Hello ! Voilà le nouveau chapitre :)
Je remercie tous ceux qui lisent, reviewent, mettent en alertes et merci à ma toute nouvelle Bêta : CFLM angel !
Pitchoune : mouhahaha tu me suit partout, bah je vais pas m'en plaindre hein xD En tout cas merci beaucoup :)
Morgane : Merci :) Yep serpentard/Gryffondor c'est un peu cliché mais c'est bien marrant à écrire xD
Bonne lecture !
CHAPITRE 4
Une semaine supplémentaire s'était écoulée depuis ce petit incident de chaudron et ma vie avait repris son cours normal. Je passais les cours avec Black, plus ou moins sereinement et le reste du temps avec Regulus ou Anna. J'apprenais à mieux la connaître et elle ne cessait de me parler du monde moldu et de sa famille de qui elle semblait être très proche. Elle avait deux sœurs qui étaient plus jeunes qu'elle et bien évidemment moldues. Elles étaient apparemment très contentes pour elle et très fières d'avoir une première sorcière dans leur famille. Elles s'envoyaient des hiboux tous les deux jours – le temps pour le pauvre oiseau de faire l'aller-retour – et parlaient de tout. Parfois je me surprenais à être jalouse d'elle. Jalouse d'une née-moldue moi, il fallait vraiment que j'aie un grain ! Le coup que j'avais reçu sur la tête avait dû me laisser quelques séquelles. Mais j'avais l'impression qu'elle avait une vie de rêve.
Certes à Poudlard elle restait un paria, mais à la fin de l'année scolaire elle partirait et tout cela ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Sa famille, elle, serait toujours là et j'enviais secrètement les relations qu'elle entretenait avec chaque membre de sa tribu. J'aurai payé cher pour avoir ne serait-ce que le début d'une quelconque relation avec mon frère, mais là encore, la froideur de ma mère avait frappé. Il n'y avait pas plus d'amour ou d'affection entre mon frère et moi qu'entre mon père et moi de son vivant. Il me détestait depuis toujours, car j'étais l'aînée. Le fait d'être aîné offrait bien évidement des avantages, comme l'héritage qui était beaucoup plus important, mais il offrait tellement plus d'inconvénients tout de même...
En fait, en une semaine j'avais passé beaucoup plus de temps avec Anna qu'avec mon meilleur ami et j'en étais plus affectée que ce que je laissai voir. Il passait de plus en plus de temps avec Avery et sa bande de fous du sang-pur et j'avais l'horrible impression d'être délaissée. Anna était gentille et me tenait compagnie, mais ce n'était rien à côté de la relation que j'entretenais avec mon Regulus.
La réaction étrange qu'il avait eue au retour des vacances aurait dû me mettre la puce à l'oreille, mais j'avais pensé que c'était peut-être de ma faute. Néanmoins, son changement de comportement était flagrant. Lui qui était d'ordinaire si calme et réservé devenait de plus en plus radical dans ses pensées les altercations avec les gryffondors et même n'importe quels élèves au sang impur devenaient de plus en plus fréquentes. Depuis qu'il traînait avec la bande d'Avery, Rosier et Wilkes, il avait changé. Ces idiots l'avaient transformé en un immonde petit con arrogant qui pouvait même faire de la concurrence à son frère dans le domaine de la connerie. J'avais essayé de lui en parler, de lui conseiller d'arrêter de fréquenter ces malades, mais il m'avait envoyé chier en me disant que ça ne me regardait pas.
La vérité c'était que j'avais peur qu'il ne se laisse embrigader pour faire comme ses copains et qu'ils ne l'encouragent à rejoindre les rangs de ce nouveau mage noir que ma mère disait encore plus puissant que Grindenwald. Je n'avais bien sûr aucune preuve que l'un d'entre eux fasse véritablement partie de ces mangemorts, mais j'avais tout de même de forts soupçons pour certains. Et puis la famille Black était réputée pour être l'une des plus intolérantes.
Le peu de repas auxquels j'avais assisté avaient été assaisonnés de projets de loi tout aussi stupides et irréalisables les uns que les autres comme le fait d'interdire le mariage entre sorciers et moldus, d'enfermer à Azkaban tous les sorciers qui étaient considérés comme traîtres à leur sang, de parquer les moldus comme des animaux ou encore d'interdire l'accès à Poudlard à tous les sorciers qui n'étaient pas de sang-pur. Sur ce point-là c'était stupide, car je devais avouer qu'un bon nombre de sang-mêlés ou même de nés-moldus étaient aussi forts que nous, si ce n'était plus. Par exemple, Evans était la meilleure élève de l'école et c'était pourtant une sang-de-bourbe comme ils disaient, donc leurs théories selon lesquelles ils étaient faibles étaient totalement fausses sur ce point-là.
Je n'avais jamais vraiment réfléchi sérieusement à toutes ces questions politiques, je laissais ça aux adultes. Mais dans deux mois je serais moi-même une adulte et il allait falloir que je me fasse ma propre opinion. Quelque chose qui ne m'était jamais arrivé, je me contentais de suivre le troupeau et d'acquiescer quand on me demandait mon avis. De toute façon, j'étais une femme mon seul rôle sera de me marier avec un fils de bonne famille et de lui faire trois ou quatre gosses pour perpétuer la lignée. Merveilleuse perspective d'avenir n'est-ce pas ? Et l'amour n'en parlons pas, les maris avaient des maîtresses à tous les coins de rue – et là peu importait la provenance du sang bizarrement – et les femmes se contentaient de rester à la maison pour élever ces parfaits petits sang-purs.
Pourquoi est-ce que je me plongeais dans ces pensées hautement philosophiques ? Et bien parce que je n'avais rien de mieux à foutre ! Nous étions dans le parc avec Regulus, c'était déjà le mois d'octobre, mais il faisait plutôt bon aujourd'hui. Le ciel était bleu et le soleil réchauffait un peu l'air frais, si bien que la plupart des élèves étaient dehors en ce samedi après-midi. J'étais allongée dans l'herbe fraîche, Regulus était près de moi et coupait des brindilles en petits morceaux, complètement silencieux. Avant on ne pouvait pas rester sans parler plus de deux minutes et à présent c'était comme si nous n'avions plus rien à nous dire. Il me balança ses brins d'herbe dans les cheveux et s'allongea finalement à côté de moi.
- Il faut que tu fasses attention, me dit-il au bout d'un moment.
- Pourquoi tu dis ça ? Lui demandai-je, intriguée.
- Tes fréquentations laissent à désirer ces derniers temps, ça pourrait ne pas plaire à certaines personnes.
Je tournais vivement mon visage vers lui. De quoi est-ce qu'il parlait ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Je crois que tu vois parfaitement de quoi je parle, répliqua-t-il d'un ton hautain qui ne plut pas du tout. Sirius, mais surtout la sang-de-bourbe.
- Ne parle pas d'elle comme ça, tu ne la connais pas ! Black, c'est juste parce qu'on fait équipe et que je n'ai pas le choix. Je me fiche de le fréquenter ou pas, c'est un abruti fini, mais laisse Anna en dehors de tout ça.
- Je voulais juste te prévenir, dit-il en haussant les épaules d'un air faussement indiffèrent. Ton frère envisage d'envoyer une lettre à ta mère pour lui apprendre la nouvelle.
Je le regardai la bouche bée, il ne pouvait pas me foutre la paix ce petit cancrelat ! En réalité je m'étais plus ou moins préparée à l'éventualité que ma mère apprenne ma relation avec Anna, mais j'avais imaginé que ce serait un autre serpentard de bonne famille qui me balancerait, pas mon propre frère ! S'il voulait jouer à ça, je pouvais très bien apprendre à la mère de Rose Croupton que Monsieur Allistair s'était tapé sa fille qui était pourtant promise à un Lestrange. Ça ferait un putain de gros scandale ! Sauf que moi je n'en avais rien à foutre de bousiller la vie des gens. Emmerder les gryffondors, leur enlever des points et faire quelques duels dans les couloirs, OK, mais ça restait toujours bon enfant. J'avais quand même une conscience contrairement à certains. Regulus en avait une lui aussi. Avant cet été du moins.
Je me demandais bien ce que sa garce de mère avait bien pu lui faire pour qu'il ait changé à ce point. Il m'avait raconté que parfois son frère recevait des doloris lorsqu'il faisait de grosses conneries et j'avais peur qu'il ait reçu le même châtiment en représailles du départ de l'aîné.
- Je te conseille d'arrêter de voir cette sang-de-bourbe, murmura-t-il. Elle souille notre maison de sa présence impure. De toute façon, le seigneur des ténèbres va s'occuper des gens comme elle d'ici peu.
J'imaginais mal la tête que je faisais, mais ça devait être l'allégorie de la stupeur. On aurait dit sa mère qui parlait. C'était ses mots à elle pas à lui, merde !
- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive Reg' ? Murmurai-je. Tu as tellement changé, je ne te reconnais plus.
Il se releva vivement et me considéra de haut, avec un regard tellement cruel que ça ne pouvait pas être lui qui me regardait de cette façon. Merde, j'en aurai presque pleuré.
- Arrête un peu de me materner comme ça, j'ai déjà une mère ! Cracha-t-il avant de partir à grandes enjambées.
Je restai figée sur le sol, le regardant partir jusqu'à ce qu'il ait passé la grande porte. Lorsque le moment de choc fut passé, la colère prit le dessus et je me levai à mon tour dans l'idée de trouver Avery et de lui faire sa fête. Il m'avait volé MON meilleur ami, il l'avait changé en un de ces fanatiques assoiffés de sang et tout ça c'était en partie de sa faute, je le savais ! Ça ne me serait pas venu à l'idée que peut-être Regulus avait toujours été ainsi et que sa nouvelle place à la tête de la famille l'avait révélé, non ! Il s'était forcément passé quelque chose cet été et ce crétin d'Avery profitait de sa faiblesse pour le recruter dans ses rangs. Il allait le payer !
Je jetai un regard dans le parc au cas où, mais il ne sortait quasiment jamais, il y avait peu de chances qu'il soit là. Je courus jusqu'aux cachots, mais il ne se trouvait pas non plus dans la salle commune. Chaque centimètre carré de ce putain de château fut passé au peigne fin et je ne rencontrai ni lui, ni aucun des mecs de sa bande. Quelques serpentards de sixième année étaient aussi portés disparus donc ils étaient forcément tous ensemble quelque part, mais où ? Au détour d'un couloir, je tombais bien sûr sur ces idiots de maraudeurs qui rentraient du parc. Week-end oblige, Black avait sorti sa panoplie de fringues de rebelle moldu et il avait l'air vraiment ridicule avec son jean et sa veste en cuir de dragon. Il portait un t-shirt d'un groupe moldu qu'il ne devait certainement pas connaître, mais avait dû trouver la langue qui l'ornait jolie. Pathétique !
J'ignorai le sourire idiot de Potter et passai sans les regarder. C'était sans compter sur ce putain de binoclard qui m'attrapa le bras pour me retenir. Je me tournai vers lui, les traits défigurés par la colère.
- C'est vraiment pas le moment Potter, lâche-moi ! Fulminai-je.
Il n'eut même pas l'air effrayé, il haussa juste un sourcil intrigué. C'est vrai que ce n'était pas mon genre de refuser une petite confrontation, mais là désolée il fallait que je tue Avery d'abord. Saint Lupin avait l'air à l'article de la mort comme d'habitude et ce con de binoclard ne me lâchait toujours pas.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive Fitzie chérie ? Demanda Black avec son magnifique petit sourire en coin, si arrogant. J'aurai vraiment aimé avoir un sourire comme le sien. Tu as un rendez-vous amoureux ?
Potter et le petit gros éclatèrent de rire, haha c'était très drôle oui en effet. Tu me lâches maintenant s'il te plaît ?
- Ferme la Black ! Répliquai-je. Toi tu me lâches et vite, je ne suis pas d'humeur là !
- Oula elle est énervée, remarqua enfin Saint Lupin qui s'avérait être le plus perspicace de tous. Si j'étais toi, je la lâcherais James.
- Mais tu n'es pas moi, sourit le concerné. Je ne te lâcherais pas avant de savoir où est ce que tu cours comme ça FitzGerald ? Une réunion secrète de futurs mangemorts peut-être ?
Pour le coup, je cessai de me débattre et lui jetai un œil intéressé, peut-être qu'il savait quelque chose ?
- Pourquoi est-ce que tu dis ça bigleux ?
Sa prise se resserra sur mon bras, OK, je ne dirais plus bigleux... Jusqu'à ce qu'il ait viré sa main moite de mon bras du moins.
- C'est bon arrête ça Cornedrue, intervint Black, qui avait pris la place de chevalier servant de Lupin pour une fois.
- Parce qu'on a vu toute une bande de mangemorts se terrer dans une salle de classe abandonnée, répondit-il lorsqu'il eut fini de serrer mon bras. Ton frère y était et je pensais que tu y serais toi aussi FitzGerald.
- Ne sois pas stupide, lançai-je.
Il leva un de ses sourcils et lâcha enfin mon bras que je m'empressai de replier contre mon corps.
- Où sont-ils ?
- Tu crois que je vais te le dire pour que tu les rejoignes ? répliqua Potter.
- Arrête avec tes petites attaques à deux noises, tu n'as jamais été doué pour ça, bigleux. Dis-moi juste où est Avery !
- Pourquoi tu veux voir Avery ? Demanda Pettigrow.
- Ce ne sont pas vos affaires que je sache. Dites-moi juste où il est, j'ai un meurtre à commettre.
Black éclata de son rire de chien et me fila un frisson d'horreur ; j'avais réussi à le faire rire.
- Si c'est pour la bonne cause, c'est différent ! Ils sont dans le couloir du quatrième étage, près de la statue de Merwyn le malicieux.
- Merci Black, dis-je avant de me figer.
Oh Merlin j'avais dit merci... À Black ! Foutue Anna qui me déteignait dessus avec ses bonnes manières ! Les quatre maraudeurs avaient l'air stupefixés et j'en profitais pour partir en courant. Heureusement je n'avais pas beaucoup de chemin à faire et j'arrivai bien vite devant la salle abandonnée d'où des voix faibles me parvenaient. Et maintenant ? Je n'allais quand même pas entrer comme ça, lui gueuler dessus et lui jeter un sort devant tous ces témoins ! Je me cachai donc derrière une armure près de la porte et écoutais les voix qui venaient de l'intérieur. En fait, je n'entendais qu'un mot sur trois ce qui était plutôt compliqué pour comprendre une conversation. Mais lorsque le nom de Black sortit, je tendis l'oreille un peu plus. J'imaginais qu'ils parlaient de Regulus, mais lorsque le terme « traître à son sang » fut prononcé un peu plus tard, il ne pouvait y avoir de doute sur la personne concernée. Heureusement, ce fut Rosier qui prit la parole et il était tout sauf discret, j'entendis donc quelques bribes de ce qu'il disait.
- Regulus nous a appris que le traître était allergique à... (quelque chose que je ne compris pas) ça pourrait nous servir pour...
Je n'entendis pas le reste tout était devenu silencieux. Pour le coup je n'avais plus aucune envie d'attendre la sortie d'Avery, j'avais franchement la trouille de ce qui pouvait m'arriver avec tous ces tarés à côté. Je retournai à ma salle commune et montai dans mon dortoir en ignorant toutes les personnes autour de moi. Je claquai la porte et m'adossai contre celle-ci en fermant les yeux. Je n'avais même pas eu conscience des battements de mon cœur si rapides et de ma respiration sifflante. Chaque bouffée d'air qui atteignait mes poumons me faisait l'effet d'un poignard qu'on m'aurait planté dans la poitrine et ma gorge me piquait affreusement. Je n'allais quand même pas me mettre à pleurer comme une faible ! Je n'étais pas faible ! J'étais une FitzGerald !
Merlin, si c'était vraiment une réunion de futurs mangemorts, comme Potter l'avait dit, ça signifiait que Regulus et Allistair étaient intéressés ou peut-être même qu'ils en faisaient déjà partie. Putain, putain, putain ! Les autres je n'en avais rien à foutre, ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient et crever, mais pas MON Regulus ! C'était impossible, il avait dû être soumis à l'imperium ou un truc comme ça, sa mère avait forcément fait quelque chose pour qu'il devienne aussi... diffèrent tout simplement. Je ne pouvais pas croire qu'il était comme ça, c'était juste impensable.
Un reniflement bruyant me fit rouvrir les yeux et je scrutai la pièce pour voir d'où venait ce bruit grossier. Un seul lit avait les rideaux clos et c'était évidemment celui d'Anna. Je poussai un long soupir et m'avançai vers elle pour écarter les rideaux. Je la trouvai recroquevillée sur le lit, ses longs cheveux blonds éparpillés tout autour d'elle et trouvai le tableau étrangement beau. Je secouai un peu son épaule et elle se tourna instantanément vers moi, les yeux rougis et le visage couvert de furoncles.
- Oh merde ! Soufflai-je. Qu'est-ce qui s'est passé ? Encore les maraudeurs ?
Elle secoua la tête négativement et se remit à sangloter en me prenant dans ses bras. Merlin, quelle horreur ! Elle s'accrochait désespérément à moi alors que je gardai mes bras le long du corps, affreusement gênée. Je finis par lui tapoter la tête d'une main en lui murmurant de se calmer et de m'expliquer. Malheureusement pour moi, elle mit un certain temps avant de s'arrêter et mon épaule était complètement trempée de ses larmes et sûrement un peu de sa morve dégoûtante. Je ne pensais qu'à aller me changer, mais si je le faisais elle allait se remettre à pleurer. Je lui tendis mon mouchoir en soie brodé à mes initiales et la laissais faire sa petite affaire. Une fois ses larmes taries, elle me lança un regard gêné et reconnaissant. Il n'y avait pas de quoi être gêné, je l'avais vu pleurer plus de fois que n'importe qui de toute façon.
Je sortis un petit sourire rassurant, on n'était que toutes les deux après tout, je n'avais pas besoin de faire semblant.
- Alors tu vas me dire ce qui s'est passé, demandai-je.
- C'est... Ludo Verpey, tu sais le poufsouffle de cinquième année...
- Je sais qui est cet idiot oui, la coupai-je. Pourquoi il t'a fait ça ? Et surtout pourquoi tu n'es pas à l'infirmerie ?
- Il a parié avec un gryffondor qu'il ne serait pas capable de me lancer un furunculus.
- Tu rigoles ? M'exclamai-je.
Elle me fit signe que non et je l'attrapai aussitôt par le bras en la mettant sur ses pieds. Tant pis pour mes fringues, je me changerais plus tard, mais là il fallait que je me défoule sur quelqu'un à la place d'Avery. Merci à Ludo de s'être porté volontaire. C'était un de ces crétins qui pensaient que parce qu'ils jouaient au quidditch, ils étaient super populaires et adulés par tout le monde. Il devait faire au moins 1m80 à quinze ans et n'était pas prêt de s'arrêter de grandir. Il se croyait sûrement très séduisant, mais il ne me plaisait pas du tout avec ses cheveux blonds et ses grands yeux bleus qui lui donnaient l'air d'un bébé ahuri qui ne comprenait rien à ce qui se passait autour. Et puis va savoir pourquoi, c'était un parieur compulsif. Il pariait sur tout et n'importe quoi, ça pouvait aller du menu du déjeuner aux scores que l'équipe des Canons de Chudley obtiendrait à la fin de la saison. N'importe quoi !
Je traînais Anna avec moi dans les couloirs sans qu'elle ne proteste.
- Où est-ce qu'on va ? Demanda-t-elle au bon d'un moment.
- Heureuse que tu t'y intéresses enfin ! Raillai-je. Je vais d'abord t'emmener à l'infirmerie et ensuite je vais trouver ce Verpey de malheur pour lui apprendre les bonnes manières !
Elle émit un petit gémissement plaintif, mais je ne lui laissai pas le choix de toute façon. Je dû la traîner jusque devant l'infirmière pour être sûre qu'elle se ferait bien soigner. Cette idiote avait pris l'habitude de se soigner elle-même, car elle avait je cite : « trop honte de déranger Miss Pomfresh aussi souvent ». Je la laissais à ses bons soins et croisais Evans en remontant vers la salle commune des blaireaux. Pour une fois j'étais heureuse de la voir.
- FitzGerald tu tombes bien, je voulais te voir, commença-t-elle.
- Moi aussi !
Elle parut étonnée un instant, mais je lui racontais tout de suite les malheurs d'Anna. Elle fut très choquée du comportement de ce crétin et décida de m'accompagner. Ah ! Les joies d'être préfète !
- Pourquoi tu voulais me voir au fait ? Demandai-je.
- Il y a une réunion des préfets lundi soir pour mettre en place les rondes du mois d'octobre.
- Oh ! D'accord, moi qui croyais que tu venais m'inviter à une réunion secrète pour critiquer les maraudeurs.
- C'est une idée en effet, sourit-elle.
En tant que préfète en chef, Evans connaissait tous les mots de passe et nous entrâmes donc dans la salle commune des poufsouffles sans problème. Mais quelle horreur ! Leur salle était vraiment immonde avec tout ce jaune sur les fauteuils qui faisait mal aux yeux. J'embrassais la pièce du regard et repérai immédiatement le joueur de quidditch, installé sur un canapé en compagnie d'une partie du fan-club de l'équipe de poufsouffle. Un sourire cruel naquit sur mes lèvres tandis que je m'avançais vers lui, Evans sur mes talons. Il leva ses gros yeux vers nous et un petit sourire charmeur vint orner sa bouche. Quel idiot, il croyait vraiment que ça marchait avec les filles ce truc ?
- Verpey, quelle joie de te voir ! M'émerveillai-je en m'installant à ses côtés et en virant un infâme blaireau.
- Oh... heu moi aussi Deirdre, marmonna-t-il.
- Dis-moi qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui entre 17 h et 17 h 30, mon ami ?
- Rien... rien du tout... pourquoi ? Bégaya-t-il tandis que son sourire s'était complètement effacé pour laisser place à un visage angoissé.
- Oh c'est dommage parce que ce n'est pas ce qu'on m'a dit vois-tu, avançai-je en faisant mine de réfléchir.
- Il paraît que tu as encore fait un pari stupide Ludo, le réprimanda Evans.
- Mais non, c'est faux ! Je suis innocent !
- Les coupables disent toujours ça Verpey, ironisai-je en le menaçant de mon doigt. Et puis t'en prendre à une jeune fille sans défense, ce n'est pas très valeureux de ta part.
- Anna Johnson s'est retrouvée à l'infirmerie à cause de ton stupide pari, reprit Evans.
- Allons, c'était juste... un pari rien de plus. Et puis c'est Anna, Anna la brailleuse.
- Ne l'appelle pas comme ça Verpey, m'exclamai-je en me relevant vivement. Il y a assez de problèmes sans qu'en plus tu t'en prennes à la plus faible de l'école ! Si tu veux t'amuser avec tes paris stupides, tu n'as qu'à demander à quelqu'un de se débarrasser de Black ou Potter.
- Deirdre ! Protesta Evans avec une moue désapprobatrice. Je te rappelle que les paris sont interdits à Poudlard.
- Ouais, ouais, grognai-je.
- Ludo tu resteras en retenue le week-end prochain et j'enlève 20 points à poufsouffle pour ce pari stupide. De plus, je vais faire un rapport au professeur Dumbledore parce que ce n'est pas la première fois que tu es pris sur le fait.
- Si tu t'avises de lui faire du mal à nouveau, je jouerais au quidditch avec ta tête Verpey, le menaçai-je en prenant la voix la plus doucereuse que j'avais.
Je vis avec une joie non dissimulée le visage de Verpey se décomposer et les regards courroucés que ses camarades lui lançaient. Justice avait été faite même si j'aurai préféré faire durer le plaisir un peu plus longtemps. Nous sortîmes de la salle commune et lorsque nous arrivâmes au bout du couloir, Evans éclata de rire en se pliant en deux. Je la laissais reprendre son calme en la regardant faire avec un petit sourire. C'était tellement rare de voir la préfète en chef se lâcher.
- On fait une bonne équipe, déclara-t-elle en essuyant une larme qui perlait au coin de son œil émeraude.
- C'est vrai, acquiesçai-je. Il faudrait qu'on fasse ça plus souvent.
Nous nous séparâmes et je rejoignis ma salle commune en attendant qu'Anna sorte de l'infirmerie. Je m'installai sur un fauteuil en cuir vert bouteille et ouvrit un livre de potion que je fis semblant de lire. Toute cette histoire m'avait au moins permis de ne pas penser à Regulus, mais là j'étais bien obligée de cogiter à nouveau dessus. La porte s'ouvrit et je levai les yeux un instant pour voir entrer Avery et ses deux acolytes. Dès qu'il m'aperçut, je baissai les yeux sur mon bouquin en faisant mine de ne pas l'avoir vu, mais c'était peine perdue. Il vint directement vers moi et s'assit sur l'accoudoir du fauteuil en passant un grand bras musclé dans mon dos. Je ne levai toujours pas les yeux vers lui et il se mit brusquement à rigoler. Ça n'avait rien à voir avec un petit rire discret ou encore le rire de chien immonde de Black c'était plutôt une espèce de rire diabolique à la Rosier et je frissonnai involontairement.
- Tu sais que ton livre est à l'envers ma belle ? Se moqua-t-il.
Ah... Oui en effet. Je le fermai d'un coup sec et le balançai sur la table, il ne m'était plus d'aucune utilité de toute façon.
- On va pouvoir discuter maintenant, reprit-il. Tu n'es pas avec la petite Johnson ?
- Bien sûr que si, tu ne vois pas quelle est sur mes genoux Avery ?
- Tu as déjà fait mieux dans le sarcasme, mais je te pardonne. Ta mère t'a-t-elle envoyé une lettre ?
- Non pourquoi ?
- Je préfère te laisser la surprise mon ange, sourit-il. Ça sera bien plus amusant.
Je fronçais les sourcils et lui jetai un regard furieux.
- Bon qu'est-ce que tu veux Avery ? Autant que tu me le dises tout de suite et que je passe à une activité plus palpitante.
- Très bien, si tu y tiens tant que ça, déclara-t-il en haussant les épaules.
Il se rapprocha dangereusement de moi et j'ignorai les regards jaloux des filles autour. Si elles savaient comme je leur aurai donné ma place avec plaisir. Il se pencha à mon oreille et murmura :
- Arrête de voir Johnson, tu seras gentille. Elle te pervertit un peu plus à chaque fois que tu te trouves près d'elle. Les gens comme elle ne devraient même pas exister et surtout pas dans notre noble maison.
- Tu n'as pas d'ordre ni de conseil à me donner Avery, grognai-je. On n'est ni amis, ni amants, ni rien du tout. Garde tes conseils pour tes petits copains et lâche-moi une bonne fois pour toutes.
Son visage pseudo séducteur disparut, défiguré par la colère et il attrapa violemment mon poignet pour le tordre. Je soutenais son regard sans ciller même si j'étais intérieurement morte de trouille. Je vous rappelle que j'étais à serpentard, pas à gryffondor et le courage ne faisait pas partie de mes qualités même si je devais en avoir un petit peu quelque part au fond. Je tentai de contrôler ma respiration et de ne pas lui laisser voir qu'il me faisait flipper, surtout depuis que j'avais découvert ce qu'il était ou ce qu'il allait devenir du moins.
- Un peu de respect s'il te plaît, mon cœur. Ça serait dommage que je doive faire du mal à quelqu'un qui t'est cher pour que tu apprennes à me parler convenablement.
- Si tu le touches, je te tue Avery, tu m'entends ? Explosai-je instantanément.
Il émit un nouveau petit rire et son emprise se resserra. Je ne pus réprimer une grimace de douleur qui le fit sourire cruellement.
- C'est mignon de voir à quel point tu y tiens à ton Regulus mon cœur, mais ça ne le sauvera pas. Il est trop faible et c'est un peu de ta faute, tu sais. Tu l'as tellement surprotégé ces dernières années que tu en as fait une femmelette.
- Si tu lui fais du mal, je te promets que rien ne pourra te protéger, dis-je en prenant le même ton doucereux que lui. Quitte à me faire virer de l'école je m'en fiche, mais je te fais le serment que tu me le paieras d'une manière ou d'une autre. Laisse-le tranquille !
- Ce n'est pas moi qui décide mon ange. Il a un grand avenir devant lui et ce n'est pas avec toi qu'il y parviendra. Tu es tellement là à le couver que tu n'as même pas remarqué que ce n'était plus un enfant. Il a des desseins plus importants à présent que de discuter avec toi, surtout s'il ne peut même pas t'avoir dans son lit. C'est d'ailleurs une sale manie que tu as de te refuser à tout le monde ici.
- Mets-toi bien dans le crâne que ça n'arrivera jamais avec toi, Avery. Jamais.
- C'est ce qu'on verra. Tiens-toi éloignée d'Anna, c'est un conseil d'ami.
Je tentai de dégager mon bras, mais je n'arrivais qu'à me faire encore plus mal.
- Je t'ai dit que tu n'avais pas de conseil à me donner Avery. Lâche moi et vite !
Il attrapa mon visage avec son autre main et me fixa un instant dans les yeux. Je me forçai à soutenir son regard cruel à nouveau, puis, il plaqua férocement ses lèvres sur les miennes. Je tentai de me dégager, mais sa main sur ma mâchoire ne voulait pas lâcher prise. Sa langue vint toucher mes lèvres et j'eus un haut-le-cœur. Voyant que je n'avais pas l'intention de céder, il mordit ma lèvre et un goût métallique remplit ma bouche tandis que je poussais un gémissement de douleur. Avery sourit contre ma bouche et me lâcha enfin. Ma colère avait pris le dessus sur ma peur et je lui mis une gifle retentissante qui le fit rire à nouveau. Il était complètement fou !
- Tu n'es qu'un gamin pourri gâté Avery ! Fulminai-je. Si on ne te donne pas ce que tu veux, il faut que tu le prennes par la force ou la ruse, mais tu ne m'auras pas.
- Tu es comme moi ma belle, répliqua-t-il simplement. Et je t'aurai, je n'en doute pas.
Je l'ignorai et sortit en claquant la porte, mon bras replié contre moi. L'enfoiré il m'avait sûrement pété le poignet, il allait le payer ! Je rejoignis l'infirmerie à grands pas, dans un état de colère si intense que le premier qui aurait eu le malheur de m'adresser la parole l'aurait amèrement regretté. Je ne savais pas trop contre qui j'étais le plus énervée sur le coup. Regulus et sa connerie, Anna qui me pourrissait la vie involontairement, Avery que j'avais envie de tuer ou bien Black parce que c'était Black. J'entrais en trombe dans l'infirmerie et Pomfresh me jeta un regard mauvais avant de voir mon bras recroquevillé contre ma poitrine qui avait déjà commencé à bleuir.
- Qu'est-ce qui s'est passé Miss ?
Merde je n'avais pas eu le temps de penser à une excuse pour expliquer ça, je ne pouvais pas avouer que je m'étais laissé casser le poignet par Avery.
- Je... J'ai donné un coup de poing dans un mur, bafouillai-je.
Elle me jeta un regard incrédule.
- Vous n'avez pourtant rien sur les phalanges, s'étonna-t-elle.
- Oh contentez-vous de me soigner ! Râlai-je.
Elle m'ordonna de l'attendre le temps pour elle d'aller chercher une potion dégueulasse de plus et je cherchai Anna du regard. Mon cœur manqua un battement lorsque je l'aperçus. Elle était allongée sur un lit et Lupin était debout près d'elle à rigoler à une blague qu'il avait probablement sortie. Elle me parlait beaucoup de son binôme qui était siii gentil, siii beau, siii intelligent. Si elle savait qu'il était siii poilu une fois par mois je ne suis pas sûre qu'elle aurait été siii contente. Ils s'interrompirent en me voyant arriver et Lupin riva son regard sur mon bras.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Demanda-t-il.
- Rien, rien je me suis énervée contre un mur.
Il s'approcha de moi et m'attrapa le bras délicatement. Ses sourcils se froncèrent à nouveau et il me lança un regard perçant.
- Qui est-ce qui t'a fait ça ?
- Mais personne Lupin ! M'écriai-je avant de pousser un long soupir. Je me suis fait ça toute seule.
Il me désigna un bleu qui avait une forme bizarrement allongée.
- Ça, tu vois c'est une trace de doigt, commenta-t-il. Donc quelqu'un t'as tenu le bras assez longtemps et assez fermement pour te le casser.
- Tu comptes faire une carrière de guérisseur Lupin ?
- Arrête avec tes sarcasmes et dis-nous qui t'a fait ça.
Je soupirai et m'assis sur le lit d'Anna. Elle me fit un sourire désolé et je décidai de ne dire qu'une partie de la vérité.
- C'est Avery, avouai-je.
- Pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? S'exclama Anna, les yeux exorbités.
- Parce qu'il ne peut pas avoir ce qu'il veut pour une fois.
- Il a essayé de... commença le gryffondor.
- Ne soit pas stupide Lupin, le coupai-je. Il n'est pas assez con pour faire un truc pareil quand même !
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Demanda-t-il.
- Comment ça ?
- Tu vas le balancer à Slughorn ? Interrogea Anna.
- Mais tu es folle ! Non, je veux que personne ne le sache. C'est trop honteux pour que je le répète à quelqu'un. Et Lupin je t'en prie n'en parle pas à tes abrutis de potes.
- Ils ne sont pas si abrutis que ça quand on les connaît, sourit-il.
- Génial, je suis contente pour toi ! Mais je m'en fiche, je ne veux pas les connaître. Alors, ne dis rien et tout ira bien.
- On pourrait t'aider à te venger ?
- En lui balançant des bombabouses dans la gueule ou en changeant la couleur de ses cheveux ? Non merci ! Je ne suis pas à gryffondor moi Lupin, je ne fais pas de blagues de gamin pour me venger de mes ennemis.
- On peut faire d'autres choses beaucoup plus intéressantes, tu sais, souffla d'un ton mystérieux.
- De toute façon pourquoi vous feriez ça ? Et toi tu n'es pas censé être la voix de la raison ici ? Tu devrais plutôt me sermonner et me dire que c'est mal de faire ça.
- Je l'aurais fait si ça avait été quelqu'un d'autre que Avery et s'il ne t'avait pas cassé le poignet et ouvert la lèvre.
Je passai la langue sur ma lèvre encore ouverte et récoltais quelques gouttes de sang avec une grimace de dégoût.
- Il mérite qu'on lui donne une bonne leçon, lança Lupin d'un air malicieux.
Je contemplai son petit air de gamin prêt à faire une bêtise et ne put m'empêcher de sourire avant de réprimer une exclamation de douleur. J'avais toujours cru que Potter et Black étaient les instigateurs de leurs conneries et que Lupin ne faisait que les suivre, je m'étais bien trompée. Sous ses airs de garçon calme et sage se cachait véritablement l'âme d'un maraudeur.
- Tu devrais accepter, ça peut être marrant, me conseilla Anna.
- Tu donnes ton avis maintenant ? Demandai-je en la considérant avec surprise. Tu vois que j'ai une bonne influence sur toi ma petite.
Elle émit un doux rire qui était plutôt rare chez elle et j'eus le cœur plus léger pour Merlin sait quelle raison. Maintenant que je ne pouvais plus veiller sur Regulus, je reportais inconsciemment toute mon attention sur elle. Peut-être que Avery avait raison et que j'avais tendance à trop materner les gens...
- Alors tu es partante pour une collaboration ?
- Je ne sais pas trop, hésitai-je. On peut en discuter et si vous me proposez quelque chose d'intéressant on avisera.
- Parfait !
