The Secret's In The Telling

Chapitre 4 : Do You So Swear ?

By Sakuri

Severus Snape vivait un enfer depuis plus de douze heures maintenant. Avec Albus occupait à gérer le fonctionnement de l'école et Minerva qui devait garder un œil sur le loup-garou qui avait causé ce désordre, il était resté là avec Poppy pour veiller sur Draco et ensemble, ils restèrent avec lui toute la nuit.

L'état du garçon s'était détérioré si vite que cela avait presque fait paniquer le redoutable Maître des Potions. Pendant des heures, Draco avait subi les vagues de douleur imprévisibles alors que la maladie s'infiltrait totalement en lui et chaque vague durait plus longtemps que les autres.

Par la suite, quand il fut trop fatigué pour hurler de rage, il se contenta de fixer Severus sans rien dire avec un air de trahison, lui demandant silencieusement de le libérer au lieu de le laisser enfermer comme un animal. Dans un premier temps, Severus avait essayé de lui expliquer, mais il avait rapidement constaté que c'était inutile. Draco avait depuis longtemps perdu sa lucidité et ses paroles ne feraient que le faire paniquer et le mettre en colère.

Le Maître des Potions avait tant espéré et redouté l'apparition de la pleine lune. Une partie de lui souhaitait que les heures défilent plus vite afin d'accélérer la transformation de Draco et mettre fin à ses souffrances. Une autre partie de lui ne savait pas comment il allait faire face à la créature qu'allait devenir son filleul.

Son mépris pour l'espèce de Lupin était de notoriété publique. Sa peur était un fait moins connu.

De toutes les créatures du monde magique, c'était les loups-garous qui lui faisaient peur... même si c'était quelque chose qu'il n'avouerait jamais et gardait en sécurité dans son esprit.

Poppy avait été aussi utile que possible, mais il n'y avait pas grand-chose qu'ils pouvaient faire. Cependant, il fut vaguement dérangé par l'attitude protectrice de l'infirmière. Il ne savait pas si elle faisait la même chose avec les autres patients et franchement il s'en fichait mais c'était autre chose de la voir jouer les mères-poules avec un Malfoy.

Surtout ce Malfoy...

Et donc, quand le soleil fut finalement couché et que la lueur argentée de la lune devint la source principale de lumière, Severus se retrouva aussi loin de la cage qu'il le put. Poppy se tenait à ses côtés et ils regardèrent avec une fascination morbide la transformation.

Tout à coup, ça commença. Draco, qui s'était assoupie depuis une dizaine de minutes, se mit à convulser et avoir le souffle court. Ses yeux s'ouvrirent et il cria de douleur, mais le cri se changea rapidement en un hurlement retentissant. Alors que les rayons de la lune s'infiltraient à travers la petite fenêtre, il se transforma.

Son visage fut la première chose qui se modifia, s'allongeant pour faire place à un museau et une mâchoire destinée à tuer. Ses oreilles prirent une forme canine alors que ses yeux prenaient une teinte bleue glaciale, presque incolore. La fragile chemise d'hôpital se déchira alors que le corps de Draco se modifiait, gagnant en masse musculaire. Les liens qui unissaient ses poignets cédèrent sans difficulté. Des griffes s'allongèrent au bout de ses doigts et ses orteils et une queue apparut à la base de sa colonne vertébrale. Les cheveux blonds qui étaient la marque des Malfoy pâlirent un peu plus et se propagèrent sur tout le reste de son corps jusqu'à être complètement recouvert d'une fourrure argentée d'un loup-garou nouvellement formé.

La transformation était terrible à regarder, même pour Severus qui avait pourtant assisté à plusieurs transformations désagréables par Polynectar et potions similaires. Il frissonna légèrement quand ce fut terminé et Draco resta paisiblement couché, un de ses membres tremblant occasionnellement.

Avec hésitation, les deux adultes se rapprochèrent de la cage, leur curiosité évidente et, du moins pour Severus, presque égale à la répulsion.

Draco était plus petit que Lupin, mais ce n'était pas vraiment une surprise. Malgré cela, Severus pouvait dire qu'avec l'âge, il serait assez grand pour donner à réfléchir à un sorcier chevronné. Il était également d'un blanc presque pur, surement une rareté parmi les lycanthropes qui étaient généralement noirs ou bruns. Ses pattes étaient longues et minces et le Maître de Potion pouvait deviner qu'il serait horriblement rapide quand il choisirait de l'être.

Rapidement, il recula de nouveau.

L'infirmière le regarda, son visage reflétant l'étonnement qu'elle essayait en vain de cacher. « - Qu'allons-nous faire ? Il suffit de rester ici avec lui ? »

Sans parole, il hocha la tête. Il n'y avait rien d'autre à faire, vraiment.

« - Qu'en est-il de demain soir ? Et les autres mois par la suite ? Severus, nous ne pouvons pas continuer à l'enfermer comme ça ! »

Il la regarda avec impatience. « - Je le sais. Cette mesure n'est que temporaire. Demain, nous verrons s'il peut garder son bon sens pendant la transformation. Si c'est le cas, la cage ne sera plus nécessaire. »

L'infirmière hocha la tête d'un air absent. « - Où va-t-il rester ? Bien sûr, il sera le bienvenu ici, le pauvre amour, mais je ne suis pas certaine qu'il en sera heureux... »

Le professeur renifla. « - Non, je doute qu'il sera heureux de rester ici. J'irais parler à Albus pour lui trouver une chambre à occuper lors de ces périodes mensuelles. »


De longues heures plus tard... des heures dont Draco se souvenait vaguement... il se réveilla d'un air hébété, juste à temps pour voir Severus jeter une couverture dans sa direction, qui le frappa de plein fouet et le recouvrit complètement.

Ouvrant la bouche pour protester contre le traitement indigne, il fut choqué d'entendre sa voix être rauque et à peine audible. Il toussa et se regarda, se rendant compte avec horreur que la couverture était la seule chose qui le recouvrait. S'accrochant à elle, il leva les yeux vers le professeur sournoisement amusé et qui se trouvait de l'autre côté de la grande cage métallique où il était.

C'est alors que le souvenir revint. Il pâlit rapidement, oubliant complètement sa nudité.

« - Draco. » La voix profonde du Maître des Potions attira son attention. Severus lui ouvrit la cage et attendit avec impatience. « - Je ne vais pas rester ici pour toujours. » Déclara-t-il brusquement avec son habituelle voix impatiente.

Cela, plus que toute autres paroles réconfortantes de madame Pomfresh, réussit à le faire bouger. Si Severus était toujours irritable et capable de le traiter ainsi, cela signifiait que le monde était toujours le même dans une certaine mesure.

Il sortit timidement, chacun de ses mouvements lui faisant mal. Il enroula la couverture autour de lui comme une serviette de bain et la tenant pudiquement contre lui, s'attirant un roulement d'yeux de la part de son parrain.

Sans avertissement, la porte de la petite pièce s'ouvrit et l'infirmière entra, tenant une pile de vêtement et sous-vêtements pour Draco. Le blond rougit d'indignation à son intrusion et vérifia que pas un pouce de peau était visible.

« - Voilà, mon chéri. » Déclara-t-elle, s'efforçant de se montrer joyeuse envers lui. Elle déposa son fardeau sur le lit avant de se tourner vers lui. « - Maintenant, habille-toi et je vais te faire venir un repas. »

Alors qu'elle disait cela, il remarqua soudainement qu'il était vraiment affamé. Quant avait-il mangé pour la dernière fois, au nom de Merlin ?

« - C'est gentil, Poppy. » Répondit froidement Severus à sa place.

L'infirmière acquiesça et disparut de nouveau et l'homme se tourna vers le plus jeune avec un regard sérieux. « - Une fois que tu auras mangé, le directeur a demandé à ce que je t'emmène dans son bureau. Nous devons discuter de la situation. »

Draco regarda silencieusement son parrain sortir à son tour, refermant la porte derrière lui et offrant au blond de l'intimité pour qu'il s'habille.


Encore une fois, la place vide de Malfoy à la table du petit-déjeuner fut trop évidente. Harry regarda son meilleur ami alors que Ron regardait fixement la place vide du blond tout en mélangeant son bol de corn-flakes. Aussi ridicule que cela était, Malfoy semblait embêter Ron encore plus quand il n'était pas là.

« - Que pensez-vous qu'il prépare ? » Murmura le roux avec la bouche pleine de céréales, faisant plisser le nez d'Hermione de dégoût par-dessus son livre.

Elle leva les yeux au ciel en soupirant. « - Qu'est-ce que ça fait ? Honnêtement, tu crois que tu pourrais passer une journée sans le voir... »

« - Ce n'est pas ça ! » Protesta Ron, indigné. « - C'est juste que... je parie qu'il prépare quelque chose ! Vous avez entendu les Serpentards demander où il était. Même eux n'ont pas la moindre idée d'où il est ! »

« - Et alors ? » Interrompit Harry. « - Il est probablement juste... malade ou quelque chose. Peut-être qu'il est à l'infirmerie. » La pensée ironique qu'il était en train de protéger désespérément le secret de Malfoy le frappa, mais il la repoussa.

L'autre garçon secoua la tête. « - Non, Ginny y est allée hier après qu'une potion l'ait aspergé pendant son cours avec Slughorn. Elle a dit que Pomfresh n'était pas là... c'est un assistant qui s'est occupé d'elle... mais elle n'a pas vu Malfoy. »

« - Ron ! » Coupa brusquement Hermione, abaissant son livre pour le regarder d'un air sévère. « - S'il te plait, ne me dis pas que tu as demandé après Malfoy ? »

Harry ricana dans son jus de citrouille devant l'expression de son ami.

« - Je... eh bien... je veux dire... Hermione ! Tu n'as pas besoin de le dire comme ça. Je n'ai pas 'demandé après lui', je veux juste savoir ce qu'il fait ! J'ai un mauvais pressentiment, il doit probablement planifier quelque chose... »

La jeune fille le regarda fixement avec une expression pince-sans-rire. « - Oui, c'est tout à fait logique. Pour une fois, il n'est pas dans les parages à faire de notre vie un enfer comme toutes ses années... pourquoi ne l'ai-je pas remarqué ? Il est évident qu'il complote pour notre perte. »

Harry ricana de nouveau alors qu'il mordait dans une tartine, secrètement heureux qu'Hermione lui vienne en aide sans le savoir.

Ron fronça les sourcils. « - Très bien, très bien. Mais ce n'était pas la peine d'être sarcastique, tu sais... »

Roulant de nouveau des yeux, elle retourna à sa lecture.

Avec un effort visible pour changer de sujet, Harry réfléchit pendant quelques secondes avant de dire avec désinvolture : « - Alors... la saison de Quidditch démarre la semaine prochaine. »

Comme il s'en doutait, le choix du sujet s'avéra être le bon alors que Ron se lançait dans un débat avec Harry et Ginny, qui était assise à proximité, sur la meilleure stratégie à utiliser contre Poufsouffle. Argumenter là-dessus n'était pas nécessaire, vu que la Maison des blaireaux était la moins redoutable de toute, surtout en début de saison mais c'était un bon stratège pour faire oublier au roux l'absence de Malfoy et c'était tout ce dont Harry se souciait.

Environ cinq minutes après le début de la conversation, Hermione se pencha pour les interrompre. « - Nous avons encore deux minutes pour arriver à notre premier cours. Avez-vous terminé ? »

Prenant une dernière gorgée de son jus, Harry se leva avec les autres et ils commencèrent à avancer vers les doubles portes de la Grande Salle. Ils avaient à peine fait deux pas qu'une voix les stoppa.

« - Monsieur Potter ! »

Le groupe se retourna pour voir McGonagall marchait vers eux.

« - Monsieur Potter, voulez-vous bien me suivre pour quelques minutes, s'il vous plait ? »

Harry se retourna vers Ron et Hermione, qui étaient tous les deux ouvertement curieux. « - Hum, professeur, j'ai cours... »

Elle agita la main avec dédain. « - J'ai déjà informé votre professeur que vous allez être en retard. » Et sur ce, elle le prit par le coude et commença à l'entrainer à sa suite. Pour les autres, elle dit vivement : « - Vous deux, vous pouvez y aller. Je suis sûr que Monsieur Potter survivra sans vous durant cette courte période. »

Renfrogné, Ron se détourna et Hermione se précipita rapidement à sa suite.

Une fois qu'ils furent seuls alors qu'ils marchaient rapidement à travers le château, Harry demanda avec hésitation : « - Hum, professeur, puis-je en savoir plus ? »

« - Le professeur Dumbledore veut vous voir. »

« - Pourquoi ? S'agit-il de l'Ordre... ? »

« - Potter ! » Siffla McGonagall avec colère. « - Devez-vous être si maladroit ? » Elle regarda autour d'eux, mais il n'y avait personne pour entendre. « - Non, ce n'est pas ça. » Répondit-elle finalement, d'une voix plus calme. « - C'est en rapport avec monsieur Malfoy. »

« - Oh. » Harry soupira avec résignation, anticipant sans tracas ce qui pourrait se passer.


Le bureau de Dumbledore était un endroit qu'Harry avait toujours considéré comme assez spacieux, mais qui était plus empli que jamais.

Dès leur entrée, McGonagall poussa Harry à se mettre à côté de Snape, dont la présence noire semblait plus dominante que jamais. Il se tourna pour fusiller du regard le Gryffondor comme si Harry était personnellement responsable de tout ce qui se passait. Malfoy se trouvait derrière le Maître des Potions. Pour une fois, l'expression du blond n'était pas arrogante ou supérieure. En fait, il avait l'air... fatigué. Les cernes sous ses yeux ressortaient sur sa peau trop pâle.

À proximité, se trouvait Madame Pomfresh. Elle semblait mal à l'aise, tordant nerveusement ses mains sur le tissu de sa jupe. Et dans le coin opposé de la pièce, cherchant clairement à ne pas se faire remarquer, se trouvait Remus Lupin.

Le directeur se trouvait derrière son bureau, proposant joyeusement des bonbons à tout le monde. Il leva les yeux à leur entrée, ses prunelles s'illuminant avec intérêts.

« - Ah ! » Fut l'exclamation satisfaite. « - Tout le monde est enfin là. »

La voix sèche de Snape s'éleva tranquillement dans l'air. « - Si vous voulez bien nous dire exactement pourquoi nous sommes tous là... ? »

Le directeur lui lança un regard sévère avant de continuer. « - Comme certains d'entre vous ont déjà deviné, ceux qui sont dans cette pièce sont les seules personnes à avoir connaissance de l'incident malheureux qui s'est produit il y a deux nuits. »

Harry regarda autour de lui pendant que le vieil homme parlait, réalisant ce fait.

« - Non. » Interrompit McGonagall en secouant la tête. « - Albus, qu'en est-il des quatre étudiants qui étaient avec Monsieur Malfoy... ? »

Pour peut-être la première fois de sa vie, Harry vit Dumbledore avec un regard penaud. « - Ils... ils ne seront pas un problème. »

« - Vous n'avez pas fait ça ! » S'exclama Snape avec une expression surprise.

« - Oh Albus, vraiment. » Continua McGonagall. « - Jeter un oubliette sur des étudiants... »

Les sourcils d'Harry se haussèrent alors qu'il comprenait enfin de ce dont ils parlaient. Pas étonnant que Pansy ait interrogé tout le monde pour savoir où était Draco. Elle ne se souvenait pas !

« - C'était nécessaire, Minerva. » Répondit calmement le directeur. « - Maintenant, il ne reste que nous huit. Passons au pourquoi je vous ai fait venir ici. Monsieur Malfoy, vu qu'il s'agit de votre secret, vous êtes exclu de la requête que je suis sur le point de demander aux autres. »

Le Serpentard n'eut aucune réaction mis à part de baisser les yeux.

Dumbledore continua. « - Il y a des lois dans cette école indiquant très clairement que les incidents comme celui-ci doivent être déclarés dans le cadre de la sécurité des élèves et des membres du personnel. » Harry ne manqua pas la grimace de Malfoy à ces mots. « - Cependant, je vais vous demander de me faire une faveur au sujet de cette loi. »

Aucun des adultes semblaient particulièrement surpris. Le blond, cependant, leva les yeux avec une expression bien surprise.

Pendant un instant, le scintillement revint dans les yeux du vieil homme alors qu'il regardait l'adolescent, mais il redevint solennel quand il fit de nouveau face aux adultes. « - Je vous demande à tous de vous soumettre au sortilège de Fidelitas avant que la nouvelle ne se répande. »

Les adultes hochèrent la tête aussitôt, mais personne ne dit rien. Harry les regarda tour à tour, se rendant compte qu'ils s'attendaient à cela.

Quelques instants s'écoulèrent avant qu'il remarque également que tous les yeux étaient tournés vers lui.

Il se mit à rougir légèrement. « - Oh oui, bien sûr. »

« - Excellent ! » Déclara Dumbledore en souriant et frappant dans ses mains. Il regarda ensuite le Serpentard qui était perplexe devant tout cela. « - Est-ce une solution acceptable pour vous, monsieur Malfoy ? »

Le blond cligna des yeux puis fronça légèrement les sourcils. « - Pourquoi ? » Demanda-t-il d'une voix rauque.

Par-dessus ses lunettes en demi-lune, les yeux bleus prirent une lueur triste. « - Parce que, mon garçon, de cette façon nous pourrons vous faciliter les choses. Si jamais le monde apprend ce qu'il s'est passé, cela aura des conséquences terribles pour vous ainsi que le professeur Lupin, à cause de quelque chose qui était juste un accident. Cela deviendra public. Certains... privilèges avec lesquels vous avez grandi vous seront retirés. »

Draco regarda le vieil homme dans les yeux et, brusquement, comprit exactement ce qui était implicite. Il eut la soudaine vision de la réaction de Lucius. Son père serait furieux. Non, pire, il aurait... honte. Il le rejettera. Il le déshéritera !

Le Serpentard devint encore plus pâle, alarmant tout le monde dans la pièce. L'esprit de Draco prenait conscience de l'inévitable. Si cela s'ébruitait, il perdrait le nom de Malfoy et sa fortune. Gagner son propre argent deviendrai impossible quand les gens sauraient ce qu'il était devenu. Personne ne l'embaucherai... aucun Malfoy n'avait besoin d'un emploi en premier lieu ! Mais si son père le déshéritait, quelle option aurait-il ? Même la plus petite des choses qu'il avait profité, comme les matchs de Quidditch, ne lui serait plus accessibles à cause des lois concernant la participation des créatures magiques.

Il... il finirait comme Lupin ! Il porterait des vêtements rapiécés et vivrait aux crochets de Dumbledore !

Il se sentit, tout à coup, très malade.

« - Draco, peut-être que l'un d'entre nous devrait te raccompagner à l'infirmerie. » La voix de Severus le ramena à la réalité.

La salle entière le regardait avec des degrés d'inquiétude. Il pensa que l'horreur de la situation devait se lire sur son visage.

Il secoua la tête, reportant son attention sur Dumbledore. « - Et si personne ne sait... que se passera-t-il ? »

Le directeur semblait vaguement heureux que Draco voit les choses à sa façon. « - Vous aurez, bien sûr, la possibilité de parler de cela à quiconque, si vous le souhaitez. Le reste d'entre nous sera incapable de murmurer le moindre mot sur votre état à quiconque en dehors de cette salle. Je dois vous avertir, cependant, que le sortilège protège le secret, mais il n'empêche pas les gens de comprendre d'eux-mêmes, s'ils devinent ou découvrent la vérité. Vous devez être très prudent. »

Draco hocha la tête avant de lancer un fugace regard méchant à l'autre loup-garou qui était toujours dans son coin. « - Et lui ? » Cracha le blond.

Dumbledore croisa les doigts sur le bureau. « - Aucune action ne sera prise par le ministère, évidemment. J'ai déjà parlé de cela avec Severus. J'avais espéré que le professeur Lupin pourrait vous guider à travers cela, mon cher enfant. J'ai le sentiment que vous aurez besoin de ses conseils durant ces prochains mois. Une option bien meilleure pour vous que de vous débrouiller seul, sans savoir ce qui pourrait arriver. »

Draco eut l'air furieux. « - Non ! Pourquoi est-il autorisé à rester ici après ce qu'il a fait ? »

« - Je crois que c'était également ma question, Albus. » Murmura froidement Snape.

Le vieil homme soupira. « - Si vous voulez bien avoir foi en mon jugement cette fois... »

« - Il m'a attaqué ! » Cria pratiquement Malfoy, sa colère dépassant l'aura d'abattement qu'avait provoqué la conversation. « - Il m'a fait devenir comme lui, il n'est pas questions que je reste près de lui si je n'ai pas à le faire ! Le moindre de ce qu'il mérite est d'être viré ! »

Harry écoutait avec une panique croissante. Il avait confiance que Dumbledore trouverait un moyen de convaincre le Serpentard, mais il était évident que Malfoy n'avait pas l'intention d'écouter.

Dumbledore le regarda attentivement avec une expression sérieuse. « - Monsieur Malfoy, je vais vous demander de rester calme dans mon bureau. Très bien, je comprends que vous refusiez l'offre d'un coup de main, mais comprenez que Remus Lupin restera enseigner dans cette école... »

« - Mais ce n'est pas juste ! » La voix du blond avait rapidement prit l'intonation de quelqu'un habitué à obtenir ce qu'il demandait et à cet instant, Harry poussa un soupir de soulagement, sachant que Malfoy venait de perdre lui-même l'argumentation.

Une voix hésitante se fit entendre pour la première fois alors que Remus s'avançait. « - Albus, il serait peut-être mieux... »

« - Ça suffit. » Déclara Dumbledore, faisant taire tout le monde. « - Au moins, je pense que nous sommes tous d'accord que la meilleure solution est de garder le secret. Monsieur Malfoy, ça sera votre unique choix de parler à quelqu'un sur ce qui s'est passé. En attendant, ayez confiance en notre silence. » Le directeur leva sa baguette et murmura quelque chose avant de se tourner vers eux. « - Le jurez-vous ? »

« - Je le jure. » Déclara Snape en premier, d'une voix ferme. Une petite lumière argentée sortit de la baguette du directeur et frappa la poitrine du Maître des Potions avant de disparaitre.

McGonagall emboîta le pas, murmurant les mêmes mots et une autre lumière argentée disparue en elle de la même manière. Un par un, ils firent la promesse bien que la voix de Remus était emplie de réticence et de culpabilité. Quand le sort du directeur frappa la poitrine d'Harry, il sentit comme un poids s'installer dans sa poitrine, mais il s'y habitua en quelques secondes.

Enfin, Dumbledore déclara à son tour les paroles solennelles : « - Je le jure. » Et la dernière lumière fila vers lui. Une faible pression magique s'installa dans la pièce pendant quelques instants avant de finalement se dissiper.

Le directeur rangea sa baguette et jeta un regard autour de la pièce. « - Vous pouvez retourner faire ce que vous faisiez. » Leur dit-il.

Harry fronça les sourcils. Quoi ? C'était tout ?

« - Professeur Lupin, Monsieur Malfoy, vous pouvez aussi prendre un jour de repos si vous en ressentez le besoin. »

Remus secoua la tête. « - N... Non, ça ira Albus. Je suis assez bien pour enseigner. »

Malfoy croisa obstinément les bras. « - Je ne vais pas rester assis dans l'infirmerie toute la journée. Je vais aller en classe. » Il ignora le regard désapprobateur de Snape.

Dumbledore hocha la tête. « - Très bien, monsieur Malfoy. Severus a demandé à ce que je vous accorde votre propre chambre pour une période spécifique du mois. Cela attirera moins l'attention sur vous si vous y restez en permanence au lieu d'y aller seulement que pour trois nuits par mois. »

Le blond renifla avec hauteur, mais il n'était pas difficile de voir le regard soulagé dans ses yeux. « - Bien. » Dit-il sèchement avec mauvaise grâce, s'assurant que chacun savait qu'il était vexé.

Les yeux du directeur brillèrent d'amusement. « - Si vous le souhaitez, vous pouvez répandre la rumeur que votre père pait la facture pour que vous ayez une telle intimité. Je suis sûr que le mensonge sera cru. »

Harry roula des yeux. Malfoy l'aperçut et lui lança un regard noir.

« - Pourquoi n'avez-vous pas lancé un Oubliette à Potter comme avec Pansy et Blaise ? » Dit-il puis il ajouta avec un ricanement : « - Merlin sait qu'il n'est pas le bienvenu ici. »

Harry grogna. « - Peut-être que je suis plus digne de confiance que certains serpents. » Rétorqua-t-il, retombant facilement dans la routine qu'il avait construite avec Malfoy.

Avec un soupir, McGonagall posa une main sur son épaule et le poussa sans douceur en direction de la porte. « - Venez Potter. Allons-y. »

Malfoy garda un sourire narquois en le regardant jusqu'à ce que Snape fasse à peu près la même chose pour lui, sortant avec impatience du bureau.

À suivre...