Auteur : Mimi Yuy

Email : mimimuffins (a) yahoo . fr

Origine : Gundam Wings

Disclamer : Aucun des go-boys ne m'appartient

Genre : Romance, vie courante et pseudo action…


…sur son corps endormi.

Chapitre 3 : Indépendance retrouvée.

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Quatre mois plus tôt.

Il était encore loin et inaccessible le jour où Heero Yuy pourrait tenir debout et marcher de nouveau seul. Mais le protocole de soin élaboré par Duo avait fait ses preuves et obtenu toute son efficacité ! Le jeune homme avait à ce jour retrouvé toute sa mobilité théorique ! Seul l'absence de tout mouvement pendant plus d'une année était à présent, responsable de ses maux actuels.

Il lui fallait donc tout simplement retrouver ses muscles fondus sans forcer sur ses articulations et tendons encore « rouillés » par leur non-activité prolongée. Sa vie n'étant plus en danger, il ne lui fallait plus que s'armer de patience pour doucement guérir de toutes ses pathologies.

Mais si son corps prenait le temps nécessaire à sa complète guérison, son esprit, lui, n'avait jamais souffert du moindre déclin médical. Aussi quand Heero découvrit que pour acheter de simples cadeaux de Noël à ses amis, il devait auparavant demander à Quatre de signer pour lui ses chèques, sa surprise fut de taille.

L'évènement qu'aucun d'eux ne fêtait pourtant habituellement, était devenu le déclencheur d'une frustration sans pareil pour Heero. Car cela lui rappelait que depuis son arrivée au sein de la demeure de Quatre, ce dernier avait les droits de tutelle sur sa personne. Et bien que Quatre le lui avait déjà expliqué depuis le tout début, les conséquences actuelles de cet état ne lui convenaient plus. Sain d'esprit à défaut du corps, il exprima donc son besoin et envie de se détacher de cette mise sous tutelle. Si Quatre le lui concédait sans une once de refus, les lois de Sank ne voyaient pas les choses si simplement.

Pour obtenir gain de cause, l'un des avocats de Quatre lui expliqua qu'il devait faire de lui-même toutes les démarches, à savoir entre autre chose, se rendre au tribunal pour y déposer sa requête à la commission gérant les mises sous tutelle.

Si le placement des gens était une procédure rapide – car le plus souvent poussée par la nécessité de venir en aide à des victimes incapables de faire valoir ses droits sans qu'une personne extérieure ne puisse agir dans leur intérêt – l'acte contraire, nécessitait du temps. Beaucoup de temps. Au grand damne d'Heero qui voyait en cela une agression à son égard.

Le tribunal voulait qu'on leur prouve sans une once de doute qu'il était de nouveau indépendant mentalement, physiquement et… financièrement. Dans le cas contraire, et pour son propre bien, sa demande serait rejetée jusqu'au changement d'un de ces éléments ainsi jugés. Or pour un homme comme Heero, l'idée même d'un tel refus n'était pas envisageable. Aussi avait-il décidé de tout faire pour que cela n'arrive pas et que sa procédure se déroule à bien et au plus vite !

Trowa avait finalement été celui l'accompagnant au tribunal déposer sa requête. Alors qu'il poussait le fauteuil de son ami vers le grand salon de l'hôtel particulier de Quatre, Duo et ce dernier ne cachaient pas leur anxiété. Le simple fait que ce soit Trowa qui pousse la chaise et non Heero qui tente de se mouvoir seul était très mauvais signe !

- Comment ça s'est passé ?

Voyant qu'Heero ne parlerait pas, Trowa soupira discrètement avant de répondre à Duo, tout en s'asseyant à leurs cotés.

- Il ne peut pas obtenir un jugement immédiat. Son « cas » a été jugé comme n'ayant rien d'urgent au vu du parfait respect porté par Quatre à son égard. Il lui faudra donc suivre les procédures habituelles en démontrant à la cours sa complète capacité à pouvoir subvenir de nouveau seul à sa propre « vie ».

- En d'autres termes ?

A la question posée par Quatre qui s'en serait presque voulu à cet instant d'avoir suivis tous les critères du tuteur parfait, Heero tenta de prendre sur lui. Il ne pouvait quand même pas leur reprocher d'avoir agit le mieux du monde à son égard.

- Que je dois leur démontrer le fait que je n'ai plus besoin de toi pour gérer ma vie.

- Je vois. Nous ferons ce qu'il faut pour, Heero.

Abdiquant d'un signe de tête à cette remarque toute optimiste, il ne pu en revanche s'en contenter. Aussi prit-il les devants pour débuter dés cet instant la reprise en main de sa vie.

- Quand vous avez rendu mon appartement, je suppose que vous avez conservé une partie de mes affaires ?

- Bien sur !!! J'ai mis au garde meuble tous ce qui se trouvait chez toi. Du grand lit à la dernière petite cuillère. Tout a été nettoyé, voir rénové, puis classé avant d'être consciencieusement rangé et stocké. Pour tes effets les plus personnels, tu as déjà pu les retrouver dans ta chambre. Même si tout n'est pas là, nous voulions que tu puisses conserver une partie de ce qui avait été ta maison ici même. Les placards contiennent donc une partie de tes vêtements, les albums photos et autres objets personnels comme ta montre ou médaille militaire.

- Et mes papiers ? Je veux dire mes relevés de compte, carte d'identité…

- La pièce juxtaposant ta chambre est un bureau qui les renferme tous.

Evidemment. Comme toujours Quatre avait agit avec la pure perfection.

- Je peux donc les voir ?

- Bien sur ! Je ne t'en avais pas encore parlé plus clairement jusque là pour te laisser te soigner sans ces préoccupations. Mais de par mon statut de tuteur, je continue de recevoir chaque mois tes relevés de comptes et à gérer ta vie administrative. Nous pouvons aller voir tout ça, tout de suite, si tu veux ?

- J'aimerais, oui.

Trop heureux de voir qu'il pouvait enfin lui parler de tout ce qu'il avait entreprit pour lui, Quatre fut ravi de cette demande. Si bien qu'il l'entraîna sans plus tarder vers l'ascenseur récemment installé tout spécialement pour monter le fauteuil roulant à l'étage.

- Pour les dernières factures reçues, j'ai payé avec tes comptes de sorte à pouvoir en profiter pour clôturer tout ce qui était prélèvement automatique….

N'écoutant que d'une oreille Heero réfléchissait déjà à ses options. Face aux demandes du tribunal, il devrait prochainement déménager pour démontrer qu'il pouvait de nouveau vivre seul que ce soit physiquement ou financièrement.

Pour ce dernier point, il pouvait déjà compter sur ses économies – s'il lui en restait bien sur – et surtout une partie de ses acquis professionnels ! On ne risquait pas sa vie chaque jour de son travail actif sans obtenir quelques compensations aussi maigres soient-elles.

Quand ils arrivèrent dans le petit bureau évoqué par Quatre, ce dernier y alluma un ordinateur simple mais bien suffisant pour gérer ce qui devait l'être. Au passage, Heero remarqua son portable personnel, rangé avec soin dans une alcôve du meuble leur faisant face. En une année de « mise en veille », le monde avait du subir de nombreux progrès technologiques…

Après quelques clics, Quatre lui présenta le bilan de ses différents comptes.

Et leurs soldes étaient des plus respectables.

Un agent des Preventers en action n'avait pas toujours le temps de gérer ses économies, aussi Heero devait-il admettre que son ange blond lui avait fait gagner plus qu'il n'avait jamais eu depuis la fin de la guerre !

Il savait avoir droit depuis sa « mise en veille » à une sorte de pension de réversion pour handicap. Une somme toute relative vouée à lui permettre de vivre et donc de se nourrir ou de s'habiller. Cet argent, il devait le recevoir depuis le tout départ sur son compte. Et à l'évidence, Quatre ne l'avait touché que pour mieux le placer.

A cette pension s'ajoutait la gratuité à « vie » des soins pouvant faire suite aux blessures et maladie obtenues dans l'activité de ses fonctions. Mais à cette clause était ajoutée que cela n'avait lieu que si le patient se procurait ces soins dans le cadre des services médicaux militaires liés aux Preventers

En décodé, il avait libre accès aux hôpitaux militaire et autre médecine du travail… Mais s'il voulait requérir à un spécialiste n'appartenant pas au corps médicale de l'armée, ces soins seraient à ses frais.

Or s'il lui semblait n'avoir jamais croisé le moindre militaire dans les médecins venant le soigner, à la vue de ses comptes, Quatre n'avait pas pour autant prélevé leurs honoraires sur ses comptes. Heero en déduisait donc qu'en le prenant sous sa tutelle, Quatre avant aussi sciemment décidé de lui offrir les soins d'experts du domaine privée. Un fait qu'il ne pouvait plus accepter s'il voulait se donner toutes les chances de retrouver son autonomie civile.

- Quatre, dans le cadre de ma reprise en main, j'aimerais commencer par reprendre en charge la facturation des frais engendrés par mes soins.

- Heero, tu ne devrais pas…

- Quatre !!

Il ne voulait pas se mettre en colère et encore moins crier sur cet ange blond qui avait tant agit pour son bien sans jamais abandonner sa tache ou son optimiste le concernant. Il était resté durant si longtemps le seul à le croire vraiment vivant enfermé dans son corps de chaire. Ou du moins, le seul qui dés le départ le lui avait prouvé par ses paroles et son comportement à son égard.

Même s'il vexait Quatre, en voulant s'extraire de ses soins et de sa main mise sur la gestion de son quotidien, au grand jamais il ne voulait l'agresser après tout ça.

- Excuse-moi. Je ne voulais pas.

- Ce n'est pas grave Heero ! Ce n'est vraiment rien. Je comprends même très bien ta position.

Et il s'en voulait tant surtout, de ne pas réussir à arrêter de le materner comme une mère poule !

Quatre avait bien conscience de ses défauts et tachait de les réprimer sans grand succès, alors il pouvait bien comprendre l'exaspération d'Heero à son égard.

- Simplement…. Je ne te dis pas ces choses pour te donner le sentiment que tu me dois quoique ce soit. J'ose croire que tu sais que j'aurais agit de même pour chacun d'entre vous et qu'au grand jamais je ne souhaiterais te voir me rembourser des sommes dont je n'ai pas même besoin pour vivre dans le plus grand luxe. Simplement, ces soins dont tu parles… Ils coûtent très chers. Et la maigre pension que tu reçois ou les placements que j'ai pu faire avec ton argent pour le faire fructifier ne suffirait pas à tenir plus de six mois.

- Je comptais plutôt finir ma rééducation dans les locaux de l'hôpital militaire. S'ils n'ont pas su faire face à ma maladie, trop ancienne et rare pour eux, tu dois admettre que le reste de leurs soins serait d'aussi bonne qualité. Après tout, ce n'est pas comme s'ils n'avaient pas l'habitude de redonner vie à des soldats mille fois plus estropié que je ne le suis aujourd'hui ! Et puis, n'ayant pas démissionné de mon service, en agissant de la sorte, je retrouverais ainsi le statut d'un simple agent en arrêt maladie. Ce qui aura pour conséquence de voir ma pension disparaître au profit de mon salaire. Même s'il n'y aura plus les primes de risque ou de mission d'infiltration… Cela me suffira amplement pour avoir de quoi relouer un appartement.

A ces mots, Quatre réalisa qu'il souhaitait donc aussi quitter sa demeure.

- Tu es sûr de vouloir agir ainsi ?

- Je n'ai pas le choix Quatre. Aussi reconnaissant que je puisse être à ton égard… Tu peux bien comprendre non ?

- Evidemment ! Si cela ne tenait qu'à moi, cette tutelle n'existerait plus ! Et tu le sais bien.

Heero ne répondit pas, car cette évidence ne le nécessitait pas. Mais ne perdant pas le fil de son étude, il reprit la lecture des notes et comptes-rendus affichés avant d'entrer au cœur des dossiers à la recherche d'une donnée d'importance.

- Quatre… J'ai beau regarder tous les documents, je ne retrouve pas une entrée d'argent.

- Laquelle ?

S'asseyant à coté d'Heero près du bureau où il l'avait installé le temps qu'il épluche à son rythme le résumé de sa vie fiscale, Quatre observa à son tour les colonnes de chiffres à la recherche de ce qui pouvait manquer.

- Ma prime d'invalidité.

- C'est-à-dire ?

- Du fait qu'une partie de mon état médical reste directement liée à l'explosion dans les docks, j'aurais du recevoir une somme forfaitaire vouée à compenser la perte de mes fonctions physiques. Contrairement aux pensions et soins payés par les Preventers, il s'agit-là d'une prime d'assurance vouée à compenser la disparition de mes primes de risques. Cela permet généralement de payer l'emprunt en cours sur une maison d'un père de famille, pour mettre ses proches à l'abri du plus dur s'il y a décès. Ou de payer l'internement dans une maison de repos ou un service spécialisé dans les séjours au long cours…. Ce genre de chose. C'est une assurance indépendante proposée aux agents et que nous avons le choix de refuser. Mais je l'avais prise et payé sans faute chaque mois durant depuis mon entrée chez les Preventers.

- C'est une blague ?

- Non. Et comme je payais pour la tranche la plus élevée, j'aurais du recevoir entre 1 et 2 millions de crédit. Je pensais initialement que tu avais placé cet argent sur un compte avec lequel tu payais mes soins. Mais comme a priori, tu as fait tout cela de ta poche, je m'étonne de ne pas en voir la trace.

- Tu n'en vois pas la trace Heero car cet argent ne t'a jamais été versé.

- Je vois.

Le voyant soupirer et reculer son fauteuil roulant, Quatre comprit qu'une fois encore, un organisme l'avait statué dans un état si proche de la mort qu'ils ne s'étaient pas donnés la peine de reverser de l'argent que personne n'attendait. Après tout, il n'avait aucun descendant ni héritier qu'il soit direct ou indirect. Alors pourquoi l'assureur se serait-il donné la peine de donner tant d'argent à un mort vivant quand son tuteur déjà multimillionnaire en ignorait tout de son existence.

- Je pourrais…

- Ca ira Quatre.

- Je sais qu'il est important pour les tribunaux que tu agisses par toi-même pour tout ce qui te concerne Heero. Mais être indépendant, ne signifie pas que tu ne dois plus accepter l'aide de personne.

- Malheureusement, ils ne voient pas les choses de cette manière.

- Je n'avais pas trouvé les papiers faisant état d'une telle police d'assurance, Heero. Sinon tu penses bien que j'aurais tout fait pour...

- Je sais Quatre. Je sais.

Finalement, cette nouvelle n'était pas la bienvenue. Car Heero comptait sur cet argent pour retrouver un logement stable et adapté à ses handicaps. Par leur seule faute, le temps que la somme soit enfin versée, il perdrait encore des semaines entières pour mener à bien cette première étape.

Et Heero ne savait pas si bien penser ! Car l'assureur se permit de pinailler quant à l'origine de son état et de son invalidité, refusant dans un premier temps de reverser le moindre crédit.

Si bien que là encore Heero dû faire nombre de réclamations et se présenter à leur siège pour une première tentative de résolution à l'amiable. A son retour, près de trois semaines après sa mauvaise fortune au tribunal des mises sous tutorat, seul Duo vint le voir dans le petit bureau qu'il occupait maintenant presque chaque après-midi pour organiser ses démarches.

Tous savaient comme il était devenu difficile de discuter de ce sujet avec lui.

Mais un Heero grognon ne faisait pas peur à Duo. Bien au contraire. La moindre petite réaction qui n'était pas issue de la douleur liée à sa rééducation difficile, était vécue comme un cadeau du ciel pour le jeune chercheur.

- Alors ? Comment c'est passé la mise en demeure ?

- Ils ne me verseront en fin de semaine que la moitié de la somme due. Je devrais les poursuivre au tribunal, si je veux tenter le coup pour le reste.

- Tu comptes y aller ?

- Je n'ai pas vraiment le choix… Cela va juste rallonger la date de mon départ d'ici.

- Tu… Tu souhaitais aller où exactement ?

Délaissant enfin ses papiers, Heero s'en détourna pour observer Duo agenouillé à ses cotés, les bras reposant sur l'un des accoudoirs de son fauteuil roulant

- Je ne sais pas. J'aimerais juste être chez moi, plutôt que chez Quatre. Pas toi ?

- Tu veux que je vive chez toi ?

Au sourire taquin de Duo, Heero réfuta d'un mouvement de tête.

- Non, j'aimerais juste un « chez nous ».

- Oh… Et cette notion de « chez nous », me permettrait de t'aider à le chercher ? Ou là encore, les consignes de la commission des mises sous tutelle doivent s'appliquer ?

- J'aimerais… qu'on le trouve… ensemble.

Ce genre de déclaration n'étant qu'un amas de bonheur et de papillons au creux du ventre de Duo, ce dernier en exprima toute sa joie d'un sourire implacable.

Aussi se redressa-t-il tout aussitôt, prenant en main un calepin pour en soutirer une feuille vierge. Se posant sur le bord du bureau, il s'attela à noter un premier tiret.

- Dans ce cas, on va résumer nos attentes respectives et communes. Et avec cette liste, on passera à une agence immobilière pour voir quel coin ils nous conseillent aux vues de nos recherches.

- Ce serait bien.

- Alors déjà le plus important. Location ou… achat.

A cette remarque loin d'être innocente, Duo fixa avec attention le bout de son crayon dans l'attente d'une réponse qui ne tarda pas à venir.

- Honnêtement ? Je serais seul et avec ma prime d'assurance complète, j'aurais opté pour l'achat d'une petite maison, mais maintenant…

- Maintenant qu'on serait deux, et que je peux aussi placer mon argent, tu préfèrerais une grande maison ?

Duo savait pertinemment que ce n'était pas sa pensée, mais Heero devait l'entendre.

Heero devait lui dire clairement s'ils étaient bien d'accord quant à la définition de leur futur vie commune !

Cette fois-ci l'attente fut longue et angoissante pour Duo. Mais la finalité n'en fut pas moins…

- De plein pied la maison. Je ne suis pas prêt à remarcher avant des mois. Et même après, j'ignore si les escaliers seront un handicap pour moi…

…heureuse.

Le ton étant donné, Duo et lui firent la liste de leurs attentes. Puis, il fut décidé qu'Heero irait dés le lendemain matin déposer sa plainte contre son assureur. Une de plus. Après quoi, ils se rendraient ensemble voir un agent immobilier pour qu'il trouve leur bonheur.

Mais avant tout cela, Heero voulait avoir confirmation de leur budget commun.

- Duo… Je suis désolé d'aborder le sujet si abruptement mais je ne sais pas comment faire autrement…

- Heero…

Sachant bien que Duo ne s'attendait pas à ce qu'il prenne de gant, il se lança.

- Tu es étudiant chercheur depuis des années. Même si tu avais des bourses d'étude, elles n'ont pas du beaucoup t'enrichir.

- Tu m'étonnes, les bourses de recherche suffisent à peine pour se nourrir. Mais elles ne sont pas les seuls dont on peut tirer partie. Les revenus issus du privé sont autorisés. En plus, cela permet aux donateurs des réductions d'impôt.

- Et… ?

- Tu ne devines pas ? Quoique l'on fasse, quoiqu'on lui dise…

- Quatre…

- A priori son empire possède des antennes de partout. J'ai eu beau me cacher, il m'a vite retrouvé. Et sans savoir qui était derrière la société écran qu'il avait façonné pour m'avoir, j'ai accepté leur contrat.

- Alors il a financé tes études ?

- Ben oui. J'étais vert de rage quand je l'ai découvert. Mais comment lui en vouloir plus que ca ? Il rêverait de nous rendre riches en un seul chèque mais on l'en empêche. Bilan, nous sommes tous frustrés à notre manière. Alors j'ai fini par céder. Je crois que j'étais le seul étudiant chercheur à posséder une liaison téléphonique directe de mes différents points de chute spatial à la Terre. Comme Quatre connaissait mon adresse pour y envoyer les bourses, il faisait aussi en sorte que mon nouveau lieu soit équipé avant même que je n'arrive. Aussi gênant que cela soit, on fini par s'y faire…

Devant l'air désabusé de Duo, Heero eut envie de rire aux éclats. Il voyait bien Duo se camoufler à chaque changement de lieu universitaire, découvrir à chaque fois sur le devant de sa porte un cadeau de bienvenue « made in Quatre ».

- Et maintenant ?

- Maintenant, c'est toi ma loterie !

- Quoi ?

- Le produit que j'ai conçu pour contrecarrer les effets du Kristal ! Je compte bien le vendre au plus offrant.

- Duo…

- Tu sais, si j'ai conçu ce produit pour toi, dans l'espoir que cela résolve une partie de tes symptômes, je n'en oublie pas que peut-être d'autres en aurait l'utilité à présent. C'est donc important de pouvoir le faire diffuser. Après, je ne dis pas que je vais le vendre à des organismes privés qui l'exploiteront à prix d'or. J'ose juste espérer que le conseil médical des Nations-Unis acceptera de me le prendre à bon prix. J'ai déjà prit un rendez-vous avec leurs représentants. Si tout se passe bien j'aurais leur réponse dans moins d'un mois.

- C'est bien.

Heureux d'avoir au moins servit à ça, Heero le regarda avec une grande fierté ! Duo était devenu un grand homme de science sous ses attitudes légères. Un homme respectable, intelligent, brillant et si… magnifique. Ses traits masculins, son corps musclé… Ses cheveux qui prenaient si facilement la lumière… Qu'il était beau ainsi face à lui.

Heero avait conscience de ne plus être qu'un vermisseau dénué du moindre attrait pour Duo avec ses membres décharnés et son manque de force. Et pourtant, celui-ci le fixait à présent avec des yeux si plein de tendresse. Il ne le voyait jamais comme il était, mais comme il l'aimait. Il n'y avait jamais eu une once de pitié ou de dégoût dans ses yeux tirant sur le mauve. Jamais moins qu'un amour sincère et respectueux. Qu'avait-il fait au monde pour en mériter autant de sa part ?

Glissant maladroitement sa main sur l'avant bras de son ami, Heero ébaucha un semblant de caresse.

- Je suis si fière de toi.

- N'exagère pas trop.

- T'ai-je seulement remercié d'avoir tout abandonné pour me sauver ?

- Plus d'une fois, Heero.

- Mais ce ne sont que des paroles.

Touché par cet instant et l'éclat brillant des yeux d'Heero, Duo s'agenouilla de nouveau au pied du fauteuil pour frôler de ses mains les lèvres délicatement rebondies.

- Pas lorsqu'elles viennent de toi.

- Tu m'as tellement manqué durant toutes ces années. Entre chaque mission, il me fallait trouver mille courages pour ne pas prendre la première navette pour venir te voir.

- Pourquoi ne pas l'avoir fait, Heero ?

- Je t'aurais freiné dans tes études. Ta démarche était si pure et mes besoins si égoïstes que je ne voulais pas t'étouffer, te gêner sur ton chemin.

- Honnêtement. Tu as eu sûrement raison. Je me suis consacré entièrement à ces études. A part quelques liens gardés avec Quatre, je n'ai jamais vraiment prit de congés pendant toutes ces années. Tu m'aurais trop déconcentré dans ma tache si j'avais du penser à toi…

- Alors moi… Je ne te manquais pas ?

- Pas de cette manière là, non. Car j'avais l'intime conviction que mes études terminées, je pourrais te retrouver et que rien n'aurait changé. Je serais toujours celui qui possédait ta vie entre ses mains…

- Plus que tu ne l'avais imaginé.

- Tu m'en veux ?

- Jamais. Je savais moi aussi qu'il suffirait que l'on se revoit pour que ce soit comme avant.

- T'arrives à être nostalgique de la guerre, toi ?

- Oui. Pas de ce qu'on y faisait. Mais certain moment… ont été si intense pour moi que je ne les oublierais jamais.

- Moi non plus. Mais je n'en suis pas pour autant nostalgique.

D'un geste précis, Heero replaça tout doucement, une mèche sauvage dans la natte d'où elle s'était extraite.

- Et maintenant Duo ? Si nous emménageons ensemble, tu vas reprendre tes recherches sur Terre ?

- Je ne sais pas. Je voudrais égoïstement savoir ce qu'il en est de ton avenir médical avant. Comme je te l'aie dit, je n'ai jamais prit de vacances jusqu'ici. Alors, j'aimerais faire une pause qui ne soit pas liée au fait que je lutte pour te faire vivre.

- C'est pourtant toujours le cas.

- Non. Là tu es vivant et capable de t'exprimer. Rester à tes cotées avec ce seul critère me suffit amplement pour profiter de chaque seconde qui passe.

Des paroles qui touchèrent cette fois-ci, Heero en plein cœur.

Bien que leur relation soit mentalement presque fusionnelle depuis le réveil d'Heero, ce n'est qu'un simple baiser – aussi chaste qu'emprunt de douceur – qu'ils partagèrent, à cet instant.

Toujours très traumatisé par son expérience de corps alité, Heero n'avait pas encore trouvé le courage, ni même la volonté, d'affronter des rapports plus intimes. Sa psy lui garantissait que cela reviendrait avec le temps. Aussi gardait-il confiance sur ce point. D'autant que sa relation avec Duo restant très récente, physiquement parlant, cela ne semblait pas poser de problème au principal intéressé.

Un dernier baiser esquimaux et Duo abandonna son cher et tendre pour le laisser finir ses courriers. Comme tous les autres, Duo avait choisit de respecter les désirs de Heero concernant sa volonté à se charger seul de ses démarches administratives. Il n'en prenait pas moins garde qu'Heero n'oublie pas de prendre soin de lui, en ne ratant aucune séance de rééducation, ses entretiens avec leur psy ou sa simple sieste journalière !

&&&&&&&

Un mois plus tard, Duo eut l'opportunité de vendre sa découverte médicale et ses droits associés aux Nations-Unis, une clause du contrat incluant qu'elle serait exploitée pour le bien de tous et en dehors de toute volonté commerciale. Sa découverte étant parue et présentée pour l'occasion dans de nombreuses revues médicales spécialisée, il fut très vite la source de nombreuses propositions professionnelles. S'il refusa aussitôt les postes situés dans les colonies spatiales, l'offre de l'unité médicale de l'organisation internationale des Preventers retint à l'inverse toute son attention. Ils lui offraient l'occasion de rejoindre leur service de recherche. Une opportunité que Duo leur promit d'envisager avec sérieux. S'ils payaient moins que les structures privées, ils avaient pour eu une capacité à pouvoir accepter une largesse d'horaire et surtout un passe-droit sans prix pour suivre les soins d'Heero avec autant de facilité que s'il était son propre médecin traitant. C'est donc bien sur ces critères que le jeune homme comptait négocier son entrée dans leur service !

En attendant, l'argent tout juste touché lui permettait de payer sa part pour la maison qu'ils comptaient acheter avec Heero. Une bonne nouvelle, sachant que cette dernière avait déjà été trouvée !

Une demeure qui serait sans aucun doute parfaite, une fois quelques travaux d'équipement effectués.

Heero avait calculé qu'avec la mise en normes de leur demeure, il ne leur resterait plus un sou d'économie dans leur besace. Mais cela ne l'inquiétait pas vraiment. Duo étant sur le point de céder aux avances professionnelles qu'on lui faisait, il ne tarderait plus à assurer un job qu'il ne souhaitait toutefois concevoir qu'à mi-temps. De son coté, il recevrait d'ici peu, la seconde moitié de sa prime d'assurance dûment due, en plus du retour de son salaire à taux plein. De quoi envisager pour eux deux l'avenir avec sérénité, ses soins étant de nouveau entièrement prit en charge par les Preventers.

Finalement la seule ombre au tableau qu'il n'avait pas voulu évoquer avec Quatre concernait le docteur Tordjman, sa psychologue. Heero ignorait le prix exact que payait Quatre chaque mois, mais il savait déjà que ce serait bien au-delà de ses capacités financières aux vues de la place de cette femme dans son domaine. Alors aussi dur que cela lui serait, il devrait accepter l'idée de ne plus la revoir. Car il devait bien l'admettre, cette femme en connaissant leur passé à tous lui avait été d'un grand secours jusqu'alors.

Avec le temps il s'était confié et ouvert à elle, comme avec personne d'autre. Même Duo ne connaissait pas une millième des peurs avouées et expliquées à cette femme ! S'en séparer à ce stade de sa rémission lui serait donc douloureux et difficile. Car il savait qu'il n'irait jamais voir personne d'autre. Il n'y aurait jamais autant de confiance avec un autre psy, n'ayant pas vécu à ses cotés les premiers jours de sa résurrection. Il avait de plus, l'intime conviction que personne n'aurait agit aussi durement et à contrario aussi efficacement pour l'aider à sortir de la première phase de dépression ayant suivi son « réveil ». Le docteur Trojman avait toujours eu le ton adapté à son psychisme borné.

Quand il entra dans son bureau, la femme perçue tout aussitôt que quelque chose n'allait pas.

- Vous êtes tendu. Quelque chose de particulier à dire ?

- Pas tout de suite.

- Pas de ça avec moi lieutenant ! Dites-moi tout.

Si elle lui avait parlé avec rudesse, la fin de sa phrase avait été dictée avec un profond intérêt empli de compassion.

- C'est encore cette histoire de tutelle ?

- En quelque sorte

- Vous pensez qu'en étant propriétaire de votre demeure, avec un salaire que vous gérez de nouveau seul et le retour de vos soins dans un service adapté ne seront pas des preuves suffisantes de votre bonne santé mentale ?

- Ce rendez-vous sera certainement l'un des derniers.

- Ah.

Après avoir cherché les raisons pouvant expliquer une telle affirmation, la doctoresse due admettre qu'elle ne comprenait pas cette décision brutale. Heero semblait de plus en plus à l'aise avec elle. Il se confiait à présent sans mal, ne cherchant finalement à ses cotés qu'un avis éclairé et objectif sur ce qu'il vivait pour l'aider à faire ses choix. Le vrai travail de psy n'était pas ce qu'elle faisait le plus souvent avec lui. Ce jeune homme avait la tête sur les épaules. Et finalement, sa longue maladie n'avait fait ressortir que les faiblesses de son enfance et en rien de nouvelles.

- Puis-je en connaître la raison ?

- Je ne pourrais bientôt plus vous payer.

- Je vois.

Luttant pour ne pas sourire devant cet aveu auquel était ajoutée une mine des plus dépités de son patient, Evelyn prit quelques secondes pour retrouver son sérieux. Si ce n'était que ça, le problème serait vite résolu. Et d'une certaine manière, voir son lieutenant déçu de la conséquence à son manque d'argent lui faisait très plaisir. Car cela signifiait qu'il désirait vraiment poursuivre leur séance. Et n'était pas meilleur patient qu'un patient qui accepte de jouer sérieusement le jeu de la thérapie.

- Dans ce cas lieutenant Yuy, nous avons encore quelques années devant nous pour savoir comment il vous faudra gérer ce problème particulier.

- Pardon ?

- Votre ami Quatre m'avait engagé comptant et d'avance pour une période d'un an quand il m'a contacté.

- Mais….

D'une main, elle stoppa Heero dans son élan. L'une des rares personnes pour ne pas dire l'unique qui osait agir de la sorte avec lui.

- Et quand il a comprit que vous sembliez m'accepter et vous confier à moi, que notre relation semblait fonctionner… Il a voulu s'assurer que vous pourriez me contacter le plus facilement du monde jusqu'à votre guérison complète. Il ne souhaitait pas que cette confiance si dure à installer ne soit coupée au moment où je repartirais d'ici. Si bien que nous avons convenu d'un nouvel accord lui et moi. A la somme initialement versée, il a ajouté l'usufruit des murs de mon cabinet et de l'appartement de grand standing situé à moins de 100m d'ici. En échange de quoi, j'accepte de vous conserver comme client privilégié. Donc autant vous dire que pour mon bien-être personnel, j'aimerais que vous restiez mon client encore quelques temps.

- Il ne m'a rien dit.

- A priori, il devait penser que vous accepteriez son offre de vous « payer » le psy sans que vous cherchiez plus loin le comment de ce financement. Et si mon métier me refuse à ce jour de vous dire si je les vois ou pas, sachez que vos quatre amis bénéficient de ce même « contrat ». Après votre réveil, j'ai exigé que tous vos compagnons de route travaillent un peu avec moi pour se remettre eux-mêmes de la douloureuse épreuve que vous aviez tous traversé. Monsieur Winner a souhaité que ce début de relation puisse tout aussi bien se poursuivre pour eux tous, s'ils en exprimaient le désir. Alors soyez rassuré lieutenant. Vous n'aurez jamais à me payer, à moins que je ne décide de plier bagage. Et dans ce cas, les indemnités que je vous devrais seraient suffisantes pour m'y faire réfléchir. Votre ami peut se trouver très généreux avec ses amis, comme tout a fait redoutable en affaire.

- Je sais.

Laissant le temps à Heero de se remettre de son information, Evelyn le rappela finalement à elle.

- Vous voilà rassuré ?

- hum…

- J'espère que vous n'allez pas bouder à ne pas pouvoir me payer ?

- Non.

Prit sur le fait, Heero fut bon joueur en la regardant à nouveau dans les yeux.

Il était ridicule qu'il regrette ce qui arrivait. Bien au contraire. Grâce à cela, Quatre lui permettait de pouvoir continuer sa thérapie en toute sérénité.

- En toute honnêteté, je suis même rassuré de comprendre que vous allez rester pour un long moment.

- Soyez en persuadé. Je viens de découvrir les joies de la défiscalisation du royaume de Sank et pour cette seule raison, je suis heureuse de m'être installée ici.

- Si tout le monde peut y trouver son avantage…

La psychologue n'ajouta rien de plus sur la question. Mais Heero ne devait pas se sentir plus faible que ses amis à venir la voir. Après tout, elle continuait bien à recevoir très régulièrement, même si à un rythme moins dense, le docteur Duo Maxwell et lieutenant Wufei Chang…


A suivre.

Un chapitre un peu long sans plus d'intérêt que de bien lier les deux morceaux de l'histoire. Mais il fallait bien ça pour combler tout les trous ;D. La suite sera consacrée à Wufei, et dispo…d'ici quelques semaines ;p

mimi yuy