! Tu t'es écrié dans tout le service que tu allais m'étriper pour revendre ma dépouille en guise de relique de la Grande Guerre !
À cet instant, il regretta ses paroles.
- Nous ne serions pas là si tu t'étais contenue devant Derwent…
- Toujours la même rengaine, maugréa-t-elle en se refrognant. Je te signale que malgré notre punition, nous avons sauvé la vie d'un sorcier.
Il n'y avait rien à redire à son raisonnement.
- Et si j'en crois les dépliants qu'on nous distribue à la fac de médicomagie, nous sommes un peu là pour ça : se sacrifier pour sauver des vies.
Il ricana méchamment.
- Je suis certain que tu as appris ces foutus dépliants par cœur, se moqua-t-il.
Elle rougit, confirmant ses dires par la même occasion.
- Tu vois, je le savais ! Une vraie miss je…
- Ta gueule.
Il la fusilla du regard. On ne disait pas à un Malefoy de « fermer sa gueule ». Il y a quelques années, il aurait pu la brutaliser pour moins que ça.
- Tu t'attendais à quoi en venant travailler ici ? À de la reconnaissance ? À du mérite ?
Cette fois, ce fut son ton à elle qui se faisait cruel et froid.
- Mais mon pauvre, tu n'as rien compris. Tu es médicomage. Tu es guérisseur. Pas un charlatan de quartier qui parade en blouse verte…
- Ne parle pas de ce que tu ignores.
Elle lui adressa un regard dédaigneux en haussant les sourcils.
- Alors vas-y Malefoy, dis-moi tout. Éblouis-moi de tes grands discours, qu'est-ce que tu fiches ici, dans cet hôpital ? Qu'est-ce que Drago Malefoy peut bien foutre en médicomagie ?
Il se retint de sourire. On y était. Granger sortait les crocs, laissait tomber le masque d'innocence et de gentillesse qu'elle affichait au monde. La dureté de ses mots trahissait la froideur d'une âme qu'il avait toujours suspectée.
- J'ai choisi la médicomagie parce que je cherchais l'adrénaline, ma pauvre Granger. Cette adrénaline spécifique, cette urgence qui me fait vibrer lorsque je me retrouve seul au bloc avec un patient, cette violence qui me prend aux tripes quand je sais que je tiens une vie entre mes mains. Et que j'en suis seul maître.
La passion, la férocité animait ses traits.
Elle en demeurait hypnotisée.
- J'aime cette folie qui s'empare de moi lorsque je réalise que les minutes, que les secondes me sont comptées, que si je n'agis pas dans l'instant, ce sera la fin. J'aime ce silence de mort lorsque je me concentre sur un corps, lorsque seuls comptent la chair et le sang entre mes doigts. Lorsque le monde s'arrête le temps d'une opération.
Il se tut, ferma les yeux. Elle ne savait que répondre.
Elle avait jusqu'ici élaboré plusieurs théories à ce sujet : que faisait Malefoy en médicomagie ? Au tout début, elle avait pensé à une farce visant à lui gâcher la vie. Mais elle admettait que cette hypothèse était légèrement narcissique. Puis, s'était imposée l'idée débile, selon laquelle Malefoy tenterait par ce métier de laver l'honneur de la famille. D'œuvrer pour la communauté sorcière en quelque sorte, histoire de racheter ses méfaits.
La vérité était tout autre.
L'atmosphère était tendue, lourde de confessions.
Heureusement, il ne tarda pas à briser le silence qui s'était installé.
- Et c'est le moment que tu vas choisir pour me faire l'apologie du genre humain et de la beauté du sacrifice de soi au profit de la santé des autres, conclut-il en soupirant sarcastiquement.
- Abruti.
Il rouvrit les yeux. Ses yeux bleus qui ne la relâchaient plus, l'empêchaient de détourner le regard. Ses yeux bleus.
- Malefoy ! L'enchantement a été levé !
Elle se leva brusquement, palpa ses jambes, ses bras, son visage. Ses cheveux lui chatouillaient agréablement les joues et les épaules. Continuer son exploration lui paraissait peu civilisé en présence de Malefoy. Néanmoins, tout était revenu à sa place. Elle soupira de bien-être.
Il ne répondit pas, se leva à son tour.
- Vu l'heure, tout le monde doit déjà être parti.
Il acquiesça. Son silence la mettait mal à l'aise. Comme si trop de choses avaient été dites. Certaines choses qu'il aurait préféré garder pour lui.
- Je... Je vais y aller, lança-t-elle, incertaine de l'attitude à adopter.
Fuyant son regard, elle se dirigea vers la porte.
- Granger.
Elle se retourna brutalement, s'attendant presque à ce qu'il la retienne.
- Oui ?
Son regard appuyé lui brûlait le ventre.
- Ne répète jamais ça. À personne.
Le grimoire était ouvert à la bonne page. Sa baguette reposait dans sa paume. Personne à la maison, rien qu'elle et elle seule. Harry était encore au ministère. Sa garde à l'hôpital était finie. On ne l'attendait pas avant demain matin. Toutes les conditions étaient réunies, elle n'avait plus aucune raison d'attendre.
Et pourtant, elle demeurait bêtement plantée au milieu du salon, perdue dans ses sombres pensées. Incapable de bouger, elle se sentait ridicule. Ce n'était qu'un pauvre sortilège sans prétention. Elle aurait même été capable de le lancer, encore élève à Poudlard. Rien de bien sorcier…
Test de Fertilité pour Sorcière Paniquée.
Même le nom du sortilège inscrit dans son bouquin défraichi semblait vouloir la forcer à relativiser. Ce n'était que pour se rassurer n'est-ce pas ? Le résultat serait forcément positif. Et alors, elle pourrait reprendre une vie normale, une vie sexuelle normale, en cessant de paniquer nuit et jour.
Oui, tout irait bien.
Sa mère avait eu sept enfants. Sept beaux enfants en bonne santé. Même des jumeaux. Il n'y avait aucune raison que ce ne soit pas son cas ? Les joies de la maternité se faisaient juste attendre un peu. Plus que quelques mois et elle tiendrait un petit Harry tout contre son sein. Elle se laissa aller à imaginer un bébé aux grands yeux verts.
Elle se voyait déjà en parfaite petite mère. Elle aimerait ses enfants plus que tout. Ses garçons ressembleront sûrement à Harry, ses filles auraient peut-être ses cheveux. Ils n'en avaient jamais parlé, mais il était évident qu'une éducation mi- sorcière, mi-moldue serait forcément de rigueur.
Ses enfants joueront sûrement avec ceux de Fleur et Hermione pourrait être leur marraine. Ils seraient heureux, tellement heureux, tous ensemble. Une famille joyeuse, une famille rien qu'à elle, comme elle en avait toujours rêvée.
Le test l'attendait. C'était juste pour se rassurer. Aucune raison d'attendre. Elle était prête maintenant.
Agiter sa baguette.
Prononcer une formule.
Négatif.
Le test était négatif.
Elle recula, se cogna contre le canapé.
Il n'y aurait pas de bébé.
Il n'y aurait ni passé, ni avenir, ni promesse, ni renouveau.
Juste le néant de sa solitude et l'amertume de ses larmes.
Hum, oui ? Richard on the aiiiiir ! On m'a demandé au bureau de traitement des cas urgents et désespérés. AAAAH. On me souffle dans l'oreillette que j'ai quelqu'un à noyer dans une fontaine. Une minute, et je suis à vous.
Bien. Ceci étant fait (la pauvre, elle venait de refaire sa permanente), revenons à nos balais… Enfin, nos internes. Contre toute attente, Draco et Hermignonne ne se sont pas jetés l'un sur l'autre. Dans un certain sens, on aurait bien aimé (je vous connais, bande de petits pervers !) mais de l'autre, c'est peut-être pas plus mal. J'ose même pas imaginer dans quel service on les aurait collés s'ils en étaient arrivés à s'arracher les cheveux et les vêtements. Quoique pour les vêtements, j'aurais pas dis non hein. Peut-on espérer que les choses s'arrangent entre eux ?
AHAHAHAHAH, arrêtez, même l'auteur n'y croit pas. S'arranger ? Non, ça s'arrangera au premier qui crèvera ouais.
Parlant de trucs qui s'arrangent, les loulous, c'est pas gagné pour le petit Thomas, là. Milli fait de la résistance ! C'est que je l'aime bien moi, la gamine Bullstrode. Elle est coriace et volontaire, mais alors elle vous cache de ces sales secrets… L'auteur m'a fermement interdit de vous révéler quoi que ce soit sans quoi elle a dit qu'elle me priverait de mon stock de whisky, donc… Je me contente de vous dire que sur ce coup-là, c'est plus que croustillant ! Ce qu'il se passe au Red Velvet et que vous crevez d'envie de savoir, en fait, eh bien, oh allez je vous donne un indice et…. Ah. On me souffle dans l'oreillette de fermer ma gueule. Elle a la bouteille en otage.
Pour rester dans le joyeux (putain cette promo va me rendre dépressif avant l'âge, j'ai que 120 ans moi, faut pas déconner !), la pauuuuuvre petite Ginny Potter. Non pas que j'éprouve une quelconque affection pour elle, mais j'ai entendu Hermione marmonner avec Ron au détour d'un café, et ça avait pas l'air folichon. Harry aurait du souci à se faire pour sa femme. Mais d'ailleurs, où en est-il ce larron ? La dernière fois, il était bien sur une enquête pas vrai ?
Vous savez quoi ? Je pars me renseigner de ce pas, et je vous tiens au jus. Si vous voulez plus de ragots, n'oubliez pas, richardsanatomy vous attend sur Twitter, mes petits voyeurs préférés !
Parlons peu, parlons bien, trois informations importantes pour finir ce chapitre :
1/ Je me suis inscrite sur ask et je réponds à toutes vos questions (même les plus indiscrètes oui oui), comme d'habitude sous le pseudo de GiselleLevy :)
2/ Amy a mis en place Le Twitter de Richard ! Il vous livrera ainsi tous les potins de l'hôpital en totale exclusivité, vous le retrouver le pseudo de Richardsanatomy
3/ Je déteste chouiner après les reviews, mais le ratio lecture/commentaires me donne envie de pleurer. Au pire envoyez moi votre avis en MP :) ou par mail ou ce que vous voulez un hibou une bouteille à la mer, fondamentalement je m'en branle :D
Je vous aime et on se dit à très bientôt ! Sûrement pour un OS dans le courant de la semaine ! Le prochain Granger's Anat devrait être publié dimanche dans deux semaines si tout va bien ! (je suis bien optimiste ce soir :D)
Gis.
