Chapitre 4
Shibunyan avait tenu à ce que la soirée d'anniversaire de Yoshi se déroule, il s'était arrangé avec le reste du groupe pour changer le programme. La super fête avait lieu dans un endroit super original, une boîte de nuit. Yoshi m'ignorait allègrement et Maru se gardait de faire le moindre commentaire. Je supposais que Baru lui en avait touché un mot. Cet imbécile se serait sûrement confondus en excuses et auraient essayé de mettre l'ambiance en faisant pire que mieux. Dans la salle, les gens dansaient et le volume de la musique était au plus fort. Bien que mes amis soient bruyants, je ne parvenais pas à comprendre la conversation. Je distinguais seulement leurs rires, et les voix portantes de Hina et You. Je ne faisais pas non plus d'effort pour écouter, je me contentais de suivre des yeux ceux qui prenaient la parole. Puis, ils se posèrent sur lui, il était habillé d'un jean et d'un pull qui lui seyait bien. Instinctivement, je portai mon verre à mes lèvres et en bus une gorgée. Je sirotais mon verre le plus lentement possible, il serait le seul de la soirée étant donné que je serai incapable de m'arrêter si j'en buvais un de plus. Je le regardais se plaquer contre Hina, sa main était posée sur sa cuisse et il le chauffait ouvertement. Je souriais, c'était sa façon de me rendre la pareille. Je comprenais très bien ce qu'il avait pu ressentir en me surprenant avec Maru, mais il était le seul que j'aimais. Je n'allais pas rester assis à le voir se dandiner, je me levai et sans un regard vers eux, je me dirigeai vers les toilettes.
La boîte était bondée, je me faufilai avec bien du mal jusqu'à destination, et fis couler l'eau du robinet. Je m'aspergeai le visage et restai quelques minutes appuyé contre le lavabo, dévisageant mon reflet. Il ne m'avait pas adressé la parole de la journée, et il ne comptait apparemment pas rentrer ce soir. Je savais qu'il ne me pardonnerait pas si facilement, mais je ne pouvais m'empêcher d'espérer tout de même. J'éclaboussai le miroir et me retournai pour prendre la sortie. Pourquoi je restais? C'était son anniversaire et ma présence devait le déranger plus qu'autre chose. J'allais déguerpir et cela aurait au moins le mérite de lui faire plaisir. Mon cœur se serrait, je ne pouvais plus rester ici à faire semblant de m'amuser et sourire bêtement. Je me pressai à passer la porte et bousculai quelqu'un qui entrait. Je soufflai et avais dans l'idée de l'ignorer mais l'homme déjà bien bourré en avait décidé autrement. Il était une tête plus grande que moi, un t-shirt noir lui moulait son torse laissant deviner sa musculature. Je n'avais pas la moindre envie de rester avec lui et essayais de le contourner. Comme je le craignais, j'étais devenu son petit jouet et il se refusait à me laisser partir en rigolant. Je saisis son moment d'inattention pour l'esquiver mais fus plaquer contre le mur juste à côté de la porte. La sortie était si près, je n'avais pas envie de me battre, je voulais rentrer. Parmi tout ce monde, quelqu'un finirait bien par se rendre aux toilettes et me sauver. Je restais donc appuyé contre ce mur et regardais par terre. Les carrelages blancs étaient fissurés par endroit, et de l'eau était piétinée par les passants. J'évitais soigneusement son regard et ignorais ses remarques désobligeantes. Je pensais qu'en agissant ainsi, je serai épargné mais sa main vint serrer ma mâchoire et m'obligea à lui faire face. Je déversais ma haine dans mon regard et me dégageai brusquement de son emprise. Il n'avait aucun droit de me toucher, plus personne n'avait le droit à part Yoshi. Son petit jeu avait assez duré, je tentai de le repousser de toutes mes forces pour avoir le temps de filer et échouais minablement. J'avais récolté son poing en plein visage et m'étais retrouvé contre l'un des lavabos. Encore plié contre le rebord, il se saisit de mes cheveux et me claqua la tête contre le mur. Sans même avoir eu le temps de réagir, mes jambes ne me portaient plus et je glissais au sol. Je reçu un autre coup puis j'entendis la porte s'ouvrir et enfin on l'écarta de moi. Mon calvaire était terminé et j'allais pouvoir rentrer. Je levai les yeux pour remercier mon bienfaiteur et les baissais aussitôt. Ma tête me tiraillait et il fallait que ce soit lui qui intervienne. Je me relevai et me rinçai le visage à l'eau froide pour taire la douleur. Ma lèvre inférieure était gonflée et un hématome commençait à se manifester près de mon arcade. Je soufflais et le regardais à travers la glace, il était inquiet et n'osait pas me toucher. Je décidai de lui faire face et pris la parole.
- Merci Maru.
- De rien... mais... qu'est ce qui s'est passé ?
- En ce moment, j'ai tendance à me retrouver au mauvais endroit et au mauvais moment.
- Je... désolé...
- Je sais... comme on sait tous les deux que ce n'était pas grand chose. Maru../
- Je sais aussi Shota... jamais tu ne partageras mes sentiments. Je suis vraiment désolé pour ce qui c'est passé mais je ne te causerai plus de soucis. Je me suis fais une raison et je veux sauvegarder notre amitié...
- Désolé Maru... ne souffre pas pour moi, continue d'avoir cette joie de vivre, je suis sûr que tu trouveras quelqu'un qui t'aimera en retour. Et... on va juste oublier cet incident ne ?
- Hm... merci Sho-chan...
Je lui avais pardonné bien rapidement malgré ce que je pensais faire. Seulement, il se tenait à deux pas de moi, les yeux remplis de larmes et de regret. Je ne pouvais pas lui en vouloir de m'aimer, j'étais mal à l'aise et triste pour lui. Alors sans réfléchir, je me blottis dans ses bras et nous restâmes ainsi quelques instants. Je sentis ses larmes couler le long de mon épaule et m'excusais.
- Sho-chan...
- Hm ?
- Je... je sais que j'en demande trop mais... juste une fois, est ce que je peux t'embrasser ?
- Maru... je ne sais pas...
- Hum, c'est rien. Reste là, je vais prévenir Tatsu, s'il te voit comme ça, tu as peut être une chance...
- Bon okay... mais ça reste entre nous. Ensuite, je ferai comme si rien ne s'était passé ces deux jours ci !
- Merci...
Doucement, son visage s'était approché du mien et sa main me caressait la joue. De son pouce, il effleura ma lèvre endolori et délicatement son souffle se mêla au mien dans un baiser. L'atmosphère était étrange, je sentais tout son amour à travers cet échange comme s'il l'extériorisait pour s'apaiser. Puis, il s'écarta et sortit de la pièce sans un mot. Je me regardais et fermai les yeux en me tenant une fois de plus au rebord du lavabo. J'étais soulagé d'avoir réglé cette histoire avec Maru mais il me restait le plus compliqué. J'avais un estomac sur patte capricieux et rancunier à reconquérir. Je rinçai ma bouche et mon visage, et m'assis contre le mur de ma défaite. A peine quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit laissant apparaître mon Yoshi l'air inquiet. Je lui souris tristement et jouai même la carte de la petite larme. Je savais qu'il n'y résisterait pas, je voulais à tout prix qu'il me prenne dans ses bras et revienne à la maison. Il s'était accroupi devant moi et me frôla la joue de sa main emportant les perles d'eau salée. Sans plus attendre, je me jetai dans ses bras qui me remirent debout sans me quitter.
- Tu veux que je te raccompagne ?
La tête nichée dans son cou, j'esquissais un sourire. Il se souciait de moi, ma petite mésaventure allait m'être bénéfique. Je savais que ce n'était pas de bonne guerre, mais qui ne tente rien n'a rien. Je me reculai légèrement et hochai la tête suivi d'un petit gémissement de douleur. Je fronçais les sourcils et plaquai la paume de ma main au dessus de mon arcade gauche. Je lui faisais comprendre que j'avais besoin de lui pour me soigner et il n'avait pas l'air ravi. Je contrecarrais ses plans et je me servais de ses sentiments pour le ramener à moi. Il voulait certainement encore me faire languir, et me rendre jaloux. Je soupçonnais son petit manège, il savait que j'étais jaloux de sa relation fusionnelle avec Hina et il s'était englué à lui toute la journée. D'ailleurs, ce n'était pas par hasard s'il était parti chez lui au lieu d'aller à l'hôtel. Yoshi ne supportait pas qu'on lui fasse une crasse, si quelqu'un lui en faisait, il s'assurait de lui faire payer le double. Je comptais alors sur son amour pour limiter sa frénésie et revenir à moi.
Il s'était excusé auprès des autres et m'avait emmené à sa voiture. Durant le trajet, seuls les essuie-glace et la radio comblaient le silence. La pluie battait contre le pare-brise rendant l'atmosphère encore plus lourde. Je n'osais pas parlé, si je commettais la moindre erreur, j'étais persuadé qu'il ne ferait que me déposer. Nous étions arrêté au feu, les présentateurs annonçaient la diffusion de notre nouvelle chanson qui fut lancée aussitôt. Je me remémorais lorsque nous avions tourné le PV, Yoshi faisait l'idiot et prenait sa voix grave. Tous ensemble, nous avions bien fais les imbéciles, et pendant les inter-pauses, lui et moi nous nous lancions quelques balles. Soudain la voiture s'arrêta, la musique n'était plus la même et nous étions stationnés au bas de l'immeuble. Je m'étais égaré dans mes souvenirs , clignant des yeux, je regardais autour de moi. Il s'était garé à sa place habituelle, ses yeux rivés sur le volant signifiaient sûrement qu'il devenait déjà nostalgique. C'était un point en plus pour le convaincre de rester.
- Tu montes ?
- Je... oui je dois récupérer des affaires...
- Hm... allons-y alors...
Sa remarque me déstabilisa quelque peu, je me demandais si cette histoire de récupérer ses affaires était une excuse pour s'inviter ou si au contraire m'avoir raccompagné était un prétexte pour passer les prendre. Quoi qu'il en soit, je ferai en sorte qu'il ne veuille plus sortir et lui emboîtai le pas. Dans l'ascenseur, je pris soin de me positionner devant lui afin de faire naître le désir chez lui. Je voulais qu'il soit attiré par mon cou, mes épaules, ma chute de reins et à l'arrêt de notre étage, je m'adossai légèrement contre lui avant de me diriger vers la porte de notre appartement. J'espérais que cette petite pression l'émoustille un peu, puis une fois entrés, je déposais mes clés et mon sac. La pièce était ordonnée de la même façon que la veille, je n'avais rien touché et ne m'étais pas couché dans notre lit. Les draps n'étaient pas dérangés et la porte de sa garde robe était encore ouverte. Shun dormait paisiblement sur le canapé, Yoshi s'approcha de lui et lui fit quelques caresses. Il sourit face aux ronronnements du chat puis il se redressa Je défis ma veste et le regardai s'avancer vers notre chambre. Je saisissais là ma chance, et l'enlaçai me serrant contre son dos. Je le sentis se crisper mais il ne se défit pas de mon étreinte. La joue contre son dos, je pouvais de nouveau respirer son odeur et ne bougeais pas.
- Shota...
Il avait prononcé mon prénom dans un murmure qui me fit frissonner. Avant même qu'il ne puisse ajouter un mot, je l'embrassai et m'agrippais fermement à son cou. Je mordillais sa lèvre inférieure et ma langue s'immisça entre ses dents pour rejoindre sa jumelle. Tout d'abord réticent au baiser, je menai la danse et glissais ma main sur son torse. Ne s'y opposant pas, je me permis de passer ma main sous son pull et le caressais sensuellement. Puis, il déposa sa main sur mon visage et poursuivit le baiser. Peu à peu, je le poussais vers le lit et finis par le faire basculer lentement contre le matelas. Il était beau, il avait le souffle coupé par notre baiser, ses mèches de cheveux rebelles et son air insatisfait me firent sourire. Je m'empressai de sceller nos lèvres, tandis que mes mains lui retiraient son pull. Sa peau était douce et chaude, une nuit sans lui et je me mettais déjà à le redécouvrir. Ses abdos finement taillés, ses bras musclés et ses petits bouts de chairs durcis par l'envie, je le dévorais des yeux. A son tour, il m'ôta mon t-shirt et se redressa pour m'embrasser. J'étais assis à califourchon sur lui et la chaleur qui émanait de nos corps me portait à agir en conséquence. Je défis la boucle de sa ceinture et dégrafais son jean. Il me tardait de nous libérer et de lui montrer qui me faisait cet effet. Une légère pression au niveau de mon entrejambe me fit comprendre que lui aussi devenait impatient. Nos pantalons devenaient bien trop gênant, et souhaitant nous en débarrasser au plus vite, chacun s'occupa du sien. Il ne nous restait plus que nos sous vêtements qui dissimulaient encore nos proéminences. Sans plus attendre, je massai son membre à travers le bout de tissu et m'installai de sorte que je puisse mêler mes lèvres à mes gestes. Après quelques instants, voyant qu'il devait être plus qu'à l'étroit, je décidai de le libérer et commençais à retirer son boxer. Son bassin se levait pour me faciliter la tâche et sa tête se plaqua sur le côté en expirant. Il était magnifique, j'aimais ses petits grains de beautés sur sa joue qui le rendait unique et ses fines jambes. Son intimité enfin dévoilée ne faisait qu'augmenter mon effervescence mais soudain il se leva du lit se dépêchant d'enfiler ses vêtements sous mon air béat.
- Désolé, il faut que j'y aille !
- Je rêve...
- Shota tu ne m'auras pas comme ça ! Je rentrerai quand je l'aurai décidé.
- Mais... attends ! Tu ne peux pas me laisser comme ça !
- Comme quoi ? Tu sauras te débrouiller pour... ça.
- Je... tu devais prendre soin de moi !
- Il y a cinq minutes, tu allais très bien. Si t'as mal au crâne, met de la glace et prend un aspirine. Pour ta lèvre, tu embrasses toujours aussi bien... donc ça va.
- Je veux que tu rentres...
- Bientôt. A demain au travail !
- Yoshi ?
- Hm ?
- Joyeux anniversaire...
- Oh... merci Sho-chan.
Je n'avais pas quitté le lit, encore allongé, j'entendis la porte d'entrée se refermer et tapai du poing sur le matelas. Regardant le plafond, je fulminai. Il était frustrant, je ne parvenais toujours pas à anticiper ses intentions. Tout se passait très bien, il en avait autant envie que moi mais sa force de caractère m'étonnera constamment. Il aimait prendre les décisions et malheureusement pour moi, il s'y cramponnait. J'allai devoir faire preuve de patience si je voulais le voir réintégrer l'appartement au plus vite. Pour le moment, je devais régler cette envie qui me brûlait et me levai en direction de la salle de bain.
