Bonjour,

Merci à toutes les personnes qui suivent cette fanfiction, je suis très touchée.

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Il va être un peu dur pour Hermione, mais la situation va s'améliorer dans les suivants.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 4 – Août-Septembre 1998

Lorsque Lord Voldemort sentit que ses quatre plus proches mangemorts étaient tous arrivés dans le petit salon dans lequel ils avaient l'habitude de faire leurs réunions, il prit le temps de finir de lire le manuscrit qu'il avait sous les yeux. Il s'agissait de notes écrites par Morgane le Fay qui parlaient de sa quête, vaine, pour vaincre la mort. C'était presque par hasard qu'il avait trouvé ce traité chez une sorcière américaine, descendante de la famille Sayre, elle-même reliée à Morgane et Salazard Serpentard. Il n'avait pas été très compliqué de récupérer l'ouvrage, et d'en faire oublier jusqu'à l'existence à la sorcière américaine. L'ouvrage lui-même n'avait rien d'extraordinaire, si ce n'était la mention d'amulettes égyptiennes qui auraient eu le pouvoir d'éloigner la mort, mais que Morgane n'avait elle-même jamais réussi à trouver.

Voldemort referma précautionneusement l'ouvrage, et le fit disparaitre de son bureau d'un mouvement de baguette. Il se leva ensuite élégamment, siffla quelques mots à Nagini qui s'était lovée près du feu, et sortit de son bureau. Lorsqu'il pénétra dans le petit salon quelques minutes plus tard, Bellatrix Lestrange, Lucius Malefoy, Severus Rogue et Tyler Greengrass s'agenouillèrent immédiatement devant lui. Le seigneur des ténèbres leur fit signe de se lever. Un seul coup d'œil lui suffit pour voir que Tyler et Bellatrix possédaient des informations qu'ils n'avaient pas hâte d'annoncer. Voldemort pouvait sentir leur nervosité malgré leurs visages en apparence impassibles. Il prit le temps d'aller s'assoir, ses mangemorts l'imitant, avant de se tourner vers le ministre de la magie de Grande-Bretagne.

– Il y a-t-il quelque chose dont tu voudrais me faire part Tyler ? demanda-t-il d'une voix froide.

Tyler hésita un instant, mais se reprit, sachant parfaitement bien que le seigneur des ténèbres n'aimait pas attendre. Au moins ses mangemorts du premier cercle étaient suffisamment intelligents pour éviter de le faire attendre lorsqu'ils avaient de mauvaises nouvelles.

– Il y a eu une nouvelle tentative d'attentat aujourd'hui maître, fit Tyler Greengrass.

Voldemort sentit poindre sa colère. Ce type d'incident devenait de plus en plus fréquent. Trop fréquent.

– Qui a été visé ? demanda-t-il sèchement.

– Fenrir Greyback maître, répondit Tyler Greengrass. Il affirme qu'il y a eu une tentative d'intrusion chez lui pendant son absence. Il a repéré des odeurs inconnues dans le parc et la forêt autour de chez lui, mais il semblerait qu'ils n'aient pas réussi à rentrer dans son manoir.

Voldemort reporta son regard sur la seule sorcière de la salle, dont les mains s'agitaient nerveusement. Sentant son regard sur elle, elle tourna sa tête vers lui. Ses yeux brillaient à la fois d'admiration et de peur.

– Maître… commença-t-elle.

– Bellatrix, ne t'avais-je pas demandé de mettre la main sur ces dissidents ? demanda-t-il d'une voix trop calme.

– Maitre, ils ne laissent aucunes traces derrière eux, ils…

– Je veux des résultats Bellatrix, pas des justifications, l'interrompit froidement Voldemort.

– Oui maître, bien sûr maître, répondit Bellatrix en inclinant la tête.

– Si je puis me permettre maître, commença Lucius Malefoy.

Il s'interrompit, et Voldemort lui fit un geste sec l'enjoignant à continuer.

– Mon fils Draco m'a informé que beaucoup des enfants des traitres à leur sangs sont sortis de Poudlard l'année dernière maître, expliqua Lucius. N'est-ce pas vrai Severus ?

Le directeur de Poudlard hocha brièvement la tête, et un rictus déforma son visage.

– Effectivement, fit-il lorsque l'attention du seigneur des ténèbres se tourna sur lui. Ron Weasley, Neville Londubat et Harry Potter ont tous les trois finis leur scolarité l'année dernière.

– Harry Potter, ce nom me dit quelque chose, murmura pensivement le seigneur des ténèbres.

– Son aura magique est particulièrement puissante maître, fit Severus Rogue. Je vous avais fait part de son cas à la fin de l'année scolaire.

Voldemort se souvint effectivement du rapport que Severus Rogue lui avait fait sur le niveau magique des élèves sortants de Poudlard. La magie de ce sang-mêlé de Potter sortait étrangement du lot. Qui aurait pu croire que James Potter et sa sang-de-bourbe allaient engendrer un enfant aussi puissant ?

– Ne vous avais-je pas demandé de le surveiller étroitement ? demanda Voldemort d'une voix égale qui n'en était que plus menaçante.

– C'est ce qui a été fait maître, répondit Tyler Greengrass. Nous lui avons imposé un poste insignifiant au ministère, sous la surveillance étroite d'Augustus Rookwood. Mais aucune volonté de rébellion n'a été observée de sa part.

Voldemort regarda ses mangemort d'un air méprisant. Potter. Londubat. Weasley. Ces noms lui avaient posés trop de souci durant se prise de pouvoir pour les ignorer.

– Bellatrix, fait surveiller plus étroitement tous les anciens de l'Ordre du Phénix, et tous leurs enfants. Si ces tentatives d'attentat continuent, tu m'en rendras compte personnellement.

– Oui maître.

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Pendant quatre jours et quatre nuits, Hermione s'accrocha à son plan de bataille pour tenir le coup. Elle allait obéir au seigneur des ténèbres, attendant qu'il se rapproche suffisamment d'elle pour qu'elle puisse s'emparer de sa baguette. Ensuite, avant qu'il ne réagisse, elle lui lancerait un Endoloris. Cela devrait lui laisser le temps de s'enfuir… quelque part. Une part d'elle lui répétait qu'il n'y avait absolument aucune chance pour que cela marche, mais Hermione était décidée à ne pas se laisser débordée par ses pensées noires. Et à ne pas rester sans rien faire.

Lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit de nouveau, six jours étaient passés depuis son enlèvement, et le mois de septembre commençait tout juste. Elle reconnut les deux hommes de la dernière fois, Vincent Crabbe et Grégory Goyle. Elle se redressa vivement et les regarda s'approcher avec méfiance. Ils entrèrent dans la cellule, se postant face à elle, la regardant toujours comme si elle était une sorte de nuisible.

Avec stupeur, Hermione se rendit compte que les deux hommes s'étaient mis face à elle, laissant dégagé l'espace entre la porte et elle. Si elle parvenait à se rapprocher ne serait-ce que légèrement de la porte, elle devrait pouvoir s'enfuir. C'était risqué, mais elle décida de tenter le coup. Elle laissa transparaitre la peur sur son visage, et fit voyager son regard entre les deux hommes, espérant leur faire croire qu'elle était bien trop effrayée par eux pour leur désobéir.

– Ne me faites pas de mal s'il vous plait, fit-elle d'un ton plaintif. Je vais vous suivre.

Les deux échangèrent un regard étonné, se demandant visiblement comment réagir. Hermione ne leur en laissa pas le temps et fit calmement un pas vers la porte, puis deux sans qu'ils ne reprennent leurs esprits. N'osant croire à sa chance, elle se mit soudainement à courir. Bénissant leur lenteur de réaction, elle sortit de la cellule et s'engouffra à toute allure dans le couloir. Elle savait qu'il devait déboucher sur un escalier, et qu'une fois en haut de l'escalier elle pourrait tenter de semer ses poursuivants parmi les multiples chemins possibles.

Elle entendit les deux hommes se lancer enfin à sa poursuite derrière elle. Elle courut aussi vite que possible et arriva en bas des escaliers. N'étant pas très sportive, elle était déjà essoufflée et maudissait sa mauvaise forme physique. Entendant les hommes se rapprocher, elle se lança vivement dans les escaliers, montant les marches quatre à quatre. Elle devait avoir monté la moitié des marches lorsqu'elle sentit une main s'enrouler autour de sa cheville. D'un geste brusque elle réussit à dégager sa jambe, mais le déséquilibre qui en résultat la fit percuter douloureusement les marches de l'escalier.

Se reprenant aussi vite qu'elle le put, elle se remit à quatre pattes et tenta de s'élancer de nouveau dans l'escalier. Elle était à moitié debout lorsque l'un de ses poursuivants se jeta sur elle et la tira brutalement en arrière par la taille. Elle bascula, entrainant l'homme avec elle et ils dégringolèrent jusqu'en bas des marches, aux pieds du deuxième homme. Avant qu'elle ne puisse se relever, ce dernier l'attrapa et la remit brutalement sur ses pieds.

– On va te faire payer ça ! fit-il.

Hermione vit le poing de l'homme arriver vers son visage comme au ralentit. La peur s'empara d'elle et elle essaya de l'éviter, mais un instant plus tard la douleur éclata dans sa pommette droite. Un second coup suivit presque immédiatement le premier, cette fois-ci dans les côtés, et Hermione cria de douleur. Elle essaya de se dégager, mais l'homme l'épingla contre le mur avec facilité.

Hermione se sentait particulièrement stupide. Certes elle n'aurait pas pu ne pas sauter sur l'occasion lorsqu'elle avait vu que ses deux geôliers lui laissaient involontairement une ouverture pour passer par la porte, mais maintenant qu'ils allaient visiblement la faire souffrir elle se disait qu'elle aurait mieux fait de les suivre sagement, et de se concentrer sur son plan de départ visant à s'emparer de la baguette blanche du seigneur des ténèbres.

– Laisse m'en un peu Greg !

L'autre homme – Vincent donc – s'était relevé et s'approcha d'Hermione, une joie malsaine étirant ses traits. Sous la puissance du coup qu'il lui porta elle sentit sa lèvre se fendre et sa tête cogner durement contre le mur, la laissant sonnée. Le quatrième coup la cueillit dans le creux du ventre et elle laissa échapper un cri douloureux qui ressemblait plus à un sifflement d'agonie. Les coups s'enchainèrent et au bout d'un moment Hermione eut l'impression de ne plus réussir à suivre ce qu'il se passait autour d'elle.

Les coups s'arrêtèrent et elle entendit vaguement les deux hommes se disputer à côté d'elle, avant de se faire tirer d'un côté. Ses jambes ne la supportant plus depuis longtemps, elle tituba et s'écrasa contre quelque chose de mou. Sûrement l'un des deux hommes analysa son cerveau. De nouveau elle entendit des éclats de voix. Un instant après, elle se sentit soulevée de terre et elle sombra dans l'inconscience.

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Voldemort reposa le livre qu'il lisait et jeta un coup d'œil vers la porte. Qu'est-ce qui pouvait bien prendre aussi longtemps à ces abrutis de Crabbe fils et Goyle fils ? Il ne pensait tout de même pas leur avoir donné une tache insurmontable en leur demandant d'aller chercher sa prisonnière. Et s'il leur avait interdit d'utiliser la magie sur elle – cela évitait de rentrer dans des explications qu'ils ne pourraient sûrement pas comprendre – ils avaient sans aucun doute la stature de maitriser la jeune fille. Chacun d'entre eux devait faire au moins deux fois son poids !

Peut-être aurait-il dû confier cette simple tâche à quelqu'un de moins incommensurablement stupide ? Mais dans ce cas, il ne savait pas quelle tâche encore plus dénuée d'intérêt il pourrait confier aux deux pâles imitations de sorcier. Et au moins il n'avait eu aucun scrupule à leur lancer un sortilège de coupe-gorge assez retors qui les empêchait de mentionner quoi que ce soit à propos de la jeune fille.

Son agacement monta d'un cran après quelques minutes, et il connecta rapidement sa magie à celle du château. Il localisa ses deux serviteurs et la jeune fille dans le couloir qui sortait de sa prison personnelle, les trois se dirigeant vers son bureau. Comment diable avaient-ils pu mettre autant de temps ? S'étaient-ils perdus en chemin ? Si leurs pères ne lui avaient pas prouvé leur fidélité – à défaut de leur intelligence – jamais Voldemort n'aurait intégré Vincent Crabbe et Gregory Goyle parmi ses mangemorts.

Lorsque le tableau annonça leur arrivée, il était debout devant son bureau, sa baguette dans sa main, et s'apprêtait à faire passer un très mauvais quart d'heure aux trois. Les portes s'ouvrirent et il haussa un sourcil de surprise en voyant Vincent Crabbe porter dans ses bras une Hermione Granger visiblement inconsciente. Il avisa immédiatement le filet de sang qui coulait sur la tempe de la jeune fille, ainsi que sa lèvre fendue et les hématomes qui commençaient à apparaître un peu partout sur son corps.

Crabbe fils déposa sans douceur le corps de la jeune fille par terre et les deux mangemorts s'agenouillèrent devant lui. La jeune fille remua légèrement sans reprendre conscience et l'agacement de Voldemort se transforma en colère.

– Puis-je savoir pourquoi son sang impur est en train de tacher mon tapis ? demanda-t-il d'une voix froide.

Les deux mangemorts tremblèrent devant lui sans répondre et Voldemort eut soudainement très envie de leur jeter un Avada Kedavra bien senti.

– J'attends, fit-il d'une voix encore plus glaciale.

– La moldue a essayée de s'enfuir maître, se dévoua Goyle fils.

Voldemort dû se retenir de lever les yeux au ciel devant tant de stupidité.

– Endoloris, lança-t-il.

Le sortilège atteignit Vincent Crabbe qui hurla de douleur et se convulsa sur le sol, sous le regard imperturbable de Lord Voldemort.

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Les hurlements juste à côté d'elle sortirent Hermione de sa torpeur. Sa tête l'élançait douloureusement et elle avait globalement mal partout. Elle était allongée sur un tapis, et en tournant légèrement la tête elle put voir l'un de ses geôliers, Vincent Crabbe comme elle l'avait appris plus tôt, en train de hurler à la mort et en train de se convulser par terre. Hébétée, elle cligna des yeux sans réussir à comprendre ce qu'il se passait.

Un autre coup d'œil lui apprit que son deuxième geôlier était agenouillé devant le seigneur des ténèbres, et que ce dernier abordait une expression fermée qui faisait froid dans le dos. Avant qu'elle ne puisse complétement retrouver ses esprits, Vincent Crabbe arrêta soudainement de hurler et de se convulser, bien qu'il restât allongé sur le sol, gémissant et pleurant en même temps.

– Puis-je savoir comment elle a eu ne serait-ce que l'opportunité d'essayer de s'échapper ? entendit-elle le seigneur des ténèbres demander.

Sa voix charriait des menaces de mort et Hermione frissonna. Elle se tourna légèrement pour mieux englober la scène et ce simple mouvement raviva la douleur dans son corps. Ses souvenirs se rappelèrent soudainement à elle. Sa tentative de fuite. Sa chute dans l'escalier. Les coups.

– Elle a couru maître, répondit Gregory Goyle.

– Endoloris.

Ses hurlements résonnèrent soudainement dans la pièce et ce fut à ce moment que le cerveau d'Hermione commença à analyser ce qui se déroulait devant ses yeux. Le seigneur des ténèbres torturait donc aussi ses hommes ? Et ceux-ci se laissaient faire ? Hermione écarquilla les yeux en voyant l'expression de souffrance absolue sur le visage de l'homme. Elle se fit violence pour essayer de se redresser. Elle tenta de s'appuyer sur ses bras mais ceux-ci tremblèrent de façon incontrôlée et elle laissa échapper un gémissement de douleur. L'attention du seigneur des ténèbres fut immédiatement sur elle et Hermione eut envie de disparaitre, de se fondre dans le tapis pour éviter le regard rouge braqué sur elle.

Les hurlements s'arrêtèrent et Hermione comprit que le seigneur des ténèbres avait dû lever son sortilège. Les seuls bruits de la pièce étaient maintenant les gémissements des deux hommes, qui peinaient à se remettre à genoux.

– Crabbe, Goyle, dehors ! fit Voldemort d'un ton sec.

Le seigneur des ténèbres regarda les deux idiots se relever difficilement et sortir en chancelant, et il nota distraitement qu'il faudrait qu'il leur fasse passer l'envie de trop cogner sur la moldue. Il fallait tout de même qu'elle reste vivante s'il voulait comprendre le fonctionnement de son bouclier.

Lorsqu'il reporta son regard sur la jeune fille, il put voir qu'elle faisait visiblement des efforts pour essayer de se redresser. Ses yeux semblaient regarder légèrement dans le vague et il en déduisit qu'elle devait toujours être légèrement sonnée. Qu'importe, les sortilèges qu'il voulait lui lancer ne nécessitaient pas particulièrement qu'elle soit en pleine possession de ses moyens. Il pointa sa baguette sur elle et il vit ses yeux s'agrandir de peur. Elle essaya de se redresser brutalement, mais fut prise d'un vertige et retomba disgracieusement sur le tapis. Son cri de douleur résonna agréablement à ses oreilles et il s'amusa un instant de la voir lutter pour reprendre ses esprits.

Lorsqu'elle parvint à s'assoir ses yeux se posèrent de nouveau sur la baguette magique et la crispation de son corps rendit visible toute l'appréhension qui l'habitait. Un sourire étira les lèvres du seigneur des ténèbres. Il n'avait pas fallu beaucoup de temps pour que la jeune fille apprenne à le craindre à sa juste valeur.

– S'il vous plait, dites-moi ce que vous me voulez, fit-elle faiblement.

Voldemort ne prit pas la peine de répondre. Tellement de personnes l'avaient supplié dans sa vie que cela faisait longtemps qu'il ne prêtait plus attention aux suppliques de ses victimes. Il lança son premier sortilège d'un mouvement de poignet et le rayon rouge atteignit sans encombre la jeune fille qui se crispa. Elle lui jeta un regard surpris lorsqu'elle ne ressentit pas les effets de son sortilège et son expression se fit méprisante. Comme si une moldue comme elle pouvait comprendre quoi que ce soit à sa magie.

Il la vit baisser les yeux lorsqu'il lança un nouveau sortilège, et ramener ses genoux contre sa poitrine. Même avec une protection magique, les moldus formaient décidément une espèce bien inférieure aux sorciers, une espèce faible et soumise. Voldemort put en tout quiétude tester ses hypothèses, sans que la jeune moldue ne bouge. Son bouclier semblait atténuer l'énergie des sortilèges qu'il envoyait dessus, mais sans non plus l'absorber.

Voldemort fit pensivement tourner sa baguette entre ses doigts. L'énergie de ses sortilèges ne pouvait être perdue. Si le bouclier ne l'absorbait pas, elle devait se diffuser tout autour. Le seigneur des ténèbres s'approcha de la jeune fille, sentir l'énergie résiduelle des sortilèges étant toujours un travail très délicat. Il vit la moldue se tendre de nouveau, sûrement morte de peur à l'idée qu'il soit aussi proche.

Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, Voldemort vit la jeune fille relever la tête. Il ne lui fallut qu'une fraction de seconde pour lire la détermination dans son regard. En même temps que la jeune fille bondit, mains tendues vers sa baguette, il se recula vivement en arrière et lança un puissant sortilège d'expulsion. La jeune fille poussa un cri de douleur en percutant l'un des murs du bureau, avant de retomber sur le sol dans un bruit sourd.

Relevant la tête à default de pouvoir se relever elle-même Hermione sentit la cadence de son cœur augmenter en voyant le visage chargé de colère du seigneur des ténèbres. Elle regarda avec peur la baguette dont elle avait essayé de s'emparer pointée vers elle. Elle ne savait pas ce qui allait se passer. Elle se demanda confusément si elle allait mourir juste là, tout de suite, pour avoir osé s'attaquer à l'homme. Elle avait échoué, lamentablement échoué, et elle sentait qu'elle allait en payer le prix.

– Endoloris.

Elle ne fut pas surprise d'entendre l'incantation du sortilège de la douleur. Elle essaya de l'éviter, mais ne fut pas assez rapide. Au moment où le rayon rouge rentra en contact avec elle, la douleur emplit toutes les cellules de son corps et elle se mit à hurler de toutes ses forces et à se tordre par terre. Elle avait l'impression de mourir. Plusieurs fois. Et de façons toutes les plus atroces les unes que les autres. Ses mouvements incontrôlés n'atténuaient en rien la douleur qui parcourait tout son corps. Elle ne distinguait plus rien autour d'elle, tout son monde, toutes ses pensées obnubilées par la douleur qui irradiait de tout son être.

Lorsque le sortilège se leva, elle mit quelques instants à formuler de nouveau une pensée cohérente. Tous ses membres tremblaient et ses joues étaient couvertes de larmes.

– C'était une mauvaise idée ce que tu as tenté la petite moldue, une très très mauvaise idée.

La voix du seigneur des ténèbres était glaciale. Essayant de maitriser ses tremblements, Hermione se retourna vers lui et essaya de se relever.

– Endoloris.

– Non ! fit-elle d'une voix rendue rauque par ses cris.

Désespérément elle essaya de bouger avant que le sortilège ne la touche, mais son corps ne lui obéit pas et le rayon rouge l'atteignit de nouveau. La douleur semblait encore pire que la fois précédente. Elle avait l'impression que tous ses organes étaient transpercés de part et d'autre, que sa peau brulait, que ses yeux étaient arrachés de leurs orbites. Le sang dans ses veines semblait charrier de l'acide, et elle avait mal à des parties de son corps qu'elle ne savait même pas exister.

Le sortilège fut levé au bout d'un moment qui lui sembla une éternité. Elle ne parvint pas à arrêter le tremblement de son corps et elle ne tenta pas de se relever, le moindre mouvement lui semblant au-dessus de ses forces. Elle se força tout de même à tourner sa tête vers le seigneur des ténèbres. Il était juste à côté d'elle, le visage aussi froid que la glace. Lorsqu'elle le vit lever de nouveau sa baguette dans sa direction une vague de panique monta en elle. Sa terreur était tellement puissante qu'elle comprit qu'elle ferait n'importe quoi pour ne pas avoir à revivre la douleur.

– S'il vous plait arrêtez, supplia-t-elle.

– Mais je commence à peine petite moldue. Endoloris.

Une troisième fois le sortilège la frappa et elle perdit tous ses repères. Elle ne distinguait plus les contours de la pièce autour d'elle, et elle ne savait plus depuis combien de temps elle subissait la douleur qui parcourait son corps. Elle voulait que cela s'arrête, elle voulait que la douleur cesse. Elle allait devenir complétement folle.

– Je vous en prie, supplia-t-elle dès que le sortilège fut levé. Je vous en prie, s'il vous plait. S'il vous plait.

Elle ne pouvait retenir les supplications qui sortait de sa bouche comme par automatisme. Elle avait l'impression de ne plus maitriser ni son corps ni ses pensées. Du coin de l'œil, elle vit le seigneur des ténèbres venir s'agenouiller juste à côté d'elle. Il lui saisit le menton et l'obligea à le regarder droit dans les yeux. Aucune pitié ne résidait dans les iris carmin et le visage aristocratique de l'homme ne reflétait que le mépris.

– S'il vous plait, continua Hermione.

– Je vais te faire passer l'envie de tenter des choses aussi stupides, fit-il d'un ton froid.

Hermione sentit sa panique augmenter. Elle ne voulait pas qu'il continue. Elle ne voulait plus jamais revivre cette douleur. Elle sentait que son cœur allait lâcher s'il continuait, ou qu'elle deviendrait complètement folle.

– S'il vous plait, je ne le ferai plus, je vous en prie, supplia-t-elle.

Il éclata de rire et relâcha son visage. Puis il leva de nouveau sa baguette.

– S'il vous pl…

– Endoloris !

La douleur revient immédiatement dans tout son corps et Hermione hurla de nouveau. Elle se griffa elle-même, frappa le sol, essaya par tous les moyens d'y échapper mais la douleur avait pris possession de ses nerfs. Elle n'avait plus conscience de son environnement, tout son esprit étant occupé par cette douleur infernale. Elle ne voyait plus rien et n'entendait plus rien en dehors de ses propres hurlements.

Lorsque le sortilège se leva elle éclata en sanglots sans ne plus pouvoir se maitriser. Elle sentait qu'elle était allongée à plat ventre sur le sol, mais elle n'avait plus la force, ni même l'envie de bouger. La seule chose à laquelle elle pouvait penser était la douleur, la douleur parcourant ses membres, la douleur qu'elle ne voulait plus jamais revivre.

Elle sentit un contact sur le côté de son corps et elle se retrouva allongée sur le dos, regardant le plafond du bureau. Elle ramena ses mains contre elle mais continua à sangloter de façon totalement incontrôlable, des tremblements la parcourant de façon épisodique.

– Il va encore falloir quelques Doloris pour te rendre sage, qu'en penses-tu Hermione ? fit le seigneur des ténèbres d'une voix froide.

Son prénom prononcé par sa voix accentua violement les tremblements de son corps et lui donna un sursaut d'énergie pour lutter.

– S'il vous plait, je vous en prie, je ne le ferai plus !

– Endoloris !

La douleur explosa dans son corps et Hermione perdit toute sensation à part celle-ci. Son système nerveux devenait fou sous la douleur, son esprit ne parvenant plus à se fixer sur quoi que ce soit. Ses seules sensations étaient la douleur. Elle voyait la douleur. Elle entendait la douleur. Elle sentait la douleur. Tout son univers n'était plus que cette douleur atroce.

Lorsque le sortilège s'arrêta, Hermione n'avait plus la force ni de parler ni de bouger. Son regard était fixé sur le plafond sans le voir, et des images complétement incohérentes tournaient dans sa tête sans qu'elle ne puisse ni ne veuille les interpréter. Elle ne savait plus ni où elle se trouvait, ni pourquoi elle avait autant souffert. Elle ne se souvenait plus de qui elle était, et pendant un instant elle peina même à retrouver son prénom.

Elle sentit à peine le seigneur des ténèbres lui tourner la tête, et le fait de se retrouver à regarder ses prunelles rouges ne déclencha chez elle aucune réaction. Elle vit l'homme s'installer dans un fauteuil à quelques pas d'elle sans en déduire quoi que ce soit. Il lui fallut plusieurs minutes pour qu'elle reprenne un petit peu ses esprits. Lorsque son cerveau relia de nouveau l'homme en face d'elle et la douleur qu'elle avait vécue, son corps se remit à trembler de peur. Elle essaya de nouveau d'implorer la clémence de l'homme mais seul un gémissement inarticulé sortit de sa bouche.

Lorsqu'il se leva et s'approcha d'elle une vague de panique la submergea. Essayant de contrôler son corps, elle tenta de se trainer sur le côté, de s'éloigner d'une façon ou d'autre autre de l'homme, mais elle se rendit compte qu'elle n'en avait pas la force. De nouveau il s'était accroupi juste à côté d'elle, ses yeux à quelques centimètres des siens.

– Vas-tu rester sage maintenant ma petite moldue ?

Hermione ne put articuler un son mais hocha frénétiquement la tête.

– Je préfère ça, commenta le seigneur des ténèbres.

Il s'éloigna et elle resta un moment allongée sur le sol, sans avoir la force de bouger, avant que ses deux geôliers n'apparaissent dans son champ de vision et ne la relèvent de force. Avant qu'ils ne l'entrainent, le seigneur des ténèbres les arrêta et vient soudain se poster juste devant elle. Un sourire cruel étira ses lèvres, et l'obligeant de nouveau à le regarder dans les yeux, il doucha complétement tous ses espoirs :

– Même si tu avais accès à une baguette Hermione, tu ne pourrais pas t'en servir. Seuls les sorciers le peuvent, et tu n'es malheureusement qu'une petite moldue.

Hermione ne savait pas si cela était vrai ou pas, mais ce qu'elle savait c'était qu'elle ne tenterait plus de s'emparer de la baguette en bois blanc à moins d'être absolument certaine de pouvoir le faire en toute impunité. Et dans un coin de sa tête, son cerveau enregistra une nouvelle information : ses ravisseurs étaient des sorciers.

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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre. À la semaine prochaine !