Salut ! Voilà le chapitre 4, j'espère qu'il vous plaira également. Je m'amuse bien à traduire tous ces OS sympas et c'est encore mieux de savoir que vous êtes là pour les lire ! Alors merci pour vos reviews.

Bonne lecture !

IV. TROP SUCRÉE

Tout compte fait, Reyna ne doutait pas assez d'elle-même. Léo savait qu'elle manquait de confiance en elle parfois, ce qu'il trouvait ridicule. En particulier lorsqu'elle doutait de sa beauté ou de sa capacité à diriger le Camp Jupiter.

Léo trouvait ces doutes-là ridicules. Reyna aurait mieux fait de se remettre en question dans d'autres domaines. Sa capacité à cuisiner, par exemple. Et par capacité, il voulait dire son manque totale de capacité en la matière.

En fait, Reyna était habituée à réussir dans tous les domaines. Elle était naturellement belle, calme, bien élevée, pleine de classe et absolument parfaite. Elle savait manier les armes, préparer des stratégies de guerre, se battre au corps à corps, mais par pitié, ne la laissez pas entrer dans la cuisine.

Léo entra dans l'appartement de Reyna et ses chiens l'accueillirent avec enthousiasme. Il leur tapota la tête et, horreur, trouva Reyna plongée dans un livre de cuisine.

- J'ai préparé le diner, dit-elle en lui adressant un sourire.

Elle avait ramené ses longs cheveux en chignon à l'arrière de sa tête.

- J'espérai que tu ne dirais pas ça.

Il essaya de faire une grimace. Elle le fixa, ignorant simplement sa remarque.

- J'ai fait des spaghettis, continua-t-elle.

Léo s'approcha d'elle et soupira.

- C'est pas des spaghettis si la sauce c'est du chocolat, Rey.

Il y avait tout d'abord son manque totale de talents culinaires : des fours brûlés que Léo avait dû remplacer par des fours magiques, des plats cassés, un nombre incalculable de casseroles fondues – ce qui était déjà assez dur en soit. Puis, il y avait son goût insensé pour le sucre.

Aussi sérieuse qu'elle soit, Reyna avait un sérieux problème avec le sucre. En fait, en y repensant, les signes avaient toujours été là : une table de travail couverte de dragibus, son affection pour le chocolat chaud... Son pégase portait le nom d'une marque de beurre de cacahuète – même si Léo avait mis du temps à s'en rendre compte.

- C'est pas du chocolat, dit-elle, irritée. Je sais bien que ça n'a pas marché la dernière fois, alors j'ai pas réessayé.

- Alors c'est quoi cette fois ? Gelée ? Caramel ?

Il jeta un œil à la casserole, mais Reyna posa violement le couvercle dessus avant qu'il n'ait pu voir à l'intérieur.

- De la carbonara ! s'exclama-t-elle en le fusillant du regard. Franchement, on dirait que tu penses que je suis une espèce d'invalide.

Il lui déposa un baiser sur le front.

- Mais non, dit-il en souriant. Les invalides sont parfaitement capables de cuisiner, alors que toi (son air snob lui donna l'impression de faire une parodie de Reyna), toi ma chère, tu en es incapable.

Il venait de franchir la ligne. Elle le fusilla du regard, ce qu'elle faisait lorsqu'elle était sur le point de s'énerver contre lui. C'était une vision effrayante, même si pour Reyna, s'énerver équivalait plus à une brise glacée qu'à une véritable explosion.

- Pars alors, dit-elle en pointant la porte du doigt. Tu ne veux pas manger ce que je cuisine, alors pars.

Elle haussa les épaules, mais Léo savait qu'elle faisait tout pour garder son calme. Il leva les yeux au plafond et s'assit à la table.

- Non, soupira-t-il. Tu sais que je ne peux pas partir.

Il lui adressa un sourire.

- Tu dis que tu cuisines, je reste, on mange ce que tu as préparé, on vomit, et tu recommences le mois prochain. C'est comme ça.

Reyna croisa les bras sur sa poitrine.

- J'ai pas besoin que tu restes.

Reyna ne jouait pas les victimes, elle n'avait vraiment pas besoin de lui, elle n'avait pas besoin de son avis. La jeune femme aimait ce qu'elle cuisinait, et à ses yeux, elle n'essayait pas, elle lui « prouvait » ses talents culinaires.

- Tu préfères quand c'est toi qui cuisine, donc…

- Ça c'est clair, dit-il en hochant la tête. Je suis un cuistot né, tandis que toi… enfin, on ne peut pas vraiment dire la même chose. (Il croisa les bras) Mais j'aime que tu sois trop bornée pour ne pas admettre que tu ne sais pas cuisiner et que tu as besoin d'aide, donc…

Elle le servit avant qu'il ne puisse finir sa phrase et s'assit en face de lui, les bras croisés.

- J'espère que tu vas vomir, déclara-t-elle en attrapant sa fourchette. Je sais cuisiner.

- Reyna, s'exclama-t-il, la bouche pleine. Y'a des dragibus dans ta sauce carbonara.

- Je sais.

Ça ne semblait pas la déranger le moins du monde. En fait, Reyna avait des goûts étranges. Elle aimait vraiment tous ces plats bizarres qu'elle préparait.

Les romains étaient vraiment étranges parfois.

- Je pourrais t'apprendre ? Juste une fois ? On pourrait au moins essayer et…

- Mange, Valdez.

Ils mangèrent en silence, jusqu'à ce que Léo se précipite dans la salle de bain.

Il avait déjà la tête dans les toilettes quand elle vint lui proposer une tasse de thé.

- Non, je peux pas te laisser le préparer, t'as dû y mettre une boite de marshmallows ou un truc du genre.

Elle s'assit à côté de lui par terre et lui tendit la tasse.

- Ne sois pas idiot, on ne peut pas rater une tisane.

Léo accepta la tasse avec enthousiasme.

C'était trop sucré.

Léo ne dit rien, cependant, ça n'aurait pas arrangé la situation. Et puis, il lui arrivait d'apprécier les goûts étranges de Reyna, c'était surement la seule explication au fait qu'il soit encore là.

Elle lui passa une main dans les cheveux alors qu'il se penchait de nouveau sur la cuvette.