Etoile Quatrième: Scintillement.
Quand Conan se réveilla de sa sieste oh combien réparatrice, il fut soulagé de se retrouver seul dans l'infirmerie.
Il s'étira avant de remettre ses verres sur son nez, puis de sauter du lit de soin sur le sol. Sa migraine était partie, de même que sa fatigue.
Mais il avait beau tendre l'oreille, il n'entendait pas le brouhaha habituel de l'école primaire.
En général il y avait toujours un cours de sport à l'extérieur, ou le bruit d'un professeur dans la salle voisine. Cependant l'école n'était pas complètement silencieuse non plus, il parvenait à entendre quelques pas résonnant dans le couloir, le bruit du vent dehors... Regardant sa montre, il se rendit compte que sa sieste avait duré toute l'après-midi jusqu'à après la fin des cours.
(Oulàlà...) pensa-t-il, se rendant compte de ce que cela impliquait. Ran était déjà suffisamment inquiète de son état comme ça, s'il rentrait tard de l'école alors qu'il lui avait dit qu'il rentrerait directement...
(Pourvu que l'école ne l'ait pas appelée...!)
Se mordant brièvement la lèvre inférieure, il s'avança vers la porte pour en tourner la poignée. La porte s'entrouvrit, laissant les échos de pas dans le couloir lui parvenir bien plus clairement que lorsqu'elle était fermée...
Les pas de plusieurs personnes... Et avec, la vague d'émotions et de pensées des responsables.
Elle n'était pas très forte, à peine perceptible, mais suffisante pour qu'il se rende compte de deux choses.
Un, ce pouvoir semblait continuer de s'accroître doucement.
Deux, on l'avait bel et bien appelée, et elle était venue le chercher.
(Et mince.)
Il pesta intérieurement, ayant senti l'inquiétude dans les pensées, dont il commençait à reconnaître la "voix", de Ran.
Il s'assit donc sur l'une des chaises de l'infirmerie, Ran et l'infirmière s'attendant sûrement à le trouver là.
Il avait donc trente secondes au plus pour leur préparer son sourire le plus réussi, afin qu'elles ne s'inquiètent plus.
Au pire, il arrêterait, pour un petit moment, de mettre de la distance entre lui et Ran. Certes, ce serait dur de devoir rester de marbre alors qu'il pourrait entendre la moindre de ses pensées si jamais elle le prenait dans ses bras, mais c'était un prix qu'il serait prêt à payer si ça pouvait l'empêcher d'être plus triste que nécessaire...
Oui, il ferait comme ça.
"Ah, bah il est enfin réveillé! Tu te sens mieux Conan?" L'infirmière entra, ayant déjà enfilé ses habits de ville. Elle ne devait probablement attendre plus que Ran venant le chercher pour terminer sa journée de travail.
"Hm!" Répondit-il en acquiesçant de la tête.
Consciencieuse, la dame se rapprocha quand même de lui pour vérifier sa température et tâter son pouls. Elle ne sembla pas remarquer la façon dont le jeune garçon se raidit à son contact, ignorant qu'il venait de se préparer à l'intrusion massive des pensées de l'infirmière.
Elle le relâcha avec un sourire, puis dit: "C'est bon mon garçon, tu peux rentrer chez toi."
Il soupira avant de se tourner pour afficher un grand sourire (qui, il l'espérait, s'étendait jusqu'à ses yeux) à Ran.
Il se figea en se rendant compte qu'elle n'était pas venu le chercher seule.
"Conan! Je suis si soulagée! Tu as l'air d'aller mieux."
Pour une des rares fois depuis son "accident" Conan ne se rendit même pas compte qu'on venait de le prendre dans les bras, tellement son attention était focalisée sur l'autre garçon.
Les pensées de Ran, pourtant si fortes d'habitude, étaient occultées par les siennes propres. Les pensées de Shinichi Kudo alias Conan Edogawa réduisaient celles, parasites, de la jeune fille au rang d'écho.
La question qui lui brûlait l'esprit, cette pensée qui avait tant réussie à noyer toutes les autres, n'était autre que la suivante…
( Mais qu'est-ce qu'il fiche là lui! )
Hakuba Saguru, le métis Japonais-anglais, avec ses cheveux bruns, ses yeux clairs et son sourire supérieur, identique à celui qu'il arborait lors de leur précédente rencontre.
Oh, il n'était pas un mauvais détective, ni même un mauvais bougre... Qui plus est la fois précédente il n'avait nullement tenté de flirter avec Ran, et cette dernière ne pensait alors qu'à Shinichi...
Mais cela n'expliquait pas pourquoi il l'avait accompagnée ici...
Maintenant qu'il y pensait, peut-être que s'il n'avait pas essayé d'attirer l'attention de Ran, ce n'était pas à cause d'un désintérêt mais de la présence (supposée au moins) du père de cette dernière...
Pourvu que ce snobinard du dimanche ne soit pas entrain de...
"Bah alors Conan? Tu m'écoutes?"
Se sortant de sa transe, Conan tourna des yeux surpris vers sa gardienne.
"Ah. Oui Ran?"
"Tu m'écoutes quand je te parle? Je te disais qu'on allait directement au Manoir de monsieur Izumo avec monsieur Hakuba. Du moins si tu te sens assez bien pour y aller..."
Le regard de la lycéenne s'adoucit pour laisser transparaître un air concerné.
Entendant sa pensée, comme quoi elle ne le comprenait pas par moment, le jeune garçon décida d'opter pour une réponse énergétique dans l'espoir de dissiper ses inquiétudes.
"Oui! Allons-y!" Dit-il donc en sautant à terre, un grand sourire sur le visage tandis qu'il fonçait vers la porte de l'infirmerie et la sortie.
Ran soupira, un petit sourire sur le visage. Conan restait Conan.
"Eh bien. Je vois que la vie avec lui ne doit pas être de tout repos." Le détective métis regardait par la porte dans la direction où était parti l'enfant.
Il pouvait le voir leur faire signe de venir vite le rejoindre, mais il ne se sentait pas pressé de le faire non plus.
"Non, en effet." Répondit Ran d'un air amusé. "Même si par moment j'en viens à oublier qu'il n'est qu'un enfant, il arrive toujours quelque chose qui me rappelle que Conan n'est qu'un petit garçon trop curieux."
"Bon, sur ce, moi je vais y aller. Mademoiselle Mouri, monsieur Hakuba..." L'infirmière venait de mettre son manteau et leur faisait signe de sortir afin qu'elle puisse fermer la salle derrière eux.
Ils s'exécutèrent, et Ran en profita pour remercier l'infirmière d'avoir pris soin de sa jeune charge.
Lorsqu'elle et Hakuba retrouvèrent le petit garçon à la porte de l'école, il ne semblait pas pouvoir tenir en place tellement il était impatient d'arriver sur les lieux du vol annoncé de ce soir.
Il n'avait plus rien, si ce n'est une légère pâleur, du petit garçon malade de ce matin.
Cependant ni Hakuba, ni Ran ne pouvait se douter que l'impatience du jeune Edogawa n'était qu'une feinte, et que ce dernier venait enfin de se rendre compte d'une bizarrerie...
( Comment se fait-il que lorsque j'ai vu Hakuba tout à l'heure je n'entendais plus les pensées d'autrui? )
C'était une question sur laquelle il allait pouvoir se concentrer durant tout le trajet en Taxi jusqu'à chez monsieur Izumo.
Une fois la voiture partie, une ombre se détacha de derrière la poubelle près des grilles de l'école.
Haibara Aï, la petite fille aux cheveux auburn, regarda l'automobile s'éloigner, son visage un portrait étrange d'inquiétude et de confusion.
Lorsque les cours avaient pris fin, Conan n'était toujours pas réapparu. Se demandant s'il s'était senti mal au point de devoir rentrer chez lui ou aller à l'hôpital, la jeune fille s'était excusée auprès de ses camarades, dont c'était le tour de nettoyer la classe, pour aller voir à l'infirmerie. Normalement, elle ne se serait pas fait de soucis, mais elle devait avouer que son état de tout à l'heure n'était pas réassurant.
Les produits qu'il avait avalés seraient-ils entrain de lui faire du mal? Des effets secondaires néfastes?
Il avait dit quelque chose comme quoi les pensées de la jeune Suzuki lui avaient donné une migraine pour toute une nuit...
Certes, Sonoko n'était pas la moins bruyante des lycéennes, mais cela étonnait la jeune scientifique que les "pensées" de cette fille puisse avoir autant d'effet. (Elle s'étonnait déjà partiellement qu'elle en ait autant.)
Conan avait eu l'air d'un zombie, alors qu'elle savait que ce n'était pourtant pas la première fois qu'il passait une nuit blanche...
Lorsqu'elle arriva devant l'infirmerie, elle vit que l'infirmière était occupée avec l'un des enseignants d'éducation physique. Apparemment l'un des garçons d'une des classes au-dessus c'était sérieusement blessé à la jambe pile à la sonnerie de fin des cours. Voyant l'infirmière s'éloigner sans se soucier du jeune alité dans sa salle de travail, Haibara décida de rentrer elle-même voir l'endormi.
Voyant son visage serein et ses traits reposés, elle poussa un soupir de soulagement. Il respirait régulièrement, et son état d'avant semblait s'être envolée.
Mais si elle ne voulait pas que cela recommence ou s'empire, elle devait vite trouver la solution au problème. Elle n'avait pas mentie tout à l'heure, lorsqu'elle lui avait dit s'approcher d'un remède à sa télépathie.
Depuis l'incident, elle y avait consacré tout son temps normalement passé à chercher l'antidote à son apotoxine. Elle pensait avoir enfin déterminé quels étaient les éléments chimiques qu'il avait avalé, et commençait à essayer d'en terminer les effets sur son système.
Restait le problème de comment en contrer les effets.
Elle se mit debout sur un tabouret afin d'atteindre la boite contenant le médicament qu'elle présumait qu'on avait donné au détective rétréci. Cette drogue avait eu un effet bénéfique sur l'état de Conan, autant en prendre la liste des composants et un échantillon. Après cela, elle avait allumé le badge de Conan et activé son écouteur afin de pouvoir surveiller son état sans avoir à être prés de lui.
Une fois tout cela accomplit, elle se décida à rester là, peut-être dans l'espoir qu'il se réveille, qui sait, jusqu'au retour de l'infirmière.
Évidemment, son compagnon d'infortune ne semblait pas vouloir se réveiller de si tôt.
Elle observa son visage enfantin, les petits soulèvements de son jeune torse sous son drap, ses lèvres entrouvertes, comme s'il voulait poser des questions même pendant son sommeil.
Il ressemblait vraiment à un jeune garçon de sept ans.
C'est pendant des moments comme celui là qu'elle se demandait comment un si brillant cerveau et un caractère si borné pouvait se cacher derrière une pareille façade.
Raison de plus pour qu'elle travaille rapidement pour trouver non seulement l'antidote à sa télépathie, mais aussi à sa deuxième jeunesse.
Ai Haibara, née Shiho Miyano, ne connaissait que la façade "Conan Edogawa" de son jeune ami... Et, même si elle ne voulait pas l'avouer, elle brûlait d'envie d'apprendre à connaître Shinichi Kudo.
C'est alors qu'elle entendit l'infirmière et les trois autres Detective Boys dans le couloir.
La jeune femme pria gentiment Ayumi, Genta et Mitsuhiko de rentrer, sans s'inquiéter plus pour leur ami.
"Il va bien, pas de souci." Leur dit-elle, avant de se faire surprendre en voyant Haibara dans l'infirmerie.
Elle déposa sa boite de soins (apparemment le garçon de tout à l'air n'avait pas tant besoin de soins que ça) prit le téléphone et pria à la petite métisse de sortir aussi.
"...Ah. Zut, messagerie. Tant pis. Allô! Mademoiselle Mouri Ran? C'est pour..."
La porte se referma, et finalement, les quatre enfants sortirent de l'école, Haibara rassurant une énième fois les autres quant à l'état de leur camarade.
Elle les quitta cependant à la sortie, disant qu'elle avait une chose à faire.
Si cela avait Conan disant cela, ils auraient trouvé cela tout de suite suspect, mais de la part de Haibara, cela semblait si normal.
Elle passa l'heure suivante à attendre près de la sortie, se mettant à l'abris du vent, écoutant du temps en temps via son écouteur l'infirmière marmonner.
C'était ainsi qu'elle vit arriver Melle Mouri et cet autre jeune homme. Un métis il lui semblait, dont le visage lui semblait familier.
Elle n'eut cependant pas longtemps pour se soucier du pourquoi, son écouteur lui signalant que l'infirmière était sortie à la rencontre de Ran, et que Conan venait de se réveiller.
Haibara écouta la conversation.
Tout semblait normal, quoique, attends...
Elle fronça les sourcils en se rendant compte que Conan semblait trop distrait pour entendre Ran lui adresser la parole.
Mince, pensa-t-elle. Sa télépathie en était à ce point là?
Elle continua d'écouter ce qui se disait, se dissimula de nouveau lorsqu'ils ressortirent, et ne put s'empêcher de s'étonner en voyant les regards noirs qu'envoyait discrètement Conan au métis.
Il avait plus l'air agacé par la présence du jeune homme (un lycéen?) qu'importuné par son pouvoir.
Intéressant...
Ce ne fut qu'en regardant le taxi s'éloigner qu'elle se souvint d'où elle avait vu le jeune homme aux cheveux auburn.
"Hakuba Saguru..." Elle écarquilla les yeux tout en prononçant son nom.
Bien sur, comment avait-elle pu oublier?
Il s'agissait du jeune détective lycéen à moitié anglais dont les journaux faisait l'éloge de temps en temps. Celui qu'ils disaient allait combler le vide laissé par un certain détective de l'Est disparu...
Elle comprenait mieux maintenant l'attitude bizarre de Conan. Si jamais Hakuba avait la possibilité de combler le creux dans le cœur de Ran...
"Fais bien attention à toi, Kudo..."
Se passant une main dans les cheveux pour y démêler les nœuds causé par le vent, elle se retourna enfin pour rentrer chez le professeur, et se remettre à travailler sur ce fameux remède.
Rendre visite à un malade n'était pas vraiment dans ses habitudes.
Oh certes, il en avait déjà visité durant ses enquêtes, en général c'étaient des témoins clés ou des proches d'une victime innocente.
Les victimes, elles, étaient toujours mortes quand on faisait appel à lui, et parfois elles étaient loin d'être aussi innocentes qu'on le croyait.
Il n'aimait pas les hôpitaux, ils lui rappelaient le temps où il était obligé d'y venir régulièrement, souffrir de la lente mort qui rongeait alors sa propre mère.
Serrant la mâchoire, l'inspecteur attrapa au passage l'un des infirmiers pour lui demander où se trouvait donc la gente dame à qui il devait l'honneur d'avoir à faire face à son aversion pour ces horribles sanctuaires de la médecine. Renseigné par le jeune interne, il se dirigea donc vers le quatrième étage de l'hôpital, empruntant les escaliers en se demandant qui diable était l'idiot qui avait décidé de réserver les ascenseurs aux malades. Il emprunta plusieurs corridors, se perdit à quelques intersections, avant de trouver le couloir qu'il cherchait.
"Ah. Inspecteur!"
Il reconnaissait cette voix.
Voyant le visage qui l'accompagnait, il grogna intérieurement, essayant, vainement, de masquer sa déception.
Il s'agissait d'un écrivain avec qui il avait déjà eu affaire par le passé.
Un scribouillard qui prenait un malin plaisir à lui poser des questions indiscrètes sur ses enquêtes et qui semblait se réjouir à chaque fois qu'il apprenait que le baron avait de nouveau mis l'inspecteur en échec.
Oh non, pas qu'il supportait ce voleur assassin... C'est que voyez vous, inspecteur, à chaque fois qu'il s'en tire, il le fait avec tant d'ingéniosité, et cela m'inspire pour mes romans.
J'aurai tort de ne pas m'en réjouir.
Et évidemment, il a fallu que cet écrivaillon soit celui qui ait découvert la dernière victime de sa cible...
Une victime d'autant plus incroyable qu'elle était encore en vie.
"Venu rendre visite à votre pauvre voisine?" Dit l'inspecteur, sans trop d'optimisme dans la voix. L'écrivain, étant dans la chambre d'hôtel avoisinante, avait entendu la jeune femme crier. S'il n'y avait pas eu sa rapide intervention, la femme serait peut-être morte à l'heure qu'il est.
Une faible consolation, pensa-t-il, face au supplice d'avoir à interroger ce bien-heureux dans un futur immédiat.
"Oui, même si j'ignore si son témoignage pourrait vous aider.
Elle a regagné connaissance mais ses propos sont... Enfin, vous verrez bien vous-même."
Sur ce, il laissa entrer l'inspecteur dans la pièce qu'il venait de quitter.
Et l'écrivain avait eu raison.
À peine entré dans la pièce, l'inspecteur se retrouva devant une hystérique qui, à la vue de son manteau se mit à hurler en criant "Au Baron! Au Baron!"
Choqué par cette réaction inattendu, l'inspecteur resta figé un instant, avant de voir l'hospitalisée s'étouffer et s'évanouir.
"Merde..."
Il ordonna à l'écrivain de rester auprès d'elle tandis qu'il partait à la recherche d'un docteur ou quelqu'un pour venir la soigner.
Cette crise avait l'air grave.
Mais quelle réaction étrange tout de même...
Le jeune homme resté dans la salle avec la malade ne pouvait que lui secouer les épaules, tout en l'interpellant.
"Mademoiselle..."
"Mademoiselle!"
"Mademoiselle!"
Sentant qu'on l'appelait des tréfonds de son sommeil, la jeune adolescente prit conscience du monde qui l'entourait.
On l'appelait.
Une voix inquiète, soucieuse de sa santé.
Elle pouvait sentir les mains du propriétaire de la voix la secouer doucement par les épaules.
Elle ouvrit les yeux.
"Mademoiselle Akako...!"
Cette fois, la voix d'Igor était pleine de soulagement, ses mains quittant les saintes épaules de sa jeune maîtresse l'instant même.
Elle gémit en se rendant compte que son corps semblait vidé de toute force.
Elle plissa des yeux, tentant de se rendre mieux compte du lieu dans lequel elle se trouvait.
C'était sa chambre à coucher, elle pouvait distinguer la tapisserie qui faisait face à son lit et le chandelier si reconnaissable à côté.
Igor avait eu la prévoyance de ne mettre l'éclairage qu'au minimum, afin qu'elle ne soit pas trop éblouie en se réveillant.
Elle reconnaissait aussi la douce chaleur de la couette placée au dessus d'elle.
Mais pourquoi Igor faisait-il cette tête si soulagée?
Pourquoi avait-il prit la peine de la réveiller, au lieu de la laisser se réveiller d'elle même ou d'attendre que son réveil, une vieille horloge enchantée, fasse son travail?
Et surtout, pourquoi diable se sentait-elle si épuisée?
Attends donc, que faisait-elle avant de s'endormir...
Elle se souvenait être en train d'attendre cette tête de mule de Kid dehors, dans la neige.
Oui. Il était venu.
Ils avaient échangés quelques piques, avant que sa patience ne tourne court et qu'elle commence à lui envoyer des éclairs, envoyant un éclair par mégarde sur...
"Ah."
Maintenant elle se souvenait.
Comme une gourde elle avait annulé le sort de protection de la tour Ouest en tentant de faire entendre raison au gentilhomme cambrioleur.
À cause de ça, une brèche s'était ouverte, faisant apparaître une portion du véritable aspect du manoir de Koizumi et déversant une quantité affreuse d'énergie néfaste du même coup.
Elle n'avait pas eu d'autre choix que de dire au voleur de s'envoler tandis qu'elle réparait les dégâts.
C'est donc pour ça qu'elle se sentait drainée de toute énergie, que ce soit magique ou physique.
Elle ne put s'empêcher d'avoir un sourire auto-dérisoire, en se rendant compte qu'elle, Akako Koizumi, la sorcière rouge héritière d'une longue et fière lignée, s'était retrouvée évanouie et drainée de toute ses forces comme une jeune apprentie de dix ans.
"Tu peux disposer, Igor!" Fit-elle à l'attention de son serviteur.
"Bien, maîtresse Akako..." Répondit-il, indiquant tout de même par le ton de sa voix et son expression qu'il était encore inquiet, mais voyant qu'elle n'allait pas revenir sur sa décision, il s'exécuta.
Elle fut soulagée par l'absence de ses faux éloges habituels, et, une fois la porte bien refermée derrière lui, elle souffla un petit merci dans sa direction.
Se levant doucement, tout en maudissant la faiblesse de ses bras, la jeune sorcière claqua automatiquement des doigts pour augmenter l'éclairage de la pièce.
Cela ne marcha pas.
Zut. Bien sur, elle n'avait plus assez de force magique pour ça.
Elle se retint de jurer tandis qu'elle se rendit d'un pas trébuchant vers la manette, si peu utilisée, contrôlant les lumières.
Un juron s'échappa pourtant de ses lèvres quand elle se rendit compte de la tenue dans laquelle elle se trouvait encore.
D'un geste qui se voulait hargneux, elle enleva le plus rapidement possible le gros pull rouge que lui avait mis le magicien avant de partir. Elle ôta aussi le pantalon noir, et l'envoya rejoindre le haut dans une pile par terre. Si elle avait encore eu l'énergie pour ce faire, elle les aurait désintégrés sur place.
Elle remarqua aussi la carte qu'il avait attaché au pull. Igor avait dû lui enlever pour la laisser sur son table de chevet.
La colère qu'elle ressentit en relisant le mot du voleur lui donna assez de motivation pour se donner la peine de brûler le bout de carton dans le feu de sa cheminée.
Elle frissonna en regardant la carte s'enflammer, mais resta là le temps nécessaire pour la voir se désintégrer complètement en cendres.
Ce ne fut qu'alors qu'elle se dirigea vers son placard pour se changer, cette fois ci dans une tenue plus appropriée pour la saison hivernale, et ce sans l'aide d'un voleur idiot.
Lorsqu'elle ressortit de son placard dix minutes après, ce fut avec les sourcils froncés... Elle commençait à se sentir un peu mieux, mais elle avait l'impression d'oublier quelque chose d'important. Se brossant ses cheveux pour en dénouer les nœuds (et, du même coup, tenter de se détendre,) elle s'approcha de la fenêtre de sa chambre et en tira les rideaux.
Dehors elle pouvait voir le paysage inondée par la douce lumière doré du soleil couchant. Elle le contempla, la tête vide, durant cinq bonnes minutes avant de remarquer un léger mouvement au dessus de sa tête, de l'autre côté de la vitre.
C'était une petite boule noire, avec deux petits morceaux de peau se tortillant autour de petits bâtonnets d'ailes. Elle sourit en reconnaissant Jiri, et ouvrit la fenêtre pour faire entrer la petite chauve-souris. Celle-ci poussa un petit piaillement en salutation, avant de venir s'accrocher au pull noir de la sorcière et de s'y rendormir de nouveau. Visiblement il n'était pas encore l'heure de se lever pour elle... Et en pensant à cela, Akako se rendit soudain compte de ce qui la tracassait.
Prenant à peine le temps de refermer la fenêtre, elle se précipita hors de sa chambre à la recherche d'Igor, qu'elle retrouva dans la salle à manger.
"IGOR!" S'exclama-t-elle. "Combien de temps ai-je dormi?"
Le visage de son serviteur difforme ne refléta en rien la panique de sa maîtresse, et se contenta de finir de verser de l'eau dans un verre en répondant d'une voix calme.
"Vous avez bien dormi une journée complète, mademoiselle Akako. Vingt-quatre heures pile-poil je dirai même."
"Merde!" Igor ne fit nullement mine de s'offusquer devant le langage de sa maîtresse. C'était loin d'être la première fois qu'elle en abusait devant lui.
Il ne resta cependant pas de marbre en voyant la jeune femme s'emparer d'un collier se trouvant sur la commode et d'un manteau dans le couloir.
"Mademoiselle Akako! Attendez! Vous ne pouvez pas sortir comme ça!" Il se mit à courir après elle, attrapant au vol Jiri que la course soudaine de la sorcière avait délogée de son pull.
"Il faut que j'y aille!" Répondit-elle, enfilant le manteau et sortant par la grande porte du manoir. "Il va se faire tuer si je ne fais rien!"
"Mais...!" Igor avait commencé sa réplique, mais il la laissa en suspens en voyant la jeune fille trébucher et tomber à genou sur le gravier du chemin.
Il pouvait voir les larmes de rage et d'impuissance qui menaçaient de couler de ses yeux.
"Vous devez encore reprendre des forces, Mademoiselle Akako. Venez manger, et après je vous conduirai sur les lieux, et nous verrons ce que nous pourrons faire sur place."
Ravalant momentanément sa fierté en se rendant compte que le vieux serviteur avait raison, la jeune Koizumi se laissa guider de nouveau dans son manoir, vers la salle à manger où Igor lui avait déjà préparé un repas pour se requinquer.
Loin de se douter de l'état dans lequel ses plans avaient mis la sorcière, Kid l'insaisissable se trouvait déjà sur les lieux de son prochain vol.
Il était déguisé bien sur. Aujourd'hui en garde de sécurité d'une propriété voisine, venu prêter main forte aux hommes de Nakamori pour aider à contrôler les chiens.
Le Kid lui n'apparaissait dans sa cape et son chapeau qu'à l'heure pile annoncée sur ses notices, cela ne se faisait pas d'arriver trois heures en avance.
(... Et la seule fois où il était arrivé en retard, le train avait été ralenti d'une minute par la neige. Ce n'était pas sa faute si ce détective anglais était si à cheval sur l'heure...)
Et en pensant à ce dernier, le voilà qui arrivait d'ailleurs...
Tiens? Il était venu en Taxi?
Inhabituel de sa part, lui qui n'a pas d'hésitations lorsqu'il s'agit de se servir des produits de la fortune de ses parents. Bien qu'il devait bien l'admettre, Hakuba ne s'en
servait pas pour épater la galerie et déclarer sa supériorité. Pour cela il avait ses grands airs et son attitude snobinard.
Ah...
Voici qui expliquait cela. Hakuba était venu accompagné.
Et si ce n'était pas de la jolie Ran Mouri et du mini-détective binoclard.
Le Kid sourit, avant de se retourner vers le grand chien de garde qu'il avait devant lui.
"Bon toutou, gentil Médor, donne la patte..."
Il continua de caresser la tête du chien, qui, ironiquement, semblait l'avoir reconnu comme le gentil intrus lui ayant donné à manger et de quoi bien dormir, tout en tendant l'oreille.
Il pouvait entendre derrière lui Hakuba et Mouri discuter joyeusement de sottises et autres. Apparemment Hakuba lui racontait les affaires qu'il avait réussi à résoudre par le passé.
Il eut une pensée amusée, en se disant que ce pauvre Hakuba ne savait vraiment pas s'y prendre avec les filles. Si ce n'était pour son beau physique et son côté exotique, il n'en trouverait pas beaucoup qui voudrait l'écouter sérieusement parler de choses aussi morbides...
Quoiqu'il devait bien y avoir une autre raison pour laquelle Ran Mouri écoutait avec autant d'intérêt...
Une raison sous la forme d'un certain lycéen absent.
Kid tourna légèrement la tête vers eux pour mieux les observer passer à côté de lui, tandis que le gravier crissait sous leur pieds.
C'était amusant de voir l'air consterné du petit Edogawa. Lui aussi voyait donc le potentiel qu'avait Hakuba pour devenir le rival de Kudo Shinichi.
"Et qu'est-ce que vous avez fait ensuite, Hakuba?" La voix de Ran ne semblait pas aussi désintéressée qu'elle ne l'aurait voulu.
Il semblait cependant que Hakuba se fiait plus à ses yeux qu'au ton ennuyé de sa voix de toute façon. Il sourit donc en lui répondant.
"Je lui ai demandé pourquoi il a fait ça. Pour qu'elle raison il s'était senti obligé de commettre un crime."
"Mais ne l'avouerait-il pas de toute façon?" Rétorqua la jeune fille.
Entant que fille du célèbre détective endormi, elle avait maintes fois vu des criminels confesser le pourquoi de leurs crimes sans qu'on ne leur demande.
Une fois découvert, le criminel ne voulait qu'une chose, se débarrasser du poids de cette décision qui lui pesait tant, de ce poison noir qui lui rongeait l'esprit et le cœur. C'était souvent à la fois un cri de détresse et le premier pas d'un long périple pour leur soulager leur peine. Un moment d'égocentrisme auquel tout bon détective leur donnait droit en se donnant la peine de dévoiler leurs crimes. Mais Conan et Kid, l'un comme l'autre, devaient avouer ne pas comprendre l'intérêt que portait le Britannique pour demander aux coupables cette confession.
Kid put donc voir Conan acquiescer de la tête avec énergie à la question de Ran, tout en jetant un regard noir au détective métis.
"Ah. Si seulement c'était aussi facile." Soupira ce dernier.
"La majorité ne donnent que leurs prétextes, et il y a des cas qui ne se confessent guère."
Kid haussa un sourcil amusé en se reconnaissant dans cette dernière catégorie.
Il y avait bien des jours où lui-même se demandait quelles étaient les réelles raisons qui le poussait à voler, à défier ouvertement l'organisation responsable de la mort de son père.
Autant laisser le Détective faire le dur travail qui était le sien: celui de coller une étiquette simplifiée sur des motivations pourtant complexes et souvent mal comprises. Son adversaire aurait-il donc l'ambition mal placée de vouloir vraiment les comprendre?
Hakuba Saguru secoua doucement la tête et décida de changer de sujet, indiquant qu'il serait temps de trouver leur hôte.
"Le commissaire Nakamori a dit que monsieur Izumo nous attendait à la porte de derrière il me semble..."
Voyant le détective Britannique s'éloigner, le Kid se releva, moins inquiet maintenant par la possibilité qu'on reconnaisse son visage (son déguisement se composant surtout d'une casquette et de l'uniforme,) pour sourire à leur dos tournés.
La porte de derrière hein? Voilà qui était utile à savoir.
C'est à ce moment là qu'il remarqua quelque chose d'étrange chez le petit Conan Edogawa.
Celui-ci venait de s'arrêter brusquement, raide comme un piquet, avant de se retourner violemment vers lui.
Surpris, mais ne le montrant rien, le Kid se demanda ce qui avait bien pu provoquer cette réaction chez l'enfant qu'il savait ne pas en être un.
"Salut gamin. Fais gaffe à pas énerver les chiens, ils mordent ceux-là." Dit-il d'une voix de son répertoire 'homme d'âge mur', tout en faisant un signe de la main avec un sourire au petit Détective.
Le Kid frissonna intérieurement face à son regard plein de suspicion (quelque chose clocherait dans son déguisement?) Cependant la jeune Mouri venait de dire quelque chose à Hakuba qui détourna bien vite l'attention de Conan du garde des voisins.
Le voyant courir pour rattraper les deux lycéens, le Kid ne put s'empêcher de se dire que ce serait peut-être le bon moment pour se trouver un autre déguisement pour la soirée.
Si jamais ce sale gosse indiquait à monsieur Izumo que le garde de sécurité de la propriété voisine était sur les lieux, Izumo en ferait une belle crise de nerfs. Il ne s'entendait pas avec les voisins, et ces derniers n'avait pas de garde sur leur propriété à cette période de l'année.
Se tapotant le menton du doigt d'un air pensif, il regarda autour de lui à la recherche d'une personne dont il pourrait prendre l'apparence en attendant l'heure K.
Il vit le second du commissaire passer non loin en se frottant la joue. Apparemment on avait déjà vérifié son visage pour voir s'il n'était pas un imposteur...
Parfait.
Sur le toit du manoir, cependant, derrière l'une des nombreuses cheminées l'ornant, un mince filet de fumée s'élevait vers les cieux.
La nuit étant déjà tombée, personne en bas ne pouvait le voir, et puis, le fautif doutait qu'on ait pu remarquer sa présence là même en plein jour.
D'un petit coup sec de le main, l'homme se débarrassa de l'excès de cendres sur le bout de sa cigarette. Expirant un grand coup, il s'étira, se démêlant de sa cape, sous laquelle il s'était protégé du vent glacé de l'hiver.
Il leva les yeux vers le ciel, contemplant un moment le scintillement des étoiles déjà levées en profitant pour savourer quelques bouffées acides de tabac en plus. Dire qu'à cet instant précis, à l'endroit où il se trouvait moins de deux semaines plus tôt il faisait plein jour.
Qu'importe, il était bien là pour une raison précise. Une fois son objectif atteint, il pourrait y retourner comme si de rien n'était.
Se levant, il lâcha son bout de cigarette et en écrasa le mégot entre sa semelle et les tuiles du toit. D'un geste dramatique il fit danser sa longue cape noire sur ses épaules et au gré du vent, se tournant du même coup vers un petit boîtier qui n'appartenait définitivement pas à la cheminée sur laquelle il était posé. L'homme ramassa un petit écouteur et se le mit dans l'oreille, avant de manipuler quelques uns des boutons du boîtier tandis que de son autre main, il sortait un masque blanc d'une poche de sa cape.
Un masque blanc sur lequel était esquissé une visage ricanant, tel un diable.
Content de la fréquence choisi, il eut le loisir de se mettre le masque à l'aide des deux mains tout en écoutant la voix du commissaire Nakamori. Tous ses hommes étaient en place, les chiens étaient maîtrisés, et oh surprise, sa fille était venu lui apporter son dîner.
L'homme masqué sourit. C'était touchant d'entendre la jeune femme s'inquiéter de l'état de santé de son père. Ginzo Nakamori aura bien du mal à convaincre sa fille de rentrer chez elle avant l'heure du vol.
"Allez papa! Il faut que tu manges! Ton assistant a dit que tu n'avais pas encore mangé, et il est déjà dix heures! Tu étais enrhumé hier soir, c'est pas parce que tu te sens bien maintenant qu'il faut que t'oublies de te ménager! Aoko ne veut pas que tu tombes malade!"
"Plus tard Aoko, là j'ai pas le temps. Foutu Izumo... Nous lier les mains comme ça en nous interdisant d'entrer dans le manoir. Mais il va voir ce qu'il va voir! Foi de Ginzo Nakamori!"
"Papa!"
L'homme sur le toit sourit de plus belle.
Les hommes de Nakamori étaient donc bel et bien interdits dans le manoir? Voici qui lui facilitait énormément la tâche.
Il changea la fréquence du bout des doigts pour écouter quelques autres des micros espions qu'il avait posé un peu partout dans la propriété.
"Argh, sale chien. ...WAF...de...WAF... Lâche moi!"
"Du calme ...WAF ... allons!"
"Mais où est passé ce garde de sécurité quand ...WAF ... besoin de lui? Ces chiens sont vraiment intenables."
Malgré les aboiements de chiens, il fut aisé de comprendre que c'était encore la pagaille chez les officiers.
Par contre... Intriguant...
De quel garde de sécurité parlaient-ils? Celui de monsieur Izumo était parti après avoir nourri et lâché les chiens. Il était clair que monsieur Izumo et son bras droit, Yukimura, c'est ça, se servait plus des chiens comme distraction pour ces policiers gênants que pour protéger le manoir d'intrus éventuels.
Décidément, ces deux là cachaient quelque chose...
En tout cas, ce mystérieux garde restait une énigme. L'homme masqué tourna la manivelle encore plusieurs fois, espionnant les conversations à divers endroits de la propriété, avant de secouer la tête et de passer à autre chose. Il jeta un coup d'œil rapide sur sa montre à gousset. Vingt-deux heures et vingt-trois minute quinze secondes. Hé. Encore une heure et demi, environ, avant que ce gamin de Kid l'insaisissable ne fasse sa démonstration. Peut-être qu'il serait l'heure pour que le voleur professionnel qu'il était commence ses préparations.
L'homme masqué enleva donc son écouteur, pour le remplacer par un autre, dont il n'eut pas à contrôler la fréquence depuis un boîtier. Une fois satisfait qu'il entendait bien les discussions au travers de son oreillette, il rangea son boîtier et les restes d'un repas frugal dans un sac, qu'il dissimula derrière la cheminée.
Il avança lentement vers le rebord du toit, tout en écoutant monsieur Izumo en personne discuter du dessert que lui et ses hôtes venaient de manger, en ignorant les commentaires à voix basse du jeune Yukimura qui, visiblement, avait du s'occuper de préparer et servir le repas en l'absence de serviteurs. Monsieur Izumo ignorait que son médaillon, seul souvenir de son dernier amour, maintenant décédé, servait de logement temporaire à un micro espion.
"Izumo, vieux chacal." Souffla l'homme à la cape noire. Il venait de repérer un nouveau piège.
Il s'accroupit à côté d'unes des tuiles du toit, sa cape s'étalant derrière lui comme le ferait une longue crinière de cheveux.
Rien ne distinguait cette tuile des autres, si ce n'est le fait qu'elle était légèrement plus irrégulière et moins bien encastrée par ses voisines. C'était tentant d'appuyer dessus, rien que pour voir le style de guet-apens qu'avait choisit le propriétaire des lieux pour les visiteurs non souhaités qui auraient choisit de se promener sur le toit. Il ne se souvenait pas avoir vu ce piège là la dernière fois qu'il était venu.
Il se secoua la tête en se disant que ce sera pour une autre fois. Il n'avait pas le temps et puis ce serait gênant si c'était un piège bruyant.
Il glissa le mètre ou deux qu'il restait jusqu'au bord avant de s'arrêter net. Il venait d'apercevoir un léger mouvement, juste en bas. Doucement, afin de ne pas attirer l'attention si la personne en bas (si c'était bien un être humain) levait la tête, le voleur en noir sortit une mini-longue vue d'une de ses poches et se le colla contre l'un des yeux de son masque. Il ajusta délicatement la distance, avant d'appuyer sur un bouton qui lui permettrait de mieux voir malgré l'obscurité.
Un gardien, inconscient, sous un buisson. Au dessus de lui, son double, habillé dans un costume qui ressemblait étrangement à... Mais minute! Il le reconnaissait maintenant. C'était trait pour trait l'assistant du commissaire Nakamori. Voilà qui était intéressant. Le double s'accroupit et appliqua quelque chose sur le visage de l'homme couché. Après quelques mouvements de main, l'assistant endormi avait changé de visage pour donner l'impression d'être un garde de sécurité quelconque.
Le faux assistant leva un visage souriant vers le toit du manoir.
L'avait-il vu? Non, impossible. L'homme masqué resta immobile, attendant de voir la prochaine action de son adversaire.
Kid, car maintenant il n'avait plus aucun doute sur son identité, au même titre que ce gamin qu'il avait vu la dernière fois, sortit de sa poche une corde, un grappin, ainsi qu'une souris mécanique? Une fois qu'il eut remonté la souris, le jeune homme déguisé la mit sur le mur, avant de regarder son jouet grimper, tout en tirant corde et grappin, jusqu'à l'une des fenêtres de deuxième étage.
L'homme sur le toit regarda l'autre grimper rapidement la corde en silence.
Humf. Ce gamin semblait vraiment prendre ce métier à la légère pour s'amuser avec de telles frivolités.
Mais il devait avouer qu'il était doué l'avorton. C'était l'une des seules fenêtres de ce côté du bâtiment à ne pas être piégée, ni très surveillée, vu que les policiers étaient majoritairement devant et que les rares caméras dans le coin était facilement mises hors service.
Se résignant à son plan d'entrée B, l'homme se leva avec un large mouvement de cape, et se dirigea vers l'autre côté du toit.
Quelques minutes plus tard, il entra dans le bâtiment accompagné d'un son, presque imperceptible, de verre brisé.
Fin de la Quatrième Etoile. (à suivre...)
