Le monstre qu'il faut détruire.

Cette fic est écrite dans le cadre de la 102ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Nuisance". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.

Warnings : Mind control, lime, masturbation.

Raiponce détestait ce qu'elle était devenue.

Elle faisait ça pour sauver le royaume, pour l'empêcher qu'il ne se dégrade encore plus, elle faisait ça pour son père.

Ça ne l'empêchait pas de se sentir coupable, de se haïr, de se dégoûter.

De haïr celle qu'elle était, de haïr ces moments partagés avec Belle, et où elle tentait à chaque fois de se persuader que Belle n'était pas la Bête.

Tout ces moments où elle était allongée, haletante, en sueur, pantelante, gémissante, les mains ou la bouche de Belle entre ses cuisses, ces moments où elle avait hurlé de plaisir, tellement fort que de toute évidence, tout le monde dans ce foutu château avait dû l'entendre à au moins un moment.

Tout le monde, y compris son père, devait savoir que la reine se tapait Raiponce, la fille du conseiller et traître du royaume, elle qui devait désormais être la pute officielle du château et du royaume entier.

Elle était une nuisance à elle seule, parce qu'elle ne faisait rien pour changer les choses, parce qu'elle ne pouvait rien faire.

Elle était supposée être reine-consort, elle avait même eu droit à un putain de mariage, enfin, c'était juste une putain de mascarade.

Elle, reine-consort ?

Mon cul ouais !

Comme si elle avait la moindre responsabilité ou même une quelconque influence sur les décisions de la reine !

Elle était juste sa prostituée attitré !

Et elle détestait le fait que, en un sens, elle aimait ça.

Elle aimait quand Belle la prenait, brutalement, violemment, ou au contraire, avec douceur, presque avec amour.

Elle aimait ses caresses, aimait comment elle lui faisait l'amour, aimait lui rendre la pareille, aimait l'embrasser, sentir son corps contre le sien.

Elle aimait les gémissements qu'elle tirait de sa reine, aimait la voir s'abandonner au plaisir, aimait quand la Bête semblait disparaître derrière Belle, celle qu'elle avait toujours aimé.

Quand Belle n'était pas là, avec elle, qu'elle ne venait pas dans sa chambre pendant plusieurs jours, c'était insupportable.

Une frustration telle qu'elle n'en n'avait jamais connu auparavant s'emparait d'elle, et elle détestait ce sentiment, détestait le fait de savoir à quel point elle était dépendante de ce monstre, la magie de la Bête y étant certainement pour quelques choses.

Et elle avait parfaitement conscience que Belle faisait cela de façon volontaire.

Elle haïssait le fait de ressentir l'absence de ses doigts en elle de façon presque physique, elle haïssait la manière dont elle ne pouvait pas empêcher ses propres doigts de se frayer d'eux-même et naturellement, de manière presque naturellement, vers ses cuisses, droit vers son sexe.

Elle détestait ce besoin systématique qu'elle avait de se caresser, de se masturber pendant des heures quand Belle n'était pas là, elle détestait ce à quoi la magie de Belle l'avait réduite, détestait le fait de ne pas pouvoir résister à ce désir, ce besoin presque animal, et elle détestait le fait de savoir qu'elle aimait ça.

Oh, par la magie, elle voulait Belle, tellement, tellement fort.

Une part d'elle adorait ça, adorait cette chute, cette déchéance, elle qui la poussait à enfouir ses doigts entre ses cuisses, le plus loin possible, encore et encore, et encore, et…

Plus, plus, plus, PLUS !

Ce mouvement de va-et-vient la rendait complètement folle, elle ne pouvait plus s'en passer, et à nouveau, si elle fermait les yeux, peut-être qu'elle aurait pu croire que c'était réellement Belle qui était là, en train de la caresser, de lui faire l'amour, là, maintenant, tout de suite.

Elle savait parfaitement qu'on l'entendait en ce moment même, et elle s'en fichait, elle n'avait plus conscience de rien, si ce n'est de son plaisir, si ce n'est de ce besoin d'assouvir celui-ci, encore et encore, n'attendant que la présence de Belle pour être apaisé et pour qu'elle soit enfin satisfaite.

Une main posée sur son sein droit qu'elle caressait frénétiquement, pensant à Belle, accélérant de plus en plus ses va-et-vient, gémissant toujours de plus en plus fort, Raiponce se dit de façon étrange qu'elle adorait et détestait sa vie actuelle.

§§§§

Reprenant ses esprits, elle comprit alors à quel point la magie de Belle était une nuisance, à quel point celle-ci était dangereuse.

Il fallait qu'elle la détruise, qu'elle détruise le monstre, cette nuisance que Belle était devenue.

Quand Raiponce était allée à une des fameuses soirées, orgies organisées par Belle, où la nourriture, le vin et le sang coulaient à flot et étaient omniprésents, la reine ne sembla même pas faire attention à elle, alors qu'elle était penchée sur une jeune servante, qu'elle était en train de caresser, tout en léchant son cou, couvert de sang.

Elle buvait ce dernier avec une véritable avidité et un vrai plaisir.

La jeune femme tremblait, de peur et de plaisir, soumise à la magie de la reine, et perdue entre la douleur, l'horreur et un plaisir qu'elle n'aurait pas dû ressentir.

Et Raiponce réalisa avec horreur et effroi qu'elle aurait voulu être à sa place, et, se regardant elle-même, elle comprit ce qu'elle était devenue.

Sa robe était en lambeaux, on voyait presque l'entièreté de son corps, elle était encore couverte de sueur et de différents fluides, résultat de ses différentes masturbations, et bordel, est-ce que c'était vraiment ce qu'elle était maintenant ?

Elle comprit également que c'étaient ses sentiments et son désir pour Belle qui étaient la véritable nuisance, puisque c'était aussi cela qui risquait de l'empêcher de réussir à la tuer.

La nuisance, c'était la magie, le serment, et elle comprit que la situation risquait de rester ainsi pour toujours.

À vrai dire, elle ne savait pas encore si elle en avait encore quelque chose à foutre ou non.

Elle ne savait plus ce qu'elle voulait.

Tuer la reine ou laisser les choses telles qu'elles étaient ?

Mais, quand la reine se dirigea vers elle, avec son sourire éclatant, avec ce visage couvert de sang, avec son regard sombre, et qu'elle l'embrassa avec passion, elle ne résista pas.

Le pouvait-elle seulement ?

Et pire encore ?

Le voulait-elle ?

Oh, par les Dieux, que pouvait-elle faire ?

A suivre…