Et voici le chapitre 4 :D

Chapitre 4

Les pensées des deux jeunes femmes furent interrompues par l'arrivée d'Angela. Elle apportait des cannellonis à la Rizzoli. Cette attention toucha beaucoup la jeune femme qui ne manqua pas de le faire remarquer. La petite visite de la maman Rizzoli ne fut pas le seul évènement de cette soirée. Il apparut bien vite que l'anniversaire de Francki devait se dérouler dans la chambre d'hôpital. Toute la soirée fut joyeuse, la musique et les blagues comblant le silence habituellement régnant sur l'immeuble. Vers 23h30 lorsque les infirmières vinrent annoncer la fin des visites, toute la famille s'en alla laissant Maura à nouveau seule avec son amie.

"Rentre chez toi Jane, s'il-te-plaît.

-Pourquoi?

-Ça me fait mal au coeur de te voir dormir par terre... Rentre au moins pour me faire plaisir.

-D'accord mais c'est bien parce que tu insistes. A demain.

-A demain Jane. Et n'oublies pas mon livre sur les théories de Physique Nucléaire."

Le coin des lèvres de la détective se souleva et elle partit silencieusement.

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L'appartement de l'agent Rizzoli était encore plus désordonné que lorsqu'elle avait été cambriolée par Hoyt. Elle n'avait pas pris le temps de le ranger depuis que Maura était à l'hôpital. En effet elle ne passait par son antre que le matin pour la douche et se changer. Les vêtements sales s'empilaient au pied de son lit et JO Friday commençait à se plaindre de sa solitude. La brune s'installa sur son canapé et reprit un à un les éléments du dossier. Malgré sa volonté à résoudre l'affaire son cerveau ne semblait pas assimiler la moindre information. Ses pensées allaient vers Maura.

"Raaah ! J'arrive pas à me concentrer. Il me faut une bière."

Elle s'était exprimée à voix haute bien qu'elle sache que personne n'allait lui répondre. Elle ne dormait presque plus la nuit, c'est peut-être pour cela que le sommeil l'emporta si vite. Ses rêves n'avaient aucun sens. Un homme aux cheveux grisonnants enlevait Maura, un lion rugissait et avalait l'arme de la brune. Elle se sentait inutile, incompétente. Soudain la blonde changea de tête et prit celle d'Angela mangeant des cannellonis...

TOC TOC TOC...

Le bruit avait réveillé Jane et interrompu ses songes. Un grognement sortit de sa bouche pour exprimer son mécontentement. Elle se leva péniblement et ouvra la porte. Elle était seule, sans arme, un assassin aurait facilement pu l'assommer ou la tuer. Il était trois heures du matin et aucune personne de sa connaissance ne serait venue à une telle heure. Pourtant elle n'eut pas le moindre mal à comprendre de qui il s'agissait lorsqu'elle entrevît la longue chevelure blonde de son amie légiste. La porte s'ouvrit plus rapidement qu'elle n'aurait du. Le corps inerte qui y était appuyé semblait chuter lentement et au ralenti. Sans réfléchir Jane rattrapa la femme et la souleva. Sans même vérifier si il y avait quelqu'un elle l'emmena sur le canapé qu'elle avait quitté quelques instants plus tôt. Elle s'assit auprès d'elle et prit son pouls. Il était très rapide, cela indiquait une activité physique récente; cependant la détective ne parvenait pas à comprendre pourquoi son amie était ici alors qu'elle devait être dans son lit d'hôpital. Après l'avoir installée sur son lit elle appela un médecin et son équipe afin qu'ils viennent enquêter.

Tout le monde arriva à peu près en même tant. Le diagnostic ne se fit pas attendre et n'étonna personne: Hyper ventilation. Après le départ du médecin Jane raconta toute l'histoire à ses collègues.

"C'est bizarre, pourquoi le Dr Isles se serait risqué à sortir de l'hôpital? Elle connaissait ses problèmes de santé et sa fragilité respiratoire.

-Je ne pense pas qu'elle ait juste eu envie d'une ballade nocturne.

-Je vais aller faire un tour à l'hôpital et voir ce qu'il en est.

-D'accord merci Korsak. Frost tu peux vérifier les caméras de surveillances qui sont sur le chemin entre chez moi et l'hosto s'il-te-plaît?

-Pas de soucis, on s'occupe de ça. Toi tu restes auprès de Maura et tu la surveille, appelle nous si elle se réveille..."

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L'hôpital était silencieux. Cela n'avait rien d'anormal étant donné l'heure tardive et pourtant le sergent Korsak avait un mauvais pressentiment. Il sortit son arme, guidé par son instinct de survie. A l'accueil une femme semblait endormie sur son clavier d'ordinateur. Ses longs cheveux bruns cachaient son visage et si un sifflement n'avait pas jailli de sa bouche, on aurait cru qu'elle était morte. Il continua son chemin vers la chambre qu'occupait le Dr Isles et trouva dans le couloir quatre autres infirmières endormies. Il s'engouffra dans la chambre sombre et froide, l'arme toujours brandie il guettait le moindre mouvement suspect. Le faisceau de la lampe éclairait le moindre recoin de la pièce, il n'était pas couvert et risquait peut-être sa vie en ce moment même. Après s'être assuré que rien n'allait lui sauter dessus il alluma les lumières et appela une ambulance du Brigham Women's Hospital. Il appela ensuite Jane pour lui annoncer ce qu'il avait découvert.

"T'es trouvé quoi Korsak?

-Tout le service de convalescence est dans les vapp'... Ils étaient venus pour Maura, fait attention à elle. Je m'occupe de tout ça.

-Merci Vince."

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La main du lieutenant Rizzoli parcourait la chevelure blonde qui s'offrait à elle. Ils étaient venus pour elle. Mais qui "ils"? Et pourquoi Maura? Que sait-elle qui vaille la peine que l'on ne la tue?

"Qu'est-ce que je ne sais pas Maura?"

Son amie dormait profondément depuis maintenant deux heures. Cela faisait deux heures que la légiste c'était effondré devant ses yeux...

"Jane...

-Maura! Tu es réveillée. Comme tu vas?

-Je...Mes poumons...

-Je sais, repose toi. Tu me diras tout plus tard."

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L'agent Barry Frost passait en revue toutes les vidéos qu'il avait trouvé. Des distributeurs jusqu'au vidéos de surveillance des magasins, tout avait été réquisitionné. Grâce à cela, le lieutenant à la peau nuit avait retracé le chemin du Dr Isles. Il saisit son téléphone et composa rapidement le numéro de sa collègue.

"J'ai trouvé!

-Super, raconte-moi.

-J'ai retracé le chemin qu'a fait Maura. Elle a courut pour venir chez toi, ça explique son hyper ventilation, mais elle ne courait pas pour le plaisir... Un homme la suit sur toute les vidéos jusqu'au distributeur de ton immeuble.

-Quoi! Ça veut dire qu'il sait où elle est?

-Je pense, je ne peux pas faire de reconnaissance faciale, il s'est couvert le visage.

-Ok, c'est du beau boulot. Envoie un agent à mon appartement. À plus ! "

L'inquiétude de Jane était désormais à son comble. Elle ne se remettrai probablement pas de la perte de la légiste, elle ne la laisserait pas partir.

"Personne ne touchera à Maura Isles tant que je serais en vie!

-Le contact humain est bénéfique au renforcement des cellules épithéliales...

-Hey! Tu vas mieux?

-Oui, merci d'avoir pris soin de moi...

-C'est normal. Je voudrais que tu me dise ce qui s'est passé, précisément.

-Je dormais quand j'ai été réveillé par le bruit de la porte. J'ai d'abord cru que c'était un médecin mais il ne portait pas de blouse. Il était vêtu de noir. Il s'est approché de moi avec une seringue et..."

Elle ne pût aller plus loin. Faire remonter toutes ces émotions dans l'état de fragilité de la blonde lui avait fait monter les larmes aux yeux. Jane la prit dans ses bras en lui murmurant des paroles réconfortantes. Elle tenait sa tête près de son coeur comme si elle berçait un nouveau-né. Au bout de plusieurs minutes, la malade sembla s'être calmé et reprit son récit.

"...désolée...

-Prend ton temps.

-Il a levé le bras pour me planter l'aiguille dans le cou, je ne pouvais pas bouger... Mais le garde que tu as posté devant ma porte s'est relevé et s'est battu avec l'homme. Il m'a dit de m'enfuir et c'est ce que j'ai fait, mais l'homme m'a suivi. Je me suis dis que chez toi je serais en sécurité, alors j'ai couru, je suis arrivée et après je ne me souviens plus de rien.

-Tu as très bien fait de venir, plus personne ne te fera de mal.

-J'ai eu si peur Jane...

-Je sais, viens là."

Les deux femmes restèrent blotties l'une contre l'autre toute la soirée si bien qu'elles finirent par s'endormir. Le lendemain matin Francki entra dans la chambre et réveilla les deux amies. Instinctivement, la détective saisit son arme et la pointa sur son frère qui leva aussitôt les mains. Les cauchemars de la brune avaient provoqué un stress violent qu'elle était incapable d'arrêter. L'agent savait qu'elle devait aller travailler pour se changer les idées. Avec Francki pour veiller sur Maura il n'y avait pas de soucis à se faire, néanmoins elle préféra appeler sa mère pour s'occuper de la blonde.

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Le commissariat était silencieux. Toute la police de Boston semblait s'être stoppé à l'arrivée du lieutenant, cependant elle ne s'en aperçut pas. Elle était trop occupée à re-examiner les preuves. Elle qui avait d'habitude l'œil pour relier les preuves entre elles, cette fois-ci, la brune ne parvenait même pas à comprendre mes motivations des coupables. L'argent? Peut-être, mais dans ce cas-là pourquoi introduire cela dans des médicaments? Et surtout qu'est-ce qu'ils veulent à Maura?

Les trois agents travaillaient dans relâche depuis plusieurs jours mais rien n'en ressortait. La légiste était revenue travailler mais à la seule condition d'être accompagner par un agent. C'était bien évidemment Jane qui avait insisté pour cela. Les comptes de Gardoy n'avait pas révélé le moindre gros virement. Tout était soigneusement caché et même Frost n'avait pu découvrir l'emplacement de l'argent. Cette organisation -comme l'avait appelé Mr Gardoy- devait être calée en informatique et particulièrement professionnelle. Le moral de l'équipe était au plus bas jusqu'à ce que le Dr Isles découvre un élément clé dans cette enquête. Un tout petit élément qui devait permettre la résolution de ce sac de nœud.

"Je peux trouver le numéro du compte où l'argent a été versé ainsi que le nom de l'homme qui a mis l'argent.

-Comment ça? Frost épluche toutes les connaissances de Gardoy depuis trois jours...

-La molécule qui a failli me tuer est aussi la clé de l'énigme.

-Explique...

-Voilà, j'avais déjà vu ça quelque part mais ce n'était pas sur des analyses, c'était dans un livre: " Les grandes signatures des grandes organisations criminelles." C'est un livre qui a été distribué au légiste en chef de chaque état afin de donner l'alerte en cas de danger national.

-Hein? Tu vas quand même pas me dire que notre organisation est dans un livre?

-Non.

-Alors retour à la case départ...

-Non parce que je me suis inspirée de la signature d'une organisation et j'ai trouvé quelque chose. Les "Intellites" introduisaient des virus génétiquement modifiés. L'assemblage des cellules modifiées donnaient un nom. Alors je me suis demandé si cela ne pouvait pas être la même chose dans ce cas là.

-Mais il n'y a pas de cellules modifiées... Ce virus existait déjà avant que tu ne le découvres sur la victime.

-Oui sauf qu'il n'est pas tout à fait identique au SRAS qui a frappé la Chine en 2001. Il y a quelques cellules modifiées et en les assemblant on trouve: 166-2098-203-0056.

-Un numéro de compte!

-Oui et qui est au nom de Marcus Jonhattan.

-Merci Maura, tu es incroyablement extraordinaire!

-Ouah, ça fait deux adjectifs synonymes dans la même phrase.

-Tu les mérite, j'appelle Frost."

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Le domicile de Marcus Jonhattan était situé sur Charles St, en face du jardin public. L'appartement était spacieux, lumineux. La décoration ne laissait pas penser qu'un homme célibataire et criminel vivait ici. Tout était moderne, dans des tons noirs et blancs. Les deux agents frappèrent à la grande porte blanche. Ils préparèrent leur plaque mais n'eurent pas besoin de les montrer. La porte s'ouvrit quelques secondes après mais personne ne se tenait derrière. Une voix les invita à entrer, ce qu'ils firent, non sans hésitation. En quelques mètres, un vaste salon s'offrit à eux. Les fenêtres donnaient une vue magnifique sur Boston. Quatre hommes se tenaient auprès d'un personnage central (Certainement Mr Jonhattan).

"Bonjour, agents Frost et Rizzoli, que puis-je pour vous?"

L'homme qui venait de parler l'avait fait d'une voix très calme, s'en était presque déconcertant.

"Nous venons parce que nous avons trouvé un de vos numéros de compte dans un virus.

-Je ne comprend pas de quoi vous parlez, mais cela à l'air extrêmement intéressant, je vous écoute.

-Nous savons que quelqu'un a payé Mr Gardoy pour diffuser le SRAS...

-Qui est Mr Gardoy?

-Vous savez très bien qui c'est, enchaîna Frost. Vous lui avait communiqué un numéro de compte grâce au virus en prenant exemple sur les "Intellites".

-Non je ne me souviens pas avoir fait cela.

-Dans ce cas pouvez-vous me dire ce que votre numéro de compte faisait dans un virus mortel?

-C'est probablement une coïncidence.

-Non je ne crois pas, nous avons un mandat de perquisition pour votre domicile et votre voiture.

-Faites je vous en prie, mais lorsque vous aurez vu qu'il n'y a rien ne prenez pas la peine de me le dire, je serais dans mon bain."

L'homme se retira alors, toujours entouré de ses gardes du corps. Son attitude écœurait les deux agents ce qui eut pour effet de les motiver encore plus. Quelques minutes plus tard, une dizaine de police arrivèrent sur place, accompagnés du Dr Isles.

Les recherches durèrent des heures, personne ne voulait omettre quelque chose.