Me revoilà avec un nouveau chapitre...

Histoire tranquillou pour une fois. Je crois que j'ai beaucoup de mal à écrire quand Jane n'est plus. Mais un défi est un défi et je le tiendrais jusqu'au bout.

Bonne lecture.

Bizz.

K.


Janvier, nouvelle année, nouvelle page, nouvelle vie. Voilà ce que fut les pensées de Maura à l'aube de ce nouvel an. Elle savait qu'elle ne pourrait jamais oublier Jane mais le soir au fond de son lit, les nuits étaient longues en compagnie de la solitude. Depuis le gala de Noël de la famille Grant, Maura entretenait une belle relation amicale avec le Professeur Luke Granville, professeur de littératures et langues rares. Elle n'était pas restée indifférente à son intelligence et à son charme dont il savait jouer à merveille. Elisabeth l'aimait bien et l'appelait Monsieur Livre, puisqu'à chaque fois qu'il venait boire le thé chez Maura, il apportait à la petite fille un nouveau livre à lire, ce qui n'était pas pour déplaire à Elisabeth qui adorait les histoires qu'il lui offrait. Elle passait des heures assise dans la cuisine à lire les histoires à Bass qui semblait être un public très attentif.

C'était étrange mais Maura se sentait moins coupable de cultiver cette amitié quand elle entendait Elisabeth parler des visites de Monsieur Livre. Elle avait donc fini par accepter l'invitation au restaurant qu'il avait avancé lors de sa dernière visite. Angela trouvait cette idée excellente, il était temps pour Maura de reprendre sa vie amoureuse en main et ce Luke Granville était un homme bien, la mère de Jane en était persuadée.

Ce soir-là, Maura avait sorti une de ses robes dont elle avait le secret. Elle voulait plaire mais en même temps, Jane était toujours dans son esprit et ce rendez-vous lui donnait encore l'impression de trahir celle qu'elle aimerait plus que tout quoi qu'il arrive. Il lui fallut tout le trajet pour endiguer ses inquiétudes et se lançait dans cette merveilleuse soirée romantique au bord de l'eau. Luke était décidemment aussi séduisant qu'intéressant à écouter. Elle le dévora des yeux et bu ses moindres paroles tout au long du repas. C'était la première fois depuis longtemps que Maura riait avec sincérité, qu'elle s'imaginait une nouvelle histoire d'amour dans les bras de cet homme qui la fascinait. En sortant du restaurant, ce soir-là, Maura lui prit délicatement la main comme il l'avait fait au restaurant et elle se laissa guider jusqu'au parc qui se trouvait quelques mètres plus loin. Les passants qui les regardaient marcher main dans la main, blotti l'un contre l'autre, voyait un couple heureux et amoureux.

« - Vous connaissez cet endroit ? Demanda Luke avec tendresse.

- On y venait parfois avec Jane pour être juste toutes les deux. Répondit Maura en posant sa tête contre l'épaule de son ami.

- Vous l'aimiez beaucoup ? C'est la mère d'Elisabeth, exact ?

- Oui, elle est restera la seule femme de ma vie. Mais je veux qu'Elisabeth ait une famille. Jane veille sur elle de là-haut, dit-elle en montrant le ciel étoilé, mais elle doit avoir quelqu'un de fort et aimant qui la protège ici.

- Il faut penser à votre bonheur aussi, Maura. »

La jeune femme avait sursauté, depuis qu'il le connaissait, il lui donnait du « docteur » ou du « madame » et voilà qu'il l'appelait Maura. Son prénom avait l'allure d'une douce mélodie entre ses lèvres. Elle l'embrassa sur la joue avant de dire dans une voix plus qu'explicite.

« - Qui vous dit que je n'y pense pas ?

- Me voilà, ravi de l'apprendre. Dit-il avec le sourire. »

Ils restèrent ainsi de longues minutes à admirer les étoiles, puis il la raccompagna chez elle auprès de sa fille. Sur le chemin du retour, Maura resta pensive, elle semblait enfin apaisée depuis le temps qu'elle espérait retrouver le véritable sens du mot « bonheur » comme elle l'avait vécu quand Jane était encore en vie. Luke admirait cette femme depuis bien des années, il avait suivi certaine de ses conférences même s'il ne comprenait absolument rien à la médecine légale et à la science en générale. Il avait du mal à réaliser que cette femme faisait attention à un homme comme lui, un simple universitaire.

« - Vous voilà arrivée. Dit-il avec le sourire. »

Maura hésita un instant puis quand elle croisa son regard, elle ne put se retenir. Elle vint déposer un tendre baiser sur ses lèvres fines qu'elle rêvait d'embrasser depuis le début de la soirée. Luke fut surprise mais rapidement retrouva ses esprits et lui répondit avec douceur. Il était hors de question de brusquer une pierre précieuse comme le docteur Maura Isles. La jeune femme s'écarta et lui offrit un grand sourire.

« - Je vous aurai bien invité à rentrer mais j'ai une longue journée qui m'attend.

- Je comprends, dit-il avec tendresse, ce fut une merveilleuse soirée.

- Merci pour tout, Luke, c'était… oui, merveilleux. »

Elle l'embrassa une dernière fois et quitta la voiture, le sourire aux lèvres et les yeux remplis d'étoiles. Elle ouvrit la porte et le regarda s'en aller avant de rentrer chez elle. Quand elle arriva dans le salon, chaussures et sac à la main, elle ne put s'empêcher de sourire un peu plus. Angela était assise sur le canapé, tenant dans ses bras Elisabeth qui dormait à poings fermés.

« - Elle s'est endormie, il y a dix minutes à peine, elle t'attendait. Chuchota Angela. Comment ça s'est passé avec Luke ?

- Je vais la coucher et je vous raconte tout. Répondit Maura en posant ses affaires sur le comptoir de la cuisine. Ça s'est bien passé ? Elle n'a pas trop grogné ?

- Oh, non, elle a été adorable. Elle m'a lu une des histoires que ton ami lui a offert et après on a regardé un documentaire sur les baleines. Répondit Angela en aidant Maura pour prendre la petite fille dans ses bras. »

Maura alla coucher sa fille avec amour. Elle resta de longues minutes appuyée au cadre de porte à regarder Elisabeth dormir avec le sourire aux lèvres. A quoi pouvait-elle bien rêver ? Le grand mystère du pays des rêves. Elle vint déposer un baiser sur le front de sa fille et s'en alla rejoindre Angela dans le salon.

« - Je vous serre un café, Angela ?

- Oh, non, je ne vais pas réussir à dormir. Mais raconte-moi plutôt ta soirée.

- Vous aviez raison, cet homme est merveilleux. La prochaine fois, il veut emmener Elisabeth au baseball. Je n'sais pas si je pourrai les accompagner. Ajouta avec l'air tout à coup sombre.

- Hey, pourquoi cet air triste tout à coup ?

- Le Stade de Fenway, c'était le lieu préféré de Jane. On y allait souvent pour discuter. Elle avait besoin d'être à cet endroit pour parler des sujets sérieux. Je n'y suis jamais allée sans elle.

- Ecoute, Maura, Jane est partie, elle ne reviendra plus. Vous vous êtes aimées, elle n'a jamais été aussi heureuse que lorsque tu étais à ses côtés. Elle est partie heureuse, il est hors-de-question que toi, tu restes malheureuse toute ton existence.

- J'ai l'impression de la trahir. En allant là-bas sans elle, c'est comme si je l'effaçais de ma vie.

- Non, Maura, en allant là-bas avec Elisabeth et Luke, tu montres à Jane que tu as su surmonter ton chagrin et que tu es là pour votre fille. Tu vas faire découvrir à Elisabeth, le lieu où sa mère se sentait chez elle.

- Et vous, Angela ?

- Quoi, moi ?

- Luke va prendre la place de Jane dans ma vie et…

- Maura, tu l'as dit toi-même l'autre matin, Jane était et restera la seule femme de ta vie. Elle a une place éternelle dans ton cœur mais cela ne veut pas dire que Luke n'a pas le droit d'avoir sa place lui aussi. Tant qu'il te respectera et qu'il respectera Elisabeth alors je ne pourrai que vous soutenir. »

Maura ne savait plus quoi dire, Angela la prit délicatement dans ses bras et laissa la jeune femme se laisser aller à ses émotions. Ses larmes étaient un mélange de nostalgie et de soulagement. Maintenant elle le savait, elle allait vivre sa vie à fond pour Jane qui n'avait plus la chance de le faire.

Les semaines suivantes, Maura les passa chez elle pour veiller sur sa fille et pour avancer sur l'affaire du Tueur de Copley Square. Elle faisait tout pour ne pas sortir, elle attendait le retour du printemps qui pointait peu à peu le bout de son nez. Elisabeth lisait sur le canapé alors qu'accoudée au comptoir, Maura était perdue dans sa énième relecture des rapports d'enquête. Cinq meurtres, rien en commun à l'exception d'avoir croisé le chemin du tueur. Un homme de 35 ans, ancien danseur professionnel reconverti en chorégraphe, pas de femme, pas d'enfant. Une femme de 22 ans, étudiante en art et mère d'un bébé de deux ans, un compagnon anéanti et une famille détruite avant l'heure. Une autre femme 38 ans, mariée, pas d'enfant, professeur des écoles. Puis la série se terminait sur deux hommes célibataires, l'un de 29 ans et l'autre de 47 ans, l'un était artiste de rue, l'autre était dentiste. Cinq victimes, cinq victimologies différentes, Maura ne voyait rien de nouveau. Elle était si accaparée par son travail qu'elle ne vit pas Elisabeth venir s'assoir à côté d'elle.

« - Maman, ça veut dire quoi ça ! Dit-elle en tendant son livre à Maura.

- Hein ? Euh, excuse-moi ! Répondit Maura en fermant rapidement le dossier qu'elle avait sous les yeux.

- Tu sais ce que ça veut dire… A… apprivoi… apprivoiser ? »

Maura eut un sourire triste, le dernier livre que Luke avait offert à Elisabeth était le petit prince. La belle légiste ne pouvait plus voir ce livre sans penser à Jane et sa lettre.

Je veillerai sur toi comme le petit gars qui veille sur sa rose dans l'histoire que tu aimes tant.

Maura caressa les cheveux de sa fille tout en lui expliquant ce que cela signifiait. La petite fille buvait chaque parole que lui disait sa mère. Elle l'admirait avec amour et tendresse. Maura l'embrassa sur le front et se laissa bercer par la voix de sa fille qui lui lisait l'histoire de ce petit bonhomme aux cheveux couleurs d'or.

« - Sur quoi tu travailles ? Demanda tout à coup la petite fille.

- Rien, rien. Murmura Maura en refermant le dossier.

- Il a mal écrit celui qui a fait ça.

- Quoi ? S'exclama Maura avec surprise.

- Montre la photo et je te montre. Dit-elle en sachant bien que sa mère ne serait pas d'accord.

- Ce n'est pas de ton âge, ma chérie.

- Je veux pas voir le sang et les cadavres tout pas beau, je veux juste voir ce qui est écrit. »

Maura sortie la photo la plus acceptable et la montra à la petite fille. Elisabeth se leva d'un bond couru à sa chambre et revint armée de sa trousse d'école. Maura la regardait avec surprise sans trop vraiment comprendre ce qu'elle faisait.

« - Je peux écrire dessus ? Demanda Elisabeth avec timidité.

- Oui, bien sûr. Mais qu'est-ce que tu veux me montrer ?

- Regarde, un « N », ça se fait comme ça. Dit-elle en traçant la lettre avec application. Et lui, il l'a fait comme ça. Il l'a fait à l'envers. »

Maura réalisa que sa fille avait raison. Personne ne l'avait remarqué et pourtant cela était tout à fait exact. Ce n'était pas un « N » mais un « И » qui était gravé sur le l'avant-bras de ses victimes. La belle légiste se surpris à penser, ça Jane l'aurait certainement remarqué. Elle embrassa sa fille sur le front et rangea la photo dans le dossier.

« - Tu sais, il est peut-être pas allé à l'école. Ajouta la petite fille. S'il ne sait pas écrire les lettres comme il faut.

- Tu sais que tu es un génie, ma chérie ? Répondit Maura en l'embrassant dans les cheveux.

- Ma' disait toujours quand elle venait que j'étais une mini-toi.

- Vraiment ?

- Oui, parce que je savais pleins de chose que les autres savaient pas et que je lui disais toujours qu'elle oubliait les adverbes.

- Tu ne faisais pas ça ! S'exclama Maura en rigolant.

- Si et elle me disait « Voilà que tu fais ta Maura ! » »

Elles se mirent à rire comme c'est pas permis, Maura prit sa fille dans ses bras et l'attaqua à coup de chatouille. Elles étaient heureuses et rien ni personne ne pouvaient leur voler cet instant. Pas même le tueur de Copley Square qui venait de croiser une femme qui l'entraina contre son gré sur une nouvelle route de la torture.

Randall allait retrouver sa Jessica Ghiberti quand elle est apparue dans son champ de vision. Elle était belle, grande et brune comme l'était sa Jane. Ce n'était pas elle mais elle lui ressemblait et cela était suffisant pour réveiller le plaisir qui sommeillait en lui. Elle, il n'aurait pas besoin d'installer un lien de confiance, il suffisait de la suivre et l'entrainer dans son repaire.

Juin était sa période préférée de l'année. Les amoureux se retrouvent, les passions et la nature renaissent et lui… Il viendrait apporter la douleur et la noirceur dans cette ville pourtant si belle et chaleureuse. Il vit les deux femmes discuter, Jessica semblait rayonnante et heureuse même si son regard avait perdu cette petite étincelle que Randall aimait tant. Il était cependant suffisamment proche pour entendre la discussion que les deux jeunes femmes partageaient avec passion.

« - Ilan est au courant ?

- Et comment, il était comme fou mais maintenant, il n'est plus trop d'accord pour que je fasse les boulots que me donne Yurka.

- Tu n'crains rien, t'es la meilleure.

- Vas dire ça à Ilan. Je lui ai promis que le prochain coup serait le dernier. Malheureusement, je crains avoir menti.

- S'il faut je te couvre. Ilan et Yurka ne parlent jamais business. Yurka aime trop son petit frère pour le faire plonger. Je fais partie de la famille depuis moins longtemps que toi, mais je sais que rien n'est plus important que la famille pour Yurka.

- Je sais. J'ai bien vu comment il a défendu sa Irina chérie. Vous étiez très mignon, l'autre soir.

- Oh ça va, il est un peu trop protecteur parfois mais n'empêche, il a payé toutes les réparations dans le bar. Il m'y avait mis un sacré rynok.

- Je suis contente que Yurka t'ai rencontré, au moins, il lâche un peu les basques à son frère. On n'avait plus une soirée tranquille.

- Et maintenant avec le bébé qui arrive, je n'suis pas sûr que Yurka résiste. Il va pas vous lâcher d'une semelle pour s'assurer que vous ne craignez rien. Les irlandais et les italiens seraient tout à fait capables de s'en prendre à vous pour atteindre Yurka.

- Les italiens ne toucheront pas une des leurs et que les Irlandais s'approche, il serait très surpris.

- Ne joue pas le héros, Jessy, Ilan serait détruit sans toi. »

Randall ne manquait pas une miette de ce qu'il se disait. Alors comme ça, sa Jessica était enceinte ? Il attendrait donc pour la torturer, par contre Irina, serait la suivante et un excellent nouveau présent pour sa regrettée Jane Rizzoli.

A la BPD, l'équipe n'avançait à rien. Cela faisait plus d'un an que le tueur de Copley Square sévissait et il n'avait rien, pas même un suspect susceptible de correspondre au profil qu'il avait dressé de lui. A ça venait s'ajouter l'inquiétude qui habitait Cavanaugh et Martinez depuis près d'un mois. Tout le monde spéculait mais personne n'avait su trouver ce qui les inquiétait.

Seul l'avenir allait offrir les réponses aux questions mais en attendant, le tueur de Copley Square rôdait toujours au dehors.


Voilà... Alors? Il n'y a pas grand chose à dire mais bon. J'espère que cela vous a plus.

Je reviens prochainement avec la suite.

Bien à vous.

K.

PS: Vos reviews me manque... Bizz.