Disclaimer : La famille Malfoy est à JK Rowling, les autres et l'histoire sont à moi.

Béta : BettyMars

Bonjour à tous,

J'espère que mon histoire vous intéresse toujours. Je serais tentée de dire que les bases sont maintenant posées et qu'il ne reste plus qu'à dérouler l'histoire, mais alors que je suis en train d'écrire le chapitre 28, j'ai encore l'impression de poser ces maudites bases, mdr. C'est certainement parce que dans une fiction comme celle là, chaque génération sert de base à la génération suivante !

Bref, ce n'est pas très intéressant ce que je dis donc je vous laisse au chapitre du jour !

Bonne journée et à mercredi prochain.


Chapitre 4

Aout 1917.

Malgré les problèmes économiques que la guerre apportait, Lysandre avait commencé à s'imposer dans le milieu. Même si certains le voyaient encore comme un héritier évoluant dans l'ombre laissée par son père, beaucoup reconnaissaient en lui un brillant jeune homme particulièrement doué pour les affaires. Il fallait bien avouer que même si ce n'était pas son élément préféré, il avait appris relativement vite les ficelles du métier et sa jeune audace avait déjà été bien remarquée. Alors qu'on attendait de le voir accuser des pertes importantes, un de ses derniers placements avait augmenté de façon considérable la fortune, déjà colossale, de la famille.

Ce coup de maître avait fait grand bruit parmi la haute société et Lysandre y avait pris une place importante. Alors qu'il avait cru qu'il lui faudrait du temps pour se faire un nom et surtout pour réellement assumer ses responsabilités, sa faculté d'adaptation l'avait grandement aidé. Comme quoi son périple de nomade et les nombreux changements de mœurs qu'il avait affrontés lui avaient beaucoup apporté. Du coup, alors qu'il avait pensé que cela n'arriverait pas avant quelques années, Lysandre donnait en cette fin août, son premier bal au manoir Malfoy.

Si les invitations auxquelles il avait répondu depuis deux mois et les conseils d'Oscar lui avaient donné une bonne base pour une telle réception, les connaissances de Greagoir en salle et d'Aveleen en cuisine avaient été d'une aide plus que précieuse. Depuis le temps qu'ils travaillaient pour sa famille, ils en avaient vu suffisamment pour pouvoir organiser cela seuls tout en montrant à leur jeune maître les dessous de chaque partie de façon à ce qu'il puisse le reproduire lors de la prochaine occasion.

Pour l'heure, le repas avait été un succès et ses invités profitaient du bal avec délice. Le manoir avait retrouvé en l'espace de quelques heures, la vie et l'animation d'antan. Même si depuis l'apparition des automobiles, la plupart des invités ne s'attardait plus dans la demeure hôte, toutes les chambres du deuxième avaient été préparées. Lysandre savait que certains anciens resteraient sur place jusqu'au lendemain et il espérait que d'autres suivraient leur exemple. C'était un honneur, pour un hôte, que ses invités se complaisent suffisamment pour accepter de rester dormir. Mais l'aristocratie n'étant pas majoritaire en Irlande, certains venaient de l'autre bout du pays et ne pouvaient repartir sans avoir pris le temps de se reposer. Entre guerres et famines qui avaient sévi au fil des siècles, les familles aisées n'étaient pas très nombreuses et souvent éparpillées dans tout le territoire.

Le jeune homme était éblouissant ce soir là. Son costume neuf avait été acheté expressément pour l'occasion. S'il avait enfilé un pantalon noir classique, il avait mis en valeur ses yeux en portant une veste d'un noble tissu de couleur sombre éclairé par des reflets verts. Ses boutons de manchettes en argent, et non en or contrairement à beaucoup des hommes présents, rehaussaient son allure. Sa chemise à jabot lui avait évité la cravate avec laquelle il n'était pas des plus à l'aise. Oui, Lysandre était magnifique et le savait.

Malgré son rôle, Greagoir n'avait pu retenir un sourire à le voir parader en maître des lieux parfait. Il s'attirait le respect des hommes, charmait les dames et faisait tourner la tête des demoiselles. Et le majordome n'avait pu que constater combien le jeune Lysandre était présent dans l'adulte qu'il était devenu. Il donnait l'impression de jouer avec les règles de l'aristocratie tout en ne franchissant aucune des limites de la bienséance. Avec le jeune Ó Sullivan, il était le plus jeune héritier en pleine possession de ses droits. Les autres avaient tous au minimum une quinzaine d'années de plus. Mais Séamus, son ainé de trois ans, était loin d'afficher la même aisance en société que Lysandre.

Le nouveau lord Malfoy était devenu en deux mois de festivités mondaines, la coqueluche de l'aristocratie. Mais il y avait un prix à payer. Oh, il était loin d'être désagréable à s'acquitter. Depuis le début du bal, toutes les femmes de l'assemblée avaient tenu à danser avec lui. Des plus anciennes douairières, qui avaient murmuré un commentaire osé à son oreille, aux fillettes qui avaient mis un point d'honneur à prouver qu'elles feraient des ladys parfaites dans quelques années. Il y avait eu les femmes fougueuses qu'il avait faites tournoyer avec entrain et les timides qui avaient rougi d'avoir été dans ses bras. Oui, le prix de la célébrité n'était pas si désagréable pour Lysandre.

Il savait qu'il n'aurait qu'à lever le petit doigt pour que ses draps soient chauffés d'une présence féminine. Il était même persuadé qu'une émeute pouvait agiter les femmes intéressées et que certaines n'hésiteraient pas à profiter d'une partie de cartes tardive de leurs époux pour se glisser dans sa couche. Lysandre s'en amusait d'ailleurs. Il avait toujours su qu'il plaisait et il aimait particulièrement le vérifier à chaque occasion. Pourtant, il avait bien l'intention de finir sa nuit seul. Il préférait éviter les esclandres lors de sa toute première réception. Sans compter que depuis quelques semaines, une jeune femme l'obsédait et qu'étrangement, il n'avait ressenti aucun besoin de se perdre dans d'autres corps.

Lorsqu'il désirait une femme, Lysandre savait s'arranger pour la séduire et l'entrainer dans son lit. Mais cette fois c'était différent. Il avait eu du mal à comprendre ce qu'il voulait et Aveleen s'était gentiment moqué de lui lorsqu'il lui en avait parlé en prenant son petit déjeuner à la cuisine. La vieille cuisinière l'avait écouté patiemment avant de laisser échapper un rire. Puis alors qu'il se renfrognait, elle lui avait attrapé le menton pour le regarder dans les yeux. « Vous venez de découvrir l'amour, mon petit Lysandre ». Il avait réfuté vivement cet état de fait et s'était enfui de la cuisine.

Il n'avait pu réfléchir à tout cela que deux jours plus tard alors qu'il était seul sur la terrasse, à prendre une collation face aux montagnes. Le lendemain matin il était reparti dans la cuisine pour avouer à Aveleen qu'il était peut-être bien possible qu'il ressente quelque chose de plus profond que du désir pour cette personne mais qu'il n'était pas certain que ce soit de l'amour. Avec un tendre sourire, elle lui avait répondu que ce n'était pas simple d'accepter ses sentiments avant d'ajouter que son grand oncle Pádraig avait aussi mis du temps avant de s'y faire.

La danse se termina et Lysandre baisa la main de sa partenaire avant de repartir se chercher un verre d'alcool. Cette fois c'était fait, il était passé dans les bras de toutes les femmes de la soirée. Aussi il préféra s'éclipser un instant dans le jardin intérieur afin se reposer un instant avec certains hommes d'affaires autour d'un cigare. Avant de passer la porte fenêtre, il jeta tout de même un regard à la personne pour qui son cœur battait. Il ne pouvait plus nier l'évidence, lui, le coureur de jupons, était irrémédiablement tombé amoureux.

- Ah Lysandre ! Nous parlions justement de vous.

- Pas en mal j'espère, monsieur Fallamhain.

- Allons, ce n'est pas parce que vous êtes plus jeune que mon fils que vous devez être si cérémonieux. Appelez-moi donc Jacob.

- Avec plaisir Jacob, maintenant dites-moi si j'ai réussi à passer le test final d'entrée parmi vous avec cette soirée ?

- Et bien, je vous en dirais plus demain avant de rentrer chez moi car la nuit n'est pas encore finie. Mais William et moi-même discutions de cela et pour l'instant, aucun faux pas n'est à déplorer.

- Ma femme s'est d'ailleurs extasiée sur la danse que vous lui avez accordée, continua le dit William.

- Et tout le monde sait que lady Sybille n'est que rarement satisfaite de danser avec un autre partenaire que son époux, s'amusa un autre homme.

- Alors je m'en vois honoré, répondit Lysandre avec une posture révérencieuse. Mais je vais devoir vous abandonner pour vérifier que mes autres invités sont également satisfaits de leur soirée. N'hésitez pas à rejoindre la salle de jeux au deuxième étage afin de prolonger la nuit. Le fumoir est également à votre disposition bien que la clémence du climat nous offre la perspective de profiter de l'extérieur.

Après quelques politesses, Lysandre s'avança vers le jardin d'hiver pour vérifier que la soirée convenait à ceux qui s'y trouvaient. Puis il s'arrêta un instant dans son bureau. Même s'il appréciait ce genre de réception, être l'hôte était bien plus éprouvant qu'il ne l'aurait cru. Et il avait besoin de se poser un instant pour mieux affronter le reste de la nuit. Pourtant son calme ne fut que de courte durée. Il était alangui dans son fauteuil, son verre presque vide à la main et les yeux fermés quand il entendit la porte s'ouvrir. Sans faire un seul mouvement, il soupira silencieusement. Une seule personne pouvait se permettre d'entrer ainsi dans son domaine privé sans annoncer sa présence.

- C'est donc ici que tu te cachais ?

- Je ne me cachais pas. Je profitais juste d'avoir fini mon tour de danse pour me reposer avant d'attaquer le second.

- Avoue que tu adores ça. Sinon tu n'aurais jamais fait valser toutes les dames de la soirée.

- Tu as raison. C'est particulièrement appréciable de serrer autant de femmes dans mes bras sans apparaître comme un goujat.

- En entrouvrant un peu la porte, nous pouvons entendre l'orchestre jouer. J'aimerais beaucoup que tu me fasses virevolter une nouvelle fois.

La jeune femme s'était approchée progressivement avant de s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil. Puis d'un geste tendre, elle glissa ses doigts dans les cheveux châtain clair de Lysandre. Au fil des mois et depuis son retour, sa blondeur acquise par le soleil africain s'était foncée légèrement et il avait retrouvé sa teinte capillaire d'origine. Elle en apprécia la texture avant qu'il n'attrape son poignet. Elle baissa son regard pour plonger dans son beau regard vert. Un regard qui lui donnait envie de se perdre dedans à tout jamais.

- Arrête ça.

- Mais Lysandre …

- Ecoute Katherine, tu as été ma meilleure amie pendant toute mon enfance. Nous avons grandi ensemble. Nous avons beaucoup expérimenté ensemble. Mais cela s'arrête là.

- Tu as tort. Il y a beaucoup plus entre nous. Il y a toujours eu beaucoup plus. Nous avons fait tous nos premiers pas ensemble. Ça compte énormément pour moi.

- Mais pas pour moi, répondit sèchement le jeune homme. Je te l'ai déjà dit il y a six ans et je te le répète aujourd'hui. Je n'ai aucun sentiment pour toi. Alors arrête de t'accrocher et laisse-moi avec ça.

- C'est faux. Tu m'aimes, tu me l'as dit …

- Nous avions huit et neuf ans quand je te l'ai dit. Nous étions des gamins et j'ai dit ça pour te rassurer après la naissance de ta sœur. Tu avais tellement l'impression que ton père ne te voyait plus que j'ai voulu te montrer que tu n'étais pas seule. Mais nous avons grandi depuis.

- Et tu as été plus qu'un ami pour moi, s'écria-t-elle. Tu m'as aimé ce jour là. Rappelle-toi !

- Ce qu'il s'est passé était une erreur et tu le sais aussi bien que moi. Nous étions jeunes, trop jeunes, pleins d'envie et nous n'avions que l'autre pour répondre à nos attentes. Mais cela ne change rien au fait que j'aurais agi pareil avec n'importe quelle autre fille aussi consentante que toi. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait par la suite avec d'autres. Ce jour là, nous avons été victimes de nos pulsions et aucunement d'un quelconque amour.

- Moi je t'aimais ! Et je t'aime toujours.

- Mais pas moi !

- Pourquoi es-tu parti ? Demanda Katherine, les yeux s'emplissant de larmes. Depuis que tu es revenu tout a changé. Je ne te reconnais plus. Je t'ai attendu pendant cinq ans et je t'ai même laissé quelques mois de plus pour te laisser te faire à tes nouvelles responsabilités. Nous avions des projets avant. Et maintenant tout est si différent.

- Je n'ai jamais eu le moindre projet avec toi. Après ce jour là où j'ai sali ton honneur de jeune héritière, tu as commencé à faire des plans d'avenir à deux et je ne t'ai jamais menti en te disant que j'étais intéressé. Je te rappelle que lorsque tu m'as avoué m'aimer, je t'ai tout de suite détrompée sur mes propres sentiments. Jamais je ne t'ai fait croire que tu avais la moindre chance avec moi.

- Mais je t'aime assez pour nous deux. Je suis certaine que si tu me laissais une chance tout irait pour le mieux. Mais tu es si froid depuis ton retour.

- Il va falloir, un jour, que tu arrêtes de rêver pour voir la vérité en face. Tu as été ma meilleure amie pendant des années mais depuis ce jour où nous avons dérapé, tout a changé. Tout avait changé bien avant que je parte en voyage. Tu t'es monté la tête toute seule en imaginant des sentiments que je ne te portais pas. Alors oui, nous avons couché ensemble alors que tu avais tout juste quinze ans mais cela s'arrête là. Il n'y aura jamais rien de plus entre nous alors arrête de fantasmer et passe à autre chose. Séamus Ó Sullivan est un homme plus que respectable qui te porte les sentiments que tu recherches. Tu es en train de gâcher ta vie pour une amourette de gamine à sens unique alors que tes rêves pourraient être comblés avec lui.

- Je ne l'aime pas ! Je n'aime que toi et je n'aimerais que toi ! S'écria la jeune femme avec force.

Lysandre plissa les yeux en voyant la flamme de la colère briller dans ses yeux. Un instant avant elle était en train de pleurer et ce changement le déstabilisa légèrement. Il ne comprenait déjà pas pourquoi elle s'accrochait ainsi à lui alors qu'il lui avait clairement indiqué sa façon de penser bien des années plus tôt. A son retour, il avait cru qu'elle avait compris et qu'elle ne cherchait sa présence que comme un ami. Certes il s'était débrouillé pour la voir le moins possible et pour rester parfaitement amicale avec elle, mais il était parfaitement évident pour lui que leur amitié était morte le jour où Katherine avait perdu sa virginité dans ses bras.

- Et bien soit ! Continue à imaginer une vie que tu n'auras jamais, mais ne m'approche plus. Des erreurs ont été faites des deux côtés. Mais j'aurais certainement dû être plus clair à l'époque. A partir d'aujourd'hui, sache que tu n'es plus rien pour moi.

- Lysandre !

- Si notre amitié avait la moindre chance d'être sauvée, tu en as détruit tout espoir en t'enfermant dans ton fantasme obsessionnel.

- Tu n'as pas le droit de dire ça ! Je te suis restée fidèle même quand tu étais loin. J'ai tout fait pour que tout redevienne comme avant. Tu ne peux pas me faire ça à moi ! Pas après tout ce que j'ai fait pour toi !

- Je ne t'ai jamais rien demandé. De plus, tu n'as rien fait pour moi à part t'accrocher inutilement à un amour que je ne te porte pas.

- Mais que tu portes à ma sœur, n'est-ce pas ? Cracha-t-elle. Tu crois que je n'ai pas vu les regards que tu lui lances à chaque réception auxquelles nous participons ?

- Cela n'a rien à voir. Même sans elle je ne me serais jamais tourné vers toi. J'aurais préféré abandonner mon titre et repartir au loin plutôt que de m'enchainer à toi. Tu ne te rends même pas compte de combien ton comportement envers moi après toutes ces années est malsain.

- C'est de l'amour à l'état pur.

- C'est de la folie !

- Parce qu'avoir des vues sur Elizabeth n'est pas malsain ? Elle n'a que quinze ans et tu en as neuf de plus ! Est-ce cet âge qui t'excite tant ?

- Ce que je ressens pour elle est bien différent de ce que tu me prêtes. La différence entre elle et toi, c'est qu'elle ne vit pas au travers de moi. Elle a des projets d'avenir qu'elle construit jour après jour afin d'être une lady cultivée et respectable. Et contrairement à toi, si elle ne désire pas que j'en fasse parti, alors je m'inclinerai et je chercherai ailleurs. Mais le sujet n'a pas lieu d'être pour l'instant. Par contre j'ai beaucoup de respect pour ton père, aussi je te demanderais de sortir d'ici et de ne faire aucune histoire. Si jamais tu venais à gâcher cette réception, je me verrais dans l'obligation d'agir en conséquence.

- Et tu perdrais toute chance avec ma sœur, ricana-t-elle.

- Très certainement. Mais c'est la différence entre toi est moi. J'ai au moins une dignité à sauver sans ramper devant les gens.

- C'est ce que tu dis, mais un jour … oui, je te promets qu'un jour, tu ramperas dans les restes de ta dignité.

- Tu es complètement folle, répliqua-t-il avec dédain. Maintenant je vais te demander de repartir dans la salle de bal et de faire comme si de rien était. Puis tu repartiras avec ton père et je ne veux plus te voir t'approcher de moi si je ne t'ai pas invité à le faire. Au moindre scandale, je te trainerais dans la fange. J'espère avoir été assez clair cette fois.

Les deux anciens amis se regardèrent avec défi avant que Katherine se drape dans le reste de son honneur et sorte du bureau. Alors que la porte claquait fortement, Lysandre grimaçait vivement. Il avait espéré ne jamais en arriver à ce résultat, mais elle ne lui en avait pas laissé le choix. Oui, il avait fait l'erreur de la prendre pour amante alors qu'il expérimentait les joies de la sexualité. Mais elle avait été plus que consentante et avait même émis en premier l'idée d'une relation plus poussée. Il avait été étonnement surpris qu'une fille de bonne famille tienne ce genre de propos mais à presque seize ans, il avait préféré profiter de l'occasion.

Cet épisode avait sonné le glas de leur amitié même s'il avait cru pouvoir sauver les apparences par la suite. Quand il avait vu que Katherine semblait s'attacher, il lui avait avoué qu'il n'avait agi ainsi que pour soulager une envie et qu'il ne comptait pas prolonger l'expérience. Mais elle avait continué à lui lancer des regards amoureux et à le coller. S'il avait déjà l'idée de partir à l'aventure, toutes ces attentions l'avaient incité à concrétiser son rêve. Il avait espéré que son absence aurait changé la situation mais visiblement ça n'avait pas été le cas. Aujourd'hui, c'était chose faite. Mais il n'en appréciait ni la forme ni les possibles conséquences sur ses relations avec la famille Callaghan. Après un nouveau soupir, il se refit une image parfaite et rejoignit ses invités.

Juin 1918.

La journée était magnifique. Le soleil illuminait le manoir même si quelques nuages épais s'accrochaient sur l'horizon. La nature était jeune et florissante. Le fond de l'air était frais mais ce n'était pas inhabituel en cette période. En arrière plan, les montagnes avaient revêtu un manteau verdoyant que la nature timide leur avait accordé. Lysandre ne s'était jamais senti aussi vivant qu'à cet instant. S'il avait un jour regretté d'avoir dû écourter son périple vagabond, ce n'était plus le cas depuis bien longtemps.

Sa place dans la haute société était maintenant bien assise. Il était respecté pour lui-même et non pour son ascendance. Oscar l'avait souvent complimenté pour ce qu'il avait accompli en si peu de temps et il en était fier. Depuis la mort de son père, Lysandre le considérait comme une personne très importante. Bien plus qu'un ami de son père ou une relation, il était son mentor, celui sur qui il pouvait s'appuyer en cas de besoin. Savoir qu'il avait plus que son approbation sur ce qu'il avait fait et sur le comment diriger son héritage, était une excellente motivation pour continuer et se dépasser à chaque fois un peu plus.

Depuis cette réception qu'il avait donnée presqu'un an plus tôt, bien des choses avaient eu lieu. L'une des plus importantes pour lui fut l'éloignement de Katherine. Il avait craint une réaction revancharde à la façon dont il l'avait traitée mais il fut agréablement surpris de constater qu'elle n'avait rien tenté contre lui. Si cela avait été le cas, il l'aurait affrontée fermement, quitte à se brouiller totalement avec la famille, même si cela lui aurait fait beaucoup de mal. Mais ce n'était pas arrivé. A la place, elle avait respecté son choix de rester loin et de le laisser en paix.

En fait, pendant les six mois qui avaient succédé le bal, il n'avait quasi plus entendu parler d'elle. Oscar lui avait confié qu'il s'inquiétait pour elle car lorsqu'elle n'était pas en promenade, elle restait enfermée dans sa chambre. Parfois elle ne descendait même pas partager leur repas. Même si ses relations avec sa fille n'étaient pas au beau fixe, ce comportement l'avait considérablement perturbé. Lysandre avait décidé de ne pas prendre parti mais ne désirant pas attirer l'attention de père de Katherine sur son manque d'intérêt pour elle, il avait avancé qu'elle devait très certainement aller pour le mieux et désirait juste avoir un peu d'intimité pour s'épanouir.

Oui, Lysandre était bien content de cet éloignement et ne s'était pas risqué à en savoir plus. Il avait rompu leurs derniers liens et il n'avait pas l'intention de revenir dessus. L'avantage de cette affaire, était que ses rapports avec Elizabeth n'avaient pas été entachés par un scandale. Il avait pu ainsi profiter de quelques visites, qu'elle lui faisait afin de découvrir tous les secrets de la bibliothèque des Malfoy, pour se repaitre de la beauté de ses traits, de la douceur de sa voix ou de la fraicheur de sa conversation. Il n'espérait pas plus de sa part car malheureusement, elle était bien jeune. Mais pouvoir profiter de ces petits détails le remplissait de joie.

Pourtant, peu de temps avant noël, il n'avait pu que remarquer quelques regards qu'elle lui lançait quand elle croyait qu'il ne la voyait pas. Il y avait aussi sa façon de rougir lorsqu'il la complimentait sur sa tenue ou sur l'analyse qu'elle avait faite d'un livre qu'elle venait de finir. Lysandre n'était plus un novice depuis bien longtemps et s'il avait été surpris de ce nouveau tournant, il n'avait pu que se réjouir de l'intéresser un peu différemment. Après avoir laissé le temps poursuivre son œuvre, il avait décidé que peut-être, il pourrait avoir une chance d'être un homme comblé par la femme qu'il affectionnait. Aussi, dès le mois de janvier, il avait tenu à confier à Oscar les sentiments qu'il ressentait envers sa cadette avant de lui demander l'autorisation de lui faire une cour en bonne et du forme.

Sur le coup, Lysandre avait cru sa dernière heure arrivée. L'ami de son père l'avait regardé avec tant de froideur qu'il avait eu du mal à garder le regard haut. Pourtant il l'avait affronté courageusement en lui certifiant que ce qu'il ressentait était tout ce qu'il y avait de plus honorable et qu'il n'était pas dicté par une quelconque pulsion honteuse. Oscar l'avait congédié sur l'instant et lui avait ordonné de rester loin de sa fille. Pourtant, moins de deux semaines plus tard, après avoir réfléchi et pris du recul, il était venu au manoir Malfoy afin de discuter de cette situation entre hommes civilisés afin de prendre une décision.

Lysandre s'était senti petit face à cet homme puissant et n'avait dû qu'à sa fierté personnelle d'avoir pu rester digne. Chose que son interlocuteur avait semble-t-il apprécié. Après une longue négociation, qui apparut au plus jeune comme le douloureux interrogatoire d'un dangereux criminel,Oscar l'avait autorisé à faire la cour à sa fille à la condition qu'il attende qu'elle ait atteint ses dix huit ans pour entreprendre le moindre projet de mariage. Soit un peu plus de deux années.

Il était conscient qu'il aurait pu avoir à attendre jusqu'aux vingt et un ans de sa majorité. Aussi, même si c'était un temps terriblement long pour quiconque, cela sembla doux à Lysandre. Avant cela, il n'avait aucun espoir de voir son amour partagé et s'était presque convaincu qu'il devrait faire un trait sur son cœur pour ne faire qu'un mariage de convenance. Aussi il aurait accepté beaucoup plus pour un peu d'espoir.

Elizabeth avait fortement rougi quand son père lui avait annoncé que Lysandre la convoitait officiellement et dans les règles de l'aristocratie. Mais elle lui avait confirmé qu'elle en était flattée et ravie. Sa confrontation suivante avec son prétendant avait été timide jusqu'à ce que le jeune homme oriente la conversation sur un ouvrage qu'il lui conseillait. Elle avait ainsi oublié ses peurs de mal faire et de le décevoir pour partager une discussion presque enflammée sur un auteur enthousiasmant.

Lysandre se fit mentalement la remarque que ce fut à ce moment là que Katherine quitta le manoir familial. Son départ fut d'ailleurs étrangement précipité et fugitif. Du jour au lendemain, sans prévenir personne, elle avait pris la poudre d'escampette ne laissant derrière elle qu'un mot rapide. Elle y annonçait qu'elle partait épouser Séamus Ó Sullivan en toute intimité et qu'elle irait vivre au loin avec lui. Cela avait beaucoup surpris. Pas son choix, car le jeune homme la courtisait depuis maintenant quelques années, mais la façon de faire.

Au-delà de cela, Oscar l'avait également pris pour un affront. La dignité de la famille avait été égratignée par ce comportement déshonorant. Elle donnait ainsi l'illusion de se rebeller contre son rang. Comme une riche héritière qui fuit un mariage forcé pour batifoler avec un manant quelconque dont son cœur se serait épris. Ce qui était loin d'être le cas. Refuser ainsi l'honneur d'un grand mariage dans les règles avec la famille Ó Sullivan était une humiliation cuisante pour son père.

Se gardant bien de donner son opinion, Lysandre n'en avait pas moins pensé. Elle était partie de nuit juste après qu'Oscar ait annoncé à Elizabeth qu'il avait accepté la cour que le jeune Malfoy comptait entreprendre. Il était évident que Katherine n'avait pas supporté cette nouvelle. Quand ils étaient jeunes, beaucoup pensaient qu'ils finiraient par se marier et unir leurs deux familles. Même si Lysandre l'avait repoussée vivement, elle devait très certainement croire à une chance de retrouvailles. Savoir que son père n'avait aucune considération pour ses sentiments pour Lysandre et approuve que sa cadette l'épouse lui avait très certainement été insupportable.

Mais il n'était pas du genre à culpabiliser sur ce genre d'affaire et avait même plutôt été soulagé de la savoir loin de lui. Au moins lui ficherait-elle réellement la paix lui permettant ainsi de courtiser celle qu'il aimait de la meilleure façon qu'il soit. Et puis Ó Sullivan nourrissait de réels sentiments envers elle. Si elle prenait la peine de créer quelque chose de sérieux, alors elle aurait tout pour être heureuse. De toute façon, en fuyant, elle avait définitivement pris son destin en main et cela ne le regardait certainement pas.

Un mois plus tard, alors qu'il ramenait Elizabeth d'une promenade autour du loch, Oscar lui avait demandé un entretien. Sur le coup il s'était demandé si c'était professionnel ou si cela concernait sa fille. L'air détendu de l'homme ne l'avait pas affolé et il s'était même pris à penser que ce n'était sûrement pas une affaire grave. Et effectivement, si la nouvelle était importante, elle n'était pas mauvaise, bien au contraire.

Oscar lui avait annoncé qu'il avait revu sa position vis-à-vis du fait qu'il courtisait sa cadette. Brusquement Lysandre avait senti son cœur s'affoler et se serrer. Il lui était inconcevable d'abandonner Elizabeth alors qu'il avait eu quelques semaines pour imaginer un avenir avec elle. Le patriarche l'avait regardé blêmir légèrement tout en gardant au mieux un visage neutre. Puis il lui avait avoué qu'il était très satisfait de l'avoir comme futur gendre et qu'il ne doutait plus de sa sincérité. Aussi il avait décidé de lui offrir la main d'Elizabeth dans un délai beaucoup plus court. Lysandre ne devrait plus attendre que ses seize ans pour convoler en justes noces.

Il en avait été surpris car déjà il était satisfait de l'accord qu'ils avaient précédemment passé. Légalement, même si une fille était mineure, dès ses seize ans, elle était en âge de pouvoir se marier. Mais le jeune homme ne s'était pas attendu à ce que son futur beau-père le lui propose alors qu'il avait manqué de lui arracher la tête lorsqu'il lui avait demandé sa main. Ensuite, il n'avait pu réprimer l'immense sourire qui l'avait gagné. Elizabeth étant née fin avril, il n'avait que deux mois à attendre pour l'épouser. Cela avait également ravi la demoiselle qui était définitivement tombée amoureuse de ce bel homme aux paroles enchanteresses.

Ils avaient donc attendu l'anniversaire de la jeune fille pour rendre leur union officielle. Les préparatifs avaient ensuite commencé sur les chapeaux de roues. D'un coup, toutes les mauvaises langues qui avaient spéculé sur le départ de Katherine, avaient oublié cet affront à la réputation de cette famille pour ne s'intéresser qu'à ces noces en grandes pompes. Ce n'était pas tous les jours qu'un tel mariage avait lieu et l'âge de la jeune épousée avait rajouté à la rumeur. Et Lysandre n'était pas dupe. Il avait très bien compris que c'était une manœuvre calculée par son futur beau-père pour détourner l'attention vers un évènement plus glorieux.

Pourtant en ce jour de juin, presque tous les habitants des environs, ainsi que les aristocrates et connaissances d'Oscar et Lysandre avaient répondu à l'invitation pour célébrer l'évènement. Tout avait été parfait. Aveleen avait pleuré en entendant son petit protégé lui annoncer la nouvelle ainsi que le matin en préparant le buffet, mais aussi à la cérémonie célébrée dans l'intimité de la petite chapelle où elle avait été vivement invitée. Puis elle s'était éclipsée dans sa cuisine pour vérifier que ses ordres avaient été suivis à la lettre et pour mettre les derniers détails au point.

Greagoir avait également été présent et même si cela sortait totalement du protocole traditionnel, il avait été le témoin du marié. Evidement, le majordome avait fortement refusé quand Lysandre le lui avait demandé mais le jeune homme avait réussi à le persuader en lui signalant que depuis la mort de ses parents, Aveleen et lui représentaient tout ce qui lui restait comme famille. Il avait insisté sur le fait qu'il ne voulait pas pour témoin d'une relation et qu'Oscar, étant le père de la mariée, ne pouvait pas assurer ce rôle.

Une fois unis, les deux mariés étaient retournés au Manoir où les invités commençaient déjà à arriver. Si certains avaient un peu râlé de ne pas avoir été présents à l'échange des vœux ou encore sur le fait que la noce aurait due être célébrée dans la maison de la mariée, tous ceux qui connaissaient les traditions de la famille n'en avaient pas été étonnés. Le faste était une chose, les cérémonies étaient sacrées et méritaient un minimum de respect qu'on ne pouvait obtenir entouré d'une foule de vautours. Seul un jeune joueur de pipeau d'une douzaine d'années les avait accompagnés afin de les guider vers la réception, comme le voulait la coutume.

Elizabeth avait longuement été complimentée sur sa beauté. Il fallait avouer qu'elle était magnifique dans sa robe bleue pâle élégante. Le lacet de dentelle qu'elle avait elle-même tissé ornait sa taille avec finesse. La couronne de fleurs sauvages posée sur ses cheveux artistiquement tressés alliait la classe de sa famille à la fraicheur de sa jeunesse. Sans compter ses joues merveilleusement roses d'émotion, ses yeux brillants de son bonheur et son sourire sincère qui avaient séduit tout le monde. Après avoir fait le tour des invités au bras de son mari, elle était allée rejoindre ses amies qui gloussèrent avec elle devant sa nouvelle vie qui commençait.

Après avoir laissé la jeune femme voguer au gré de ses envies, Lysandre avait accueilli avec humour quelques plaisanteries sur sa chance d'avoir une épouse si belle. Certains financiers avec lesquels il travaillait, lui claquèrent vivement l'épaule alors que les hauts aristocrates leur lançaient quelques regards désapprobateurs. Ils considéraient que ce n'était pas un comportement digne dans une telle circonstance. Mais l'hôte se moquait bien de tout ça. Il était heureux et rien ne pourrait y changer.

Enfin c'est ce qu'il crut avant de tomber sur une discussion entre deux connaissances de son père. Il s'était approché d'eux dans le but de rejoindre quelqu'un qui était dans cette direction et eux ne l'avaient pas vu arriver.

- Mon épouse et moi-même avons toujours pensé que Malfoy et Callaghan uniraient leur famille mais pas de cette façon là. Je suis même certain qu'un accord avait déjà été passé pour arranger un mariage entre eux alors qu'ils n'étaient que des petits enfants, disait le premier.

- Regardez, elle n'est même pas présente, quel manque de respect.

- Vous souvenez-vous combien ils étaient proches ? Et n'oublions pas la façon dont elle est partie pour en épouser un autre en catimini.

- J'ai entendu dire qu'O Sullivan et elle se sont installés dans un hôtel particulier à Dublin.

- Croyez-vous qu'elle ait été invitée ou qu'elle ait été oubliée ?

- Je n'en ai strictement aucune idée. Mais une chose est certaine, avec ce mariage, Oscar nous offre un trompe l'œil de la déchéance de sa famille.

- Cette union sera ternie en quelques mois, c'est une évidence. Malfoy est un coureur, il aura tôt fait de se satisfaire dans d'autres draps que ceux de sa femme.

- C'est une évidence.

Lysandre abandonna son idée de continuer sa route en passant devant eux. Ce qu'il venait d'apprendre le dégoûtait particulièrement. Katherine avait certes tenu ses engagements de se tenir loin de lui mais par sa fuite, elle avait largement entaché sa réputation et celle de son père faisant de sa sœur une jeune femme qui attirait la pitié. Intérieurement il rageait contre elle. Il sourit à droite et à gauche avant d'arriver à s'éclipser dans son bureau pour évacuer sa colère à l'abri des regards. Elizabeth n'avait pas besoin de subir les conséquences de son humeur. Il était déjà bien beau qu'elle ignore ce qui se disait d'eux.

Lorsque les invitations avaient été envoyées, la jeune fille avait bien évidement fait parvenir un faire part à son ainée dans l'espoir qu'elle soit à ses côtés en ce grand jour. Mais Katherine n'avait même pas daigné répondre. Oscar avait été passablement énervé de ce comportement et avait été prêt à aller jusqu'à Dublin pour lui donner une leçon de vie. Mais Lysandre l'en avait empêché signalant que si elle ne supportait pas ce mariage, alors il valait mieux qu'elle n'y vienne pas. Elle pourrait y faire un scandale. Mais finalement, le scandale était tout de même présent, même s'il était sous couvert de murmures et chuchotis.

Elizabeth avait été déçue qu'elle ne vienne pas mais la liesse des préparatifs lui avait détourné l'attention et son humeur était revenue au beau fixe. Lysandre espérait qu'aucune des rumeurs sur leur mariage n'arrive à ses oreilles. Car c'était totalement faux. Si la cérémonie avait certes été avancée pour faire oublier la fuite de Katherine, leurs sentiments étaient bien réels. Et malgré son passé un peu sulfureux, il savait qu'il ne ressentirait pas le besoin d'aller voir ailleurs. Il l'aimait sincèrement et profondément.

Il respira un grand coup avant de ressortir du manoir. Il serait inconvenant qu'il s'isole plus longtemps. Et cela ne ferait qu'apporter du grain au moulin des mauvaises langues. Il s'entretint un instant avec Greagoir pour vérifier que tout allait bien avant d'attraper un verre pour boire quelques instants en compagnie d'Oscar. Puis il s'excusa avec un grand sourire pour se glisser doucement aux côtés de son épousée pour la prendre tendrement dans ses bras. Après un léger baiser, il l'entraina vers d'autres invités pour refaire un tour de politesses.

Plus tard, le diner serait servi et chacun pourrait profiter de l'excellente nourriture préparée par Aveleen et ses aides. Ensuite un grand bal aurait lieu puis les nouveaux mariés s'éclipseraient pour consommer leur nuit de noce. Lysandre aurait aimé lui offrir une lune de miel dans un endroit complètement dépaysant mais malgré les nombreuses tentatives de traité de paix, la guerre sévissait toujours autant dans l'Europe. Il leur aurait été impossible de quitter sereinement l'Irlande. Aussi il avait décidé d'attendre un peu que les évènements mondiaux se calment avant de lui offrir un voyage sur le bord du Danube ou de la Méditerranée. Il ne le savait pas encore mais il avait encore le temps pour se pencher sur ce projet. Dans l'immédiat, il avait bien plus important à faire et il s'y sacrifia avec la plus grande joie du monde.


Alors ? Que pensez-vous de la confrontation entre Katherine et Lysandre et de leur relation ?