J'aurais voulu être Dieu : La beauté de l'art, c'est que justement il n'a pas besoin d'être beau pour en être. (Et je sais de quoi je parle.)

Note d'une ex-junkie à son parrain : J'ai les pensées si claires que ça ferait presque mal. Je me prends pour une artiste quand je relis ce que j'ai écris sous son influence. Je me demande si j'ai vraiment bien fait d'arrêter la fumette parfois. En même temps je commençais à ressembler à une gangsta/rasta/wesh-wesh (et le correcteur google ne connaît pas gangsta, ça me fait bien marrer ça, tiens). D'un autre côté je roulais mieux que Bob Marley et je tenais tellement que ça ne changeait plus rien à mon comportement. Mon état normal c'était défoncée. J'étais heureuse, aussi. Maintenant, ne me demande pas si je le suis, je risque de te casser la gueule avant que t'ai eu le temps de comprendre ce qui t'arrives. Je ne sais rien, je ne veux rien savoir et tout va bien, mec. Tiens encore une chose que j'ai gardé de ma période droguée : "mec", je le disais cinquante fois par jour, normaaaaaaal. Là j'ai vu personne depuis quatre jours, hier j'ai joué à massacrer des hobbes jusqu'à six heures du mat', j'avais commencé à dix-neuf heures. Je suis devenue une geek, une grosse no-life mais je m'autokiffe, babe. Mon cousin est dégoûté que j'ai arrêté la défonce parce que "Bordel meuf, t'avais de la bonne weed", pour me faire craquer il m'a fait joué à halo mode légendaire avec "Bonne weed" de Taïro en fond sonore. Raté, mec, j'ai plus de volonté que ça. Je dois voir une de mes potes rasta dans la semaine, je sais que si elle me sort un putain de oinj, c'est fini. Je vais craquer, sa mère la pute. Je suis allée en course, je tenais à peine debout. J'ai cru que j'allais be-ger sur la caissière tellement le cognac passait pas, en plus je me suis trompée de yaourt. Rien à battre, c'était pas pour moi. Je crois que je vais me faire virer de chez moi. En plus, j'ai fini le kirsch en regardant "Bad teacher". Non ils vendent pas d'alcool dans les cinémas (ce qui entre nous et un tord), j'ai téléchargé comme la grosse bouffonne asociale que je suis. Comme tu peux le voir, cher parrain, tout va bien, je n'ai pas repris de marijuana, nooooooooon, je préfère me bourrer la gueule. C'est tellement mieux vu dans ce putain de pays.

JE COÛTE PLUS CHER QU'UN A380.

Bonne lecture, mec.


Lucidité

Chapitre trois

Je est un autre

On ne change jamais, on accepte juste d'être ce que l'on est réellement. Ouvrir les yeux sur celui qu'on est fait mal, je m'en rends compte aujourd'hui. Je ne me détruit pas par véritable envie. Je le fais parce que j'ai peur. Peur d'être heureux, une peur irréelle qui m'empêche d'avancer. Au fond je pense le mériter. Je crois mériter la destruction et uniquement cela.

J'ai une trop mauvaise opinion de moi-même, je l'accorde, je ne vois que mes défauts et occulte mes rares qualités. Cela a toujours été ainsi. J'ai étouffé mes élans de compassions, les ai caché. Je préfère être un monstre aux yeux de tous que de laisser croire qu'il y a de l'espoir quand à mon humanité.

J'ai préféré tué un enfant plutôt que de montrer que j'aurais pu être un homme bien. Mon propre frère, il avait besoin d'une greffe, j'étais le seul compatible et j'ai refusé. Sans aucun remord. Il n'a pas eu de greffe à temps, il est mort. Il avait trois ans et moi treize. Ma seule remarque fût : "Ce n'est pas grave, il n'avait pas conscience de vivre".

La gifle a fusé et je n'ai fait que rire, tout en parlant des vices de celle qui me l'avait donné. Je l'ai rendu ivre de culpabilité, je lui parlais d'une voix basse, venimeuse, empoissonnant chaque part de sa raison jusqu'à ce qu'elle en pleure, qu'elle me traite de monstre. J'ai ris encore plus fort en lui murmurant sa lâcheté à l'oreille.

Cette femme, cette chose qui ne faisait plus que sangloter pitoyablement c'était ma mère. Je ne me suis jamais excusé, ni cette fois, ni jamais. J'ai fait ce que je devais faire. Je ne regrette pas, sauf parfois, la nuit, quand la vodka me berce et que cet autre moi apparaît, cet autre empli de regrets et prêt à changer. Il fini par disparaître mais hante mes yeux, mes songes.

Cet autre, on l'appelle l'inconscient. Je l'étouffe, le tue, je voudrais être seul à diriger mes actes. Mais il y a l'inconscient, cette partie de moi que je ne considère pas comme mienne mais qui m'influence sans que je veuille l'admettre. Je suis bien trop fier pour cela.

J'ai peur de cette vie inutile, de cette transe gracile, de cet équilibre fragile qui me tue jour après jour et nuit après nuit.


Je me serre contre lui, même si sa chaleur ne m'atteins pas. Cela fait bien trop longtemps que le froid a pénétré mes chairs, qu'il s'est cristallisé en moi. Blaise, tu es mon meilleur ami et tes bras ont beau ne pas être ceux d'Eden, ce sont ceux qui s'en approchent le plus. Ta tendresse me calme, ton regard me renvoie au mien.

Tu me connais si bien, tu sais à quel point je suis horrible et dur. La vie nous rends ainsi, si on ne l'est pas, elle nous tuera. La naïveté est dangereuse. La vie ne nous permet pas d'être gentil. Elle nous apprend la cruauté, la douleur. Le silence qui s'installe en un instant et la mort brutale nous réduisant à néant.

Et parfois ces tremblements infimes indiquant la fin d'une ère et le début d'une autre. Rien n'est écrit à l'avance mais nous nous construisons seul, tout seul. La solitude nous fait peur, nous en auront toujours peur. Les autres nous rassurent et nous prouvent que nous sommes tous liés. Liés par la cruauté de la vie que nous partageons. Tous différent mais tous semblables. Ne me jugez pas, vous êtes comme moi au fond.

"Black, tu veux bien m'accompagner faire les boutiques ? Il faut que je m'achète des vêtements pour cet hiver."

J'hésite tout en consultant mon agenda. Je n'ai rien de mieux à faire. Je joue avec ma carte de crédit tout en songeant à acheter quelque chose à Eden.

"Pas de problème. J'arrive dans vingt minutes, ok ?

-Je t'attends."

Je m'habille rapidement : pull noir en cachemire, jean brut Levi's, écharpe en soie véritable, puis je pars. Le taxi est long à venir. Je fume une cigarette et tente de me réchauffer. Le taxi arrive, j'entre dans son habitacle chaleureux. J'indique ma destination au chauffeur.

Je le force à aller plus vite pour être à l'heure. Il s'arrête devant un immeuble de verre où attends une jeune femme, les yeux cernés de noirs et tirant sur un joint l'air de s'ennuyer ferme : Lilyanne. Elle m'aperçoit et me fait un grand sourire.

"Black, tu es splendide !"

Je la serre dans mes bras avant de l'entraîner vers le taxi. Elle indique le chemin au chauffeur. Elle me parle de son nouveau copain, charmant, bon chic bon genre, presque parfait. Je suis heureux pour elle. Nous sommes arrivés, elle me désigne un magasin en particulier. Je la suis.

Elle déambule entre les portants, un sourire accroché aux lèvres et les yeux brillants. J'observe plus calmement, cherchant quelque chose qui puisse attirer mon regard. Elle semble au paradis et elle m'entraîne avec elle, me tenant la main pour ne pas me perdre. Elle prends une tonne de vêtement avant de se diriger vers les cabines d'essayages. Nous bousculons tout le monde pour qu'elle passe en premier.

Je l'aide à s'engouffrer dans la première que nous trouvons libre. Je me tourne pour la laisser se changer. Je joue avec le pull que j'ai choisi pour Eden, nerveusement. Elle me dit que je peux me tourner. Elle est magnifique. Elle désigne le pull entre mes mains.

"Tu devrais lui prendre, elle va l'adorer.

- J'espère, je désigne les affaires qu'elle porte, ça te va super bien. Je te les achète."

Elle proteste mais je balaye ses objections d'un revers de la main. Nous passons à la caisse puis allons prendre un verre. Elle prends un cosmo et moi une vodka tonic.

"Alors avec Eden ?

- Eh bien, je me suis disputé avec elle, c'est pour ça le pull, pour lui montrer que je suis désolé.

- Elle n'est pas achetable, tu sais ?

- Je sais mais je suis perdu. Je ne sais pas quoi faire.

- Je vois. Et Blaise, tu lui en as parlé ?

- Non, il m'en voudrait. Il m'en veut déjà.

- Parles-en lui, il sait toujours quoi faire. Il t'aime trop pour te laisser dans la merde.

- C'est normal, c'est mon meilleur ami.

- Peut être."

Ses yeux se voilent un instant. Je n'y prêtre pas attention, je suis ailleurs.

Il y a cette torpeur qui m'anime parfois, cette mélancolie qui se dessine sous mes trop rares sourires, rendant mon regard plus intense, plus doux et en même temps plus dur à soutenir. Ce frisson de désespoir qui me parcoure et cette envie de sentir la brûlure d'une peau contre la mienne.

Cette envie à laquelle je cède égoïstement, sans penser aux conséquences. Juste l'oubli que la chaleur humaine m'apporte. Malgré que je n'oubli qu'un temps et que j'en fasse souffrir d'autre. Je m'abandonne entre les bras assassins d'agneaux innocents que je corromps, leur prenant leur pureté avant de les quitter.

Je m'en vais vers d'autres bras qui m'apporteront à nouveau un semblant de chaleur. Une chaleur factice. Ma lumière s'est consumée, j'ai voulu qu'elles la rallument mais très vite j'ai compris que ce n'était qu'une solution éphémère, qu'une seule pouvait la raviver à long terme.

Je suis trop fier pour revenir vers elle et j'ai trop honte. Honte de cette haine qui me serre le coeur, qui m'empêche d'avancer et m'enferme dans cette douleur salvatrice, destructrice. Alors la mélancolie reste ancrée dans mes chairs, imprégnant mes gestes d'une lassitude immense. Je suis las, las de tout avoir. De ne me battre que contre moi-même. J'en ai assez de ces combats sans fin entre ma raison et mes envies.

Mes yeux ont terni la beauté du monde d'un voile d'ennui. J'ai tout vu. Tout fait. Tout détruit.

Je me suis perdu dans la contemplation d'un champs de ruines : ma vie. J'ai pensé ne pas pouvoir reconstruire. J'ai pensé que c'était fini et qu'il n'y avait plus rien à faire. J'ai eu tord. Sous les ruines, encore invisible, s'est créé lentement un espoir porté par un simple remous dans mon âme.

Cet espoir s'est développé sous la surface pour finir par percer celle-ci. Je l'ai nié mais bientôt cela devint impossible. Il dirigeait mes actions, brillant au fond de mes yeux. Il y brille encore, peut être encore plus fort qu'avant. Je ne le comprends pas, je ne me comprends plus.

Tant d'excès, trop de sagesse, l'un équilibrant l'autre, jusqu'au jour où je tomberais d'un côté. Il n'y a pas de juste milieux, mon équilibre est bien trop instable. Cette haine, cette violence derrière laquelle je me cache. Je cache mes sentiments parce que les montrer c'est être vulnérable et la vie ne me permet pas de l'être. Je me dois d'être fort et d'effacer les traces faiblesses de mes yeux.

Et pourtant, j'aimerais m'enfuir de cette vie trop fade. Et pourtant, je suis incapable de partir.


Prend-moi par la main. Sauve-toi. Emmène-moi loin d'ici. Arrête-toi. Laisse-moi respirer un instant. Reprend-toi. Cours avec moi. Enfuis-toi. Abandonne-moi. Sauve-toi. Prend-moi. Sauve-toi. Aime-moi. Sauve-toi. Tue-moi.

Je t'aime. Juste une exception. Des paroles que l'on regrette à peine murmurées. On ne peut s'en empêcher, les mots coulent, s'échappent de nos lèvres entrouvertes. Ils flottent dans l'air, incertains, comme une barrière invisible. On voudrait la franchir mais on n'y parvient pas. On reste immobile, comme sonné. La nausée nous aucuns son ne sort de nos lèvres scellées.

Les mots ne nous viennent pas. Ils ne sont pas assez forts. On s'en rend enfin compte. Une étreinte, mortelle ou passionnée. Un corps à corps. Une grande ou une petit mort. Haine ou amour. Tellement proches, tant opposés. Au final, cela ne sert à rien de s'emporter. Les mots ne sont ... que des mots.


Ses yeux se sont tus ne me montrant plus que le vide extrême de son être. J'ai vu le désespoir au fond de ceux-ci, ce qu'il m'a toujours caché, que je devinais parfois sans vouloir me l'avouer. Il ne devrait pas l'être. Il ne doit jamais l'être. Mais il l'est et je n'y peux rien.

Malgré que j'en crève d' ne connais pas la cause de ce vide et il ne me la dira est bien trop fier pour cela et je ne voudrais pas le blesser en lui demandant car il le sera, assurément. Je le découvrais seul, même si cela doit me détruire.

Il mérite que je prenne ce risque pour tout ce qu'il a fait pour moi. Pour toutes les fois où il a séché mes larmes, pour toutes les blessures qu'il a soigné. Toutes les fois où il m'a redonné l'envie de me battre, où il s'est battu pour moi, prenant les coup à ma place, se sacrifiant pour que je continue à vivre.

C'était lui et moi contre l'humanité entière. Ça ne l'est plus, je l'ai abandonné comme un lâche, dès que j'ai rencontré Eden. Je n'en suis pas fier mais je vais me rattraper. Je te le promets Blaise.

Je ne suis gentil, ni beau. J'aime faire souffrir les autres, les manipuler, me jouer d'eux et tout gagner. J'ai toujours eu tout ce que je voulais, des stylos plumes neufs de mon voisin de classe à six ans, à sa copine dix ans plus tard. Sans grand effort, je dois l'avouer. J'ai le genre de caractère pour mais je ne vois pas l'intérêt de manipuler les autres à grandes échelles.

Je suis à la limite de la misanthropie mais quelques personnes me rattachent encore à la civilisation. De plus j'aime faire souffrir les gens pour observer leur différentes réactions, c'est un véritable jeu pour moi. Mais il y a ceux qui s'accrochent. Dans ces cas là, je me comporte d'une façon véritablement odieuse. Je ne suis plus moi, je suis pire.

"Dis-moi, pourquoi on fait ça ? Pourquoi on aime ? Pourquoi on se détruit ? Pourquoi on baise ? Pourquoi on cours ? Pourquoi on se bat ? Pourquoi on continu malgré tout ? Pourquoi on fait n'importe quoi ? Oui, Pansy, dis-moi pourquoi ? Pourquoi on se fait du mal ? Pourquoi on ris ? Pourquoi on boit ?

Pourquoi on respire encore ? Pourquoi on pleure ? Pourquoi ce gâchis universel ? Pourquoi on souffre ? Pourquoi on y crois quand même ? Pourquoi on vis ? Pourquoi je souffre autant ? Pourquoi j'ai envie d'en finir à chaque instant qu'y passe alors que je voudrais vivre ?

- On le fait parce qu'on est humain. C'est dans notre nature, Black, on n'y peut rien. C'est pus fort que nous, on est obligé de le faire mais on garde espoir parce que c'est ce qui nous fait tenir.

- Je me sens tellement seul. Je dis aux autres que je vais bien mais au fond ce n'est pas pour eux, c'est moi que j'essaye de convaincre. Il me semble que toute ma vie n'a été qu'un mensonge, que tout ceci n'est qu'un rêve. Mais la douleur que je ressens et si réelle. Tu sais, c'est comme si je regardais ma vie avec un regard extérieur. Je n'ai pas conscience de mes actes.

Je me surprends à refuser la banalité, à trouver le système trop étroit pour moi. Je me rends compte que j'aime quand c'est amer et doux en même temps, que je perçois la beauté dans la laideur dans ce monde où ce qui est laid est rejeté. On pourrait dire que je suis anticonformiste mais je me conforme à mes propres idéaux.

Je suis un paradoxe, j'adhère au culte de l'apparence mais en même temps je l'exècre. Je me cache derrière des adjectifs tranchés alors que tout est en demi-teinte chez moi. Je me dis simples alors que je suis terriblement compliqué. Je parle souvent pour ne rien dire, ne dit pas assez l'essentiel et quand je le dis c'est de façon trop abrupte, sans y mettre les formes.

Quand il s'agit de sentiments, je me surprotège, j'ai été jusqu'à apprendre à les contrôler. Alors que sous toutes ces couches de froideur se cache mon côté passionné. Celui qui me dirige en réalité. Je prends des décisions sur des coups de têtes et ne me soucie plus du lendemain.

Je refuse d'avoir peur de qui ou de quoi que ce soit, de suivre ce parcours ennuyant qui fait qu'on devient tous pareil. On pense trop à l'avenir et on oublie le présent. On oublie nos rêves que l'on a jamais eu l'audace de réaliser. Moi je ne rêve que d'une chose : vivre.

Je ne veux pas d'une vie longue et monotone. Je veux de l'intense, de l'extraordinaire, ressentir la vie me brûler les veines avec violence, ne jamais avoir à regretter de ne pas avoir suivi mon instinct. Et tant pis si je regrette plus tard, quitte à me détruire, autant que ce soit moi qui me mène à l'abattoir, non ?

Je refuse de suivre les traces de mes aînés. On m'a appris à réfléchir, à me poser des questions. C'est ce que j'ai fait, je me suis posé des questions, beaucoup. Une seule est revenue sans cesse : est-ce que je veux vraiment suivre la route que l'on a tracé pour moi ?

Au fil des années, cette question est revenue, de plus en plus forte, de plus en plus pressante. La réponse s'est imposée d'elle-même. Non, ce n'est pas ce que je veux. Je refuse que l'on me prive de mon droit le plus strict : le libre arbitre."

Je ne chéris que deux choses : la liberté et la vie.

A suivre ...

Troisième chapitre : Posté. Quatrième : POV mystère, traîne dans un coin. Postage : Entre lundi et dimanche. Réclamations : Je suis sourde, mec.

"Je ne veux pas. Je ne veux plus jouer, papa. J'ai trop mal quand tu me fais ça." NAMED.

Mary J. Anna.