Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï et Henrique.

Béta : BettyMars

Zarakinel, ravie de te retrouver sur mes écrits ;)

Bon, j'avais raison, l'OS de la semaine dernière vous a plu. Tant mieux :). Celui d'aujourd'hui joue sur toute une palette d'émotions. Il explique plusieurs choses que je n'ai pas développées dans Simplicité. Vous le reconnaitrez surement, mais cela débute le jour où Milo présente son petit ami à Severus et Ioann.

/ !\ Relations homosexuelles sous-entendues dans ce chapitre. Aucun détail mais si cela vous dérange, vous pouvez soit passer votre route, soit tenter de lire tout de même, mais alors ce sera en toute conscience des choses. Vous voici prévenus.

Petite news : j'ai déjà écrits 3 chapitres de la suite et ils ont tous été corrigés ! Et le chapitre 4 avance plutôt bien alors que le 5 se profile de plus en plus dans ma tête. Si c'est pas merveilleux tout ça :P

En attendant, je vous souhaite une bonne journée et je vous donne rendez-vous mercredi prochain pour le 5ème et dernier OS avant la suite.


Des hauts et des bas.

Dimanche 9 Novembre 1986.

Milo soupira. Il venait juste de se faire mettre dehors de sa propre cuisine. Tout ça parce que soi-disant, il dérangeait. C'était du n'importe quoi, jamais un petit bisou n'avait dérangé quelqu'un. Bon d'accord, c'était peut-être plus qu'un simple bisou. Mais qu'y pouvait-il si Henrique était tout simplement excitant et qu'il ne pouvait pas se retenir en sa présence ? Il regarda la pendule du salon en fronçant les sourcils. Alors qu'il allait commencer à s'inquiéter, la cheminée s'activa. Severus et Ioann venaient d'arriver.

- Bonjour, Milo. Excuse-nous de ce retard. Draco est malade et nous avons pris plus de temps pour nous préparer.

- Qu'est-ce qu'il a ? Demanda le Russe tout en embrassant avec tendresse son filleul.

- Des coliques. Rien de bien alarmant pour l'instant mais il n'a rien dit, donc il a fallu le rassurer et vérifier que les premières potions soient bien efficaces.

- Lui aussi il a bien changé. Il y a quelques mois, il se serait plaint pour la moindre bricole et maintenant il ne parle même pas de ses maux de ventre.

- Il a commencé à prendre sur lui le jour où il a décidé de veiller sur son petit frère. Enfin, il va passer une journée avec ses parents et Poppy sera là s'il en a besoin. Bien si tu nous présentais à ta perle rare.

- Il est en cuisine, assieds-toi je vais le chercher. Io, mon Ange, as-tu soif ?

- Non, oncle Milo.

Le Russe lui ébouriffa les cheveux avant de se diriger vers la cuisine. Il entra précautionneusement, de peur qu'un volcan brésilien n'entre en éruption. Mais tout était calme. Il se glissa derrière son homme, agrippa sa taille et lui souffla dans l'oreille.

- Milovan, je t'ai déjà dit de me laisser en paix !

- Je sais que tu es nerveux comme pas deux, mais nos invités sont là.

- Déjà ?

- Ils étaient même en retard.

- Mince, je suis en retard.

- Henrique, calme-toi, même si on mange dans une heure ce n'est pas important.

- Je sais, mais je vais rencontrer ta famille et c'est un peu angoissant.

- Ce n'est pas comme si je te présentais à mes parents. Au moins à ça tu y échapperas.

- Oui, mais c'est encore pire. Car c'est la famille que tu t'es choisie. Elle est bien plus importante.

- Alors ne les faisons pas attendre plus, Sev' n'est pas du genre patient, sauf avec son fils.

Un tendre baiser calma un peu le brésilien. Puis Milo lui attrapa la main et le dirigea vers le salon. Severus releva la tête pour voir les deux hommes arriver. Il se releva et toisa le nouvel arrivant avec mépris. Henrique se sentit rapetisser sous le regard noir du professeur. Comment cet homme, plus jeune, arrivait-il à le faire se sentir comme un enfant ayant fauté ? Et puis après tout c'était vrai, ce type était plus jeune que lui, il lui devait le respect ! Finalement il se redressa et le toisa également. Mentalement, Severus se fit la remarque que le journaliste avait au moins le mérite de ne pas céder à la facilité et de s'écraser devant lui. C'était déjà un bon point. Décidé à alléger l'atmosphère, Milo intervint.

- Bien, alors Henrique, voici Severus, mon frère, et Ioann, son fils. Ioann ,Sev', voici mon petit ami, Henrique.

- Bonjour. Je suis ravi de rencontrer enfin la famille de l'idiot qui me sert de petit ami.

- Hey ! Je ne suis pas un idiot ! S'indigna Milo.

- Tu as raison, tu es juste un crétin, railla Severus.

- Ok, si vous vous liguez contre moi, je vais au resto avec Ioann et je vous laisse seuls ici avec le rôti brûlé.

- Nom de Dieu, le rôti ! S'écria Henrique en se précipitant vers la cuisine.

Milo leva les bras au ciel alors que Severus le regardait avec un sourire en coin. D'une main impatiente, Ioann agrippa le pantalon de son père.

- Papa, pourquoi l'est parti ?

- Il n'est pas parti, Chaton, il s'est juste rappelé qu'il avait de la viande au four.

- Oh, parce que pas eu temps dire bonjour.

- Viens avec moi, Petit Ange, tu pourras lui dire bonjour, proposa Milo en lui tendant la main.

L'enfant hésita. Jusqu'à présent, son oncle et son père ne lui avait jamais présenté quelqu'un de méchant. Enfin presque, car il y avait eu Albus qui lui avait fait mal. Mais il était curieux. Aussi après un regard interrogateur à son père, il attrapa la main tendue. Les deux Russes se dirigèrent en cuisine où le brésilien s'activait pour limiter les dégâts. Quand il se retourna pour attraper le couteau à viande, il les remarqua enfin. Il sourit au clin d'œil de son homme avant de baisser les yeux vers l'enfant. Oh il le connaissait. Il avait vu beaucoup de photos de lui et surtout, il en avait beaucoup entendu parler. Mais il ne put que s'attendrir devant cette petite bouille curieuse et timide à la fois. Il abandonna un instant ses casseroles et vint s'accroupir devant lui.

- Bonjour, je m'appelle Henrique. Et toi tu es Ioann, n'est-ce pas ?

- Vi. T'es l'amoureux d'oncle Milo ?

- Oui, je suis son amoureux.

L'enfant pencha la tête pour mieux le voir puis il s'approcha doucement pour lui déposer un bisou sur la joue avant de revenir en courant derrière les jambes de son parrain pour s'y cacher. Milo lui passa la main dans les cheveux en lui faisant un sourire avant de regarder l'autre journaliste avec joie. Le chemin serait encore long mais son filleul venait de l'accepter. Henrique se releva avec le sourire et finit de préparer son plat. Quand tout fut prêt, il lança un sort de conservation avant de gagner le salon où Severus se demandait s'il allait finir son dimanche seul.

Jusqu'à la viande, le repas fut silencieux. Bien que Milo tentait de combler les blanc et que Henrique essayait de détendre l'atmosphère. Ioann se contentait d'observer. Après tout, si son papa était froid c'était peut-être qu'il y avait une raison. Finalement quand la viande fut servie, le professeur se décida à ouvrir la bouche pour autre chose que manger.

- Je sais que je n'ai aucun pouvoir sur les relations de Milo, Monsieur Almeida, mais sachez que si vos intentions à son sujet ne sont pas sincères, vous aurez affaire à moi. Et je ne suis pas quelqu'un de gentil.

- Ce n'était pas dans mes intentions que de le duper. Et détrompez-vous, vous avez une place très importante dans sa vie. Et je vous respecte pour cela.

- Bien, répondit Severus en se détournant vers son assiette. Dans ce cas, peut-être pourriez-vous aussi apporter la sauce que vous avez oubliée en cuisine, la viande est un peu sèche.

- Severus, ne t'arrive-t-il donc jamais d'être un peu agréable avec les invités ?

- Ce n'est pas dans ma nature.

- Sans compter qu'il a raison, la viande est définitivement trop sèche, intervint Henrique.

- Moi veux faire pipi, coupa Ioann qui se tortillait sur sa chaise depuis déjà de longues minutes.

Il se retrouva avec trois regards se tournant vers lui et ne dut qu'à une grande maitrise de ne pas uriner d'angoisse sur son siège. Cela ne l'empêcha pas de baisser les yeux et de rougir fortement. Milo se leva pour l'emmener aux toilettes.

- Vous êtes très protecteur envers Milo.

- Comme je le suis avec toute ma famille.

- Je voulais vous remercier. D'accepter notre condition d'homosexuel.

- Tant que vous m'évitez les débordements de passion, cela ne me gène pas.

- Ce n'est pas dans ma nature. On risque souvent sa vie en s'affichant trop.

- Bien. Car je tiens quand même un peu à ce Russe de malheur. Et je sais que vous êtes important pour lui. Vous lui donner un équilibre qu'il n'avait jamais encore atteint. Et c'est bien pour lui.

- Dois-je en conclure que vous me donner une chance ?

- Vous avez aussi une bonne déduction comme qualité.

- Merci.

- Remerciez-moi encore une fois et je vous torture.

- Ravi d'être prévenu.

Un instant après, les deux Russes revinrent et le repas se finit tranquillement dans la bonne humeur. Milo ne perdait pas son sourire. Tout s'était bien passé.

o0o

Samedi 13 Août 1988.

Henrique souffla un grand coup avant de rouvrir les yeux. Il allait finir par lui arracher les yeux de la tête et de les lui faire gober afin de ne plus l'entendre.

- Bon, alors explique-moi comment on est censés faire !

- C'est simple. Tu laisses tout ça dans une boite en haut du placard et on n'en parle plus.

- Non mais tu crois quoi, Gabrilov ? Je ne vais pas te laisse diriger tout ainsi ! Alors non, je ne rangerais pas ça dans une boite !

- Mais Riri ...

- Déjà tu arrêtes avec ce surnom stupide, ensuite je resterai ferme la dessus.

- Bon, très bien, va pour les deux fauteuils. Mais le reste non !

- Sans compter qu'ils s'accordent très bien avec ta table basse et que les tiens sont bons à jeter. Quant au reste, tu sais très bien que j'étais dans un meublé, je n'ai donc pas grand-chose à part mes affaires personnelles.

- Pour ça je t'ai fait de la place dans mon armoire. Comme ça nos caleçons pourront cohabiter ensemble.

- Oui, bien sûr, et ils se feront la conversation autour d'un café en attendant qu'on les porte ? Railla le brésilien.

- Ah non, j'ai assez d'un ronchonneur pour me lancer des sarcasmes. Toi tu es censé me faire des câlins, gémit Milo d'une voix mi boudeuse, mi enfantine.

- Et si on laissait nos chaussettes faire connaissances le temps qu'on teste les ressorts de ton lit ?

- Notre lit. Et c'est un programme qui me convient à merveille.

D'une démarche féline, Milo s'avança vers son amant avant qu'ils ne s'enlacent dans un baiser très prometteur. Mais voilà, rien ne se passe jamais comme on le prévoit. S'ils n'entendirent pas la cheminée s'activer, ils furent par contre rapidement dérangés par une voix hautaine et impatiente. Milo se rajusta rapidement avant de passer au salon. Il avait tout de même les joues colorées, les lèvres gonflées et la chemise mal remise.

- Gabrilov, mon fils vient de m'apprendre quelque chose que je n'apprécie guère.

- Quoi donc Lucius ?

Henrique arriva dans le salon à ce moment là. Lucius le regarda avec attention avant de revenir sur Milo. Celui-ci commença à se dire qu'il y avait quelque chose qui ne sentait pas bon dans cette scène.

- J'ai refixé ton armoire, Milo, mais tu feras attention tout de même, ce n'est que du provisoire, annonça Henrique, conscient que sa présence dans la chambre du Russe pouvait paraitre bien trop suspecte.

- Ne vous donnez pas la peine de donner des excuses, Monsieur Almeida. Votre accoutrement à tous les deux confirme les dires de Draco. Il a laissé échapper que vous emménagiez ensemble aujourd'hui. Or vu qu'il n'y a qu'une chambre, votre relation ne fait aucun doute. Ainsi vous êtes des immoraux. De ces dépravés qui s'abandonnent à un plaisir malsain. J'avais pourtant de l'estime pour vous. Mais cela est terminé. Ne vous approchez plus de Draco ni du reste de ma famille ou vous aurez à le regretter amèrement.

- Lucius attendez, vous ne ...

- Taisez-vous, Être vicié et pédophile. Vous ne méritez pas d'avoir le droit de m'adresser la parole. Je ne veux plus jamais vous revoir, ni l'un ni l'autre. L'accès à mon Manoir vous est maintenant refusé.

D'un air méprisant qu'il n'avait jamais affiché en la présence du Russe, Lucius repartit comme il était arrivé. Milo regarda, d'un air figé, la cheminée s'éteindre. Lorsqu'une main se posa sur son épaule, il se dégagea fortement avant de s'enfermer dans la chambre. Depuis deux ans qu'il les connaissait, il avait appris à aimer cette famille. Et Draco en particulier de par son lien avec Ioann. Il aimait tant garder les deux garçons. Ils étaient si vifs et rafraichissants par leur candeur. La dernière insulte du blond l'avait profondément blessé. Il n'aimait pas Draco de cette façon là. Non, il aimait les hommes mais jamais il n'avait pensé à un enfant de cette façon là. C'était d'ailleurs une pensée abjecte qui le rendait malade.

Henrique avait suivi le Russe des yeux. Lui aussi avait été blessé par cette attaque. Il avait tellement l'habitude de l'acceptation de Severus et de Poppy que ce rejet était encore plus douloureux. Il s'accroupit devant la cheminée pour l'activer une nouvelle fois, annonçant l'Impasse du Tisseur, avant de faire basculer sa tête dans le foyer.

- Henrique ? Nous ne devions nous retrouver que demain n'est-ce pas ?

- Effectivement Severus, mais il vient de se passer quelque chose. Lucius a appris pour Milo et moi. Il nous a proprement insultés avant de nous interdire de nous approcher de Draco, de Narcissa et de lui.

- Merlin. Comment allez-vous ?

- C'est dur. Milo l'a très mal pris. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu à autant souffrir de son homosexualité. Lucius a sous-entendu que nous aimions Draco ou Ioann de façon plus sexuelle que nous devrions.

- Ce qui est totalement faux et idiot.

- Je sais que tu as confiance en Milo et j'espère que cette confiance m'inclue, mais je préfère confirmer que ce n'est pas le cas. Les garçons sont adorables. Et nous les aimons comme les neveux qu'ils sont, rien de plus rien de moins.

- Je sais. Je n'en ai jamais douté sinon je n'aurais jamais laissé Ioann avec vous deux. Occupe-toi de Milo, laisse moi faire pour Lucius, je vais attendre un peu qu'il prenne un peu de recul puis je lui parlerais de sa façon d'agir et de penser.

- Tu nous tiendras au courant ?

- Bien sûr. Sinon l'installation se passe bien ?

- J'ai réussi à lui faire jeter ses fauteuils pour mettre les miens à la place.

- Alléluia. Il était temps que ces horreurs disparaissent.

- Merci pour ton soutien.

- Ne me remercie pas. Je t'ai accepté dans la famille il y a deux ans. Et je défends toujours ma famille. Demain on ira pique-niquer au bord du lac. Prenez vos maillots de bain.

- Très bien, je transmets. A demain.

La communication fut coupée. Henrique soupira en se disant qu'ils avaient vraiment de la chance que Severus soit ouvert d'esprit. Ils avaient ainsi au moins quelqu'un sur qui se reposer quand la pression devenait trop fort, comme ce jour là. C'était un homme froid et peu affable à première vue, mais quand il décidait de donner sa confiance, il ne la trahissait pas. Le brésilien se releva. Il se dirigea vers la chambre qu'il ouvrit silencieusement. Son amant était debout devant la fenêtre, les bras croisés et le corps crispé. Il s'approcha de lui, entoura sa taille de ses bras avant d'enfouir sa tête dans son cou. Il y déposa un baiser avant de lui souffler dans l'oreille qu'il l'aimait. Milo trembla légèrement dans ses bras avant de soupirer et d'appuyer son dos plus fortement contre son torse.

- Severus va arrondir les angles avec Lucius. Il le connait bien, il saura lui parler.

- Je n'en doute pas.

- Qu'est-ce qui te blesse le plus ?

- Je me suis attaché au petit blondinet. Ne plus pouvoir l'approcher sera difficile. Surtout que cela l'éloignera de Ioann.

- Mais ?

- Mais ce sont ses paroles qui sont les plus douloureuses. Je sais ce que je suis. Je ne suis pas comme ça. Et toi non plus d'ailleurs. J'ai eu l'impression de me retrouver quinze ans plus tôt quand j'ai été mis à la porte de chez moi. Oh, bien sûr à l'époque je n'avais qu'Ivanna pour m'épauler, alors qu'aujourd'hui je t'ai, j'ai Severus et également Poppy, mais c'est douloureux de voir qu'en quinze ans les choses n'ont finalement pas tant changées que cela. Tu crois qu'un jour on nous regardera autrement que comme des erreurs de la nature, pervertis et sataniques ?

- Je ne sais pas. Mais c'est à nous de prouver que nous ne sommes pas tous comme cela. C'est à nous de montrer que ce n'est pas parce qu'on aime une personne du même sexe que nous sommes différents des autres.

Finalement ils ne partirent pas sous la couette, comme ils en avaient eu l'intention avant l'intervention de Lucius. Mais ils passèrent le reste de la journée dans une atmosphère tendre et réconfortante, espérant que tout s'arrange au moins un petit peu.

o0o

Dimanche 4 Septembre 1988.

Depuis que Lucius avait coupé les ponts avec eux quelques semaines plus tôt, Henrique et Milo avaient connu une sombre période. Le Russe, blessé, s'était légèrement renfermé sur lui-même. Il était toujours le même lorsqu'il y avait du monde autour de lui, bien qu'au fond de ses yeux, la lueur d'espièglerie s'était largement affaiblie. Mais quand ils étaient seuls chez eux, le Brésilien avait du mal à faire sortir son amant de son silence. Au bout d'une semaine, il avait d'ailleurs craqué et lui avait crié dessus qu'il se comportait comme un gamin. Deux semaines plus tard, il avait pris trois jours de congé afin de rentrer dans sa famille, argumentant qu'il en avait marre de l'ambiance froide. Et quand il était rentré, il avait trouvé Milo qui l'attendait assis dans la cuisine, un parchemin devant lui.

Le Russe avait beaucoup réfléchi. Avec l'arrivée de Ioann chez Severus, il avait une nouvelle fois changé de vie en venant s'installer à Londres dans un journal local. Il s'était mis à apprécier cette vie tranquille, très familiale qu'il n'avait jamais réellement connue, sauf lors de sa cohabitation avec Ivanna. L'attaque de Lucius lui avait fait prendre conscience quel que soit son mode de vie, un simple évènement pouvait tout changer. Il savait très bien que depuis leur emménagement, leur vie commune avec Henrique ne s'était jamais aussi mal passée. Et pourtant cela faisait maintenant deux ans qu'ils étaient ensembles. Ils avaient entamé une relation car ils étaient attirés l'un par l'autre et qu'ils ressentaient le besoin d'une relation stable. Au fil des mois, des ans, l'amour qui les unissait s'était affermi. Mais voilà, à cause d'un rejet, ils n'arrivaient même plus à communiquer, et Milo savait qu'il était temps pour lui d'évoluer une nouvelle fois.

Henrique passa la porte de la cuisine et il le regarda dans les yeux. Sans une parole, il s'assit en face de lui.

- Ta famille va bien ?

- Oui, ma mère t'embrasse.

- Tu as fait bon voyage ?

- Tu sais, par cheminette, le voyage est relativement rapide, même s'il est fatiguant sur de la longue distance.

- Oui, je sais.

Un silence pesant s'en suivit.

- Ecoute, finalement, je ne suis pas sûr qu'emménager ensemble soit une bonne idée. On n'arrive même plus à parler de la pluie et du beau temps, soupira le brésilien.

- Attends, avant de m'annoncer que tu veux me quitter ... non ne dis rien, c'est vraiment l'impression que tu me donnes. Donc avant ça, je dois d'abord te dire que je m'excuse. Ce que Lucius m'a dit, m'a beaucoup touché mais je n'aurais pas dû m'enfermer ainsi alors que toi aussi tu avais été souillé par ces paroles. Et pourtant, tu as mis cela de côté pour me soutenir. En fait je crois que je m'étais tellement imaginé que cette vie familiale était magnifique, que cet écueil m'a totalement ébranlé. J'ai pris une grande décision pendant ton absence.

- Cette fois c'est toi qui me donnes l'impression que tu vas me larguer, fit remarquer Henrique, anxieux.

- Tu veux qu'on se sépare ?

- Non.

- Moi non plus.

- Bien, au moins ça c'est rassurant. Quelle est cette décision ?

- Mon patron m'a fait une proposition d'avancement. Je l'ai acceptée. Je reprends l'international. Demain je prends la relève d'un collègue en Iran pour couvrir les évènements de ce début de paix.

- On se verra moins souvent.

- Au moins l'ambiance ne sera pas aussi lourde que ces derniers temps.

- Et puis les retrouvailles ne seront que meilleures, sourit Henrique.

- Ça ne te dérange pas ?

- Milo, si tu n'avais pas été dans l'international, on ne se serait jamais rencontré. Et puis, tu es un aventurier. Malgré tout ce que tu disais, tu aimais sillonner le monde. J'ai moins souffert de mon homosexualité que toi. Toute ma famille m'a accepté et m'a soutenu. Toi, tu l'as vécu beaucoup plus difficilement. Ce que Lucius a dit était inacceptable. Et si repartir en international me permet de retrouver le mec que j'aime et que j'ai perdu depuis trois semaines, alors j'adhère.

Un sourire complice apparut sur leurs lèvres. Finalement Milo se leva pour venir s'installer sur les genoux de son homme. Le baiser qu'ils échangèrent fut passionné et les laissa pantelants alors que le désir les faisait frissonner. Estimant que la chambre était définitivement trop loin, ils décidèrent que la table de la cuisine serait largement à la hauteur de leurs espérances. Surtout que dès le lendemain, ils seraient séparés pour plusieurs jours, voire plus.

o0o

Mardi 14 Février 1989.

Milo regarda sa sauce brûlée au fond de sa casserole. D'un coup il se fit l'effet d'être revenu au temps d'Ivanna, sauf que cette fois, c'était lui qui avait fait brûler le récipient. Il se demanda s'il arriverait un jour à lui redonner sa propreté originelle. Un sourire niais lui échappa. Oui, cette casserole était très certainement définitivement foutue mais bon sang, il avait pris son pied comme rarement ces derniers temps. Il fallait bien avouer que depuis Noël, il n'avait pu se retrouver plus de deux heures d'affilé avec Henrique car ils étaient tous les deux en mission à l'autre bout du globe. Mais ils avaient réussi à se retrouver pour la soirée, et pour les suivantes, car leurs vacances commençant trois jours plus tard, ils étaient revenus sur Londres pour rédiger et rendre leurs articles. Henrique avait été en retard, mais il ne s'en était pas offusqué. Il en avait profité pour lui préparer de bons petits plats. Mais dès l'instant où son amant était arrivé, il avait tout oublié dans une étreinte sportive et divinement satisfaisante. Cette Saint Valentin avait parfaitement bien commencée.

Depuis qu'il avait repris l'international, il avait retrouvé son élément. Sauf que cette fois, il avait un pied à terre avec un homme qui l'attendait s'il n'était lui aussi en mission. Sinon, il avait un frère et un neveu pour lui tenir compagnie. Et puis, il avait également une grande joie à retrouver un petit blondinet qui lui avait manqué pendant de longues semaines. Severus avait réussi, à force de persuasion et de chantage, à ramener Lucius et Narcissa à des sentiments meilleurs envers Henrique et lui. Oh, bien sûr, ils étaient toujours sur leurs gardes et pas à l'aise en leur compagnie. Mais au moins, ils les avaient autorisés à revoir Draco en la présence de l'un d'eux ou du professeur de Potions. Les deux journalistes avaient été déçus de ne pas avoir plus de confiance mais s'étaient fait une raison, se disant qu'au moins ils avaient la possibilité de revoir l'enfant.

Milo sortit de ses pensées en sentant une présence derrière lui et plus particulièrement la présence d'une main curieuse dans son pantalon. Décidant que sa casserole était définitivement morte et qu'ils trouveraient bien de quoi se sustenter dans le frigo plus tard, il se laissa entrainer dans un second round qui l'excitait déjà grandement. Henrique avait raison, l'un des grands avantages de moins se voir, était les retrouvailles bien plus intenses.

o0o

Samedi 27 Mai 1989.

La bataille était serrée. Depuis quelques temps, les Mangemorts étaient bien plus violents et déchainés. Yaxley était mort trois mois plus tôt par ricochet d'un sort de mort. La couverture de Lucius avait sauté une semaine plus tôt, rendant ses autres collègues purement furieux. Ils venaient de comprendre que le blond les avait menés en bateau depuis plusieurs années. Il avait été mis à jour par les Carrow qui avaient déjà quelques doutes. Ils avaient bien connu la relation entre Lucius et Severus du temps de la guerre, et avaient trouvé étonnant que leur amitié se finisse aussi facilement. A force d'espionner ils avaient finalement compris le double jeu de leur leader. Tout simplement lorsque lors d'une rencontre imprévu entre Narcissa et le professeur de Potions, ces deux derniers avaient échangé des politesses envers leur famille respectives. Une grossière erreur de la part d'un ancien espion. Mais Severus avait légèrement baissé sa garde car Ioann avait été atteint de la rougeole à ce moment là. Yaxley avait eu raison, son fils était la faiblesse de Snape, sauf que cette fois, les conséquences avaient été subites par la famille Malfoy. Lucius avait manqué de se faire tuer lors de sa première sortie sur le Chemin de Traverse après cette découverte. Il n'avait dû son salut qu'à ses précieux réflexes. Et à l'arrivée de deux Aurors patrouillant dans le coin.

Mais là n'était pas le temps des souvenirs. Milo venait de se faire blesser au bras par un sort de découpe assez puissant. Cela faisait quelques minutes que Remus, Severus et lui-même avait réussi à coincer Greyback dans une ruelle en impasse. Le Mangemort ne pouvait pas s'échapper mais n'avait pas l'intention de baisser les armes. L'adrénaline aidant, il était à moitié transformé et ses crocs blessaient régulièrement ses lèvres, mêlant de plus en plus le sang à la salive dégoulinant de ses babines. Lupin lui lança un Stupéfix qu'il évita avec agilité avant de trébucher, touché à la cheville par un sort cuisant du Russe. Mais il se releva prestement, lançant un Doloris à Severus qui ne put l'éviter et tomba à genoux. Milo s'énerva et son Expelliarmus envoya valser leur adversaire contre un mur. Remus en profita pour faire venir à lui sa baguette qu'il brisa avec jubilation. Mais Fenrir se releva et se jeta sur lui, le griffant et le mordant violemment. Le cri de l'ancien maraudeur aurait pu glacer le sang de n'importe qui, mais pas de Severus, ni de Milo que la colère portait totalement. Ce dernier sépara les deux combattants d'un sort, mais avant qu'il n'ait pu relancer une offensive, Severus profita de l'isolement et du léger étourdissement du loup pour lancer un Avada Kedavra. Le rayon vert frappa Greyback en pleine poitrine alors qu'il se relevait une nouvelle fois. Il s'effondra dans la poussière, un rictus mauvais sur ses lèvres.

Milo s'approcha de Severus pour vérifier qu'il allait bien. Celui-ci hocha la tête alors que sa main tremblait encore du Doloris. Puis il fit demi-tour, d'autres personnes étaient aux prises avec des Mangemorts, il n'avait pas de temps à perdre à contempler le cadavre d'un meurtrier sanguinaire. Milo le regarda partir d'une démarche moins assurée qu'il ne voulait le montrer avant de s'accroupir aux côtés de Remus. Il était dans un sale état. Pas critique mais s'il ne se faisait pas soigner rapidement, il ne se remettrait jamais. Il activa son portoloin d'urgence. Une fois l'homme disparu, il se releva et lança un regard froid à Greyback. Il avait voulu grignoter son filleul, il n'avait eu que ce qu'il méritait. D'un pas rapide, il rejoignit les combattants. La bataille n'était pas encore finie.

o0o

Dimanche 10 Juin 1990.

Draco avait fêté ses dix ans cinq jours plus tôt. Lucius lui avait offert le dernier balai en date tout juste sorti sur le marché. Depuis, avec Ioann, ils passaient beaucoup de temps à voler et rien d'autre ne pouvait attirer leur attention. Aussi, Milo et Henrique, chez qui les enfants passaient la journée, avaient décidé, pour leur changer les idées, de les emmener dans une fête foraine Moldue. Et cela faisait maintenant dix minutes que Draco regardait avec une grimace toute cette animation bruyante.

- Pourquoi on est obligé de venir là ?

- Parce que tu verras, tu vas t'amuser comme un petit fou, petit Morveux.

- Nan c'est nul ! Ronchonna le blond.

- Allez, on va commencer par le train fantôme.

- C'est quoi ? Demanda Ioann.

- C'est un train dans lequel on monte et qui fait peur.

- Moi j'ai peur de rien.

- Mais tu vas te taire un peu, Draco. Si tu continues à râler, tu seras puni en rentrant à la maison, fit remarquer Henrique qui commençait à en avoir assez de l'entendre tout critiquer.

Le petit groupe s'avança vers le train fantôme et après avoir attendu dix autres minutes, ils prirent place dans un wagon, les plus jeunes devant, les deux adultes au milieu et trois adolescents Moldus derrière. Le wagon avança doucement et passa le premier panneau. Puis ce fut le noir. Un rire mauvais résonna tout autour d'eux.

- C'est nul, même Peeves il rit mieux que ça et plus fort.

- Draco ! Le reprit Milo avant de lui murmurer, il y a des Moldus ici, fais attention à ce que tu dis !

Puis un jeu de lumières sombres s'alluma, dévoilant des toiles d'araignées et des squelettes. Un spectre bondit devant eux. Ioann et Draco sursautèrent avant que le blond ne reprenne la parole.

- Même pas peur, bouda-t-il.

- Même que Miss Teigne elle est plus moche que ça encore ! Elle, elle fait vraiment peur et lui il ... aaaaaah !

Ioann n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'une chose non identifiée lui tomba dessus. Pris de panique il secoua les bras dans tous les sens pour s'en débarrasser, frappant malencontreusement Draco au passage. Henrique l'aida à se libérer de la chauve souris en plastique tout en se moquant gentiment.

- Mais-eu ! Arrête te rire c'est pas drôle. Ça aurait pu être dangereux ! S'indigna l'enfant.

Milo le rassura en lui disant que rien n'était dangereux dans ce manège mais cela ne rassura pas le garçon qui finalement s'accrocha à son grand frère. Un couple de fantôme passa.

- A Poudlard les fantômes c'est des vrais, c'est pas des draps ! Ronchonna une nouvelle fois Draco s'attirant une tape sur la tête pour ne pas respecter les consignes face aux Moldus.

Mais cela ne le calma pas, et il marmonna encore un moment dans l'oreille de Ioann quand les deux journalistes se décidèrent à lui donner une leçon. Alors que le blond râlait après les sorcières costumées s'agitant devant eux, une horde de zombis tenta de monter dans le wagon. Ce fut ce moment là que Milo agit. Il attrapa les flans de l'enfant devant lui, tout en lui criant un « bouh » sonore dans l'oreille. Ne s'attendant pas à cette attaque surprise par l'arrière, Draco hurla tout en essayant de se lever alors qu'un zombi apparaissait devant lui. Il se rassit automatiquement tout en cachant sa tête dans ses bras. Ioann, qui avait eu peur de cette réaction extrême était en train de se faire dorloter par Henrique qui le rassurait en lui disant que c'était juste Milo qui jouait. Finalement quand ils descendirent du manège, Draco avait les bras croisés sur sa poitrine, une moue boudeuse ainsi qu'un air hautain et méprisant, piqué à son père, collé sur le visage. Milo voulut l'attraper pour le serrer dans ses bras pour le calmer mais il ne s'attira qu'un regard furieux de plus.

Henrique qui tenait la main du plus jeune, proposa de manger une barbe à papa. Quelques minutes plus tard, les deux journalistes se partageaient la sucrerie alors que Ioann dévorait la sienne. C'était la première fois qu'il en mangeait mais il trouvait ça tout simplement délicieux. Draco boudant toujours, avait refusé d'en avoir une mais commençait à loucher avec remord sur celle de son petit frère. Celui-ci le remarquant, lui offrit de partager. Finalement le blond céda et en fut bien content car finalement, c'était délicieux. Et cela eu le mérite de dérider le boudeur.

Puis les deux adultes décidèrent de faire quelques tours d'autos tamponneuses. Les deux Russes dans une voiture, les deux autres dans une autre. Finalement ils y passèrent une bonne partie de l'après midi. Les garçons s'étant trouvé une passion pour tamponner tout le monde en tournant le volant dans tous les sens. Puis les deux journalistes décidèrent de calmer un peu l'ambiance et tous montèrent dans la grande roue. Ils purent ainsi profiter de la vue pour regarder la ville qui s'étendait devant eux. Du moins pour les enfants, les deux adultes en profitaient pour enlacer leurs doigts tout en se lançant des regards plein d'envie.

L'après midi passa rapidement. Tous les quatre se perdirent dans le labyrinthe de glace avant de monter sur les chevaux de bois. Henrique gagna un serpent en peluche à Ioann au tir à la carabine alors que Draco manqua la dernière boite du chambouletout en râlant comme le mauvais perdant qu'il était. Ils regardèrent un manège à sensation qui faisait fureur auprès d'une population d'adolescents et jeunes adultes et Milo dut bâillonner Ioann qui avait commencé à dire que ça volait moins haut qu'un balai mais qu'on pouvait aussi y avoir la tête à l'envers. Il avait oublié qu'ils étaient au milieu de Moldus. Quand l'heure du repas arriva, ils rentrèrent contents de leur journée. Même Draco avait finalement grandement apprécié cette sortie et demanda à leurs accompagnateurs s'ils pourraient y retourner. Milo rigola en lui ébouriffant les cheveux lui promettant qu'ils y retourneraient une prochaine fois.

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Dimanche 1er Septembre 1991.

A la porte de l'antre de Poppy, Severus gardait un œil sur son fils. Le temps avait passé si vite depuis que Milo l'avait contacté pour sauver Ioann du sort que Sergueï lui réservait. Dans un an le petit bout de chou ferait sa rentrée à Poudlard. Il lui semblait que c'était la veille qu'il avait eu la main broyé par Ivanna alors qu'elle tentait d'expulser son bébé. Il s'avança vers le professeur, posant sa main sur son épaule.

- Il a bien grandi notre Ioann, murmura-t-il en regardant l'enfant à la dérobée.

- Oui. Et dans un an il entrera chez les grands. Le temps passe vite.

- Il ne te manque plus qu'une femme à aimer.

- Je l'ai déjà. Elle est morte mais elle est définitivement accrochée à mon Cœur. Arrête donc un peu de vouloir me mettre en couple. Je suis heureux comme je suis. C'est tout.

- Je sais. Et finalement j'en suis heureux moi aussi. C'est idiot, mais je te respecte pour ne pas trahir la mémoire d'Ivanna.

- Alors pourquoi insistes-tu donc toujours autant ?

- Pour t'embêter.

- Crétin !

- Sale type !

- Pervers !

- Et voilà, à chaque fois ça me retombe dessus, répondit Milo de façon théâtrale.

- Quand vous aurez fini de vous dire des mots d'amour dans mon infirmerie, vous penserez peut-être à avancer. Le banquet ne va pas tarder et il me semble, mon cher Milovan, qu'un brésilien doit revenir d'Amazonie sous peu. Allez donc lui préparer une soirée en amoureux. Et vous Severus, allez donc chercher Ioann, il serait dommage de rater la répartition de votre filleul.

- Il finira dans ma Maison, comment pourrait-il en être autrement. Alors même si je suis un peu en retard ...

- Pensez comme il sera déçu que vous ne soyez pas là !

- Bien bien ! Se résigna Severus en roulant des yeux.

- Bon, moi je vous abandonne. A dimanche prochain Sev', n'oublie pas que vous venez manger à la maison.

- Je n'ai pas oublié.

Milo embrassa Poppy sur la joue avant d'appeler Ioann pour lui dire au revoir. L'enfant trottina vers lui. Il le serra fortement dans ses bras avant de lui ébouriffer les cheveux et de gagner la cheminée. Arrivé dans son salon, il avisa le reste de pizza de la veille qui trainait sur la petite table en plissant le nez. L'appartement avait bien besoin d'être aéré avant le retour de son amant.

Après avoir ouvert les fenêtres, descendu les poubelles et changé les draps, il revint en cuisine pour mettre le rôti au four. Pendant ce temps là il prépara une purée de potimarron avant de s'attaquer à la salade de fruits exotiques qu'il avait prévue. Il avait demandé à sa presque belle-mère de lui envoyer des fruits de son jardin pour combler son fils. Ce qu'elle fit avec plaisir, vu qu'elle adorait le petit ami de Henrique. Puis quand tout fut mis en attente sous sort de conservation, il s'activa dans le salon, sortant le service en porcelaine, le service en cristal et les chandelles. Il ne l'avait pas vu de tout l'été et avait même perdu le contact pendant plus de deux semaines. Deux semaines atroces où il avait angoissé de le savoir aux mains de quelconques rebelles. Ou même mort. Puis il avait eu de ses nouvelles, rapides, mais le rassurant sur sa sécurité. Et depuis, il n'avait qu'une hâte, le voir revenir pour le serrer dans ses bras et se rassurer totalement.

La nuit était maintenant tombée. Il ferma les volets, alluma la chaine hifi et attrapa un livre avant de s'installer sur le canapé. Il était plus de vingt et une heures lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir. Il se leva précipitamment, pour se poster devant Henrique. Il avait perdu du poids et donnait l'impression de ne pas avoir dormir d'une semaine, mais son sourire fit bondir son cœur. Milo attrapa son visage en coupe, soufflant sur ses lèvres qu'il l'aimait avant de l'embrasser tendrement. Le repas, les chandelles, le bain moussant, leurs futurs ébats, tout cela n'avait plus d'importance. Son homme était rentré en un seul morceau. C'était tout ce qui comptait.