Allez, Lavi', on ne lâche rien !

Bon que dire de plus à part que ... Ben ouais, j'ai enfin eu de l'inspiration ? XD

(Nan en vérité, elle culpabilise de pas avoir pu vous offrir le chapitre avant de partir à la Japan Expo, mais bon, elle sait pas se tenir à un quelconque planning de sortie de chapitres, alors...)

Bon, bref, on s'en fout et on continue !

Alors que vous dire sur ce chapitre, hormis que ça reste de la « mise en place » d'intrigue ? Arf j'ai honte, j'ai horreur de vous faire poiroter si longtemps pour un truc qui n'est pas si extraordinaire que ça. T_T Mais bon, il faut bien commencer quelque part … Promis, le prochain chapitre contiendra enfin de l'action ! Il est temps qu'on s'y mette !

M'enfin, bref, on va pas parler chiffon pendant trois jours, allez, bonne lecture à toutes ? ;3

Ambiance musicale :

Roads Untraveled – Linkin Park

The End of All Days – 30 Seconds to Mars


II – An unexpected journey.

Ça ne pouvait plus durer.

Tout ça allait infiniment trop loin maintenant, il n'y avait pas un jour où elle y échappait, pas un où elle pouvait espérer être un peu oubliée de leur méchanceté, de leur haine, de leur irrépressible envie de tenir le rôle de leaders et de bourreaux œuvrant au nom de l'éradication de la différence. Pas une heure sans un regard de travers, un mot écrit à la va vite sur un bout de papier, une remarque peu subtile d'un d'entre eux.

Mais le pire, ce n'était pas durant les cours non. Mais durant les pauses, les intercours, la récréation…

Ouais. Les moments où on était censé se détendre et savourer un peu la vie en compagnie de ses amis, en bref. Mais pour ça, il fallait encore en avoir, des amis…

Enfin, tout ça finirait bien par cesser un jour, non ?

Ça, Mia en doutait. Sérieusement, même. Comment les choses pourraient-elles changer, alors qu'elle ne connaissait plus que les coups bas, les insultes et les pseudo farces de ses autres camarades de classe depuis plusieurs mois ? Elle voulait bien avoir confiance en l'avenir, là elle commençait à se poser des questions. Et pas les plus gaies qui soient.

Et si ça ne changeait jamais ?

Tu vas grandir, les jours seront meilleurs, et tu ne verras plus ces idiots. Crois-y.

Elle resserra la prise de sa main autour de l'encolure de son kigurumi, gardant le regard bien rivé sur son portable, pour éviter de croiser malencontreusement celui d'un de ses bourreaux. Ne pas faire de vague, rester tranquille, attendre l'heure de la délivrance tout en regardant des vidéos, ses écouteurs dans les oreilles, ça c'était un bon plan. Excellent même ! Surtout là, pendant cette heure de permanence où il n'y avait aucun professeur pour les surveiller : Se taire, chanter intérieurement pour s'occuper, et survivre.

« Je reviens de l'Enfer, en cage depuis des mois ! Bouge de là, j'reprends ma place ! Tu me reconnais, j'suis le- »

-… Panda…

- Qu'est-ce que t'écoutes, le Monstre ?

Mia pressa le bouton « Pause » en toute hâte, reconnaissant la voix suraiguë de l'une de ces filles blonde platine qui étaient soit disant si belles et parfaites, vêtues de vêtements coûteux et ô combien trop courts mais que bizarrement on acceptait venant d'elles, comparées à elle, petite brune aux yeux chocolat et aux lunettes bicolores, rappelant le pelage du fameux ursidé qu'elle adorait tant. Qu'est-ce qu'elle lui voulait, elle ? Elle n'avait rien fait pour se faire remarquer, aux dernières nouvelles.

- Excuse-moi mais je ne suis pas sûre que cela te concerne, pourquoi ?

- Oh que si ça me concerne, je t'ai posée une question, tu me réponds ! Tu t'es prise pour qui au juste ? Et puis tu t'es vue avec ton pyjama ? C'est ridicule !

Mia rentra la tête dans ses épaules, atteinte par la remarque cinglante de la jeune fille, une dénommée Célia, et sûrement l'une des plus populaires de la classe. Elle n'était pas ridicule, non, pas qu'elle sache… Si ?

Il était beau son kigurumi, après tout… Un modèle panda, comme celui de Mathieu Sommet dans Salut Les Geeks.

- Ça s'appelle un kigurumi… Et… J'écoutais une chanson de Maître Panda.

- Un panda ?

La blonde éclata de rire tout en ramenant ses longs cheveux lissés en arrière, dans une attitude qui ne pouvait que laisser deviner le tempérament de l'adolescente. Les autres s'étaient tus entre temps, à la suite du rire de Célia, et considéraient la scène, l'air plus amusé qu'alarmé de voir une des leurs se faire embêter. Comme d'habitude en somme.

Il fallait qu'elle arrête de se faire marcher dessus. Il fallait que ça change. Maintenant. Tout cela avait assez duré.

- Et ton truc, sans vouloir te vexer… Appelle ça comme tu veux, mais ça reste un pyjama. De mauvais goût, en passant. Sans parler du nom de ton gars, c'est quoi, un chanteur pour bébé ? Des années soixante ? Ton ringard de petit copain, peut être ?

Célia était là, les mains sur les genoux, penchée vers elle avec un sourire faux et une voix si mielleuse que Mia avait envie de vomir tant cette fille la dégoûtait. En fait, ils la dégoûtaient tous. Pas un pour l'aider, pas un pour la défendre.

Non, eux, c'était tous contre elle et basta !

Pas un pour rattraper l'autre…

- Oh pardon, j'oubliais ! Comment une mocheté comme toi pourrait-elle avoir un copain ? T'es même pas bonne à finir dans le pieu à quelqu'un !

- Ne parle pas de moi comme ça, tu n'en as pas le droit…

- Ah ? Et qui me l'interdit ? Ton petit copain virtuel ? D'ailleurs montre, il a quelle tête ?

Mia n'eut pas le temps d'attraper son portable que l'autre fille l'avait déjà pris, le manipulant sans ménagement et pouffant de rire en voyant l'image de la vidéo s'afficher sur l'écran. Puis elle tourna le téléphone portable, et vit quelque chose qui la fit tiquer.

Et à ce moment-là, Mia sut que les choses allaient se gâter :

- GeekandGamer59 ? C'quoi ça, ton pseudo sur tes forums à la gloire des fétichistes des pandas ?

- Ça ne te regarde pas…

- Ah bon ? Au contraire, ça me regarde, en tant que déléguée de notre classe. Je me dois de veiller à ce que notre classe soit la plus unie possible et montre l'exemple. Et pour ça il faut éradiquer les fantasmes douteux et les personnalités indésirables.

- Moi, en bref ?

- C'est que tu en as dans la tête, la binoclarde ! J'aime ça !

Mia vit la blonde repartir, ses talons claquant sur le carrelage, pour se poser vers la fenêtre ouverte, près de son propre bureau, le portable toujours dans la main droite aux ongles manucurés de Célia. Elle voulut dire quelque chose, lever la voix, faire taire ces cons d'imbéciles qui assistaient à la scène en pouffant de rire, leur faire payer !

Mais qu'y pouvait-elle donc, hein ? Que pouvait-elle y faire ?

Rien. Absolument rien, comme toujours...

- Alors vas-y, montre l'exemple !

Et alors que GeekandGamer59 comprenait ce qu'allait faire la déléguée, elle se jeta de sa chaise en criant, paniquée par l'excuse qu'elle risquait de devoir trouver à ses parents si jamais elle n'arrivait pas à-

Un obstacle coupa brusquement la route de la brune qui s'écrasa au sol, gémissant de douleur, à deux doigts de s'être pris un coin de bureau dans le menton, alors que la classe éclatait d'un fou rire général, cinglant, froid, cruel, moqueur.

Et ces regards si méchants, si durs… Si animaux…

- Hé, pauvre gourde, faut pas s'écraser là hein, ça n'arrangera pas la situation de la classe !

Les yeux de Mia la brûlèrent, malgré qu'elle eut envie de contenir ses larmes. Là, allongée par terre, le visage contre terre, serrant si fort la mâchoire en voulant réprimer un sanglot, à la merci des autres et de leur haine pourtant si gratuite envers la différence qu'elle incarnait, sans jamais l'avoir voulue. Pourquoi avait-il fallu que ce soit elle contre les autres ? Pourquoi elle ? Pourquoi pas une autre fille, pourquoi pas même Célia ?

A croire que Dieu était un sadique, un être omnipotent se complaisant dans la contemplation de la souffrance d'un de ses enfants. Tout simplement.

Qu'ils meurent.

La jeune fille avait formulé pareille sentence dans son esprit sans même y avoir pensé. Elle aurait pu se maudire pour être aussi cruelle et dure envers ces incompétents, ces ignares qui ne savaient pas à quel point leur petit jeu pouvait anéantir un être humain, en tout point, en tout plan, jusqu'à n'en faire plus qu'une ombre, un être de chair à l'âme aussi nécrosée qu'un cadavre, mais elle n'en eut aucunement l'envie, trop confortée dans son idée pour se raccrocher au peu de dignité qu'elle pouvait encore trouver en elle, même si celle-ci devait être corrompue. La haine répondait bien plus vite à la répression que le pardon et la compréhension. La preuve.

Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle le pensait sincèrement. A quoi bon s'obstiner à garder des personnes aussi viles et mauvaises en ce monde ? Pour faire le mal ? Briser les plus fragiles, les marginaux ? Et bien, si tel était le cas, alors elle se lèverait, quitte à y mettre le temps. Elle ferait entendre sa voix, même à mi-mots. Pour que tout ceci cesse, d'une façon ou d'une autre.

Dans le sang, la douleur… Qu'ils crèvent tous, pour le mal qu'ils m'ont fait.

Elle n'était pas pour l'horreur des mots qui se bousculaient dans sa tête, et pourtant, elle se laissait proliférer intérieurement ces paroles, alors que les rires fusaient toujours autour d'elle et que ses larmes commencèrent enfin à couler sur le sol froid, tout en repensant à son téléphone, brisé un étage plus bas après sa chute depuis la fenêtre, puis à sa famille, et enfin à elle, ou plutôt ce qu'on avait fait d'elle.

Ouais, ils méritaient de souffrir, pour tout ce qu'ils lui avaient pris. Sa confiance en elle, ses espoirs, son courage. D'une louve, ils en avaient fait un agneau.

Un agneau aux allures encore canines, mais aux crocs d'ores et déjà toutes arrachées, pour empêcher toute tentative de rébellion. Le sang et la cruauté, encore une fois.

Et alors que Mia se répétait une énième fois qu'ils méritaient de s'en prendre un peu dans la gueule pour voir ce que ça faisait d'être à sa piètre place, elle vit la lumière du Soleil gagner en intensité, si fortement que les autres adolescents cessèrent d'en rire. Elle était sûre d'avoir entendu un des garçons, Lone, demander ce qu'il se passait, mais rien n'en était pour le moins sûr. Qui pourrait dire…

Puis soudain, il y eut les cris. La panique. Les hurlements de peur, et des bras qui la soulevaient brusquement du sol pour lui faire quitter la salle de classe, dans le plus total des foutoirs.

Et il y eu ce sifflement, dans le ciel, le lointain. Le silence, ensuite.

Puis enfin, l'explosion. A en anéantir tout sur son passage.


Le bruit de la détonation était toujours là, souvenir le plus persistant et impérissable d'une époque que pour une fois, elle essayait à tout prix d'oublier. En vain.

HippiqueAndYDeaLD se posait souvent tout un tas de question, sur tout et rien, lorsque le sommeil venait à se faire chaotique. Autant donc dire souvent, ces derniers temps.

Alors en général, elle s'habillait en silence, pour ne pas réveiller Lavinia, puis elle partait se promener avec Massko dehors, à l'abri des arbres, avant de revenir se coucher après. Une distraction peu coûteuse, mais ô combien efficace pour son âme en attendant.

Mais là, la nuit n'était plus. Et son désir de rentrer à la Cita-Terre, inexistant.

Elle était une adolescente pleine de rêves, d'un monde meilleur en premier lieu, de son bonheur en second, si elle en avait la possibilité et personne à qui souhaiter le meilleur, quelqu'un qu'elle apprécierait assez pour vouloir que cet ami soit heureux, bien, en sécurité.

Et ça. S'il n'y en avait déjà pas eu trois tonnes, en dehors de sa famille, par le passé, autant dire que maintenant, depuis l'Incident, il n'y avait plus personne en qui elle accordait une confiance aveugle, ou qu'elle estimait assez proche d'elle pour avoir droit à pareil privilège.

Ma famille… Massko…

Oui, sa famille, parlons-en. Ses frères, ses sœurs, ses parents. Qu'étaient-ils devenus ? Elle n'en avait aucune nouvelle depuis ce tragique jour de juin, mais franchement, elle osait espérer qu'ils étaient en bonne santé, quelque part, à essayer de se faire à cette nouvelle vie sans pour autant perdre l'espoir de la retrouver, un jour. La famille, c'est sacré, à ce qu'il se dit.

Ouais, sacré, et précieux…

Son poing se serra par réflexe, alors que d'autres souvenirs lui emplissaient le crâne, plus sombres cette fois. La rousse se sentit soudainement envahie par la tristesse et secoua la tête, faisant voltiger sa longue mèche flamboyante dans l'air matinal. Non, pas de faiblesse ! Pas de mauvais sentiments ! Toujours penser au meilleur. Et à la chance qu'elle avait d'être encore là.

Bon parfois, fallait y mettre un peu du sien quand même, ça marchait pas toujours ce genre de phrases…

Un éclair vert mousse attira son attention sur sa droite, et elle vit Massko pénétrer dans la vieille caravane par la porte, son corps de reptile se mouvant avec grâce et discrétion, les yeux jaunes du pokémon la fixant avec intensité. Et respect, d'après elle.

Massko. Son allié, son compagnon. Lui qui n'était encore qu'un petit Arcko quand elle avait croisé sa route.

Mais qu'importe. Tout cela remontait à loin, maintenant.

Et puis c'était faux, elle avait bien quelqu'un sur qui veiller à présent, non ? En plus de son pokémon ?

- Tu as l'air bien pensive, tout va bien ?

- Ouais, je me disais juste que quand on y pense, ce qu'on a traversé est horrible, et surtout injuste. Et je me demandais ce qu'a pu devenir ma famille.

- Je suis certaine qu'ils vont bien, et qu'un jour vos chemins se recroiseront. Hippique' tourna la tête à la réponse de son aînée, venant croiser le regard presque de bronze de Lavinia qui s'était réveillée, encore allongée sur le matelas qu'elles avaient trouvé la veille, presque blottie contre elle faute de place. Elle lui sourit : Et ce qu'on a vécu… Oui c'est sûr. Mais qu'y pouvons-nous ? Laisse le passé là où il est, il est très bien comme ça.

- Faut pas oublier un truc comme ça. On en a pas le droit.

- Je ne dis pas le contraire. Mais c'est pas une raison pour remuer la vase alors que tu en as encore les sangsues sur le corps.

La jeune fille jeta un regard interdit en direction de l'adulte à la chevelure purpurine, cherchant à comprendre le sens de l'étrange expression prononcée par son amie, en vain. Il ne fallait pas toujours essayer de comprendre avec elle, cela dit, et souvent Lavinia sortait les exemples qui lui passaient par la tête au lieu d'utiliser des expressions bien plus connues. A chacun de se démerder après.

- J'vois pas le rapport.

- Faut pas être masochiste dans la vie. Ou alors tu l'assumes totalement. Personnellement, dans mon cas, je préfère ne pas y repenser. C'est comme ça.

Lavinia se décida à enfin se lever, attrapant au vol son débardeur noir pour le remettre et enfiler aussitôt après sa jupe et ses bas, imperturbable, saluant au passage Massko et son Baudrive qui se balançait toujours à la fenêtre de toit de la caravane, pendant que HippiqueAndYDeaLD perdait une nouvelle fois son regard sur le dos de l'autre femme, frissonnant comme à chaque fois. Pourquoi, bonne question. Elle avait l'habitude de voir pareil tableau, le dos de son amie avait toujours ressemblé à ça, et pourtant, elle ne s'y faisait pas, jamais. L'empathie, peut être ?

« J'ai rien pu faire pour elle… Rien. Le feu était bien trop violent pour... »

Trop violent oui. Ça elle ne pouvait en douter.

- Tu plantes, ou ça va aller ?

- Je sais pas.

- Rassurant ! Allez, debout, faut rentrer.

- Je veux pas, j'en ai le droit ?

- Ouais, mais n'oublie pas ce que je t'ai dit hier. Fais avec en attendant.

Un sourire passa sur le visage de la grande rousse avant qu'elle ne se mette debout, indiquant de la main à son pokémon qu'il devait la suivre. Son regard se porta une nouvelle fois sur la carlingue d'acier, se sentant soudainement nostalgique. Elle ne voulait pas quitter cet endroit, la vie était mieux ici, à la belle étoile, plutôt que sous terre.

Tellement plus belle et synonyme de liberté, surtout.

- 'YdeaL', je crois que y a un problème à la Cita-Terre…

- Chouette, retournons dans la caravane, on y est à l'abri et y a de l'Ice-

- Je suis sérieuse, y a le piaf en costard d'Hajerjonas qui tourne dans le coin.

- J'l'ai pas encore vu, alors d'où tu penses que-

- Il va pas spawner dans la caravane en même temps, logique que tu l'aies pas encore vu !

Les yeux vert d'eau de Hippique' revinrent sonder le ciel, prenant un temps pour se faire au Soleil, déjà bien haut dans le ciel. Il devait être plus de neuf heures à vue de nez. Normal qu'on les cherche !

- T'es sûre que c'est pas juste parce qu'on a pas encore donné de signe de vie plutôt ?

- Tu sais très bien qu'ils viennent pas patrouiller par ici, ils ont tous peur du village… Alors même si on disparaissait, ils mettraient plusieurs jours avant de se motiver à venir dans le coin.

- Je ne le porte pas dans mon cœur non plus, si on est au stade des confidences.

- M'en fiche, toi tu fais avec. Bon, on va se magner, j'aime pas ça.

- Peace, ça se trouve c'est-

- Rien de grave, je sais. Ou au contraire, pour une fois, ça l'est, imagine.

- J'imagine pas, bats les couilles ! La flemme.

Nouveau regard échangé entre les deux jeunes femmes, accompagné du soupir désespéré de la plus âgée, en plein milieu du sentier encadré d'érables et de pins :

- Ta spontanéité et ta franchise vont vraiment finir par me tuer, un jour. Je te le garantis.


Et en effet, pour une fois, ça relevait de la réunion d'urgence dans la salle du Conseil, vue la tête que tirait Hajerjonas quand elle vit l'équipe Harmonia apparaître par l'échelle d'accès au bunker.

Bon, en soi, elle en avait l'habitude, de courir après les équipes de Quadrilleurs. C'était même son passe-temps principal, quand il ne fallait pas aller remettre la main sur un binôme porté disparu, c'était pour aller gérer tout ce beau petit monde et vérifier qu'ils ne faisaient pas les idiots ou n'abusaient pas de leur statut, un avantage certain pour avoir accès au confort dans la Cita-Terre.

Et pourtant, si elle avait eu l'occasion d'encadrer plus de dix équipes jusqu'à présent, depuis la naissance de la ville souterraine, il n'y avait eu que deux duos assez fouteurs de trouble pour lui causer quelques insomnies et inquiétudes quand à ses réelles capacités à assumer son rôle de chef de la section des Quadrilleurs. Et coup de bol pour elle, c'était deux des cinq derniers en date, le sien étant compris dans le lot : Les Meteora et les Harmonia, justement. Autant dire celles spécialisées dans les incendies accidentels et les autres, qui…

Ouais. Qui s'évaporaient du bunker dès que l'occasion se présentait. Et bon courage pour aller les chercher !

Même un capteur GPS posé sur elles arriverait à les perdre, bordel…

- Putain, je vais vous accrocher une laisse sans déconner. Vous étiez passées où ?

- Hey Hajer', ça va ? Oui très bien et toi ? Haha, nous aussi merci. Lavinia lança un grand sourire plein d'ironie en direction de la grande brune, avant d'adopter un air bien plus sérieux, sa voix se faisant à nouveau grave : Bah, dans notre zone de patrouille, où tu veux qu'on aille en même temps. Pourquoi ? On a vu ton Corboss dehors mais on a pas compris pour quelle-

- On parlera plus tard, faut aller dans la salle du Conseil de suite. La Niche nous attend.

- Non mais pour-

- Je vous expliquerai une fois là-bas ! Les autres y sont déjà.

Et la voilà qui partait déjà comme une balle dans l'allée principale, laissant plantées là les deux acolytes qui se jetèrent un regard confus, voire même perdu, avant de lui emboîter le pas. Ah ben ça, c'était de l'accueil !

Les gens se levaient tôt dans la Cita-Terre, il y avait peu de temps pour flâner par ici. C'était aussi une des raisons pour laquelle il y avait si peu de personnes à croiser dans le couloir, la plupart des gens étant répartis entre la cuisine pour l'élaboration des repas, les récoltes, la chasse et d'autres fonctions plus ou moins importantes mais qui, dans tout les cas, faisaient vivre le bunker.

Tout pour le bien du bunker. Toujours tout pour la survie de ses habitants. Aucun métier superflus, et encore, le seul qu'il pouvait y avoir à être relativement peu « important » était probablement…

HippiqueAndYDeaLD soupira en suivant Lavinia qui marchait devant elle, son pokémon spectre flottant à ses côtés. Ouais. Même sur ce point, les choses avaient changé. Plus d'art, plus de liberté, plus de fioriture.

Il fallait vivre. Et c'était déjà beaucoup.

Mais bon, pour en revenir à leurs conversations de la veille, tout le monde n'avait pas les mêmes statuts ni les mêmes privilèges à la Cita-Terre. Question de classes. Et c'était ça le problème, surtout quand on se retrouvait face à la Niche.

La Niche, justement, ne représentait rien en soi, ce n'était qu'une alcôve de granit et de roche qui surplombait la Salle du Conseil. Une sorte de gradins, où les personnes ayant un statut des plus importants dans le bunker siégeaient, que ce soit en temps de repas ou lors des Conseils. Après il fallait se le dire, c'était rare qu'un Conseil n'ait lieu, du moins un nécessitant réellement que la Cita-Terre toute entière ne se retrouve groupée, la plupart du temps lors des Conseils, n'étaient autorisés à entrer que les membres de la Niche et les gens concernés directement par ce qu'il se passait, et rien d'autre. Autant dire qu'encore une fois on faisait dans l'élitisme.

Et ce n'était ni Bardane, ni Soria, ni Glaé qui allaient dire le contraire, en grands dirigeants de la Niche et de la Cita-Terre.

Bardane, parlons-en. Ce petit con de vingt-huit ans, policier frustré dans une vie antérieure, devenu le fondateur du bunker après l'holocauste nucléaire, il n'avait pas grand-chose pour lui hormis son semblant de charisme qu'on pouvait lui trouver vite fait entre deux shots de vodka, et il était bien loin d'être l'égal du Bardane qui dirigeait une ville soit disant nommée Port-Yoneuve, quelque part dans ce qu'il restait des États-Unis aux dernières nouvelles. Non, rien à voir, enfin ça, valait mieux l'espérer pour eux ! M'enfin, lui il s'était senti pousser des ailes depuis que les gens, en redevance de son « humanisme et son altruisme », l'avaient nommé en dirigeant de la Cita, poste qu'il avait accueilli avec plaisir pour finir par s'en vanter, au côté des deux autres harpies que la rousse soupçonnait grandement qu'elles n'avaient pas du donner que leur dévotion à Bardane, ou qu'ils ne partageaient pas que les décisions à prendre, par exemple. Pour parler poliment, et avec euphémisme.

Car c'était vrai, Glaé et Soria faisaient plante verte à côté de Bardane, se contentant de jouir de leur statut et saluer bêtement la populace quand elles se pointaient aux repas. Remarque, à défaut de s'en être pris des véritables, en pot, il avait trouvé de bonnes candidates pour ça…

Mais bon, là n'était pas la question. Valait mieux fermer sa gueule par ici, on ne savait jamais.

- Ah enfin, nous vous attendions, Harmonia !

- Excuse-nous de mettre du cœur à notre dressage de répertoire et à l'élaboration de la carte de la zone 6D, Bardane ! Lavinia avait gardé sa voix sérieuse et grave, prenant presque des allures de dirigeante de son binôme, bien qu'entre elles, il n'y ait jamais eu de hiérarchie : Bon, il se passe quoi ?

- Vous n'avez pas à tutoyer monsieur comme-

- Soria, ça va j'ai l'habitude avec Lavi', le policier coupa net la plante verte blonde à bouclettes d'un regard sombre avant de s'en retourner à ce qu'il disait, pas plus perturbé que ça : Bon, maintenant que nous avons tout le monde, Hajerjonas va vous expliquer ce qu'il se passe.

- Pour faire court, les choses vont mal au Nord.

Lavinia et Hippique' jetèrent un regard à la dirigeante des Quadrilleurs, interpellées, alors que celle-ci remonta un peu nerveusement les lunettes le long de son nez. Encore répéter la même histoire, c'en devenait usant à force.

- Un Messager est mort dans les Marais, cette nuit. On ne sait pas ce qui s'est pris à lui, mais hormis ça, ce qu'il nous a raconté à de quoi glacer le sang. Des pokémons qui deviendraient terriblement agressifs, voire qui se retourneraient contre leurs maîtres, la météo qui s'emballe, le temps qui s'arrêterait dans certains endroits,… Les pokémons agresseraient des gens, ravageraient les récoltes. Et ça ne fait qu'empirer, de ce qu'on a pu lire dans la lettre qu'il amenait.

- T'es sérieuse là ?

- Hippique', on est pas là pour rire.

- Excusez-moi de trouver ça un peu gros, mais y a de quoi avoir du mal à y croire non ?

- Tu ne trouves pas que la situation depuis trois ans est déjà assez « grosse » à croire ?

La rousse jeta un regard circonspect à Elan, qui était installée à côté de sa partenaire d'équipe. Ouais bon, elle marquait un point mais quand même…

- Et du coup, on est censé faire quoi ?

- De quoi tu parles ?

- 'YdeaL' a raison, vous connaissant, vous n'auriez pas réuni un conseil juste pour nous larguer votre petite information en privé, à nous les Quadrilleurs. Vous attendez quoi de nous ?

- Que vous vous rendiez en personne à Batisques et Villa-Marine. Toutes.

- Pardon ?

Woor venait de se lever du banc sur lequel elle s'était calée, son Roucool la suivant de la tête, alors qu'il était collé au Feurisson de Déponia. Lavinia sourit en les apercevant. Elle les appréciait sincèrement, elles et leur franc parler.

- Nan sérieusement, aller là-bas ? Et pourquoi pas repeindre le bunker en rose avec des licornes partout sur les portes ? Je suis sûre que ça apporterait de la gaieté à tout le monde ! Merde, on est pas des Messagères nous !

- Oui mais vous êtes des Quadrilleuses, ça revient presque au même, vous êtes entraînées au combat, vous connaissez mieux ce qu'il se passe là-haut que la totalité de la Cita-Terre, et on a pas de Messagers sous la main, sans parler du fait que si Battisques et Villa-Marine ont besoin d'aide, de simples Messagers ne pourront rien faire. Donc vous avez bien entendu, vous partez toutes demain pour Villa-Marine. Le regard sombre de Bardane parcourut l'ensemble de l'équipe des Quadrilleurs avant qu'il ne reprenne, implacable : Sans la moindre exception.

- Partir en étant aussi nombreuses, c'est pas forcément une bonne idée non plus vous savez…

- Je m'en fous. Les ordres sont ce qu'ils sont.

Un silence de plomb s'installa dans la salle du Conseil, alors que les trois équipes réalisaient la portée de ce qu'on leur demandait. Hajerjonas, elle, s'y attendait, mais les autres ? Un bref regard vers les Meteora, avec une Woor qui semblait au bord de la révolte, suivie de Déponia qui avait froncé les sourcils en dévisageant la Niche, triturant par la même occasion ses lunettes d'aviateur, lui confirma que non.

Et côté Harmonia ? Oh ben pareil, Lavinia semblait contrariée et se laissait tirer la main gauche par son Baudrive, qui ne semblait pas très inspiré par l'ambiance de la pièce, et quand à HippiqueAndYDeaLD…

Un regard indéfinissable, rivé sur le sol, immobile, si peu expressive que ça en paraissait presque inquiétant. La brune en fut aussitôt intriguée. Pourquoi se mettre dans un état pareil pour une simple mission, enfin, si on pouvait qualifier de simple une mission qui ressemblait plus à une mission de sauvetage qu'à une simple procédure de cartographie ?

Dans le fond, elle ne connaissait pas cette grande rousse aux yeux verts, débarquée au bunker un jour au hasard, comme ça, sans prévenir, ramenée lors d'une expédition au village, pour ne parler que de lui. D'où elle venait, qui elle était ? Néant. La seule qui devait la connaître un minimum ici, c'était la chose aux cheveux violets qui ne la quittait jamais.

Lavinia et Hippique'. Le binôme le plus bizarrement assorti du bunker.

- Vous pouvez rejoindre vos quartiers maintenant. Départ à l'aube. Je viendrai en personne vous dire au revoir.


Déponia avait raison : Partir en étant six, ça revenait à devenir de la chair à canon ambulante pour des créatures qu'elles n'avaient jamais vu.

Elan était installée sur son lit, le nez dans les carnets de notes de feu Taylor, pendant qu'Hajerjonas était partie faire un tour dans la Cita-Terre. La routine, en bref.

Ah, n'empêche, qui aurait cru qu'on aurait pu faire d'elles un duo ? Pas grand monde, probablement, vue la différence colossale de caractères.

Hajerjonas était de glace, une jeune femme d'apparence froide et autoritaire. Pas de sourire superflu ni de temps à perdre en des foutaises, un moral d'acier, et un rôle de chef des Quadrilleurs qu'elle prenait très à cœur. Là où elle était une personne du genre à câliner tout le monde et à profiter de la vie, à vouloir croire en le meilleur et le futur.

Une rêveuse et une terre à terre. Le parfait paradoxe. Mais bon, on dit que l'équilibre est fait d'extrêmes qui se complètent, non ?

Remarque, toutes les équipes étaient un peu comme ça quand on y pensait bien. Déponia et Woor' étaient assez différentes aussi, l'une criant tout ce qu'elle pensait avec pertes et fracas alors que Déponia, elle…

Ouais, non, elle c'était plus subtil. Dangereux, mais subtil.

Et les Harmonia, pas besoin d'en parler. Juste les voir, ça suffisait.

Au final, elles étaient toutes les opposées de leur partenaire. C'était mignon.

Mais bon, restait maintenant à ce qu'elles s'entendent toutes, et ça…

A cette pensée, Elan se renfrogna, délaissant sa lecture sur les créatures que le Messager avait croisé dans la Plaine des Remous pour réfléchir. Oui, des caractères si différents avaient du mal à évoluer ensemble, c'était vrai. Alors imaginer une quelconque collaboration sur une durée indéterminée…

Car c'était vrai ça ? Combien de jours de marche, avant d'atteindre leurs objectifs ? Quels obstacles, à franchir ?

Et surtout, comment allaient-elles pouvoir s'entraider en mettant de côté leurs différents ?

Oh de ton côté, pas de souci, tout le monde t'apprécie ! Mais pour Hajer'…

Oui, justement. Pour Hajer'.

Hajerjonas tenait à ses responsabilités. Mais ça ne lui avait pas empêché de se prendre la tête avec Lavinia ou Woor' à de très nombreuses reprises, pour des sujets aussi divers que variés. Lavinia et Hajer' avaient du mal à s'apprécier, et ça se voyait.

Alors bon. Partant de là…

Non, tout irait bien. C'était sûr.

Enfin, elle l'espérait…

Vingt jours de marche, selon ce Taylor… Trois zones à franchir… Ça va le faire…

Mais les pokémons.

Eux en revanche étaient nettement moins rassurants. Les dessins rapidement tracés par le Messager faisaient froid dans le dos, des serpents géants, des cactus aux rictus sinistres, des requins, et surtout :

Des pokémons spectre. Mention marquée noir sur blanc sur une page consacrée à la Plage du Repos.

Un frisson lui remonta le long de l'échine. Elle n'aimait pas ces pokémons. Nuance, personne ne les aimait en fait, à part trois quatre allumés dont la dirigeante des Harmonia faisait partie avec son Baudrive. Quoi que dans son cas, le cota de corruption par séduction de l'animal suffisait à ce qu'on la pardonne.

Les pokémons spectre demeuraient la grande énigme de la Grande Mutation, comme on nommait avec euphémisme les conséquences de l'affrontement nucléaire qui avait tout mis à feu et à sang. Qu'étaient-ils ? Que représentaient-ils ? Les créatures qui n'avaient pas su mourir et disparaître ? Les esprits tourmentés des disparus lors des bombardements ? Ce qui n'avait pas su muter ni disparaître définitivement ?

Personne n'en savait rien pour le coup, et c'était peut être ça, qui effrayait le plus les gens à leur sujet. Ils étaient le souvenir de la guerre.

Et le souvenir de la Mort et de sa toute puissance, définitivement.

- Ecoute, t'es bien mignonne toi, mais je t'ai déjà dit deux fois que l'on ne prenait pas d'apprentie Quadrilleuse si elle n'a pas de partenaire. On se forme à deux, ou on ne se forme pas, c'est comme ça !

- Mais justement, trouvez-en une pour moi, j'accepte tout le monde, je voudrais vraiment faire partie des Quadrilleurs ! S'il vous plaît !

- Tu es têtue, bon sang…

- Juste impulsive mais je me soigne. Alleeeeeez…

Ah. Elle avait donc fini par revenir.

Elan du Lac sourit puis se leva du lit, traversant rapidement leur minuscule studio pour rejoindre le couloir donnant accès aux chambres des habitants du bunker, passant la tête par l'entrebâillement de la porte. Son sourire s'élargit encore plus en découvrant sa collègue en plein débat avec la jeune fille à laquelle elle pensait. Bingo !

Une petite brune dont la frange lui tombait presque sur ses yeux d'un doux vert, fine, semblant difficilement tenir en place, tenant ce qui ressemblait fort à la feuille de recensement pour les apprentis Quadrilleurs, face à Hajerjonas qui la dominait de bien une bonne dizaine de centimètres, la regardant avec lassitude. Et un Zébibron, assis sagement à côté de sa maîtresse.

Remarque, le pokémon sage et sa propriétaire qui semblait avoir avalé une pile Duracel… Ca se complétait bien, là aussi.

- J'ai dit non. Trouve une partenaire avant. Les Quadrilleurs, c'est pas Meetic, nous on ne prend que les duos déjà formés. Sur-ce passe une bonne soirée !

- Mais je ne connais quasiment personne ici, et je veux vraiment vous aider, mes pokémons sont entraînés, j'ai un Ectoplasma aussi, et il saura me protéger, et-

- T'es sérieuse là, avec un pokémon spectre ? Tu veux nous rejoindre avec ça ?

- Je vois pas où est le mal… Il est gentil…

- Il est hors de question que j'accepte quelqu'un avec une telle créature dans son équipe, c'est trop-

- C'est trop quoi, Hajerjonas ? Vas-y je t'écoute.

Les trois jeunes femmes levèrent subitement la tête pour chercher d'où provenait la voix qui s'était invitée dans la conversation, puis Elan vit soudain son acolyte lever les yeux au ciel :

- Lavi', on ne t'a rien demandé. La curiosité, c'est un sale défaut.

- Faut dire que t'as la voix qui porte, ma chérie. Le sourire de la jeune adulte à la tignasse violette parut plus ironique que jamais, avant que celui-ci ne redevienne sincère et doux, presque tendre, lorsqu'elle reporta son attention sur la mystérieuse inconnue au pokémon électrique : Un Ectoplasma, sérieux ? Y a respect. Tu l'as trouvé où ?

- Il est, ahem… Je l'ai rencontré alors que je cherchais la Cita-Terre et il a décidé de m'accompagner, j'ai jamais su pourquoi. C'est mon ami.

- Pareil avec Baudrive. Et comme ça tu veux venir avec nous ? T'es maso toi, non ?

La brunette rougit à ses mots, ne sachant trop comment interpréter les mots de son aînée, à l'évidence. Ce qui fit sourire un peu plus Lavinia.

- Elle nous rejoindra quand elle aura un duo, Lavi', t'emballes pas. Et maintenant, si ça ne vous dérange pas-

- Ça dérange en quoi qu'on soit sept et non six pour l'expédition ?

- Pardon ?

L'Harmonia soupira avant de reformuler sa question, se décidant enfin à quitter son encadrement de porte chéri pour se rapprocher de ses interlocutrices :

- Je disais, en quoi ça pose problème qu'elle vienne avec nous, même si elle a pas de duo encore ? On s'en fout, plus on a des pokémons forts, plus on a de chance d'arriver entières à Villa-Marine !

- C'est un pokémon spectre et le protocole-

- Baudrive est un spectre lui aussi et pourtant ça a jamais emmerdé personne. Et le protocole, putain Hajer' la situation n'est pas normale ! Oublie les papiers un peu !

- Bardane va refuser qu'elle-

- On s'en fout de Bardane. Elle veut venir, elle vient.

- Elle n'a pas de-

- Oh, Lavi', t'es partie où ? La voix de Hippique' se fit entendre, étouffée, dans les profondeurs du studio des deux amies mais l'interpellée ne répondit pas, se contentant de croiser les bras sous sa poitrine pendant que le fameux ballon mauve venait la rejoindre, couinant comme il savait si bien le faire.

Mais là pour le coup, elle en avait rien à faire, de pas répondre dans l'immédiat. Il y avait une injustice à régler.

- C'est vraiment ça ton problème à deux francs ? Qu'elle soit toute seule ?

- Bah c'est la règle d'or des Quadrilleurs, de ne pas-

- Et béh nous on la prend avec nous, roh, ça va ! C'est bon, elle est plus seule, ça te convient ?

Un ange traversa la pièce.

HippiqueAndYDeaLD se décida enfin à sortir sa tête des tréfonds de leur logement.

Hajerjonas soupira de dépit, mise au pied du mur.

Elan se mit à craindre le pire.

Lavinia dévisageait toujours la brune, un air grave sur le visage, presque teint de colère, montrant bien qu'elle était sérieuse et du genre à camper sur sa position.

Et la nouvelle recrue, ben…

- … Vous êtes sérieuses ? Vous voulez bien de moi ?

- Oui ma belle, il est hors de question que tu restes sur le carreaux alors qu'on a besoin d'effectif. Alors, bienvenue.

- Lavinia, bordel, tu sais que j'approuve pas tes prises de décision soudaines…

- Rien à foutre. Elle fait de mal à personne, et Hipp' pensera sûrement comme moi, qu'elle a tout à fait le droit de faire le même rôle que nous. Alors tu feras avec.

- Je comprends pas ce qu'il se passe surtout…

- Oh merci… Merci merci merci, c'est tellement gentil !

- J't'expliquerai. On est un trio désormais.

- Ah ? Ben euh… Cool, je présume ?

- Toi là-bas, tu vas pas t'y mettre aussi !

- C'est bon Hajer', souris, c'est pas la fin du monde si pour une fois on est un nombre impair de Quadrilleurs.

- Hippique', je-

- Tu la laisses tranquille et tu retournes dans ton chez toi, Hajerjonas. Et sinon, nous on va tranquillement se préparer pour demain, sur-ce !

La brune à lunettes crut qu'elle allait l'étrangler pendant un court instant mais s'abstint de justesse, préférant placer son énergie dans les pas qui lui manquaient pour rejoindre ses quartiers, sous l'oeil d'Elan du Lac qui avait vraiment l'air d'envisager le pire. Quelle bornée cette fille ! Sans déconner, qui était-elle pour se permettre de la reprendre de la sorte, hormis son aînée ? Elle n'était que la chef de sa propre équipe, rien d'autre ! Et pourtant, derrière son air mignon et innocent, elle savait l'ouvrir… Quand il le fallait.

Mais bon, pas pour l'aider, ce serait pas drôle sinon.

- Je vous promets que je ne vous décevrai pas ! Blblblblbl…

- Ahah, t'inquiète pas pour ça, et tu peux nous tutoyer promis on mord pas. Hmpf !

La brunette s'était déjà jetée dans les bras de la jeune adulte, ne la laissant pas finir sa phrase avant de l'étreindre avec vigueur et tendresse, l'air sincèrement ému par le geste de l'Harmonia. Celle-ci sourit, malgré elle, en lui rendant maladroitement son câlin. La chaleur humaine, cela faisait si longtemps qu'elle n'en avait plus vu la couleur…

- Par contre, ahem… Tiens-toi prête pour demain matin, on doit partir en mission…

- Pas grave, je le serai ! Pas de souci ! Merci encore, ça me fait tellement plaisir !

- Et sinon, c'est quoi ton pseudo ? Histoire qu'on sache ?

La rousse souriait à l'inconnue, et pourtant nouvelle partenaire du trio, toujours appuyée à sa porte. Comme un encouragement à enfin réaliser que sa vie allait radicalement changé, et-ce dès demain…

Et son changement de vie, à cette jeune femme en chemise jaune, allait être sans précédent. Sur tout les plans. Mais ça personne ne le savait, aussi commença-t-il simplement, timidement, doucement, en un pseudo murmuré :

- Oh bien sûr ! Hn… Titipo. Je m'appelle Titipo.


Eeeet de huit ! ;D

Ça y est les personnages commencent tous à arriver (Oui, parce qu'on est quand même douze, ça fait du peuple x ), les prévus comme les… Bah les pas prévus quoi ! XD

Mais bon hein, il m'était quasi impensable de ne pas ajouter à l'aventure un certain bébé zèbre donc… Hihi. Voilà, moi aussi je suis contente. :') :$

Bon alors sinon, ce chapitre vous a-t-il plu ? Oui, non ? Promis je vais essayer de sortir la suite rapidement (Allez, d'ici le 13 août, on va y croire ! Donnons-nous une date limite !) et de vous offrir enfin un peu d'action. :'3

Voilà voilà, je sais pas quoi dire de plus donc… N'hésitez pas à me donner votre avis, et sur-ce je vous retrouve très vite pour la suite des mes autres histoires ? ^^

Allez, des bisouuuus~

Je vous aime, Lavi'