Je sais qu'on n'est pas mardi mais je me suis dit que vous ne m'en voudriez pas de poster un peu plus tôt...
Chapitre 3
Dimanche matin, on vient de rentrer à la maison. Tout le monde nous accueille, ils sont tous ravis de notre retour. Sasha saute dans les bras de tout le monde. Rose n'ose pas faire de geste vers Sasha même si elle est heureuse de la retrouver. Elle est deux fois plus heureuse quand elle voit Sasha juste devant elle, le visage relevé vers le sien attendant qu'elle la prenne dans les bras.
Carlisle me demande mentalement si je veux en parler et si je veux le faire à l'abri des oreilles.
« Ton bureau suffira, lui indiqué-je.
Nous montons au deuxième étage et entrons dans son bureau. Il s'assied à moitié sur son bureau et attend patiemment que je trouve mes mots.
« Il y a une nouvelle au lycée, Isabella Swan, c'est... comme si son sang m'appelait. J'ai vraiment eu envie de me nourrir d'elle, j'ai même établi des plans pour arriver à mes fins.
« Je vois, dit-il en hochant doucement la tête. Les italiens ont un mot pour ça. Isabella est ta ''tua-cantante'', son sang chante pour toi, il a un meilleur goût pour toi que pour n'importe qui. C'est extrêmement rare. Tu aurais pu nous le dire, nous pouvons déménager.
Si seulement ça réglait le problème...
« Non, je refuse qu'elle dirige ma vie, contesté-je. Puis ce n'est pas le seul problème, il y en a deux de plus.
Il patiente encore, le temps que j'explique les deux autres problèmes.
« Je suis attiré par son sang mais je suis aussi attiré par elle, je ne sais pas comment le décrire. Je n'arrive pas à me la sortir de la tête, un côté de moi veut son sang, l'autre côté veut la... connaître.
Je ne vais certainement pas dire que je veux plus que la connaître.
« C'est un peu comme toi avec Esmée, ou Emmett avec Rose, ou... merde.
Il comprend en même temps que moi. Non seulement Isabella est ma tua-cantante mais elle est aussi mon âme-sœur. Je n'arrive pas à y croire.
Ok pour la tua-cantante... mais l'âme-sœur, c'est non.
« Je pense qu'il est inutile que je le formule à haute voix ?
Question rhétorique.
« Tu m'as parlé de deux problèmes.
« Oui... elle m'a fait oublier Sasha.
Rosalie glousse : Edward, le père parfait, oublie sa ''fille''.
« Comment ça, elle t'a fait oublier Sasha ? Tu as oublié d'aller la chercher à la crèche ?
« Non, mais pendant à peu près trois heures, je n'ai pas pensé à Sasha, du tout.
Je baisse les yeux, un peu honteux d'avouer ça. Je les relèves quand j'entends les bruits gutturaux de Carlisle qui tente vainement de ne pas rire.
« Super, fous-toi de ma gueule, je t'en prie... non mais quel genre de père je suis pour oublier ma fille, si longtemps.
« Edward, crois-tu que je pense à vous tout le temps ? Ne réponds pas. Non, je ne le fais pas, Esmée non plus. Est-ce que ça fait de nous de mauvais parents ?
« C'est différent, on est déjà grand puis... c'est pas pareil.
« C'est pareil, sauf qu'on ne vous a pas vu grandir mais notre imagination a comblé ce manque.
En effet, j'ai souvent surpris Esmée imaginer ce que ce serait de me voir apprendre le piano dès l'âge de 6 ans, disputer Emmett parce qu'il serait rentré tout sale de l'école, encourager Jasper à s'ouvrir aux autres, voir Alice habiller ses Barbie.
Cela dit, pour le dernier point, elle a pu en faire l'expérience étant donné qu'Alice joue à habiller/déshabiller les Barbie avec Sasha.
« Tu as la chance de pouvoir le vivre réellement, pour l'instant, ne te préoccupe que de ça. Tu as le droit de ne pas penser à elle pendant 3h, même pendant 6h si tu veux. Ça ne veut pas dire que tu l'oublies, juste que tu penses à autre chose.
Je hoche la tête, je suis plus rassuré. Ce n'est pas toujours évident d'être papa à 101 ans en ayant arrêté de grandir à 17.
Sasha est heureuse d'être rentrée à la maison, elle sourit tout le temps. Elle a avalé ses trois repas de la journée comme une ogresse et actuellement, elle essaye de ne pas montrer qu'elle est fatiguée mais ses yeux ne peuvent pas mentir. Elle est sur les genoux d'Alice et elle dessine sur une feuille blanche avec des crayons de couleur. Ses yeux papillonnent à cause de la fatigue puis elle se met à bailler.
« Je crois... que c'est l'heure de dormir, chantonné-je.
« Non, papa, dit-elle avec assurance.
Je bloque, Alice affiche un grand sourire, se moquant discrètement de moi. Argh... ça y est, la période du ''non'' vient de commencer. J'ai lu des trucs à ce sujet et j'espérais bêtement que j'y échapperais.
Je m'approche finalement d'elle et la prend dans mes bras, elle est contrariée mais ne montre aucune résistance.
« Tu dis bonne nuit à Alice ?
« Nuit, 'Lice.
Alice se lève et lui fait un bisou sur la joue.
« Nuit Sasha.
Je lève les yeux au ciel. Comment va-t-elle apprendre à parler correctement si on lui parle de la même façon qu'elle ?
Je récupère son petit chat qui dort sur le buffet et monte Sasha dans sa chambre, elle dit bonne nuit à Carlisle et Emmett que nous croisons en chemin et je la couche dans son lit à barreau.
« Bonne nuit ma puce, lui dis-je puis je lui fait un bisou sur le front.
« Nuit papa.
Je quitte sa chambre pour la laisser s'endormir, je reviendrai plus tard. Je descend au salon, Alice vient vers moi avec la feuille de Sasha.
« Tiens, regarde comme tu es beau.
Elle me montre le côté gribouillé de la feuille, il n'y a que des traits mal tracé qui virevoltent au centre de la feuille.
« Quand je lui ai demandé ce qu'elle dessinait, elle a dit ''papa'', m'explique-t-elle. Je le trouve plutôt ressemblant.
Elle me donne le dessin et s'enfuit en rigolant avant que je ne pense à la poursuivre. Suis-je censé m'extasier devant ce... ''portrait'' ? Je monte dans ma pièce, où se trouve mon piano, mon bureau et une bibliothèque. Je pose le dessin de Sasha avec les autres. J'ai maintenant toute une collection.
Le lendemain, je m'échappe de la chambre avant que Sasha ne se réveille. Je ne veux pas qu'elle prenne l'habitude de me voir dès qu'elle ouvre les yeux.
J'ai passé la nuit à penser à ma journée d'aujourd'hui, on est lundi, je ne suis pas allé au lycée depuis lundi dernier. Je vais retrouver Isabella, elle va encore me faire perdre la tête.
Pourvu qu'elle ne soit pas là... ou si... non... je ne sais pas.
J'entends des bruits provenant de la chambre de Sasha, elle est donc réveillée mais elle ne m'appelle pas comme elle le fait toujours. Finalement, elle arrive toute seule à s'éloigner de moi, ça me convient parfaitement. J'attends une quinzaine de minutes avant d'aller la chercher.
Je comprends en entrant dans la chambre pourquoi je ne l'ai pas entendu m'appeler. Elle joue au milieu de sa chambre avec son chat.
« Comment tu as fait pour sortir de ton lit, petite coquine ?
Elle me regarde, elle a une tête de déterrée. Sûrement à cause de s'être couchée tard.
« Bisou, me gronde-t-elle.
Je n'ai pas fait son bisou du matin. Je le lui fais, toujours sur le front et m'assois près d'elle.
« Alors ? Tu as escaladé ton lit ?
« 'Caladé.
« Escaladé.
Elle fronce les sourcils, apparemment elle est de mauvaise humeur et ne veut pas que je la reprenne.
« Tu viens manger ?
« Non.
Je lui fais les gros yeux, elle se fait toute petite. Je me lève et la prends dans mes bras.
« Ce n'est pas Sasha qui décide, expliqué-je. Ce sont les grandes personnes qui le font.
« Grande, moi ? Me demande-t-elle.
« Oui, tu es grande mais pas assez pour décider.
Quand on arrive dans la cuisine, elle gigote pour que je la laisse descendre, elle court vers Esmée qui lui tend son biberon. Heureusement qu'elle m'a dit non.
« On pourrait peut-être essayer de lui faire manger des céréales dans un bol ? Fais-je.
« Oui, ce n'est pas une mauvaise idée, en convient Esmée en déposant quelques biscottes beurrées dans une petite assiette.
L'heure d'aller au lycée approche, j'embarque mon sac, celui de Sasha, Sasha elle-même et son petit chat. Je dépose ma puce à la crèche, Marie est visiblement contente de la revoir. Elle n'a que des pensées positives à son sujet, la principale étant qu'elle ne l'a jamais vue pleurer.
Carlisle appellera la directrice dans la journée pour que Sasha passe toutes les matinées à la crèche en plus de sa journée complète. Comme l'après-midi elle dort jusqu'à 16h environ, Esmée préfère qu'elle le fasse à la maison.
En arrivant au lycée, je me rends compte que rien n'a changé. Je ne sais pas à quoi je m'attendais, cela dit. Les mecs bavent toujours sur Alice mais surtout sur Rosalie. Les filles essayent toujours d'attirer l'attention de mes frères. J'entends des pensées hystériques de celles qui ont vu que j'étais de retour.
Misère...
J'essaye de repérer Isabella grâce aux pensées des lycéens et vois qu'elle est dans le couloir est. J'entre dans le bâtiment et me dépêche d'entrer dans le couloir nord, où j'ai mon prochain cours, sans avoir à la croiser. J'espionne les pensées des personnes qui l'entourent pour voir ce qu'elle fait et essayer d'en apprendre plus sur elle.
Visiblement, elle ne s'est pas faite d'ami depuis son arrivée, elle reste toute seule, longe les murs en baissant le regard. Si elle le baisse plus, elle regarderait sa poitrine.
Non, il faut que je change de sujet.
J'essaye de capter des pensées la concernant dans la tête des élèves mais force est de constaté qu'elle est invisible aux yeux de tout le monde. Comment font-ils ça ? Comment font-ils pour ne pas la voir ? Je ne vois qu'elle et pourtant, je ne l'ai pas dans mon champ de vision.
Je passe toute la matinée à l'espionner tout en me tenant éloigner. D'esprit à esprit, je la suis.
Personne ne lui parle, elle ne parle à personne non plus. J'ai envie d'aller la voir, de lui parler, d'entendre sa voix. Elle n'a pas l'air triste, elle n'a pas l'air heureuse non plus.
Au réfectoire, je la regarde, elle mange seule à une table de quatre. Elle avale son repas sans faire de pause entre deux bouchées comme si elle était pressée de s'en aller. Le fait que je regarde une fille ne passe pas inaperçu, déjà certaines filles chuchotent à mon sujet. Elles le font davantage quand elle remarque que c'est Isabella que je regarde.
D'après leurs pensées, je vois qu'effectivement, personne ne lui a jamais parlé mis à part quelques professeurs auxquels elle a répondu succinctement.
Quand l'heure de bio arrive, je me surprends à être impatient de la voir s'installer à mes côtés. Quand elle arrive sur le pas de la porte, elle bloque en me voyant à ma place. J'aimerai vraiment savoir ce qu'elle pense. Elle s'approche et s'installe comme si je n'existais plus. Je ne lui reproche pas, au vu de mon comportement de la dernière fois.
« Bonjour, je suis Edward, me présenté-je. Tu es Isabella, n'est-ce pas ?
Elle tourne la tête vers moi, ouvre la bouche, la referme. Ses yeux chocolats me fixent, elle doit se demander si je lui ai réellement parler... enfin, je ne sais pas. Son rythme cardiaque s'est accéléré, je ne sais pas ce que je dois en conclure. De la crainte, du stress, de l'attirance ? Elle se tourne finalement vers ses cahiers sans me répondre.
Je suis déçu, j'aurais aimé entendre sa voix. Je cherche une excuse pour lui parler à nouveau, mon absence est la seule chose qui me vient en tête. J'ai des cours à rattraper, je vais lui demander si elle veut bien m'aider à le faire.
« Bella, lâche-t-elle avant que je n'ouvre la bouche.
Je la regarde à nouveau, ses joues sont rougies par l'afflux sanguin sur son visage, elle est embarrassée.
« Pardon ? Fais-je.
J'ai été trop concentré sur sa voix pour avoir pu comprendre ce que ''Bella'' signifiait.
« Je préfère qu'on m'appelle Bella, me répond-elle. C'est plus court.
« Et bien, enchanté, Bella.
Elle me regarde du coin de l'œil, pas longtemps.
« Tu n'es pas obligé, tu sais.
Je fronce les sourcils. Maudites pensées qui me sont cachées.
« Pas obligé de quoi ? Demandé-je.
« De me parler, fait-elle timidement. On ne peut pas aimer tout le monde, je n'ai pas besoin que tu me prennes en pitié.
Quoi ? Est-elle sérieuse ? Il y a bien des choses que j'éprouve pour elle et aucune ne ressemble de près ou de loin à de la pitié. Argh, forcément, avec ce qu'il s'est passé la dernière fois. Elle ne pouvait pas deviner que j'avais envie de la croquer et de l'embrasser, par intermittence.
« Je ne me sentais pas bien, lundi dernier, une sorte de migraine. Je suis désolé que tu aies cru que ça venait de toi.
Elle me sourit brièvement, ouvre la bouche pour me dire quelque-chose mais je n'ai pas le temps de savoir quoi car le prof arrive et met fin à notre discussion.
Il nous met une vidéo sur le prochain chapitre, je le béni mentalement. Je passe toute l'heure à contempler Bella qui regarde le documentaire. Une chance que la télé soit de l'autre côté, sinon, ça ne serait pas passé inaperçu.
La fin du film arrive et la sonnerie retentit quelques minutes plus tard. J'espère que j'ai d'autres cours en commun avec elle. Je sais que le lundi, il n'y a que la bio que nous avons en commun, je sais que je n'ai pas d'autre cour avec elle le lundi donc je peux encore espérer qu'elle soit en histoire, en littérature et en physique-chimie avec moi.
À la fin des cours, je vais chercher Sasha, je sais que cette fois, Rose ne m'a pas devancé puisqu'elle est sur le fauteuil passager de ma voiture. Nous allons la chercher à deux. Quand nous entrons dans la grande pièce, Sasha nous voit et court vers la barrière, joyeuse. Elle a dû rattraper sa petite nuit pendant la sieste. Je l'attrape par dessus la barrière, lui fais un bisou puis la penche à Rose pour qu'elle lui en fasse un aussi.
« Bonjour, nous salue Caroline. Alors, la journée s'est bien passée, mademoiselle était de mauvaise humeur ce matin mais c'est passé après la sieste. Elle a bien mangé et elle a dormi 3h30.
« Elle a eu une petite nuit, expliqué-je.
Je passe la journée de mardi et la matinée de mercredi à suivre le moindre mouvement de Bella. Soit en espionnant les pensées soit dans le cours de littérature que nous avons en commun. Deux heures de bio, trois heures de littérature, ça ne fait que cinq heures par semaines, trop peu, beaucoup trop peu.
Je n'ai pas eu l'occasion de lui parler à nouveau, j'espère pouvoir le faire lors de notre deuxième heure de bio, demain.
En sortant du bâtiment, j'ai la surprise de voir Esmée avec Sasha dans les bras. Je souris à ma princesse, lui fais un bisou sur le front et un sur la joue de ma mère.
« Je suis allée la chercher à la crèche, comme c'était sur mon chemin, m'explique-t-elle. Je me suis dit que ça te ferait plaisir qu'elle t'accueille à la sortie du lycée.
« Merci Esmée, souris-je.
Elle me tend Sasha et je la prends. Une odeur alléchante, mélangée à celles de fraise et de freezia, est portée par le vent, je me retourne pour regarder Bella se diriger vers sa voiture. Toujours le regard baissé, j'ai envie de mettre mes doigts sous son menton pour lui relever le visage, qu'elle regarde le monde qui l'entoure plutôt que le sol.
« Papa ! Crie Sasha en me frappant sur le torse.
« Ne tape pas, la réprimandé-je.
« Ça fait quatre fois qu'elle t'appelle, me prévient Esmée.
« Oh, désolé ma puce, je n'écoutais pas, j'avais la tête ailleurs.
Elle regarde l'endroit que je regardais plus tôt, quand elle repose ses yeux sur moi, ils sont questionneurs. Le pli de son front se forme puis disparaît. Nous rentrons à la maison, Sasha dans ma voiture tandis qu'Esmée repart seule dans la sienne.
Je profite de mon mercredi après-midi de libre pour aller faire les courses. Sasha doit bien manger et elle a vidé le shampoing dans la baignoire hier soir pour faire de la mousse. Je l'ai amenée avec moi, c'est la première fois qu'on fait les magasins tous les deux et tout l'intéresse. Elle veut tout acheter. Je tiens la main de Sasha de la main gauche et le panier dans la main droite.
Quelle n'a pas été mon erreur de passer près du rayon jouet.
« Jeu ! S'exclame-t-elle en pointant le dit rayon.
Je ne veux pas en faire une capricieuse, je refuse de lui acheter un jeu. Je reviendrai samedi et lui achèterai un truc. Elle boude et commence à traîner des pieds au fur et à mesure qu'on s'éloigne du rayon.
« Sasha, ça suffit, grondé-je. Tu ne veux pas que je me fâche, n'est-ce pas ?
« Pas fâché.
« On n'est pas venu pour acheter des jeux, seulement à manger et du shampoing, c'est tout, lui expliqué-je.
Elle continue de bouder mais ne traîne plus les pieds. Dans le rayon shampoing, je cherche celui qu'on utilise tout le temps. Je lui lâche la main pour attraper le produit comme je le fais à chaque fois mais cette fois, quand je me retourne après l'avoir mis dans le panier, Sasha n'est plus là.
Je n'ai pourtant pas pris dix secondes à faire ça. Je me précipite vers le rayon jouet, l'endroit le plus probable où elle a pu se diriger. Je scrute chaque pensée pour savoir qui l'a vu. Je me stoppe en captant quelqu'un l'ayant vu se diriger à toute vitesse vers le rayon boucherie-traiteur.
Je me précipite vers cet endroit et suis stupéfait de la voir avec en face d'elle, Bella qui se baisse et pose un genou par terre pour se mettre à sa hauteur. Je ralentis, curieux de savoir comment va se dérouler l'échange. Sasha a dû la voir et la reconnaître, la curiosité a sûrement fait le reste.
« Salut toi, fait Bella. Comment tu t'appelles ?
« Sasha, répond ma fille. Toi ?
« Je m'appelle Bella, si j'ai bien compris ta question, sourit-elle. Et où sont tes parents ?
Sasha penche la tête vers la gauche, ce qu'elle fait quand elle ne comprend pas un mot.
« Ton papa ou ta maman.
« Papa course.
« On va le chercher ? Propose Bella.
Sasha secoue la tête.
« Trouver nous.
Bella fronce les sourcils puis semble comprendre.
« Il va être inquiet de ne pas te voir, tu sais ?
J'arrive derrière Sasha, Bella me voit et lève les yeux vers moi puis se relève.
« Désolé qu'elle t'aie ennuyée, m'excusé-je. À peine ai-je eu le temps de prendre son shampoing qu'elle a filé.
« Elle ne m'a pas ennuyée, elle a l'air géniale.
Je lui souris avant de me baisser pour me trouver à la hauteur de ma fille.
« Sasha, il ne faut plus partir comme ça, tu m'as fais peur.
Son regard devient aussitôt inquiet.
« Peur papa ?
« Oui, acquiescé-je.
« C'est ta fille ? Me demande Bella quand je me relève.
Je tend la main vers Sasha pour qu'elle la reprenne.
« Oui, je l'ai adoptée. C'est... assez compliqué mais en gros, oui, c'est ma fille.
Bella me sourit, vraiment cette fois, pas un sourire timide.
« C'est courageux de ta part, élever un enfant, surtout si jeune, ce n'est pas facile.
« Je ne me suis pas posé la question, avoué-je. C'était une évidence pour nous.
Je hausse les épaules, je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. Sasha tire sur ma main, je reporte mon attention sur elle, Bella aussi. Ma fille regarde Bella.
« Bella faim.
« Non, je n'ai pas faim, rit-elle.
« Bella faim ! Insiste-t-elle.
« En fait, elle veut t'inviter à manger, lui indiqué-je.
« Oh... fait-elle ne sachant plus ou se mettre. Ce n'est pas l'heure, il est presque 16h, s'adresse-t-elle à Sasha.
Sasha fronce les sourcils.
« Bella, ça te dirait de venir dîner à la maison ? Ça me ferait plaisir et à Sasha aussi.
Ses joues rougissent davantage, elle est à croquer et je ne dis pas ça parce que je veux la croquer, là, maintenant.
« Je ne veux pas te déranger ou ta famille ou...
« J'insiste, vraiment.
« Et bien, d'accord, accepte-t-elle. Je n'ai pas de quoi noter ton adresse, je...
« Donne-moi la tienne, je viendrais te chercher.
« Tu as de quoi noter ? S'enquiert-elle.
« Je m'en souviendrai, annoncé-je.
Elle me donne son adresse, nous décidons de l'heure puis nous la laissons continuer ses courses. Sasha continue de regarder autour d'elle alors que nous nous dirigeons vers les caisses.
Quand nous rentrons à la maison, Esmée me saute pratiquement dessus.
« Alice dit que nous avons une invitée pour dîner ?
« C'est exact, fais-je.
Jasper se lève d'un bon et vient vers nous. Ça le tue de devoir utiliser une vitesse humaine à cause de Sasha. Rosalie arrive au même moment par les escaliers.
« Comment ça, une invitée ce soir ? Demande Jasper.
« Bella vient manger ce soir.
Les réticences de Jasper s'estompe, il sait ce qu'elle représente pour moi et curieusement, il n'y a que mon don qu'elle puisse bloquer au contraire de Sasha.
« On va devoir manger cette nourriture immonde, grogne Rosalie.
« Rosalie, pas devant Sasha ! La réprimande Esmée.
« Vous n'aurez qu'à faire croire que vous allez manger au restaurant, peu importe, dis-je.
Je laisse Sasha avec Esmée et vais ranger les courses.
Quand l'heure approche, je grimpe dans ma voiture, Sasha regarde Jasper qui joue à un jeu vidéo sur la console. J'arrive devant l'immeuble de Bella, il n'y a pas d'interphone donc je monte directement au second étage où se trouve son appartement. C'est un homme brun et moustachu qui m'ouvre la porte.
« Vous êtes ? S'enquiert-il de façon brusque.
« Edward Cullen, je suis au lycée avec Bella.
« Ah oui...
il se tourne et appelle sa fille. J'apprends par ses pensées qu'il ne lui connaît aucun ami, Bella est une solitaire et il est content que cela change. Bella arrive, elle s'est changée. Elle porte un jean et une chemise verte qui lui vont à merveille.
« Salut, murmure-t-elle avant de s'adresser à son père. Je ne rentre pas trop tard.
« Prends ton temps, répond-il.
Il claque presque la porte sur ses fesses quand elle sort de l'appartement. Ça me laisse perplexe. N'est-il pas censé faire tout le contraire ? Je me rends compte que Bella m'attend.
« Désolé, je pensais à un truc... Italien, ça te va ? Ma mère a pensé que ça te plairait.
« C'est parfait, sourit-elle.
C'est la première fois que je roule en dessous de la limite de vitesse autorisée mais ça me permet de profiter pleinement de sa présence. L'habitacle est rempli de son odeur mettant tous mes sens en alerte. Je profite du chemin pour lui poser des questions auxquelles elle répond avec plus ou moins d'hésitation. J'apprends ainsi qu'elle préfère la couleur bleue, que son parfum préféré est la fraise qui est aussi son fruit préféré. Elle habitait avec sa mère à Phœnix, elle a déménagé chez son père pour laisser de l'espace à sa mère qui venait de se fiancer à un joueur de base-ball de seconde ligne.
À la maison, je la fais entrer, elle est tout de suite accueillie par Esmée qui la sert dans ses bras.
« Enchantée Bella, je suis Esmée, se présente-t-elle.
Bella est gênée mais sourit.
« Enchantée madame...
« Tut tut, pas de madame, ici. Esmée suffira amplement, tu aimes les lasagnes ?
« Oui, les lasagnes, c'est toute ma vie, acquiesce-t-elle.
« Parfait, elles sont faites maison, je me suis dit que ce serait meilleur.
« Vous n'étiez pas obligée de faire autant...
Esmée sourit, elle l'aime déjà.
« Je suis dans la cuisine, ne me dérangez pas, vous n'avez qu'à... faire vos trucs de jeunes.
Elle disparaît aussitôt dans la cuisine. Je lui présente l'entrée du salon, elle s'y dirige et je la suis. Jasper joue toujours à son jeu de guerre, Sasha est assise à ses côtés et regarde l'écran attentivement. Rosalie attend patiemment que Sasha se lasse du jeu pour pouvoir jouer avec elle.
« Je te présente Rosalie et Jasper que tu as dû croiser au lycée, tu connais déjà Sasha.
Sasha tourne la tête vers nous et affiche un grand sourire.
« Bonjour Bella, la salue jasper.
« Bonjour, fait Bella timidement.
Sasha court vers nous et s'arrête devant Bella.
« Faim Bella ! S'exclame-t-elle en frappant ses mains.
Puis elle tend ses bras vers elle. Demande universelle des enfants pour qu'on les prenne dans les bras. Bella ne se fait pas prier. Rosalie fulmine, ça fait deux points pour lesquels Bella réussit là où elle a échoué auparavant. À savoir attirer mon attention et être appréciée de Sasha.
Le regard glacial de Rosalie provoque un frisson à Bella, elle reporte son attention sur l'écran puis sur ma fille.
« Ça ne te fait par peur ? Demande-t-elle en lui montrant la télé.
« Non, répond Sasha.
« Je suis certain que Sasha a toutes les connaissances pour partir en guerre... merci Jasper.
« Tu me remercieras quand une guerre éclatera, raille-t-il.
Je lève les yeux au ciel, Bella est amusée par la situation.
Tout au long du repas, Sasha scrute Bella. Elle ne fait aucun commentaire sur le fait que nous mangeons avec elle pour la première fois. Elle est attentive aux réponses que donne Bella à nos questions. Bella, Sasha et moi sommes les seuls à prendre du dessert, les autres prétextent ne plus avoir faim.
Après le repas, Sasha accapare Bella pour jouer avec elle. Je reste en retrait, les observant. Je comprends à cet instant que j'ai en face de moi les deux femmes de ma vie. Mon âme-sœur et ma fille. Je sais à partir de ce moment que je ferais tout pour garder Bella dans ma vie, peu importe de quelle façon.
Finalement, arrive l'heure du coucher pour Sasha, elle proteste un peu mais finit par céder quand elle voit que je suis sur le point de me fâcher. Elle dit bonne nuit à tout le monde, leur fait un bisou. Bella me suit pour la coucher, nous gagnons un bisou supplémentaire.
J'emmène Bella dans ma chambre, ainsi nous ne serons pas déranger par les allers et venues de ma famille. Bella admire ma collection de livres et cd qui prend tout le mur du fond.
« Ta famille est géniale, glisse-t-elle finalement.
Elle s'assoit sur le canapé qui est collé au lit. Je m'assois sur le lit, de façon à ce que nous ne soyons séparés que par l'angle que forment le lit et le canapé.
« Ton père ne m'a pas l'air trop mal non plus si on oublie qu'il t'as presque fichue à la porte.
Elle rit. Un délicieux son, en toute objectivité.
« Il avait sûrement peur que je change d'avis, dit-elle en souriant. J'ai toujours été quelqu'un de solitaire... enfin, depuis le début de mon adolescence. Je n'avais qu'une seule amie à Phœnix.
Elle hausse les épaules.
« Il y a une raison à ça ? Questionné-je. Il s'est passé un truc ?
Je me rends compte que ma question peut être indiscrète, ça ne fait pas si longtemps que nous nous connaissons.
« Non, je ne sais pas... parler à des inconnus m'angoissent, je souffre d'anxiété sociale, je ne sais pas ce qui peut déclencher ça. C'est plus facile quand c'est l'autre qui vient me parler, comme toi, sinon ce n'est pas la peine d'envisager de me voir parler à un inconnu.
« C'est plus facile avec les enfants, aussi ? Tu n'as pas eu de mal avec Sasha.
« Oui, c'est vrai. J'adore ta fille, ses yeux sont tellement expressifs.
Je souris, c'est la première chose que j'avais remarqué chez Sasha.
« Je sais, crois-moi, elle mène tout le monde par le bout du nez.
« Ça ne m'étonne pas, rit-elle.
Ooo
Voilà, Edward et Bella se sont enfin rencontrés officiellement. Le prochain chapitre fait un petit bon dans le temps mais Edward vous racontera comment Bella s'est rendu compte de ce qu'il est et des théories qu'elle avait à son sujet.
Êtes-vous pressé ? Parce que sinon, je prends mon temps, xD
Merci pour vos reviews et mises en alerte/favoris. J'ai sacrifié tout un paquet de Mikado en votre honneur.
