Faites attention, voici venir un chapitre avec une scène sexuelle assez choquante (enfin, je crois 0o) Alors, restez sur vos gardes =) Je vous averti quand elle arrive


3

Etalon indomptable

Plusieurs jours plus tard …

Soit. Si c'est ce qu'elles voulaient d'eux. Récupérant son épée, Aiolia se redressa, les membres tremblants. En face de lui, son ennemi fit un pas en avant. Le Chevalier du Lion avait toujours rechigné à tuer, sauf dans le cas où sa Déesse était en danger. Ici, aujourd'hui et maintenant, c'était une question d'honneur et de survie avant tout. Rassemblant les forces qui lui restaient, Aiolia s'élança en avant et, dans une détente impressionnante, s'éleva dans les airs en un bon prodigieux. Il brandit son épée au-dessus de sa tête en ignorant la douleur fugace qui tiraillait son dos, poussa un cri, et l'abattit sur son ennemi avec force.

Il s'attendait à ce que son arme rencontre une certaine résistance lorsqu'elle perça l'armure noire de l'homme qui se dressait en face de lui. Mais Aiolia fut surprit de constater qu'elle le traversa comme elle l'aurait fait avec de la fumée. Le Chevalier se réceptionna au sol comme il put, un genou à terre, la main gauche dans les cailloux pour garder l'équilibre, alors que la droite tenait fermement son épée de bronze. Il releva la tête vers son ennemi. Celui-ci semblait entièrement paralysé. Il poussa un ou deux gémissements, les bras écartés, puis son armure noire de nuit commença à se désintégrer. D'abord lentement, avant de s'évaporer comme de la fumée compact et inodore. Et il disparut. Pas le moins du monde étonné, Aiolia se redressa, essoufflé et en sueur.

Des jours entiers que cela durait. Les Amazones, après les avoir tous sorti un par un de leur cage pour les malmener, les battre et les laisser ensuite quasiment morts, semblaient aujourd'hui vouloir mettre différemment leur force à l'épreuve. Elles les avaient laissé récupérer plusieurs jours de leurs blessures, sans leur prodiguer un seul soin convenable, et les hommes enfermés avaient dû se débrouiller avec l'eau brunie qu'on leur apportait sur leur unique plateau de nourriture de la journée, et des bouts déchirés de leur paillasse pour se fabriquer des bandages. Dieu merci, aucun d'eux ne fut pris d'une grave infection, et tous se remettaient plus ou moins bien des coups de fouets qui leur avait été infligé. A présent, comme de véritables gladiateurs, les Chevaliers d'Athéna étaient envoyés dans le colisée pour affronter des hommes semblable à celui-ci, qui était davantage spectres qu'humains.

La première cage à s'être ouverte sur l'arène fut celle d'Angelo. Celui-ci avait dû se battre contre un homme identique à celui qu'Aiolia venait de détruire, mais il n'était plus, tout comme lui, habitué à se servir d'une épée, car les Chevaliers d'Athéna n'utilisaient pas d'armes de combat pour se battre. Il avait lutté courageusement, le temps de retrouver ses premiers réflexes, et avait fini par terrasser son adversaire, après ce qu'il lui était apparu comme des heures entières passées à lutter. Puis, à bout de force, il s'était écroulé au centre de l'arène. Deux femmes étaient alors apparus près de lui, l'avait soulevé puis ramener dans sa cage sans lui prodiguer, encore une fois, le moindre soin. Et Angelo n'avait été que le premier.

Apparemment, ces combats étaient surtout destinés à mettre leur force et leur endurance à l'épreuve, mais pas pour tous. Alors que certains des Chevaliers n'avaient pas une seule fois quitté leur cage, comme Mû, Shaka, Camus ou Aphrodite, d'autres avaient été envoyé plus d'une fois sur le terrain, comme Saga, Milo, Dohko ou Aiolia.

Lorsque celui-ci avait entendu pour la première fois le déclic lui indiquant que les barreaux de sa cage étaient ouverts, il avait souri. Sans son cosmos, il n'était certes pas à l'abri d'un coup mortel, mais il s'en fichait, car il était ivre de vengeance. Rendu fou par la captivité, la honte et la colère de s'être ainsi fait battre, il s'était élancé dehors, sans craindre le danger. Cela faisait en tout et pour tout cinq fois qu'il était envoyé pour combattre ces hommes en noir. Plus il en terrassait, et plus ceux qui se dressaient ensuite face à lui semblaient puissants, et les combats difficiles, mais il s'en fichait. Les Amazones se moquaient d'eux, elles traitaient les fiers Chevaliers d'Athéna comme de simples soldats sans valeur, et se permettaient de les juger. Sa fierté mis à mal, Aiolia n'avait pas hésité une seule seconde devant chacun de ses combats. Et chaque fois, il avait été fier de constater qu'il en était de même pour ses compagnons d'armes.

Des jours qu'ils étaient ainsi enfermés, sous un soleil de plomb éternel, sans presque rien à boire ni à manger, mais aucun ne voulait abandonner. Quoi que ces femmes exigeassent d'eux.

Plein d'un nouveau souffle de haine, Aiolia leva son épée vers le ciel et poussa un cri de rage, dardant ses yeux de fauve sur les gradins. Il était essoufflé, il sentait la sueur dégouliner sur son corps à la peau dorée, il avait mal sur le flanc gauche, là où son ennemi avait réussi à le toucher avec le pommeau de son épée, et la blessure refermée de son dos, tiraillée par sa fatigue, criait d'indignation. Mais il n'en avait cure. Ici où là, assises sur les hautes marches de pierre, quelques silhouettes, solitaires ou regroupées, le fixaient sans ciller. Il les parcourut du regard jusqu'à trouver celle qu'il voulait, et dirigea son arme vers elle.

- C'est tout ? s'écria-t-il avec colère. C'est tout ce que vous êtes capable de nous proposer ?

La femme se leva. C'était elle qui les avait soumis à sa volonté par sa lance de bronze plusieurs jours plus tôt – trop pour que les Chevaliers se souvinssent exactement du nombre – elle qui s'était assises sur les plus hauts gradins, entourées de plusieurs de ses femmes, et arborait la cape la plus rouge. C'était elle, la reine des Amazones. Les sourcils froncés, le visage dur, elle avait un corps musclé et immense. Plus haute que la plupart des Chevaliers d'Athéna, elle dégageait une aura chargé de colère, dangereuse et assoiffée de sang. De son poing droit, elle serra fermement son arme gigantesque.

- Alors ? rugit de nouveau Aiolia. Descends un peu, voir par toi-même comment je me bats ! Viens !

Tout autour de lui, certains de ses camarades poussèrent des acclamations excités, l'accompagnant dans son indignation et sa colère. Le visage de la reine se tordit dans une grimace de dégoût. Un homme, un misérable insecte était en train de la défier dans son propre royaume. Dans un geste plein de fureur, elle abaissa sa lance.

Aiolia sourit. La première fois qu'elle l'avait soumis par cette même arme, il n'était pas en position de lutter. Coincé dans sa cage, il n'avait pas eu la place d'esquiver, mais là il avait tout un terrain rien que pour lui. Et, même s'il était épuisé par le combat acharné qu'il venait de donner et par ses blessures à peine refermées, il se concentra sur le geste de l'Amazone loin au-dessus de lui, et s'apprêta à bondir.

Lorsque l'éclair doré jaillit de la lance, il esquiva vivement, roula sur la gauche et se redressa aussitôt. Chacun de ses muscles criaient, asphyxiés par le manque d'oxygène que les battements désordonnés de son cœur ne parvenaient pas à leur fournir. La respiration erratique, Aiolia tentait vainement de reprendre son souffle. Un second éclair fonça droit sur lui, qu'il esquiva de justesse.

Du haut de son gradin, la reine était plus en colère que jamais. L'homme impudent était en train de jouer avec elle, et cela, elle ne le tolérait pas ! Derrière elle, une jeune femme assise négligemment, et qui lui ressemblait étonnamment, eut un sourire conquis et se redressa de toute sa stupéfiante hauteur. Trop occupé qu'il était à jouer avec sa nouvelle amie, Aiolia ne vit pas cette jeune femme se téléporter dans un grésillement étrange.

Lorsqu'elle réapparut, se fut derrière lui. Grâce aux entraînements qu'il avait suivis dans sa jeunesse au Sanctuaire, Aiolia possédait une force physique étonnante, et restait le plus rapide de tous les Chevaliers du Zodiaque. Mais l'absence de son cosmos se faisait clairement ressentir dans une situation comme celle-ci. Aiolia ne sentit pas sa nouvelle ennemie. Elle dégaina tranquillement son arme derrière lui alors qu'il était occupé à fixer la reine. L'un de ses compagnons tenta bien de le prévenir, mais il ne réagit pas à temps. La jeune femme l'assomma d'un coup du pommeau de son épée sur l'arrière du crâne, et le Lion tomba.

Il heurta le sol en soulevant de la poussière, et au même moment, la reine apparut près de lui, le visage déformé par la colère. Elle brandit sa lance, et visa la nuque.

- Misérable ! siffla-t-elle d'une voix grave.

Dans sa demi-conscience douloureuse, Aiolia entendit clairement le sifflement de l'air au-dessus de sa tête lorsque l'arme se déplaça avec force et vitesse. Mais un bruit de fer qui s'entrechoque raisonna à son oreille droite et le fit sursauter, lui arrachant un gémissement pathétique. La douleur à l'arrière de sa tête tambourinait dans tout son corps, et il luttait pour garder les yeux ouverts et ne pas sombrer dans l'inconscience.

La reine bondit en arrière avec agilité, et fit face à la jeune Amazone qui venait de l'arrêter avec ferveur. Droite et fière, elle dit d'une voix sombre :

- Ecartes-toi ! Je te défends de choisir cet homme, Cassia !

Brandissant toujours son épée, la dénommée Cassia sourit. Elle s'était positionnée juste au-dessus d'Aiolia tombé face contre terre, les deux jambes de chaque côté de son corps pour le protéger.

- Je suis désolé mère, répliqua-t-elle sans quitter sa position à la fois offensive et défensive, mais c'est lui que je veux.

- Je te l'interdis ! rugit la reine. Cet homme est beaucoup trop sauvage, je refuse de mêler mon sang à un tel animal !

- En m'accouplant avec cet homme, ma fille aura son courage et sa férocité. Notre lignée s'appauvrit, vous l'avez dit vous-même.

- Certes, mais pas au point de te laisser choisir un homme indomptable, écartes-toi !

- Non.

Faisant face à sa mère, pire, à sa reine, Cassia tint sa position, souriant d'un air effronté. En face d'elle, l'Amazone pinça les lèvres, la mâchoire serrée.

Aiolia battit des paupières. Ses oreilles bourdonnaient à cause du coup qu'il avait reçu, mais il n'avait néanmoins rien perdu de la conversation qui venait d'avoir lieux au-dessus de lui. Alors c'était cela ? Les Amazones étaient en train de leur faire passer des tests en vue d'une sélection naturelle ? Pour des accouplements ? C'était tout ce qu'elles désiraient, avoir des filles en couchant avec eux, en les utilisant comme des reproducteurs de bétail, eux, les fiers Chevaliers d'Athéna ?

Le sang du Lion ne fit qu'un tour. Il sentait son cœur battre à l'arrière de sa tête, et les bords de sa vision étaient troubles, mais la rage fut la plus forte. Il n'avait pas l'intention de se laisser utiliser comme un étalon reproducteur qu'on était prêt à tuer une fois qu'il serait trop vieux pour remplir ses fonctions. Il raffermit sa prise sur le pommeau de son épée, que sa main droite n'avait heureusement pas lâché, et prit une grande inspiration chargée de poussière.

Il poussa sur son bras droit, bascula sur l'épaule gauche pour se retourner et balança son épée vers l'Amazone toujours fermement positionné au-dessus de lui. Mais elle fut rapide, stoppa son attaque par une parade de revers vive et efficace, et sauta loin de lui, l'épée au clair, le sourire aux lèvres, prête à en découdre. Aiolia se redressa vivement, secoua la tête pour chasser un brusque vertige et lui fit face courageusement. Non loin d'eux, la reine ne fit pas un seul mouvement, alors que dans les gradins, toutes les femmes se levèrent et certaines poussèrent même des acclamations.

- Montre-moi ce dont tu es capable ! s'écria Cassia dans un sourire carnassier. Montre-moi à quel point tu es féroce !

Dans un cri de rage, Aiolia s'élança. Cette satanée Amazone s'adressait à lui comme s'il était un enfant inoffensif dont elle n'avait rien à craindre, et il n'y avait rien de plus énervant pour lui. L'épée pointée vers elle, le Lion tenta une attaque de front qu'elle para avec agilité. Le combat s'engagea, mais ils n'eurent qu'à échanger quelques coups pour qu'Aiolia se rende compte qu'il n'avait absolument pas l'avantage dans ce duel. Fraiche et reposée, pleine de vigueur et de force, l'Amazone, dont la carrure était aussi grande et musclée que la sienne, repoussait toutes ses attaques avec un sourire amusé. Aiolia tenta une feinte en utilisant sa garde, mais elle joua avec avant de l'envoyer balader. Il frappa de taille, elle bloqua aisément. Il essaya une parade qu'elle para facilement, puis frappa d'estoc. Et c'est là que son épée lui échappa. Utilisant une botte secrète particulièrement agile et rapide, l'Amazone lui fit sauter son arme des mains.

Essoufflé, brûlant de colère et de honte, Aiolia regarda l'épée émoussée s'envoler dans les airs et atterrir lourdement au sol loin de lui, soulevant de la poussière blanche. Le corps en sueur, les bras tremblants et les poings serrés, il tourna ses yeux bleus électriques sur Cassia. Elle souriait, comblé, et fit un pas en avant tout en le menaçant de son épée.

- Parfait, déclara-t-elle de sa voix grave, c'est ça que je veux !

La pointe de son épée entra en contact avec la peau brûlante d'Aiolia, et elle la dirigea tranquillement entre ses pectoraux, en y laissant une fine estafilade de sang. Le Lion grimaça, mais ne détourna pas le regard. L'Amazone s'approcha encore pour lui murmurer :

- C'est moi qui ai insisté pour qu'on te mette à l'épreuve, c'est moi qui ai demandé tous ces combats. Tu es à moi !

Et elle éclata d'un rire tonitruant, pas du tout féminin. La reine, qui était resté prêt d'eux durant le combat sans faire le moindre geste, fit enfin un pas en avant.

- Est-ce vraiment lui que tu as choisis ? demanda-t-elle à contrecœur.

- Oui mère, répondit Cassia sans quitter Aiolia du regard, et vous ne pouvez rien faire contre cela.

Aiolia se dit tout à coup que, désarmé, il ne pouvait de toute façon rien faire pour l'instant, et se contenta donc de rester sagement debout entre les deux femmes, avec la désagréable impression d'être un morceau de viande que se disputaient deux harpies.

Dès que Cassia eut décrété, au centre du colisée, que c'était lui qu'elle avait choisis, deux Amazones se téléportèrent aux côtés d'Aiolia pour le mener hors de l'arène. Il reconnut même celle qu'il avait réussis à frapper plusieurs jours plus tôt, la femme aux yeux de feu. Elles ne le ramenèrent pas à sa cage, mais l'entraînèrent vigoureusement vers une arche creusée dans la pierre, noire et menaçante, située juste entre deux cages. Elles s'y engouffrèrent, l'encadrant comme deux gardes de fer, tout en le tenant fermement. Une autre femme se matérialisa devant eux pour les conduire. Ainsi coincé entre deux d'entre elles, Aiolia ne payait pas de mine, tout épuisé et blessé qu'il était.

Il les laissa donc le mener où elles le voulaient, trop secoué pour se débattre. Mais sitôt eut-il pénétré dans le couloir sombre et frais qu'il en ouvrit les yeux de stupeur. La fraicheur sur sa peau brûlée par le soleil le secoua comme s'il prenait une gifle. Il n'aurait jamais cru ça un jour, mais cela lui fit du bien de s'éloigner des rayons du soleil, lui qui aimait pourtant tant la chaleur de sa Grèce natale.

En quelques enjambées, les Amazones le menèrent vers une lourde porte en bois, parfaitement identique à celle qui fermait sa cage, l'ouvrirent et le jetèrent à l'intérieur sans autre forme de procès. Epuisé, Aiolia se ramassa lamentablement sur le sol avant de se redresser dans un grognement d'effort. Faisant fi des coupures qu'il s'était fait sur les paumes des mains et les genoux en atterrissant sur la pierre brute, il releva les yeux pour examiner l'endroit dans lequel il venait d'atterrir.

Un trou, ni plus ni moins, de deux mètres de diamètres et une dizaine de mètres de hauteur au bas mot, tout en pierre brute et coupante, à la fois noire et claire, extrêmement dure et poreuse, comme si toutes les pierres du monde avait été fondues l'une dans l'autre pour créer ce trou. Aiolia resta un instant la tête levée, à contempler l'ouverture avec des yeux avide, mais à peine eut-il le temps de se dire qu'il pourrait peut-être escalader l'une des parois pour sortir, que quatre Amazones apparurent au-dessus de chacun des quatre murs. Elles le fixèrent quelques secondes, seulement pour s'assurer de l'endroit où il se trouvait, même si l'exiguïté de l'espace ne lui permettait pas d'aller bien loin, puis brandirent chacune un sceau d'eau fraiche qu'elle déversèrent droit sur sa tête.

Surprit, Aiolia s'accula au mur derrière lui, de l'eau dans les yeux, le nez et la bouche. L'eau n'était pas particulièrement froide, mais la température à laquelle sa peau avait été soumise ses derniers jours étaient tellement élevée, que la fraicheur de cette eau le revigora avec une efficacité incroyable. L'esprit enfin clair, Aiolia s'ébroua comme un animal et releva la tête. Les femmes avait disparu. Il n'aurait jamais pensé que l'eau puisse avoir un tel pouvoir régénérateur. Il tendit l'oreille, à l'affût du moindre bruit, et s'étonna qu'aucune de ces Amazones ne montent la garde au sommet du trou. Sans attendre une seconde de plus, il entreprit d'escalader.

Au bout de plusieurs minutes, il renonça. La pierre était tellement coupante, et glissante à cause de l'eau, qu'il s'érafla plusieurs fois les doigts et les pieds, sans oublier le torse lorsque celui-ci frottait malencontreusement contre la paroi. Lorsqu'il avisa un bout de chair de sa paume droite qui venait de se détacher de son corps, ne laissant au creux de sa main qu'un trou ensanglanté, il se décida enfin à s'asseoir dans l'espace étroit, et à rester tranquille. Voilà pourquoi aucune sentinelle ne montait la garde. Aiolia poussa donc un soupir, et se résigna à attendre.

Il dut s'endormir, sans en être parfaitement certain. Mais un bruit de ferraille glissant sur la pierre l'obligea à ouvrir les yeux et se redresser. Un plateau de nourriture venait d'être glissé par une trappe située au plus bas de la porte. Aiolia en écarquilla les yeux de surprise. Durant plusieurs jours, il n'avait été nourri qu'à un bout de fromage malodorant, un morceau de pain trop dur et un verre d'eau brunie. Mais là, dispensant dans le trou dans lequel il se tenait assis, un arôme délicieux, une énorme tranche de lard grillée et fumante trônait fièrement au milieu d'un assortiment de pommes de terre dorées et de carottes juteuses, sur un lit de sauce grasse. Aiolia battit des paupières, comme hypnotisée. Accompagnant cette généreuse assiette, une tranche de pain épaisse soutenait un morceau de fromage frais dont le cœur crémeux dégoulinait généreusement. Fièrement dressée au milieu de tout ça, une chope laissait échapper une vapeur à la fois sucrée et épicée.

Aiolia sentit l'eau lui monter à la bouche. Il resta immobile plusieurs secondes à contempler ce repas copieux qu'il n'espérait plus, avant d'oublier toute prudence et de s'approcher. Si les Amazones avaient décidé de l'engraisser comme une oie avant de le manger, et bien tant pis pour lui, il foncerait dans le piège tête baissée. S'accroupissant près du plateau, il huma le fumet délicieux qui s'en élevait. A en croire son expérience, la chope contenait un bon vin chaud épicé. Sans plus attendre, il se jeta sur son repas et le dévora.

La viande était à la fois tendre et croustillante sous la dent, et la pomme de terre fondait sur la langue. Le pain semblait avoir été pétri avec du miel, des noisettes et du raisin, et s'unissait formidablement bien au fromage, dont l'odeur lui remplis les narines rien qu'en lui touchant le palais. La bouche pleine de ces mets délicieux, il y trouva néanmoins de la place pour y faire glisser une gorgée de vin chaud. Le liquide se répandit dans son estomac et tout son corps comme un nouveau souffle de vie. Aiolia avala cette première bouchée, se sentant revivre, poussa un soupir de satisfaction et se mit dans la tête de finir docilement toute son assiette.

Cela fut expédié en cinq minutes. Repus, Aiolia se laissa tomber en arrière, le dos contre le mur de pierres coupantes, et poussa un nouveau soupir. Il se sentait plein d'une nouvelle énergie, mais n'avait néanmoins plus du tout envie de faire le moindre mouvement. Les yeux levés vers le ciel, il contemplait son bleu profond et clair.

Les Amazones l'avaient isolé, lui avait manifestement fait prendre un bain, et venaient de le nourrir copieusement. Aiolia avait peur de deviner la finalité de tout cela. Mais à peine eut-il le temps d'y penser, qu'il entendit clairement une clef tourner dans la serrure. Faisant montre d'une rapidité exemplaire, le Lion se redressa, prêt à ne pas se laisser faire.

Une jeune guerrière se présenta dans l'ouverture, et à peine l'eut-il vu qu'il se jeta sur elle. Elle tituba en arrière, surprise de la force de son adversaire, mais trois autres femmes la remplacèrent et attrapèrent Aiolia pour le jeter au sol. Il tenta de se redresser, en attrapa une à la cheville pour la faire tomber, lutta quelques instants avec elle avant qu'elle ne parvienne à se redresser grâce à l'assistance de ces camarades, et dut ensuite se recroqueviller sur lui-même, la tête dans le creux des bras, à attendre que les coups veuillent bien cesser de pleuvoir. Ça n'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans ce genre de position, car lorsqu'il était enfant, un jour les villageois du Sanctuaire était venu le chercher pour le battre, criant à la trahison contre son grand frère. Mais il n'était qu'un enfant à cette époque, et aujourd'hui, c'était d'autant plus insupportable qu'il était un Chevalier d'Athéna, et qu'il ne pouvait strictement rien faire pour se défendre. Son corps encaissa courageusement les coups et il ferma les yeux, attendant simplement que cela cesse.

- Ça suffit ! hurla soudainement une voix grave. Ne le battez pas, Cassia l'a choisis !

L'ordre fut à peine donné que les Amazones cessèrent. Perclus de douleur et de honte, Aiolia entrouvrit néanmoins timidement les bras pour écouter ce qu'il se disait, sans faire le moindre geste.

- Et bien elle a mal choisis ! répliqua l'une des femmes qui se tenait debout à ses côtés. Le dressage de cet homme n'a rien donné, il est indomptable !

- Nous n'avons pas de temps supplémentaire à accorder à son dressage, répliqua la première voix, amenez-le, et toi cesses de dire du mal de notre future reine !

Cette fois, aucune ne répondit. Essoufflé, Aiolia attendait patiemment. En réalité, quitte à choisir entre les coups et l'accouplement, il préférait de loin être battu. Un ordre nouveau claqua :

- Relevez-le.

Sans aucune douceur, et avec une force qui ne cessait de le surprendre, Aiolia fut remis sur ses pieds. Une guerrière, apparemment plus âgée que les autres et plus petite, mais dont l'épaisseur des bras et des cuisses lui fit redouter le pire en cas de punition, le toisait avec dédain, les yeux aussi noirs que le charbon. Elle le détailla des pieds à la tête sans vergogne, puis déclara :

- Cassia aurait pu choisir pire. Attachez-le, qu'il ne tente rien.

Ce nouvel ordre fut aussi vite exécuté que les deux précédents. Les trois Amazones tirèrent ses bras en arrière avec une telle brusquerie qu'il en poussa un cri de douleur, et entravèrent ses poignets par des menottes en fer forgé.

- Bien, déclara la guerrière plus âgée, allons-y.

Et les autres femmes la suivirent docilement. Mais Aiolia n'était pas du même avis. A peine lui eurent-elles fait faire quelques mètres qu'il commença à se débattre, s'ébrouant comme un étalon nerveux, propulsant ses geôlières à droite, puis à gauche pour tenter de les faire lâcher prise, avant de brusquement s'arrêter, les pieds fermement campés sur le sol, et refusant d'avancer davantage, obligeant les femmes à le tirer avec force.

Il se débattit ainsi un certain temps, grognant parfois, poussant des jurons souvent, menaçant évidemment, et rugissant pour tenter de les impressionner. Il tenta d'abord de mémoriser quelques bifurcations pour être sûr de s'y retrouver si jamais il parvenait à leur échapper, mais tous les couloirs se ressemblaient. Le sol était en terre brune et poussiéreuse et les murs en pierre, exactement identique à ceux du trou dans lequel il était resté un petit moment. Il finit par y perdre le sens de l'orientation et renonça à mémoriser quoi que ce soit. Pour éclairer tous ces couloirs sombres, à l'abri de la chaleur du soleil éternel, quelques lampes à huile avaient été accrochées ici ou là, dispensant alentour une faible lumière.

Finalement, après plusieurs minutes, les Amazones le forcèrent à s'arrêter devant une porte en bois semblable à toutes celles qu'elles avaient ignoré jusqu'ici. Et maintenant qu'il était à l'arrêt, Aiolia tenta de leur fausser compagnie. Mais cette fois, l'une des femmes perdit patience – celle qu'il avait déjà frappé, en fait – surtout lorsqu'il lui écrasa l'orteil droit sans aucune douceur. Elle le tourna vers elle d'un geste brusque, l'obligea à regarder son visage déformé par la colère, et lui asséna un direct du droit directement dans le thorax. Aiolia se plia en deux, la bouche ouverte dans un cri muet, et un filet de bave ensanglanté glissa de sa lèvre inférieure pour s'écraser au sol. Il avait l'impression que tous ces organes désiraient s'échapper de l'intérieur de son corps en remontant par son œsophage.

- Ténia ! rugit celle qui les avait conduits jusqu'ici. J'ai dit de ne pas trop l'abîmer, il lui faudra toute sa force pour faire ce que Cassia exigera de lui !

Certaines femmes qui le tenaient fermement émirent quelques rires d'hommes ivrognes, étranges dans des corps de femmes sobres, alors que la dénommée Ténia aux yeux de feu, se dressait de toute sa taille impressionnante en s'écriant d'une voix qui n'avait plus rien de féminine :

- Ce misérable m'a marché sur le pied !

Celle qui se tenait face au groupe s'avança vers Aiolia qui releva la tête vers elle, le cœur au bord des lèvres, et la défia du regard. L'Amazone lui asséna une claque retentissante, et le Lion sentit sa lèvre inférieure se fendre de nouveau. Puis elle lui murmura :

- Exactement comme Cassia les aime, vigoureux et pleins de sang !

Nouveaux rires d'ivrognes.

- Emmenez-le à l'intérieur !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les femmes le tirèrent dans la pièce, et Aiolia, toujours plié en deux, se laissa mener sans plus rien tenter. Obéissant comme un chien nerveux à qui on inflige trop de punition.

L'endroit était petit mais lumineux. Un grand lit occupait tout l'espace, accompagné seulement d'une table en bois brute sur laquelle étaient posée un broc d'eau et une bassine pour la toilette. Une fenêtre minuscule, par laquelle seule un enfant de trois ans aurait pu se faufiler, avait été taillée directement dans la pierre.

En voyant le lit, Aiolia tenta de reculer, se débattit, tenta même de mordre, et reçut pour cela un coup de poing qui fit gicler son sang de sa narine droite.

- Ténia !

- Il a essayé de me mordre !

- Attachez-le au lit.

/!\ SCENE CHOC /!\

AMES SENSIBLES S'ABSTENIR

MERCI

On lui retira ses menottes en fer. Aiolia tenta bien de s'esquiver, furieux d'être aussi impuissants face à des femmes, mais il se sentait à bout de force, épuisé comme si on l'avait de nouveau vidé de son énergie. Les Amazones le ligotèrent aux quatre pieds du lit avec des cordes de cuir solides, puis lui retirèrent son pantalon rapiécé sans égard pour sa fierté. Aiolia poussa un rugissement de rage qui se répercuta sur les murs et glissa dans le couloir désert. Les femmes sortirent. Seule resta la plus âgée, qui le fixait de ses yeux noirs.

D'un geste fébrile, elle sortit une fiole de sa ceinture, l'ouvrit d'un geste sec, et l'approcha de son visage. Aiolia tourna la tête à droite, puis à gauche, rugit de nouveau, mais l'Amazone l'attrapa fermement par le menton pour l'obliger à renifler le contenu de la fiole. La fragrance avait une odeur sucrée, douce et légère, enivrante. Entêtante. De nouveau, Aiolia rugit.

- Et tâche d'être à la hauteur, lui ordonna la guerrière avant de quitter la pièce.

Une fois seul, Aiolia s'arc-bouta, tira sur ses liens, tenta de les attraper entre ses dents, le nez en sang, mais ne réussit qu'à se tordre le poignet droit. Il s'agita autant qu'il put, furieux de se retrouver ainsi à la merci de n'importe qui, lui, un Chevalier d'Athéna. Pour un peu, il se serait laisser aller à pleurer d'amertume et de fureur. Mais il en fut incapable.

Son corps sombra petit à petit dans une douceur ouatée et chaude. Il se sentit à la fois affreusement lourd, et incroyablement léger. Sa tête lui tourna, sa vision se troubla, et chaque parcelle de son corps était parcouru de frissons de délice. Chacun de ses sens semblaient exacerbés. Une douce odeur de fleurs printanières et d'épices fruités emplissait ses narines, et le moindre souffle de vent sur sa peau était plus délicieux que la plus brûlante des caresses. Il prit une grande inspiration pour tenter de s'éclaircir les idées, mais cela n'eut pour effet que d'éveiller son corps à la fraicheur de l'air qu'il absorbait, et il sentit son sexe se dresser contre sa volonté.

Au même moment, la porte s'ouvrit, et Cassia entra, arborant un sourire carnassier, les yeux plein d'une étrange volonté. Son regard avide s'arrêta sur son membre déjà dressé, et elle s'esclaffa.

- Et bien ! sourit-elle en s'approchant. J'apprécie ta vigueur.

Elle poussa un rire tonitruant. Usant de gestes vifs, elle défit sa ceinture, puis retira tous ses vêtements au-dessous de sa taille.

- Je t'avais bien dis que tu étais à moi, dit-elle en s'asseyant au bord du lit, j'ai entendu Ténia se plaindre de ta férocité.

Elle rit de nouveau.

- J'ai eu raison de te choisir ! déclara-t-elle les yeux pleins d'un espoir fou. Ma fille sera aussi forte que moi, et aussi féroce que toi !

Inutile de préciser qu'Aiolia ne capta pas grand-chose de ses paroles. Perdu dans les limbes d'un plaisir solitaire, il haletait, fixant le visage penché près du sien tout en regardant ses lèvres bougées sans en saisir les paroles. L'Amazone sourit alors, dévoilant ses dents blanches, mais Aiolia ne distingua, dans les brumes de sa vision trouble, que des crocs.

- Vous les hommes, vous n'êtes que des animaux, reprit Cassia en saisissant sans aucune douceur le sexe dressé d'Aiolia.

Brusquement ramené à la réalité, celui-ci poussa un cri de douleur. L'Amazone ne le caressait pas, elle pressait son membre brûlant dans sa main, comme pour en apprécier la dureté et la chaleur.

- Il est tellement facile de vous plier à notre volonté, continua la jeune femme alors qu'Aiolia se tortillait pour tenter de lui échapper, vas-y débats-toi ! Rends donc la chose plus amusante !

Pour toute réponse, Aiolia poussa un cri de rage. Cassia rigola, poussa un mugissement guttural plein de plaisir, et s'élança sur le corps d'Aiolia d'un mouvement circulaire de la jambe. Il la réceptionna sur lui, et malgré la drogue qu'il avait respirée, sentit clairement le corps trop musclé s'installer sur le sien pour le chevaucher.

Cassia se redressa légèrement, attrapa son sexe et l'obligea à la pénétrer d'un coup de la hanche, puis poussa un rire tonitruant alors qu'elle emprisonnait littéralement Aiolia entre ses chairs. Celui-ci la sentit se refermer sur lui comme un étau brûlant, et poussa malgré lui un grognement de plaisir. Abruti par la drogue, son corps ressentait ce que son esprit tentait de lui refuser. Aiolia ne voulait pas ressentir ce plaisir, alors que l'Amazone montait et descendait sur lui tout en riant. Il tenta de la désarçonner en s'agitant dans tous les sens tout en poussant un cri de colère, mais Cassia en rigola de plus belle et se pencha sur lui sans cesser ses mouvements.

- Défends-toi ! sourit-elle amusée. Ma fille sera la plus forte de toute ma lignée, et pour ça tu vas m'aider !

Puis elle se redressa et reprit ses va-et-vient. Aiolia n'avait jamais aimé coucher avec une femme, et encore moins avec une femme dominante. Il avait l'impression que Cassia s'évertuait à gober son sexe dans sa totalité, pour le réduire à l'impuissance. La honte qu'il ressentait d'être ainsi utilisé, sans aucune chance de lui échapper, le fit bouillonner de rage.

Tout en se promettant de se venger un jour de cette Amazone, il se libéra en elle dans un grognement plein de colère. Il avait peut-être l'esprit clair, mais son corps, toujours sous l'emprise des drogues, était comme au paradis. Les frissons de plaisir qui le parcourait lui donnèrent envie de vomir.

Lorsqu'elle sentit sa semence se déverser en elle, Cassia rejeta la tête en arrière et explosa d'un rire tonitruant. Elle emprisonna le sexe d'Aiolia dans le sien, comme pour être sûr d'en absorber le plus possible, et resta dans cette position un temps indéfinissable. Puis elle baissa de nouveau la tête, les yeux brillants d'une joie folle encore inassouvie.

- Ne crois pas que ce soit fini, dit-elle en l'attrapant brutalement par le cou, je veux que ma fille soit la plus forte. Il m'en faut plus, beaucoup plus !

Elle resserra brusquement son sexe autour de celui d'Aiolia, comme pour s'assurer qu'il était toujours là, lui arrachant un grognement, et reprit ses mouvements. De toute évidence, elle n'éprouvait aucun plaisir à par le fait de concevoir, dans cette étreinte forcée, une enfant de sa lignée de femmes guerrières.

Aiolia serra les dents et s'évertua à ne pas lui donner ce qu'elle désirait. Mais son corps, drogué, ne lui obéissait plus. Il tenta alors de se concentrer sur autre chose, afin que cet instant passe plus vite. Au moins, il n'était plus dans sa cage, affamé sous le soleil, ou dans l'arène, à se battre pour survivre. Quel homme n'avait pas rêvé d'être un jour ainsi chevauché par une Amazone fougueuse ? Pas lui, en tout cas.

Car Cassia non plus ne ressentait ni désir, ni plaisir dans cette union. Il n'y avait pas de frisson, pas de gémissement, pas de caresse, rien qui put l'aider à passer un moment plus agréable. En réalité, se dit Aiolia dans un éclair de lucidité, il ne s'agissait là que d'un échange de fluide. Lorsqu'il releva le regard pour croiser celui, extatique, de la femme au-dessus de lui, il se dit qu'au moins, à défaut de ne pas avoir d'atouts réellement féminins, elle avait de très beaux yeux verts.


Chapitre choc, et je m'excuse d'avoir touché des âmes sensibles! (dès le chapitre 3, je fais fort quand même 0o) Je me doute que vous ne vous attendiez pas à cela pour cette fic, et je vous prie de m'en excuser ^^" Si y'aura d'autres scènes de ce genre ? Peut-être =)

Alors que pensez-vous de mon Chevalier Aiolia ? Psychologiquement assez différent de celui de "Rédemption", mais je trouve ça plus sympa de ne pas faire toujours pareil, surtout lorsqu'on utilise les mêmes personnages d'une fic à l'autre ^^

D'après vous, il réussira à se venger ou pas ? Cet "accouplement" forcé portera-t-il ses fruits ? Mmh ... je vous laisse dans le doute. Et n'hésitez pas à le préciser, si vous avez été choqué de cette scène, ça m'aidera à savoir si je pourrais en mettre d'autres dans ce genre-là ou pas =)

Bisous ! Merci pour vos supers reviews ! Et bonne semaine ^^

Ps : désolé pour le retard de publication ^^" certes, hier c'était noel mais ça n'est que secondaire ! Parce que très tôt ce matin, donc le 25/12/11 à OO:39 je suis devenue marraine ! Ma grande soeur a mis au monde un magnifique petit garçon de 51 centimètres pour 3kg410 prénommé Evan ! Alors là, je suis un peu euphorique XD JOYEU NOEL A TOUT LE MONDE !

Bisous