Coucou tout le monde !
Comment s'est passé votre mois de juillet ? Le miens plutôt bien ^^ mais bon, trêve de bavardages !
Voilà le nouveau chapitre corrigé gentiment pas Elfy, j'espère qu'il vous plaira et que vous laisserez des reviews :) J'ai besoin de vos avis pour m'améliorer !
Bonne lecture,
Laura
Chapitre 3 : Panique à bord
- Je n'arrive pas à croire que l'Empereur ait fait une proposition aussi scandaleuse ! s'exclama Rose alors qu'elle sortait du palais avec Dimitri, non mais franchement ! Louer des portoloins locaux … Il veut tout simplement qu'Hamilton abandonne la Russie et aille trouver un autre pays où s'implanter.
Silencieux, le grand russe la suivait, un léger sourire aux lèvres dissimulant à peine son amusement à la voir s'emporter pour cette affaire dont elle prenait l'échec personnellement.
- Dis-moi toi, qu'est-ce que tu en penses ? demanda-t-elle en se tournant vers lui, les yeux brillants de cette passion qu'elle mettait dans tous les problèmes qu'elle cherchait à résoudre.
- Eh bien, si l'on considère que Vassili a fait construire des centres de portoloin dans tout le pays depuis quinze ans, alors j'imagine qu'il sait ce qu'il fait … ironisa-t-il mais la jolie rousse lui jeta un regard mécontent et il soupira avant de répondre plus sérieusement à sa question. Ecoute, Rose, tu es née en Angleterre et tu n'as connu que ce système où la concurrence est privilégiée à la fidélité nationale, mais ici c'est très différent : nous sommes fiers d'être Russes, nous sommes fiers de notre pays, de notre Empereur et nous ne voulons pas être envahis par des entreprises étrangères qui provoqueront la faillite des nôtres. Je pense que, si tu y réfléchissais, tu t'apercevrais que c'est plutôt juste comme raisonnement, et que la plupart des pays Européens reviennent à cette tendance nationaliste. Plus les économies s'effondrent, plus les gens ont peur, or ici, personne n'a peur car nous savons que quoi qu'il arrive nous aurons toujours du travail et donc un revenu.
Le regard pensif de la jeune anglaise encouragea Dimitri à poursuivre ses explications.
- Pour en revenir aux portoloins, nous avons en Russie une entreprise nationale : путешествовать, on pourrait le traduire par voyage (il reçut un coup d'œil exaspéré et lança un sourire d'excuse à sa nouvelle amie, ayant oublié qu'elle parlait russe presque aussi bien que lui), elle s'occupe de tous les déplacements à travers le pays, tout comme des plus rares voyages à l'étranger. La famille Iemeline, qui est responsable de cette entreprise, propose le même genre de services que BorderFlash et en terme de prix ils appliquent la politique des revenus : plus tu as d'argent, plus les portoloins sont chers. Le peuple est plutôt satisfait de ce que fait путешествовать alors je vois pas pourquoi nous devrions laisser des étrangers s'implanter dans notre pays, d'autant plus que c'est le gouvernement qui a payé pour les infrastructures d'atterrissage des portoloins partout en Russie.
Profondément plongée dans ses réflexions, Rose réfléchit pendant plusieurs minutes avant qu'une lueur n'éclaire son regard bleu.
- Si j'ai bien compris, ce qui vous gêne c'est l'implantation éventuelle d'entreprises concurrentes si vous ouvrez davantage vos frontières ? (Dimitri hocha la tête et elle continua son raisonnement) Donc les voyages de particuliers, ou même d'hommes d'affaires venus traiter avec des entreprises locales, ne vous posent pas de problème ? (Nouveau hochement de tête) Alors il se pourrait que j'ai une idée pour régler toute cette affaire et contenter les deux parties.
Très contente d'elle-même et certaine du génie de son idée, la jeune femme sauta dans les bras du grand russe avec exubérance avant de le lâcher et de faire plusieurs tours sur elle-même en riant avec soulagement. Cette histoire l'avait vraiment préoccupée pendant toutes ces semaines et elle en voyait enfin le bout ! Un bout minuscule et incertain, certes, mais c'était tout de même un énorme progrès. Charmé par la joie innocente qui se dégageait de la jeune rousse, Dimitri éclata de rire à son tour et lors qu'il croisa le regard pétillant de Rose, une idée folle lui vint à l'esprit.
- Que diriez-vous de venir fêter ça chez moi ? Je ne sais pas du tout en quoi consiste ce merveilleux plan mais je me ferai un plaisir de vous écouter m'en exposer les tenants et aboutissants.
Incrédule, la jeune femme se tourna vers lui et le dévisagea. Comment ne pas interpréter cette invitation en quelque chose d'une autre nature, très différente de la simple discussion ? Néanmoins, la fille de Ron et Hermione Weasley se rassura en pensant soudain que cette soirée serait l'occasion parfaite pour le questionner sur sa soudaine loquacité à son égard alors que les femmes ne l'avaient, semblait-il, jamais intéressé durablement. Depuis des jours, elle se posait des dizaines de questions : avait-il découvert son véritable nom de famille ? cherchait-il à s'en servir pour sa réputation sur le champ international ? l'Empereur lui avait-il demandé de la séduire ? Car après tout en tant que Conseiller Militaire, la négociation d'un contrat commercial n'entrait pas vraiment dans ses attributions, même s'il possédait le diplôme adéquat. L'éducation médiatisée qu'elle avait subie avait laissé des traces indélébiles sur son caractère et la méfiance était devenu comme une seconde nature.
- Cela me parait être une bonne idée, mais je dois rendre un service à une amie ce soir, donc il serait préférable que nous allions discuter chez moi, répondit enfin Rose en insistant imperceptiblement sur le mot « discuter ». Il ne fallait pas qu'il s'imagine des choses !
Le grand blond acquiesça et ils se mirent en route pour l'appartement de la jeune femme, dans le même bâtiment que l'ambassade où elle passait la moitié de son temps – l'autre moitié se déroulant au palais impérial – et dans lequel elle appréhendait de laisser quiconque entrer. Pendant le mois qui s'était écoulé depuis son arrivée, elle avait réussi à faire de la grande et luxueuse suite qui lui avait été attribuée un chaleureux cocon où elle se sentait chez elle, à la maison. Une sensation qu'elle avait appris à détester pendant toute son adolescence, lorsqu'elle devait revenir à la demeure familiale pendant les vacances alors qu'elle aurait tout donné pour rester l'année entière à Poudlard. Un sensation qu'elle avait ardemment souhaité retrouver le jour où elle s'était retrouvé seule dans un immense appartement au cœur de Mumbai avec pour seule compagnie des murs d'un blanc impersonnel décorés à intervalles réguliers d'œuvres d'art sans intérêt. Heureusement, l'arrivée de Leynah – et plus tard de Raj – l'avait sauvée d'une existence trop fade et monotone. « Dimitri les rencontrera d'ailleurs certainement cette après-midi » songea Rose en se demandant une nouvelle fois si laisser entrer le Russe dans son intimité était une bonne idée.
La jeune femme n'eut néanmoins pas le loisir de tergiverser plus longtemps car ils entraient dans le bâtiment – qui se trouvait à quelques rues du palais ce qui permettait à la rousse de faire le trajet à pied tous les jours au lieu de transplaner ou d'utiliser une cheminée. Précédant Dimitri, elle le guida dans les étages de la partie de l'immeuble qui était attribuée à l'ambassade anglaise et, une fois au dernier palier, elle le conduisit jusqu'à la porte de son appartement. Masquant son anxiété, Rose déposa sa baguette contre le bâtant, qui s'ouvrit sans bruit, et entra. A peine eu-t-elle posé un pied dans le salon, qu'une tornade de boucles brunes lui étreignit les jambes, manquant de la faire trébucher. Elle ne dut son salut qu'à l'homme qui la suivait, ce dernier plaçant une main autour de sa taille pour la retenir alors qu'elle basculait en arrière.
- Raj ! s'exclama la jeune femme avec une sourire lumineux, moi aussi je suis contente de te voir mais est-ce que tu pourrais me lâcher ? Nous avons un invité cet après-midi.
Le garçonnet, s'apercevant de la présence de Dimitri, un homme inconnu bien plus grand et fort que lui, ouvrit de grands yeux étonnés avant de secouer une main en direction du Russe et de déguerpir aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient.
- Je suis désolée, murmura Rose avec un sourire amusé en suivant le petit garçon du regard, il n'est pas habitué à rencontrer des inconnus, surtout de ta taille !
S'attendant au moins à un rire poli suite à cette plaisanterie, le jeune femme n'obtint qu'un silence glacé et elle se tourna en direction du grand blond, son sourire se fanant alors qu'elle voyait cette expression impassible qu'il ne lui avait pas présenté depuis leur première rencontre.
- Dimitri ? Est-ce que … commença-t-elle en approchant lentement, mais il la coupa avant qu'elle n'ait pu lui demander s'il allait bien.
- Tu as un enfant ?
L'exclamation, prononcée d'une voix blanche pour ce Russe qu'elle pensait que rien n'étonnait jamais fut suivie d'un long silence, avant que la jeune femme ne se mette à glousser irrésistiblement, de grosses larmes coulant sur ses joues alors qu'elle se pliait en deux en essayant de retenir son rire. Incrédule, son invité l'observa comme si elle était brusquement devenue complètement folle et la jolie rousse décida de se montrer charitable. Après tout, il ne pouvait pas savoir.
- Dimitri… Raj n'est pas mon fils, c'est celui d'une amie et je le garde pendant qu'elle va au travail. D'ailleurs la voilà ! s'exclama-t-elle alors qu'une minuscule jeune femme aux indéniables origines indiennes pénétrait dans le salon. Je te présente Leynah Khan, Leynah voici Dimitri Gavriilovitch Dolohov, c'est un collègue. « Enfin en quelque sorte, rajouta la rousse pour elle-même. »
- Je suis ravie de vous rencontrer, dit chaleureusement la brune, un sourire illuminant son visage couleur café alors qu'elle joignait ses deux mains sous son menton et inclinait la tête.
Toujours un peu abasourdi, le Russe imita son salut, ne voulant pas commettre un impair en lui tendant la main.
- Moi de même, mademoiselle Khan. J'ai rencontré votre fils il y a quelques instants, un garçon charmant.
Le rire cristallin de la femme – surement un peu plus jeune que Rose – résonna dans la pièce et son regard s'illumina d'une lueur espiègle alors qu'elle lui répondait qu'il n'avait pas besoin de mentir : elle savait très bien que Raj était un vrai petit monstre. Ils échangèrent quelques banalités puis Leynah prit congé, laissant son fils sous la garde de Rose alors qu'elle partait travailler. Une fois la porte d'entrée refermée, Dimitri, ayant retrouvé ses esprits, se tourna vers la jolie rousse.
- Tu l'as fait exprès n'est-ce pas ? l'accusa-t-il sans méchanceté, tu savais très bien ce que je penserais en voyant Raj !
Flattée qu'il la pense suffisamment maligne pour avoir préparé un stratagème aussi vicieux, la jolie anglaise décida néanmoins de lui dire la vérité, à savoir qu'elle vivait avec Leynah et son fils depuis deux ans et qu'il lui arrivait souvent d'oublier que rares étaient les personnes au courant de leur existence. Et puisque de toute façon, elle n'invitait jamais personne chez elle – les diners à l'ambassade se déroulant dans les salles de réception du rez-de-chaussée – cette situation n'était pas de son fait, mais elle serait certainement arrivée un jour ou l'autre.
- La présence de ton amie ici est connue de l'Empereur ? demanda soudainement le Russe en appréhendant la réponse : Vassili n'aimait pas qu'on lui cache des choses.
Rose mis néanmoins quelques minutes à le tranquilliser car Raj entra dans le salon où ils étaient installés et demanda à la jeune femme s'il pouvait jouer avec son balai-jouet. Attendri, le grand blond observa la rousse s'accroupir devant l'enfant pour lui donner quelques consignes de sécurité (ne pas sortir du salon entre autres) avant d'appeler le jouet d'un Accio parfaitement exécuté. Elle le lui tendit avec un regard sérieux puis retourna se percher sur une chaise de bar près de Dimitri, observant le petit garçon s'élever quelques centimètres au-dessus du sol.
- Je suis désolée, dit-elle avec un sourire d'excuse après avoir bu une gorgé de son verre de vin, et pour te répondre, oui, il est au courant, j'ai fait une demande pour des appartements plus grands et pourvus de sortilèges de sécurité adaptés aux enfants en bas âge. Ton cousin a gracieusement accepté que j'héberge chez moi deux ressortissants indiens sans aucun lien avec l'Angleterre.
Elle secoua la tête, désabusée, les yeux dans le vague comme si elle avait oublié sa présence.
- J'imagine que je lui dois aussi une faveur pour ce service.
Le murmure faillit échapper à Dimitri mais son ouïe exercé par l'académie militaire lui permit d'en comprendre la majorité et tout en faisant semblant de n'avoir rien entendu, il se creusa les méninges pour essayer de deviner quel autre service Vassili avait pu rendre à la jeune femme en seulement un mois.
- Alors, ce plan ? s'enquit-il soudainement, faisant sortir Rose de ses pensées, et le soupir de soulagement qui échappa à la jolie rousse conforta Dimitri dans son idée que Vassili et la jeune ambassadrice britannique partageaient un secret. Un secret qu'il mourrait d'envie de connaître tout en redoutant que ce soit quelque chose de grave dont il ne voudrait, à terme, jamais avoir eu connaissance.
– l'ambassadrice –
Le claquement d'une porte fit sursauter Rose qui s'interrompit au beau milieu d'une phrase. En face d'elle, toujours perché sur un tabouret de bar et sirotant un verre de vin, Dimitri tourna son regard en direction du couloir menant dans le vestibule juste à temps pour voir Leynah rentrer du travail. Sortant sa baguette, il lança un rapide Tempus et ne put s'empêcher de laisser échapper une exclamation en voyant qu'il était déjà dix-neuf heures. S'excusant de devoir partir si vite, il remercia chaleureusement la jolie rousse pour cette excellente après-midi, salua sa colocataire, fit un bref signe de la main à Raj qui jouait toujours dans le salon et sortit en coup de vent.
- Eh bien ! On aurait dit qu'il avait le feu aux trousses, s'exclama la jeune indienne en prenant son fils dans ses bras, un nuage de tristesse voilant brièvement ses yeux bruns alors qu'elle contemplait son sourire ravi, rapidement remplacé par tout l'amour qu'elle ressentait pour son enfant. C'est toi qui l'a effrayé ?
Rose éclata de rire, ébouriffa tendrement les cheveux de Raj, avant de s'installer dans le sofa avec la petite famille.
- Non pas du tout ! Mais il a reçu une lettre de sa mère tout à l'heure qui l'invitait à passer à la maison pour un dîner en l'honneur de l'anniversaire de son père, Gavriil. J'imagine qu'il devait y être à quelque chose comme dix-neuf heures et qu'il aimerait ne pas arriver là-bas en robe de travail.
La jeune rousse parut songeuse quelques instants avant d'ajouter qu'il craignait surement aussi le courroux maternel qui ne manquerait pas de s'abattre sur lui à cause de son retard. Eclatants de rire, les deux amies échangèrent un regard complice, toutes deux sachant pertinemment qu'elles ne connaîtraient jamais ce genre de situation avec leurs propres parents – ces remontrances faussement sévères qui cachaient en réalité de l'inquiétude et un amour indéniable – et ayant décidé de s'en amuser au lieu d'en pleurer.
Une fois leurs rires éteints, la jolie brune observa son amie plus sérieusement pendant quelques secondes avant de lui poser LA question que l'anglaise redoutait.
- Il te plaît, n'est-ce pas ?
Le rougissement de la jeune femme aurait été une réponse suffisante pour toute autre que Leynah, mais elle vivait avec Rose depuis plusieurs années et elle la connaissait très bien. Quelque chose la gênait avec ce beau blond et l'indienne savait que tant que ce problème ne serait pas résolu, rien ne serait possible entre la rousse et son séduisant collègue. Interrogeant précautionneusement son amie, elle finit par comprendre le dilemme de Rose : Dimitri lui plaisait sur tous les plans, il était cultivé, gentil, sérieux mais aussi drôle quand il le fallait et, cerise sur le gâteau, il avait un physique incroyable, mélange de force et de froideur que son sourire adoucissait néanmoins, ce comportement ouvert que beaucoup qualifiaient n'inhabituel au palais ne devait pas être pris à la légère pour une jeune femme habituée à se protéger des intrusions extérieures comme la fille de Ron et Hermione Weasley. Seulement, il était évident pour Leynah, même après une aussi brève rencontre, que le Russe ne voulait aucun mal à son amie. De plus, cela faisait quelques temps qu'elle pensait à encourager Rose à sortir et à rencontrer quelqu'un, ce n'était pas bon pour une aussi jolie femme de rester ainsi fermée à toute relation à cause de parents incapables et aveugles.
- Tu devrais laisser tomber tes doutes, au moins pour le moment, commença-t-elle en choisissant ses mots avec précaution, Dimitri a l'air d'être quelqu'un de bien et ce n'est pas parce qu'aucune des femmes qui travaillent au palais n'a pu mettre le grappin dessus que tu dois prendre leurs cas pour des généralités. Il est intéressé, c'est évident, mais c'est aussi un homme et si tu ne lui montre pas rapidement que toi aussi tu pourrais l'être il prendra surement ça comme un refus et se contentera de rester un ami, à moins qu'il ne décide carrément de faire revenir vos relations au niveau strictement professionnel.
Bien sûr, Leynah était parfaitement consciente qu'il en faudrait plus pour que le grand blond abandonne la partie car il paraissait être quelqu'un de déterminé, mais il fallait que Rose se sente en danger, qu'elle ait peur de perdre cette relation à laquelle elle tenait visiblement – sinon le russe n'aurait jamais mis un pied dans l'appartement – afin que Dimitri ne soit pas le seul à essayer de faire évoluer leur lien vers quelque chose de plus intime.
- Peut-être que tu te rendras compte qu'en fait vous n'êtes pas faits l'un pour l'autre, ou qu'il ne veut qu'une aventure et rien de sérieux, mais au moins tu auras essayé. Si tu ne fais rien, si tu le laisses se heurter à un mur infranchissable jusqu'à ce qu'il se lasse, tu regretteras de ne pas avoir tenté le coup.
Laissant sa colocataire méditer ces sages paroles, la jeune mère se leva et emmena Raj dans la cuisine pour le faire manger rapidement avant de le mettre au lit. Il aurait déjà dû prendre son repas il y avait trois-quarts d'heure, Rose devait être vraiment plongée dans cette discussion avec le grand blond car ce n'était pas dans ses habitudes d'oublier le repas de l'enfant, mais Leynah décida de ne rien lui reprocher, pour une fois que la rousse s'intéressait à quelqu'un elle n'allait pas tout gâcher!
Quelques heures plus tard, confortablement installée dans son lit, Rose repensa à la conversation qu'elle avait eu avec sa meilleure amie. Elle devait bien reconnaître que la brune n'avait pas tort, à se fermer ainsi à cette relation qui, elle le sentait, pourrait devenir quelque chose de merveilleux, elle laissait lui échapper une chance qui ne se représenterait peut-être pas, ou en tout cas pas avec quelqu'un d'aussi intéressant et charmant que Dimitri Dolohov.
Prenant une profonde inspiration, la jeune femme se jura de tout faire pour que cette belle rencontre continue à la surprendre et s'il fallait pour cela qu'elle s'implique, alors elle le ferait. Ce serait une nouvelle expérience qu'elle avait hâte d'entreprendre.
– l'ambassadrice –
Le lundi, suivant, après un week-end agréable et détendu passé en compagnie de Leynah et Raj, Rose retourna travailler, réfléchissant à ce qu'elle pourrait bien faire pour faire avancer sa relation avec Dimitri alors qu'elle marchait en direction de son bureau. Elle n'eut cependant pas vraiment à se creuser les méninges car le même grand Russe blond auquel elle pensait l'attendait sagement, assis sur un des sofas qui lui servaient lors des discussions informelles.
- Dimitri ? Qu'est-ce que tu fais ici ? l'interrogea-t-elle après quelques secondes de silence qui lui permirent de se remettre de sa surprise, je ne t'attendais pas aujourd'hui…
- Oui je sais, répondit-il avec un de ces sourires qu'il ne réservait qu'à elle, mais Sofiya sait que nous passons du temps ensemble et elle m'a donc chargé de te rappeler de te procurer une tenue pour le bal de demain soir. Après tout tu es l'invitée d'honneur, il ne faudrait pas que tu débarques en guenilles !
La plaisanterie n'arracha même pas un frémissement des lèvres à la jeune rousse qui resta figée au milieu de son bureau.
- Tu avais oublié … murmura le Russe en accompagnant sa phrase d'un juron dans sa langue maternelle.
Accablée, Rose se laissa tomber sur le sofa à côté de lui. Comment ce bal avait-il pu lui sortir de la tête ? C'était une des premières choses qu'elle avait demandé à son assistant d'inscrire sur son agenda afin d'être sûre d'avoir tout le temps nécessaire pour se préparer. Ses connaissances sur l'étiquette russe étaient fraiches mais il n'était jamais mauvais de faire quelques révisions, d'autant plus qu'elle serait présentée à toute l'aristocratie. Et elle n'avait même pas de robe ! Elle n'avait aucune idée de la manière dont elle allait se débrouiller pour être au point le lendemain soir.
Brusquement ce monde de paillettes et de diners mondains qui la fascinait tellement pendant son adolescence lui parut être le pire des pièges. Bien sûr, quand elle avait pris ses fonctions en Inde, une soirée avait été organisée mais ce n'était qu'une sorte de cocktail, et les coutumes locales étaient tellement différentes de ce qui se faisait en Europe que les officiels lui avaient pardonné quelques petites erreurs. Elle n'aurait certainement pas autant de chance cette fois ci.
C'est le rire de Dimitri qui la sortit de ses pensées négatives, rauque et joyeux en même temps dans un mélange qui donnait l'impression que ce n'était pas quelque chose qu'il faisait souvent, et elle tomba encore un peu plus sous son charme. Enfin, jusqu'à ce qu'elle se rappelle pourquoi elle était si stressée quelques secondes auparavant.
- Arrête de te moquer de moi ! Ce n'est vraiment pas drôle comme situation, je t'assure. D'ailleurs je ne comprends pas comment mon assistant a pu oublier cet évènement ! Il aura de la chance si je ne le vire pas sur le champ !
La colère de la jeune femme sembla encore plus amuser le Russe, bien qu'il fit l'effort de dissimuler son rire cette fois, et il la prit par les épaules pour la serrer contre lui.
- Calme toi, Roza, il n'est pas trop tard. Je suis un aristocrate je te rappelle, je suis tout à fait en mesure de t'aider, et il se trouve que je sais exactement qui t'emmener voir pour régler ce problème de robe, tout comme tes éventuelles questions sur l'étiquette.
Confortablement calée contre son torse, la jolie rousse savoura la sensation de dureté de ses muscles sous sa joue, écoutant attentivement chacune de ses paroles. Elle acquiesça à sa proposition, secrètement ravie de découvrir qu'il la connaissait déjà assez pour prédire ses sujets de préoccupation.
Faisant annuler tous les rendez-vous de Rose, tout en jetant à cet incapable d'assistant un regard noir en passant, pour faire bonne mesure – et la colère de Dimitri n'était pas à prendre à la légère, la jeune femme n'en doutait pas une seconde – il la guida vers la sortie et transplana. Une fois rendu à destination, il ne laissa même pas le temps à la jolie rousse d'admirer la majestueuse cour dans laquelle il avait atterri et la prit par la main pour l'entrainer à l'intérieur. Décidant de le suivre docilement pour le moment, Rose se fit tout de même la remarque qu'ils ne devaient plus être à Saint-Pétersbourg car la température était bien plus douce que dans la capitale sorcière où le climat n'était pas toujours ensoleillé, alors même que septembre commençait tout juste. Lui jetant un coup d'œil amusé, le grand blond sembla deviner ses pensées car il l'informa qu'ils se trouvaient près de Makhatchkala au bord de la mer Caspienne, à la frontière avec la Géorgie et, accessoirement dans la résidence d'été de son Altesse Impériale l'Impératrice douairière. Fronçant les sourcils alors que son ami l'entrainait toujours plus profondément au cœur du palais, elle s'arrêta brusquement.
- Pourquoi m'emmènes-tu ici, Dimitri ? Je m'attendais à une boutique de vêtements pas à un palais impérial !
Presque agacé d'avoir été stoppé dans sa course pour lui trouver une robe de bal, le Russe entrouvrit la bouche pour lui répondre quand la porte devant laquelle ils s'étaient immobilisés s'ouvrit brusquement. La jeune femme s'attendait à voir sortir un quelconque valet ou une femme de chambre mais c'est une petite femme d'environ soixante-dix ans qui apparut, vêtue d'une extravagante robe de sorcière aux inspirations de la fin du dix-neuvième siècle, avec une jupe à la polonaise et une capeline singulière couverte de fleurs des champs. En les voyants elle parut brièvement surprise avant qu'un grand sourire ne lui barre le visage.
- Mon petit Dima ! Qu'est-ce que je suis contente de te voir ! s'exclama-t-elle en russe en se déplaçant incroyablement vite, étant donné son âge et le poids de ses vêtements, pour étreindre son neveu. Pourquoi viens-tu me voir ? Il est plutôt inhabituel que qui que ce soit vienne me rendre visite pendant ma retraite estivale.
Attendrie, la jeune anglaise observa ce grand blond sans peur se plier en deux pour rendre son étreinte à l'Impératrice douairière avant d'embrasser délicatement sa main, un air de pure adoration sur le visage. Dimitri semblait adorer Natashka et cette dernière le lui rendait bien ce devait être pour cette raison que, même si leurs liens de sang étaient assez éloignés, elle autorisait le Conseiller à la désigner comme sa tante.
- Je suis venu vous présenter une amie, тётя, elle aurait besoin de votre aide pour être présentable au bal de demain soir.
Se redressant inconsciemment, Rose subit sans broncher l'examen visuel impitoyable de cette femme qui avait régné sur le plus grand pays du monde et, plus grand défi encore, qui avait élevé Vassili Andropov. Rien que pour cela, elle méritait son respect, mais le fait qu'elle ose porter une tenue aussi voyante et originale était aussi un geste courageux qui traduisait une force de caractère qui impressionna la fille de Ron et Hermione Weasley. S'attendant à être traitée plutôt froidement, elle fut incroyablement surprise quand la vieille dame attrapa ses mains pour les serrer avec effusion en s'adressant à elle dans un anglais au fort accent russe.
- Vous êtes Roza, n'est-ce pas ? Vassili m'a beaucoup parrrlé de vous ! (Elle jeta un regard malicieux à Dimitri que la rousse ne compris pas, avant de retourner son attention vers elle) Si j'ai bien comprrris, vous avez besoin d'une rrrobe ?
- Oui, répondit timidement la jeune anglaise, ne ressentant pas le besoin de se montrer forte et impassible devant cette adorable femme. Et de quelques conseils en matière d'étiquette également si cela ne vous dérange pas, votre altesse impériale.
- Voyons, pas de ça quand nous sommes entrrre nous ! Je sais que mon fils est trrrès à cheval sur le prrrotocole mais je suis plus souple. Appelez-moi Natashka, ce serrra plus simple pourrr tout le monde. Maintenant allons-nous installer dans mon boudoirrr, ce serrra plus conforrrtable qu'un couloirrr et nous pourrrrons essayer de vous trrrouver la tenue idéale.
Rose hocha la tête, un peu submergée par toutes les surprises qui s'étaient déjà enchainées en une demi-heure, et se laissa entrainer dans le dédale de couloirs. Une minute plus tard, ils pénétrèrent dans une charmante pièce de taille moyenne aux murs et au plafond couverts de moulures, deux causeuses et un fauteuil aux imprimés fleuris les attendant au milieu. Dans un coin, un paravent sculpté d'une riche couleur acajou n'attendait plus que la jolie rousse pour commencer les essayages. Mais tout d'abord, ils s'installèrent tous les trois autour de la table basse et Natashka appela un serviteur qui leur servit le thé avec professionnalisme et discrétion.
C'était d'ailleurs quelque chose qui avait intrigué la jeune femme à ses débuts comme ambassadrice. Il lui était rapidement apparu que l'utilisation des elfes de maison pour les taches quotidienne était une tradition propre à la Grande-Bretagne, en effet dans les autres pays, ou du moins en Inde et en Russie, les aristocrates et plus généralement les gens fortunés, faisaient appel à des sorciers. Au début, elle avait trouvé cela plutôt étrange, puis elle avait rapidement compris à quel point c'était une bonne idée car cela offrait du travail aux sorciers qui n'avaient pas forcément de hauts diplômes tout en leur offrant un appartement ou au moins une chambre gratuite dans la demeure où ils travaillaient, en plus de leur salaire. L'idée d'en parler à sa mère avait traversé l'esprit de Rose, juste pour pouvoir rire quelques minutes en admirant son visage pincé dès que le mot elfe de maison était prononcé, puis la jeune femme y avait réfléchit à deux fois. Connaissant Hermione Weasley, elle se passionnerait certainement de nouveau pour le devenir des petites créatures et un nouveau désastre résulterait de son obstination, comme par exemple la disparition de l'espèce des elfes à cause d'un manque de sorciers auxquels se lier. Il était mieux pour tout le monde que sa mère n'en sache rien car le fait qu'elle soit maintenant directrice du Département de la Justice Magique ne l'empêchait pas de régulièrement se mêler des affaires de tous les autres départements si les directeurs la laissaient faire.
Quand elle était enfant, Rose pensait que sa mère aimait le pouvoir, et que c'était pour cette raison qu'elle était si acharnée dans le travail, puis en grandissant elle avait compris qu'en fait, elle se trompait complètement. Ce n'était pas le pouvoir que recherchait la femme de Ronald Weasley, mais plutôt la connaissance, encore et toujours plus de connaissance. Parfois, la jolie rousse se demandait si le cerveau de sa mère ne risquait pas d'exploser sous la pression car après tout il arrivait encore qu'elle lui cite des passages de manuels datant de Poudlard. Puis, d'un grand geste de la main, elle chassait cette idée de son esprit, penser à sa mère et ses agaçantes manies était trop déprimant pour qu'elle y réfléchisse plus longtemps.
- Alorrrs expliquez-moi toute cette histoirrre.
Sans se faire prier, Dimitri entreprit de lui résumer la situation et, à la plus grande joie de Rose qui n'avait jamais osé même quand ils s'étaient retrouvés seuls chez elles quelques jours plus tôt, Natashka posa quelques-unes des questions qui la turlupinaient depuis quelques temps. Entre autres la raison pour laquelle Dimitri, Conseiller Militaire, s'occupait d'un dossier qui normalement aurait dû être pris en charge par le Conseiller de l'économie, Anatoliy Nikolov. La jeune femme appris donc que le fringant trentenaire aux courtes boucles brunes était devenu papa un peu plus d'un mois plus tôt et qu'il avait demandé un emploi du temps aménagé afin de passer plus de temps avec sa femme et sa fille pendant les difficiles premiers mois. « J'étais le seul avec le diplôme adéquat qui pouvait se permettre de prendre quelques dossiers en plus » expliqua Dimitri en exposant son côté généreux au grand jour, surprenant encore une fois la jolie rousse sans le savoir en lui prouvant de nouveau qu'il était quelqu'un de bien. Avec des mauvais côtés bien sûr, par exemple un léger excès d'arrogance et un sens de l'humour souvent sarcastique, mais malgré tout quelqu'un que Rose savait gagner à connaître.
- Je vois … murmura l'Impératrice douairière en examinant la jeune anglaise d'un œil neuf, donc toi, Vassia et Sonia*, vous pensez que c'est elle.
Les yeux dans le vague, elle avait le regard fixé sur Rose mais un léger voile semblait recouvrir ses iris.
- Que je suis quoi ? demanda timidement la fille de Ron et Hermione Weasley, hésitante à interrompre la vieille dame dans ses réflexions mais inquiète que Dimitri et sa tante parlent d'elle sans qu'elle-même n'en connaisse les raisons.
Sa prise de parole sembla interrompre Natashka et brisa cette espèce de transe dans laquelle elle était plongée. Le grand blond, dont elle se doutait qu'elle pourrait rapidement tomber amoureuse, lui jeta un regard glacé, comme si elle avait commis une faute impardonnable, avant de secouer la tête et de lui envoyer un sourire d'excuse. Complètement perdue, la jeune femme ne savait plus quoi faire et un bref silence s'installa avant que la mère de Vassili ne se lève brusquement.
- Sorrrt d'ici, Dimitri ! Laisse-nous un peu seules toutes les deux.
La voix de l'Impératrice douairière avait claqué comme un coup de fouet et, malgré son air inquiet, l'héritier de la famille Dolohov obéi à cet ordre sans discuter. Il savait déjà ce que sa tante allait révéler à sa Roza et même s'il pensait qu'il était encore trop tôt, c'était à elle de décider. Après tout, elle était responsable de cette situation. Elle devait donc se débrouiller pour expliquer à la jeune ambassadrice ce qui l'attendait, tout en prenant garde à ne pas l'effrayer au point qu'elle veuille s'enfuir. Très inquiet, Dimitri en vint à prier Merlin d'accorder à Natashka les bons mots, ceux qui avaient le pouvoir de le faire se sentir comme le plus heureux des hommes, mais malheureusement, il savait très bien que cette conversation serait loin d'être facile.
*diminutifs russes pour Vassili et Sofiya, tout comme Dima l'est pour Dimitri.
