Immobile
Chapitre 4
Ils étaient arrivés par petites unités, par accidents.
Ils avaient empruntés les couloirs d'Yggdrasil sans le réaliser.
Il ne restait plus grand-chose des grandes civilisations des Royaumes.
Les plus évoluées taillaient la pierre.
Les moins évoluées se vêtaient encore de fourrure et mangeaient leur viande à moitié cuite sur des feux fait dans ses foyers en pierre.
Ils apparaissaient parfois dans le dôme d'or immobile depuis des siècles, par accident, sans savoir comment ils activaient le pont.
La plus part mourraient lors du transfert.
Ceux qui survivaient mourraient souvent de faim dans l'observatoire.
Quelques-uns, plus curieux, trouvaient le courage de sortir et de remonter le pont arc-en-ciel.
Ce qui avait été Asgard n'était plus que ruines écroulé.
Les bâtiments qui se dressaient avec orgueil vers le ciel avaient été détruit par les flammes et le temps. La magie avait quitté les autres, les murs fortifications s'étaient émoussés et la vie sauvage avait repris ses droits.
Les loups avaient pris tanière dans ce qui avait été des bergeries. Des oiseaux nichaient dans ce qui avait été des statues monumentales
Mais le pont, immobile et indestructible sauf sous la fureur du tonnerre jouait encore son rôle.
Ceux qui venaient-là ne pouvaient repartir.
Ceux qui avaient la force d'aller de l'avant pouvaient survivre.
Alors il survivrait.
Le jeune guerrier serrait sa lance dans sa main.
Le reste de sa tribu avait été transportée ici avec lui.
S'il se referait aux enseignements de sa tribu, il devait être dans le domaine des dieux.
Il fit signe aux survivants de le suivre.
Ils étaient une trentaine.
Autour d'eux, les squelettes de ceux qui les avaient précédés dans l'antichambre des dieux s'accumulaient.
Mais ils allèrent de l'avant.
Ils franchirent le seuil de l'observatoire pour rester saisit par le ciel qu'ils ne connaissaient pas et qui n'était pas le leur.
Leur planète n'avait qu'une seule lune brisée.
Les anciens disaient que les dieux étaient descendu sur terre pour les punir de leur pécher et avait détruit leurs cités de pierre qui se dressaient vers le ciel.
Tous y croyaient.
Tous avaient vu les restes des buildings sans savoir ce que c'était, la connaissance enfuit depuis des siècles.
L'humain, le chef des chasseurs, fit signe a ses hommes de protéger les femmes et les enfants qui étaient avec eux
Lentement, effrayés, ils remontèrent ce qui avait été la large avenue qui conduisait autrefois du Bifrost au palais.
Les larges portes étaient arrachées à leurs gonds.
Des siècles de feuilles mortes, d'animaux et d'usure avaient transformé le bâtiment monstrueux en une coquille vide et indiscernable au milieu des autres.
La pluie commença à les tremper.
Ils entrèrent.
A mesure que la tribu s'enfonçait dans ce qui avait été la salle du trône d'Asgard, les humains se serrèrent un peu plus les uns contre les autres.
Ici, la corruption du temps n'avait pas ravagé les lieux autant qu'ailleurs.
Lorsqu'ils arrivèrent au pied de la grande estrade, ils s'agenouillèrent tous.
La statue ne les regardait pas.
Elle fixait le vide devant elle.
Sa peau était bleue, son regard était rouge et il serrait dans sa main une lance bleue qui jetait une douce lueur autour d'elle.
A ses pieds, un squelette reposait près d'un énorme marteau de guerre.
Autour de lui, trois squelettes animaux l'accompagnaient.
Les humains se prosternèrent jusqu'au sol.
Leur dieu ne ressemblait pas à l'image que les anciens leur avaient décrit mais il les avait guidé jusque-là.
Ils avaient trouvés leur dieu.
Le chef de la tribu passa sa main sur le marteau.
Il le souleva sans peine.
Il fut le sol.
Alors il remercia le dieu de son cadeau.
