Titre : Shippu ! Konoha Gakuen Den !
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto.
Avertissements : UA High School, probablement du Yaoi par la suite, et du SasuNaru en prime. Je tiens à préciser que je n'ai mis aucune volonté artistique ou quoi que ce soit dans cette fic, je le fais juste parce que je le peux.
Blabla de l'auteur : Partons dans la démesure et le jusqu'auboutisme ! Dans cette version, Lee est un footballeur et comme j'ai trop vu Olive et Tom dans ma folle jeunesse, il le vaudra bien !
Merci de votre fidélité et bonne lecture !
4
Droit au but !
Lee sur le terrain !
Deux hommes de main en trois jours d'école, c'était pas mal. Naruto décida de passer à la vitesse supérieure : ce ne serait pas en se tournant les pouces qu'il arriverait à s'imposer définitivement ! Certes, il avait battu les meilleurs challengers déclarés, mais qui sait si le lycée Konoha ne décelait pas encore des champions cachés, comme Sasuke ? Il fallait qu'il soit sûr d'être le plus fort de tous !
Une fois le portail passé, il laissa traîner son regard autour de lui, pour jauger le terrain. La plupart des élèves avaient un physique moyen et pas assez de muscles pour espérer seulement lui foutre une chiquenaude. Les Plus étaient les meilleurs du lycée, d'après ce que lui avait dit Shino ; il fallait donc qu'il cherche de ce côté. En parlant de Shino, il se trouvait déjà là, en compagnie des autres Plus avec qui il traînait d'habitude : Kiba, Shikamaru et Chôji. Tout sourires, il se dirigea vers eux sans se soucier des grimaces dégoûtées qu'il soulevait sur son passage.
— Bonjour à vous, fiers hommes de main !
Shikamaru soupira, Chôji le regarda d'un drôle d'air et Kiba grogna un peu. Seul Shino resta de marbre. Naruto ne s'en étonnait plus : c'était le genre de gars qui ne souriait jamais, gardait les traits figés quelles que soient les circonstances et se payait le luxe de n'être jamais surpris, même quand le ciel lui tombait sur la tête. Shikamaru le traitait souvent de rasta goth : il avait le flegme du premier et le côté obscur du second (en réalité, Naruto ne savait pas vraiment ce que signifiait le « côté obscur » dont parlait Shikamaru : une référence à un film, peut-être ?). Quoi qu'il en soit, il était cool, et rien que pour ça il méritait de faire partie de sa bande.
— Yo, dit Shikamaru d'une voix lasse.
— Vous êtes prêts à conquérir l'école et la ville ? fit Naruto en s'adressant expressément à Kiba et Shino.
— Quoi ? s'écria Kiba, mécontent. Qu'est-ce tu racontes encore comme conneries dès le matin, face de morue en gelée ?
Naruto réagit au quart de tour : empoignant Kiba par la nuque, il le jeta à terre et le garda allongé d'une pression de la chaussure sur son dos. Kiba poussa une série d'injures qui firent à peine ciller son agresseur.
— Ce n'est pas une manière de t'adresser à ton chef ! Si tu n'étais pas mon premier homme de main, je te forcerais à te couper le petit doigt pour ton manque de respect !
Shino toussa.
— Le coupage de petit doigt, c'est terriblement désuet, dit-il sans rire.
— Ah ouais ?
— Certainement. Si tu veux le punir d'une manière plus moderne, tu devrais le menacer de lui mettre un collier et une laisse. Il déteste ça depuis que sa sœur s'amuse à tester ses instruments S.M. sur lui.
Kiba rougit jusqu'à la pointe des racines.
— Shino, espèce de traître ! Tu m'avais promis que tu garderais ça pour toi !
Shikamaru et Chôji étaient devenus livides. Quant à Naruto, il se contenta de faire un grand sourire de connivence.
— Je vois... Ta sœur est dans ce commerce, hein ? C'est plutôt cool. On dit que ce sont les femmes qui ont le plus de caractère !
— Holà, c'est tout ce que ça te fait ? s'étonna Shikamaru. La sœur de Kiba est adepte SM ! Ça te dégoûte pas ?
— Oh tu sais, Iruka m'a déjà montré les multiples facettes de son métier...
— Stop, je ne veux rien savoir ! le coupa Shikamaru, profondément troublé. Les détails sordides de ta vie de gangster, laisse-les à des gens que ça intéresse !
Il se massa les tempes pour montrer à quel point la situation le dépassait, mais alors se passa une chose étrange : Chôji se mit à rire.
— Pourquoi tu rigoles ? fit Shikamaru.
— Tu trouves pas qu'il ressemble à Lee, quelque part ? Ils ont le même caractère... passionné. Comment il appelait ça déjà ? Ah oui, la « fierté de la jeunesse conquérante dans la splendeur de son printemps éternel ».
— C'est la définition même du nekketsu, s'exclama Naruto, ravi de voir qu'on le comprenait enfin.
— Quoi ?
Cette fois, Shikamaru paraissait complètement largué. Qu'à cela ne tienne : Naruto était prêt à lui expliquer les bienfaits du nekketsu en long, en large et en travers s'il le fallait. Car il en avait à revendre : il le fallait bien au vu de son ambition première ! Le nekketsu, c'était le miso de sa vie, le ramen délicieux dont il tirait la force et le courage nécessaire à l'aboutissement de ses rêves les plus fous !
Pourtant, il n'en eut pas le temps : à peine avait-il commencé à ouvrir la bouche qu'un pied surgi de nulle part le frappa droit dans l'arrière-train et le fit rouler à plusieurs mètres de là. Shikamaru eut tout juste le réflexe de se pousser avant de se faire entraîner avec Naruto.
Les membres endoloris, rompu de douleur et de colère, Naruto se leva d'un bond et hurla sa rage.
— Qui a fait ça !
Une silhouette bien connue se dressait devant lui : celle de Sasuke, son sac jeté sur l'épaule, qui le fixait avec tout le mépris possible. Naruto sentit un mélange insolite de colère et de joie pure l'envahir. Son rival venait spontanément le défier en public ! C'était la consécration de sa carrière montante !
— Sasuke, connard ! Pourquoi tu m'as frappé par surprise ?
— Oh, Naruto, dit-il comme s'il parlait d'une merde sous sa chaussure. T'étais là ? J'ai cru que j'avais écrasé un insecte déplaisant et laid, mais finalement ce n'est pas si différent.
Ils s'échangèrent un regard emplis de défi sous les yeux médusés des autres. De mieux en mieux : en affichant ainsi leur inimitié en public, ils affermissaient leurs rôles respectifs.
— Je vais te buter ! s'écria Naruto, prêt à s'élancer sur son rival.
Là encore, il n'en eut pas le temps : une voix lente le rappela à l'ordre.
— La sonnerie va retentir, dit le professeur Kakashi, aussi nonchalant que d'ordinaire. Ce n'est pas le moment de se battre, les enfants.
Sa tenue était toujours aussi négligée ; le masque qu'il avait savamment attaché autour de sa bouche ne laissait deviner aucun des traits qu'il cachait. Naruto se demanda pour quelle raison Kakashi dissimulait son visage de cette manière : une déformation hideuse ? Le désir de ne pas se faire reconnaître ? Le suivi d'une ancienne mode qu'il ne s'était jamais résolu à abandonner ? Dès qu'il en aurait le temps, il fallait qu'il envoie ses sbires résoudre le mystère !
En attendant, il avait un autre souci : celui de ne pas perdre la face devant l'école. Il leva donc le doigt en direction de Sasuke et s'écria :
— C'est de sa faute !
Malheureusement, Sasuke avait eu la même idée au même moment, ce qui fait que leurs cris firent écho. Ils se lancèrent des regards furibonds, prêts à se jeter dessus. Kakashi secoua la tête, attrapa les deux garçons par le col et sous leurs cris de protestation, les tira en direction du bâtiment où ils avaient cours.
— Si vous me faites le moindre mal, non seulement vous serez expulsés mais vos familles recevront un mot de ma part. Compris ?
Étrangement, les coups qui étaient sur le point de partir en direction de Kakashi moururent d'eux-mêmes. Tout en se faisant traîner sur le sol (il n'allait quand même pas aider son professeur, il ne fallait pas exagérer ! Même si sa position était un peu humiliante...), Naruto lança un coup d'œil en direction de Sasuke. Celui-ci, voyant qu'il était observé, détourna brusquement le regard. Ses oreilles étaient rouges : sans doute la colère d'être ainsi traité par Kakashi. Naruto se demanda s'il devait en parler à Iruka et de ce fait, dresser son tuteur contre ce professeur indigne qui se permettait d'humilier ses élèves devant toute l'école. Il y renonça en pensant à tous les problèmes que cela lui apporterait : non seulement cela renseignerait Iruka sur toutes les activités pas toujours très glorieuses de Naruto durant ces derniers jours, mais en plus il était bien capable de mettre le lycée à feu et à sang, et sans ce cas, comment Naruto pourrait-il en être le chef ?
— On en reparlera après les cours, chuchota-t-il à l'intention de Sasuke. Tu perds rien pour attendre.
Sasuke ne répondit pas.
o-o-o
Après cette presque échauffourée mémorable, les cours parurent fades à Naruto. Il avait hâte d'être libéré pour confronter Sasuke. À la moindre occasion, il lui lançait des œillades appuyées mais comme à son habitude, Sasuke l'ignora.
Quand vint la pause déjeuner, Sasuke s'esquiva si vite qu'il fut impossible à Naruto de savoir où il était allé. Ses fréquentes demandes à ses camarades de classe n'y firent rien : personne ne savait où disparaissait Sasuke durant les pauses. Frustré, Naruto finit par abandonner au bout d'un quart d'heure pour aller savourer son bentô à l'extérieur. Que Sasuke aille au diable, il n'allait pas gâcher son déjeuner pour lui !
Comme toujours, le bentô qu'Iruka lui avait préparé était d'un aspect on-ne-peut-plus appétissant. Naruto saliva en admirant le contenu : du riz blanc cuit à point avec une prune marinée placée au centre, un gros morceau de hamburger à l'Iruka, des croquettes, trois sortes de légumes au sel différents, du tofu frit en veux-tu en voilà, et pour décorer le tout, des personnages et des décors découpés dans des carottes, du nori et de l'omelette. Comme dessert, du cake à l'orange. Le tout était fourni dans des proportions suffisantes pour lui.
— Bon appétit ! s'écria-t-il, ravi, avant de se plonger dans son festin.
Il avait à peine attaqué les croquettes après avoir dévoré le hamburger qu'un événement inattendu se produisit : il y eut un cri d'avertissement, des hurlements de terreur de la part d'un groupe de filles qui déjeunait non loin, et le temps que Naruto relève la tête, une balle blanche et noire lui fonçait dessus à toute vitesse. Ses réflexes aidant, il para en l'envoyant rouler avec la tête, mais dans l'action il en avait oublié son bentô posé sur les genoux. Celui-ci n'avait aucune chance face à la gravité : il fit un tour complet sur lui-même en répandant son contenu et alla s'écraser sur l'herbe dans un bruit mat. Naruto hurla.
— Ma bouffe !
Apparut alors l'un des plus étranges spécimens de garçons que Naruto avait vu : maigrichon, la coupe au bol, les sourcils si épais qu'ils faisaient penser à des crayons collés au-dessus des yeux, un footballeur en tenue complète (jusqu'au « Konoha » marqué en grand sur l'avant de son t-shirt) s'empara du ballon qui avait roulé à ses pieds et le brandit fièrement devant Naruto.
— Naruto Uzumaki, je te défie ! hurla-t-il.
Naruto sentit la rage l'envahir.
— Connard ! C'est toi qui a gâché mon repas ? Tu vas me le payer ! Je te défie !
— Non, c'est moi qui te défie ! reprit le nouveau venu. Moi, Lee Rock, fier capitaine de l'équipe de football du lycée Konoha et fiancé de Sakura Haruno, je vais te punir pour avoir osé manquer de respect à ma bien-aimée !
— Huh ?
Face à ce discours saugrenu, même Naruto était confus.
— C'est le Lee dont a parlé Chôji ce matin, dit alors Shino en surgissant dans son dos.
Naruto sursauta : quand est-ce qu'il était arrivé près de lui, celui-là ? Il ne l'avait même pas senti venir !
— Ha ! Tu vas te faire aplatir, tête de nœud, fit Kiba qui n'était jamais bien loin de son meilleur ami. Dans le genre coriace, Lee dépasse tout.
Naruto fit la grimace.
— Eh, cette Sakura, c'est bien la fille aux cheveux roses qui m'a frappé le premier jour ? Elle sort avec ce type ?
— Tu rêves, dit Kiba. C'est ce qu'il espère, mais Sakura a bien trop de goût pour ça.
— Et pourtant, elle est bien sortie avec toi, dit Shino.
— La ferme !
Naruto ricana.
— Dites donc, elle a l'air d'être sacrément populaire, cette fille. Elle est sortie avec beaucoup de mecs ?
Shino haussa les épaules.
— Pas tant que ça, quand on pense qu'elle est la coqueluche des garçons. Faut dire, elle est aussi la capitaine de l'équipe féminine de tennis, autrement dit elle passe beaucoup de temps à courir dans une jupette qui vole en agitant une grosse raquette. Ça aide au fantasme, il paraît.
— Ah ouais ?
Même si elle avait l'air chiante, cette Sakura était plutôt mignonne dans son genre et en plus, elle avait du succès. C'était peut-être une candidate en tant que future petite amie potentielle ? Et puis, tout grand chef de gang se devait d'avoir une épouse avec un minimum de caractère...
— Dis Shino, elle pense quoi de Sasuke ? Le premier jour, elle m'avait frappé à cause de lui, si je me souviens bien.
— Elle répète à qui veut l'entendre qu'elle en est amoureuse.
— Ah ouais ?
De mieux en mieux ! Ça y est, il l'avait trouvée, l'égérie qui pimenterait sa relation avec Sasuke, l'icône féminine qui transcenderait leur rivalité éternelle ! Mais avant tout, il devait éliminer toute menace à son futur bonheur amoureux, à commencer par ses rivaux.
— Tu m'entends, Uzumaki, je te défie ! hurla de nouveau Lee, pas troublé pour deux sous que Naruto l'ignorât pour discuter avec Shino et Kiba. Viens te battre !
Naruto lui fit un grand sourire. Ce type lui facilitait vraiment les choses.
— Ok, mais je fixe les enjeux.
— Les enjeux ?
Un attroupement d'élèves s'était formé autour d'eux, ce qui rajouta au plaisir de Naruto. Il leva le bras bien haut, et sur un ton solennel, dit :
— Si je gagne, tu devras abandonner tout projet de sortir un jour avec Sakura Haruno !
Une tempête de murmures se forma (encore, ça commençait à devenir une habitude depuis que Naruto était arrivé). Lee ouvrit des yeux ronds (ce qui n'était pas bien dur pour lui au vu de son physique), puis son visage vira à l'écarlate.
— Espèce de... Tu veux que moi, Lee Rock, fasse défaut à tous mes devoirs envers ma chère et tendre ? Mécréant !
— J'ai oublié de te dire, fit Shino. Lee est plutôt du genre vieux jeu, même dans son vocabulaire.
— Mécréant toi-même, répliqua Naruto. Alors, tu acceptes ou tu bats en retraite comme un lâche ?
— Un homme ne bat jamais en retraite face à l'adversité ! s'écria Lee en prenant une pose conquérante, le pied posé sur son ballon et les mains sur les hanches. Un homme, un vrai, marche contre l'ouragan et fait fi de la tyrannie la plus abjecte, car son intégrité et son courage valent mille tigres et cinq mille dragons ! Je suis prêt à t'affronter, Naruto Uzumaki !
— Très bien !
— Très bien !
— J'ai l'impression d'assister à un duel de monstres, soupira Kiba.
Shino ne dit rien. C'était inutile : Kiba le connaissait trop pour savoir que derrière ses épaisses lunettes de soleil, ses yeux devaient pétiller d'intérêt.
o-o-o
Naruto avait fixé les enjeux : soit il gagnait et dans ce cas Lee abandonnait toute idée de sortir avec Sakura, soit Lee gagnait et Naruto devait quitter l'école pour toujours. C'était quitte ou double, ce qui raffermit la motivation de Naruto. Lee avait le droit le choisir dans quel domaine ils devaient s'affronter ; ce fut donc sans surprise qu'il annonça : le football ! Les règles du match étaient très simples : Naruto devait se tenir devant les buts et arrêter les tirs de Lee. Chaque réussite valait un point à chacun ; le premier à en avoir trois remportait la victoire.
Pour l'occasion, Naruto ôta son manteau et le posa sur la pelouse, à côté des buts. Ce n'était pas le moment de faire preuve de fierté ; sa future vie amoureuse dépendait peut-être de l'issue de ce match ! Tout en faisant craquer les jointures de ses poings, il fit signe à Lee de commencer.
Le stade était plein à craquer ; apparemment, durant les cinq minutes qu'ils avaient mis à s'échauffer, le bruit de leur affrontement avait circulé dans toute l'école et tous les élèves étaient venus assister au match mémorable qui les débarrasserait peut-être de ce fauteur de troubles de Naruto Uzumaki. Spontanément, l'équipe d'ôendan du lycée avait apporté tout son attirail afin de soutenir leur champion : fanions, tambours et autres sifflets qui complétaient les bandeaux rouges sertis de l'emblème de Konoha qu'ils portaient au front et au bras. Il y avait même des filles qui s'étaient changées en cheerleaders pour l'occasion, pompons à l'appui ! Un climat de fête régnait ; tout le monde avait oublié que les cours étaient censés reprendre d'ici une demi-heure à peine. Pour faire honneur à l'événement, certains élèves avaient appelés leurs proches et leurs amis ; il y a avait tant de monde qu'on se serait cru à un match officiel ! Sans qu'on sache comment, des vendeurs ambulants étaient arrivés et avaient installés leurs stands. Échoppe de ramen, de yakitori, sucreries et boissons diverses, on trouvait de tout, y compris un stand de paris avec un véritable parieur sportif (certains affirmèrent par la suite avoir vu la directrice miser sur Lee, mais ce n'étaient que des rumeurs non confirmées).
Lee posa le ballon devant lui, se plaça à quelques mètres afin d'avoir assez d'élan pour tirer. Le stade retint son souffle. Naruto, les jambes arquées, pantelant d'impatience, attendait.
En trois foulées dynamiques, Lee fut sur la balle. Levant la jambe très haut, il frappa en poussant un cri. La balle fonça tel un bolide vers les buts.
Naruto esquissa un sourire. Lee était dix ans trop jeune pour espérer l'impressionner avec un tir aussi faible ! Il tendit le bras et dans un mouvement puissant, repoussa le ballon à l'autre bout du terrain.
Le stade entier poussa un cri de déception. Lee ne parut nullement décontenancé. Au contraire, il leva le pouce et fit un clin d'œil à Naruto.
— Nice catch ! dit-il. Mais il en faut plus pour arrêter la tornade de Konoha !
Naruto se tint prêt pour le deuxième assaut. Comme pour le premier tir, Lee posa le ballon sur le sol, mais cette fois il s'éloigna encore plus.
— Je voulais juste voir si ta réputation était surfaite ou pas, fit Lee, très sûr de lui. Je vois à présent que tu vaux tout ce qu'on raconte sur toi. Mais n'aie crainte ! Je ne me retiendrai plus, fier adversaire !
Sur ce, il courut vers la balle et frappa de toutes ses forces. Quel tir ! Ce n'était plus l'assaut ridicule (en comparaison tout du moins) du premier. En fait, si ce tir avait frappé de plein fouet un homme ordinaire, celui-ci aurait été terrassé sans autre forme de procès. Mais comme en face se trouvaient Naruto et un ensemble de cordes entremêlées pour former un filet de but, tout se passa à peu près bien.
Naruto ne fut pas assez rapide pour arrêter le tir ; à ses yeux ainsi qu'à ceux de tous les spectateurs, le ballon s'était transformé en une espèce de comète enflammée qui fit un trou gigantesque à travers les buts pour finir par se ficher dans le mur qui se trouvait des mètres derrière (personne n'avait eu la mauvaise idée de se mettre là, principalement parce qu'on ne voyait rien. Après avoir assisté à cette scène, on déclara que par mesure de sécurité, l'arrière des buts serait dorénavant interdit au public).
Un cri de victoire général résonna dans tout le stade. Naruto se releva péniblement ; dans son agitation, il s'était mordu la lèvre et il s'essuyait à présent d'un revers de main, les yeux fixés sur Lee.
— On continue ? fit celui-ci en sortant un nouveau ballon de nulle part. Ou tu préfères abandonner maintenant ?
— Jamais ! Plutôt crever !
— J'étais sûr que tu allais dire ça.
Tout se déroula de la même manière : Lee frappa de manière si violente que le ballon passa à travers le trou déjà fait et rejoignit son compagnon dans le mur, Naruto mordit la poussière et tout le monde s'accorda à dire que la victoire était à Lee, à n'en pas douter. Naruto fut pris de panique : encore un seul but, et il devrait quitter l'école ! Que dirait Iruka, lui qui avait œuvré si dur pour qu'il soit accepté ? Et que deviendrait son rêve ?
De dépit, Naruto laissa son regard errer dans les rangs des spectateurs. Tous ces gens étaient venus pour le voir se faire battre, pour l'humilier ! Il ne faisait pas le poids face à Lee, il le voyait à présent. Quelle idée il avait eue d'accepter ainsi ses conditions ! Il aurait dû savoir que son adversaire était à son avantage !
Alors qu'il était sur le point de déclarer forfait, un détail attira son attention : Sasuke, assis dans un arbre, le regard dur, l'observait. Naruto se sentit rougir de honte. Son rival était là, il le voyait se faire battre par quelqu'un d'autre ! Visiblement dégoûté par sa lâcheté, Sasuke détourna le regard et sauta de sa branche. Il fit mine de s'en aller.
— Sasuke ! l'appela Naruto, hors de lui.
Sasuke s'arrêta un instant, mais sans se retourner. Les regards étaient braqués sur lui. Lentement, il fit volte-face ; ses lèvres remuèrent.
— Je ne parle pas aux losers, comprit Naruto en lisant sur ses lèvres.
C'en était trop. Naruto se mit à hurler de toute la force de ses poumons. Sasuke le rejetait, lui son rival ! Ce n'était pas possible !
Les yeux et les veines emplis d'une motivation nouvelle, il fit face à Lee, bien campé sur ses deux jambes, et lui fit savoir qu'il pouvait tirer.
— Tu n'es pas de taille, fit Lee, compatissant. Tu devrais en rester là.
— Jamais ! Je ne me le pardonnerai pas et Sasuke non plus !
— Sasuke ?
Les deux adversaires étaient trop loin de la foule pour que celle-ci puisse les entendre, mais ils étaient parfaitement capables de se comprendre entre eux. Naruto serra les poings, amer : il avait déçu Sasuke ! Quel homme était-il pour faire honte de cette manière à son rival ?
— C'est l'homme de ma vie, siffla-t-il, tout tremblant. Je refuse de le laisser tomber maintenant. Je gagnerai, pour qu'il voie à quel point je suis digne de lui et lui de moi !
— Hein ?
Chose étrange, le visage de Lee se décomposa à vue d'œil. Il se ressaisit pour tirer mais sa course était si hésitante que le tir ne fut pas aussi puissant que les derniers ; Naruto n'eut aucune peine à l'arrêter.
Ils étaient à deux points partout. Le suspense était insoutenable, aussi bien pour eux deux que pour les spectateurs. Lee se reprit.
— Je ne te laisserai pas la victoire, dit-il. Tes tentatives de distraction seront vaines sur moi !
— Hein ?
Naruto ne comprenait pas grand-chose aux derniers mots de Lee, mais qu'à cela ne tienne : il devait gagner ! Il le devait pour l'avenir de sa future rivalité avec Sasuke !
Il se passa alors un incident imprévu : revenant sur ses pas, Sasuke se fraya un chemin jusqu'aux buts et s'écria, très sérieux :
— Eh, l'idiot de service, Shino vient de me parler de cette histoire avec Sakura. C'est vrai ?
Naruto lui fit un sourire empreint de fierté.
— Bien sûr que c'est vrai !
Sasuke s'empourpra de colère.
— Tu trouves pas ça un peu contradictoire ?
— Pourquoi ? Sakura sera le but de notre quête éternelle. Mais tu restes l'homme le plus important de mon existence avec Iruka !
Sasuke ouvrit des yeux ronds. Puis, tout en baissant les yeux :
— Imbécile. Tu ne peux pas penser à autre chose ?
— Jamais ! Je te l'ai dit, tu es l'aboutissement de mes espoirs ! Je t'ai cherché quasiment toute ma vie, je n'ai aucunement l'intention de te laisser m'échapper !
Sasuke garda le silence.
— T'as vraiment l'esprit mal tourné, finit-il par dire à contrecœur. Continue si ça te chante, mais ne compte pas sur moi pour te rendre les choses faciles.
— Ça va de soi !
Le regard que Sasuke lui jeta était vraiment très étrange : un peu de rancœur, pas mal d'hésitation et aussi un autre sentiment que Naruto eut bien du mal à saisir... Il était sur le point d'y arriver quand Lee interrompit le cours de ses pensées.
— Euh, c'est pas que je voudrais vous déranger, mais on a un match là...
Sasuke détourna les yeux.
— T'as pas intérêt à perdre ! fit-il à Naruto avant de retourner dans les rangs des spectateurs.
Naruto eut un sourire carnassier. Visiblement nerveux, Lee entama le dernier mouvement qui allait décider de leur sort. Comme les fois précédentes, il prit son élan et frappa la balle de toutes ses forces. Le stade retenait littéralement son souffle tandis que la comète enflammée fonçait droit vers les buts.
C'était comme si la scène se déroulait au ralenti. Naruto repéra la trajectoire de la balle d'un coup d'œil ; étirant son corps au maximum, il alla à la rencontre du bolide. Il avait omis de mettre des gants de gardien de but ; pourtant, même sans protection, il tendit les mains et saisit la balle au vol. Celle-ci tourna un moment entre ses mains, brûlante ; il ne la lâcha pas d'un millimètre. La force du tir était telle qu'elle le fit reculer ; la pelouse présentait des traces parallèles qui étaient celles de ses chaussures profondément enfoncées dans le sol, alors qu'il était projeté en arrière. Il cessa de reculer un centimètre exactement avant la marque des buts et s'immobilisa.
Il avait gagné.
Le stade poussa une exclamation générale qui résonna dans toute la ville.
À suivre...
