Bonsoir ! Période de remise en forme oblige, je vais remettre toutes mes fanfictions à la page, donc je pense pouvoir affirmer qu'un cinquième chapitre sera rapidement en préparation !

Disclaimer : Harry Potter et son univers appartiennent à J. et à la Warner.


Chapitre 4 : Te revoir

« J'ai besoin d'un Café, les filles !

-La caféine te tuera, Tasha. »

Gloria sourit et indiqua du doigt l'un des nombreux Coffee Shops de la rue. Ses mains étaient pleines de sacs et elle faillit en mettre un dans la tête d'un jeune enfant qui passait par là.

« Je deviens un danger public, il faut que j'arrange ça ! »

Elle se mirent à une terrasse et elle entreprit de jouer aux poupées russes avec ses achats, rangeant les petits sacs dans les grands. Sortant une boîte, elle fit la moue.

« À votre avis, je peux les porter maintenant ? Questionna-t-elle ses deux amies.

-Attends, tu vas pas déglinguer des Louboutin à quatre-cents Livres dans les rues d'Oslo ! Ça sert à rien, personne ne sera là pour les voir ! Répliqua l'une d'elle, aux longs cheveux noirs et mini-vagués.

-Justement, les gens vont voir, et ils vont se demander qui met des Louboutin dans ce coin, et ni une ni deux on aura les paparazzis aux fesses ! On attire suffisamment l'attention comme ça ! » Contredit l'autre, aux cheveux auburn et courts.

Gloria haussa les épaules et rangea la boîte consciencieusement dans son sac. Tasha et Charlene avaient raison, quelques badauds se tournaient déjà sur leur passage, à cause de leurs lunettes et leurs flopées de sacs venant de grands magasins. Elle avait fait ce qu'elle avait pu pour se cacher, mais franchement, un jour de grand soleil à Londres, elle n'avait pas eu envie d'enfiler une doudoune et une écharpe. Elle avait donc enfilé une robe que n'importe quelle modeuse aurait pu se procurer, avait mis des sandales plates et était restée sobre, mais classe. Elle n'aurait pas été aussi assidue quelques années plus tôt, mais si, malheureusement, quelqu'un la reconnaissait dans la rue, Noah la tuerait pour s'être mal habillée. La serveuse prit donc leur commande, et s'en alla avec son plateau sous le coude, les laissant discuter tranquillement.

« Bon, cette première semaine d'enregistrement, ça a donné quoi ? S'enquit Charlene, qui était l'une des guitaristes de sa troupe.

-Mademoiselle a voulu changer quelques chansons qu'elle trouvait trop « enjouées » ! Coupa Tasha, passant une main pour arranger ses cheveux courts.

-Bon, d'accord, j'ai voulu changé quelques chansons, ce n'est pas la mort ! J'aimerais juste changer un peu le thème, pour une fois ! Se défendit Gloria.

-Changer de thème ? Mais ton thème, c'est ton gagne-pain ! Tu es une femme indépendante et déterminée qui chante au monde la vie magnifique que tu as sans clôtures ni frontières ! Qu'est-ce que tu veux changer là-dedans ?

-Le souci du mot « indépendante », c'est qu'il y a une connotation de solitude, et ces temps-ci, disons que ça ne... Ne colle plus avec ce que je ressens ! »

Elle fut heureuse d'avoir ses lunettes, car elle était une bien piètre menteuse; Malheureusement, elles ne la sauveraient certainement pas de ses deux rapaces d'amies. Ces dernières étaient d'ailleurs déjà en train de se lancer des regards au dessus de leurs Ray Ban's, préparant mentalement son prochain interrogatoire musclé.

« Et cela a-t-il un rapport avec ton agressivité subite, ton état de tension constant ?

-Qui, je tiens à le préciser, affecte chacune des membres de ta troupe, nous comprises ?

-Et affecte aussi ton porte-monnaie, puisque tu as eu une furieuse envie d'acheter sans compter aujourd'hui... »

Elles se regardèrent et eurent une mine choqué.

« Il y a un homme là-dessous ! » dirent-elles en chœur et Gloria flancha, se cachant dans ses bras alors que certaines personnes se retournaient sur le bruit. Comme prévu, elle ne pouvait pas le cacher, et cela transparaissait même dans ses actions quotidiennes. La serveuse revint avec leurs commandes, et elle se mit à siroter son frappucino avec empressement.

« Hm, c'est délicieux ce truc..., marmonna-t-elle les yeux fuyards.

-Ouais, en même temps tu en prends toutes les semaines, si on ne le savait pas... »

Les regards insistants de ses amies eurent l'effet de la mettre très mal à l'aise, sentant comme si on lui donnait des coups de pelle sur le crâne pour l'enfoncer dans le sol. Se sentant complètement coincée, elle finit par poser ses mains assez brutalement sur la table.

« Qu'est ce qui vous fait dire qu'un homme me rendrait comme ça ?

-Ben, c'est l'une des deux options, mais la deuxième est improbable puisque je sais que ta « période du mois » coïncide avec la mienne...Et c'est pas maintenant ! »

Elle réprima une grimace agacée et Tasha posa une main sur la sienne. Son regard maternel et soucieux la détendit quelque peu.

« Ce n'est quand même pas l'autre, qui t'appelle encore ?

-Non ! Non, non ! C'est plus récent... »

Elle pinça les lèvres et dans sa tête, fit le tri entre ce qu'elle devait et ne devait pas dire.

« J'ai rencontré ce garçon, Fred. On n'a rien en commun, vraiment, enfin je crois.

-Et comment il est, ce Fred ? » S'enquit Charlene avec une œillade intéressée. « Plutôt grand brun ténébreux bien de chez nous ou étranger sexy rencontré à la sauvette ?

-Euh, c'est un anglais. Grand, fin, les cheveux roux et pas coiffés. »

Elle vit ses amies la regarder étrangement et soupira. Jusqu'à maintenant, toutes ses conquêtes étaient du même modèle : Bruns, typés, souvent sportifs et surtout insatiables, malheureusement. Il fallait avouer que la description qu'elle avait donné de sa nouvelle obsession était commune, mais en réalité il était tellement plus intéressant et plus séduisant.

« Je sais, ce que je vous en dit n'arrange pas les choses, mais il est vraiment... Il a ce détail, ce truc quand il parle, quand il sourit... Il a un truc.

-Oh, ho ! Laissa échapper Tasha, et Gloria ouvrit des yeux comme des soucoupes.

-Quoi ? C'est quoi, ce « oh ho » ? Qu'est ce que j'ai fait ?!

-Toi, tu n'as pas fait que rencontrer ce mec... Tu t'es faite foudroyée sur place !

-Gloria, l'éternelle féministe, vient de tomber dans la spirale infernale et douloureuse de l'amour ! Chantonna Charlene tout en mimant un air de guitare.

-Hein ?! Non ! »

Quoique. Ce fameux soir le lâche s'était enfui _ après l'avoir ramenée chez elle, quel gentleman ! _, la laissant pantoise à tripoter ses lèvres toute la nuit et le jour d'après. Au début, elle était heureuse : Elle se voyait même courir joyeusement dans des champs de fleurs sous l'effet du bonheur que lui avait procuré ce baiser. Mais après la joie arriva un sentiment qu'elle n'appréciait pas du tout : L'espoir. Et elle s'y laissait prendre à chaque fois qu'un prétendant faisait un pas vers elle ! Les deux premiers jours se firent donc avec empressement et espérance; La suite fut moins réjouissante. Guettant la moindre personne croisant sont chemin, elle devenait folle à l'idée qu'il soit quelque part et qu'elle ne l'ait pas vu. Bien vite, cette idée stupide laissa la place à l'indignation : Le salaud ne cherchait pas à reprendre contact avec elle ! Une semaine et demi avait passé sans nouvelles, et s'il vous plaît, pour quelqu'un qui pouvait apparaître n'importe quand, et bien plus encore si elle en croyait ses dires, ne pas pouvoir montrer sa tête après ce qui s'était passé, c'était naze !

Suivant son instinct, elle se forçait à l'oublier et à feindre l'indifférence, se martelant de pensées qui ressemblaient étrangement aux paroles de ses chansons. Mais elle ne pouvait pas tromper son subconscient, et c'était lorsqu'elle ne voulait plus de lui dans ses rêves qu'il en devint le héros.

Elle aurait pu se complaire également dans la haine, mais il l'avait atteint trop profondément, elle avait creusé sa propre tombe car, comme toute demoiselle abrutie par un baiser, elle n'arrivait pas à lui en vouloir. Chaque fois qu'elle pensait à lui, une petite étincelle s'allumait dans le fond de son crâne et elle avait souvent envie de pleurer de rage aussi bien que de sourire comme une folle.

« Et donc, ces changements dans tes thèmes, ce serait pour faire place à quoi ? Hésita Charlene, la sortant prudemment de sa rêverie.

-La haine, la souffrance, la mort ! » S'exclama-t-elle avec un visage dur, ponctuant ses mots de coups de paille dans le fond de sa boisson. « ...Non, ce serait plutôt... Je n'en sais rien ! » Gémit-elle et elle finit d'une traite son frappé.

« Eh ben, t'es gravement atteinte ! Je crois que ça mérite quelques boutiques de plus, je ne tiens pas à ramener un chien enragé à la maison ! Conclut Tasha et les filles hochèrent la tête, se remettant en chemin, laissant derrière elles un billet de vingt.

-Je suis sûre qu'à l'heure qu'il est, il s'amuse bien, ce crétin ! »


Fred jeta un œil à son frère jumeau, puis reprit son occupation, à savoir marquer le rythme avec ses doigts sur la table. Le square Grimmaurd s'était un peu ravivé cet après-midi, pour accueillir une nouvelle réunion de l'Ordre, et la famille Weasley était la première sur les lieux. Molly avait insisté pour qu'ils aident à préparer la maison, ils avaient donc fait une recharge de Doxys dans la foulée et avait tenté d'éviter Kreattur, sans succès. George l'aurait même collé au mur si leur père ne les avait pas appelé pour descendre à la cuisine, lieu de réunion. Depuis quelques minutes, ils attendaient que les autres membres arrivent, assez impatiemment. Le Patronus d'un loup apparut, et la voix de Lupin résonna dans la pièce, annonçant que Nymphadora se sentait nauséeuse et qu'ils ne pouvaient pas se déplacer pour le moment. Peu après, la silhouette gigantesque de Kingsley Shaklebott se dressa à la porte de la cuisine, suivi par plusieurs autres que les jumeaux ne connaissaient pas tous. Des chaises apparurent et ils s'assirent autour de la table. Maugrey Fol-Œil arriva le dernier, de son air toujours aussi aimable. Il prit la parole le premier, se raclant la gorge.

« Comme vous avez pu le constater tout au long de ce dernier mois, les Mangemorts s'autorisent bien plus de sorties qu'auparavant, notamment dans le milieu Moldu. Plusieurs agressions ont été signalées. Plusieurs cas de meurtres inexpliqués retentissent également dans les journaux moldus, et il va sans dire que ça ne nous aide pas.

-Plusieurs victimes de ces agressions occupent des postes assez importants, notamment des ministres, des journalistes, des célébrités... » Continua Arthur Weasley, « Kingsley occupe depuis hier le poste de garde du Premier Ministre moldu, mais bien d'autres auraient besoin de protection, même s'il est regrettable de constater que nous ne pourront pas tous les sauver...

-C'est pour ça qu'on est là ? Pour servir de bouclier aux moldus ?! S'indigna Mondingus Fletcher.

-Nous ne savons pas exactement pourquoi vous êtes là Mondingus... » Répliqua Molly, « ...Mais oui, cela me semble être le principal objectif de cette séance ! »

« Dans le mille, maman ! » Pensa Fred, et il fut presque sûr que Fol-Œil lui avait adressé un demi-sourire approbateur.

« Après quelques recherches, nous avons fait une liste des personnes qui nécessiteraient une attention particulière, et nous allons nous les partager...

-On aura aussi des moldus à protéger ? Demanda George et ils semblèrent sceptiques.

-Vous êtes un peu jeunes, non ? Hésita l'un des membres, que Fred reconnut comme étant un Auror.

-Oui, mais par exemple... » George montra son jumeau des deux mains comme s'il s'agissait d'un prix de loterie. « … Fred connait très bien une célébrité moldue ! »

Le silence se fit autour de la table et il eut la désagréable impression d'être scanné, comme si la plupart des gens à cette réunion avaient la capacité de le voir nu. Il avala sa salive avec difficulté, puis bégaya :

« Ouais, enfin, je l'ai sauvée d'une attaque de Mangemort, le jour où on a récupéré la liste rouge... Et on a sympathisé, un peu, je crois... »

Quoiqu'à présent, elle l'avait peut-être déjà oublié. Il fallait préciser qu'il n'avait pas eu le courage d'aller la voir après ce qui s'était passé. Il était mortifié d'avoir perdu si vite le contrôle, et se demandait s'il souhaitait réellement se rendre la vie plus difficile avec ce genre d'histoires. Bien qu'à chaque fois, un « OUI ! » sonore retentissait dans sa tête, il s'entêtait à essayer de garder la tête froide et ne pas aller la voir. Sauf une fois ou deux, comme ça, sans qu'elle le sache. Et elle avait l'air d'aller bien ! En apparence en tout cas. Fred Weasley, le populaire batteur de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, entrepreneur d'un magasin de farces et attrapes à la mode, ayant un nombre de conquêtes assez remarquable, avait peur de la ravissante mais terrifiante jeune moldue.

« Son nom ? Grogna Maugrey, et il sursauta.

-G-Gloria.

-...Sanchez ?

-Ouais, je veux dire, oui !

-...Elle est sur la liste, pas la plus importante mais vous n'êtes pas non plus des as... Tu t'en occupes !

-Mais...

-Tu ne dois pas lui dire que tu la surveilles, tu ne dois pas faire plus contact avec elle que possible, et tu ne dois pas lui dire ce que tu es, compris ? »

Un silence gêné prit place dans la salle, et la plupart se demandaient si Fol-Œil connaissait bien le sens du mot « Sympathiser ». Molly regarda à gauche et à droite, puis fixa son fils d'un air suspicieux.

« Tu lui as bien effacé la mémoire, Freddy ?

-Pas exactement... »

Des sifflements d'indignation retentirent dans la salle, bien vite calmés par la seule main levée de Kingsley.

« Ce n'est pas plus mal. Elle comprendra pourquoi elle doit être surveillée, et protégée. Je suis certain que le jeune Weasley s'en sortira très bien, il a déjà montré qu'on pouvait lui faire confiance ! »

Ce fut le mot qui régla le sort du jeune homme, et les membres passèrent à la répartition des personnes à suivre pendant que sa mère et son père se penchaient vers lui.

« Comment as-tu osé nous mentir ? L'incendia sa mère à voix basse, ce qui était d'autant plus effrayant.

-Je ne voulais pas, mais je n'ai pas réussi à passer à l'acte ! Je l'ai trop... Marquée, maintenant...

-Comment ça ?! Fred, ce n'est pas le moment de faire l'idiot, la situation est grave et cette jeune femme est en danger, dorénavant ! Et cela, peut-être parce qu'elle est au courant pour nous ! S'indigna son père.

-Fred a fait ce qu'il pensait être juste, arrêtez un peu ! De toute manière il n'a pas eu besoin d'un ordre pour la surveiller ! » Défendit George et ses parents soupirèrent, conscients qu'ils ne pouvaient rien faire de plus.

Il se sentait vraiment mal. Non seulement elle lui avait révélé l'existence de leur monde, mais en plus, il avait peur de la revoir et il y était à présent obligé. Il prit son courage à deux mains et adressa un pauvre sourire en direction de son frère.

« Je n'ai plus qu'à me faire engager ! »


« Définitivement non ! Tu as perdu l'esprit, ou devrai-je te rappeler que tu es une star, maintenant ?! »

Noah finit son verre de scotch et le posa dans l'évier de la cuisine ouverte, alors que Gloria s'était figée avec dans chaque main une tenue et des chaussures, la bouche grande ouverte.

« Hein ?! Mais cette sortie est prévue depuis des jours ! Je ne peux pas annuler ! Défendit-elle.

-Gloria, Gloria ! Les boîtes de nuit de Londres ne sont pas les meilleures pour passer inaperçue !

-Bon, eh bien dans ce cas là nous n'aurons qu'à aller au Boujis ! C'est bourré de petits fils à papa richards mais au moins les photographes ne peuvent pas y entrer... Et puis il y aura peut-être le Prince Harry !

-Oh pitié ! »

Elle lui fit son petit sourire transi d'affection et sa moustache frémit dangereusement. Elle n'arrivait pas à lui faire faire toujours ce qu'elle voulait, mais en général elle se débrouillait assez bien pour sauver ses plans de la noyade totale; Elle voulait finir cette journée en beauté avec ses amies, et il la voulait en sécurité et sauvée des flashs indiscrets : Il y avait un moyen de les contenter tous les deux !

« Noah... Je n'ai pas vu...

-Oui je sais, tu n'as pas vu tes amies depuis des semaines, c'était trop dur, bla bla bla ! Mima-t-il, et la mâchoire de la jeune femme en tomba.

-Tu as peut-être la réplique, mais tu n'as absolument pas l'attitude ! »

On frappa à la porte de l'appartement et Noah montra un doigt autoritaire à Gloria, qui jeta sa robe et ses chaussures sur le lit en boudant. Elle fit le tour de la chambre des yeux, considérant l'idée d'une fuite improvisée par la fenêtre avec une corde faite de draps. Préférant écouter aux portes, elle passa sa tête dans l'entrebâillement et tendit l'oreille. Quelques exclamations de voix, et l'accent américain très reconnaissable du Manager couvrait la petite voix, quoiqu'assez grave, de l'homme qui était à la porte. Instinctivement, elle rentra dans sa chambre, s'arrangea dans le miroir, fut assez heureuse d'avoir déjà prit une douche, et sortit, prête à déployer sa meilleure posture.

Elle faillit trébucher sur le tapis et se raccrocha au pan du mur pour ne pas s'étaler aux pieds du nouvel arrivant, qu'elle n'espérait pas voir dans de telles conditions. Noah lui lança un regard interrogateur, alors qu'elle se relevait sans trop de grâce, replaçant une mèche de cheveux rebelles derrière son oreille, le sourire faux à souhait.

« Tiens donc ! S'exclama-t-elle avec un enthousiasme aussi exagéré qu'un endetté devant un huissier.

-Gloria, je te présente ton nouveau garde personnel, Frederic Weasley !

-Ravi de vous rencontrer, Madame..., salua le grand roux en inclinant la tête, les mains jointes devant lui.

-Mademoiselle, rectifia-t-elle avec un regard noir, et elle jura avoir vu sa lèvre tressaillir.

-Autant pour moi. »

Noah semblait tout simplement ravi, mais il ne comprenait rien du tout au langage du corps, et cette pensée tourna en volutes dans le cerveau de Gloria alors que la tension entre eux s'épaississait comme un brouillard au mois de février.

« Frederic donc. On doit souvent vous appeler par un petit nom, c'est un prénom assez long...

-Non, on m'appelle Frederic.

-Bon, eh bien ma chère, tu voulais sortir ce soir ? Tu seras accompagnée par ce Monsieur, il n'y aura aucune confusion et il se chargera à ce que tu sois constamment sous protection !

-Noah, je crois que le terme de « soirée entre filles » t'échappe rien qu'un peu...

-C'est ça ou rien, tu peux aussi te faire livrer une pizza et rester à te morfondre ici ! »

Et sur ces phrases pleines de réconfort, il prit sa veste de tailleur et salua Fred d'un signe de tête, avant de s'éclipser. Aussitôt la porte claquée, un torrent de mots déferlèrent dans le couloir.

« Qu'est ce que tu fais ici ?! » « Ne me demande pas ce que... »

« Je parle d'abord ! » « Laisse moi m'expliquer ! »

« Dégage de là ! » « Je suis là pour... »

« LA FERME ! »

Autant Gloria fut celle qui cria le plus fort, autant ce fut Fred qui remporta la main, tout bonnement en plaquant la sienne sur le visage de la jeune femme.

« Je suis sous couverture pour te protéger, c'est un ordre que j'ai reçu, et je ne peux pas m'en aller ! Alors il va falloir que tu fasses avec ! »

Il la lâcha et elle eut une expression amusante, entre le choc brutal et l'ahurissement.

« Il ne me semble pas avoir un jour dit que je ne voulais pas te revoir, mais à ce que je vois tu es plutôt doué pour disparaître de la surface de la Terre ! »

Il soupira et se frotta l'arrière de la tête. La jeune femme leva les yeux au Ciel et marmonna « Les mecs ! » d'un air de vieille dame aigrie, avant de claquer la porte de sa chambre derrière elle, le laissant seul et visiblement dépourvu de tout sens logique. Elle rouvrit la porte, le regarda de bas en haut, et pinça les lèvres.

« Bon, on fera avec. On part dans une heure, si tu veux te rafraîchir, fais comme il te plaît !

-On va où, exactement ?

-Quoi, t'es pas au courant ? Dans notre monde, le samedi soir, on sort ! » railla-t-elle avant de claquer la porte à nouveau.

« Très drôle ! » Soupira-t-il.


« Je suis désolé Monsieur mais vous n'êtes pas sur la Liste...

-C'est mon garde du corps, il restera dans un coin sans bouger, ne vous en faites pas !

-Je regrette Mademoiselle Gloria, mais...

-Confundo! »

Le murmure fut suffisant pour que le sort soit lancé, et le videur du Boujis cligna des yeux un bon nombre de fois. Fred posa une main sur son épaule et eut un sourire compatissant.

« C'est clair, je suis bien d'accord avec vous ! En tout cas, bonne soirée ! » Et il entra, pressant Gloria du coude, tandis que le videur hochait la tête, ne sachant plus où il en était. Elle le regarda indécise, puis émit un petit sifflement réprobateur. À croire qu'elle aurait voulu le voir rester dehors.

La musique parvint à leurs oreilles par vagues, alors que deux chargés de vestiaire venaient poliment prendre le manteau de la jeune femme, et celle-ci consulta son portable, souriante.

« Mes amies sont là, alors euh...T'as pas un truc pour te fondre dans la masse ?

-Je préfère que les gens sachent que je suis là.

-Ouais, d'accord... » lâcha-t-elle en levant les yeux au Ciel.

Il la regarda avec exaspération, ce qu'elle ne vit pas, car elle se dirigeait pendant ce temps vers l'une des tables réservées par ses amis. Il fit un signe à l'un des barmans et se fit servir une pinte de bière.

« Nouveau par ici ? Demanda l'homme en essuyant d'un geste répétitif un verre à whisky avec un torchon blanc.

-Ouais, je suis de euh... La campagne, à la base. Mon boulot m'a forcé à bouger.

-Je ne pensais pas que la petite avait besoin d'une protection, elle n'est pas très connue à Londres !

-Vraiment ? J'en ai aucune idée pour tout te dire... Je ne sais pas grand chose d'elle... »

Il la regarda entre deux gorgées, discutant joyeusement avec des jeunes filles tout à fait normales, par rapport au reste de la clientèle cotée et huppée_ en tout cas de ce qu'il en avait lu dans tous les bouquins moldus que Ginny avait acheté _ qui fréquentait le club à cette heure avancée de la nuit. Elles se levèrent pour danser, mais elle déclina avec un sourire et se retrouva seule, sirotant un grand et long verre d'une boisson jaune. Elle leva les yeux vers lui et il n'eut pas le temps de détourner le regard. C'est là qu'il vit qu'elle avait l'air aussi gênée que lui par cette rencontre fortuite.

« C'est même pas vraiment une enfant du pays non plus, ça tu le sais non ?

-Qu'elle a été adoptée ?

-C'est ça, » acquiesça le barman avec un petit sourire, et Fred trouva que ce métier devait être le plan de secours pour les journalistes et psychiatres en devenir. « Vient de l'Équateur, d'après les rumeurs. Mais elle y a jamais vraiment foutu les pieds, en moins de deux elle était adoptée ! Avec trois autres enfants, des garçons. Les parents sont retournés là-bas, d'ailleurs, avec toute la smala Mais quand on commence tout juste une carrière, on n'a pas trop envie d'aller s'enterrer dans son bled ! »

Fred haussa les sourcils tout en finissant sa bière et posa un billet froissé sur le comptoir.

« Gardez la monnaie.

-Merci mon gars ! Mais dis-moi, j'ai pas refilé une bière à un mineur quand même ?

-J'ai plus de vingt ans ! Mentit le sorcier avec conviction.

-Tu m'as pas l'air plus vieux que dix-sept ans !

-Comment je serais entré dans ce cas ? »

Le barman sembla considérer la question, puis pencha la tête sur le côté en faisant la moue. Fred s'en alla vers un coin sombre et vérifia que personne ne l'avait suivi, puis transplana.

Il atterrit dans son ancienne chambre du Terrier, sombre et assez froide. Descendant rapidement les escaliers, il retrouva sa mère dans la cuisine, fixant pensivement l'horloge familiale dont toutes les aiguilles pointaient sur « en grand danger ». Il posa une main sur son épaule et elle le regarda enfin, souriant faiblement.

« Tu veux que je fasse exploser cette horloge ? J'ai bien réussi avec le meuble de la cheminée...

-Non, non ! Plus d'explosions, s'il te plaît ! » sourit-elle. « Tu as besoin de quelque chose ?

-Je vais prendre quelques vêtements, je loge chez Gloria, maintenant... »

Les yeux de Molly s'ouvrirent légèrement de surprise, et elle émit un petit rire paniqué.

« Je ne pensais pas qu'un de mes garçons me dirait ça aussi jeune !

-Maman, c'est pour la mission, tu le sais très bien...

-Oui, je sais, je sais. Tes affaires propres sont rangées dans un sac, sur le canapé Je me suis doutée que tu en aurais besoin. »

Fred passa le baluchon sur son épaule, et refit face à sa mère, visiblement triste.

« Maman, tout va bien se passer.

-Je l'espère bien ! Faites que cette période noire finisse vite !... Oh, Freddie, cet accoutrement est très étrange... »

Il se regarda et sourit : Les costumes moldus n'étaient pas le même genre que ceux des sorciers, mais il se trouvait plutôt élégant. Pour une fois que sa grande taille et son air longiligne lui étaient avantageux !

Il repartit très vite, sans même boire une tasse de thé. Ces temps-ci, les heures étaient comptées, et on ne s'éternisait plus en banalités sociales. De plus, il avait encore à prévenir son frère, déposer les vêtements dans son nouveau logis, et retourner presto chercher la jeune femme pour la ramener chez elle.


La musique battait encore son plein, et Gloria aurait donné son âme pour un peu de silence. Le seul verre de vodka qu'elle s'était permise lui donnait déjà mal à la tête, ses amies dansaient sans s'arrêter alors qu'elle n'en avait aucune envie... Et elle ne voyait plus Fred. Elle avait fait mine d'aller au toilettes au moins trois fois pour tenter de l'apercevoir, mais il n'était visible nulle part. Finalement, elle avait abandonné et s'était rassise sur l'une des confortables petites banquettes, le traitant de tous les noms.

« Je préfère me faire remarquer...Mon œil oui !

-On rumine ? »

Elle fit un bond sur la banquette tandis que Fred souriait de sa petite apparition magique, juste à côté d'elle. Elle lui donna un coup de poing dans l'épaule et il ne flancha même pas. Mais après tout, l'alcool avait dû rendre ses muscles aussi mous que du chewing-gum.

« Bon, tu veux peut-être rentrer, non ?

-Oui. Mais je dois les prévenir...

-Je l'ai déjà fait, elles doivent être dans un taxi à l'heure qu'il est !

-Quoi ?! »

Gloria tendit le cou pour observer la piste de danse. Aucune trace de ses amies. Même pas un « au revoir », elles s'étaient volatilisé. Et pourtant, elle avait l'impression de le savoir... S'était-elle assoupie au point d'oublier qu'elles étaient parties ?

« Oh. Bon, eh bien, allons-y ! »

Quelques minutes plus tard, il se retrouva à l'aider à marcher jusqu'à un taxi, devant la porte de service; Jurant que c'était la dernière fois qu'il la laissait à portée d'un verre de Vodka, il paya le chauffeur et la remonta jusqu'à son appartement, ouvrit la porte d'un coup de baguette et chercha la chambre à tâtons. Il la déposa dans son lit toute habillée et alla s'allonger sur le canapé quelques instants, reprenant son souffle. Pourquoi n'avait-elle pas voulu qu'ils transplanent ?! C'était déjà suffisamment embêtant de bouger dans ce costume de moldu, si en plus elle ne supportait plus les déplacements magiques, ils n'allaient pas bien s'en sortir !

Il ôta sa veste et sa cravate, puis déboutonna le haut de sa chemise et retira ses chaussures. Le silence de l'appartement l'accueillit alors qu'il posait sa tête sur l'accoudoir du grand canapé. Quelques bruits de circulation transperçaient par les fenêtres. Il était trois heures et demi du matin, et le centre de Londres s'agitait déjà. Il ferma les yeux et se sentit déjà partir, quand une caresse sur son visage le réveilla. Il faisait noir et il eut du mal à se faire à l'obscurité, mais il décela les contours de la jeune femme, et celle-ci voyant ses yeux ouverts retira sa main. Il pouvait entendre les rougeurs de ses joues dans le ton de sa voix, quand elle bégaya qu'elle lui avait apporté une couverture. Et en effet, il était recouvert d'un plaid polaire. Il lui attrapa la main légèrement et la serra, murmurant merci.

« Je suis contente de te revoir, Fred. »

Il ne savait pas s'il avait rêvé ces mots ou non, alors il ne dit rien et se contenta de replonger dans un sommeil bien mérité.


Merci aux reviews de Pimouss et Autre Vie, et bien sûr merci aux lecteurs et lectrices ! Pour information, je pense que l'action se déroule pendant la Sixième année d'Harry à Poudlard, à la fin du mois de Mars, sans doute. Donc si je ne me trompe pas, Fred est alors âgé de 18 ans, bientôt 19 ! Quant à Gloria, son anniversaire étant le 3 février, elle est tout juste âgée de 18 ans également !