Chapitre 3 : Le commencement

Len se réveilla en poussant un cri. À peine fut-il réveillé qu'il se mit en position assise et se mit doucement à pleurer.

Jamais. Jamais il n'oubliera ce moment.

- Tout va bien? demanda Kaito, allongé à ses côtés.

« Tout va bien »!? Cet homme venait de le violer et tout ce qu'il trouvait à dire c'était « tout va bien »!? Len sentit la colère monter en lui. Il voulait crier après Kaito, l'engueuler copieusement, le gifler, le traiter de tous les noms, mais pourtant il ne bougea pas. Il avait trop peur. Peur que Kaito ne s'en prenne de nouveau à lui…

Cet homme venait de lui arracher sa virginité. Cet homme venait de détruire son innocence. Cet homme lui avait volé son corps.

Apeuré, Len resta immobile, blanc comme un drap, les larmes coulant le long de ses joues. Après ce qui sembla être des années, il ouvrit la bouche, hésitant :

- Pourquoi… pourquoi m'avez-vous fait ça?

- Pour te faire comprendre qu'à partir de maintenant, tu es officiellement mon petit ami, dit Kaito le plus sérieusement du monde.

Je ne t'appartiens pas… tu n'as pas le droit de dire ça…

- N… non…

- Pardon? s'offusqua Kaito.

Len avait peur, mais maintenant il savait qu'il ne fallait pas se laisser faire. Peu importe si Kaito le frappait ou l'insultait. Tout ce qu'il voulait, c'était sortir d'ici…

- Je… je ne suis pas votre petit ami, déclara Len à toute vitesse, nerveux.

À peine eut-il dit cela qu'il ferma les yeux, apeuré. Le garçon pensa que Kaito allait le frapper, mais l'homme se contenta simplement de sourire :

- Très bien... prétends ne pas être mon petit ami si tu veux…

Séducteur, le beau jeune homme se leva et murmura d'une voix sensuelle :

- … mais tu ne peux nier la vérité.

Sur ces mots égnimatiques, il tourna la talons pour quitter la pièce. Cependant, il put entendre une petite voix suppliante s'exclamer :

- Shion-san!

Kaito se retourna brusquement, surpris. Len le fixait, ses énormes yeux bleus remplis de haine.

Le garçon était outré, révolté, enragé. Comment Kaito pouvait-il rester aussi calme? Il venait de kidnapper et violer un enfant. Len se sentait honteux et humilié à la simple pensée que quelqu'un l'avait touché sans sa permission. Troublé, il repensa à cet instant cauchemardesque. Car ce moment, aussi bref était-il, avait été synonyme de terreur pour lui. Car se faire violer était mille fois pire que de se faire insulter ou frapper. Se faire violer était synonyme de cauchemar… un cauchemar qui vous donne envie de mourir pour ne pas souffrir davantage. Vous êtes le jouet de l'autre, pas la personne aimée. Et Len savait cela.

Sur le bord des larmes, le garçon était furieux contre Kaito. Et bien qu'il avait peur du jeune homme, il décida qu'il ne fallait pas se laisser faire. Après un moment d'hésitation, il déclara, furieux :

- Ce… ce n'est pas parce que je suis plus petit que vous que vous avez le droit de me faire ça! Un jour, vous allez payer pour ce que vous m'avez fait!

Déterminé, Len prit son courage à deux mains et cracha au visage de Kaito. Mais il le regretta aussitôt puisqu'il reçut bientôt une gifle sonore. Le garçon s'écroula sur le lit, la main posée sur sa joue. Le sourire aux lèvres, Kaito le regarda avec… amusement.

- Ah… je vois que tu es plus fort que tu en as l'air, dit l'homme d'une voix doucereuse. Mais pas aussi fort que moi.

Len se redressa péniblement. Il essaya de protester, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Alors il resta assis là, à fixer Kaito avec des yeux remplis de terreur.

Ce n'était qu'après quelques secondes que Kaito finit par s'approcher de Len. Le garçon trembla. Qu'est-ce que Kaito allait lui faire maintenant? Mais à sa grande surprise, l'homme ne fit rien. Il avait la tête baissée, ses cheveux bleus cachant ses yeux. Comme toujours, il avait le sourire aux lèvres… pourtant, ce n'était pas le même sourire qu'il affichait à peine trois secondes plus tôt.

- Oui… tu es fort, Len-chan… finit-il par dire après une bonne minute.

Len ne dit rien. Son corps frêle tremblait de partout, il était paralysé. Il n'était même pas capable d'ouvrir la bouche. Il se contenta d'écouter Kaito, qui poursuivit :

- … et mignon aussi.

Len trembla lorsqu'il entendit ces simples mots. Il voulait tant s'enfuir, mais quelque chose le retenait… et puis pourquoi son cœur battait-il si vite?

- Je suis content que ce soit toi que j'ai choisi, continua Kaito. Tu es vraiment adorable.

Le jeune garçon ne put répondre. Tout ce stress lui donnait mal au cœur. Bientôt, de violentes nausées se firent ressentir.

- K… Kaito…

Le beau jeune homme ouvrit de grands yeux.

- Oui?

Toutefois, il sembla comprendre avant même que Len n'ouvre la bouche, puisqu'il plaqua une main devant sa bouche, affolé :

- Viens!

Il prit Len par la main (ce qui fit rougir celui-ci) et sortit de la chambre avant d'entrer dans la salle de bains. Il laissa Len à l'intérieur et attendit de l'autre côté de la porte.

Décidément, les prochains mois allaient être très, très difficiles…


Len sortit de la salle de bains, blanc comme un drap.

- Que… que s'est-il passé? gémit-il, confus.

Kaito ne put s'empêcher de sourire. Son plan marchait à merveille. Len n'avait aucune idée de pourquoi il était ainsi malade, mais Kaito, lui, savait pourquoi. Et il savait aussi que tout cela était de sa faute. Mais comme il aimait ça!

- Tu le sauras assez bientôt, répondit-il avec une expression sadique.

- Je… je vous déteste, dit Len d'une voix faible.

- Je sais, répliqua Kaito, un sourire cruel aux lèvres.