Posté le : 18 Février 2011. Reprenons un rythme de postage normal dans ma vie anormale.

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Note - or Beuglante to myself "Bouge ton cul, connasse !" : Qui a dit que les étudiants étaient des glandeurs ? Je pousse ma mini-beuglante avec un self-trip. Mais là, je suis au bord de l'implosion. Je n'ai pas choisi les études les plus simples, certes. Il y a eu un mois de grève dans ma fac, il est vrai. J'ai eu des professeurs douteux quant à leurs intentions en amphi, certainement. Je suis entourée de personnes ayant fait prépa, double ou bilicence, ou école supérieure, il n'y a pas de doute. Les examens arrivent pendant que je tombe malade, je le concède. Je fais de mon mieux, je l'affirme. J'attends pendant un mois et demi mes résultats, en effet. J'écris une fic sous l'emprise du coca et du thé au citron pour me calmer, indubitablement vrai. Je reçois mes résultats aujourd'hui après vingt minutes d'attente, en clair. J'apprends que je suis recalée pour 0,14 points manquant, ça fait mal. En bref, j'adore ma fac, j'adore mes études, j'adore les Blaise Zabini, Draco Malefoy, Orlando Bloom et tous les beaux mecs de Paris qui y viennent, j'adore le distributeur de bonbons, j'adore la machine à café, j'adore le métro. MAIS, je déteste cette putain de piece of paper ! * Brûle ses résultats dans le poêle du Baba O'Riley *Aaaah, je me sens mieux. Bon, pour ceux qui ont lu mon défouloir, j'ai relativisé dans le train en rentrant chez moi : il suffit que j'ai 10,5 au prochain semestre pour valider mon année. Je peux le faire. JE PEUX LE FAIRE !

Post-it "Back to Basic" - Paintball : Il existe une espèce rare et fascinante d'êtres humains : les gens du métro. Je ne me lasserai jamais de leur visage.

Enfin, pour en revenir à ce que je voulais dire : à la base je ne suis pas "écrivain en herbe" et rien ne me poussait vers cette voie. Je devais, à la base, avoir un dossier pour les Beaux-Arts. Mon mentor a été très déçu de savoir que EN PLUS d'écrire, je m'intéressais aux fossiles. Bref, je lui ai brisé le coeur (et dire que j'étais sa fille préférée =/) Cela va faire plus d'un an que je n'ai pas touché à un crayon. Je fais un blocage par rapport au dessin (on dit que c'est du gâchis mais qui puis-je ?). Mais, plus je reçois des petits messages de vous, plus j'ai envie de retenter l'expérience : Je crois que je vais dessiner le Baba O'Riley dès que j'en aurais l'occasion pour que vous puissiez "photographier" le lieu. Ce n'est pas une insulte à votre imaginaire, ne pensez en rien cela, c'est juste que les descriptions littéraires sont parfois floues - même moi je l'admets. Le dessin est plus parlant que des mots. Si j'arrive à renouer avec cette fibre de mon moi, je mettrai les dessins disponibles quelques parts en vous fournissant le lien. J'espère qu'au moins l'idée vous plait.

QUELLE SALOPERIE D'ETRE ARTISTE ! (message que j'ai envie de taguer sur un mur du métro)


Accio, réponses aux reviews anonyme !

Anny [Réponse : Oh, ça me soulage de savoir que le chapitre 3 était la hauteur. Parce qu'en général, les chapitres 2 et 3 déterminent l'intérêt du lectorat. Soit on accroche encore, soit on se lasse de la tournure de l'intrigue (idées reçues, a priori, déception etc.) Donc j'avais cette légère crainte que de décevoir... Savoir que toi, tu apprécies, me mets du baume au coeur et m'encourage à écrire la suite, la rendre encore plus belle et plus intéressante que possible. De nouveaux personnages sont susceptibles d'apparaître prochainement, dont des OC. Mais chut !]

M [Réponse : La phrase que tu cites, je l'ai écrite sur le tas, peu avant de poster. Je ne pensais pas qu'elle aurait de l'impacte sur qui que ce soit. Même moi, je n'y ai pas fait attention à la relecture (en même temps, je ne sais pas me relire efficacement). J'espère que le prochain numéro - c'est-à-dire celui-ci - t'enchantera. A bientôt j'espère !]

TheV et Yubao [Réponse : Jumelles ? Pour de vrai ou jumelles de coeur ? Non, mais... Je pense que c'est la première option mais j'ai le droit au bénéfice du doute, hein ? Très heureuse de vous avoir enchantée l'espace d'un chapitre. En tout cas, moi j'adore lire des chapitres publiés avec des amis et me fendre la poire devant des répliques et les lancées de vive voix pour voir comment cela sonne (même si 3/4 des gens nous prennent pour des malades). Mais soit ! Cela rend l'ambiance plus vivante. Enfin, avis perso. J'ai dans l'espoir de vous voir toutes les deux reviewer sur ce chapitre pour avoir un petit avis.]

Ghillo [Réponse : Merci, en premier lieu, de ton petit mot sur le chapitre précédent. J'étais vraiment heureuse en le recevant. Ce sont de très jolis compliments. Pour moi, il s'agit d'une véritable récompense que de voir que l'on adhère à mon univers. Je suis encore stupéfaite de voir qu'autant de personnes aiment et que tu fais parti de l'une d'elles. Je te souhaite une excellente lecture et à bientôt.]

JJ-Fan [Réponse : En lisant ta review, j'ai failli grimper sur mon bureau et faire une petite danse de la joie - hybride entre la macarena, la coutrny, la danse folklore hobbit et le foro brésilien. Ma raison est revenue quand j'ai vu le nombre colossal de gadgets sur mes deux bureaux, les livres avec milliers de post-it, manuscrits imprimés, stylos fétiches etc. Bref, cela risquait de craquer. Mais, j'aurais pu le faire. J'aurais même dû, tiens... (réfléchis). Je pense que je vais copyrighter ma danse de la joie parce qu'elle est phénoménale à voir. Même un smiley au mieux de sa forme ne peut pas surpasser le niveau (lance-moi des fleurs, je ne dirai rien). Par contre, léger bémol sur ta review : il y a dû y avoir un bug quelconque mais je n'ai pas la suite et fin de ton message, ce qui est assez dommage.]

Lenalee [Réponse : Je te remercie de m'encourager. C'est nécessaire pour moi - surtout vu la période. Mais je me détends avec cette petite histoire qui me régale. J'ai dans l'espoir que toi aussi, et que la suite te plaira également (t'imagine l'angoisse ? Tu n'aimes plus la suite et tu me laisses tomber ? Aaarg !) Bref, sur ce, bonne lecture.]

Yamia [Réponse : Merci d'être toujours au rendez-vous, surtout que j'attendais un peu ton avis (il m'est toujours précieux). Je sais que le Baba O'Riley a enchanté pas mal de monde. J'ai une vision de l'endroit très nette de l'endroit. En tout cas, pour en revenir à ta review, oui, Harry va vivre au Baba. On verra bien quelles en seront les conséquences...]

PUTAIN, 100 REVIEWS DÉJÀ ? MERCI POUR LE CADEAU D'ANNIVERSAIRE. (légèrement en avance mais cadeau tout de même...)


Mot de la Bêta – EveJHoang : Ah, ce cher Lithium, on ne s'en lasse pas… à part ça, je pense que je m'entendrais bien avec les adeptes du Baba et leur patron 8D. Bizoux mon cher auteur, et bizoux chers lecteurs ^^ [Dairy : Je crois que je vais monter la secte du Baba O'Riley juste après le club des notebook. A ajouter sur ma liste.]

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~ Le Single 4 ! J'espère que vous êtes des lecteurs méticuleux ayant une playlist Baba O'Riley dans votre baladeur ou ordinateur que vous actualisez à chaque chapitre en ajoutant une petite piste... * regard inquisiteur * Je vous barre le chemin tant que vous ne le faites pas, pauvre de vous ! Muhahahaha. Mais... Maaaais, nooon, vous n'avez pas le droit de lire sans l'avoir fait. Revenez ! * Dairy s'assoit au bord de la page, boudeuse * Allez-y si ça vous chante.


Baba O'Riley

Single 4 : « Lithium »


"Lithium" – Nirvana. 1991. Piste de 4 min 15. Un malaise grandissant au fil des couplets, caché derrière de la joie malsaine. Une joie corrosive, simulée, étalée. Une joie folle qui pousse au suicide. La joie grise, chimique, métallique comme le Lithium.

I'm so happy 'cause today

I found my friends

They're in my head

I'm so ugly, that's okay

'Cause so are you

Broke our mirrors

Sunday morning is everyday

For all I care

And I'm not scared

Light my candles, in a daze

'Cause I've found God

« Porter une robe montre que je peux être aussi féminin que je le désire. Je suis hétérosexuel... Et alors ? Si j'étais homosexuel, ça ne changerait rien non plus. Je respecte les gens qui affichent leurs préférences sexuelles », Kurt Cobain [1].

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Luna fourrait du vieux tabac dans une pipe en verre. Elle tira un nuage irisé de sa mitraillette de cristal qui alla rejoindre les milliers d'autres par la lucarne ouverte du Baba O'Riley.

Il était vingt-et-une heure et tout le monde était déjà parti. Quelques amateurs de littérature allaient et venaient mais seuls Mel, Harry et Luna semblaient résolu à y passer une bonne partie de la nuit.

Ils avaient dégusté un thé au citron autour du poêle et discuté d'un projet de créer une scène ouverte pour jeunes talents dans une tranche ouverte le samedi. Puis ils s'étaient murés dans la quiétude du silence en lisant respectivement du Baudelaire, du Tolstoï et du Tolkien.

Mel avait commandé des pizzas. Ils avaient trinqué deux pintes de bière au beurre – dont Mel gardait religieusement le secret – après qu'Harry eut décidé de vivre ici. La maison lui plaisait déjà.

Mel lui avait fait rapidement visiter le grenier : c'était grand, aéré, on y voyait Londres. Cela prendrait quelques jours avant de tout déménager et de débarrasser l'endroit de toute poussière, mais Harry avait bon espoir. Enfin, ça c'était la partie la plus facile : encore faudrait-il parvenir à déménager sans que Blaise ne le ligote à une des poutres de son appartement…

- Si tu veux Harry, je t'aiderais à tout arranger, proposa gentiment Luna. Mon père dit que j'ai de très bons goûts pour tout ce qui touche à l'intérieur.

- C'est elle qui a choisi les cousins, renchérit Mel avec une étrange bonne humeur.

En effet, les coussins étaient à l'image de Luna. En plus d'être dépareillés, ils étaient tous porteurs d'un message : un coussin jaune en forme de smiley, un polochon serpent, une peluche géante d'hippopotame avec les mains devant les yeux qui servait de pouf, un coussin étant la réplique exacte d'un macaron au chocolat et un coussin rempli d'eau…

- Harry ? Harry ?

- Oh, euh oui, j'étais perdu dans mes pensées, répondit-il. Tu disais ?

- Que le fuchsia serait parfait pour ta chambre, compléta Luna. Cela irait avec la couleur de ton gland.

- Je te demande pardon ?

- Bill a dit que…

- Les pizzas sont arrivées, coupa Mel en tentant de dissimuler un sourire.

Il revint quelques instants plus tard avec trois pizzas taille médium – printanière pour Luna, trois jambons pour Mel et végétarienne pour Harry. Ils visionnèrent un vieux James Bond sur la télévision archaïque du living-room en faisant des commentaires désobligeants. Luna rouspétait, trouvant la prose du scénario transcendante.

A chaque intermède, elle hurlait le refrain Live and Let Die composée par Paul McCartney et chantée par les Wings. Dans ces moments-là, Harry haussait très haut les sourcils en la regardant : elle était vraiment barge. Mel l'accompagnait en jouant de la trompette avec son nez – sa spécialité. Au générique du film, Luna monta carrément sur le sofa de velours et fit semblant de souffler dans le canon d'un pistolet.

- Si j'avais eu une fille, j'aurais rêvé que ce soit toi, grogna affectueusement Mel.

- Mais tu as un fils ! s'écria la jeune fille en se laissant tomber sur le canapé, près d'Harry. Tu ne l'oublie pas ton fils, hein ?

- Je pensais que vous n'aviez pas d'enfant, dit Harry.

- Beaucoup de gens pensent que je n'ai pas d'enfant. Mais j'ai un fiston. Il ne vient pas souvent ici mais ça arrive, parfois. Il n'aime pas trop l'endroit. Ça le gène un peu tout ça, ce méli-mélo. Il n'est pas comme moi, mon fils un gamin bien sage, respectueux. Je lui ai juste transmit mon goût pour les livres : il est professeur de littérature à l'université. Enfin, avant, il était dans un lycée mais il y a eu un scandale à cause de sa séropositivité.

- C'est horrible, murmura Harry. Depuis quand est-il malade ?

- Eh bien, il vit avec ça depuis qu'il est petit… un peu douloureux comme histoire, tu comprends ? C'est toujours une peine de ne pas… de ne pas avoir su protéger son fils, tout ça. M'enfin, il s'en est bien sorti quand même.

- Remus a beaucoup de chance de vous avoir, conforta Luna en lui tapotant l'épaule. Mon père a toujours dit « Quand je serai plus grand, je voudrai devenir un père comme Mel Lupin »

- Mel Lupin ? répéta Harry.

- Bah quoi ? Tu pensais que j'étais Mel Gibson ? pouffa-t-il.

L'atmosphère se détendit d'un coup. Ils mangèrent joyeusement, parlant des prochains voyages d'Harry afin de ramener ses affaires ici : Mel lui informa qu'il pourrait obtenir un matelas neuf et gratuit grâce à un de ses contacts à qui il avait donné un steak de cheval tous les dimanches pendant six mois.

Mel connaissait beaucoup de gens dans le coin ou plutôt, tout le monde avait ouï-dire de ce fameux Mel Lupin. Le gérant du Baba O'Riley promit même à Harry de lui faire la peinture à l'œil grâce un ouvrier polonais avec qui il jouait au black jack les vendredis à 18 h.

- Tu veux vraiment du fuchsia, mon garçon ?

- Ehm, sans te vexer Luna, j'opterais pour du rouge vif et du noir.

La jeune fille eut une moue déçue et ses lèvres tremblotèrent de chagrin. Harry la serra dans ses bras et fut désappointé face à son attitude de petite fille. Il la consola de longues minutes avant qu'elle ne lui rende un sourire radieux :

- Je crois que je vais rentrer, souffla-t-elle finalement. Mon père doit m'attendre pour la soupe de minuit. C'est une tradition chez nous.

- Hors de question que tu travers Londres de nuit, séduisante comme tu es, grogna Mel en se levant pour lui faire barrage.

- Je vais la raccompagner, proposa Harry. Je vais commencer à ranger mes affaires pour emménager ici. Encore merci Mel.

Ils sortirent du Baba O'Riley, qui était baigné de lumière en cette soirée glaciale de février. Luna portait un maigre chandail prune qui couvrait ses épaules. Galamment, Harry lui proposa sa veste :

- Non merci, elle est pleine de mauvaises ondes, dit Luna en resserrant son chandail. J'habite de l'autre côté de la Tamise, à deux stations de métro d'ici.

Harry ferma le zip de son blouson et la suivit. Ils embrassèrent une bouche de métro se trouvant à une centaine de mètres du Baba O'Riley. Le trajet fut plutôt court mais Luna le rendit haut en couleurs. Elle faisait des commentaires originaux sur des choses banales : un lampadaire, des escaliers crasseux, une carte de lignes de métro, un strapontin, un journal abandonné etc.

Harry avait l'impression de voir un monde différent à ses côtés.

La maison de Luna lui ressemblait : improbable et on ne pouvait pas la rater. Harry aurait pu s'étonner de sa forme cylindrique au milieu de ces briques de pierre, ou de la lune accrochée au toit et des branches d'arbre qui semblaient sortir des murs de la maison… mais, en fait, il ne s'attendait à pas moins de la part du domicile de la fille la plus timbrée qu'il ait pu rencontrer.

- Merci de m'avoir raccompagnée, Harry, murmura-t-elle en claquant deux baisers sur ses joues avant de rentrer chez elle.

Une fois la porte refermée, Harry fit demi-tour : Londres était une vaste chambre froide. Il en regretta presque de ne pas avoir d'épais gants sur lui.

Il retrouva le zippo de Blaise dans sa poche arrière, et s'arrêta au coin d'une rue pour acheter un paquet de cigarettes dans un pub bruyant. Evitant de peu l'assaut d'une fléchette, Harry ressortit du pub et colla la cigarette à ses lèvres.

Il marcha un bon quart d'heure afin de rejoindre un magasin de bricolage ouvert jusqu'à vingt-trois heures. Il acheta des cartons, un rouleau de scotch et un gros feutre noir.

Les cartons aplatis dans les bras, Harry déambula encore quelques minutes avant de repasser devant l'embouchure menant au Baba O'Riley. Il dépassa l'impasse et tourna à droite puis encore à droite : un raccourci.

C'était une ruelle sombre et étroite entre deux gratte-ciel où il n'y avait aucune fenêtre : un véritable coupe-gorge. Des deux côtés, on voyait les phares lumineux tantôt blanchâtres, tantôt rouges des voitures. Harry avança précautionneusement car les éboueurs n'avaient pas encore ramassé les déchets de la journée.

En s'avançant, il entendit des bruits étouffés puis, ces bruits prenaient de l'ampleur. Harry plissa des yeux et vit une femme lourdement maquillée, la chevelure brune, légèrement frisée, le chemisier défait exposant sa poitrine nue à la plus innocente des pneumonies, sa jupe relevée le long de ses cuisses.

Agenouillé entre ses cuisses, un homme semblait revoir son grec et son latin. Harry pouvait presque deviner sa langue glissée dans l'obscurité. La femme raclait la pierre de ses ongles manucurés et criait outrageusement fort.

Harry resta figé et s'apprêta à faire volte-face afin d'éviter de traverser ce raccourci, quand deux hommes le dépassèrent en courant. Un des hommes se chargea d'attraper l'amant agenouillé, tandis que l'autre se chargeait de la femme qui poussa un cri perçant de stupéfaction.

- Police de Londres, tonna un des hommes en uniforme. Je vous arrête pour racolage sur la voie publique. Veuillez garder le silence, un avocat vous sera…

- Putain, on n'a plus le droit de baiser en paix dans ce foutu de pays ? hurla l'homme qu'on venait de relever. Je paye mes impôts, je vote démocrate, je mets des pièces dans les boîtes en libre-service pour les orphelins et je baise occasionnellement la femme de mon voisin pour lui éviter le dessèchement vaginal. Je suis un BON citoyen anglais ! Je… enlevez vos mains de mon costume : il m'a coûté un rein.

Harry resta figé : l'homme qui se débattait entre les policiers était le blond du métro. Le blond, monsieur parfait, mister hygiène se faisait arrêter sous ses yeux pour racolage. Le monde ne tournait définitivement pas rond. Il l'avait tellement idéalisé en à peine quelques secondes que toute ses certitudes s'écroulaient. Blaise lui avait bien dit que c'était un connard, mais bon, Harry pensait que c'était un docile fils à papa. Pas un vicelard.

- Est-ce que cela serait de marijuana ? demanda un des officiers en sortant de l'une des poches de son costume un sachet d'herbe en l'exposant à la lueur d'une torche.

- C'est pour des raisons médicinales, protesta l'homme du métro. C'est mon toubib qui me l'a prescrit.

- Dans ce cas, vous pourrez nous fournir une ordonnance au commissariat ? Ecoutez, nous ne sommes pas dans l'état de Californie, ici. Les drogues – toutes confondues – sont strictement interdites.

- Je ne le savais pas.

- Bah voyons, maugréa un des agents en lui passant les menottes. Vous pourrez appeler un de vos proches une fois arrivé au commissariat. Par contre, nous séparons les hommes et les femmes, donc vous pouvez annuler votre petite sauterie. Vous vous appelez comment, Mademoiselle ?

- Kitty Sluty – dans la profession – mais sinon c'est… Lav-Lavande Brown, bégaya-t-elle en étant conduite jusqu'à la voiture de patrouille à l'autre bout de la rue.

- Et vous Monsieur ? demanda l'autre policier.

- Je m'appelle Dieu et tu vas brûler en Enfer, cracha-t-il.

- Ça ne serait pas de l'outrage à agent, par hasard ? demanda le policier à son collègue. Tu le noteras dans le rapport. Bon, on embarque ces deux-là… Eh ! VOUS LA-BAS ! cria le policier. QUE FAITES-VOUS ICI ?

Harry avait toujours ses cartons de déménagement dans les mains et eut le stupide réflexe de se retourner pour vérifier s'il s'agissait bien de lui de toute évidence, oui.

- Je… j'habite de l'autre côté de cette rue, répondit-il en haussant légèrement la voix pour se faire entendre.

- Passez, allez-y, dit l'agent en lui désignant le chemin.

Harry tituba légèrement sur l'amoncellement de déchets divers et passa devant la prostituée et l'homme du métro.

Ce dernier leva son regard gris vers lui et le dévisagea un instant avant d'avoir un ricanement sonore. Il y avait dans ce rire quelque chose de dément, quelque chose à des années lumières de ce qu'il avait pu voir de lui le matin même. Harry ne baissa pas les yeux, question de fierté. Le matin c'était lui qui puait la baise, la nuit c'était à son tour. Le destin pouvait être renversant parfois.

Il attendit au feu tricolore, sans jeter un regard vers la voiture de police qui clignotait comme une loupiote. Harry entendit l'homme du métro jurer après avoir prononcé hargneusement : « Hier soir, j'ai vu l'Ange Gabriel, et il m'a donné son nouveau numéro de téléphone. Je comprends mieux pourquoi il ne recevait plus mes prières. Sainte Rita, priez pour que cette bagnole rentre dans un mur ou percute un moche et que je puisse m'évader l'esprit tranquille. Foutu Gospel de mes… »

Ses paroles s'évanouirent dans un claquement de portière. Peu à près, la voiture s'élança sur l'artère routière et disparut au loin, au point de fuite de la grande avenue. Nerveusement, Harry se mit à rire. Ce mec avait vraiment l'esprit retourné pour dire de pareilles conneries. Il comprenait mieux pourquoi Blaise et lui avaient pu être amis dans le passé.

Feu vert. Harry traversa, les bras toujours chargés de cartons. Il arriva quelques minutes plus tard devant la porte de l'appartement de Blaise, encore vide de sa présence. Tout à coup, le portable d'Harry sonna sur un air d'Aphrodite Child. Il grogna en fouillant ses poches après avoir déposé les cartons contre la porte d'entrée : six appels en absence. Quatre SMS. Un message sur sa boîte vocal. Blaise.

Harry l'appela immédiatement, estimant qu'il l'avait assez fait patienter dans la journée pour que la pression ne redescende.

- Tu es très collant pour un ex, dit d'emblée Harry d'un ton narquois en enlevant sa veste d'un coup d'épaule.

- Ça me manque de ne plus pouvoir te cogner à loisir, susurra Blaise. J'ai envie de t'entendre supplier d'arrêter.

- J'ai toujours eu la décence de ne pas crier sous tes poings, tu le sais. Tu es un animal brutal qui s'excite à la moindre plainte au lieu de cesser le carnage. Je l'ai su à mes dépends. Si tu veux tout savoir, je n'ai pas encore foutu le bordel dans ton home sweet home. Je n'ai pas dévalisé ton frigidaire : j'ai mangé dehors et… - comble du comble – je n'ai sauté personne ce soir. Tu vois que je peux être sage.

- Je vais finir par croire que c'est moi qui ai mauvaise influence sur ta petite personne.

- Petite personne ? s'insurgea Harry. Ton ego, ça va ? Il n'y a pas eu de crise exponentielle de narcissisme en Irlande ? Théodore arrive à te supporter ?

- Oui, il ne se plaint pas de ma présence, n'est-ce pas Théo ?

Harry fronça des sourcils et entendit des bribes de paroles indéchiffrables et un éclat de rire.

- Vous partagez la même chambre ? demanda Harry, soudainement soupçonneux.

- Jaloux ? murmura Blaise dont on devinait la joie.

- Juste soucieux quant à la santé mentale et physique de notre très cher Théodore Nott. Bon, tu m'appelais pour quoi sérieusement ?

- Cela me manquait de ne plus t'entendre râler, souffla-t-il. Heureusement que je te retrouve lundi…

- Ecoute, puisque tu abordes le sujet, je vais te l'annoncer. J'aurais préféré te le dire en face mais… enfin, peu importe : je vais déménager. (Un silence) J'ai… j'ai trouvé une chambre sympa pas très chère. C'est éclairé et je pense que j'y serais bien. Et puis, comme ça, tu auras les mains libres pour faire venir ta mère ici et… et on ne se tapera plus dessus. On retrouvera une vie normale.

Blaise eut un léger toussotement puis se racla la gorge.

- T'es qu'une pute, grogna-t-il au bout du fil.

Sur ce, il raccrocha.

Blaise était dans sa chambre d'hôtel de Dublin et tremblait de rage. Il se prit la tête entre les mains et souffla. Ses épaules se soulevaient au gré de sa respiration. Furieux, il envoya valdinguer son Smartphone à l'autre bout de la pièce et les cristaux liquides se dispersèrent dans l'appareil. Il déboutonna les premiers boutons de sa chemise bleu-nuit. Il étouffait.

- Que se passe-t-il ? demanda Théodore, assit à un bureau surchargé de papiers en tout genre.

- Il va déménager, prononça Blaise d'une voix rauque. Il va me quitter.

Ses paroles étaient lourdes de sens.

En Irlande, le froid était encore plus tenace qu'à Londres, d'après les prévisions météorologiques qui passaient sur le petit écran allumé dans la chambre d'hôtel. La lumière propagée par la télévision éclairait les traits tirés par la colère de Blaise. Il fit craquer les os de sa main, compulsivement, en imaginant pouvoir frapper Harry. Il n'avait pas le droit de le quitter, pas comme ça. En général, c'était lui qui prenait par derrière, pas l'inverse.

- Ce salopard a trouvé un appart, continua Blaise dans un grondement.

- De toute manière, c'était fini depuis longtemps entre vous. Tu savais qu'un jour ou l'autre, il allait partir. Il fallait qu'il parte. Tu te ruinais la santé avec cette histoire. J'en avais marre de trouver des prétextes à chacune de tes blessures. Il t'amochait bien ce salaud.

- Tu te souviens quand un client a cru que ma femme me battait ? rit Blaise en se laissant aller dans le fauteuil qu'il occupait. J'en avais des marques, des marques de notre amour…

- Je n'appelle pas ça de l'amour, rétorqua son associé d'un ton dur. C'était plutôt une liaison destructrice. Tu frimais parce que toi… toi tu étais tellement original avec toutes tes cicatrices. Tu t'exhibais avec comme des trophées. L'amour ce n'est pas une médaille autour du cou. Harry ne t'a jamais aimé et il a beau te le répéter, tu ne comprends rien. Tu ne veux rien comprendre. Enlève tes œillères et regarde un peu autour de toi : est-ce que les couples d'amis que nous connaissons se frappent pour se dire je t'aime ?

- Tu ne sais pas de quoi tu parles, persifla Blaise en se levant subitement. Tu ne peux pas savoir parce que personne ne t'a jamais aimé.

Le visage de son associé se décomposa quelques secondes avant de redevenir tout à coup impassible et distant.

- Crève, Blaise Zabini. Tu n'as qu'à crever dans les mains d'Harry et de votre pseudo-amour. C'est tout ce que tu mérites.

Théodore retourna à ses comptes et ses doigts tapaient plus forts sur les touches de sa calculatrice. Blaise se passa une main dans ses cheveux noirs.

- Je n'aurais pas dû dire ça. C'était mentir, dit Blaise d'une voix désolée. Je… j'ai toujours été con, ce n'est pas une surprise. Je m'en veux d'avoir dit ça parce que je suis sûr que moi, au moins, je tiens à toi, Théo.

Il déposa ses mains sur ses épaules et son associé se tendit. Ses doigts se baladèrent sur le dos crispé de Théodore qui se mordit les lèvres.

- Viens t'allonger, proposa Blaise. On va avoir le cul plat à force de rester assis à dresser des pronostics.

- Tu… tu ne retournes pas dans ta chambre – au prix où elle t'a coûté… je ne te chasse pas mais j'ai juste sommeil.

- Moi aussi, prononça Blaise en s'allongeant sur le lit. Je suis exténué. Tu ne crains rien. Je ne vais pas te manger tout cru.

- On ne peut pas dormir ensemble, ni même rester côte à côte dans ce lit plusieurs minutes.

- Pourquoi ? Tu vas m'avouer que tu es homo et que je te fais bander ? Allez, Théo ne soit pas si coincé et…

Blaise se tut en voyant le visage sérieux de son ami. Théodore s'agenouilla sur le lit sans le quitter des yeux et murmura :

- A tes risques et périls. Tu as encore de la marge avant que tu ne puisses plus reculer. Après, ça ne sera plus jamais pareil : que tu restes ou que tu quittes cette chambre. Et cela sera entièrement de ta faute. On ne drague pas son meilleur ami alors… alors qu'on sait que celui-ci a attendu son tour comme un damné, qu'il a maudit son ex pendant des mois et qu'il a rêvé du jour où cela se terminerait… je n'ai aucun scrupule à le dire aujourd'hui, Blaise. J'ai envie de toi depuis longtemps. Je m'en fous pas mal du reste. Tu pourras même m'appeler Harry.

Les yeux bleus de Théodore étaient toujours ancrés dans les siens. Ses mains s'arrêtèrent sur sa ceinture qu'il défaisait avec une lenteur mesurée en comptant jusqu'à dix. Blaise n'avait pas bougé et il neigeait sur Dublin. Théodore se déshabilla entièrement sous son regard incendiaire.

- Garde ta cravate, murmura Blaise. C'est tellement plus sexy…

Théodore obtempéra et garda sa cravate verte émeraude.

Blaise l'attira à lui en tirant légèrement dessus. Leurs lèvres s'unirent en un baiser, d'abord hésitant, puis plus brûlant, passionné. Blaise pianota sur sa peau puis déposa sa main au creux de son dos. Le torse nu de Théodore frotta contre sa chemise. Il lui perla le cou de baisers. Blaise n'entendait plus la rumeur de la télévision encore allumée. Ses sens étaient focalisés sur le corps contre lui et les gémissements qui répondaient aux siens.

Il fit basculer Théodore sous lui et enleva sa chemise précipitamment.

- Incontestablement actif, prononça Théodore avec un sourire en coin en passant ses mains sur son torse sombre.

Blaise sourit contre ses lèvres en l'embrassement fougueusement. Il redessina ses muscles par le tracé de sa langue et s'amusa à déterminer quel goût il avait. Aussi, Blaise caressa le plat de son ventre et remonta lentement vers son torse dont il titilla les bouts de chair. Théodore était sensible. Ils gémirent de concert à chaque effleurement. Les sensations se répandaient en eux comme des ondes de choc. Pourtant, ils n'avaient encore rien fait.

Quelques minutes plus tard, ils étaient peau contre peau, homme contre homme. Blaise était logé entre les cuisses que Théodore avait écartées en une invitation qui se passait de mots. Etrangement, ils n'avaient jamais hésité une seule seconde. C'était naturel et prémédité. Ils étaient presque dans leur droit.

Blaise trouva à tâtons une boîte de préservatifs dans la table de chevet de la chambre d'hôtel. Il l'enfila sur son sexe dans une précipitation juvénile. Théodore le suppliait du regard. Il avait trop attendu, des années peut-être…

Théodore rejeta sa tête en arrière sur l'oreiller quand il sentit le gland de Blaise appuyer sur son anneau de chair. Juste ça et il perdait déjà l'esprit. Inconsciemment, il s'empala sur sa verge et Blaise accompagna son mouvement. Il fermait les yeux à chaque va-et-vient. Théodore gémit plus fort et noua ses jambes autour de ses hanches afin de l'entraîner dans son délire luxuriant.

Il ne s'était jamais senti aussi vivant de toute sa vie.

Quand Théodore jouit, il ne se posa pas la question de savoir si Blaise s'imaginait Harry sous ses doigts. Il ne voulait pas faire de cauchemar ce soir.

Ils s'embrassèrent encore et encore jusqu'à être dépossédés de leur raison. Dans la précipitation, Théodore mordit la lèvre de son amant. Quelques gouttes de sang glissèrent dans sa bouche entrouverte.

Cela avait un goût métallique et doux qui évoquait le lithium.

A suivre


Do you want a blowjob in order to improve your gay culture ?

[1] Kurt Cobain : Je ne vous ferai pas de bio détaillée de Kurt Cobain parce que wiki mon ami le fera mieux que moi. Mais, je tenais à lier un point de sa bio avec cette citation. Pour ceux qui l'ignorent, Kurt Cobain a été soupçonné d'être homosexuel une majeure partie de sa vie. Pourquoi ? Dès le lycée, il avait une position très marquée, gay-friendly, comme on dit là-bas. Son meilleur ami du lycée était ouvertement gay donc cela faisait d'eux des parias de leur école. Kurt Cobain l'a longtemps défendu et même après ça, il semble avoir été très marqué par cette expérience et trouve toujours mots à dire sur la cause homosexuelle. Tous les rockeurs ne sont pas des salauds arrivistes homophobes pourris. Regardez Bono, par exemple ! Et puis ouvrez un peu vos oreilles, bordel ! Il y a du gay rock ailleurs que dans les mangas ! Si vous écoutez attentivement certains classiques, cela parle de ça. Il faut développer une fibre curieuse. Vous l'avez, j'en suis certaine.

Eh, ne partez pas si vite !

Dairy's Scribenpenne