Bonsoir !
Je m'excuse pour la tardiveté de ce chapitre, cette journée a été interminable !
Je viens vite fait de répondre à vos messages du chapitre dernier, merci pour tout je me régale de vous lire à chaque fois !
Allez je vais pas blablater pendant 10 lignes je suis exténuée je vais me coucher !
Merci à mes trois fées Perrine, Ingrid et Anne pour la correction et les encouragements.
Et je vous souhaite bonne lecture (et bonne nuit pour moi !)
LA PROPHÉTIE D'ANTONIA
Chapitre 3
/-/-/
J'observais ce petit garçon avec beaucoup de curiosité. Je lui souris tendrement lorsqu'il me regarda de ses grands yeux innocents. Maintenant qu'il était plus près de moi, je pouvais voir la ressemblance avec ses parents. Il avait le visage carré de Sam et le regard bienveillant d'Emily. Ce petit était tout simplement magnifique. Une peau mate, des cheveux de jais qui lui arrivaient juste sous les oreilles, de longs cils noirs qui accentuaient ses yeux marrons très clairs et un sourire montrant ses quatre dents de devant.
-Mama! Fleu! dit-il en tendant la main vers sa mère.
J'eus un mouvement de recul lorsque je me rendis compte qu'Emily était juste à côté de moi, je faillis me retrouver les fesses au sol mais j'utilisai le déséquilibre pour me relever. Emily tendit une tulipe à son fils qu'il déposa sur la tombe de son père.
-C'est bon de te revoir Bella, me dit Emily.
Elle s'approcha alors de moi et je fus prise de court lorsqu'elle m'enserra de ses bras. Elle était aussi grande que moi -c'est à dire pas très grande-, et plus frêle mais lorsque j'étais dans ses bras je me sentais toute faible. Elle n'était pas une louve mais elle avait une force phénoménale pour une simple humaine. Elle me coupa presque la respiration mais j'étais tellement soulagée que je parvins à me détendre. Quelques larmes firent leur apparition et je sus que je n'étais pas la seule quand je l'entendis renifler de concert avec moi.
-Ne me laisse plus jamais sans nouvelle! s'exclama-t-elle en me donnant un coup de poing dans l'épaule lorsqu'elle me lâcha.
Aïeeeee! pensais-je en frottant là où elle avait frappé. J'aurai un bleu à coup sûr.
-Je suis désolée, dis-je pitoyablement.
Je savais que je devais travailler sur ma capacité à exprimer mes excuses et mes sentiments par la même occasion. J'étais minable mais elle ne sembla pas s'en offusquer puisqu'elle me reprit dans ses bras, me serrant un peu moins fort cette fois. Je fermai les yeux et profitai de ce moment. Si j'avais manqué à Emily alors que j'étais responsable de la mort de Sam, j'avais assez bon espoir pour le reste de la meute. Avec un peu de recul je pouvais dire que tout s'était plutôt bien passé avec Seth également. Ils étaient les deux personnes à qui j'avais fait le plus de mal -en dehors de Jacob évidemment. Je n'amenuisais pas la peine des autres membres de la meute mais le pardon et l'amitié de Seth et Emily comptaient plus pour moi que ceux de Paul ou Jared si j'étais complètement honnête.
Tout à coup j'eus un frisson, la chair de poule et mon sang sembla se mettre à bouillir dans mes veines. Je n'avais pas besoin de me tourner pour savoir que Jacob était juste derrière moi. Je savais très exactement comment mon corps réagissait quand il était à proximité. Emily dut sentir mon corps se raidir car elle s'éloigna sans pour autant retirer ses mains de mes hanches.
-Oh! s'exclama-t-elle en levant les yeux pour regarder derrière moi. Je vais vous laisser discuter tous les deux. Tu viens Sammy, c'est l'heure de goûter, sourit-elle en me lâchant pour prendre la main du petit garçon.
Au mot "goûter", le visage du petit Sammy s'illumina et il suivit sa mère sans discuter, allant même jusqu'à la tirer vers la sortie.
-Passe me voir dès que tu peux Bella, me dit-elle avant de disparaître au bout de l'allée.
J'étais toujours tendue, je n'osais pas me retourner et faire face à Jacob. J'avais peur de son regard, je ne savais pas comment il allait réagir. La colère, je pouvais y faire face, au contraire, je voulais qu'il me hurle dessus, je voulais qu'il me dise à quel point je l'avais déçu, à quel point je lui avais brisé le cœur. Oui, la colère je la méritais. Je ne supporterais ni son silence, ni son ignorance, bien que je méritais les deux pour ce que je lui avais fait.
Mon corps réagit lorsqu'il fit un pas de plus vers moi, je fermai les yeux et inspirai profondément. Sa présence m'intoxiquait, tous mes sens étaient en alerte. Je ne savais pas si je devais fuir ou me battre. Mes jambes décidèrent pour moi et je me retournai pour lui faire face. Les yeux fixés au sol, je vis qu'il se balançait nerveusement sur la pointe des pieds. Lorsque je pris une nouvelle inspiration, son odeur me percuta de plein fouet et je retins difficilement un gémissement. Il sentait divinement bon, comme l'odeur de la forêt après une tempête de pluie. Il y avait une note de douceur avec en fond quelque chose de plus sauvage et dangereux. J'avais envie de respirer son odeur jusqu'à m'en évanouir. Cette odeur à laquelle j'étais complètement addict et qui me rappelait tous ces moments passés ensemble à nous aimer. Je secouai la tête, essayant de reprendre mes esprits. Si je commençais à avoir des idées lubriques, nous n'arriverions jamais à avoir une conversation sincère. Bien que rien ne me disait qu'il était dans le même état d'esprit, je me trompais probablement, après tout ce que je lui avais fait...
Je levai les yeux lentement, le détaillant sans complexe. Je ne savais pas si je voulais savourer la vue ou si j'essayais de gagner du temps. J'avais envie de dire que ce n'était que pour retarder l'inévitable mais j'étais plutôt le genre de fille à reculer pour mieux sauter donc il était fort probable que je sois juste en train de profiter de la vue. Et quelle vue ! Il était en short, comme d'habitude à n'importe quelle saison de l'année, ses mollets toujours aussi musclés. Je remontai les yeux lentement le long de ses cuisses, essayant de ne pas m'attarder sur la partie qui me fit rougir malgré moi et déclencha un léger ricanement de Jacob. Je passai plus de temps sur son torse, devinant aisément ses abdominaux et ses pectoraux sous son t-shirt d'une taille trop juste. Je bloquai littéralement sur sa bouche et mes yeux papillonnèrent lorsque Jacob se lécha les lèvres. Je m'en voulais que mon corps trahisse aussi facilement tout ce que je ressentais toujours pour lui. Et pire encore, je me détestais d'être encore à ce point attachée à lui alors que j'aimais ma vie à Los Angeles, alors que j'aimais… Patrick.
Patrick…
Il me suffit de penser à ce dernier pour reprendre mes esprits. Tous mes symptômes: les mains moites, les papillons dans le ventre et le sang bouillonnant, disparurent aussi vite qu'ils étaient apparus. J'avais Patrick, il fallait que je me concentre sur lui pour ne pas céder à mes pulsions traîtresses.
Je soufflai un bon coup, j'allais finir par hyperventiler si je continuais à respirer aussi profondément, et mes yeux rencontrèrent les siens.
Je n'avais pas souvent imaginé cette confrontation et rien ne m'avait préparée à la tristesse et au désespoir que je lus dans ses grands yeux marrons. J'avais envie de disparaître tellement la peine dans ses yeux était douloureuse.
-Oh Jake, soufflai-je et, avant de m'en rendre compte, je réduisis la distance qui nous séparait et passai mes bras autour de son cou.
Il se raidit et je retins ma respiration, priant pour qu'il ne me rejette pas, puis il se laissa aller et passa ses bras autour de ma taille. Il me souleva de terre pour enfouir son nez dans le creux de mon cou.
Il avait beau faire plusieurs têtes de plus que moi, il me donnait l'impression d'un enfant que je consolais après un cauchemar. Mon cœur se serra lorsque je réalisai que ce cauchemar c'était moi. Je le serrai de toute ma puissance, comme si j'avais la capacité de réduire son malheur en miettes juste à la force de mes bras. Lui m'enlaçait suffisamment pour que je puisse respirer mais avec assez d'intensité pour ne pas que je me dégage. Et à vrai dire j'en aurais été bien incapable à ce moment-là. J'étais déjà contente qu'il ne me repousse pas, je n'allais pas être la première à lâcher.
Je ne sais pas combien de temps nous restâmes ainsi, dans les bras l'un de l'autre, à nous consoler, nous sentir et nous abandonner mais lorsque je le sentis déposer de tout petits baisers dans le creux de mon cou, une alarme résonna dans ma tête:
Patrick!
Et je me dégageai, délicatement, pour ne pas le vexer. Cette fois je n'hésitais pas à soutenir son regard, j'avais senti dans sa posture lorsqu'il était dans mes bras qu'il avait déposé les armes. Qu'il était peiné et probablement en colère mais que ma présence avait réussi à l'apaiser. Je savais que nous devions avoir une discussion et je savais aussi qu'il était plus disposé à m'écouter maintenant qu'il ne l'avait été au début de nos retrouvailles.
Je vis dans ses yeux que mon geste l'avait offensé, il s'attendait peut-être à ce que je me jette dans ses bras, même après tout ce temps. Si j'étais honnête avec moi-même je n'en étais pas très loin et je devais lui envoyer des signaux contradictoires sur mes intentions. Il cacha vite sa gêne en me souriant timidement.
-Comment va Charlie? demanda-t-il d'une voix rauque, comme si sa gorge était tellement serrée qu'il n'arrivait pas à sortir les sons correctement.
Je me raclai la gorge, pas sûre de pouvoir parler sans avoir la voix qui tremble:
-Il est sorti des soins intensifs et devrait rentrer à la maison dans quelques jours.
Il acquiesça et le silence envahit le cimetière. Nous n'étions ni l'un ni l'autre de grands bavards d'ordinaire et le silence ne nous avait jamais gênés par le passé. Nous aimions profiter de moments de calme, juste à nous tenir la main ou à nous embrasser. Même avant d'être ensemble, nous passions simplement le temps à bricoler nos motos, sans avoir besoin de meubler le silence confortable. Aujourd'hui l'atmosphère était lourde de ressentiments. Comme si le moindre mot de travers avait la capacité de nous exploser en pleine figure. Le silence était pesant et, nos regards parlèrent pour nous.
Je suis désolée, dit le mien.
Tu m'as brisé le cœur, répondit le sien.
-Je n'avais pas le choix Jake, je ne pouvais pas rester, exprimai-je à haute voix sans m'en rendre compte. J'avais trop besoin de toi, ça m'aurait tuée de te perdre.
Ma gorge se contracta. Les larmes menacèrent de couler mais je tins bon. Si je me mettais à pleurer, je savais que son instinct premier serait de me prendre dans ses bras malgré ce que je lui avais fait subir. Et je ne pouvais pas y retourner sous peine de vouloir y rester, peu importerait le reste du monde, je pourrais m'y perdre à jamais.
J'avais l'impression que mon cœur allait exploser, formant un trou dans ma poitrine que je n'arriverait jamais à combler. Il m'avait manqué ces deux dernières années et je ne comprenais que maintenant à quel point je n'avais pas fait le deuil de notre relation.
-Tu aurais dû me dire ce que tu ressentais Bella! Je voyais qu'il faisait d'énormes efforts pour ne pas se mettre en colère. Tu n'avais pas à partir comme ça sans rien dire!
-Tu m'aurais laissé partir? répliquai-je.
Il ne répondit pas. Je voyais la colère dans ses yeux, tout son corps bouillonnait de l'intérieur. Il ne tremblait pas, on sentait les années d'expérience à être un loup, il ne s'emportait plus aussi facilement qu'à ses débuts.
-Si je t'avais dit ce que j'avais sur le cœur Jake, tu m'aurais laissé partir ? répétai-je.
Je voulais qu'il me réponde et qu'il soit honnête. Qu'il comprenne que, même si j'avais été puérile de partir du jour au lendemain sans lui en parler, je n'avais pas eu le choix à ce moment-là. Avec du recul j'aurais pu faire les choses différemment. J'étais plus mature et plus forte aujourd'hui, j'aurais pu lui tenir tête et l'informer de ma décision de partir. Il n'aurait pas compris, pas plus aujourd'hui qu'il y a deux ans mais il n'aurait pas pu me retenir.
-Je n'avais pas le choix, je suis désolée, ajoutai-je. Si je t'en avais parlé, tu m'aurais dissuadée de partir et j'aurais été misérable. Pire encore, je t'aurais rendu misérable. Un jour tu aurais trouvé ta vraie moitié et je t'aurais détesté pour ça!
Il leva les yeux au ciel et s'emporta:
-Ne me parle pas d'imprégnation Bella, c'est ridicule! Ça fait deux ans et je me suis toujours pas imprégné!
Je fermai les yeux pour ne pas me mettre en colère également. D'un côté son aveu me soulageait et je m'en voulais par rapport à Patrick de ressentir cela. Pourquoi est-ce que je m'en souciais toujours ?
-Jake, inspirai-je calmement, te quitter a été la décision la plus difficile que j'ai eu à prendre de toute ma vie.
Je vis une lueur d'espoir s'allumer au fond de ses yeux et je m'en voulais de devoir l'étouffer avant qu'elle ne prenne de l'ampleur:
-Mais plus longtemps je serais restée -deux, dix ou encore quinze ans- plus ça aurait été difficile de te perdre…
Il ne répondit pas de suite, ses yeux ne me quittaient pas et dans son regard je pouvais lire toute une myriade d'émotions. La colère et la rancoeur qui prédominaient au début de notre échange silencieux laissèrent vite place à la détresse et la peine.
-Moi j'apprends toujours à te perdre… souffla-t-il avant de tourner les talons et partir.
Lorsque je fus sûre qu'il avait quitté le cimetière je tombai à genoux et versai toutes les larmes de mon corps. Je restais prostrée quelques minutes et me promis d'arrêter les pleurs et les lamentations jusqu'à la fin de mon séjour ici. J'avais vu Seth, Emily et Jacob et je m'étais excusée. Je n'avais pas été très loquace mais le principal y était, j'étais désolée de les avoir abandonnés. Je ne pouvais pas dire que j'avais des regrets d'être partie mais je m'en voulais de l'avoir fait en douce. Ma décision avait été purement égoïste mais aujourd'hui elle faisait que j'allais de l'avant.
Je me relevai et partis rendre visite à Charlie.
/-/-/
Cela faisait trois jours que Charlie était rentré à la maison. Je n'avais pas revu Jacob depuis notre discussion au cimetière. D'un côté j'étais vexée qu'il n'ait pas envie de passer du temps avec moi mais d'un autre j'en étais soulagée.
Et puis mes journées étaient plutôt bien remplies. Le matin j'amenais Charlie à l'hôpital pour qu'il fasse quelques exercices de rééducation afin d'habituer son cœur à reprendre l'effort. Il devait aussi faire un électrocardiogramme un jour sur deux pour vérifier que tout allait bien.
L'après-midi, après un repas équilibré que je préparais sous son oeil vigilant, il avait toujours de la visite. Harry ou Billy, ses deux amis, se relayaient.
J'attendais impatiemment le jour où il me parlerait de cette femme mystérieuse qui possédait une brosse à dent dans sa salle de bain et un parfum à faire pâlir les roses de jalousie! Ou mieux encore, le jour où elle viendrait !
Cela ne faisait que trois jours et il n'en avait pas encore parlé. J'avais opté pour la patience mais je commençais à être à court. Ce n'était pas mon genre d'être aussi curieuse mais comme il s'agissait de mon père, j'avais vraiment envie de connaître le fin mot de l'histoire. Je n'avais jamais su si Charlie fréquentait quelqu'un lorsque j'habitais encore avec lui. Soit ça n'avait pas été le cas, soit il avait été très discret. Sachant qu'à Forks il aurait été très compliqué - même pour lui - de garder un secret plusieurs mois sans que personne n'en sache rien, j'optais pour la première option: il n'y avait eu personne.
Bref, je laissai couler pour le moment et me concentrai sur ma liste de courses. J'avais pour mission d'apprendre à Charlie à cuisiner des choses simples. C'était plus facile à dire qu'à faire. Mon père était une vraie calamité ambulante dans une cuisine.
Le premier repas, il s'était éclaboussé avec de l'huile bouillante et le second il avait trébuché avec la casserole de pâtes et elles avaient fini de cuire sur le sol de la cuisine.
Une catastrophe !
Du coup j'avais passé beaucoup de temps à dénicher suffisamment de recettes qui ne demandaient que très peu de cuisson et de manipulation. Je n'avais aucun doute à présent sur l'hérédité de ma maladresse. A sa décharge, jamais je n'avais vu mon père aussi peu à l'aise que dans une cuisine.
-Oh ! Vas-y gamine ! Moque-toi de ton vieux père ! m'avait-il dit alors qu'il attrapait la serpillière pour éponger l'eau de cuisson et les pâtes qui lui avaient échappé des mains au moment d'aller les égoutter. Tu veux peut-être que je te rappelle ce qu'il s'est passé la première fois que je t'ai amenée à la pêche ?
Et j'étais devenue blême, arrêtant de rire dans l'instant. Cette fameuse première fois sur un bateau, j'étais tombée à l'eau. Pas en pêchant, non, ça aurait été un exploit d'arriver là sans catastrophe, c'était en montant -ou plutôt en essayant de monter- sur le bateau. Je pouvais encore entendre le rire de Jacob dans ma tête et le visage rouge de mon père qui essayait tant bien que mal de se retenir d'exploser.
Et je me mis à rire de plus belle sous le visage déconfit de Charlie avec sa serpillière.
Dieu que j'avais de bons souvenirs avec lui, pensai-je en fourrant ma liste de courses dans mon sac.
-Je vais faire les courses, si tu as besoin j'ai mon téléphone ! criai-je en fermant la porte d'entrée derrière moi.
/-/-/
En rentrant des courses, une petite heure plus tard, je remarquai immédiatement la décapotable garée sur le trottoir devant la maison de mon père. Déjà un convertible à Forks c'était assez étonnant. A ma connaissance, ça n'avait été vu qu'une seule fois: du temps des Cullen.
Et cette couleur jaune poussin ?
Très ostentatoire, même pour les Cullen, pensai-je en riant.
Le temps où mon cœur ratait un battement chaque fois que je pensais à eux était bien révolu. Tout ce que je ressentais à cet instant c'était une très grande curiosité par rapport au propriétaire de la voiture qui n'avait sa place ni dans mon allée, ni dans Forks.
Je me hâtai donc, mes sacs de course en main à rejoindre le perron et faire une entrée fracassante:
-Charlie! Je suis rentrée ! hurlai-je de bon coeur.
A peine avais-je ouvert la porte que le fameux parfum m'agressa les narines. J'allais devoir aérer… encore…
J'entendis de l'agitation dans le salon et décidai de ranger mes courses avant d'y mettre les pieds. S'il se passait ce que j'étais en train de penser, je devais leur laisser le temps de se rhabiller. Je secouai la tête en riant toute seule:
Mesdames et messieurs, mon père est un adolescent en chaleur !
-Hey gamine, mon père se racla la gorge et je me tournai pour lui faire face.
Il était rouge écarlate -de gêne sans aucun doute-, une main derrière la nuque.
-Hey Charlie, jolie voiture dehors, fis-je, mine de rien.
-Hummm, commença-t-il rougissant de plus belle. Tu as été rapide…
-Combien de temps à ton avis faut-il pour faire le tour de la supérette de Forks? dis-je en continuant de ranger mes provisions. J'ignorai volontairement son malaise grandissant.
-Pas assez visiblement, me sembla-t-il l'entendre murmurer.
J'haussai les épaules en me tournant vers lui, j'avais fini de ranger:
-Ai-je interrompu quelque chose ? demandai-je le plus innocemment possible.
Charlie écarquilla les yeux et je me mordis l'intérieur de la joue pour me retenir de rire. Malheureusement pour moi, il lut trop vite dans mes yeux que je me moquais de lui, j'aurais voulu profiter de son malaise plus longtemps.
-Très drôle, très drôle… soupira-t-il.
Il ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose mais un raclement de gorge détourna notre attention. Une jolie femme d'une quarantaine d'années vint se placer à ses côtés. Il passa un bras autour de ses épaules et se tourna vers moi:
-Megan, je te présente ma fille, Bella. Bella, je te présente Megan… Stanley, finit-il dans un soupir.
Stanley ? Comme dans Jessica Stanley ? Megan s'avança vers moi et me tendit la main:
-Enchantée, Bella. Je suis ravie de faire ta connaissance, j'ai tellement entendu parler de toi.
J'arquai un sourcil de questionnement en lui serrant la main mais je n'eus pas le temps de lui demander ce qu'il en était car elle commença à parler et ne s'arrêta pas. Elle avait apparemment les questions et les réponses, un vrai moulin à parole, elle était inarrêtable.
J'appris qu'elle était la mère de Jessica Stanley avec qui j'avais été au lycée à Forks. Qu'elle avait divorcé un an plus tôt, et, chose que j'aurais préféré ignorer, qu'elle avait touché une pension plus que conséquente vu qu'elle avait surpris les infidélités de son mari avec… Mme Newton ! La mère de Mike Newton avec qui j'avais aussi été au lycée.
Depuis quand la vie des habitants de Forks était-elle devenue plus croustillante qu'un épisode des Desperate Housewives ?
J'avais exprimé des "oh" et des "ah" tout au long de son monologue pour feindre mon intérêt. Je voyais bien que Charlie n'était pas dupe et je voyais de la reconnaissance dans son regard. Il devait tenir à Megan et loin de moi l'idée de me la mettre à dos. Elle semblait nerveuse et c'était sûrement pour cela qu'elle ne cessait ses babillages intempestifs. Elle cachait son stress sous un flot incessant de paroles .
Les minutes se transformèrent en heures, et, deux cafés plus tard, Charlie raccompagnait Megan à sa voiture.
Je ne savais que penser. Elle était tellement différente de ce que j'imaginais pour mon père. Il était quelqu'un de réservé, un peu rustre sur les bords, elle semblait tellement enjouée que l'association était très surprenante.
Charlie finit par revenir et s'adossa contre la porte de la cuisine tandis que je nettoyais la table.
-Alors… commençai-je, Mégan ?
Il avança dans la cuisine et attrapa un verre qu'il remplit au robinet. Il commença à boire, repoussant le moment où il faudrait qu'il me parle et je décidai de lui faciliter la tâche:
-Est-ce que Jessica va être ma nouvelle soeur? demandai-je innocemment.
Il s'étouffa avec sa gorgée d'eau et me regarda les yeux écarquillés de surprise. Je me mis à rire et il se détendit immédiatement en s'esclaffant aussi.
/-/-/
-Tu es heureux? demandai-je quelques heures plus tard alors que nous venions de finir de dîner.
Il était assis à un bout du canapé tandis que j'étais couchée, la tête sur l'accoudoir de l'autre côté. Mes pieds étaient contre ses cuisses et il posa une main sur ma cheville droite. De l'autre, il prit la télécommande et coupa le son de la télé, ne laissant que les images d'une rediffusion d'un match de baseball. Il se tourna vers moi et me dit:
-Oui, elle me rend heureux. Je sais qu'on est complètement différents et je ne comprends pas ce qu'elle voit en moi mais pour la première fois depuis des années, je peux dire que je suis heureux.
Je lui souris tendrement, c'était le principal pour moi. Même si la femme qui le rendait heureux parlait beaucoup trop et sentait la parfumerie bon marché, s'il était heureux, je pouvais m'y faire.
-Et toi Bella ? Es-tu heureuse ?
Son regard dans le mien, j'étais incapable de mentir. Je soupirai profondément, prenant le temps de réfléchir honnêtement à la question.
-Parfois, finis-je par répondre le plus sincèrement possible. Je ne peux pas dire que je sois malheureuse mais si je regarde en arrière, je n'ai pas été réellement heureuse depuis…
-Que les Cullen sont partis, finit-il à ma place.
Nous restâmes silencieux quelques minutes. Je réfléchissais à ce que je venais de réaliser en même temps que je l'avais dit à voix haute. D'abord avec Jacob puis avec Patrick, j'avais passé de bons moments mais je n'avais jamais été aussi heureuse qu'en faisant partie des Cullen.
-Ils sont à Anchorage, déclara Charlie soudainement, me sortant de mon introspection.
-Quoi ? questionnai-je, ne comprennant pas du tout ce qu'il racontait.
-Les Cullen, ils sont à Anchorage en Alaska.
-Et tu sais ça parce que ?
Pour la seconde fois depuis le début de la journée, Charlie se mit à rougir. Moins violemment que lorsque je l'avais surpris avec sa petite-amie -mon dieu que c'était bizarre de dire "petite-amie"- mais assez pour que je m'en aperçoive.
-Il se peut que j'aie utilisé mes dons d'enquêteur pour les surveiller à distance, avoua-t-il tout en jaugeant ma réaction.
Honnêtement, je ne savais pas trop comment réagir. Il y a quelques années j'aurais été désespérée d'en savoir plus mais aujourd'hui ce n'était plus vraiment le cas. Oui j'avais été heureuse mais ils étaient partis. Et même si une part de moi voulait retrouver ce bonheur, une grande partie de moi voulait arriver au même résultat sans eux.
-Pourquoi les surveiller ?
-Au début, soupira-t-il, c'était pour surtout pour vérifier qu'ils ne reviendraient pas te faire de mal…
-Et après ? demandai-je curieuse.
-Une fois que ma haine envers Edwin…
-Edward! le repris-je en lui donnant un léger coup de pied dans la cuisse.
Je savais qu'il plaisantait, il connaissait parfaitement le nom du premier garçon à m'avoir brisé le coeur.
-Edward, soupira-t-il, peu importe… Il leva les yeux au ciel. Une fois que ma haine envers lui est passée, je me suis dis qu'un jour tu aimerais savoir où ils étaient et ce qu'ils devenaient.
Voulais-je savoir ? Avais-je envie -ou besoin- d'entendre ce qu'ils devenaient ? Et s'ils avaient été eux aussi aussi misérables que moi ? Et s'ils étaient heureux, s'ils m'avaient oubliée ? Étais-je prête à l'entendre ?
-Bella… Charlie me ramena à la réalité en ajoutant une pression de sa main autour de ma cheville. Je sais que je n'ai pas été le plus exemplaire des pères mais je sais reconnaître mes erreurs. Je ne t'ai jamais vue aussi épanouie que lorsque tu faisais partie de leur famille. J'ai pensé que j'allais te perdre, et lorsqu'Edward t'a quittée, je ne te cache pas que quelque part, j'en ai été soulagé parce que je savais que le jour arriverait où tu deviendrais comme eux. Qu'un jour on m'annoncerait ta mort et je n'étais pas prêt à l'entendre. Et aujourd'hui je sais que j'ai eu tort d'être soulagé, tu n'es pas faite pour être une simple mortelle, Bella, j'ai toujours su que tu étais destinée à faire de grandes choses et une seule vie ne sera pas suffisante pour…
Ses mots mirent un moment à m'arriver au cerveau et je finis par le couper:
-Mais de quoi tu parles ?
J'avais peur de comprendre. Connaissait-il le secret des Cullen ou avais-je mal interprété ses paroles ? J'espérais sincèrement avoir donné un sens complètement différent à ses mots.
Il roula des yeux et poursuivit :
-Harry et Billy sont mes amis depuis plus de quarante ans. J'ai grandi avec leurs histoires, je connais les légendes, même s'ils aiment penser que je suis complètement ignorant du fait qu'une meute de loups géants se promènent dans la forêt comme si elle leur appartenait, marmonna-t-il. Ce n'était pas difficile de comprendre ce qu'étaient les Cullen, et ne me fais pas l'offense de nier ! s'exclama-il en voyant que j'allais ouvrir la bouche pour le contredire.
Ne sachant pas trop quoi répondre à ça, je me levai et me mis à arpenter le salon de long en large. Plusieurs fois je m'arrêtai, j'ouvrai la bouche pour parler puis me ravisai et recommençai mon manège.
Charlie connaissait l'existence de la meute. Et des vampires. Bordel ! Charlie connaissait l'existence des vampires ! Tout ce temps il savait ce qu'ils étaient. Et il ne m'avait rien dit.
Charlie ne quittait pas mes allées et venues des yeux. A un moment, il ouvrit la bouche pour parler mais je l'interrompis d'un geste du doigt et il se ravisa.
Je n'en croyais pas mes oreilles. Depuis tout ce temps, Charlie savait tout!
-Tu m'as laissée sortir avec un… un…
C'était tellement surréaliste que je n'arrivais même pas à prononcer le mot vampire devant lui.
-Un… tentai-je une dernière fois avant de grogner de frustration.
-Un vampire ?
-Merde! C'est encore plus irréel quand ça sort de ta bouche! m'exclamai-je en m'affalant sur le canapé
-Langage Bella! me réprimanda-t-il et je me mis à rire nerveusement.
-Sérieusement papa ? Tu m'as laissée sortir avec un… vampire, dis-je difficilement, avec tout un clan même et tu t'offenses pour un "merde" ? Arf, soufflai-je en passant mes mains sur la figure. Je ne suis pas un parent, mais comment as-tu pu laisser faire ça ? demandai-je en me tournant vers lui.
Il n'avait pas bougé depuis sa grande révélation.
-J'ai demandé conseil à ta mère ?
-De quoi ?
-Quand tu as commencé à sortir avec… lui, dit-il probablement pour éviter de l'appeler Edwin ou Edgar, j'ai demandé à Renée ce que je pouvais faire pour t'en empêcher. Elle m'a ri au nez pendant plus de dix minutes avant de me rappeler que si tu étais là aujourd'hui c'était justement parce que ses parents l'avaient empêchée de me voir… expliqua-t-il en me souriant gêné.
Ce n'était pas un secret que ma conception était un accident mais jamais il ne me l'avait dit aussi ouvertement.
-Et je venais de te retrouver, poursuivit-il, je ne voulais pas que tu aies du ressentiment… Ce n'était pas mon meilleur moment d'autorité parentale, je te l'accorde mais, si je t'avais interdit de le voir, tu l'aurais fait ?
-Bien sûr que non, répondis-je en haussant les épaules. J'étais tellement éblouie… Rien ni personne n'aurait pu m'en empêcher… Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour mais… Maman avait raison, lui souris-je tendrement.
Il leva son bras et je vins me blottir contre lui.
-Elle m'a aussi dit de glisser des préservatifs dans ton sac de cours, m'avoua-t-il en souriant nostalgiquement.
-Ca ne m'étonne pas, répondis-je en pouffant. Elle me manque…
-A moi aussi gamine, répondit-il en déposant un baiser sur mon front. Il resserra son étreinte autour de mes épaules et nous restâmes dans cette position quelques minutes. Chacun plongé dans ses pensées.
Je n'arrivais pas à me faire à l'idée que Charlie connaissait la vérité sur ce monde que j'avais tant essayé de cacher. Et surtout, qu'il ne m'en ait pas parlé plus tôt. Peut-être que s'il m'avait dit le secret des Cullen, j'aurais gardé mes distances ? En y repensant, c'était fort improbable. J'avais été tellement amoureuse que rien ne m'aurait éloigné d'Edward et de sa famille. Aujourd'hui encore, je ne pouvais pas nier que s'ils revenaient il y avait de fortes chances pour que je les accueille à bras ouverts. Pas que j'avais envie de reprendre ma relation avec Edward mais parce que je me sentais à ma place en tant que membre de la famille.
Toute ma vie je m'étais sentie différente. Je n'étais pas à ma place au milieu des gens de mon âge sans pour autant me sentir bien avec les adultes. J'avais toujours été en marge, pas laissée pour compte mais plutôt sur le côté. Comme si je pouvais me détacher de mon corps et regarder la vie sous un autre angle, un angle complètement différent des autres et de la norme. Comme si j'avais la capacité de vivre en dehors de moi-même. C'était très difficile à expliquer, même moi je ne comprenais pas toute l'étendue de cette différence mais ce que je savais, c'était qu'avec les Cullen, pour la première fois de ma vie j'avais eu la sensation d'appartenir à quelque chose de plus grand sans pour autant pouvoir le toucher du bout des doigts. Comme si j'avais une destinée bien précise.
En les perdant, j'avais eu la sensation de perdre mon but dans la vie. Et, bien qu'aujourd'hui je m'étais fait une raison, que j'arrivais à vivre autour de ce vide en moi, il n'en restait pas moins présent.
Jacob avait rempli un peu de ce vide, Patrick aussi mais il était tellement profond que je doutais le combler totalement un jour.
Je soupirais. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pensé autant à ce qu'aurait pu être ma vie si les choses avaient été différentes. Charlie profita de ma réaction pour me demander:
-Tu veux bien me raconter toute l'histoire ?
Et je ne réfléchis pas deux fois avant de me lancer. Depuis que les Cullen étaient partis, je n'avais plus menti à Charlie. J'étais du coup soulagée de pouvoir rectifier tous les mensonges que j'avais pu inventer du temps des Cullen.
Je lui racontai comment Edward avait failli me tuer. Je le sentis se raidir, réalisant sûrement que je n'étais pas passée loin. J'expliquai du mieux que je pus cette histoire de chanteuse. Puis je racontai comment il avait voulu rester à distance, même s'il n'avait pas tenu très longtemps.
J'insistais beaucoup sur nos jours heureux, nos moments passés à la clairière, mes visites chez eux avant d'aborder ce fameux jour où James et son clan nous avaient surpris en pleine partie de baseball. Je pus enfin lui expliquer les mots horribles que j'avais prononcés pour qu'il me laisse partir sans faire d'histoire.
-Tu sais que ce soir-là j'ai cru qu'il allait te transformer pour de bon ? Je ne sais pas comment ça marche exactement mais je pensais que je ne te reverrais jamais, avoua-t-il en me serrant plus fort contre lui.
Je continuais en parlant de Phoenix, comment j'avais pu fausser compagnie à une voyante et un empathe.
-De quoi ? demanda-t-il soudainement.
Je souris tendrement, j'avais oublié que même s'il connaissait l'existence des vampires, ce n'était pas pour autant qu'il connaissait tous les détails.
-Certains vampires ont des capacités particulières, expliquai-je. Carlisle et Edward pensent qu'ils emportent une part de leur trait humain dans leur vie d'immortel. Alice pouvait voir des possibilités de futur, Jasper ressentaient et pouvait faire ressentir les émotions.
-Edward avait un don aussi ?
-Oui, il pouvait lire dans les pensées, enfin, sauf les miennes heureusement. Et visiblement pas dans les tiennes non plus puisqu'il n'a jamais su que tu connaissais leur secret. Du moins il n'en a jamais parlé. J'aime penser qu'il m'aurait mis au courant s'il l'avait su, marmonnai-je pour moi-même.
Je réfléchis quelques instants, me demandant si Edward avait pu sous-entendre quelque chose à propos des pensées de Charlie mais je n'en avais pas le moindre souvenir.
-Bref, repris-je mon histoire, James m'attendait au studio de danse. Je pensais qu'il avait maman mais ce n'était qu'un enregistrement. Il m'a torturée puis Edward est arrivé. James m'a mordue. Les autres sont arrivés et ont tué James. Edward a aspiré le venin parce qu'il ne voulait pas que je me transforme.
J'avais déjà expliqué la transformation à Charlie donc je ne m'attardais pas sur les détails.
-Voilà comment j'ai atterri à l'hôpital, finis-je d'expliquer en frottant nerveusement la trace de morsure que j'avais au poignet.
-Est-ce que c'est…?
-Oui, répondis-je en le laissant toucher.
-C'est plus froid que le reste de ta peau, déclara-t-il sans poser plus de question.
Je finis par expliquer ce qu'il s'était passé le soir de mon anniversaire. Je racontai comment Edward m'avait dit que je n'étais pas assez bien pour lui et qu'il m'avait quittée à deux pas de la maison et que je m'étais perdue en essayant de le suivre. Il savait que Sam m'avait trouvée, je lui racontai ensuite mon histoire avec la meute et plus particulièrement Jacob.
Je ne pus empêcher les larmes de couler lorsque j'expliquai à Charlie que maman et Phil étaient morts à cause de moi et qu'il en était de même pour Sam et Léah. Je finis par lui dire comment ma culpabilité m'avait poussé à partir sans rien dire à personne.
Mon père ne me lâcha jamais, je sentais même qu'il me serrait plus fort lors des passages les plus délicats de l'histoire. Je savais qu'il venait de comprendre beaucoup de choses avec ce que je venais de lui raconter. Il allait en avoir des choses à penser cette nuit.
La journée avait été émotionnellement chargée pour tous les deux et nous nous mîmes à bailler de concert ce qui nous fit rire bruyamment.
-Je suis contente d'avoir pu te dire toute la vérité papa, dis-je en profitant quelques instants de plus de son étreinte rassurante.
-Moi aussi Bella, répondit-il en déposant un baiser sur mon front. Je fermai les yeux de bien-être.
Même si notre relation avait évolué dans le bon sens ces dernières années, et d'autant plus ce soir maintenant qu'il connaissait tous mes secrets, nous n'avions jamais été très tactiles tous les deux. Et cette proximité ce soir, me faisait énormément de bien.
Je baillai encore une fois et décidai à contre-coeur d'aller me coucher. La journée avait été longue.
-J'imagine que tu dois avoir une centaine de questions mais je suis crevée! Bonne nuit papa, dis-je en l'embrassant sur la joue.
Je me levai et commençai à monter les escaliers lorsqu'il m'interpella:
-Bella ?
-Mmhumm ? marmonnai-je en m'arrêtant sur le première marche.
-Rien de tout ça n'est de ta faute tu le sais n'est-ce pas ? Renée, Sam, Léah… Si quelqu'un doit être fautif c'est moi pour ne pas t'avoir prévenue plus tôt.
-Papa, si ce n'est pas de ma faute, ce n'est pas de la tienne non plus, d'accord ?
Mon ton était ferme, il n'allait pas se blâmer pour quelque chose qu'il n'aurait jamais dû savoir à la base.
-D'accord, soupira-t-il en souriant tendrement. Bonne nuit.
-Bonne nuit.
J'étais contente qu'il ne rajoute pas "fais de beaux rêves". Avec tous les événements que je venais de me remettre en mémoire, il était évident que ma nuit ne serait pas un long fleuve tranquille. J'esperai rester discrète afin de ne pas alerter Charlie avec mes hurlements.
Je profitai que Charlie soit encore en bas pour prendre une douche et me détendre avant d'aller dans ma chambre et de chercher un livre à lire. J'avais cette habitude, ça m'aidait à me détendre et j'avais remarqué que mes cauchemars étaient moins violents aussi lorsque j'étais plongée dans un livre avant de dormir. J'avais tendance à romancer un peu en dormant visiblement.
Malheureusement, j'étais partie précipitamment de Los Angeles sans prendre celui que j'étais en train de lire actuellement. Je fouillai un peu dans la chambre mais ne trouvai rien. Quelques mois après mon installation là-bas, Charlie m'avait fait envoyer la plupart de mes objets personnels, dont la quasi totalité de mes livres.
J'allai voir dans le placard, priant pour trouver quelque chose dans les cartons qu'il contenait. Les deux premiers que j'ouvris ne contenaient que des manuels scolaires et bien que les mathématiques avaient toujours été soporifiques, je me voyais mal résoudre une équation pour échapper à un monstre dans mes rêves.
Je trouvai quelque chose de plus intéressant dans le troisième carton que je déballai. Rien de transcendant mais définitivement mieux que la physique/chimie. C'était le livre sur les légendes Quilleute que j'avais acheté dans cette librairie de Port Angelès le soir où Edward m'avait sauvée d'une agression.
Je me mis sous la couette, allumai ma lampe de chevet et éteignis la lumière. Je feuilletai tranquillement lorsque je tombai sur la page qui m'avait fait comprendre ce qu'étaient Edward et sa famille. En y repensant je me sentais bien bête de n'avoir rien compris sur Jacob tout de suite. Evidemment je n'avais retenu que la partie vampire de l'histoire… Quelle idiote !
A la fin de ce mythe, je tournai la page et tombai sur une histoire qui me fascina à tel point que je me demandai comment j'avais pu ne pas la lire avant ?
J'étais littéralement absorbée par cette légende, oubliant ma fatigue, je ne pus m'arrêter avant de l'avoir terminée : la prophétie d'Antonia...
Bon alors ? Que pensez-vous de Jacob ? Et surtout de Charlie ?
Je le n'aime trop d'amour Charlie et je trouve qu'il est trop souvent pris pour un idiot.
Allez prochain chapitre on entre dans le vif du sujet: la prophétie !
Des idées ? Dites-moi tout !
A vendredi prochain, promis avant 22h30 lol.
Bon week-end et bonne semaine^^
