Chapitre n°4 : Ne m'abandonnes jamais !
P.O.V. (Aoko) :
Nous étions là, debout devant l'infirmerie à attendre le réveil d'un disparu de longue date. Kaito Kuroba… Cet imbécile de magicien à deux francs six sous, qui nous avait abandonné quelques semaines plus tôt, seize jours exactement. Durant seize jours, nous étions resté dans le noir complet quand à son état. Aucune nouvelles, rien.
Et voilà qu'il réapparaissait, en plein cours de mathématiques. Le Kaito confiant et sans soucis que je connaissais avait plus ressemblé à un enfant perdu et sans défense. Il avait pleuré, chose que je ne lui connaissais pas.
Et ce Shinichi Kudo avec qui il était venu. Cette manière de se jeter dans ses bras en pleurs. Il avait changé. Trop changé à mon gout. Il était entré dans la classe intimidé. Il était loin. Loin de moi. Trop loin du Kaito que j'aimais.
J'entendis des bruits derrière moi, par la porte de l'infirmerie. On se criait dessus, on pleurait, on consolait. Je sentis la main de Saguru Hakuba sur mon épaule. Je me tournais pour me plonger dans ses pupilles marron chênes.
« Il est en vie, c'est le principal. » Me murmura-t-il.
« Oui… »
Je savais bien qu'il ne serait pas duper par ce mensonge, ni par le sourire que je faisais, mais je n'avais pas envie d'en parler. Il ne dit rien, et se contenta de fixer la porte, qui s'ouvrit doucement, laissant sortir un Kudo tout sourire.
« Désolé pour le dérangement, il a eu peur, c'est tout. » Nous dit-il avec un sourire.
« Il va mieux ? » Inopina soudain Akako en surgissant dans mon dos.
« Oui, bien mieux. Je suis désoler de vous le demander, mais, qui sont ses meilleurs amis ? S'ils pouvaient juste me suivre pour lui parler de lui, et de leurs relations, ce serait bien. D'ailleurs, il a une petite amie ? »
« Il n'a pas de petite amie. »Lançais-je, contrariée.
« Tant mieux ! » Fit-il gaiement.
« Comment ça « Tant mieux ! » !? » M'exclamais-je, plus que contrariée.
« S'il sortais avec quelqu'un et qu'il ne pourrais se souvenir de cette personne, ça risquerait d'être horrible pour cette personne. »
Effectivement, cela serait horrible. Si je sortais avec un garçon, et que celui-ci m'oubliais, je ne pourrais pas m'en remettre, d'autant plus si sa mémoire ne lui revenait jamais. J'espérais vraiment qu'il allait se souvenir, qu'il allait redevenir Mon Kaito, le Kaito que j'aimais, que j'admirais en secret.
Mais si, ô grand jamais, il ne retrouverait jamais sa mémoire, qu'allais-je devenir ? Sans Kaito sur de lui, un tentinait arrogant, qui se moquait continuellement de mon père qui n'arrivait jamais à attraper ce maudit Kid, ma vie risquait d'être bien monotone. Depuis cette soirée sous l'horloge où nous nous étions rencontrés, ma vie était rythmée par ses tours de prestidigitations et ses rires.
Kaito…
M'avais-tu oublié pour avoir eu si peur quand je t'ai enlacée ? Te rappelleras-tu un jour que nous étions amis ? Je l'espère, de tout mon cœur…
P.O.V. (Shinichi) :
J'attendais toujours que l'on me dise qui étaient les meilleurs amis de Kaito, mais visiblement la jeune fille, Aoko à ce que j'avais compris, n'avais pas l'intention de me répondre. Je soupirais, las de ce silence pesant.
« Bon, Hakuba, qui sont les meilleurs amis de Kaito s'il te plaît ? »
Le dit-Hakuba leva vers mes deux yeux étonnés. Qu'est ce que j'avais encore fait ?
« Qu'est ce qu'il y a Hakuba ? »
« Comment connais-tu mon nom ? » Me demanda-t-il.
Mais quel imbécile je faisais ! Je n'avais encore jamais rencontré Hakuba en temps que Shinichi Kudo ! Il fallait que je trouve une réponse approprié. Arg ! Quel imbécile ! Quand, quand avais-je put être au courant pour lui, quand !? Mais oui !
« Enfin, Hakuba ! Tu oublies un peu vite que je suis ami d'enfance avec Ran, et que Conan fait partit de ma famille, c'est tout de même le petit-fils de l'oncle qui est cousin de la fille aîné du grand-père de ma mère ! (et oui ! Je suis allez le chercher dans le tome 14 quand Yukiko sauve Conan des soupçons de Ran) » Clamais-je. « Et tu les as tout les deux rencontrer. »
« Ah, désolé, ils ne m'en avait jamais parlés… » Fit-il simplement.
Un léger rire s'échappa de ma gorge. Je l'avais échappé belle. Il fallait vraiment que je fasse attention dorénavant.
« Donc, qui sont ses meilleurs amis ? » Dis-je, exaspéré.
« Eh bien, je supposes que tu peux prendre Aoko. » Me répondit-il en présentant de sa main la jeune fille qui étrangement, ressemblait énormément à Ran. « Il s'agit de son amie d'enfance après tout. »
Son amie d'enfance ? Comme moi avec Ran.
« Et il doit bien y avoir d'autre personnes tout de même ? »
« Hakuba-kun et Akako-chan… »
Je me tournais d'un bloc vers le sosie de Ran, Aoko. Elle venait de murmurer le nom de cet arrogant de détective british et d'une fille visiblement. D'ailleurs, voilà qu'une fille sortait du lot. Non, un instant, pas une fille, une divinité. Une perle parmi les perles, mais la plus belle des perles. Elle était splendide, sublime, magnifique. Impossible de passer à côté.
Qu'elle me demande de la suivre, de devenir son esclave, et je la suivrais sans hésitation. Qu'elle me demande de lui donner ma vie, et je le ferais sans problèmes. Peut importe, c'était un diamant. J'obéirais à chacun de ses ordres.
« Hey ! Kudo ! »
Je sursautais, sortit de ma contemplation silencieuse. Toute la classe me regardait étrangement. Je reprenais rapidement ma contenance sous les regards amusés de la demoiselle. Je toussotais un instant, et invitait les trois personnes désignés à me suivre dans l'infirmerie.
À peine la porte refermer, je recevais un poids dans mon dos, deux bras enserrèrent ma taille, et une tête s'enfouit dans ma nuque. Je frissonnais quand son souffle chaud et instable atteint ma peau. Il tremblait.
« Ba… baka… baka… baka de Shin-san… baka… » Ne cessa-t-il de murmurer dans mon cou.
Je me retournais tant bien que mal pour me retrouver avec un lycéen complètement terrorisé dans les bras.
« Kaito… » Commençais-je, avant de me retrouver de nouveau avec un de ses doigts sur mes lèvres.
Je le sentais, il n'allait pas bien, il avait peur, il voulait fuir, mais il restait.
« Kaito… »
La pression de son doigt se fit plus forte, et il enfonça sa tête plus profondément dans mon cou. Il pleurait, je l'entendais, je le sentais.
« Kaito, s'il te plaît… » Parvins-je à murmurer, ayant retiré sa main. « Arrêtes, c'est bon, je suis là, tout va bien, ok ? »
Il releva la tête, se décollant un peu de moi. Il me fixa un instant, avant de rebaisser le regard et d'acquiescé silencieusement. Je le décollais encore un peu de moi, jusqu'à ce que ses bras ne m'entourent plus, puis doucement, je le retournais pour lui faire voir se « camarades ».
Il eu un mouvement de recul en les voyant, mais ne me resauta pas au cou comme je l'aurais imaginé. Il faisait face, bien décidé à connaitre sans passé.
Calmement, ses « amis » se présentèrent. En premier lieu, nous avions Aoko Nakamori, son amie d'enfance, et accessoirement fille du commissaire Nakamori. Une jolie brune qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Ran, excepté sa coiffure, un peu plus ébouriffée. En second lieu, nous avions Akako Koizumi, son amie, même si apparemment, ils ne se parlaient jamais véritablement. Une beauté japonaise sans faille, aux cheveux bruns et lisses et au visage ravissant. Et en dernier lieu, nous avions Saguru Hakuba, détective lycéen métisse –mi-japonais mi-anglais– arrogant, fils d'un inspecteur de police et rival du Kid. Il était aussi en confrontation direct avec Kaito au sujet de ce dernier.
Je les regardais un par un, avant de leur demandé de m'éclairé au sujet de l'identité de Kaito. Je fus abasourdi en découvrant la vérité sur Kaito. Il s'appelait Kaito Kuroba, était le fils de Toichi Kuroba, grand prestidigitateur dont j'avais moi-même entendu parler. Fan invétéré de Kid, il se chamaillait toujours avec Aoko et Hakuba.
Mais par-dessus tout, ce fut de me dire qu'il s'agissait d'un garçon à la limite de l'arrogance, sur de lui, qui faisait ses tours de magie et se battait –pas méchamment– en classe devant ses professeurs qui eu raison de moi. Le Kaito que moi-même je connaissais étais certes jovial et plein de vie, mais toujours en quête de réconfort et de tendresse, qui ne savait même pas faire cuire un œuf et qui avait besoin d'aide en permanence. De plus, il ne faisait jamais de tours de magie.
Je questionnais encore un peu les trois personnes en jetant de fréquents coups d'œil vers ma marmotte qui buvait littéralement les paroles des jeunes gens. Apparemment, il avait perdus son père huit ans auparavant, sa mère étais partis faire un tour purement professionnelle (relevé l'ironie) au États-Unis et ne pourrait rentrer avant quelques mois, et elle était injoignable. De plus, il semblait que Jii-san, l'ancien assistant de Monsieur Kuroba qui avait retrouvé Kaito après huit années, soit en voyage pour le compte de Kaito, et ne rentre pas avant une bonne semaine.
Autant dire que les personnes avec qui il était le plus proche n'étaient tout simplement pas présent. Un véritable casse-tête que sa perte de mémoire.
P.O.V. (narrateur) :
« Alors c'est ici ? » Demanda une voie légèrement tremblotante.
« Oui. » Répondit une voie qui appartenait à une jeune fille aux cheveux ébouriffés.
Devant le groupe de jeune, composé de Mademoiselle Akako Koizumi, Aoko Nakamori, Saguru Hakuba, Shinichi Kudo et Kaito Kuroba, se trouvait une charmante maison à un étage. On pouvait lire sans problèmes sur la plaque qui ornait délicatement le portillon : Famille Kuroba.
« Donc c'est ici que vit Kaito… » Souffla le jeune détective de l'est.
Il était figé devant la maison. Dire qu'ils habitaient si loin l'un de l'autre ! C'était regrettable. Un léger bruit de fer rouillé le sortit de sa contemplation, le lycéen amnésique venait d'ouvrir le portillon en fer. Ils entrèrent tous à sa suite, en silence, comme pour ne pas briser le lien qui pourrait exister entre les souvenirs enfouies dans les replis de la conscience de Kaito et la demeure.
Une délicate odeur de lavande parvint doucement aux lycéens. Elle emplissait l'air, répandant son parfum, embaumant les esprits.
Kuroba sourit en sentant l'odeur de fleur. Même si cela était hors de sa portée, il savait bien qu'il aimait cette odeur. Il ferma les yeux, les narines ouvertes au monde. Il vit soudain un couché de soleil, et une silhouette lui faire signe au loin. Le soleil était dans le dos de la silhouette, si bien que son visage était dans l'ombre, mais un sourire était visible, un sourire éclatant et joyeux. Un sourire de défis.
La silhouette était petite, mais soudainement, une seconde apparut à ses côtés, bien plus grande. Leurs lèvres s'étirèrent dans un même mouvement, lançant en harmonie « Je t'attraperais, je t'en fais la promesse ! », avant de se fondre en une seule et unique silhouette, qui, dans un souffle, se transforma en pétale de fleurs de toutes les couleurs.
Ceux-ci volèrent vers Kaito, et une odeur de lavande l'emplit, le faisant chavirer.
Il sentit deux bras le retenir, et en se retournant, il découvrit le visage interdit de Shinichi.
« Fait attention, t'as faillit tomber Kaito ! » Le rouspéta-t-il.
« Hehe ! Pardon Shin-san. » Fit-il en se grattant la tête.
Ils arrivèrent devant la porte d'entrée, et instinctivement, Kaito se baissa, souleva un pot de fleurs, et en sortit, une clef. Pas plus chamboulé par sa découverte, il ouvrit la porte.
Ils entrèrent dans un hall d'entré simple, sans superflus. Ils se déchaussèrent, puis s'introduisirent dans la première pièce à droite, il s'agissait du salon. Comme l'entrée, il n'y avait rien de bien extraordinaire, si ce n'était un jeu de carte complètement éparpillé, quelques bougies tombés à terre et un chapeau haut de forme qui trainait sur le divan.
« On dirait que tu pofinais tes tours Kuroba. » S'exclama Hakuba
Ils entrèrent ensuite dans la cuisine, attenante au salon. Rien à signaler, sauf que le désordre régnait en maître dans cette pièce.
Puis vint le tour de la pièce sur la gauche, mais il semblerait qu'elle fut fermé à clef. Aoko expliqua qu'il y avait le bureau de ce côté. Bien qu'intrigué, ils reportèrent leur attention sur l'étage.
L'escalier en bois vernit les mena directement dans un couloir où trois portes se faisaient faces. Dans la première, ils découvrirent une salle de bain dans les tons bleus, avec une grande douche à l'italienne. Dans la seconde, ils pénétrèrent dans la chambre conjugale, où une bonne couche de poussière se trouvait.
Enfin, ils entrèrent dans la troisième, qui était la chambre de Kaito. Là, ils étaient dans un autre monde. Un nombre incalculable de paquet de cartes, un vase entier de rose, un pistolet étrange, des dizaines de livres de magie, des pièces de tissus, des bombes fumigènes, et un tas d'autre objets tous plus étranges les uns que les autres. Un bazar indescriptible faisait office de sol.
Shinichi se tourna un instant vers Kaito, qui regardait sa chambre avec de grands yeux.
« Qu'est ce qu'il y a ? » Lui demanda-t-il, amusé.
« Ben, t'avais pas tort en disant que j'étais bordélique. Haha ! »
« Sinon, tu te souviens de certaines choses ? » S'interposa Akako.
Le magicien baissa les yeux. Apparemment non, il n'avait toujours aucun souvenir.
Ils fermèrent la porte de la chambre qu'ils avaient ouverte en grand, fautes de ne pas pouvoir entrer dans la pièce. Sans un bruit, ils descendirent dans le salon, tendit que Kaito et Shinichi se dirigèrent vers la cuisine voire s'ils pouvaient trouver quelques boisons.
Les regardant entrer dans la pièce, Aoko s'assit avec les deux autres lycéens d'Edoka sur le divan. Un silence instable s'installa entre eux.
« Vous ne trouvez pas que Kuroba à une drôle de manière de regarder Kudo ? » Murmura Akako en brisant le silence.
« C'est vrais, ses yeux brillent quand il le regarde. » Répondit le détective métisse. « Comme de l'admiration. »
« Oui, mais il y a plus. Il y a autre chose qui fait briller ses yeux. »
« Quoi donc ? » Demanda Hakuba.
« Je ne sais pas, je n'arrive pas à le définir. Mais c'est quelques choses de puissant. » Chuchota-t-elle comme pour elle-même.
« Qu'est-ce-qui est puissant Akako-chan ? »
La jeune femme se retourna d'un bond, pour faire face à un lycéen au sourire de gamin et à l'air arrogant. Il portait cinq canettes de cola dans ses bras croisés contre son torse. Il tendit soudain une canette à Akako, qui surprise, l'attrapa sans réfléchir. Il en envoya une à l'anglais, puis en donna une à son amie d'enfance.
« Alors, qu'est ce qui est puissant Akako-chan ? » Réitéra Kaito.
« Rien, ce n'est pas important de toute façon. » Dit-elle de façon lointaine.
« Ah bon… »
Il semblait déçut, mais la jeune beauté n'en tint pas compte. Elle se contenta d'ouvrir la canette, d'où s'échappa soudain de la fumée. Elle laissa échapper un petit cri, lâchant sa cannette. La fumée se dissipa, et une multitude de roses couvrit le sol à l'endroit où l'objet d'aluminium aurait dû l'atteindre.
Elle releva les yeux vers le magicien, qui c'était retourné pour sourire au détective de Teitan, qui lui se tenait dans l'embrassure de la porte, un sourire bienveillant sur le visage.
Décidément, leur relation était étrange aux yeux de la japonaise. Certes, Kudo semblait juste protecteur envers le jeune homme qu'il avait découvert dans la rue, mais le regard de Kaito n'étais pas le même. Il brillait, plein d'admiration mêler à un sentiment qu'elle préférait ne pas voir. Il était impossible, tout bonnement impossible que Kuroba soit… non, il ne pouvait pas, ce devait être seulement un effet secondaire de son amnésie qui s'estomperait avec le retour de ses souvenirs
Pourtant, plus elle le regardait, plus son cœur se serrait. Elle le savait, elle avait compris. Pourtant, son cœur refusait d'abandonner Kaito, cet imbécile qui refusait de tomber sous son charme.
Pourquoi ? Pourquoi devait-elle comprendre cela maintenant ? Pourquoi ? Pourquoi cette lueur brillait-elle dans les yeux de Kaito ? Pourquoi ? Pourquoi pouvait-elle la sentir même d'ici ?
Pourquoi Kuroba était-il tombé amoureux de Kudo et non d'elle ? Elle sentit soudain une légère larme couler le long de sa joue. C'était trop bête de pleurer pour lui…
« Je passe te chercher demain Kaito ! Soit prêt pour 8heure ! »
« D'accord Aoko ! »
Après un gentil au revoir, Kaito referma doucement la porte, puis soupira.
« Pourquoi tu soupires ? »
Il se figea, comme surpris en train de tricher.
« Pour rien, pour rien. Dit Shin-san ? » S'exclama-t-il en se retournant vers le lycéen qui levait déjà un sourcil. « Tu dors ici ce soir ? »
Kudo le regarda un instant septique. Il avait l'impression que la question était à double tranchant. S'il restait, il allait devoir supporter les gamineries de l'apprenti magicien. S'il partait, l'autre allait lui en vouloir. Mais a y réfléchir, il aimait bien les gamineries de sa marmotte.
« Je restes. » Dit-il en souriant.
Sourire que lui rendit immédiatement le jeune homme aux cheveux ébouriffés.
« Cool ! Parce que je ne sais pas cuisiné ! »
« Tu veux dire que je vais devoir cuisiner pour toi ? » Demanda le détective, prit à son propre jeu.
« Et pour toi si tu veux manger. »
Il soupira, vaincu. L'amnésique partit joyeusement vers l'étage, probablement vers la salle de bain vu l'heure. Il se dirigea donc vers la cuisine, pour préparer le repas, mais se retrouva bien vite dans l'incapacité de cuisiner face au monticule de vaisselle non faites et d'ingrédients en tout genre. Il prit donc avant tout le temps de tout ranger et de faire tourner le lave-vaisselle, ce qui lui pris une bonne dizaine de minutes.
À l'étage, Kaito laissait couler l'eau gelé sur sa peau, ce qui lui procurait des frissons incontrôlés. Il avait besoin de se rafraichir les idées et de réfléchir posément, et quoi de mieux qu'une douche bien froide pour ce fait.
Il lança sa tête en arrière, faisant voler de l'eau par la même occasion. Sa main vint rejoindre le carrelage froid du mur. Les yeux fermer sur lesquels le pommeau crachait intarissablement de l'eau, il réfléchissait.
Il avait eu peur aujourd'hui, une peur qui l'avait pris d'un coup. Il savait qu'il n'était pas comme ça, à avoir peur pour un rien. Il se savait insouciant et fou face au danger, mais étrangement, il n'arrivait plus à être comme ça.
Il se sentait misérable, mal. Comme si quelque chose de bien trop précieux l'empêchait de mettre sa vie en danger, comme si désormais, il avait quelque chose ou quelqu'un à protéger.
Il coupa l'eau, se rendant compte que tout cela ne menait à rien. Il se trouverait misérable jusqu'à ce qu'il est retrouvé sa mémoire, même si la partit en lui qui lui hurlait de ne pas la retrouver était toujours présente.
Calmement, il sortit de la douche, et enroula une serviette autour de sa taille. Au moins, il n'avait pas oublié comment se servir d'une douche où comment nouer une serviette autour de sa taille.
Il sortit de la salle de bain, et jetant un rapide coup d'œil dans le couloir pour s'assurer qu'il était vide, il fila dans sa chambre. Enjambant le bordel de la chambre, il atteint une grande armoire en acajou. Il l'ouvrit, et après une inspection rapide, sortit un jogging noir, et un tee-shirt blanc avec la tête de quelqu'un qu'il n'arrivait pas à reconnaître.
Quand il fut habillé, il descendit laissant sa main contre le mur, comme pour tenter de retrouver un contact familier. Il poussa la porte de la cuisine, et resta sur place.
Tout était propre d'une part, mais de l'autre, bien que les préparatifs de cuisine aient commencé, il n'y avait aucune trace de Shinichi. Paniqué, il commença à fouiller la maison, passant chaque pièce au peigne fin. Mais rien. Aucunes traces du détective.
Il s'affaissa sur le canapé, vaincu. Pourquoi ? Pourquoi Shin-san l'avait-il abandonné ? Pourquoi était-il partit sans rien dire ? En avait-il marre de lui ? Voulait-il juste que Kaito disparaisse de sa vie maintenant qu'il avait retrouvé son lycée et ses « amis » ?
Et merde ! Maintenant il pouvait sentir les larmes couler, formant une légère couche salée collante. Elles roulaient le long de ses joues, finissant dans son cou, tentant d'emmener avec elles toute la douleur qui serrait le cœur de Kaito.
En vain.
Secoué de sanglots, il s'allongea sur le canapé, et ramenant ses genoux contre son torse, il pleura. Il pleura de douleur.
P.O.V. (Shinichi) :
Un large sourire sur mon visage, je me penchais pour ramasser la clef qui se trouvait sous le pot de fleurs. Je l'entrait dans la serrure, et après l'avoir tourné et ouvert, je rentrais et refermait la porte derrière moi.
L'odeur du riz au curry qui mijotait encore flottait dans l'air. Je m'approchais du salon, afin d'entrer par la porte attenante à la cuisine. Seulement, qu'elle ne fut pas ma surprise quand je vis soudain que Kaito était descendu, et était là, couché en position fœtal, les yeux remplit de larmes.
Qu'est ce qu'il avait ? Pourquoi est-ce qu'il pleurait ?
Intrigué, je déposais mon sac de course, et m'assit sur le canapé au côté de ma marmotte. Son souffle régulier et son visage paisible me firent esquisser un léger sourire. Je passais ma main dans ses cheveux encore humides et emmêlés.
Il remua dans son sommeil, et deux perles azurent encore toutes ensommeillées s'ouvrirent. Elles me fixèrent un instant, avant de s'embuer de larmes, leur propriétaire ne me sautant au cou.
« T… t'étais où bon sang ! Je… J'ai cru que tu m'avais abandonné… Baka… Je… » Me murmura-t-il, les larmes couler le long de mon épaule.
Attendris, je serrais dans mes bras le lycéen complètement perdus qui sanglotait sans bornes.
« Aho… Je ne t'abandonnerais jamais… Comment veux-tu que j'abandonne un gamin dans ton genre ? »
« Promet-le moi ! » Me hurla-t-il d'un coup.
« Je te le promet.. »
