Bonjour tout le monde
Et voilà j'ai réussi à ne pas publier ce chapitre en retard (chuuuuut, je suis dans le déni,nous sommes toujours mercredi).
J'espère que vous ne m'en voulez pas trop pour l'attente, mais les deux dernières semaines ont été chargées. En plus je vous ai fait poireauter à un endroit pas sympa. Enfin vous allez bientôt savoir ce qui arrive à notre Barnes national.
Comme toujours, un grand merci à vous qui me suiviez dans cette aventure, une première pour moi et un merci spécial à Julindy, Elizabeth, Nagron et Breakinq Wave pour leurs reviews.
Et le plus grand des mercis (un accompagné de câlins et de bisous) à Sana pour sa relecture et ses suggestions toujours parfaites.
Je vous laisse avec un de mes chapitres préférés. Je vous laisse deviner pourquoi.
Bonne lecture
« Viens avec moi, » dit le superviseur. Il marche à sa droite, la main posée sur le bras de chair.
« Qu'est-ce que c'est que cette tasse ? Jette-la. »
Les doigts de l'Atout se resserrent sur la tasse. Equipement indispensable.
« Ok, ok. Velours. »
Ils parcourent 0,4 km, vitesse : 1,3 km/h.
« Velours. Velours. » répète le superviseur, environ tous les dix pas.
Chaque mot apporte du calme. Des muscles détendus et du silence dans l'esprit. Commande acceptée. Obtempérer.
Le superviseur le fait entrer dans un immeuble de bureaux. Décor : dépassé. Lumières ternes, aucune sécurité. Ne possède probablement que des sorties de secours inadaptées. Hall : dangereux. Ascenseurs : dangereux. Deuxième sous-sol, à gauche, quatrième porte à gauche.
Deux verrous. Véridique, il n'y a que deux verrous. Probabilité que le bras soit capable de les détruire : 900%. Durée estimée de la tâche : 0,5 seconde.
« Velours, » dit l'homme.
L'endroit appartient à la catégorie R&A : Rapport et Approvisionnement. Les équipements de communication sont actuellement hors-ligne. La transpiration du superviseur augmente de 8%. Pas de chaise de torture.
Pas de chaise.
« Donne-moi cette tasse. »
Obtempérer.
« Les mains devant toi. »
Analyse : l'homme est un amateur. Obtempérer.
Deux liens en plastique sont placés autours des poignets. Analyse: l'homme est un idiot.
Le superviseur sort un téléphone. Un modèle bon marché, certainement prépayé. Il prend une photo du visage.
« Allô? Allô, je l'ai attrapé. J'ai le fantôme. Vous savez de qui je parle. »
ÉCOUTER.
Obtempérer.
Le superviseur murmure :
« Le soldat. »
Le rythme respiratoire du superviseur augmente.
« Non, je ne vous dirai pas où je suis. Je veux deux cent mille dollars, cash. Si vous acceptez, je vous l'amène.
« C'est ça. Vous n'avez pas besoin de mon nom. Je vous envoie maintenant la preuve de ce que j'avance.
« Je vous l'ai dit. Deux cent mille dollars. J'ai utilisé un des codes, ça l'a transformé en marionnette. Où voulez-vous que je vous rencontre ? Non, plus tard que ça, j'ai besoin de conduire depuis la Pennsylvanie. Ok, ok. »
Le superviseur raccroche.
« Ça va leur faire perdre ma trace. Maintenant, il ne reste qu'à attendre. Tu en penses quoi, le taré ? J'imagine que tu passerais ta journée ici à fixer le vide si je continuais à te dire "velours", abruti. »
REQUÊTE REJETÉE.
L'Impératif de Mission parle avec une certaine intonation, maintenant. Et ce ton est satisfait.
Barnes sourit - sa bouche s'ouvre très lentement jusqu'à ce que toutes ses dents soient visibles, et la mâchoire de l'homme tombe. Il parait nerveux, sue à grosses gouttes et porte une chemise qui paraît si bon marché que même Barnes l'aurait laissée dans la poubelle.
« Velours , » halète le gars.
REQUÊTE REJETÉE.
Barnes casse les liens d'un mouvement nonchalant de ses poignets. Le type se jette sur une arme pendant que Barnes récupère son café et en sirote une gorgée.
« Et merde, il est froid, » dit-il.
Le gars en sueur le tient en joue - ou plutôt, son bras tremblant est plus ou moins dirigé vers lui. Peut-être même que la sécurité a été enlevée. Probablement pas, en fait. Ce type est à peine capable de se tenir debout : c'est certainement un simple larbin qui en sait juste assez pour que ça lui attire d'énormes ennuis.
« Hey, mon gars, » dit-il doucement au larbin. Sa voix sort de sa gorge avec douceur, comme un ronronnement qui annonce de violence. Qui veut dire qu'il va apprécier la douleur que vont provoquer ses phalanges en rencontrant sa mâchoire.
« Hé. Je te fais peur ? »
« Velours ! »
REQUÊTE REJETÉE.
« On dirait que ça ne marche plus, mon pote. »
Il avance d'un pas, toujours souriant. Le type en sueur cligne des yeux, par réflexe, et le pistolet danse de-ci de-là.
« Tu as raison d 'avoir peur. »
Un pas de plus. Analyse : gagné.
« Je connaishuit façons de te tuer sans renverser la moindre goutte de mon café. »
Le mec gémit un peu. Quand Barnes avance encore, il ferme même les yeux.
Ooh. La pauvre petite chose.
Barnes tend le bras en métal, lentement, souriant toujours, et tourne le pistolet jusqu'à ce que le type en sueur n'arrive plus à le tenir. Un coup et le gars est en train de baver sur le sol en lino.
Le café est bon, même froid. Il a un goût de chatons et d'arcs-en-ciel. Il serait peut-être temps de diversifier ses commandes chez Starbucks.
Le téléphone est bien un prépayé, aucun signe qu'il appartienne au SHIELD ou à HYDRA. Il le détruit quand même, et il est ravi de pouvoir passer quelques minutes dans le R&A.
Mais avant toute chose, il scotche le mec en sueur sur une chaise. Y compris sa bouche. Ensuite, il s'étire, longuement. Il a un peu honte de s'être fait avoir par un bon à rien comme lui, mais la commande "Velours" a eu le même effet qu'une bonne sieste. Il se sent prêt à soulever des montagnes.
RETROUVER CIBLE
Ou à ça, par exemple.
L'endroit rend Barnes nerveux. Il sent ses pieds s'agiter. Il y a un tiroir plein d'argent (est-ce que le mec en sueur a regardé, au moins ? Analyse : c'est un crétin fini. Il met quelques billets dans ses bottes, dans toutes ses poches et dans le sac miteux qui contient les carnets de Rogers, les pommes et une ou deux casquettes. Dans un autre tiroir, il trouve de magnifiques couteaux, et dans le dernier, de superbes grenades.
Il n'a probablement pas besoin des grenades lors d'une mission de protection rapprochée, mais tout le monde a besoin de couteaux supplémentaires. Il en prend trois.
Le premier placard qu'il ouvre contient de la nourriture. Il enfourne une barre protéinée dans sa bouche pendant qu'il fouille d'autres meubles. Un logiciel espion aura sans doute été installé sur l'ordinateur portable, mais il peut le désactiver. Il le met dans son sac avec le chargeur. Il y a également de l'équipement de surveillance - des mouchards et un micro directionnel, et même un petit jeu d'outils qui pourront être utilisés pour effectuer la maintenance basique du bras en métal. Et un kit de crochetage. Que l'on peut aussi enfoncer à travers un nez pour perforer un cerveau. Quand on est pressé et qu'on s'en fiche d'en mettre partout.
Le gars en sueur se réveille juste au moment où Barnes ouvre l'armoire contenant les armes à feu et qu'il grogne de joie. Probabilité que le gémissement du mec soit provoqué par de la joie : 2%.
Il trouve même un grand sac de sport, ce qui lui permet de prendre le fusil sniper. Il apprécierait presque l'homme en sueur pour l'avoir emmené là.
TROUVER CAPITAINE ROGERS.
« J'y travaille, » dit-il.
Pouvoir se réapprovisionner est un avantage. Il remplit le sac avec des armes, des munitions, l'équipement de surveillance et le reste de l'argent.
« Hé, mon pote, tu as déjà essayé un Frappuccino ? » demande-t-il pendant qu'il emballe le tout. Après 1,9 seconde, le type en sueur hoche la tête.
« C'est bon ? »
Hochement de tête.
« Je pense que je vais essayer. »
Il glisse des barres protéinées dans les recoins du sac et le ferme. Il n'y a que le bras métallique qui arrive à soulever cette saleté de truc, le déstabilisant encore plus que d'habitude. Ça va lui tuer le dos. Mais il est temps. Plus de somnambulisme, plus de routine facilement reconnaissable. Il est temps de se mettre au boulot. Il est temps de trouver Rogers.
LOCALISER
Et le garder en sécurité.
PROTÉGER, ronronne l'Impératif de mission.
Avant de partir, il envoie deux messages à Dale avec le téléphone banjo : le premier est une photo du gars en sueur, avec comme légende "abruti de chez HYDRA", et le second contient l'adresse du bâtiment.
Il laisse le téléphone sur la table et la porte déverrouillée.
