DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+

Genre : romance / slash / Yaoi


Chapitre 3 – Tomber le masque

20 mars 2010 – Soho, Londres

Ron Weasley était revenu plusieurs fois à l'appartement d'Islington. A chaque visite, il donnait à Malefoy les informations nouvelles qu'il avait pu obtenir sur le Cartel et ensemble, ils peaufinaient les explications que le blond donnerait à Zabini pour rendre crédible son « retour aux affaires ».

L'essentiel de ce que raconterait Malefoy était la stricte vérité : il avait été enfermé à Azkaban pendant près de deux ans pour le meurtre d'Hermione Granger avant d'être libéré suite à la confirmation de son alibi. Il ne s'appesantirait pas trop sur le rôle de Ron dans sa libération afin de ne pas éveiller les soupçons.

La partie inventée commencerait à sa sortie de prison. Il expliquerait avoir vivoté dans le monde moldu en participant à l'un ou l'autre petit braquage. Le dernier en date lui aurait cependant rapporté pas mal d'argent, lui permettant de « se refaire », son souhait étant dorénavant de vivre simplement et tranquillement.

La difficulté du plan résidait dans le fait d'amener Blaise à lui demander de réintégrer les rangs du Cartel.

Au départ, Draco avait espéré jouer sur les sentiments que le métis avait toujours ressentis pour lui. Malheureusement, il avait dû revoir sa stratégie quand Ron lui apprit que Ginny et Blaise s'étaient mariés peu après son incarcération et qu'ils avaient un fils de presque quatre ans, Anthony. Draco avait encaissé la nouvelle sans broncher bien qu'elle lui fit un mal de chien, réveillant en lui des souvenirs douloureux. C'était une chose de savoir que Blaise s'affichait avec la rousse pour donner le change, c'en était une autre qu'ils soient dorénavant mariés et parents d'un petit garçon.

Ron lui avait également appris que, via différentes sociétés, Blaise avait diversifié ses activités en rachetant plusieurs night-clubs, à Soho, Camden Town et Charing Cross.

C'était une information importante qui avait donné le point de départ de la réapparition progressive de Draco Malefoy. Plutôt que de débarquer du jour au lendemain dans un des casinos de Blaise, il commencerait d'abord par être vu dans un de ses night-clubs.

Draco avait jeté son dévolu sur The Oblivion, à Soho. Il y était allé pour la première fois il y a une semaine et, depuis, il y était retourné chaque soir.

L'endroit l'intriguait. Mais pas autant que le tenancier des lieux.

C'était un night-club qui portait indiscutablement la marque du Cartel : classe et très sélect. L'entrée était gardée par des physionomistes qui ne laissaient passer que les clients qui correspondaient à certains critères : la beauté et des signes extérieurs de richesse. Autant dire que Draco n'avait eu aucun mal à se faire admettre dès le premier soir.

A l'intérieur, depuis les banquettes confortables aux tentures, tout était bleu nuit et argent. Le sol et les murs étaient parsemés d'une myriade d'effets lumineux qui donnait l'impression de marcher au milieu de la Voie Lactée. Si les clients, des moldus, s'émerveillaient de la prouesse technologique nécessaire à la réalisation de tels effets spéciaux, Draco n'était pas dupe : il avait immédiatement ressenti qu'une empreinte magique intense imprégnait les lieux.

Le premier soir donc, il s'était assis au bar et avait commandé un cuba libre. Des danseurs s'agitaient sur la piste, tandis que les meilleurs d'entre eux étaient invités à prendre place sur des plates-formes surélevées d'où tout le monde pouvait les voir se déhancher.

Sur le pourtour de la piste, de confortables banquettes en velours étaient disposées de manière à former des alcôves. Les tables basses croulaient sous les verres en cristal et sous les bouteilles des meilleurs et des plus coûteux champagnes.

Draco se doutait qu'à l'étage, des espaces plus intimes avaient été aménagés pour les clients VIP et leurs invités. Car même si Blaise se refusait à être sali par toute activité proche de la prostitution, il ne pouvait ignorer les désirs de luxure de certains de ses meilleurs clients. Le blond avait souri dans son verre au souvenir de quelques soirées mémorables qui s'étaient déroulées à L'Empire et qui, bien que très BCBG, avaient fini en véritable orgie.

Ces pensées l'avaient ensuite amené à s'intéresser de plus près à la clientèle qui évoluait autour de lui. Si Draco en jugeait par nombre de couples enlacés sur la piste, l'établissement pouvait indiscutablement être qualifié de gay-friendly, comme beaucoup de clubs de Soho. Il n'avait d'ailleurs pas tardé à repérer quelques cibles potentielles qui ne semblaient pas indifférentes.

Mais alors qu'il se préparait à aborder un grand brun qui le regardait avec insistance, son regard avait été capté par un mouvement en hauteur. Une mezzanine entièrement vitrée surplombait une partie de la salle centrale. Derrière la paroi fumée, Draco avait pu distinguer la silhouette d'un homme.

Pour une raison inexpliquée, il était persuadé que l'homme l'observait. Il s'était d'ailleurs tenu, là, debout derrière cette vitre, tout le temps où Draco était resté au club.

Cette présence avait fasciné le blond. Il ne savait ni qui était cet homme ni à quoi il ressemblait et c'est bien ce qui avait attisé sa curiosité.

Il était donc revenu le lendemain. Et l'homme était toujours là, posté derrière sa vitre.

Le troisième jour, Draco avait poussé l'audace jusqu'à sourire et lever son verre dans sa direction comme s'il lui portait un toast silencieux. L'homme n'avait pas bougé.

Le quatrième jour, il avait interrogé le barman, un certain Tom avec qui il commençait à faire ami-ami.

-C'est qui le mec là-haut ? avait-il demandé.

-C'est le patron.

Pour Draco, ça ne pouvait pas être Blaise. Le métis était beaucoup plus grand et plus massif. L'homme derrière la vitre était de taille moyenne, pas très large. Et de ce que le blond pouvait voir, il avait des cheveux ébouriffés alors que ceux de Blaise étaient ras.

-Comment il s'appelle ?

-J'en sais rien, dit le barman en haussant les épaules. On l'appelle juste « Patron ». C'est pas lui qui engage le personnel. Il vient rarement dans la salle et quand il vient, il cause pas. C'est un mec bizarre. Il entre toujours par l'entrée de service et monte directement dans son cube de verre.

-A quoi il ressemble ?

-Alors là ! Pas très grand, pas très épais, cheveux foncés, un visage d'ange. Et des yeux ! D'incroyables…

-TOM ! Y a des clients qui attendent ! avait alors beuglé une voix plus loin.

-Désolé mec, faut que j'y retourne.

Draco s'était alors tourné à nouveau vers la mezzanine où l'homme l'observait toujours, il en était sûr.

-Toi, tu ne perds rien pour attendre, murmura-t-il pour lui-même.

Le cinquième jour, Draco était revenu et avait joué le grand jeu. Il avait directement allumé un mec assez bien foutu répondant au nom de Dan, avec lequel il avait dansé de manière très suggestive pendant un long moment, au point de se retrouver perché sur une des plates-formes surélevées. A la fin de la soirée, il avait pris soin de l'embrasser à pleine bouche tout en regardant ostensiblement vers la mezzanine. Quand il avait quitté les lieux en compagnie de Dan, Draco s'était retourné une dernière fois. L'homme n'était plus là.

Le sixième jour, il était retourné au club avec une certaine appréhension. Appréhension qui se transforma bien vite en une peur irraisonnée quand il avait vu que l'homme n'était pas là.

Peut-être avait-il tout gâché en s'affichant ostensiblement comme il l'avait fait ? Et pour pas grand-chose en plus. Son rencart de la vieille s'était avéré extrêmement décevant. Il faut dire que les pensées de Draco étaient toutes entières fixées sur l'inconnu du club et Dan n'était pas vraiment parvenu à l'en détourner. La baise avait été rapide, brutale et totalement insatisfaisante.

Draco commençait d'ailleurs à se poser des questions sur sa santé mentale. Pourquoi fantasmait-il de la sorte sur un homme qu'il ne connaissait pas ?

Il en était là de ses réflexions quand l'impensable se produisit.

-Hé Draco ! l'avait interpellé le barman.

-Oui ?

-Le Patron a laissé ça pour toi, dit-il en lui tendant une enveloppe.

Malefoy l'ouvrit fébrilement et en sortit un petit bristol.

« Demain soir, 22 heures ».

En glissant l'enveloppe dans sa poche, Draco avait eu le sentiment que son cœur recommençait à battre.

O°O°O°O°O°O°O

On était donc le lendemain et Draco passait les portes de The Oblivion.

Il avait choisi une tenue sobre mais classe. Veste et pantalon noirs, sur un t-shirt à col rond très ajusté, noir également. Il allait descendre l'escalier qui menait à la salle quand une main l'arrêta.

-Je suis désolée, Monsieur, dit une jeune fille. C'est une soirée spéciale aujourd'hui. Tous les clients sont obligés d'entrer masqués.

Draco haussa un sourcil alors que la jeune fille lui présentait toute une série de masques, de formes et de couleurs différentes.

Comme il se trouvait bien trop beau pour cacher son visage, il choisit un simple loup noir et étroit qui soulignait ses yeux gris avec élégance.

Ainsi paré, il se rendit directement au bar où Tom lui servit son cuba libre. Il sirota son cocktail, dos appuyé au bar, les yeux braqués sur la mezzanine qui semblait totalement vide. Il était impatient et se posait mille questions sur ce rendez-vous que l'inconnu lui avait fixé. Car Draco était formel, il s'agissait bien d'un rendez-vous.

Il vida son verre d'un trait avant de se retourner pour en demander un autre. Il vit alors une main pousser un verre rempli dans sa direction. L'homme était là. Il portait un masque blanc qui couvrait les trois quarts de son visage, ne laissant apparaître que les mâchoires et des lèvres fines et rosées. L'obscurité et les jeux d'ombres empêchaient Draco de voir ses yeux.

-Alors vous voilà enfin, homme mystère ! dit Draco en souriant.

L'homme rit et ce fut pour Draco comme une douce musique à ses oreilles.

-Tout vient à point à qui sait attendre, répondit l'homme.

-La patience n'est pourtant pas mon fort. Mais j'ai aimé ce jeu…

-Ah oui ? Moi pas. Tu m'as beaucoup contrarié jeudi dernier…

-Oh ? Pourquoi ? Parce que j'ai fait ce que tout le monde fait quand il vient dans un club ? Danser ? Draguer ?

-Tu m'as provoqué.

Ce fut au tour de Draco de rire.

-Tu es bien présomptueux !

-Autant que toi. Avoue que tu me veux depuis que tu es venu pour la première fois dans mon club.

-Je n'avoue rien du tout. Disons seulement que tu m'as intrigué… et je suis curieux de nature.

-Je sais, souffla l'homme, très bas.

-Quoi ? réagit Draco qui n'était pas sûr d'avoir bien entendu.

-Rien. Allons danser.

D'autorité, l'homme attira Draco sur la piste et se colla à lui sans attendre, enroulant les bras autour de son cou.

Très vite, la danse se fit langoureuse, lascive même. La chaleur de leur peau, le frottement de leurs hanches, le souffle du brun dans son cou, tout cela commençait à exciter fortement Draco. Il rapprocha le corps de l'autre homme encore plus contre lui et ne put résister à la tentation de glisser sa main sous sa chemise. La sensation de la peau douce contre ses doigts lui arracha un petit gémissement.

D'une main, l'homme caressa la nuque de Draco, jouant avec les petits cheveux à la base du crâne. L'autre, il l'avait glissée sous la veste, traçant des motifs imaginaires dans le bas de son dos. Quand il souleva l'étoffe du t-shirt et qu'il posa sa main sur sa peau nue, Draco fut parcouru d'un frisson qui remonta tout le long de sa colonne vertébrale.

Malefoy prit alors conscience de l'état d'excitation de son vis-à-vis et en joua. Il se pencha pour mordiller tendrement le lobe de l'oreille avant d'embrasser la peau du cou.

Le souffle de l'autre se faisait plus pressant, plus laborieux. La main toujours posée dans le dos de Draco migra lentement vers la ceinture du pantalon, se glissa dessous et caressa la naissance de ses fesses. Celui-ci répondit à la stimulation en mordant plus fort le lobe de l'oreille et raffermissant sa prise sur la taille fine du brun.

Ils ne parlaient pas mais leurs respirations haletantes et leurs souffles lourds disaient combien ils avaient envie l'un de l'autre.

Le brun s'écarta alors légèrement et emmena Draco hors de la piste. Il passa devant lui pour prendre un escalier qui menait à l'étage, lui laissant tout le loisir d'admirer ses fesses et ses cuisses, étroitement serrées dans un pantalon taille basse.

Draco en devenait fou. Cet homme lui faisait un effet démentiel qu'il n'avait jamais ressenti avec personne, pas même avec Blaise, qu'il aimait pourtant. Et il ne l'avait même pas encore embrassé…

Ils longèrent le couloir, passant devant des portes derrière lesquelles on pouvait entendre certains bruits suggestifs. Ils prirent ensuite un autre escalier, plus petit, qui menait à un étage privé.

Le brun ouvrit l'unique porte qui donnait sur le palier, découvrant un loft décoré sombrement et avec beaucoup de goût. Il attira sa proie à l'intérieur et s'adossa contre le battant alors que Draco se retournait pour le fixer.

Draco s'approcha à pas lents et en ôtant son masque. Il leva la main pour soulever celui de l'autre homme mais ce dernier l'arrêta.

-Non, dit-il simplement.

-Pourquoi ? souffla Draco. De ce qu'on m'a dit, tu es beau comme un ange…

-Je ne crois pas que toi tu me verrais comme ça.

Draco fronça les sourcils. Se connaissaient-ils ? Il regarda l'homme plus intensément et perçut un éclat vert dans ses yeux qui le troubla profondément. Il n'en montra toutefois rien, se contenta de murmurer à l'oreille de l'autre homme :

-Me diras-tu au moins comment tu t'appelles ?

-Mon nom n'a pas d'importance…

Malefoy renonça. Il avait trop envie de ce brun ténébreux et mystérieux pour épiloguer davantage. Il migra enfin vers les lèvres tentatrices de l'homme sur lesquelles il posa les siennes avec une douceur démesurée.

Il les caressa avec la pointe de sa langue jusqu'à ce qu'elles s'ouvrent pour exhaler un souffle chaud et légèrement sucré qui se mélangea à celui de Draco.

A ce moment précis, une vague de chaleur parcourut le corps du blond, lui faisant écarquiller les yeux.

Il avait perçu le flux magique de son vis-à-vis. Un flux magique qu'il reconnaîtrait entre mille.

Draco recula sous le choc.

Il l'avait retrouvé. Et bien plus vite que prévu. La première chose qui vint à l'esprit de Draco était qu'il allait enfin pouvoir récupérer ce qu'il lui avait volé. Et que sa vie changerait alors du tout au tout.

Malefoy vit un éclat de panique traverser les yeux verts à l'idée d'avoir été reconnu et il prit sa décision en un quart de seconde : il ne pouvait pas laisser filer cette opportunité.

Comme un aigle sur sa proie, il fondit sur les lèvres du brun dans un baiser possessif et urgent. Il ne s'écarta que le temps d'arracher la chemise de son amant d'un coup sec. Draco n'eut alors de cesse de caresser et d'embrasser la peau halée du torse découvert.

Tandis qu'il mordillait et suçotait chacun des tétons avec application, il sentit sa veste glisser de ses épaules pour atterrir au sol dans un bruit mou. Il sentit son propre t-shirt être soulevé et enlevé en un temps record.

Il souleva alors le brun jusqu'au lit et s'allongea sur lui de tout son long, sans jamais cesser de l'embrasser. Il pressa sans pudeur son bassin contre le sien, satisfait de l'entendre gémir de plaisir dans sa bouche.

N'en pouvant plus de l'insupportable frottement du tissu contre leurs érections, ils baissèrent tous les deux leurs pantalons et leurs boxers jusqu'à mi-cuisse, pressés qu'ils étaient de reprendre leur baiser. Ils crièrent tous les deux lorsque leurs sexes nus se touchèrent et Draco crut bien jouir sur l'instant tant la sensation était puissante.

Il parvint néanmoins à se maîtriser en s'écartant du corps de son amant et en se concentrant sur la hampe dure et dressée qui lui faisait face. Après s'être totalement débarrassé des pantalons, il voulut la prendre en bouche d'un seul coup mais n'en eut pas le temps.

D'un habile coup de hanche, le brun l'avait retourné sur le dos et faisait glisser sa bouche le long de son ventre, embrassant et mordillant la peau crémeuse pour finir par atteindre son membre palpitant. Il darda la pointe de sa langue au sommet, arrachant un cri rauque à Draco, avant de le lécher sur toute la longueur et de le prendre en bouche tout entier.

Chaque mouvement de succion était accompagné d'un gémissement sourd de la part du brun, qui occasionnait des vibrations sur le sexe de Draco, décuplant son plaisir.

A un fil de la jouissance, Draco écarta le brun. Il prononça un sort de protection et se plaça entre ses cuisses, se présentant devant son intimité. Mais avant de le pénétrer, il se pencha pour l'embrasser, d'un baiser lent, profond. Aimant.

Draco ferma les yeux, surpris lui-même de faire ce geste qu'il n'avait jamais eu avec aucun de ses partenaires, excepté Blaise.

Il s'étonna surtout d'avoir envie, voire même besoin, de cette tendresse, de cette proximité avec lui.

Lui. Entre tous, il fallait que ce soit lui.

Il rouvrit les yeux et après un baiser léger, il murmura :

-Enlève ton masque… s'il te plaît.

-Non, répondit l'autre… Non.

Draco s'insinua lentement dans l'antre chaud et étroit de son amant, allant et venant profondément et murmurant toujours.

-S'il te plaît…

-Non, soufflait l'autre, pris dans les premières vagues du plaisir.

Comme le blond n'augmentait pas la cadence, l'autre gémit :

-Plus fort, s'il te plaît… prends-moi plus fort.

-Dis-moi qui tu es…

-Je te l'ai dit, haleta le brun… ça n'a pas d'importance… Prends-moi…

-Ça en a pour moi. Je veux pouvoir prononcer ton prénom quand je jouirai en toi…

-Appelle-moi comme tu veux… mais je t'en supplie, baise-moi !

Draco amorça un mouvement brusque et profond qui arracha un cri rauque à son amant. Alors qu'il le pilonnait maintenant sans relâche, il l'attrapa par la nuque et ses yeux plantés dans les siens, il murmura :

-Harry…

Il vit les yeux verts s'écarquiller de stupeur derrière le masque et un spasme d'une violence inouïe secouer le corps qu'il tenait contre lui. En sentant les chairs se resserrer autour de son membre, Draco jouit bruyamment en psalmodiant une nouvelle fois :

-Harry… Harry… Harry…

Terrassé, il s'écroula sur le corps moite de son amant. En dessous de lui, il sentait la poitrine de Harry Potter s'abaisser et se soulever à mesure qu'il reprenait son souffle.

Draco roula sur le dos, la respiration saccadée mais surtout très perturbé par ce qui venait de se passer.

-Comment as-tu su ? demanda Harry en enlevant finalement son masque.

-Ton flux magique. Quand on s'est embrassé, j'ai reconnu ton flux magique.

-Mais… comment… ah. Oui, soupira-t-il. Je suppose que c'est ce qui arrive quand on sauve la vie de quelqu'un.

O°O°O°O°O°O°O

5 avril 2002 – Soho, Londres

POV Draco

-Maxwell est en train de causer du grabuge, dit Blaise. Il me doit 1000 livres sterling pour la met qu'on lui a fournie la semaine dernière et non content de ça, il essaye de me doubler en la revendant moins chère à des putes de Brewer Street ! Théo, Draco, vous allez le voir et vous lui faites passer l'envie de se foutre de ma gueule. Pendant ce temps, je vais sur le chantier.

-Ok, dit Théo.

Ça fait un peu plus d'un an et demi maintenant que Blaise m'a intégré à sa bande, son « cartel » comme il dit.

En fait de bande, c'est bien plus que ça. Il est devenu totalement incontournable dans le secteur de la vente de drogues et il commence à s'investir dans le trafic d'armes. Son business lui rapporte un maximum d'argent, moldu et sorcier. Raison pour laquelle, depuis plusieurs mois, il cherche un moyen de le dissimuler. Les sommes qu'il brasse sont devenues beaucoup trop importantes pour passer inaperçues. Et le moyen, il l'a trouvé : il a racheté un vieil immeuble d'époque dans le centre de Londres qu'il est en train de rénover pour le transformer en casino.

Quand il en parle, ses yeux bleus brillent comme ceux d'un gamin le matin de Noël. J'aime le voir aussi heureux. En fait, c'est simple. Je l'aime, lui.

-Draco ?

La voix de Théo me sort de mes réflexions.

-Oui… On y va. A tout à l'heure Blaise, dis-je en prenant les clés de la BMW.

Lenny Maxwell est un dealer qui traîne habituellement à Soho, le red light district de Londres. On le trouve le plus souvent à proximité des boîtes de nuit et des bars gays du quartier. Mais il nous est revenu que depuis quelques semaines, il aurait changé de clientèle : il ne fournirait plus les bars et les night clubs, mais les bordels et autres sex-shops des environs de Brewer Street. Et ça, Blaise ne peut pas l'encaisser. Il ne veut rien avoir à faire avec la prostitution.

Théo et moi, on le suit discrètement alors qu'il sort de son appart de Hopkins Street, un sac lourd à l'épaule. Et, effectivement, nous le voyons entrer dans un bordel de Brewer Street. Il en sort un quart d'heure plus tard, manifestement allégé du poids de son sac.

-Alors Lenny ? Quoi de neuf ? susurre Théo dans son dos en l'attrapant et l'attirant dans Green Court, une petite ruelle sordide juste à côté.

Le dealer sursaute et nous regarde avec effroi.

-Hé ! Salut les mecs ! dit-il d'une voix légèrement tremblotante. Ça baigne ?

-Oh… ça pourrait aller mieux, je dis. Blaise est… comment dire ? Un peu contrarié.

-Ah… oh… Ouais, c'est juste que…

-Que quoi ? je demande, doucereux.

-Je suis un peu raide pour le moment… mais je jure… je jure sur la tête de ma mère que je vais lui rembourser ce que je lui dois !

-Tsssst… laisse ta pauvre mère en dehors de ça, Lenny. Quant au fait que tu sois raide, laisse-moi en douter…

Sur ces mots, j'ouvre son blouson d'un coup sec. Dans la poche intérieure, je trouve une enveloppe contenant plusieurs centaines de livres sterling.

-Hm… dit Théo. Hé bien voilà de quoi fournir un premier acompte.

J'empoche l'argent et me rapproche encore du dealer. Avant qu'il puisse faire un geste, je m'empare de sa main et lui retourne deux doigts qui cassent net dans un craquement sinistre. Son hurlement est étouffé par ma main sur sa bouche.

-Nous reviendrons demain et les jours suivants jusqu'à ce que tu nous rembourses ce que tu nous dois. Et à chaque visite, je te casse deux doigts. C'est Ok ?

-Ouais, croasse Lenny, le visage crispé de douleur.

-Et une dernière chose… Blaise t'a expressément interdit de dealer dans le quartier des putes, alors la prochaine fois qu'on te trouve ici, tu pourras dire adieu à tes couilles. Je serai sympa, je te laisserai les embrasser avant de les jeter à l'égout.

Lenny opine frénétiquement du bonnet et décampe à toute vitesse, à peine je l'ai lâché.

Théo et moi nous apprêtons à quitter la ruelle quand je suis percuté par quelqu'un qui vient en sens inverse.

-Putain ! Fais attention ! dis-je en repoussant durement l'inconnu.

Celui-ci trébuche à nouveau et s'accroche à mon veston.

-Dégage de là ! s'emporte Théo qui prend l'homme par les épaules.

Au moment où il s'écarte enfin, il lève vers moi ses yeux verts. Je le reconnais immédiatement et sa vue me coupe le souffle.

Harry Potter.

Mais il n'a plus rien à voir avec le Survivant, avec ce gamin agaçant, pétri de bonne humeur et d'innocence et qui me rendait la vie impossible à Poudlard.

Il est défait, brisé. Et surtout drogué jusqu'à la racine des cheveux. Je peux le voir dans ses yeux. Des yeux vides, cernés, écarquillés. Il est tellement stone qu'il ne m'a même pas reconnu. Il me contourne en bredouillant des excuses et s'enfonce plus loin dans Green Court.

Théo ne l'a pas reconnu non plus car il me tire par la manche en disant :

-Allez viens Draco, on rentre.

Je me retourne pour regarder le balafré entrer dans un petit immeuble miteux d'où sortent deux hommes qui ont tout l'air de prostitués.

-Allez viens, insiste Théo. Laisse tomber, c'est qu'une pute.

Je finis par suivre Théo hors de la ruelle et je le laisse conduire pour le retour. Mon esprit est trop occupé à analyser ce que je viens de voir pour me concentrer sur la route.

J'avais vaguement appris que Potter avait laissé tomber ses études d'Auror et qu'il avait disparu dans la nature. Mais je n'imaginais pas qu'il en serait réduit à… ça. Car ça me semble clair : vu le quartier où nous étions, il ne fait aucun doute pour moi que Potter se prostitue. Entendons-nous bien : il y a un an de cela, j'étais moi-même dans la rue. J'étais aussi drogué et paumé. Et si Blaise ne m'avait pas retrouvé, peut-être aurais-je aussi été forcé de vendre mon corps pour survivre. Ou bien, je serais mort. Mais moi, je suis un Proscrit. Lui, il est le Sauveur. Le Survivant. Celui que tout le monde adule. Il n'était pas censé finir comme ça.

Sur le chemin du retour, Théo s'arrête sur le chantier du futur casino. Blaise doit encore s'y trouver car sa Jaguar est garée non loin. Nous faisons un signe à Goyle qui est assis côté conducteur.

Nous retrouvons Blaise à l'étage, là où il installera ses bureaux. Alors que nous entrons, il est en train de donner des instructions précises à l'entrepreneur concernant le choix des matériaux. Il congédie ce dernier sitôt qu'il nous voit.

-Alors ? demande-t-il.

-Je crois qu'il a compris le message. Grâce à Draco, dit Théo.

-Tant mieux. Je savais que Draco trouverait les mots… n'est-ce pas Draco ? Draco ?

Je me rends compte que je suis encore plongé dans mes pensées.

-Hm. Oui, je confirme. Ce connard ne devrait plus poser de problème.

-Théo, dit Blaise. Retourne au QG. Adrian t'attend pour organiser le pizzo de demain.

Le pizzo consiste pour Blaise et ses hommes à récolter les contributions des commerçants à qui nous avons promis notre protection en échange d'une somme d'argent.

-Il paraît qu'il y a un récalcitrant à Charing Cross. Il faudra lui montrer qui commande dans le quartier, rajoute-t-il l'air de rien.

-Compte sur nous ! répond Théo en s'éloignant.

J'allais partir également mais Blaise me retient.

-Draco, tu restes avec moi.

-Qu'y a-t-il ? je demande.

-C'est à toi de me le dire. Tu as l'air absent depuis ce matin.

-Il n'y a rien. Un peu de fatigue c'est tout.

Il pose sa large main sur ma nuque et m'attire à lui.

-Draco… je te connais mieux que personne. Depuis plus longtemps que n'importe qui d'autre. Je sais quand quelque chose te tracasse. C'est à cause de Ginny, c'est ça ?

-Blaise, est-ce que tu m'aimes ?

-Salazar ! Je n'aime que toi Draco. Depuis que j'ai 8 ans.

-N'exagère pas.

-Tu comprends ce que je veux dire. Je t'aime ! Ginny, ça ne veut rien dire. C'est juste un coup comme ça. Tu sais bien que c'est pour sauver les apparences. Tu sais que les femmes, c'est pour la galerie. Toi, tu es le seul homme que…

-Je sais, je coupe. Mais… tu lui fais confiance ?

-Non. Absolument pas. Tu es le seul en qui j'ai confiance.

-Tu sais que son frère est Auror ? Qu'elle pourrait nous vendre ?

-Ne t'inquiète pas. Je suis prudent. Jamais je ne parle de nos affaires avec elle. Je lui refourgue sa drogue, elle est contente et elle me lâche la grappe.

Parler de la belette me renvoie à Potter.

-Tu as besoin de moi cet après-midi ?

-Non. Théo et Adrian s'occupent de tout. Pourquoi ?

-J'ai deux ou trois trucs à faire en ville. Je serai de retour ce soir.

-J'y compte bien, me dit-il en m'embrassant. Je crève d'envie de toi.

Je souris, un peu rassuré, et laisse Blaise au choix de ses marbres et de ses boiseries.

De retour sur le trottoir, je reprends la direction de Soho. Il y en a pour une dizaine de minutes à pied. Il faut absolument que je retourne voir Potter. Non pas que je me tracasse pour lui, il pourrait bien crever, je m'en fous. Mais ce bâtard possède quelque chose qui m'appartient.

Maintenant que je sais où il crèche, je compte récupérer mon bien.

J'arrive à Green Court et je reconnais l'immeuble dans lequel Potter est entré ce matin.

La porte d'entrée n'est même pas fermée. Pourquoi ça ne m'étonne pas ? Je pénètre dans un hall sale, encombré de vieux journaux et de déchets en tous genres.

J'avise une première porte au rez-de-chaussée. Je l'ouvre et tombe sur une sorte de débarras. Personne ne semble vivre ici.

Je commence à monter l'escalier. Je lève le nez et note qu'il y a trois étages. En soupirant, je reprends mon ascension. Avec ma chance, la piaule de Potter se trouve tout en haut. Les marches craquent sinistrement et la rampe est totalement branlante.

Sur le palier, deux portes se font face. Je frappe à la première. Une femme d'une quarantaine d'années, ravagée par le tabac et l'alcool, apparaît sur le seuil.

-Tu veux quoi mon beau ? me dit-elle en me détaillant d'un air suggestif et gourmand.

Je ravale mon dégoût et demande :

-Je cherche P… Harry.

-Et tu lui veux quoi ? T'es pas son genre de client.

-Je… je ne suis pas un client. C'est un copain de l'école. Je…

La femme me fait un sourire aux dents jaunies.

-Tant mieux alors, dit-elle. Ce pauvre gosse a bien besoin d'une autre compagnie que tous ces tordus qui viennent pour le baiser. Il est au deuxième. Porte de gauche.

-Merci Madame.

La femme ne doit pas avoir l'habitude d'autant de politesse car elle me regarde d'un air encore plus concupiscent.

-Pour toi, je pourrais le faire à l'œil.

Je lui fais un bref sourire avant de grimper l'escalier jusqu'au deuxième.

Alors que je suis devant la porte, je sens bien la présence d'un sorcier juste derrière. L'aura magique de Potter semble envahir tout le palier.

Je frappe quelques coups secs et comme il ne réagit pas, je décide d'entrer. Coûte que coûte, je compte la récupérer.

La chambre est dans un état indescriptible. Il y fait sale, tout est désordonné. Une odeur de sexe et de misère imprègne les murs et je dois faire un effort surhumain pour ne pas m'enfuir.

Potter gît sur le lit, complètement défoncé. Il a la tête dans l'oreiller et il marmonne des choses incompréhensibles. Il n'a pas l'air de m'entendre. Je m'approche de lui et tâte rapidement son pantalon et son pull. J'inspecte la table de nuit, la table de séjour. Rien.

Je commence à fouiller fébrilement la pièce. J'ouvre tous les tiroirs, soulève les… choses qui traînent. Toujours rien !

-Putain de merde ! Où est ma baguette Potter ? je crie.

En deux enjambées, je rejoins le lit et je le saisis par l'épaule pour le retourner sur le dos.

-Tu m'as entendu connard ? OÙ EST MA BAG… Oh merde !

Il a les pupilles complètement dilatées, il transpire abondamment et son corps est secoué de spasmes. Son visage est déformé par l'horreur. Potter n'est pas seulement défoncé, il est en train de faire un mauvais trip.

Je regarde sur la table de nuit et je vois un petit morceau de papier buvard recouvert de petits dessins, auquel je n'avais pas fait attention la première fois. Il s'agit d'une feuille de timbres de LSD. A première vue, il a déjà consommé trois petits carrés.

Le LSD est une véritable bombe psychique qui entraîne une profonde modification de la conscience chez celui qui la consomme. Le problème, c'est que si l'état d'esprit du consommateur est mauvais au moment de la prise, le trip sera mauvais également.

Et d'après ce que je peux voir, Potter est en proie à une hallucination absolument abominable.

Je tergiverse. Je suis là pour récupérer ma baguette, c'est tout. Si Potter est trop con pour chercher l'oubli avec du LSD, c'est son problème pas le mien. Après avoir encore une fois fait le tour de la pièce et murmuré je ne sais combien d'accio baguette, je dois me rendre à l'évidence : elle n'est pas ici ou bien elle est protégée par un sort de dissimulation extrêmement puissant.

Je m'apprête à partir mais au moment où je passe la porte, j'entends distinctement :

-Malefoy… je t'en prie… Je n'en peux plus de… tout ça…

Je me retourne alors et vois Potter, toujours étendu sur le lit, des larmes dévalant ses joues. Il sombre à nouveau dans le délire car l'instant d'après, il crie comme un possédé.

Rapidement, je referme la porte et jette un sort de silence sur la pièce. Potter hurle des noms que je connais. Lupin. Black. Crivey. Tonks. Weasley. Il hurle même le nom de Crabbe.

Il est en train de revivre la guerre. Les morts. Ses morts et les miens. Car oui, moi aussi j'ai perdu beaucoup de gens que j'aimais dans cette putain de guerre. Et moi aussi, je me réveille encore en sursaut la nuit quand je repense à ces mois d'horreur où le Serpent vivait sous notre toit.

Alors, je m'approche et je m'assieds sur le lit, derrière Potter. Je le soulève et parvient à l'asseoir entre mes jambes. Merlin, il ne pèse presque rien. Son dos est collé à mon torse et je suis bien capable de compter chacune de ses vertèbres.

Il est toujours secoué de spasmes et murmure des choses inintelligibles. Il est en pleine phase plateau. A part attendre la descente, il n'y a absolument rien à faire. Sinon, rester près de lui pour l'empêcher de faire quelque chose d'inconsidéré.

Comme se tuer par exemple. Ce qu'il serait bien capable de faire vu l'état dans lequel il est.

Je l'entoure de mes bras et je lui murmure des choses apaisantes. Ça semble fonctionner jusqu'à ce que je sente sa magie exsuder hors de son corps.

-Et merde ! Potter ! Reprends-toi ! Garde le contrôle de ta magie !

C'est l'effet le plus dangereux que les drogues moldues peuvent avoir sur un sorcier : l'organisme est mis à tellement rude épreuve que le sorcier ne peut plus contenir sa magie. Celle-ci s'échappe jusqu'à déserter totalement son corps. C'est un phénomène irréversible.

-POTTER !

Je le secoue mais rien n'y fait. Il plonge.

Je le serre encore davantage contre moi et j'invoque alors un bouclier de protection autour de nous deux qui nous enveloppe tous les deux comme une seconde peau. De la sorte, la magie reste en contact avec son corps et pourra le réintégrer lorsqu'il aura repris conscience.

C'est la première fois que je fais une chose de ce genre et c'est une expérience assez troublante. Mon flux magique se mélange littéralement au sien pour créer l'enveloppe protectrice et je le sens qui pénètre mon organisme également. Il est un peu tard pour me questionner sur les effets que cela aura sur moi et malgré la sensation étrange, je maintiens ma prise autour du corps frêle de Potter.

Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés comme ça mais la tension dans son corps se dissipe. Sa respiration se calme et sa température corporelle baisse. Je prends alors le risque de lever le bouclier et je note avec satisfaction que sa magie réintègre son corps, emportant un peu de la mienne en même temps.

Lorsque le processus s'achève, Potter s'écroule, épuisé. Je pourrais partir maintenant que la crise est passée. Mais je sais qu'un des dangers du LSD est ce qu'on appelle le flash-back. A n'importe quel moment, la drogue peut faire un retour dans l'organisme et replonger le consommateur dans son délire.

Il faut absolument que Potter soit sous surveillance dans les jours qui viennent. Et il est hors de question que je m'y colle.

Après quelques minutes de réflexion, une seule solution s'impose à moi. Je dois le déposer quelque part où on prendra soin de lui : chez les Weasley. Par chance, je sais où la belette et la sang-de-bourbe habitent. J'ai entendu Ginny le dire à Blaise.

Forcément, ils vivent dans le monde sorcier. Mais ça me facilitera la tâche. Je n'aurai qu'à transplaner sur leur perron.

-Allez Potter, accroche-toi, lui dis-je en le soulevant dans mes bras comme une princesse. T'as pas intérêt à te désartibuler. Te fais pas d'idées. Je ne fais pas ça pour toi. J'ai juste pas envie que le Ministère me tombe dessus parce que tu auras crevé dans mes bras. Je suis sûr que c'est d'ailleurs le dernier endroit où tu aurais envie de crever…

Sur ces mots, je me concentre sur l'adresse des Weasley et je transplane pile au bon endroit avec un Potter encore entier contre moi.

Je frappe comme un malade sur la porte en bois jusqu'à ce que j'entende des pas et une voix grave.

-C'est bon ! On arrive ! Malefoy ? Bon sang mais que… HARRY !

-Laisse-moi entrer Weasley, dis-je en repoussant le rouquin à l'intérieur.

Sans être invité, j'entre dans le salon et je dépose Potter sur le divan.

-QU'EST-CE QUE TU LUI AS FAIT SALE FOUINE ! HERMIONE !

-Je n'ai rien fait du tout, sinon lui sauver la vie. Alors baisse d'un ton !

-Ron ? Que se passe-t-il ? Pourquoi tu cries ? Malefoy ? Oh Merlin Harry !

Granger semble tétanisée par ce qu'elle voit.

-Bon, je vous le laisse. Moi j'ai fait ma part, dis-je en repartant.

-PAS SI VITE LA FOUINE ! m'arrête le roux.

-Malefoy, dit la sang-de-bourbe plus doucement. Que s'est-il passé ?

Je soupire et je consens à leur expliquer. Au fur et à mesure de mes explications, leurs visages pâlissent.

-Par Merlin, gémit Granger. Comment a-t-il pu en arriver là ?

-Je n'en sais rien et ce n'est pas mon problème. Au revoir.

Cette fois, je parviens dans le couloir mais alors que je passe la porte, on me retient encore.

Weasley me regarde avec gravité.

-Heu… Malefoy… je n'ai pas compris pourquoi tu t'es trouvé là avec Harry… mais peu importe. Merci. Merci de l'avoir aidé. Et de nous l'avoir amené.

Je hausse les épaules et pars sans demander mon reste.

O°O°O°O°O°O°O

20 mars 2010 – Soho, Londres

-Pourquoi ? demanda Harry.

-Pourquoi quoi ?

-Si tu m'as reconnu… pourquoi être resté alors ?

Parce que ça fait 12 ans que tu détiens une chose qui m'appartient et que coucher avec toi était une occasion inespérée pour la récupérer.

-J'en avais envie, c'est tout, répondit Draco. Et toi ? Tu sais depuis le début que c'est moi…

-Parce que j'en avais envie, c'est tout, dit Harry en souriant.

Sur ces mots, le brun s'allongea sur Draco et tendit le bras vers la table de nuit. Il ouvrit le tiroir et en extirpa un petit sachet de poudre blanche, une lame de rasoir et une petite paille.

-T'en veux ?

Draco fit non de la tête.

-Tu as tort, c'est de la bonne, commenta-t-il toujours allongé en travers du corps de Draco.

Celui-ci le regarda verser une petite quantité de poudre sur la table et à l'aide de la lame, la façonner en une ligne droite. Tandis qu'il faisait ça, Draco remarqua les traces de piqûres à l'intérieur des bras.

Harry prit alors la petite paille et sniffa la ligne de cocaïne d'un seul coup.

-C'est l'un des avantages de bosser avec Zabini. La came est de qualité, dit-il en se redressant vivement et en s'adossant aux oreillers.

Draco pouvait déjà observer les premiers effets du rush. Pupilles dilatées, mouvements vifs et respiration courte. D'ici une minute, le débit de parole serait accéléré, Harry serait submergé par un sentiment d'euphorie et de puissance. C'était le moment de le faire parler.

-Ça fait longtemps que tu bosses pour Blaise ?

-Presque cinq ans.

-Et c'est venu comment ?

-J'étais dans un réseau de prostitution. Dirigé par un gang de vrais tordus. Les Niners. Blaise m'a sorti de là. Mon… enfin le chef du gang en a été vert de rage. Ça n'a pas arrangé ses relations avec le Cartel, tu penses. Bref, je me suis retrouvé à gérer l'Oblivion. Ça me plaît. Et je n'aurais jamais cru dire ça un jour mais je m'entends bien avec les autres… Théo, Mike, Miles, Greg. Même avec Ginny.

Harry se mit à rire puis continua.

-Ouais ! Quelle coïncidence, non ? Tu savais que Ginny et moi on était ensemble à Poudlard ? Notre relation n'a pas survécu à la guerre. Trop de souvenirs, trop de souffrances, pour elle comme pour moi. Ça ne pouvait pas continuer.

-Elle a dû parler de toi à son frère, dit Draco, l'air de rien. C'était ton meilleur pote autrefois.

Potter se rembrunit quelque peu.

-Non. Elle ne lui a rien dit. Il ne sait pas où je me trouve.

-Comment peux-tu en être sûr ?

-Parce que Blaise lui a fait faire un serment inviolable.

Devant l'air ahuri de Draco, Harry expliqua.

-Il paraît qu'il y a cinq ans de ça, avant que j'arrive, Ginny aurait lâché une info qui a fait du grabuge apparemment. Je ne sais pas de quoi il s'agit mais Blaise a bien failli mettre Ginny à la porte à cause de ça. Il était furieux. Elle l'a supplié de ne pas la renvoyer et Blaise a cédé. Mais en contrepartie, elle a dû faire un serment inviolable de ne plus jamais dire quoi que ce soit qui concernait les affaires du Cartel. C'est pour ça que Ron ne sait pas… pour moi.

Draco était interloqué par cette nouvelle. Il y a cinq ans, c'était juste avant le meurtre de Granger. Serait-ce lié ?

-J'ai encore envie de toi, dit soudainement Harry, une lueur lubrique dans le regard.

C'était l'un des effets de la cocaïne : l'augmentation brutale du désir sexuel. Il se tourna vers Draco et de la main, commença à caresser son sexe de haut en bas. La réaction ne se fit pas attendre.

-N'empêche, dit Harry dont le cerveau passait d'un sujet à l'autre sans préavis, ça me fait bizarre de la savoir avec Blaise…

-Qui ?

-Ben Ginny, répondit-il sans cesser son mouvement sur le membre de plus en plus dur.

-Pourquoi ? Tu l'aimes encore ? demanda Draco qui commençait à perdre pied depuis que la bouche du brun était venue rejoindre sa main.

-Non… c'est juste que… Blaise aime… les hommes, non ? commenta-t-il en deux succions.

-Comment le sais-tu ? sursauta Draco.

Un sourire étrange s'étira sur les lèvres de Harry.

-Oh, je le sais. Crois-moi, dit-il avant de reprendre possession du membre de Draco.

-Tu… tu as couché avec Blaise ? persista le blond, d'une voix qu'il espérait la plus neutre possible.

-Oh oui… et plus d'une fois. Et je dois dire qu'il est absolument phénoménal. Mais c'était avant toi. Là, j'avoue ne pas savoir lequel je préfère.

Quelque chose venait de se briser à l'intérieur de Draco. Blaise avait couché avec Potter.

Je n'aime que toi. Depuis que j'ai 8 ans. Je t'aime. Tu es le seul homme qui compte pour moi. Tu seras toujours le seul.

D'un mouvement brusque, Draco bascula sur Harry. Il le retourna sur le ventre et souleva son bassin vers lui. Il le pénétra sans aucun égard mais cela ne sembla guère déranger le brun qui gémit avec bonheur et en redemanda.

Draco multiplia les coups de rein, baisant Harry sauvagement. Quand il sentit le corps sous lui se tendre, il le saisit à la gorge et pressa deux doigts sur sa tranchée, l'empêchant de respirer. La sensation d'asphyxie augmentait dangereusement le plaisir qu'Harry ressentait. S'il resserrait sa prise ou s'il la maintenait un peu trop longtemps, il le tuerait à coup sûr.

Lorsque Draco finit par relâcher la pression, Harry jouit dans un râle bestial, le corps secoué de convulsions. Le blond se libéra juste après mais son cri à lui tenait davantage du désespoir que du plaisir.

Il se retira, laissant Harry rouler sur le dos.

-Putain Malefoy… C'est officiel, tu baises mille fois mieux que Zabini.

Draco ne dit rien, se contentant de se lever. Sans prendre la peine de chercher sa baguette pour lancer un sort de nettoyage, il remit son boxer et son pantalon. Il récupéra près de la porte son t-shirt et sa veste.

Pendant ce temps, Harry avait renfilé son boxer également et se tenait assis au bord du lit.

Draco le regarda se lever et se diriger vers lui.

Harry se dressa un peu sur la pointe des pieds pour effleurer les lèvres de Draco d'un baiser léger.

-Tu reviendras ? demanda-t-il.

A la vue de ses grands yeux verts, de ses joues encore rougies par l'orgasme et ses lèvres gonflées d'avoir été mordues, Draco faillit bien répondre oui.

A la place, il prit son portefeuille dans sa veste et en sortit deux billets de 50 livres qu'il glissa dans l'élastique du boxer. Il se pencha à l'oreille du brun et murmura :

- Peut-être. C'est la première fois que je me tape une pute et je dois dire que tu sais y faire.

Harry recula sous l'insulte, les yeux flamboyants. Il arracha les billets de son boxer et les jeta rageusement par terre.

-Fous le camp d'ici Malefoy, siffla-t-il. Et ne remet plus jamais les pieds dans mon club.

Draco haussa les épaules et se rapprocha de Harry, un sourire carnassier sur le visage.

-On se reverra Potter. Bientôt.

A suivre...