J'aihontej'aihontej'aihontej'aihontej'aihonte.
Je ne pense jamais à uploader sur . Je suis vraiment désolée. Pour la peine, je poste tous les chapitres pour que vous soyiez up to date par rapport à HPF. Je m'excuse platement.
Bonne lecture, mes amours o/
Chapitre 4
- C'est dégueulasse !
- Franchement répugnant !
Je levais les yeux au ciel. Les pauvres petits choux n'avaient pas supporté d'être surpassés par notre petit pote Potter. Bon, en même temps, je les comprenais, en tant que sixième année ils sont tout de même supposés être légèrement plus performants que de simples quatrièmes années. C'est McGonagall qui allait être trop déçue ! Enfin, si elle se remettait du choc que lui avait procuré l'élu. Élu qui, décidément, raffolait de se mettre dans des situations les plus dangereuses qui soient. Dans le cas présent, quatrième champion du tournoi des trois sorciers - enfin, je ne savais pas trop s'il fallait le renommer à présent. Potter aimait bien marquer l'histoire, hein ! Bon, du coup, c'était bien sympathique d'observer mes amis râler, mais demander à Potter comment il avait fait serait peut être plus productif, hum ? Enfin, avant ça, il faudrait déjà que monsieur rentre de sa super réunion de champions !
Assise dans un des fauteuils les plus confortables de la salle commune - le fait de trainer avec des plus grands m'offrait le privilège de m'asseoir là où ils posaient même leur noble fessier et donc sur les meilleurs emplacements -, j'attendais le retour de notre cher Potter. Tout le monde dans la salle commune parlait encore de ceci, huant Potter, l'honorant ou râlant contre son besoin viscéral de prendre la première place et de voler la vedette. Hum. Il était clair que Cédric était définitivement vu comme THE champion de Poudlard. Légèrement agacée par leur blabla, je me mis debout sur mon fauteuil et m'exclamai :
- Oh ! Les gens ! Vous êtes quand même en train de casser du sucre sur le dos d'un de nos camarades, d'un Gryffondor, du petit garçon qui, quand même, nous a sauvés d'une guerre, ou de pire encore sous le règne de Voldemort ! Vous allez vraiment agir comme de sales Serpentard et ne pas soutenir votre propre maison ?
Le silence s'était abattu sur la Salle Commune et tout le monde regardait ailleurs, gênés.
- Ouais c'est ça, et assumez pas non plus, ce n'est pas grave hein ! Pff, franchement, j'ai honte de vous les gens !
- Enfin quand même, ça ne se fait pas de la part de Potter de participer à ce tournoi, de surpasser les règlements, encore, comme si tout lui était permis !
Je grimaçais.
- T'as pas tort, mais c'est pas une raison pour parler dans son dos comme ça, d'accord ? Attendons donc que Potter revienne pour lui demander ce qu'il en est. Entre temps… Les plus jeunes, allez donc dormir, tiens !
- Wanders, peut-on signaler que tu fais partie des plus jeunes en question ?
Je me redressais davantage, offusquée, et adressais un regard noir au septième année qui s'était permis de me rappeler que je n'étais qu'une pauvre et innocente petite gamine de seulement quatorze ans. La vie était si dure avec moi m'en remettrais-je un jour ? Je vis quelques élèves de mon année ricaner et monter les escaliers vers le dortoir, suivi des plus jeunes encore qui n'étaient pas couchées – il n'y en avait pas beaucoup, étrangement, on était plus sages et bienveillants à cet âge là. L'élève de septième année de plus tôt, qui se croyait décidément très drôle, me pointa les escaliers du dortoir des filles avec un grand sourire :
- Allez, petite, ton tour maintenant !
La bouche grande ouverte, les poings sur les hanches, je me tournai vers Fred et George afin qu'ils réagissent, mais ces deux imbéciles étaient morts de rire. Réellement vexée – est-ce que j'étais réellement une simple gamine à leurs yeux ? -, je sentis mes yeux s'embuer et maudis ma tendance à m'emporter trop vite. Lançant un regard terrifiant au septième année qui continuait à me charrier auprès de ses amis et du groupe de sixièmes, septièmes années qui s'était formé autour de lui – ah, que c'était drôle de se moquer des plus jeunes ! -, je me détournais d'eux et, provocatrice, grimpais les escaliers menant au dortoir des garçons.
- Hé, gamine, me semble que t'es quand même assez grande pour savoir ce qu'il y a entre tes jambes ! Alors tu retournes dans ton dortoir, d'accord petite ? s'exclama alors l'imbécile, visiblement très fier de ses blagues.
- Mais t'es bête, c'est pour des parties de plaisir avec des plus grands qu'elle dort chez nous – ça fait une sacré réputation dans le bahut, après, tu imagines ! renchérit aussitôt un de ses amis, de sa voix grasse.
Scandalisée, je me forçais à poursuivre mon chemin sans rien dire et, brutalement, pénétrais dans le dortoir des jumeaux et Lee en claquant bien fort la porte derrière moi. D'accord, c'était suspect que je vienne dormir quasiment tous les soirs dans leur dortoir ! D'accord, personne n'a jamais rien rapporté à McGonagall mais Dieu sait comment mon acte de rébellion est mal vu ! Pourtant, vraiment, était-ce nécessaire de m'insulter ainsi ? D'abuser de ce pouvoir de plus grand pour dire quoique ce soit sur moi ? Et Fred et George ! Ils demeuraient silencieux ! Ils riaient même aux blagues de ces imbéciles !
Folle de rage, je balançais l'oreiller de Fred par terre et, les larmes me brouillant la vue, je tentais tant bien que mal d'enfiler mon haut de pyjama et mon short tandis que Lee, tranquillement allongé dans son lit, se releva brusquement. Il se précipita vers moi, me saisit les bras et m'immobilisa, alors que je m'entêtais à mettre mon t-shirt. Il baissa mon bras, m'enfila lui-même mon pyjama puis, les sourcils froncés, passa une de ses mains sur mes joues pour essuyer les larmes qui y coulaient. J'avais honte de me laisser aller ainsi devant lui, moi qui détestais pleurer devant les gens. Et, pourtant, là, je ne pouvais véritablement faire autrement les larmes jaillissaient beaucoup trop rapidement, et en trop grand nombre, pour que je pusse simplement imaginer les stopper. Aussi, abandonnant cette image forte et insouciante que j'abordais à longueur de temps, je me blottis dans ses bras comme une gamine de quatorze ans et m'autorisais à pleurer, à pleurer mon dégout des gens, mon dégout des insultes et, surtout, la réputation que je trainais bien malgré moi.
Alors quoi, parce que j'étais amie avec des plus vieux, c'était simplement en quête de popularité ? C'était simplement pour rendre les autres envieux, pour me grandir, pour profiter ? Et pour, comment déjà ? Ah, oui profiter de petites parties de plaisir, pas vrai ? Je savais que les gens ne m'aimaient pas. Je savais qu'on me jalousait, qu'on me détestait, même, pour certains. Mais cela n'empêchait pas leurs mots bas, doucereux et vils de me blesser, à chaque fois, violemment. Je passais outre, évidemment, le bonheur d'être l'amie des jumeaux et Lee étant bien plus fort que les instants douloureux que je vivais en échange. Enfin, amie, c'était à revoir, finalement. Parce que si je m'estimais comme telle, si je les jugeais mes amis, leur réaction de ce soir m'avait infiniment déçue et vexée. Je savais que les jumeaux ne réalisaient pas bien toutes ces choses là, ce qui était vexant ou non, mais, ce genre de blagues… Ils savaient très bien que je les supportais mal. Pourtant, ils avaient rit, n'avaient rien rétorqué. Même à la dernière remarque de cet imbécile de septième année, ils n'avaient rien dit. Absolument rien.
Mes sanglots se renforcèrent alors que Lee me caressait lentement les cheveux, me serrant fort contre lui. Il me murmurait des mots réconfortants, des bêtises dans l'espoir de me faire rire, me parlait de tout et de rien j'admirais son savoir-faire, son habilité à gérer ma crise de larmes. Il demeura ainsi, aimant et présent, jusqu'à ce que mes larmes fussent taries nous étions allongés dans le lit de Fred, ma tête contre son torse et ses mains dans mon dos, dans une étreinte fraternelle dont j'avais souvent rêvé, enfant. Être enfant unique m'avait rarement pesé, mais il y avait de ces longs instants où nous nous surprenions à imaginer la présence d'une sœur, ou d'un frère plus âgé, là pour vous réconforter, vous taquiner et vous protéger. J'avais trouvé en Lee, réalisais-je alors pleinement, ce grand-frère que j'avais longuement fantasmé. Finalement, respirant lourdement, toujours blottie contre lui, j'étais à deux doigts de m'endormir lorsque la porte s'ouvrit brusquement sur le septième année de tout à l'heure. Je me redressais brutalement, paniquée, frottant avec précipitation mes yeux rouges qu'il ne devait absolument pas remarquer.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? grogna Lee en voyant son camarade au pas de la porte, l'air goguenard.
- Les gars ! Regardez qui se cachait ensemble dans un pieu ? C'est Meredith qui ne va pas être contente, Jordan ! Faudrait être un peu plus fidèle, quand même !
- Tu te crois drôle, Spencer ? riposta immédiatement mon ami, alors que je détournais le regard et me laissais tomber sur le lit, refusant de voir ceci.
Ce dernier ricana puis se détourna sur un geste de la main provocant, laissant libre champs à Fred et George. Les deux garçons, gênés, pénétrèrent dans la salle avec des petits sourires contrits. Je ne leur adressais aucun regard et, froide, crispée, me relevais du lit de Fred. Je me tournais vers Lee, qui comprenait maintenant la raison de mes larmes, et qui ouvrit à nouveau les bras. Je secouais la tête et indiquais la porte du doigt :
- Je vais dormir dans mon lit.
Comme une grande fille, eu-je envie d'ajouter avec un regard pour les jumeaux qui, sans un mot, s'affairaient devant leurs lits. Lee leva les yeux au ciel et me saisit le bras, me faisant tomber dans son lit.
- Ne sois pas ridicule, tu restes dormir ici. Tu vas aussi bien qu'un raton laveur empaillé, il est hors de question que tu quittes la pièce.
J'éclatais de rire devant la comparaison et, toujours en ignorant les jumeaux, je me calais confortablement dans le lit de Lee, abandonnant toute idée de dormir ailleurs qu'ici. En plus, dans mon dortoir, il y a ces pimbêches de Lavande et Parvati, qui ont forcément tout entendu puisque montées en même temps que moi. Ouais, vraiment hors de question que je sorte de cette pièce. Pour toute la vie, ça marchait aussi ?
XXX
Le lendemain matin, les jumeaux se pointèrent devant moi, la bouche en cœur, me demandant si je voulais descendre petit-déjeuner avec eux. Je me contentais de leur adresser un regard glacial, la boule toujours au ventre à cause des évènements d'hier, et leur tournai le dos. Lee m'adressa un sourire en coin et m'ébouriffa affectueusement les cheveux avant de sortir du dortoir, rejoindre Meredith. Ils devaient fêter leur un mois de relation, ou un bidule comme ça. Ah, les couples, franchement !
Demeurée seule avec les jumeaux, je tâchais du mieux que je le pouvais de les ignorer, de leur tourner le dos et, bien vite, ils se sentirent de trop – sans tenter de discuter ou même de s'excuser ou bien, même, admettons, puisque nous parlions des jumeaux, de blaguer comme si rien ne s'était passé. Ils quittèrent la salle sans un mot, fermant soigneusement la porte derrière eux. Maintenant bel et bien seule, je me laissais tomber sur le lit de Lee et fermais quelques secondes les yeux. Qu'est-ce que j'étais supposée faire, maintenant ?
Les seules personnes avec qui je passais du temps étaient occupées, ou bien nous étions en froid. Je n'avais absolument pas envie d'aller voir Potter – le pauvre, il devait en avoir gros la patate en plus, à cause d'hier ! et je supportais mal le reste du Trio, d'ailleurs. Il ne restait que… Beuh. La bibliothèque. Je n'y allais que très, mais alors vraiment très rarement. Généralement pour copier un passage d'un livre en vitesse pour un devoir, parce que j'avais été trop occupée pour le faire sérieusement – occupée à quoi, je ne sais pas, mais c'était fou comme le temps passait vite quand on avait des obligations ! Enfin, bref, du coup, habillée, coiffée, je mis mon sac en bandoulière sur mon épaule et, fortement motivée, pris la direction de la bibliothèque.
Arrivée, je demeurais un instant devant le pas de la grande porte d'entrée et eus presque envie de me faire un petit signe de croix, ou même une petite prière musulmane, tiens, histoire de convier plus de Dieux à sécuriser mon âme – comprenez, enfin, j'entrais dans l'entre de Satan ! Puis, finalement, prenant mes forces à deux mains, je poussais la porte et pénétrais dans la bibliothèque. Amen.
Déjà ennuyée par les imposantes étagères, les livres poussiéreux et tout et tout, je me laissais tomber avec un gros soupir désespéré sur une chaise. Bon. On commençait par quoi ? songeais-je en laissant mon regard errer un peu partout. Oh ! Mais n'était-ce pas Krum, là-bas ? Quelle formidable idée avais-je eue de venir ! Certainement qu'ainsi, dans le calme de la bibliothèque, loin de ses fanatiques de groupies, ce serait plus évident pour faire fondre le bulgare ? Enfin, s'il daignait m'accorder un regard autre qu'ennuyé, pensais-je avec un certain mépris pour son air complètement désintéressé lors du banquet d'Halloween. Pff, presque qu'il ressemblerait à Hermione, avec ses airs coincés et irrités partout là !
OH MON DIEU.
Mais ne serait-ce pas Hermione, justement, à la table en face de lui ? Est-ce que, par la barbe et le caleçon de Merlin, Krum ne serait pas, juste par hasard, en train de l'admirer et de la fixer très, mais alors vraiment très, attentivement et presque de manière suspecte ? SIIIIIII.
OH. MON. DIEU.
…
…
KRUM EST A FOND SUR GRANGER !
Hyper-ventilant, je retins un petit rire nerveux et complètement assommé par ma découverte. Franchement. Je ne sais pas ce qui me retenait d'aller tourner autour des deux imbéciles en beuglant « Il est amoureux ! Il est amoureux ! ». Peut-être le fait que Mme Pince n'apprécierait pas, et qu'elle était quand même fichtrement effrayante. Peut-être aussi parce que déranger une Granger concentrée sur son travail, c'était de la folie pure et simple – et qu'elle était suffisamment douée pour me faire regretter d'avoir osé, d'ailleurs. Ouais. J'étais définitivement bien plus à l'abri cachée derrière mes livres, à observer tout ceci. Est-ce que notre petite Grangie allait se rendre compte qu'elle avait une touche chez un des plus grands joueurs de Quidditch professionnel ? Ça serait si drôle, tout de même, de les imaginer ensemble ! Entre lui qui baragouine comme un caca de l'anglais avec un accent à briser les oreilles d'un sourd et elle qui est super à cheval sur tout ça, ça risque d'être coton-coton quand même !
Et puis… Crotte ! Mais ça fichait tout mon plan en vrilles, du coup ! Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire, moi, pour réduire à néant Viktor Krum ! Non parce que, vu comment il la regardait, c'était carrément cramé de séduire son cœur. Et puis, avec du recul, je n'avais pas vraiment envie de me coltiner sa présence – chose obligatoire si j'avais voulu mener à bien ma mission. Duh. C'était nul, tout ça. Je n'avais plus aucun objectif le concernant, maintenant ! A moins que… Je supposais que, pour son image de joueur de Quidditch, pour permettre que toutes les fans puissent fantasmer sur lui et que donc son image soit profitable, il fallait qu'il demeure célibataire aux yeux de la populace ! Mais, donc ! Si je livrais à la presse son petit secret, cela serait fort peu bénéfique pour lui ! AHA ! Je détenais un dossier contre Krum ! Je pouvais lui faire faire tout ce que je souhaitais !
Ah, que la vie était belle !
Mais… A quoi ça allait bien pouvoir me servir ? Aussi, repoussant violemment mon parchemin où s'inscrivait « Les sortilèges de transferts, complexité et utilisation », je plaquais un nouveau parchemin sur la table et, trempant délicatement une plume dans de l'encre, gribouillais hardiment le papier de mes idées diverses, futiles et stupides. Je songeais tout d'abord à un entrainement spécialisé et intime en Quidditch, mais j'allais très probablement me faire charrier par les jumeaux par ce retournement de situation. Et puis, j'eu l'éclair de génie. Raturant d'un grand trait tout ce que j'avais écrit auparavant, j'inscrivis en grosses lettres :
MOUVEMENT DE LIBÉRATION DES MILKSHAKES
Combattants du MLM : Éléonore Black-Wanders Lee Jordan Fred & George Weasley Viktor Krum ; …
Oui, évidemment, j'en avais inscrit certains d'office. Mais, bon, sérieusement, ce n'était pas comme s'ils allaient me le refuser, pas vrai ? Un petit sourire machiavélique fleurit sur mes lèvres alors que je songeais à tout le poids que la présence de Krum donnerait à mon organisme ! Ah, bientôt, les milkshakes seront de retour à nos tables ! Parce que, oui, pour être bel et bien certains que je n'en aurais aucun, ces imbéciles de professeurs et de directeur avaient décidé de n'en faire apparaitre nulle part ! Sur aucune table ! Dans aucune cuisine ! Privant ainsi tout le collège Poudlard de milkshake. C'était une honte que personne d'autre que moi ne se soit encore rebellé ! Il fallait changer tout ceci, et vite ! En plus, évidemment, je m'étais coltinée d'autres punitions et, bien sur, mes chers professeurs avaient compris que la menace des milkshakes était fort efficace – j'étais donc punie jusqu'à mi-mars, à présent. Oh, que j'aime la vie !
Il fallait absolument remédier à tout ceci. Enfin, pour l'instant, je supposais que j'allais me calmer pour quelques jours. Après tout, les gens n'aimaient pas trop quand les imbéciles faisaient leurs cirques trop longtemps à la suite, pas vrai ? Alors, soyons gentille, un peu. Calmons-nous. Ainsi, soupirant, je repris ma plume en main et notais distraitement quelques idées à développer pour le MLM, ainsi qu'un petit discours à sortir à Krum histoire qu'il ne me mette pas de vent. J'en avais déjà trop vécu cette année.
XXX
Les quelques semaines qui suivirent ma crise de larmes se passèrent calmement, sans remous. Les aînés semblaient avoir calmé leurs pulsions hautaines et mesquines, ou peut être qu'ils avaient pris peur après le sermon de notre préfète-en-chef. Cette dernière ne m'aimait pas vraiment, puisque je ruinais tous ses espoirs de gagner la coupe haut la main, mais dès qu'elle avait appris le laisser-aller de ses camarades, elle avait fait un scandale. Enfin, je ne savais pas trop si cela m'arrangeait au final, puisqu'ils allaient certainement appuyer de nouveau sur le bouchon un jour et tout faire péter pour se venger du coup de gueule. Ah, c'est si dur la vie.
Les jumeaux, fidèles à eux même, ne s'excusèrent pas j'oubliais néanmoins leur silence et redevins normale avec eux. Il était stupide de se disputer pour ceci, alors qu'ils ne nous restaient qu'un peu moins de deux ans ensemble, autant profiter de la vie ! Et puis, bon, je me faisais un peu beaucoup chier, toute seule, à la bibliothèque, moi. Bon, j'aurais pu trainer avec Potter, vu que ça ne semblait pas aller super bien pour lui non plus – les gens l'évitaient, parlaient dans son dos, et y avait même eu des badges trop cools de créés – et puis même un article par Skeeter et autant je détestais Skeeter, autant elle avait un sacré talent pour les ragots à deux balles. Bon, okay, ce n'était pas cool pour Harry, mais ils étaient quand même pas mal fichus les badges et, fallait avouer, Diggory était quand même mieux parti que Potter pour finir champion – je veux dire, y a qu'à voir, Diggory est musclé, intelligent, en 7ème année. Et, en face ? Potter, trop maigre, doué mais qu'en quatrième année. Alors, ouais. Je soutenais Diggory silencieusement – je n'avais rien avoué à papa, il serait juste immensément déçu s'il savait !
Bref, du coup, j'étais retournée avec les jumeaux et Lee. L'ambiance était quand même vachement plus sympa. Et puis, fallait avouer, j'avais besoin d'eux pour le MLM ! Heureusement pour leur peau, ils ne rechignèrent pas à participer à ce mouvement, même s'ils me traitèrent de timbrée – « m'enfin, c'est comme ça qu'on t'aime ! ». Du coup, on avait réfléchi à tout plein de choses, et je les avais mis au courant pour Krum – ce qui les avait d'ailleurs fait rire pendant une bonne demi-heure. Ah, ces garçons, ils ne savent pas se tenir ! Moi, par exemple, je les avais laissé se regarder à travers des piles de bouquins sans faire le moindre commentaire alors que j'étais juste devant eux ! Franchement, j'étais beaucoup trop gentille.
Enfin, du coup, ça faisait trois longues semaines que nous préparions le premier acte de rébellion du MLM – aka la discussion avec Krum. Mais, aujourd'hui, on oubliait tout ça et on profitait de la première sortie à Pré-Au-Lard de l'année. Ah, ce que j'aimais ce petit bled paumé d'Angleterre où il faisait toujours froid et où, miraculeusement, le café était toujours bondé de chez bondé ! Sans ironie, bien sur. Jamais.
XXX
Olivier d'amour chéri,
Juste une petite lettre pour t'informer que notre première sortie aura lieu le 21 Novembre et que t'as foutrement intérêt d'être à Pré-Au-Lard ce jour-là !
Ceci étant dit, je t'embrasse bien fort,
Ely (la meilleure du monde).
XXX
- OLLIIIIIIIIIIIIIIIE !
- ELYYYYYYYY !
Ah, que j'aimais les retrouvailles ! Toutes en effusions, en bonne humeur, en larmes et en crises de fous rires. Radieuse, je ne lâchais pas la main d'Olivier et l'entrainais un peu partout avec moi, le reste de l'équipe suivant plus ou moins difficilement. Je crois bien avoir complètement revisité Pré-Au-Lard, ce jour-là. Puis, finalement, envahi par la fatigue, Olivier fit halte à mon enthousiasme déborda et me traina de force à une table des Trois Balais. Beuh. Je n'aimais pas ce bar. Rosmerta était vachement trop canon pour le bien des autres jeunes filles présentes dans la salle. Bon, certes, son âge la rendait légèrement moins attirante pour certains – mais, malheureusement, cela ne concernait qu'un petit quart de la population masculine. Pas que je sois foncièrement intéressée par les mâles, mais il fallait avouer que voir les regards masculins se poser sur une paire de melons vieux d'une quarantaine d'années au lieu de regarder les courbes délicates d'une jeune fille, c'était assez vexant. Enfin, personnellement, je n'avais ni courbes ni poitrine donc ma jalousie concernait véritablement toutes les femmes bien fichues de cette planète. Debby disait tout le temps que j'avais le temps de pousser, mais quand je voyais Lavande déjà si bien formée, j'avouais que j'avais un peu envie de dire caca à Dieu.
Toujours est-il qu'aux environs de seize heures, nous étions avachis autour d'une table où les choppes de bièraubeurres s'entassaient. Olivier nous racontait avec passion ses premiers entrainements officiels, ses premiers matchs amicaux joués, des anecdotes sur ses compagnons et, surtout, plein de choses merveilleuses sur de nouvelles techniques et autres délices du monde du Quidditch. Les yeux brillants, le nez un peu rougie par le froid, les lèvres trempant dans ma boisson, je ne le quittais pas du regard, buvant ses paroles. Olivier, c'était un peu mon idole. Passionné, généreux, toujours à l'écoute, accompli, toujours en progrès, une technique au balais admirable j'espérais un peu être comme lui, aimé, écouté, choisi… Ah, vraiment, c'est fou ce que je l'aimais, Olivier ! Oh, ce n'était pas de l'amour comme celui qui liait Lee et Meredith, loin de là c'était un amour plus effrayant encore, plus passionnel. J'étais folle de lui, folle de son caractère, de son jeu je le voyais comme un grand, comme une figure à suivre. Certains admiraient Viktor Krum, personnellement j'avais mes préférences pour Olivier Dubois. Et puis, évidemment, il y avait ce petit côté lien fraternel qui avait éclot entre nous il m'avait toujours considéré comme la petite choupette de l'équipe, la plus petite gamine, celle à protéger mais à booster encore davantage. Voila, c'était mon Ollie, et je buvais chacune de ses paroles comme s'ils s'agissaient des dires du Saint-Esprit.
Aussi, si ses dernières semaines avaient été dures, notamment à cause du regard de certains, je me retrouvais complètement requinquée rien qu'à avoir respiré le même air que lui. Lorsqu'Olivier reposa sa tasse, deux longues heures plus tard, avec une exclamation horrifiée devant sa montre, nous avions discuté d'absolument tout et de rien, comme avant. Les remarques débiles des jumeaux avaient parsemées nos discussions, Angelina et Katie s'étaient moquées de ces derniers, Olivier temporisant leurs caractères avec un rictus nostalgique au coin. J'avais un léger pincement au cœur en voyant tout ceci et, surtout, en regardant Olivier faire la bise à tout le monde, en promettant de repasser dès qu'il le pourrait. Puis, il se planta devant moi et, avec un grand sourire, s'exclama :
- Le meilleur pour la fin !
Aussitôt, il me prit dans ses bras et me serra longuement contre lui. J'éclatais de rire dans son cou, peu habituée à ses élans d'affection de la part de notre ex-Capitaine. Lorsqu'il me relâcha, son sourire n'avait pas diminué d'un poil, et il m'ébouriffa les cheveux, ajoutant :
- On s'écrit au moins deux fois par mois, compris ? Et si jamais tu as le moindre souci avec qui que ce soit, tu m'envoies un hibou immédiatement, conclut-il en m'adressant un regard sévère.
Je lui souris et hochai la tête, promettant de faire ainsi. Il était vrai que je ne lui avais rien dit concernant les moqueries des ainés, mais il savait très bien des années précédentes que j'étais régulièrement visée. Je fus étrangement touchée de voir qu'il s'inquiétait toujours, malgré le travail, malgré sa vie d'adulte, malgré le fait que rien ne l'y obligeait. Aussi, lorsqu'il quitta les Trois Balais avec de larges signes de la main, je me contentais de sourire largement, tout poids à l'estomac évaporé et remplacé par une boule de bonheur. Qu'importaient les imbéciles qui se moquaient de moi et me haïssaient quand certaines personnes comme Olivier étaient là ?
XXX
JE VAIS ÉCRASER LA GUEULE A CES IMBÉCILES. SI UN JOUR JE LES VOIS, SOIS ASSURÉE QUE LEURS PARENTS NE RECONNAITRONT PAS LEURS VISAGES.
Sérieusement.
Si tu as le moindre souci, Éléonore, je débarque à la seconde coller une droite à ces abrutis, tu m'as comprise ?
Sniffle. (& Debby qui pense exactement pareil).
XXX
D'où tu es au courant, toi ?
Franchement, même à des milliers de kilomètres, je n'ai pas l'once d'une vie privée ! Sincèrement, ne vous inquiétez pas, va. J'ai l'habitude de n'être pas trop aimée, tu sais. C'est ça de trainer avec des gens cools, ça vous attire plein d'ennemis en contre partie ! Mais, pas de soucis hein, tant que mes amis sont là pour moi, je m'en fiche du reste. Alors continuez à manger de bons petits tiramisus, tranquillement dans vos canapés, et laissez-moi vivre tranquillement sans vous soucier.
A part ceci, quoi de beau, mes chers amis ? Il fait beau temps, là où vous êtes ? Vous faites quoi de vos journées ? Ici, il fait assez moche, en réalité. Du coup, je ne sors pas trop. Je crois même que j'ai du mettre les pieds dans la bibliothèque en weekend tellement il faisait moche. Bon, j'aurais pu rester dans la salle commune et tout, mais vu la salle ambiance en ce moment, c'est mieux d'être ailleurs. Ouais, y a une sacrée mauvaise ambiance ! Entre Potter qui se fait laminer d'avoir « volé la place de Diggory », qui se fait humilier par l'article de Skeeter, autant dire que ça murmure de partout dans la salle commune et que bon, c'est assez casse-pieds quand même. D'autant plus que, la plupart du temps, ils ne marmonnent même pas des trucs intelligents. Du coup, Potter ne reste pas trop non plus dans la salle commune il doit surement s'entrainer dans une salle vide, ou un truc du genre.
Ouaip, parce que l'épreuve c'est quand même demain après-midi ! Je sais pas pourquoi, mais je ne le sens absolument pas. J'espère que ça va être un méga truc super dangereux ! Bon, ce n'est pas cool pour les champions, mais au moins ça serait un véritable tournoi, passionnant et tout ! Parce que là, à part nous piquer de la bouffe pendant les repas et squatter nos cours, les étrangers, ils servent à rien, hein.
D'ailleurs, j'ai abandonné mon projet de nuire au cœur de Krum – pas parce que j'ai changé d'avis à son sujet, nan, nan. Juste parce que j'ai encore mieux ! (et aussi parce que Krum s'est amouraché de Granger, non mais franchement.) Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, mais j'ai mis en place le MLM. Soit Mouvement de Libération des Milkshakes – ne riez pas, c'est un projet très, très sérieux. J'ai l'intention de placarder quelques affiches pour recruter des gens dans Poudlard (je n'ai lu nulle part que c'était interdit, au moins une chose qu'ils ne pourront pas me reprocher !). Bon, je ne sais pas trop si ça marchera, mais grâce à ma technique fabuleuse de manipulation de Krum, je devrais l'avoir dans ma poche pour soutenir ma cause – et c'est certain qu'un invité d'honneur aussi prestigieux dans le monde que lui fera un impact considérable pour le MLM !
Bon, allez, je vous laisse, j'ai un devoir de métamorphose à finir, moi ! Je vous aime tous très, très, très fort. ILY.
Ely, votre choupette d'amour.
XXX
- C'EST UN GRAND JOUUUUUUUUUUUUR.
- Ta gueule, Lee. C'est juste une épreuve débile, qu'ils ont débilement décidé de faire dehors alors qu'il fait débilement froid.
- Roooh, relax petite, et enjoy un peu !
Je lançais un regard noir à l'imbécile qui semblait avoir fumé des trucs louches, calé avec ravissement dans les bras de sa chère Meredith – ça permet de se donner chaud, tu comprends, gamine ? Et, finalement, je me tournais vers les jumeaux, frigorifiée :
- Ça commence quand, ce truc ?
Il y eut alors un long sifflement et Ludo Verpey débarqua, beuglant des bonjours et des bienvenues et des « c'est parti pour la première manche ! ». Je levais les yeux au ciel et murmurais à l'oreille de Lee :
- Je préfère lar-ge-ment tes commentaires !
Il m'adressa un sourire ravi avant de se lever en bondissant lorsqu'on fit entrer un dragon dans le terrain. OH. OH MON DIEU. Un dragon ! La première manche, c'est un dragon ! Il faut combattre un dragon !
- Mais ils sont complètement malades ! hurla Meredith, traumatisée.
J'eus un petit sourire moqueur bien que j'étais loin d'aller mieux qu'elle – après tout, un dragon était pas loin de nous et, oh, il y avait bien quelques gardes et éleveurs de dragons et blablabla mais… Bordel ! Un dragon ! C'était complètement insensé ! Bon, et en même temps, quand même vachement cool ! J'avais rêvé d'un tournoi pimenté, voilà qui allait largement me contenter, n'est-ce pas ? Adressant un grand sourire ravi à Lee, les yeux pétillants, je murmurais :
- Ça va péter !
Et alors un coup de sifflet retentit pour la seconde fois alors que Cédric Diggory pénétrait dans l'arène, sous les hurlements de la foule en délire. The party's on !
XXX
- POTTER ! POTTER ! POTTER ! POTTEEEEER !
Les cris s'enchainaient, les hurlements de joie s'empilaient tandis qu'ils surélevaient Potter dans les airs, son œuf étrange dans la main. J'éclatais de rire, verre de bièraubeurre à la main, calée contre George. Ah, il était beau comme ça, mon petit Harry, tout heureux parmi ses amis. Enfin, je me moquais, mais je préférais nettement cette ambiance dans la salle commune que celle d'avant. Rires, bonne humeur, soutien voilà ce qui faisait des Gryffondor, que diable ! J'allais m'asseoir dans un canapé, soupirant profondément, et sirotais lentement ma boisson. Je vis alors le septième année de l'autre fois s'asseoir devant moi et je me tendis imperceptiblement. Heureusement, il ne fit aucune remarque, ni ne me regarda ou m'adressa la parole.
Puis, Lee eut l'idée stupide de proposer à Harry d'ouvrir son œuf, histoire de voir ce qu'il en était. Que Merlin le maudisse lui et ses idées. Franchement. Parce que le bruit qui suivit, honnêtement, je m'en serais bien passée. Lorsque Potter fit glisser ses ongles dans la fente et ouvrit l'œuf, il y eut un moment de silence et nous fixâmes tous l'œuf vide avec surprise. Et, là. Vlan, en plein dans les tympans, un bruit horrible. Vraiment horrible. Je risquais d'en faire des cauchemars durant cinq ans.
Fred s'écria immédiatement de fermer l'objet, alors que nous plaquions tous nos mains sur nos oreilles, la même grimace horrifiée collée au visage. Mon dieu, mais qu'est-ce que c'était que ça ? songeais-je alors que Seamus posait la même question à voix haute, question qui semblait être la pensée commune. Il y eut quelques propositions débiles, dont celle de Neville qui me fit lever les yeux au ciel un Doloris, vraiment ? Il se croyait à Azkaban, ou quoi ! On était à Poudlard, avec que des gentils, pas entourés de Mangemorts ! Franchement, le pauvre flippait absolument à propos de tous les sorts impardonnables et autres depuis le cours de Fol Œil. Il lui fallait absolument se décontracter un peu.
George sembla penser comme moi, répliquant qu'il était bête de penser à ceci, que c'était interdit, franchement. Je ricanais alors qu'il insinuait qu'Harry devrait peut-être attaquer Percy, le cri suspicieusement similaire à son grand-frère chantant sous la douche. Ah, je ne savais vraiment pas de quoi il s'agissait, c'était totalement suspect mais… Franchement, ça promettait une fois encore ! Avec un dragon pour représenter le Ciel, je mettais ma main à couper que le prochain représentait les Océans ! Et après, le meilleur pour la fin, évidemment, la Terre ! Tadah ! Comment je serais trop une organisatrice qui gérerait !
Je divaguais depuis quelques instants lorsque j'entendis brusquement un coin-coin résonner dans la salle, stoppant de manière surprenante les conversations. Je relevais les yeux, surprise, et tombais sur un gros canari jaune, en plein milieu de la salle et, alors que tous les autres éclataient de rire, je haussais un sourcil, perdu. Qu'est-ce que c'était que ça ? Et, lentement, le canari se transforma en Neville Londubat. Aussitôt, je partis dans un grand fou rire, pointant du doigt mon camarade qui se remettait lentement de la transformation. George m'adressa un clin d'œil et chuchota :
- On est plutôt doués, pas vrai ?
Je lui fis un large sourire et, passant un bras autour de ses épaules, je murmurai, les yeux brillants d'excitation :
- Vous êtes les meilleurs, oui !
