Bonjour à vous !
Ça y est, le quatrième chapitre est là ! Ce fut laborieux, je ne suis pas du tout satisfaite mais il est enfin là et j'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à donner votre avis dessus, c'est important pour moi de savoir ce qui vous plait et ce qui vous plait moins ;)

Réponse à la review:

Cissy, merci d'être toujours aussi fidèle, j'espère que les réponses que je t'apporte dans ce chapitre vont te convenir et que la suite des péripéties de la petite Jules te plaira autant que le début.


Chapitre 4

-Qu'est-ce que tu fais ? demande Gwen en attrapant Jules par le bras et l'empêcher de continuer sa fuite.

-Je m'en vais. Je n'ai clairement plus rien à faire ici, répond Jules en ravalant ses larmes.

Elle refuse de pleurer, encore moins ici alors qu'Harry peut la surprendre à tout moment, elle s'en voudrait toute sa vie si elle lui donnait la satisfaction de voir à quel point son petit jeu peut la toucher. Il n'y a plus aucun doute à présent, il n'a jamais été honnête, et s'amusait depuis le début avec elle. Pourquoi, elle ne le sait pas et ne veut même pas en entendre parler, tout ce qu'elle désire à présent c'est se réfugier sous sa couette et tenter d'oublier cet espoir fou et totalement absurde qu'elle a pu avoir.

Gwen semble s'être résignée et suit Jules à travers la foule, silencieusement. La rouquine pense enfin être débarrassée de cette soirée lorsqu'elle est sur le point d'atteindre la sortie, mais c'est sans compter sur l'arrivée d'Alan et sa femme. Ce dernier se dirige droit vers son employé, empêchant ainsi Jules de quitter la réception. Gwen ne peut retenir un petit sourire de satisfaction, bien décidée à tirer toute cette histoire au clair, elle propose alors à Alan de lui présenter le PDG d'Oscorp sous le regard ahuri de Jules qui se sent piégée. Elle suit le petit groupe, légèrement en retrait, craignant de ne pouvoir se retenir de baffer le jeune héritier lorsqu'elle serait en face de lui. Et ce moment arrive rapidement, la blonde toujours à son bras, Harry se tourne vers eux. Pendant un quart de seconde, son visage exprime une vive surprise lorsqu'il croise le regard de Jules avant de reprendre un air détendu et calme. Il salue poliment Alan et sa femme, les remerciant d'être venus avant de présenter sa cavalière. De ce que Jules entend, il s'agit d'un top model australien qu'il a rencontré lors d'un voyage en Finlande avant sa prise de pouvoir chez Oscorp et avec qui il a gardé le contact. Margot, de son prénom, sourit prétentieusement tout en agrippant le bras d'Harry avant d'expliquer qu'elle est à New-York et que son cavalier a eu la gentillesse de lui faire visiter les Hamptons avant de l'installer dans le plus bel hôtel de la ville.

Jules fronce les sourcils, comprenant qu'elle a dû croiser Margot lors de son escapade dans la villa Osborn des Hamptons. Elle croise le regard incisif d'Harry, le soutient quelques secondes, puis détourne son regard sous peine de perdre son sang-froid. Son cœur s'affole, elle se demande ce qu'elle fait encore ici tandis qu'Harry, Alan et Gwen échange des banalités, alors, sur un coup de tête, elle tourne les talons essayant pour autant de ne pas paraitre pressée.

-Jules ? appelle Harry.

La rouquine se limite à tourner la tête vers lui pour faire comprendre qu'il pouvait dire tout ce qu'il voulait, elle s'éloignerait de lui le plus possible.

-J'aurai besoin de toi pour présenter ton projet plus tard dans la soirée donc reste à portée de vue.

Jules fulmine intérieurement, trouvant le comportement du jeune Osborn de plus en plus déplacé, ne peut-il pas la laisser partir au lieu de vouloir la torturer de la sorte ? Elle lui fait un signe de tête, un sourire crispé sur les lèvres puis, s'éloigne en direction d'un des buffets, bien décidée à prendre un verre de leur alcool le plus fort. Arrivée devant le serveur, Jules hésite l'espace d'un instant, si elle agit déraisonnablement, elle a beaucoup à perdre. Elle se contente alors d'un cocktail sans alcool, qu'elle déguste dans un coin de la salle. A plusieurs reprises, elle sent le regard d'Harry posé sur elle, mais l'ignore du mieux qu'elle le peut. Moins elle lui donnera d'importance, mieux elle se sentira. Cependant, Harry semble attendre une réaction de sa part, elle le voit même se diriger vers elle. Un vent de panique souffle chez Jules qui n'a pas envie de l'affronter pour le moment, elle jette de nombreux coup d'œil autour d'elle avec l'espoir de trouver un moyen de fuir et c'est avec un grand soulagement qu'elle voit un homme lui tendre un verre. Elle ne prend même pas le temps de réfléchir, accepte avec un grand sourire et entame la discussion avec lui tandis qu'elle aperçoit Harry rebrousser chemin, le regard mauvais. Une fois libérée de la menace « Harry », Jules prend le temps d'observer son sauveur. Grand blond aux allures de surfeur, il a un très beau sourire et des iris chocolat à rendre jaloux n'importe quel mannequin et qui font totalement fondre la jeune femme. La première femme à ne pas le trouver séduisant passerait pour difficile, d'ailleurs, au vu du nombre de regard rivé sur lui, il a un succès fou ce soir, cela doit malgré tout être très désagréable d'être dévoré du regard constamment de la sorte.

-Je pense t'avoir sauvé la mise, dit-il finalement avec un sourire brillant aux lèvres.

Apparemment, il a compris que quelque chose était en train de se tramer avec Harry, Jules ne sait pas vraiment comment elle doit le prendre, mais pour une fois, elle décide de ne pas faire attention à ce genre de détails et entame une conversation amicale avec le jeune homme. Il lui explique qu'il vient d'ouvrir sa propre galerie d'art dans l'un des quartiers les plus recherchés de la ville, mais en plus, il aimerait devenir dénicheur de talents. Jules apprécie la manière posée dont il s'exprime, il a l'air calme et paisible, ce qui est parfaitement charmant aux yeux de la jeune femme qui ne peut s'empêcher de le comparer à Harry. Les deux jeunes hommes ne peuvent pas être plus à l'opposé l'un de l'autre, finalement, c'est peut-être un homme comme lui qu'il lui faut plutôt que de perdre son temps avec un Harry incapable d'être sérieux une seule seconde.

La soirée de Jules change alors du tout au tout, passant un agréable moment avec le jeune homme, ce qui lui permet de ne même plus faire attention aux signes d'encouragement très peu discrets venant de la part de Gwen qui passe quasiment la soirée en compagnie d'Harry. Soudainement, Jules se rend compte qu'elle ne connait même pas le nom de son compagnon.

-Je suis Charlie, et toi c'est Jules, c'est ça ?

Étonnée, Jules acquiesce d'un signe de tête.

-J'ai entendu Harry parler de toi, explique-t-il, je comprends pourquoi il tenait absolument à ce que tu restes près de lui, tu es magnifique.

La rouquine réajuste ses lunettes, se trémoussant légèrement sur place, flattée mais craignant de décevoir le jeune homme si jamais il la voit sans ses habits de lumière.

-Comment as-tu connu Harry ? demande-t-elle en jetant un rapide coup d'œil à son boss.

-Nos pères se connaissaient depuis longtemps, alors on a un peu été élevé ensemble. On s'est perdu de vue quand il est parti à Londres, mais je continuais de suivre ses frasques par les journaux.

-Comment était-il plus jeune ?

-Extravagant, frimeur et très égoïste. J'ai l'impression qu'il n'a pas beaucoup changé depuis tout ce temps.

Jules se retient de faire la moindre remarque, après tout, Harry est tout de même son patron et le descendre en plein milieu d'une foule spécialement venue pour lui serait risqué, pourtant, ce n'est pas l'envie qui lui manque après le coup qu'il vient de lui faire.

Deux petites heures plus tard, Jules commence à fatiguer, et après une rapide conversation avec Gwen, les jeunes femmes décident qu'il est temps pour elle de rentrer. Jules et Charlie ont à peine le temps d'échanger leurs numéros que le taxi est déjà arrivé, et c'est avec un dernier signe de main vers Charlie que la rouquine monte dans le taxi, finalement satisfaite de cette soirée. Elle a encore du mal à réaliser tout ce qui s'est passé, et oscille entre l'amertume envers Harry et la joie d'avoir fait la rencontre d'un homme comme Charlie, il est cependant hors de question de s'enflammer, si avec son patron tout est fini, il lui semble être important de prendre son temps avec Charlie et apprendre à le connaître avant d'espérer quoi que ce soit.

Lundi matin, il est difficile pour Jules de se tirer hors du lit, une migraine l'a cloué au lit durant tout le dimanche, l'empêchant par la même occasion de se reposer. Lorsqu'elle se met debout, la tête lui tourne légèrement, certainement de ne pas avoir mangé depuis samedi soir, mais elle se sent déjà bien mieux, se jurant tout de même d'aller consulter un ophtalmologue pour aller faire vérifier ses yeux le plus rapidement possible. Elle se rend compte que quelque chose cloche lorsqu'en mettant ses lunettes, sa vue reste malgré tout légèrement troublée, sa vision ne s'améliore pas et elle soupire à l'idée de devoir changer de lunettes , non pas qu'elle affectionne particulièrement celles qu'elle porte mais surtout parce qu'elle n'a pas réellement les moyens de s'en payer des nouvelles.

Au boulot, tout le monde parle d'Harry et sa magnifique cavalière, apparemment tous les employés présents à la soirée sont tombés sous son charme, ne jurant que par sa beauté et sa gentillesse. Jules se retient de hurler lorsqu'un collègue vient personnellement lui en parler et le congédie sèchement. Cependant, elle est contente d'avoir pu participer à la soirée, sinon apprendre l'existence de cette femme par l'intermédiaire de ses collègues aurait été pire que tout. Le nez penché sur son microscope, Jules se demande encore comment Harry peut faire ce genre de choses sans se sentir mal à l'aise. Margot est-elle seulement au courant de ce qui s'est passé avec Jules ou Harry lui ment également ? Elle revient à la réalité lorsqu'elle entend Gwen entrer bruyamment dans son bureau dans un chahut, les joues rouges, elle semble avoir couru.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demande Jules devant l'empressement de Gwen.

Mais lorsque son amie se met à sourire, elle comprend que rien de grave n'est arrivé et se détend. La jolie blonde lui tend un magazine.

-Lis ça, tu devrais trouver l'article très intéressant.

Jules feuillette rapidement les pages, s'attendant à un article au sujet d'Harry et de son mannequin, à la place, elle tombe sur une photo d'elle en compagnie de Charlie alors qu'il l'accompagnait jusqu'au taxi. Elle lance un regard surpris à Gwen avant de se lancer dans la lecture de l'article et manque de s'étrangler lorsqu'elle comprend que Charlie est le fils du maire de New-York.

-J'ai toujours le chic de tomber sur les mauvais ! grommèle Jules en jetant le journal plus loin sur son bureau.

-Pourquoi dis-tu cela ? s'étonne Gwen.

-Parce que je ne vois pas de raison pour que Charlie soit différent de tous les autres gosses de riches. Avec la chance que j'ai, il doit déjà avoir une femme quelque part qui lui fait une crise après avoir lu cet article.

-Ne soit pas pessimiste, les hommes ne sont pas tous comme Harry.

-Oh si, ils le sont ! Tu as certainement le seul spécimen au monde capable de gentillesse et de fidélité.

-Je ne suis pas certaine que Peter puisse être prit en exemple, dit Gwen en souriant, mais laisse au moins une chance à Charlie.

-Pourquoi ?

-D'abord, parce qu'il est fait mention dans l'article que Charlie est l'un des célibataires les plus en vue de New-York, donc pas de femme dans le placard. Ensuite ce n'est pas ton genre de juger les autres aussi facilement et tu as sérieusement besoin de penser à quelqu'un d'autre qu'Harry.

Jules fixe un instant son amie, avant de se rendre à l'évidence qu'elle a raison, elle ne peut juger tous les hommes sur les agissements d'un seul et de toute façon, elle meurt d'envie de revoir Charlie.

-J'aurai dû me trouver une amie moins intelligente, soupire Jules.

-Avoue-le ! Tu m'aimes ! dit Gwen en donnant un léger coup à Jules qui se déride. Du coup, as-tu eu de ses nouvelles ?

-Non. Rien pour le moment mais je préfère ne pas y penser. On ne s'est rien promis après tout.

-Tu as raison. Mais essaie d'être plus optimiste, je suis certaine qu'il va te rappeler.

Les deux jeunes femmes retournent au travail, se donnant rendez-vous pour le repas. Alors qu'il reste encore cinq petites minutes de travail dans cette matinée, Jules reçoit un message de Charlie qui lui demande de sortir du bâtiment. C'est un mélange de soulagement et d'appréhension qui l'accompagne jusqu'à la sortie d'Oscorp, mais toute trace de crainte s'envole lorsqu'elle aperçoit le beau blond, une belle rose rouge à la main et son sourire ravageur sur les lèvres. Comment ne pas fondre devant autant de beauté et de gentillesse ? Jules vient déposer un rapide baisé sur sa joue avant de prendre la rose qu'il lui tend.

-Pour m'excuser de ne pas avoir donné de nouvelle hier, malheureusement mon père a insisté pour que l'on aille jouer au golf et je n'avais pas de réseau. Et toujours pour m'excuser, je t'emmène manger ce midi.

Le moment qu'ils passent en tête à tête est délicieux, Jules découvre un homme intelligent, très réfléchi et passionné par l'art avec qui avoir une conversation est d'une simplicité enfantine. Il n'y a pas un instant de silence, ils se racontent leur vie, rigolent, se découvrent avec joie, à tel point que Jules en oubli l'heure. Ils ont beau se presser pour retourner à Oscorp, Jules a vingt bonnes minutes de retard et c'est un Harry furieux qui l'attend dans son bureau.

-C'est à cette heure-là que l'on arrive ? s'exclame-t-il, le regard sombre.

Jules passe devant lui sans lui accorder un seul regard et prend place à son bureau.

-Désolée, cela n'arrivera plus.

Harry pose brusquement ses mains sur le bureau, faisant sursauter Jules, puis se penche vers elle.

-Je pensais que tu étais quelqu'un de motivé, il te suffit donc d'un beau parleur pour oublier tout ce pour quoi tu travailles ? siffle-t-il méchamment entre ses lèvres.

-Je ne vois pas en quoi ma vie privée te regarde, rétorque calmement Jules, pour ce qui est de mon retard, je t'ai dit que cela ne se produirait plus.

-Elle me regarde si elle fait du tort à tes projets et donc aux miens par la même occasion.

Jules enrage, ne pouvant croire que quelqu'un puisse user d'autant de culot. A cet instant, il ne mérite rien d'autre que d'être remis à sa place, et avec un courage sorti de nulle part, Jules décide de ne pas se dégonfler pour une fois, patron ou pas patron.

-Peux-tu me laisser travailler en paix ? Après tout tu dois être tellement occupé à faire visiter les plus beaux endroits de New-York à ton mannequin !

Harry recule d'un pas, d'abord surpris d'une telle réaction, puis se met à sourire.

-Alors tout cela n'est qu'une question de jalousie ?

-De la jalousie ? Voyons Harry, ce n'est pas comme si je ne savais pas à qui j'avais à faire depuis le début. Je ne suis ni déçue, ni jalouse, juste soulagée que tu ne sois pas le genre d'homme à tout prendre au sérieux.

Bien sûr, Jules n'en pense pas un seul mot, bien sûr qu'elle est déçue de voir le jeune homme se comporter de la sorte, mais elle ne va pas en plus lui donner l'ultime plaisir de ramper à ses pieds. S'il n'est pas capable de lui apporter ce qu'elle désire dans ce genre de relation, il n'y a aucune raison qu'elle s'attarde sur lui, la vie continu, avec ou sans Harry.

Le jeune héritier reste un instant immobile, tandis que Jules plante fièrement son regard dans le sien. Elle n'en est pas certaine, mais pour la première fois depuis qu'elle le connait, il semble déstabilisé par la situation. Harry tourne finalement les talons.

-Je veux un rapport dès ce soir sur mon bureau concernant l'avancement de ton projet et il est formellement défendu à Charlie de mettre les pieds ici, hurle-t-il alors qu'il a pratiquement quitté le bureau.

Jules pousse un long soupire, soulagée que cet affrontement soit enfin terminé et se remet au travail, non sans se demander d'où peut venir autant de colère de la part du jeune Osborn. Il a parlé de jalousie, se peut-il qu'il en ressente de son côté ? Aussitôt, l'esprit de Jules réfute cette idée, de quoi pourrait-il être jaloux alors qu'il a déjà tout. Pour éviter de laisser son esprit divaguer à ce sujet, Jules se penche sur le rapport demandé par Harry avec l'espoir d'avoir assez de temps pour lui rendre quelque chose de convenable.

Le soir venu, c'est à contrecœur que Jules se rend dans le bureau de son patron, surtout après les messages échangés avec Charlie qui ne cesse de lui répéter qu'il lui a préparé une surprise pour le soir-même. Impatiente de pouvoir le retrouver, elle croise les doigts pour qu'Harry se soit calmé et qu'ils puissent avoir une conversation professionnelle normale. Jules s'immobilise lorsqu'elle aperçoit Harry dans sa veste en cuir, le regard perdu à travers la grande baie vitrée, oserait-il lui refaire le même coup que la dernière fois ? Qu'il essaie, Jules est déterminée à ne pas lui céder. Harry s'intéresse à peine à elle quand elle dépose son rapport sur le bureau, ce qui n'annonce rien de bon. Pendant une minute, qui parait une éternité, Harry reste silencieux, rendant la situation de plus en plus inconfortable pour Jules, qui, les mains sur les hanches, attend avec impatience qu'il réagisse. Mais c'est un petit cri perçant qui vient briser ce silence pesant, Margot vient de faire son entrée dans le bureau et se jette sur le jeune héritier pour l'embrasser avec un peu trop d'insistance. Pendu à son cou, elle répète à plusieurs reprises qu'elle est ravie de passer la soirée dans les Hamptons, ce qui arrache un soupire à Jules. Margot lui lance alors un regard de dédain avant de demander à son compagnon ce qu'elle fait ici. Harry se tourne vers Jules, feignant de ne pas avoir remarqué sa présence et lui lance un regard interrogateur. Exaspérée et sur le point de craquer, Jules désigne du doigt son rapport avant de fuir cette situation, mais avant de refermer la porte, ne peut s'empêcher de jeter un coup d'œil au couple elle croise alors le regard d'Harry, reflétant un étrange sentiment, mais elle ne s'y attarde pas et retourne dans son bureau récupérer ses affaires. En sortant du bâtiment, elle reçoit une adresse par message de la part de Charlie qui lui demande de le retrouver là-bas dès que possible. Aussitôt, Jules hèle un taxi, pressée de retrouver le beau blond.

L'adresse est celle de sa galerie, dont l'allure dépouillée mais terriblement chic prouve à quel point Charlie a de bons goûts. Lorsqu'elle entre, Jules est happée par l'ambiance feutrée et très intimiste de l'endroit : il y a de grands et longs tissus sur les murs, laissant uniquement apercevoir les tableaux exposés. La lumière tamisée crée une atmosphère chaleureuse qui donne envie d'aller bouquiner installé confortablement dans un canapé. Jules sourit largement en voyant Charlie se diriger vers elle et sans un mot, il lui prend la main pour la guider vers une table magnifique dressée où deux chandelles brûlent délicatement.

-C'est juste…waou ! s'exclame Jules devant autant de romantisme tandis que des images de son repas similaire avec Harry lui reviennent en tête.

-Je suis ravie que cela te plaise.

Les deux jeunes gens passent un agréable repas, continuant de se découvrir l'un l'autre. Jules est surprise de voir à quel point le fils du maire mène une vie normale, enfin aussi normale qu'elle puisse être pour un artiste. Elle aime la façon dont il parle de son art, mais plus encore, elle aime la façon dont il la regarde, lui donnant la sensation d'être la personne la plus belle et intéressante sur cette terre.

A la fin du repas, Charlie fait faire le tour de la galerie à Jules, lui présentant les plus belles œuvres exposées, ainsi que quelques-uns de ses propres chefs-d'œuvre. C'est devant un magnifique paysage de coucher de soleil que Charlie embrasse délicatement la rouquine pour la première fois, moment plein de douceur et de sensualité qui envoie Jules dans un monde cotonneux de bien-être. Elle a la sensation d'être sur un petit nuage et c'est main dans la main qu'ils finissent la visite. Ils prennent encore quelques heures pour discuter, s'embrassant de temps en temps entre deux phrases avant de rire comme deux adolescents. Le téléphone de Jules se met à sonner, annonçant un message, puis deux, puis trois, puis une dizaine, ce qui attire son attention, elle se permet alors d'y jeter un coup d'œil, plusieurs de ses collègues s'inquiètent de savoir où elle est. Elle reçoit un dernier message lui ordonnant presque de regarder la télévision, et c'est avec empressement qu'elle demande à Charlie s'il en possède une ici. Après avoir perdu cinq minutes à chercher les branchements du poste, Jules est secouée d'horreur lorsqu'elle voit les premières images apparaitre : un épais nuage noir s'échappe d'Oscorp tandis que la journaliste explique qu'une explosion d'origine inconnue pour le moment a soufflé plusieurs étages du bâtiment. Aussitôt, les pensées de Jules se tournent vers Gwen et son estomac se tord. Il lui est impossible de rester devant sa télévision sans rien faire, elle attrape donc ses affaires, décidée à se rendre sur place.

-Où vas-tu ? demande Charlie en retenant Jules par le poignet.

-Je dois y aller. Si Gwen est encore là-bas…

-Attends-moi, je viens avec toi.

-Non, reste ici. Je t'appelle si j'ai besoin.

Jules quitte rapidement la galerie avant de trouver rapidement un taxi qui la ramène sur son lieu de travail. Les lieux sont déjà sécurisés par une vingtaine de policiers et quasiment autant de pompiers, mais personne ne semble s'activer à l'intérieur même du bâtiment. Elle a beau montrer son badge Oscorp, personne ne l'autorise à s'approcher, mais cela n'entame pas la détermination de la jeune femme à entrer. La sortie de plusieurs employés distrait les forces de l'ordre, Jules ne perd pas une seconde pour se faufiler par-dessus les barrières de sécurité pour foncer droit à l'intérieur du bâtiment. Aussitôt, la fumée lui agresse la gorge, mais Jules s'engouffre dans la cage d'escalier sans faire attention aux hurlements derrière elle. Plus elle monte les étages, plus la fumée se fait épaisse et arrivée à l'étage du bureau de Gwen, Jules est obligée de se couvrir le nez avec son gilet pour empêcher l'irritation de s'étendre dans sa gorge.

-Gwen ? hurle à plusieurs reprises la rouquine dans l'espoir d'avoir une réponse, mais les couloirs restent irrémédiablement silencieux.

Elle ne trouve personne dans le bureau de Gwen, l'étage a certainement été évacué, mais alors qu'elle est sur le point de faire marche arrière, elle entend quelqu'un tousser.

-Il y a quelqu'un ?

Un long gémissement se fait entendre, ce qui permet à Jules de se diriger vers la source du bruit. Elle retient un cri lorsqu'elle voit Harry sous un amas de débris. En une seconde, elle est auprès de lui, donnant de petites claques sur ses joues pour le réveiller.

-N'en profites pas pour te venger, dit-il la voix enrouée.

Soulagée mais pas rassurée pour autant, Jules lâche un petit rire.

-Que s'est-il passé ici ?

-Octopus. Quelque chose devait l'intéresser, il a fait exploser un labo d'Oscorp. Je suis parti à la recherche de Gwen, mais elle était déjà partie.

Un second soulagement, Gwen est saine et sauve.

-Je me suis fait piéger après la deuxième explosion.

Jules se remet sur ses jambes et commence à déblayer les débris un par un, sous le regard d'Harry qui ne la lâche pas.

-Mais qu'est-ce que tu fais ?

-J'essaie de te sortir de là !

-Va plutôt chercher les secours et te mettre à l'abri.

-Les secours, c'est moi ! s'écrit Jules sans arrêter de déblayer.

Au bout de quelques minutes, Harry réussi à dégager ses jambes et ainsi s'extirper des débris. Il a de profondes entailles sur la jambe gauche et Jules est obligé de l'aider pour qu'il puisse se remettre debout. Elle le sent vaciller sous son poids, il est faible et s'ils veulent sortir rapidement d'ici, elle va devoir l'aider à marcher. Jules passe délicatement le bras d'Harry autour de ses épaules pour lui permettre de se reposer sur elle avant de se mettre en marche. Une nouvelle explosion fait trembler l'étage, figeant les deux jeunes gens sur place le temps de s'assurer qu'il n'y a aucun danger. A chaque pas, Harry laisse échapper une plainte, sa jambe le faisant terriblement souffrir mais Jules essai de ne pas y prêter attention pour le moment, plus vite ils seront sortis de cet enfer, plus vite il pourra être pris en charge par les pompiers. Alors qu'ils descendent la première salve d'escaliers, une autre explosion se fait entendre, plus puissante cette fois-ci, elle fissure une bonne partie de la cage d'escalier. Alors que le sol se dérobe sous leurs poids, Harry entoure la taille de Jules de se bras et les fait basculer en avant pour se retrouver à l'abri d'une éventuelle chute. Le visage dans le cou d'Harry, Jules reste immobile et silencieuse comme si son esprit avait besoin de s'imprégner de cet instant.

-Tu vas bien ? demande Harry inquiet devant le manque de réaction de la rouquine.

Il dégage les cheveux de son employé vers l'arrière avec une douceur infinie avant d'examiner son visage.

-Je crois que tu as perdu quelque chose.

En effet, Jules se rend compte que ses lunettes ont volé durant la chute et elle est bien incapable de les retrouver. De toute façon, il n'est pas question de partir à la recherche d'une paire de lunettes, la cage d'escalier continue de s'écrouler, il est donc temps pour eux de s'en aller. Le reste du chemin est plus compliqué : Harry doit les diriger tandis que Jules supporte toujours une bonne partie du poids de ce dernier. Avec la fumée et la poussière, c'est noir de saleté et titubant qu'ils finissent par sortir du bâtiment, immédiatement intercepté par des pompiers qui les dirige vers une ambulance. Alors qu'Harry a le droit à un examen minutieux de tout son corps, Jules est simplement mise sous respirateur pour aider à dégager ses bronches. Elle se rend compte qu'elle ses doigts sont emmêlés à ceux du jeune héritier lorsqu'un pompier lui demande de descendre de l'ambulance, le temps pour les médecins de prodiguer les premiers soins à Harry, puis ils seront emmenés tous les deux à l'hôpital le plus proche. Jules quitte l'ambulance avant que le pompier ne l'emmitoufle dans une couverture, elle n'a pas vraiment froid mais cela lui procure un peu de réconfort mais pas autant que lorsqu'elle voit de nouveau le visage du jeune héritier. Elle ne distingue pas clairement son visage mais elle ne peut se tromper sur ses magnifiques yeux qui la fixent jusqu'à ce qu'elle soit installée dans l'ambulance qui prend la direction de l'hôpital Bellevue. Durant le trajet, Jules sent pointer une migraine, elle n'a pas l'habitude de regarder le monde uniquement avec ses yeux et à cet instant, ses affreuses lunettes lui manquent terriblement. Une main sur ses yeux tandis que l'autre ne quitte pas celle d'Harry, Jules a une soudaine et furieuse envie de rire, si elle continue, elle va pouvoir prendre une carte de fidélité dans les différents hôpitaux de la ville.

Jules et Harry sont finalement séparés à leur arrivée à l'hôpital, le jeune homme est emmené dans une salle de soin alors que Jules est dirigée vers une chambre où les médecins la branche à une multitude de machines pour leurs permettre de suivre avec soin de possible problèmes respiratoires. Combien de temps elle reste seule ? Jules n'en a pas la moindre idée mais lorsque les infirmières entrent en poussant Harry dans un lit roulant, elle se sent un peu plus calme. Le jeune Osborn dort, une infirmière la rassure alors, les blessures n'étaient pas belles à voir mais des points de suture ont suffi, il doit maintenant se reposer. A peine est-elle sortie que Jules enlève son masque à oxygène et va s'assoir sur le bord de lit d'Harry. Elle l'observe d'abord, il parait si paisible les yeux fermés et le visage nettoyé que l'on pourrait croire qu'il ne s'est rien passé durant cette longue soirée. Puis, du bout des doigts, elle caresse une mèche de ses cheveux. Elle ne peut pas nier qu'elle a beaucoup d'affection pour lui, bien qu'il ne le mérite pas, mais elle ne peut pas vivre cette relation à sens unique, ce serait une perte de temps, surtout maintenant que Charlie a fait son apparition dans sa vie. Son cœur semble pourtant refuser toute résignation, à cet instant, à ses côtés, elle se sent bien, un peu comme si sa place est là, auprès de lui. Mais Margot lui revient à l'esprit : comment peut-elle rivaliser face à un mannequin ? Dépitée par toutes ces pensées négatives qui l'assaillent, elle cesse tout mouvement, ce qui fait grogner le jeune homme.

-Pourquoi tu t'arrêtes ? demande-t-il en gardant les yeux fermés.

Harry attrape la main avec laquelle Jules le caressait quelques instants plus tôt et y dépose un baiser. Bien qu'elle ne voit toujours pas nettement, elle semble distinguer un sourire d'aisance sur le visage de son interlocuteur.

-Je ne pouvais pas rêver meilleure compagnie, ajoute-t-il en ouvrant enfin ses yeux.

Jules a un mouvement de recul, mais Harry se saisi fermement de son bras pour l'empêcher de s'éloigner de lui.

-Ne me fuis pas.

Comment résister devant une telle demande ? Jules se sent ridicule ne pas savoir tenir tête à Harry, mais elle le sent tellement en besoin d'affection qu'elle ne peut se résoudre à mettre de la distance entre eux pour autant, elle ne se rapproche pas plus, un peu perdue sur ce qu'elle doit faire. C'est Harry qui va la guider en l'attirant à lui avant de l'enlacer, et, la tête sur le torse du jeune homme, Jules laisse échapper un petit soupire de satisfaction. Pendant qu'elle frôle l'épaule d'Harry de ses doigts, elle sent ceux du jeune homme descendre et remonter le long de sa colonne dans une douce caresse. Jules a l'impression de retrouver le Harry des Hamptons et cela lui fait au cœur de se dire qu'il joue peut-être un rôle quand il est odieux avec elle et non pas l'inverse. Avec beaucoup d'attention, Jules écoute le cœur d'Harry battre régulièrement contre sa tempe et peu à peu, sans savoir pourquoi, cela amuse la rouquine qui se redresse légèrement pour regarder Harry mais ce dernier s'est profondément endormi. Elle reste tout contre le jeune homme jusqu'à ce que son téléphone se mette à vibrer dans son sac, c'est Charlie qui vient aux nouvelles et après avoir terminé la lecture du message, Jules se sent terriblement coupable. Elle quitte le lit de l'héritier, débranche les différentes machines reliés à son corps et attrape son sac avant de disparaitre rapidement dans la nuit New-Yorkaise.


Et voilà, déjà la fin ! A vos claviers pour une petite review et me dire si vous avez aimé ou pas ?Le prochain chapitre sera certainement beaucoup plus long et il y aura pas mal d'actions si je suis le plan tracé dans ma tête, maintenant reste à savoir si je ne vais pas dévier au cours de l'écriture xD
Sauf miracle, il faudra patienter deux semaines pour le cinquième chapitre, je ne veux pas le bâcler.

A bientôt ! :D