Auteur : Nakano Hana
Traduction : Ariani Lee
Bêta-lecture : Shangreela
Note: Je tiens à tous vous remercier pour vos reviews (certains d'entre vous étant anonymes, je n'ai pas pu leur répondre personnellement). Je suis agréablement surprise de voir que bon nombre d'entre vous connaissent le dessin animé dont il est question, et je suis ravie de partager cette adaptation avec vous. Bonne lecture.
Plus Loin Que Dans Mes Rêves
Chapitre 3: Amnistie
Demyx : Il te fera perdre jusqu'à ta chemise…
Axel : Je préfèrerais plutôt qu'il perde aux cartes…
…un dix et quatre sept !
Roxas : Je gagne et je regrette…
Axel et Demyx : C'est un vrai cauchemar !
Roxas : C'est une belle victoire…
Roxas, Axel et Demyx : Ce n'est pas le fruit du hasard !
Trois ans plus tard…
- Je veux pas y aller ! Vous pouvez pas m'obliger !
Plusieurs serviteurs tiraient sur les jambes du prince et tentaient de le tirer du lit mais Roxas s'accrochait à la tête-de-lit comme si sa vie en dépendait, refusant de bouger d'un pouce.
Sur ces entrefaites, le roi Lucas entra, soupirant et secouant la tête.
- Roxas, nous devons nous mettre en route ! Le bateau va bientôt partir et nous ne devons pas faire attendre Ella et Axel.
- Père ! Je n'en peux plus de tout ça ! Je ne veux pas épouser Axel ! En plus, je n'ai même pas fait mes bagages et tu sais que j'ai le mal de mer !
- Roxas, s'il te plaît, pas aujourd'hui. Tiens-toi bien et fais un effort. Pour moi ?
Il lança à son fils un regard suppliant et battit un peu des cils pour faire bonne mesure.
Le jeune prince soupira. Il n'avait pas à chercher bien loin pour savoir comment il faisait lui-même pour obtenir tout ce qu'il voulait. Il avait de qui tenir : le regard que lui faisait son père réussissait toujours à le faire céder ! Il sortit de son lit et jeta sa malle dessus, avant de commencer à y balancer tous les vêtements qui lui tombaient sous la main, ainsi que quelques objets qui traînaient dans sa chambre en désordre.
- D'accord. Mais tu vas me devoir des tonnes de glaces à l'eau de mer après ça…
Cette union parfaite
D'Axel et Roxas
N'est pas le fruit du hasard
Pourtant chacun de nous peut voir
Que le point sur lequel ils sont toujours d'accord
C'est que l'idée de réunir leurs sorts
Est bizarre.
- Presque prêt, Ax ?
Le rouquin se retourna vers son ami, haletant un peu sous le poids de son fardeau.
- Ouais, Dem, mais vas-y doucement avec la marchandise, tu veux ?
Le châtain lui sourit.
- Bien sûr, t'inquiète pas.
Il hissa le sac sur son épaule avant de se faufiler de l'autre côté du mur, suivi d'Axel qui avançait beaucoup plus lentement, les bras chargés d'une grande et lourde caisse.
Merde, ce truc est vraiment lourd !
Mais ce qu'ils avaient planifié en valait la peine, il le savait. Roxas serait là d'ici moins d'une heure et demie et il allait avoir la surprise de sa vie, oh oui !
Après un moment de lutte et de gros efforts, ils parvinrent enfin à hisser leur fardeau dans la cabane. Ils n'avaient plus qu'à attendre l'heure H, ce qu'ils firent en grignotant des glaces à l'eau de mer et en échangeant des regards et des rires de connivence.
- Oh, ça va être terrible ! Toi, mon ami ! Tu es un véritable génie du mal pour avoir monté ce coup-là !
Axel assena à Demyx une telle claque dans le dos que le pauvre garçon s'étouffa avec sa glace avant de lui sourire en retour.
- N'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu ferais sans moi ?
Ils restèrent assis en silence pendant un petit moment, à écouter le chant des oiseaux et le bruit des soldats qui s'entraînaient en contrebas. Puis le sourire d'Axel s'élargit encore.
J'ai trop hâte de voir la tête qu'il va faire ! Ça va être épique !
- Hé, Ax ? J'ai une question à te poser. Ça me turlupine depuis un bon moment, déjà…
Le rouquin regarda son ami, étonné.
- Bien sur, Dem. Vas-y. A quoi tu penses ?
Le garçon lui fit face, l'air mal à l'aise, se grattant l'arrière du crâne et choisissant ses mots avec soin. C'était toujours un sujet un peu spécial pour le prince…
- Ne vas pas croire que ça ne m'amuse pas autant que toi d'embêter le gamin, Ax. Il est vraiment pénible des fois. Mais je trouve que tu lui accordes beaucoup d'attention, pour un petit morveux qui te scie les nerfs.
Il y eut un long silence et avec un regain de nervosité, Demyx remarqua que l'un des sourcils d'Axel se contractait légèrement – c'était un tic, chez lui.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda-t-il et sa voix resta neutre, même s'il serrait un peu les dents.
Demyx soupira. Tant pis pour la subtilité.
- Ce que j'essaye de te demander, c'est si… hum, Axel… Est-ce que tu l'aimes bien ?
Les yeux du prince s'écarquillèrent, il s'étrangla et recracha le bâtonnet de la glace qu'il venait d'avaler tout rond, se frappant le torse du poing pour s'assurer que tout passe bien. Puis il jeta à son ami un regard qui exprimait tout son dilemme – envie de meurtre ou pure et simple incrédulité.
- Quoi ? Tu crois que je… Mais… Où t'es allé chercher une idée pareille ?
Demyx haussa un sourcil à son attention.
- Ma foi, il y a des moments où, à t'entendre, on dirait qu'il t'obsède. C'est comme toute cette machination que tu as voulu que je mette en place. Pourquoi est-ce que tu y consacres tant de temps et d'énergie ? Pourquoi tu t'en soucies à ce point ?
Le rouquin piqua un fard.
- C'est parce que j'en ai par-dessus la tête de devoir tout le temps le surveiller ! Il est assez grand pour se débrouiller tout seul maintenant ! Avec tout ce que j'ai dû subir par sa faute, je devrais légitimement avoir le droit de m'en prendre à lui !
Mais son compagnon ne trouva pas son argument valable.
- Moi, je pense qu'en fait tu l'aimes bien ! Alors crache le morceau !
Demyx le regarda fixement, guettant ses plus infimes réactions.
- Non, pour la dernière fois. Je. Ne. L'aime. Pas !
Là, ça y était : le prince était proprement exaspéré. Il jeta à ami son regard le plus noir, le mettant au défi de poursuivre.
Après une nouvelle pause, Demyx soupira.
- Ben… Tu devrais peut-être envisager de tenter le coup, alors, Axel. Je veux dire, vous êtes promis l'un à l'autre, tous les deux, alors tu devrais au moins essayer de l'apprécier. J'ai l'impression qu'il t'aime bien…
Il accentua cette dernière phrase d'un grand sourire et d'une bourrade.
Axel s'indigna, croisa les bras et secoua la tête.
- Jamais de la vie j'accepterai de jouer le stupide petit jeu de ma mère ! Peut-être qu'il m'énerverait moins s'il arrêtait de me battre aux cartes.
Demyx sourit.
- Et aux échecs, et au tir à l'arc, et à l'escrime, et au tennis…
- C'est bon ! C'est bon ! Ça va, j'ai compris, là, Dem ! Et je pensais qu'on était d'accord pour dire que c'était uniquement la chance du débutant !
Malgré les grommellements de son ami, le sourire du châtain ne fit que s'élargir.
- Bien sûr, Ax, bien sûr…
(\l/)
- Sa majesté le roi Lucas de Kisyria, et son altesse royale le prince Roxas de Kisyria !
Le sergent se mit au garde-à-vous pendant que ses hommes aidaient Roxas et son père à descendre de leur fiacre. Le jeune blond avait l'air de quelqu'un qui donnerait tout pour être ailleurs plutôt que là où il se trouvait, comme d'habitude, mais le roi souriait gracieusement à son hôtesse. S'approchant, il prit sa main et la baisa avec délicatesse.
- Ma chère Ella, tu es superbe aujourd'hui. J'espère que cette année s'est bien passée, pour toi et pour Axel ?
La reine gloussa doucement et acquiesça
- Bien sûr, Lucas. Tout s'est passé à merveille.
Elle baissa les yeux vers Roxas et lui tapota le haut du crâne comme elle en avait l'habitude elle rit à nouveau lorsque ce dernier chassa sa main et tenta d'aplatir ses mèches indisciplinées qui étaient à présent encore plus en désordre.
- Roxas, mon chéri, pourquoi n'irais-tu pas rejoindre Axel ? Demyx est là, aujourd'hui, mais je pense qu'il ne va pas tarder à rentrer vous pourrez passer un peu de temps ensemble, rien que tous les deux.
Son sourire s'élargit et elle fit un clin d'œil à Roxas, tout en feignant de ne pas le voir faire semblant de vomir. Le vieux roi le réprimanda d'une tape sur la tête, avant de pointer sévèrement la reine du doigt. Roxas fit la grimace et une révérence.
- Oui, madame. Merci…
Et il partit trouver Axel, bien que sa démarche ne trahît pas une once d'entrain. Au contraire, il avançait en voûtant les épaules, davantage comme un condamné qui va à la potence que comme quelqu'un qui va passer du temps avec un ami…
Après son départ, le roi et la reine éclatèrent de rire en chœur, congédièrent les gardes et allèrent s'installer dans un petit salon.
- Est-ce qu'il va bien, Lucas ? Il n'a pas l'air très en forme, aujourd'hui.
- Il est devenu ombrageux, ces derniers temps. Un comportement typique des adolescents, si je ne m'abuse. Comment, Axel n'a-t-il donc jamais eu de sautes d'humeur ?
La reine rit encore et prit une gorgée de thé.
- Oh, si, bien sûr que si – d'ailleurs, je doute qu'il arrête jamais d'en avoir !
Elle soupira un peu.
- Les garçons… ils sont encore si jeunes et insouciants, à cet âge… Mais il me semble que notre plan fonctionne à la perfection, qu'en penses-tu ? ...
- Ma foi, je ne peux rien dire quant à ton fils, mais j'ai déjà surpris Roxas à rougir, même si ce n'est qu'un peu, quand quelqu'un parle d'Axel. Et il proteste aussi beaucoup moins qu'avant quand il s'agit de se mettre en route pour venir ici Qu'il refuse ou accepte de l'admettre, je crois bien que le cher garçon commence à avoir un faible pour ton petit Axel…
Le reine Ella se mit aussitôt à applaudir et à rire, tout excitée par cette nouvelle.
- Oh, merveilleux ! Axel aussi semble attendre vos visites avec plus d'impatience qu'avant. Je crois vraiment qu'ils commencent à voir la lumière !
Lucas sourit en sirotant son propre thé.
- C'est à espérer. Ils sont aussi entêtés l'un que l'autre, j'en suis convaincu.
- Oh, c'est un fait ! Ils formeront un couple parfait! J'espère seulement, mon cher, qu'Axel n'attendra pas trop longtemps avant de faire sa demande !
(\l/)
- Il arrive, Axel ! Tu as tes munitions ?
- Bien reçu, Demyx ! Il ne reste plus qu'à attendre qu'il soit au bon endroit.
Les deux garçons guettèrent furtivement par la fenêtre de la cabane leur petite cible blonde qui approchait de l'arbre. Son visage était en partie caché dans l'ombre, mais il était clair qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qui allait bientôt lui tomber dessus. Littéralement.
Parfait…
- Axel ? Tu es là? Tu peux m'envoyer l'échelle?
Le rouquin ricana, jouant négligemment avec les ballons qu'il tenait en main, attendant le moment le plus propice. Il jeta un bref coup d'œil à Demyx qui hocha la tête et d'un même mouvement, tous deux levèrent les bras.
- Axel ? S'il te plaît ! Tu es là? Je… ARGH!
Soudain, une pluie de ballons de toutes les couleurs s'abattit sur lui, le bombardant impitoyablement. Roxas glapit et, instinctivement, leva les bras au-dessus de sa tête pour s'abriter, reculant et vacillant sous la violence de l'attaque.
- H-Hé ! Qu-'est-ce que... AÏE ! Axel ! A-Arrête!
Un liquide rouge et nauséabond l'éclaboussa, le détrempant de la tête aux pieds, et lorsque l'assaut s'interrompit enfin, ses vêtements étaient si immondes qu'ils en étaient méconnaissables. Roxas se regarda, répugné, avant de lever les yeux vers les deux garçons perchés dans la cabane.
Axel et Demyx s'étouffaient de rire, enfin visibles. Axel se tenait les côtes et avait du mal à garder son équilibre, on aurait dit que son estomac menaçait d'éclater.
- Tu aurais dû voir ta tête, Roxas ! C'était absolument parfait !
- Ouais, on l'a bien eu, pas vrai, Axel ?
Ils continuèrent de rire aux larmes, incapables de s'arrêter, jusqu'au moment où un bruit leur parvint – celui d'un sanglot étranglé.
Axel se pencha et put enfin voir clairement le visage de Roxas les yeux du prince s'écarquillèrent quand il vit qu'il pleurait. Dans les profondeurs de ses yeux bleus, fureur et chagrin se mêlaient en tourbillonnant, et des ruisseaux de larmes dévalaient ses joues sales et cramoisies. Il restait muet, les mâchoires crispées, et se contentait de se tenir là, le dos raide et la tête haute, ses poings serrés tremblants à ses côtés. Il avait l'air réellement bouleversé.
Une seconde plus tard, il tournait les talons et s'encourait à travers les arbres en direction du château, plantant là les deux garçons, pétrifiés dans un silence coupable.
Le prince se tut un moment. Il s'était attendu à ce que le jeune garçon se mette en colère il avait même attendu ça avec impatience. Il avait renoncé - même si seulement par devers lui - à nier le fait qu'il trouvait les moues de Roxas absolument adorables, et il avait pensé qu'il serait amusant de le provoquer en lui faisant une bonne vieille farce. Rien d'inédit, vraiment…
Mais l'explosion de Roxas – ou plutôt son absence d'explosion, en l'occurrence – l'ennuyait, et il se sentait minable. Il n'arrêtait pas de revoir son regard, encore et encore, et quelque chose lui mordait le cœur.
- Je pense qu'on lui a vraiment fait de la peine, cette fois, Axel.
Demyx le regarda tristement. Axel se sentait d'autant plus mal qu'il avait entraîné son ami là-dedans. Demyx était quelqu'un de vraiment gentil il n'avait fait que le suivre, comme d'habitude. Il n'était pas du genre à être désagréable ou méchant, et il n'avait jamais bien su gérer la culpabilité et le découragement.
- Hé, qu'est-ce que tu veux que moi, j'y fasse ? Répliqua Axel en lui lançant un regard noir, se croisant les bras dans une attitude inconsciemment défensive. Moi, je trouve que le plan s'est déroulé à merveille !
Demyx soupira et secoua la tête avant d'attraper son sac. Il n'accorda pas un regard à Axel durant tout le temps qu'il lui fallut pour rassembler ses affaires, et ignora les « Quoi ? » du rouquin jusqu'au moment où il fut sur le point de sortir.
- Il faut que je rentre, maintenant, Axel. J'ai dit à mes parents que je reviendrais tôt. Mais je vais lui demander pardon, la prochaine fois que je le verrai, et je pense que tu devrais en faire autant. Faire des blagues et tout ça, c'est marrant, oui, mais je sais que tu ne le détestes pas au point de vouloir lui faire si mal.
Axel réprima un soupir de frustration, mais il savait que Demyx avait raison. Ce dernier lui passa la corde, et le prince descendit rapidement, se balançant sans mal jusqu'au pied de l'arbre avant de se lancer sur les traces de Roxas.
Moi et mon foutu cœur, ça me fait mal…
Demyx le regarda s'éloigner, un petit sourire sur le visage, en s'apprêtant lui-même à descendre.
- Bien joué, Ax…
(\l/)
Axel savait exactement où le blond s'était enfui; son refuge préféré, c'était la fontaine du parc. Elle faisait partie d'un ensemble, dont l'autre partie, pratiquement identique, se trouvait à Kisyria (la seule différence, c'était que le cygne de pierre de Kara avait des yeux d'émeraude), et Roxas avait l'habitude d'aller se cacher derrière quand il voulait être tranquille. Il restait là des heures, à regarder dans l'eau. Axel savait que c'était le seul endroit à Raza où il avait un peu moins le mal du pays, alors il s'y rendit sans détour.
Il avait raison, car en s'approchant de la vieille fontaine, il entendit des sanglots lui parvenir depuis l'autre côté. Roxas était assis contre le bord, il pleurait contre ses genoux repliés, toujours couvert de jus de légumes malodorant. Il leva brièvement les yeux en entendant Axel approcher, mais détourna rapidement le regard puis s'écarta vivement quand l'autre garçon s'assit à côté de lui.
- Roxas… Ecoute, je suis désolé, d'accord ? Je… je voulais pas te faire pleurer…
Le jeune prince le regarda, les joues souillées de jus et de larmes.
- Alors pourquoi, Axel ? Pourquoi est-ce que tu t'en prends sans cesse à moi? Est-ce que tu me détestes vraiment à ce point ?
Il y avait un peu de colère dans ses yeux, mais bien moins que de désespoir et de tristesse. Axel soupira et lui prit la main.
- Non, Rox. Je ne te déteste pas.
Mais le blond n'était pas satisfait. Il se dégagea brusquement et lui jeta un regard qui se voulait furieux, mais qui n'était que las.
- Tu l'as dit la toute première fois que tu m'as vu ! Je ne t'ai même jamais rien fait, et toi, tu n'as jamais été que méchant avec moi !
Roxas étrangla un nouveau sanglot et pressa à nouveau son visage contre ses genoux.
- Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?
Axel tendit la main pour prendre le menton du petit prince et le forcer à se tourner vers lui. Il chercha du regard ses yeux bleus et brillants du pouce, il frotta sa joue, la décrassant un peu.
- Tu n'as rien fait de mal, Roxas. C'est juste moi qui suis… bizarre, d'accord ? Soupira-t-il, en continuant de caresser doucementsa joue, même s'il n'y avait plus rien à cet endroit.
- Je ne t'ai jamais vraiment détesté, j'en avais juste assez de devoir toujours te garder, même quand j'avais pas envie. Et j'étais amer, aussi, à cause de nos parents qui ont décidé que nous devions être ensemble sans m'avoir demandé mon avis avant…
Il lui fit un sourire rassurant et lui ébouriffa les cheveux. Le blond semblait comprendre, mais il continuait de renifler et de se frotter les yeux il avait l'air triste et pitoyable. Axel soupira avant de se pencher vers lui pour l'attirer dans ses bras. Il le serra contre lui, étroitement, et lui donna de petites tapes dans le dos.
- Je suis désolé, gamin… Vraiment désolé…
Roxas se raidit un peu au contact d'Axel, puis se rendit compte que sa chaleur était réconfortante et décida de ne pas se plaindre. Lentement, il l'étreignit en retour et rougit légèrement quand le rouquin lui sourit.
- Je sais bien que toute cette histoire de fiançailles ne te plaît pas plus qu'à moi, mais ça ne sert à rien de s'en vouloir mutuellement pour ça.
Axel se releva en parlant et remit Roxas debout au passage.
- Essayons au moins d'être aimables l'un avec l'autre, à partir de maintenant, d'accord ? Amis ?
Il tendit la main et sourit un peu plus.
Roxas observa sa main pendant un instant, incertain, mais il regarda Axel bien en face, et lut dans ses yeux verts pleins de gentillesse qu'il disait la vérité. Il sourit un peu, et serra fermement la main tendue.
- D'accord… Mais tu dois promettre que tu vas arrêter de me martyriser, d'accord ?
Axel sentit son cœur se réchauffer un peu à son sourire, mais n'en pensa rien sur le moment.
- Bien sûr, Roxy. Maintenant, allons donc te laver…
(\l/)
Depuis les fenêtres d'une des hautes tours, le roi et la reine observaient leurs enfants en souriant. La reine faisait des bonds, survoltée, en dépit de son âge, et le roi couvait d'un regard aimant les deux garçons. Axel emmenait Roxas vers le château. Ils se tenaient par la main et se souriaient sincèrement, pour la première depuis très longtemps.
Quelque chose de nouveau était né, ce jour-là. Les garçons commencèrent à se comporter avec plus de maturité et à jouer ensemble plus naturellement. Ils n'étaient toujours pas vraiment « amoureux », mais le premier pas avait été fait, pour ce que la reine pouvait en voir. Pour elle, il y avait de l'amour dans l'air, c'était sûr, et plus le roi Lucas regardait son fils sourire à Axel, plus il avait la même impression.
