Les personnages et le monde d'Harry Potter ne m'appartiennent toujours pas. Quant à eux, les OC sont toujours de ma création, ils ne font que dire bonjour au monde d'HP!
Avec ce chapitre, je viens de comprendre le désarroi de certains auteurs quand ils annoncent que leurs personnages partent dans des aventures absolument non planifiées. Je sais ce que cela fait maintenant et je compatis pleinement à votre douleur...
Chapitre 4 :
La première épreuve du tournoi
Ou
« J'ai un nouvel ami ! »
J'étais le deuxième candidat à tenter ma chance et le public était en liesse. Ils criaient, applaudissaient et encourageaient. J'aurais bien aimé les voir dans l'arène, ils seraient sûrement moins fiers. Les cris du public ne me dérangeaient pas vraiment mais ils excitaient mon dragon. Mon plan était déjà bancal, je n'avais pas en plus besoin d'un dragon furibond pour me compliquer la tâche !
Le vert gallois était retenu au sol par des fers et protégeait son nid. La dragonne n'avait pas encore commencé à cracher du feu mais j'étais certain que cela arriverait dès qu'elle se sentirait en danger. J'avançais lentement vers elle, dans son champ de vision pour ne pas l'effrayer. J'essayais d'occulter tout ce qui se passait autour de moi.
J'étais presque certain que les dragons étaient une forme reptilienne de vie intelligente. Ma famille possédait le don de parler aux serpents depuis toujours même s'il ne se déclarait pas chez tout le monde. Mon arrière-grand-oncle avait expérimenté avec son don sur les lézards et avait remarqué que s'il changeait un peu d'accent, il arrivait à communiquer avec ces derniers. Il lui avait fallu environ trois ans pour arriver au terme de son projet et réussir à tenir une conversation parfaite avec ses nouveaux amis. Je ne pensais pas avoir autant de temps…
Je levai lentement mes mains devant moi et m'assis devant la dragonne à quelques mètres de cette dernière, je pensais pouvoir éviter une de ses attaques frontales à cette distance. Je posai mes mains sur mes cuisses et laissai ma baguette attachée à mon avant-bras gauche. Je pris une grande inspiration avant de commencer :
- Bonjour, écailles brillantes. Je suis Raphaël du Maine, me ferais-tu l'honneur de partager ton nom avec moi ?
De ce que j'avais appris d'avec mes interactions avec les serpents, les reptiles aiment être flattés. Si cela devait me sauver la vie, j'étais prêt à m'abaisser quelque peu. Je sentis quelqu'un s'approcher derrière moi et tendis mon bras :
- Reculez, vous allez l'effrayer !
- Vous êtes sûr de l'avoir sous contrôle, elle risque de…
L'homme ne finit pas sa phrase. La dragonne leva légèrement la tête dans sa direction et un jet de flammes jaillit de sa gueule. J'eus juste le temps de m'aplatir au sol pour ne pas finir en cendres. J'allais tuer cet idiot, vraiment ! Tout était sous contrôle avant qu'il n'arrive.
- Il était inquiet, il ne voulait pas vous faire du mal… Dégagez d'ici, vous l'énervez !
Le regard perçant du vert gallois se reporta à nouveau sur moi et je me tendis.
- Qu'il ne… plus de…. Ils ont essayé de voler… œufs.
Elle pouvait parler, je lâchai un soupir de soulagement. Mon hypothèse était correcte, si tout devait bien se passer, je ne finirais pas en repas pour dragon. Je ne comprenais pas tout ce que la dragonne m'avait dit mais c'était un bon début. Elle avait tendance à siffler les voyelles plus longtemps que les serpents et certains mots étaient incompréhensibles.
- Je suis désolé de ce qu'ils vous ont fait.
- Vous êtes… ?
J'avais l'impression qu'elle avait essayé de répéter « désolé » sans y arriver, je réessayai de partager ma pensée avec elle.
- Je m'excuse de ce qu'ils vous ont fait. Ce n'était pas juste, aucune mère ne devrait être séparée de ses enfants !
- Pourquoi t'excuses-tu ? Tu n'es pas responsable.
- Histoire de politesse.
- Vous, les humains, êtes une… étrange.
Je ne disputai pas ce dernier point avec elle, il est vrai que nous pouvions nous conduire bizarrement.
- Je suis Raphaël, comment vous appelez-vous ?
La dragonne ne répondit pas et elle recula légèrement vers son nid en crachotant des flammèches. Je me forçai à ne pas bouger en essayant de deviner si j'avais dit quelque chose de mal.
- Je m'excuse, je ne voulais pas vous offenser.
- Que… veux-tu, sang-froid ?
- Des personnes ont caché un faux œuf dans votre nid et ils voudraient que je le récupère. J'aimerais demander votre permission pour que je puisse m'approcher de votre nid et prendre ce qui leur appartient.
Un nouveau jet de flammes vint à ma rencontre et je dus me cacher derrière un amas de pierre. Elle n'avait pas dû apprécier ma demande.
- Je ne toucherai pas à vos œufs, promis, juré, craché criai-je de derrière ma pierre protectrice. Je ne veux pas vous faire du mal !
Ma dernière remarque enragea encore plus la dragonne qui se mit à enflammer tout ce qui se trouvait à sa portée. Je dus changer de cachette quand la dragonne écrasa ma pierre et je jurai intérieurement, il y avait des jours comme ça où je devrais éviter de parler : cela rendrait service à tout le monde.
La dragonne s'approcha à nouveau de moi et j'attendis le dernier moment pour bouger. Je passai sur son flanc droit avant de me jeter sous son ventre pour éviter un nouveau jet de flammes. Quand j'arrivai enfin sur son côté gauche, sa queue passa à deux centimètres de ma tête et je me décidai enfin à faire appel à mes poignards. Un accio rapide, deux minutes à se cacher sous le ventre du dragon, où elle ne pouvait pas m'atteindre avant que mes lames ne me rejoignent. J'en fourrai trois dans mes bottes et en gardai une dans la main.
Je me plaçai ensuite sous le poitrail de la dragonne avant de m'élancer. Je dus éviter une gueule remplie de crocs pointus, un protego maxima m'empêcha de finir en grillade et quand enfin, je fis face à la dragonne, je lançai un de mes poignards qui alla se ficher dans son œil gauche.
La dragonne rugit de douleur et se déchaina. Je restai hors de sa portée et elle finit par crier au ciel :
- Vengeance, vengeance, vengeance…
Je n'avais peut être pas eu l'idée la plus lumineuse du siècle en rendant furieuse une dragonne surprotectrice. Ce devait même être une de mes pires idées, ex-æquo avec se jeter dans un repère de vampire de nuit armé seulement d'une machette et de ma baguette et avec essayer de piquer le butin d'un MacLeold, j'avais failli y laisser la vie…
J'essayai de lui jeter un sort calmant mais cela ne fit rien. Je contemplai pendant quelques instants l'idée de me jeter dans la gueule du dragon pour le faire exploser de l'intérieur mais y renonçai rapidement, il y avait trop de variantes inconnues. Je décidai de réessayer de lui parler.
- Je ne tiens pas à vous faire plus de mal. Je veux juste récupérer l'œuf doré.
- …, vengeance.
-Je peux même vous délivrer, vous permettre de partir loin d'ici. De ne plus rester avec ces hommes qui ont piqué vos enfants !
Cela eut l'air de la calmer un peu. Elle détruisit quelques pierres en plus, essaya de brûler les stands où se trouvaient les spectateurs avant d'être contrée par les gardiens.
- Tu ... Pourquoi voudrais-tu … aider ?
- J'aimerais être votre ami.
- Tu… éborgnée.
- Vous avez failli m'écraser et me transformer en grillade. Et puis, je vous avais prévenue.
Elle grogna à nouveau avant de lancer un nouveau jet de flammes vers un rouquin qui essayait de s'approcher.
- Je ne veux pas abandonner … petits.
- Je peux transfigurer quelque chose pour les mettre dedans et les attacher à une de vos pattes.
Elle baissa lentement la tête et je m'approchai d'elle.
- Retire ta lame de … œil.
Je ne marquai pas de temps d'arrêt et m'avançai vers elle. C'était un test. Elle pouvait me tuer à tout moment ou me laisser récupérer mon arme. Je ne savais pas ce qu'elle allait faire mais je lui faisais confiance. Enfin, comme dirait Maximilien, je me comportais comme un idiot en espérant que tout allait bien se passer.
J'atteignis son œil gauche sans problème et tirai sur ma lame. Je l'essuyai sur ma chemise avant de la placer dans une de mes bottes.
- Merci. Je suis désolé mais je crois que votre œil est partiellement aveugle.
- Un dragon ne s'excuse jamais. Tu … as prévenue, je n'ai pas écouté.
Je hochai lentement la tête avant de déboutonner ma chemise. Je l'élargis puis la rendis plus solide à l'aide de quelques sorts avant de m'approcher de ses œufs. Je la sentais qui me suivait du regard et j'étais certain que si un seul de ses œufs ne portait qu'une seule fissure, j'étais un homme mort.
Je les plaçai avec soin dans ma chemise avant de m'approcher d'elle pour attacher ma chemise à sa patte de droite. Elle me laissa faire. Je libérai ensuite sa patte gauche des fers et dus éviter un sort d'un des guetteurs, ils avaient dû comprendre ce que je voulais faire. La dragonne envoya un jet de flammes dans leur direction pendant que je travaillais sur ses liens.
- Sais-tu où te rendre ?
- Je trouverai, ne t'inquiètes pas pour …
- Ma famille possède un château en France, dans le bois de Loudon à côté du Mans. Tu pourrais te réfugier de nuit là-bas, je suis sûr que mes parents t'accueilleraient à bras ouvert et pourraient te cacher.
Elle semblait réfléchir à ma proposition. Je décidai de ne pas attendre. Je volai la plume et le papier de la journaliste de la Gazette du Sorcier dans les gradins d'un accio pour écrire un court message à mes parents :
Chers parents,
Je vous présente ma nouvelle amie. Elle recherche un endroit où se reposer, je lui ai proposé notre château. Elle est très gentille. Prenez soin d'elle.
A bientôt.
Raphaël.
J'enroulai le parchemin autour d'un de mes poignards et déposai le tout avec les œufs de la dragonne.
- Montrez leur mon mot et ils vous aideront.
- Merci … ami.
La dragonne commença à s'élever dans les airs et j'érigeai des barrières protectrices autour d'elle pour qu'elle puisse disparaître en paix.
- Au revoir et à bientôt.
- … nom est Serres-Ecarlates. Au revoir, ami.
Je la regardai s'élever majestueusement dans le ciel en espérant qu'elle se rendrait chez moi. Elle y serait en sécurité. Je relâchai mes protections quand je fus sûr qu'elle était assez loin pour que personne ne puisse la rattraper.
Sur terre, c'était un capharnaüm, Madame Maxime était en grande discussion -dispute, serait un mot plus approprié- avec les autres juges tandis que les guetteurs qui étaient dans l'arène paniquaient. Il est vrai qu'ils venaient de perdre un précieux dragon. Ce n'était pas mon problème et je les laissais s'arracher les cheveux. La foule ne savait plus vraiment où diriger son regard et chaque personne essayait de parler plus fort que son voisin.
Il résulta de cela que personne ne me vit ramasser mon œuf doré qui gisait encore au milieu de l'arène à moitié détruite. Je fis un petit cri de joie en le ramassant avant de me diriger dans la partie des gradins qui abritait mes amis.
- Maximilien, Seamus, regardez ce que j'ai récupéré !
Mes deux amis se détournèrent de leur conversation pour se tourner vers moi.
- Félicitations Raphaël, tu as réussi à récupérer ton œuf avec tellement de finesse, railla Maximilien.
- Je pense que tu auras le meilleur score, après tout personne ne peut faire mieux que toi, continua Seamus, faire perdre quelques milliers de gallions à une réserve de Roumanie est tellement facile.
Je fis une petite moue censée être mignonne et boudeuse à la fois, je ne devais pas très bien réussir si j'en croyais les regards désespérés de mes amis.
- Vous n'êtes que des rabat-joies.
Je me retrouvais à nouveau dans le bureau du directeur de Poudlard. J'avais avec moi mon œuf doré qui faisait le pire bruit que j'avais jamais entendu. Je l'avais ouvert pendant que nous montions les escaliers et les juges ainsi qu'un rouquin, qui était le représentant de la réserve d'où étaient issus les dragons, m'avaient jeté des regards noirs. J'étais vraiment un incompris !
J'étais assis sur la chaise en face du bureau du directeur et j'examinais mon œuf pendant que les adultes délibéraient entre eux sur je-ne-sais-quel-sujet. Ce n'était pas comme s'ils pouvaient me demander de faire revenir le dragon, ce qui est fait est fait.
L'œuf en ma possession était lisse et s'ouvrait sur le dessus. Il faisait un cri horrible et je ne voyais absolument pas comment cela pouvait être un indice sur la prochaine épreuve. Il n'y avait pas de compartiment secret ou même une inscription qui aurait pu m'aider. Je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire de cette chose hautement inutile quand je me fis rappeler à l'ordre.
- Monsieur du Maine, commença Madame Maxime, nous aimerions que vous nous expliquiez ce que vous avez fait pendant l'épreuve.
- J'ai récupéré mon œuf, Madame.
J'étais encore un peu boudeur du fait d'avoir obtenu le score le moins élevé de tous les champions. Apparemment, le fait de libérer la dragonne et de la laisser s'échapper avec ses œufs représentait une perte d'argent assez conséquente pour la réserve, ce qui avait beaucoup influencé les notes qui m'avaient été attribuées. Je pensais qu'il y avait aussi un peu de discrimination envers les fourchelangues à l'œuvre mais je ne pourrais sans doute jamais le prouver.
- Pourquoi avez-vous libéré le dragon ?
- J'ai passé un marché avec elle, je la laissais partir avec ses petits et elle me laissait récupérer mon œuf.
- Vous parlez le… quoi ? Le dragon maintenant ? demanda nerveusement Igor Karkaroff.
- Non, le fourchelangue. C'est un trait assez commun dans ma famille, répondis-je en haussant les épaules, je ne comprenais pas tout ce qu'elle me disait, les reptiles ont tous des accents différents et il faut s'y habituer mais ça allait. Saviez vous que mon arrière-grand-oncle…
- Cela ne sera pas nécessaire, Monsieur du Maine, me coupa la sous-directrice de Beauxbâtons.
Je fis la moue, c'était une histoire très intéressante !
- Mais étiez-vous obligés de libérer le dragon ? Nous avons perdu un magnifique spécimen de vert gallois, intervint le roux.
- Un du Maine respecte toujours ses promesses… et je n'avais pas envie de finir en grillade. Je suis sûr que cela fait horriblement mal -avez-vous déjà entendu des cris de vampires brûlés vifs ? Non, et bien c'est un excellent exemple- et je ne voulais pas traumatiser l'audience.
- Est-ce que vous pourriez récupérer le dragon pour la réserve ? demanda Croupton.
- Je ne sais pas où il est allé. Et je ne vais passer mon temps à parcourir le monde à la recherche d'un dragon disparu, j'ai des choses plus importantes à faire !
- Et comment dois-je expliquer la perte de la dragonne à mes supérieurs ?
- Aucune idée, ce n'est pas mon problème.
- Monsieur du Maine, s'offusqua Madame Maxime.
- Personne n'a jamais dit qu'il était interdit de libérer son animal !
- Aucune personne saine d'esprit n'aurait libéré son dragon, s'énerva Karkaroff.
- Je l'ai fait.
- C'est bien ce que j'ai dit.
- Eh !
- Monsieur du Maine, veuillez réfréner vos envies de mutilation et de meurtre, me demanda Madame Maxime.
Je m'affaissai un peu sur ma chaise en resserrant ma prise sur mon œuf et en m'invitant au calme. Un meurtre dans le bureau du directeur serait très mal vu ici. Les meurtres -que dis-je ? Les accidents- dans le bureau du directeur de Beauxbâtons étaient bien mieux acceptés et sûrement plus courants qu'à Poudlard. Je crois que le dernier remontait à environ cinquante ans, mais c'est un secret !
- Très bien, Monsieur du Maine, comme personne n'avait émis une règle interdisant au candidat de relâcher son dragon, nous ne pouvons décemment vous punir, commença le professeur Dumbledore. Nous vous demandons juste de rester dans les normes de l'acceptable pour les deux tâches suivantes.
- Définissez l'acceptable ?
- Ne pas faire perdre de grosses sommes d'argent aux personnes qui aident à organiser les tâches, répliqua froidement le roux dont je ne connaissais toujours pas le nom.
- Eviter un bain de sang, ajouta Madame Maxime.
- Ne mettre personne en danger, continua Dumbledore.
- Mais comment voulez-vous que je m'amuse dans ces conditions ?
Six regards désespérés se tournèrent vers moi. Karkaroff se passa la main sur le visage avant de demander à Madame Maxime comment elle arrivait à se débrouiller avec moi toute l'année. J'espérais vraiment que j'allais avoir l'occasion de m'en prendre un peu à lui, il le méritait.
- Je suis heureux que vous vous amusiez dans ce tournoi, monsieur du Maine, dit diplomatiquement Dumbledore, mais la sécurité des élèves et des créatures passent avant votre joie à l'idée de foncer tête baissée vers le danger. Nous n'aimerions pas vous attribuer un second score catastrophique, ajouta t-il mielleusement.
- Bien entendu, professeur Dumbledore, je vais faire un effort.
Je haïssais les personnes manipulatrices et Dumbledore était en train d'essayer de me contrôler. Si je ne voulais pas perdre le tournoi, j'allais devoir devenir un champion exemplaire. Je me levai alors de mon siège et me dirigeai vers la sortie quand une idée de génie me vint, j'allais me venger !
- Professeur, demandai-je en me retournant, avez-vous changé de bureau depuis la fin du XIème siècle ?
Il fronça légèrement les sourcils avant de répondre :
- Bien entendu, les meubles ne tiennent pas aussi longtemps. Puis-je connaître la raison de cette question ?
Je lui fis mon plus beau sourire :
- Simple curiosité. Je vous souhaite une bonne fin…
- Avoutre !
- Souillon !
- Mécréant !
- Maroufle ! De quel droit oses-tu rappeler cet incident indigne dans ce lieu sacré !
Quatre portraits venaient de s'éveiller de leur long sommeil et au vu de leur réaction négative, j'étais certain qu'ils savaient de quel événement je parlais. Les personnes dépeintes devaient être très âgées et avoir été des directeurs de Poudlard au Moyen-Age.
- Je suis leur descendant.
- Déguerpis sur le champ, pendard, et n'ose plus remettre tes appendices podaux dans cette pièce !
- Que le Seigneur maudisse ta famille de dépravés !
Dumbledore finit par se lever pour essayer de calmer les portraits, sans grand succès, et je disparus dans les escaliers en riant accompagné par les insultes désuètes de quelques prudes vieillards. J'espérais vraiment pouvoir réussir mon plan : ce serait une vengeance parfaite et ma famille pourrait être si fière de moi !
Je regagnais rapidement le carrosse qui nous servait de logement dans le parc entourant le château. Je devais mettre au point ma vengeance et j'avais besoin de Maximilien. J'étais certain qu'il ne m'encouragerait pas mais j'étais très souvent capable de l'entraîner dans les préparatifs de mes aventures si ce que je prévoyais n'était pas trop dangereux.
J'entrai donc dans ma chambre bien décidé à mettre mon plan à exécution. Je déposai mon œuf sur mon lit avant d'aller prendre une douche. On ne m'avait pas encore laissé le temps de me nettoyer et j'étais roussi par endroit. Je dus aussi soigner quelques égratignures qui se remirent à saigner quand je les nettoyai. Après m'être habillé, je regagnai ma chambre pour y trouver Maximilien, assis sur mon lit en train de jouer avec mon œuf.
- Je peux l'ouvrir ? me demanda t-il.
- Comme si tu avais besoin de demander.
Il déverrouilla lentement l'œuf avant de l'ouvrir pour le refermer aussitôt. Il jeta l'œuf au sol avant de se masser lentement les oreilles.
- Mais qu'est ce que c'est que cette horreur ?
- Aucune idée, je bosserai sur ça après les vacances, j'ai quelque chose de plus intéressant de prévu pour le bal de fin d'année.
- Tu as lu les infos que je t'ai données sur les précédents tournois ?
En effet, le bal n'avait pas encore été officiellement annoncé mais je savais qu'il aurait lieu, c'était une tradition du tournoi.
- Il m'arrive de faire mes devoirs, tu sais… Enfin, bref, Dumbledore a menacé de me donner des scores mauvais pour les deux épreuves suivantes si je ne me comportais pas un peu mieux, donc il faut que je me venge.
- Je suis sûr que se venger n'entre pas dans les qualifications requises d'un meilleur comportement.
- Ce n'est pas le problème ! Ils m'ont menacé, ils veulent me manipuler !
- Oh, mon Dieu.
- C'est une question d'honneur. J'ai besoin d'une fille qui accepterait de m'accompagner au bal et qui serait prête à enfreindre quelques règles…
Maximilien me regarda avec incrédulité avant de se laisser tomber en arrière sur mon lit et de me faire signe de m'expliquer. Il avait compris qu'il n'arriverait pas à m'arrêter et espérait donc réussir à contrôler les dégâts. Je n'étais pas sûr de la réussite de son entreprise. Il allait en voir de toutes les couleurs.
- Seamus, j'ai besoin d'une petite-amie pour le bal de fin d'année et d'un moyen pour me faufiler partout sans être vu, m'exclamai-je en m'asseyant en face du gryffondor au dîner.
- Bonsoir Raphaël, Maximilien. Dean, je te présente mon ami Raphaël du Maine et son ami, Maximilien de Turenne.
- Enchanté, je suis Dean Thomas.
- Oui, oui, bonsoir. Seamus, j'ai besoin d'aide ! Mon soi-disant meilleur ami refuse de prendre part à mon super plan de vengeance.
- Sans aucune raison valable, j'en suis sûr.
- J'ai besoin de me venger de Dumbledore. Il essaye de me manipuler !
Seamus soupira avant d'enfourner une fourchette de viande dans sa bouche. Je me servis un peu de légumes et de viande avant de « voler » un bol de pudding qu'allait entamer un gamin. Je lui montrai les dents quand il essaya de me le reprendre et Seamus s'excusa pour moi. Je lui expliquai mon plan et il finit avec sa tête posée contre la table, il avait vraiment l'air désespéré.
- Très bien, je suis sûr que tu es assez grand pour te trouver une copine, sans moi…
- Non, non, non. Les filles de Beauxbâtons ne veulent absolument rien avoir à faire avec moi et celles de Durmstrang m'évitent. Selon ce que j'ai entendu, leur directeur leur a interdit de m'approcher. Et je ne connais pas les filles de Poudlard : lesquelles seraient les plus à même à m'aider contre le directeur sans avoir peur des conséquences.
Seamus se massa lentement le front avant de me répondre :
- Si tu cherches des filles courageuses, c'est la maison des gryffondors qui te conviendra le mieux. Les poufsouffles sont trop honnêtes pour ton plan et les serdaigles n'aiment pas enfreindre le règlement, ils visent la perfection.
- Et les serpentards ? demandai-je.
- Ils sont ambitieux et n'aiment pas vraiment le directeur. Mais ils ont très mauvaise réputation et retournent leur veste très rapidement.
- Ce n'est pas un problème, la moitié des filles de Beauxbâtons pourrait me tuer dans mon sommeil si jamais je leur causais le moindre tort. La ruse et l'ambition sont de très bonnes qualités.
Seamus me regarda avec la bouche ouverte et je m'attendais à ce qu'il se lance dans un discours enflammé contre la maison des verts et argents mais il n'en fit rien. J'avais en effet remarqué que les gryffondors et les serpentards ne s'entendaient absolument pas, ce qui était bien dommage, leurs qualités pourraient se compléter merveilleusement : si seulement chacun faisait un peu d'effort de son côté !
- Pour ce qui est d'espionner sans te faire voir, tu ne connais pas le sortilège de désillusion ?
Je le regardai avec des yeux ronds en me demandant de quoi il parlait. Je n'étais pas très doué en sortilèges, je n'avais tendance à apprendre que des sorts offensifs et quelques boucliers. Le reste ne m'intéressait pas, il n'était donc pas étonnant que je ne me souvienne pas de ce sort. Je me tournai vers Maximilien :
- Non. Je ne veux pas être ton complice. Il est hors de question que je t'aide à espionner le directeur pour découvrir le mot de passe de son bureau le soir du bal.
- Moi, non plus, ajouta Seamus… Je ne devrais vraiment pas te dire ça mais Harry a une cape d'invisibilité. Je ne suis pas censé le savoir mais après quatre ans dans le même dortoir, on commence à savoir des trucs.
- Merci, Seamus, tu es un véritable ami !
- De rien, vas embêter quelqu'un d'autre maintenant. Et ce que je t'ai dit reste entre nous !
- Bien sûr, bien sûr. Tu sais qui est la serpentarde qui accepterait le plus facilement de sortir avec moi ?
- Aucune idée et je m'en fiche.
Il décida de faire un peu plus d'effort en remarquant mon regard noir et le fait que je ne bougeais pas.
- Attends deux secondes, Hermione, qui est la préfète de serpentard ?
La fille qui m'avait fait entrer dans la tour des gryffondors, quand j'avais cherché Seamus pour l'emmener dans les souterrains, se détourna de sa conversation avec le gamin champion et un rouquin pour annoncer à Seamus que c'était Alexandra Selwyn, une septième année. Je décidai de commencer par cette dernière dans ma quête de la partenaire idéale pour le bal de Noël.
Je m'éloignai donc de la table des gryffondors avec mon bol de pudding dans les mains pour me rendre à la table des serpentards. Je sentis une partie des regards se diriger vers moi alors que je passais d'une table à une autre. Je m'arrêtai auprès d'un blond peroxydé, de deux gamins costauds et d'une gamine à l'air assez hautain pour leur demander qui était Alexandra Selwyn.
Le blond me dévisagea de la tête aux pieds avant de m'indiquer, avec un petit reniflement de mépris - je choisis de l'ignorer, j'avais d'autres chats à fouetter -, une adolescente blonde assise au bout de table au milieu d'un autre groupe de filles. Je m'approchai du groupe en la dévisageant. Elle souriait et parlait peu mais suivait la conversation de ses yeux. Elle se tenait droite, avait l'air très intelligente et un peu froide.
Je me plaçai un peu à sa droite avant de l'interpeller. Elle se retourna légèrement vers moi, je me courbai quelque peu avant de me présenter et de lui tendre mon bras en lui demandant si elle consentait à venir s'entretenir avec moi en privé. Elle me jaugea à son tour du regard avant d'accepter. Nous sortîmes de la grande salle sous les regards des élèves et des professeurs qui devaient se demander ce qui venait de se passer.
Je ne dormis pas beaucoup cette nuit là. Je réfléchissais à tout ce que m'avait dit Alexandra. Le climat de l'Angleterre ne m'avait pas paru aussi tendu mais je ne m'étais pas vraiment intéressé aux rouages du monde magique anglais. Je comprenais mieux pourquoi les gryffondors et les serpentards ne s'aimaient pas. Je trouvais toujours cela dommage, Serenity était une serpentarde et elle était charmante, même Seamus avait fini par le reconnaître : c'était une preuve qu'il y avait du bon partout.
En tant que sang-pur, Alexandra se trouvait au centre d'un jeu d'alliance complexe qui tournait autour du directeur de Poudlard et d'un ancien mage noir qui, selon les dernières rumeurs, n'était pas aussi mort qu'on le disait. Son oncle avait fait parti des intimes de Voldemort et elle m'avait avoué qu'il mettait la pression à son père -le chef de famille de la branche principale des Selwyn- pour qu'il prenne lui-même contact avec d'anciens partenaires de son frère.
Elle-même avait déjà été approchée par quelques jeunes hommes qui espéraient obtenir sa main en mariage. Cela permettrait à une famille de conserver son nom de sang-pur, souvent aux dépends de la volonté des deux tourtereaux ou uniquement de la jeune fille. Son père ne cédait pas encore sous la pression mais elle avait peur qu'une nouvelle guerre n'éclate et qu'elle soit obligée de se marier par convenance à une brute sanguinaire ou à un gamin qui cherchait à paraître plus dur qu'il ne l'était.
Je n'imaginais pas de pire sort que celui de devoir passer le reste de sa vie aux côtés d'une personne que l'on ne supporte pas -au mieux- ou que l'on haïsse -au pire. Mon ancêtre, Gabriel du Maine, s'était marié avec la descendante de la dynastie du Maine après que Guillaume le Conquérant eut confisqué le comté à ces derniers. Son mariage avait été organisé mais il avait eu de la chance : lui et sa femme avaient fini par s'aimer (ils finirent même par avoir sept enfants, trois fils et quatre filles, qui firent le malheur de la communauté magique française… et des communautés étrangères, les du Maine étaient de grands voyageurs !).
Je compatissais donc au sort qui serait réservé à la pauvre Alexandra si ce qu'elle craignait venait à se produire. Je trouvais quand même étrange que le mage noir ait disparu la nuit où il avait décidé de tuer les Potter -c'était donc pour cela que le gamin était si connu et observé !- et qu'on le dise toujours vivant. Enfin, je n'étais pas un spécialiste des simulations de mort et lui laissait donc le bénéfice du doute. D'autant plus, qu'apparemment Voldemort avait été présent à Poudlard il y a trois années de cela, il aurait été collé au crâne du professeur Quirell : cette histoire m'avait l'air totalement extravagante et -oserais-je le dire ?- bidon mais je n'avais pas été présent donc je gardai mes opinions pour moi.
Alexandra m'avait raconté tout cela après m'avoir observé de la tête aux pieds et s'être longtemps arrêtée sur mon bol de pudding, je lui en proposai mais elle refusa assez sèchement. Elle enchaîna ensuite en détaillant la renommée de ma famille. Apparemment, même si nous n'étions pas considérés comme des sangs-purs et souvent considérés comme des fous, nous avoir comme alliés était plutôt bien vus dans le monde.
J'appris ainsi que nous avions la réputation de tenir nos promesses, d'être fous mais extrêmement puissants. Les familles que nous protégions prospéraient toutes à travers le monde, sauf en Amérique d'où elles avaient tendance à émigrer rapidement. Je devrai un jour montrer plus d'attention à ce genre de choses, mais comme je n'étais pas encore chef de famille, ce qu'elle me racontait m'était à peu près inconnu. Je ne me souciais guère de la façon dont les étrangers me percevaient, je profitais encore de ma jeunesse pour me conduire comme bon me semblait.
Enfin, après ces magnifiques exposés que j'écoutais avec politesse malgré le fait qu'ils ne m'intéressaient guère, elle m'annonça qu'elle était d'accord pour être ma partenaire à quelques conditions près. De lourdes négociations suivirent qui n'avaient rien à envier à celles organisées par les politiques, j'étais même assez fier de ma patience.
Je devais maintenant décider si le jeu en valait la chandelle. Si elle acceptait de m'aider, j'allais me retrouver plongé dans les intrigues politiques d'Angleterre sans en avoir vraiment envie. Pire encore, j'allais entraîner ma famille dans mes problèmes. Alexandra voulait que je l'aide à quitter l'Angleterre et à s'installer en France à la fin d'année pour pouvoir fuir la guerre qui, selon son oncle, n'allait pas tarder à se déclencher.
Elle ne pensait pas que sa famille la laisserait partir sans essayer de la récupérer. Je risquais même de me faire accuser de kidnapping (je ne l'avais encore jamais été !) ! Et tout ça, pour ma vengeance sur Dumbledore. Certains abandonneraient sur l'instant mais j'étais têtu. Elle avait en outre promis de parler aux autres filles de serpentard si je refusais son offre pour qu'elles ne sortent pas avec moi. Et je ne voulais pas finir par demander à Maximilien ou à Seamus de se travestir pour m'aider : j'étais certain de finir dans un fossé où personne ne me retrouverait.
D'autre part, c'était une jeune fille en détresse et un jeune homme galant se devait de secourir les princesses en danger. Ce ne serait pas très chevaleresque de lui refuser mon aide. Ce dernier point finit par emporter mon bon sens (quel bon sens ? dirait Maximilien) et je décidais de l'aider. C'est donc serein et certain que je faisais la bonne décision que je m'endormis.
L'œuf doré, que j'avais récupéré pendant la première tâche, gisait, abandonné, sous mon lit aux côtés d'une pile de livres et de mes cours que je fourrais là-bas pour éviter qu'ils ne m'encombrent.
Avoutre : débauché, insulte du Moyen-Age
Le contexte historique du Maine au Moyen-Age est bien sûr adapté et donc faux. De même, je sais le fourchelangue n'est utilisé que pour parler aux serpents mais j'avais besoin de faire quelques changements: j'espère que cela ne vous dérange pas trop.
Merci d'avoir lu et j'espère que cela vous a plu, en tout cas, je m'amuse bien à l'écrire.
