Allez, un OS sur Thrall ! Oui, oui, Thrall et non Go'el. J'avoue avoir du mal avec Go'el sur pas mal de points mais il reste tout de même un de mes personnages préférés – et sans conteste mon orc préféré... bon, même s'il y a vraiment de concurrence vu que c'est un top 1.


Personnages secondaires : Jaina, Cairne, Aegwynn.

Chronologie : Après Warcraft III (et surtout après Le cycle de la haine) mais avant World of Warcraft.

Genre : Humour/Amitié.

Résumé : La paix entre la Horde et l'Alliance reposait sur deux personnes : Thrall et Jaina. Il semblait donc logique que beaucoup se demandent pourquoi ces deux-là, plus que quiconque, s'entendent si bien.

Thrall

Relation secrète

Thrall ne comprenait pas pourquoi tout le monde pensait qu'il était amoureux de Jaina Portvaillant. Il savait que les relations entre la Horde et l'Alliance étaient houleuses mais au point de croire qu'un orc et une humaine amis devaient forcément cacher autre chose ? Non, cela ne pouvait pas être ridicule à ce point.

Pourtant ça semblait l'être. Apparemment, Thrall ne pouvait pas juste s'entendre avec la dirigeante de Theramore. Il fallait absolument qu'il soit amoureux d'elle pour qu'il puisse tant l'apprécier et non pas pour des choses futiles comme son esprit et son grand cœur, non. Les priorités changeaient beaucoup avec la paix puisque cette rumeur sur une relation secrète – l'imagination des gens allait loin – entre Thrall et Jaina paraissait être sur toutes les lèvres.

Même Cairne l'avait évoqué ! au grand drame de Thrall, qui pensait que son sage ami tauren ne s'intéresserait pas à des histoires aussi idiotes. Carine lui avait tout de même demandé confirmation que les rumeurs étaient fausses. Parce qu'il semblait y avoir une chance même infime que les rumeurs puissent se révéler vraies.

Le fils de Durotan se demandait si Jaina subissait les mêmes calomnies à Theramore. En tout cas, Orgrimmar en regorgeait. Comme quoi, quand les fiers guerriers orcs s'ennuyaient, ils trouvaient le moyen de se divertir, quitte à ressembler beaucoup aux humains. ¨Parce que s'il y avait une chose que Thrall avait appris des humains, c'était bien leur nature curieuse et sensible aux ragots. Ils en raffolaient : ça les changeait de leur quotidien morose. Thrall ne pensait pas que son peuple s'abaisserait à copier les plus viles attitudes humaines.

Ce n'était qu'une preuve supplémentaire qu'orcs et humains se ressemblaient plus qu'ils ne voulaient le croire.

— Sois prudent, jeune chef, l'avertit un jour Cairne. Même si ce ne sont que des rumeurs, ce n'est pas pour rien que celles-ci persistent à exister au lieu de s'évanouir dans la nature.

— Pourquoi devrais-je m'en inquiéter si ce ne sont que de simples paroles ?

— Parce que les paroles sont l'essence même des êtres dotés de langage. Tu dois savoir mieux que moi combien elles sont agissantes et peuvent servir de prétexte pour justifier bien des actes, dont les plus atroces.

— Tu penses que ces rumeurs pourraient prendre de l'ampleur et devenir un véritable danger ?

— Ce n'est qu'une hypothèse mais peut-être surveiller cela serait une bonne chose.

Après cette discussion avec Cairne, Thrall sut qu'il devait faire quelque chose et vite.

. . .

Thrall avait décidé de se rendre auprès de Jaina pour trouver un plan afin de mettre un terme à ces rumeurs concernant une relation qui n'existait pas.

Normalement ils se rencontraient à mi-chemin entre Orgrimmar et Theramore – plus exactement, à Tranchecolline, un territoire orc – pour faciliter le trajet aux deux – surtout Thrall, puisque Jaina pouvait se transporter facilement avec sa magie. Sauf que cette fois, puisque cela était perçu comme un « rendez-vous secret » entre les deux dirigeants de se rendre à Tranchecolline, l'orc avait pris la décision de se rendre directement à Theramore au lieu de passer par Tranchecolline. Au moins, de cette manière les gens le verraient comme un chef de guerre allant régler des affaires politiques et non un amoureux discret et secret.

Il se rendit donc en zeppelin à Theramore, s'arrêtant juste devant la cité maritime pour ne pas alerter les gardes de la ville – il ne tenait pas à devenir une cible pour des humains appréciant un peu trop appuyer sur la gâchette de leurs fusils. Après avoir envoyé un messager informer de son arrivé, il avait reçu le droit d'entrer dans la ville – à sa grande surprise par ailleurs : Jaina était-elle si peu méfiante à l'idée qu'un orc entre dans Theramore ? À moins qu'elle ait indiqué aux soldats à quoi ressemblait Thrall, ce qui lui paraissait assez improbable puisqu'aux yeux de biens des humains les orcs se ressemblaient tous.

Thrall se réprimanda aussitôt. Ces pensées étaient celles d'orcs de mauvaise foi. Ces fichues rumeurs le mettaient vraiment de mauvaise humeur. Vivement qu'il trouve une solution pour s'en débarrasser.

Son apparition dans la cité portuaire se fit remarquée : tous les passants l'observaient comme s'il avait deux têtes. Thrall ne savait pas s'il devait se réjouir ou se désoler que les gens le regardent ainsi. Au moins ils ne paraissaient pas effrayé – juste très surpris –, ce qui était déjà un bon point.

Il se rendit juste dans les tours où vivait et travaillait Jaina, déclina son identité aux gardes qui veillaient à l'entrée et fut autorisé à pénétrer dans le bâtiment de la dirigeante de Theramore. Un humain l'accompagna jusque dans un couloir haut dans une tour avant de partir, à la demande de Thrall qui désirait s'annoncer lui-même à Jaina.

L'orc s'apprêta à toquer à la porte. Il fut interrompu par un rire moqueur venant de l'intérieur, suivit d'un soupir las.

— Aegwynn, je vous assure que cela n'est pas drôle !

C'était clairement la voix de Jaina : Thrall la reconnaitrait entre milles. L'humaine semblait énervée – ou plutôt exaspérée ?

— Je crains pour votre fierté que si, lui répondit une autre voix féminine, celle d'Aegwynn. Cela est drôle, même si vous n'en êtes pas amusée.

— N'êtes-vous pas censée être inquiète comme moi ? Ces rumeurs pourraient porter préjudice à la bonne entente entre l'Alliance et la Horde.

— Nullement. Si la paix entre l'Alliance et la Horde est déstabilisée par ça, alors que n'est vraiment qu'un château de cartes destiné à l'effondrer.

— Vous aviez raison de dire que je regretterai de vous prendre comme chambellan...

Malgré l'agacement qu'il ressentait en comprenant ce qu'étaient ces « rumeurs », Thrall ne put s'empêcher de sourire lui aussi. Jaina ne perdait pas souvent son sang-froid et il était assez drôle – comme le disait Aegwynn – de voir qu'elle réagissait plus à de ridicules rumeurs que si Archimonde lui-même se tenait devant elle.

Il se reprit rapidement – Jaina ne serait pas ravie de voir qu'il se réjouie de son malheur, même si cela n'était pas le cas – et toqua à la porte, espérant que les deux femmes l'entendent.

— Tiens, on ne m'a pas averti que quelqu'un arrivait... entendit-il Jaina dire à voix basse, avant que la dame de Theramore hausse d'un ton. Qui est-ce ?

— Un ami, répondit Thrall.

La porte s'ouvrit aussitôt sur une Jaina apparemment ravie et confuse, ce qui contrastait avec son ton exaspéré juste avant.

— Thrall ! s'exclama la mage. Que faites-vous ici ?

— Je crains ne pas venir pour des réjouissances, avertit Thrall. Je désirais vous parler concernant ces... rumeurs qui sévissent également à Theramore d'après ce que j'entends.

— Tiens, il semblerait que les grands esprits se rencontrent, dit Aegwynn derrière eux en souriant. Je crois que je vais avoir une petite discussion avec vos gardes qui laissent entrer n'importe qui ici comme si c'était un moulin. Vous savez où me trouver si vous avez besoin de quoi que ce soit, Jaina.

Thrall grimaça légèrement alors que la chambellan passa devant eux et quitta la pièce. Il eut une petite pensée compatissante pour ces pauvres soldats qui avaient cru bien faire et qui allaient se faire réprimander pour cela.

— Entrez donc, invita Jaina. Puis-je vous servir quelque chose ?

— Du thé sera parfait, je vous remercie.

De toute manière, Thrall savait que c'était tout qu'il aurait à boire ici et s'en satisfaisait. Non seulement il n'avait pas une consommation excessive d'alcool mais en plus Jaina ne lui proposerait jamais une telle boisson, surtout pas ici.

Alors que Jaina apporta du thé, Thrall se permit de prendre place dans un des fauteuils de la mage, veillant à ne rien abimer en posant sa hache – dont il ne se séparait plus depuis la trahison de ce qu'il pensait être son plus loyal soldat – par terre, juste à côté de lui.

Après qu'ils eurent tous deux une tasse de thé en main, les deux dirigeants s'observèrent en silence. Thrall décida finalement de briser la glace en prenant la parole :

— Alors... pensez-vous que ces rumeurs sur notre prétendue relation amoureuse soient aussi sur les lèvres de nos alliés elfiques ?

Il fut amusé de voir que ces paroles – dites pour détendre l'atmosphère – firent réagir Jaina, qui déposa sa tasse de thé et soupira :

— Ne me dites pas qu'elles vous amusent, Thrall.

— Cela n'est pas le cas, assura l'orc, mais il semble qu'elles m'atteignent moins que vous. Sont-elles à ce point dérangeantes à Theramore ?

— Vous n'avez même pas idée, dit Jaina lassement. Rien que hier, ces rumeurs ont déclenché une bagarre dans une taverne.

— Quel rapport avec une bagarre d'ivrognes ? demanda Thrall.

— Le fait que cette taverne était répartie en deux camps. Ceux qui trouvaient ça ridicule que je puisse être amoureuse d'un orc – sans vouloir vous vexer, mon ami – et ceux qui défendaient l'idée que, si je l'étais, cela ne poserait aucun problème. Même les soldats de Theramore auquel j'interdis de prendre part à ces disputes s'en sont mêlés.

Thrall sourit. Il n'était pas vexer, loin de là. En fait, les réactions des humains face à cette rumeur l'amusaient.

— Cela ne fait que prouver la dévotion de votre peuple envers vous, Jaina. Ils semblent tous prêts à se battre pour défendre votre honneur.

Jaina soupira de plus belle.

— S'ils pouvaient s'arrêter, cela m'arrangerait bien. Je ne tiens pas à être à l'origine d'une césure entre mes citoyens juste à cause d'une rumeur.

— Dans ce cas, heureux de voir que nous partageons le même point de vue, dit Thrall. C'est justement dans le but de trouver une solution à ce problème que je suis venu vous rendre visite, Jaina. À deux, nous devrions trouver une solution durable. N'avons pas toujours été plus efficaces en unissant nos forces ?

À sa grande satisfaction, un sourire vint orner les lèvres de Jaina, remplaçant l'agacement qu'elle portait justement là.

— Vous dites vrai, mon ami, approuva Jaina.

En espérant que la venue de Thrall à Theramore n'alimente pas encore plus les rumeurs, évidemment...

. . .

Bien loin de là, chez les elfes de la nuit, Tyrande et Malfurion discutaient sous le clair de lune, dans un paisible jardin.

— Penses-tu que les rumeurs soient véridiques, mon amour ? demanda Tyrande.

— À quel sujet ? rétorqua le druide.

— La relation secrète entre la jeune humaine mage et le chef de guerre orc.

Malfurion sourit, passant une main sur sa longue et épaisse barbe.

— Qui sait, mon amour ? L'avenir nous le dira.


Voilà ! Bon, pour dire la vérité, à une époque j'imaginais bien Thrall et Jaina ensembles. Puis je me suis rendue compte que, même si ça aurait été sympa, ça aurait aussi été très cliché. Du coup je trouve ça plus amusant qu'ils soient amis et que les gens autour pensent qu'ils sont amoureux. Enfin, tout ça avant les évènements de World of Warcraft, du Déferlement, etc.