Chapitre 4 : Évidences

Ils avaient passés une semaine avec Ichigo, allant au lycée et s'entraînant après. Le roux avait progressé et ses amis aussi. Une certaine complicité les unissait tous les uns aux autres : Ichigo, Rukia, Ishida, Chad, Inoue … et lui aussi par la même occasion.

La journée ça allait : il s'amusait à énerver le shinigami remplaçant, parler avec Rukia, supporter le regard impassible du Quincy et la bonne humeur pas toujours bien placée de Urahara, chez qui il squattait. Mais la nuit, quand il se retrouvait seul dans sa chambre, ses pensées dérivaient vers son capitaine et ce qui s'était passé. Il en était venu à la conclusion qu'il avait rêvé, qu'il avait pris ses rêves pour des réalités. Car oui, plus il y pensait et plus il s'était rendu à l'évidence. L'amour qu'il ressentait pour Rukia était tout simplement celui qu'il ne pouvait exprimer pour son capitaine et qu'il avait reporté sur la jeune femme.

Il connaissait Rukia depuis longtemps, ils avaient grandi ensemble dans le Rukongai, ils étaient entré ensemble à l'école des shinigamis, ils en étaient devenus tous les deux, ils avaient toujours été là l'un pour l'autre jusqu'à ce que…

Jusqu'à ce que le clan Kuchiki et plus particulièrement le capitaine Kuchiki Byakuya adopte Rukia. Elle avait alors changé de monde, passant dans celui de la noblesse alors que lui restait dans le commun. Il s'était mis à haïr Kuchiki Byakuya pour ça, pour lui avoir enlevé la seule personne qui comptait pour lui. Alors il s'était juré de devenir plus fort que cet homme et comme ça il pourrait ravoir Rukia pour lui. Il avait gravit les échelons jusqu'à se retrouver lieutenant de la 6ème division. Là il avait commencé à mieux connaître son capitaine, homme froid et distant que rien ne semblait jamais perturber. Malgré cela, le capitaine faisait toujours son travail admirablement bien, se souciant mine de rien du bien être de sa division. Il avait commencé à apprécier son capitaine et au fil du temps, l'homme qui se trouvait derrière même si son capitaine n'était pas quelqu'un de très loquace. De tout façon lui non plus. Ils avaient fini par s'entendre n'ayant pas besoin de mots pour échanger certaines choses comme le respect et la confiance.

Et son amour pour Rukia n'avait fait qu'augmenter jusqu'à ce qu'il se rende compte que ce n'était pas la jeune femme qu'il aimait mais son frère. Et encore il n'était pas sûr que se soit de l'amour. Il n'en savait rien et ça l'énervait encore plus.

Tout ça pour dire qu'il avait rêvé et qu'il fallait qu'il arrête d'y penser. Il ne gagnerait rien à ressasser tout ça, à part un mal de crâne et des nuits blanches. En fait pas si blanche que ça. Il finissait par s'endormir après avoir soulagé son corps de la tension que lui procurait le souvenirs des lèvres de son capitaine sur les siennes et alors il avait un moment de paix car rien ne venait le déranger dans son sommeil : ni rêves ni questions.

Cela faisait une semaine qu'ils étaient rentrés à la Soul Society, reprenant leur train-train quotidien entre entraînements, paperasses et sorties nocturnes. Rukia avait rejoint sa division et lui la sienne. Il n'avait pas encore revu la jeune femme. Mais il aurait bientôt une journée de libre et il la passerait avec elle. Il en était là dans ses réflexions quand il entendit un :

-Abaraï Fukutaïcho, fit une voix timide

Et il tombât de sa chaise. Il n'avait pas entendu le shinigami entrer et s'approcher de lui. Il se rattrapa comme il put.

-C'est pour quoi ? fit-il de mauvaise humeur.

Le jeune shinigami s'était un peu reculé.

-Kuchiki Taïcho m'envoie vous faire dire qu'il veut vous voir dans son bureau, s'expliqua-t-il d'une voix timide.

Le lieutenant n'était pas spécialement connu pour sa patience.

-Bien bien. Tu peux aller lui dire que j'arrive.

Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois. Il partit presque en courant après avoir salué son lieutenant. Renji se leva, pesta pour la forme plus que pour autre chose, rajusta son uniforme et sorti du réfectoire où il faisait sa pause. Il regarda par les fenêtres et vit que la nuit était tombée. Qu'est-ce son capitaine pouvait bien lui vouloir à une heure pareille ?

Toc toc toc

Trois petits coups secs donné à la porte, puis il entra. Son capitaine l'avait appelé et l'attendait, il n'avait donc pas à attendre que celui-ci lui dise d'entrer. Il vint se placer au milieu de la pièce devant le bureau de son capitaine. Celui-ci était en train de lire un rapport. Il le signa puis le posa sur la pile de droite. Il prit alors une autre feuille sur la pile de gauche et commença à la lire. Abaraï Renji attendit et commença à scruter le plafond. Il baissa les yeux quand il sentit une présence proche de lui, trop proche lui. Et merde, pensa-t-il, comme dans mon rêve.

Aucun des deux n'avait bougé, ils se regardaient. Puis tout à coup, le capitaine de la 6ème division se pencha un peu plus et ses lèvres se posèrent sur celles de son lieutenant. Celui-ci rougit fortement mais ne se dégagea pas du contact. Ils se regardaient toujours. Puis d'un coup, Kuchiki Byakuya se retrouva de nouveau derrière son bureau. Renji ne l'avait pas vu faire mais son capitaine avait utilisé le shunpo.

-Très bien. Ça sera tout pour ce soir, Abaraï Fukutaïcho.

La voix, froide et neutre le ramena à la réalité. Renji avait un affreux sentiment de déjà vu, mais il ne dit rien.

-Haï Taïcho.

Il s'inclina et sortit de la pièce. Une fois dans le couloir, il s'enfuit presque en courant jusqu'à sa chambre où il commença par se maudire, maudire son cœur qui s'affolait dans sa poitrine et son bas ventre qui réagissait. Il eut recours à la même technique qu'il y a deux semaines. Autant la dernière fois il s'était focalisé sur ses sensations, ne pensant à rien d'autre qu'à ça, autant cette fois il imaginait la suite des évènements.