Chapitre 4 :

Don et Liz étaient dans le bureau de Charlie, attendant celui-ci. Don jouait aux fléchettes tandis que Liz s'occupait avec les livres de la bibliothèque.

« Liz, je pensais à quelque chose. »

« Tu ne cesseras jamais de m'étonner. »

« Ha, ha, très drôle. Nous pourrions aller patiner ce soir. Qu'est-ce que tu en penses ?»

Liz reposa un livre et en prit un autre.

« Bonne idée. Mais cette fois-ci c'est toi qui va dans les buts. »

Avec un petit sourire moqueur, Don retira les flèches de la cible et se recula pour mieux les relancer.

« Comme tu veux, mais tu n'en marqueras aucun. »

« Donnie, arrêtes de te vanter. Je t'ai mieux élevé que ça.» Réprimanda Alan à la place de Liz en entrant dans le bureau de Charlie. Il n'avait pas entendu toute la conversation mais il n'avait pas loupé la dernière phrase de son aîné. « Bonjour Liz.»

« Bonjour Alan.»

-« Bonjour papa, qu'est-ce que tu fais ici ? » Demanda Don en abandonnant ses fléchettes.

« Figures-toi que ton frère ne s'est toujours pas occupé de la chaudière. Et comme ces derniers jours il semble être atteint de bougeotte aigüe, c'est à peine si je le vois à la maison, j'ai décidé de l'attraper dans son sanctuaire. Il n'est pas là ? »

« Il m'a dit qu'il avait un cours jusqu'à dix heures mais sa majesté se fait attendre. »

Au même moment, Charlie entra avec plusieurs documents en pagaille sous ses bras.

« Don, Liz, excusez-moi de vous avoir fait attendre. J'ai été retenu par un étudiant. Papa ? Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Je viens te faire rappeler que la chaudière, TA chaudière, a besoin d'être réparé. »

Alan ne laissa pas le temps à son cadet de répondre, se souvenant de quelque chose. Il se retourna brusquement et lança un regard de mécontentement à Don.

« Donnie, pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je suis ton père tout de même ! J'ai le droit à un minimum de respect !»

Les yeux de Don sortirent de leurs orbites et il eut soudainement très chaud. Il jeta un coup d'œil furtif à Liz avant de poser son regard sur son frère. Charlie ! Hurla-t-il intérieurement.

«Papa… »

« Ne me racontes pas d'histoire ! Un seul coup de téléphone aurait suffit. Cela t'aurais prit, quoi ? Trente secondes pour me dire que tu ne pouvais pas venir jouer au golf avec moi hier après-midi ? »

Don lâcha un imperceptible soupir de soulagement. Il avait complètement oublié le golf. Charlie lui adressa une petite grimace indiquant : Tu vois que je sais garder un secret !

« Je t'ai attendu plus d'une heure ! »

« Tu aurais pu m'appeler. »

Mauvaise réponse.

« Don ! »

« Excuses-moi, papa. Nous sommes sur une nouvelle affaire et j'ai oublié le golf. »

« Mais alors, où étais-tu hier après-midi ? » Demanda Liz à la grande satisfaction d'Alan, heureux d'avoir trouvé une alliée.

Solidarité fraternelle oblige, Charlie vola au secours de son frère.

« Il était avec moi.

« Oui, j'étais avec Charlie. »

« Où ça ? » Demanda Alan, curieux.

Les cerveaux des deux frères tournaient à plein régime pour trouver une issue.

« J'avais besoin… »

«…de peinture. » Finit Don

« Oui, pour repeindre les volets. »

« Il ne savait pas quelle couleur choisir… »

« …alors j'ai demandé à Don de m'aider. »

Liz et Alan, celui-ci avec une expression sidérée sur son visage, regardaient alternativement les deux frères comme s'ils assistaient à un match de tennis.

« De peinture ? Pour repeindre les volets ? Non mais vous réalisez les garçons ?! On ne repeint pas les maisons de ce style ! On met un coup de vernis de temps en temps, on entretien le bois annuellement mais on ne repeint pas ?! Vous avez choisis quelle couleur ? »

« Vert. La nature, l'herbe» Répondit Charlie

« La forêt, les arbres et tout ça. »

En parlant, les deux frères faisaient de grands gestes, tels des peintres de renom exposant leur œuvre. Alan réfléchit une minute et les regarda tour à tour soupçonneusement.

« Vous croyez vraiment que vous allez me faire avaler une histoire aussi saugrenue ? Je suis peut-être vieux mais j'ai encore toute ma tête. Je sais très bien lorsque vous me cachez quelque chose. Je vous écoute, qu'est-ce que vous ne me dites pas ? »

« On ne te cache rien » répondirent-ils d'une même voix.

« Vraiment » Insista Alan en fixant Charlie, sachant pertinemment qu'il n'obtiendrait rien de Don. Il était plus têtu qu'une mule.

Tandis que Charlie luttait contre le regard de son père, Don luttait contre celui de Liz. Charlie tint bon et détourna la conversation. Il avait tenu sa langue jusqu'ici, il n'allait tout de même pas craquer maintenant.

« Don, Liz, je voulais vous voir au sujet de mon analyse des réseaux sociaux. »

« Nous pouvons te fournir plus de données, Charlie », commença Liz en remettant au jeune génie un nouveau dossier. « Il y a eu un nouvel attentat hier soir. »

« Au bureau des Marshals. Don me l'a dit. Beaucoup de personnes sont mortes ? »

« Malheureusement, oui. » Répondit Don. « Cinq marshals ont été tués, sept autres sont gravement blessés et plusieurs autres personnes souffrent de blessures mineures. La bombe a explosé à l'intérieur du bâtiment. A première vue, elle était composée de la même façon que celle qui a explosé au centre de recrutement militaire mais avec un dosage plus important pour faire un maximum de victime. »

« Mon Dieu ! C'est horrible », haleta Alan en s'asseyant dans la chaise de bureau de Charlie.

- « Je regrette de dire cela mais grâce à cet attentat je vais peut-être pouvoir affiner mon analyse. Comme je te l'ai déjà dit, Don, mon analyse sert à analyser la structure des bombes. Elle est susceptible d'analyser les suspects éventuels. Les humains forment des réseaux sociaux, que ce soit aux groupes de prière, au club de bridge ou même à l'université. Ainsi que dans les agences fédérales. On peut organiser mathématiquement ces structures sociales et, de cette façon, révéler quels en sont les vrais meneurs. L'idée est que ces groupes pacifistes en 1972 étaient aussi des réseaux sociaux. Grâce à l'analyse bipartite de ces groupes structurés, je peux distinguer quels membres en sont les vrais connecteurs. »

« Ça donne quoi pour notre affaire ? »

« Amita et moi avons analysés les schémas des réunions, des groupes, des actions. Louka Gauthier était un connecteur. Mais, à chaque fois, nous retombons sur le MRIA bien que ce mouvement collaborait fréquemment avec d'autres groupes pacifistes. »

Cela veut donc dire que la personne derrière ces attentats agit bien au nom du MRIA seul, plus précisément pour Gauthier. Elle agit seule et ce n'est pas un autre groupe qui usurpe son nom pour ne pas avoir de soupçons. » Commenta Liz.

« Il s'agit donc vraisemblablement d'un ancien membre du MRIA ou d'une personne agissant au nom de Gauthier mais sans que celui-ci soit au courant de ses agissements, une personne proche ou simplement un admirateur. Ou bien alors Gauthier lui-même par l'intermédiaire d'un tiers. Ton analyse réduit notre champ de recherche, Charlie. Nous devons nous concentrer sur ce mouvement, et pas un autre.»

« Par MRIA, vous parlez du mouvement pour la reconnaissance des Indiens d'Amérique ? » Interrogea Alan.

« Oui. Tu en as entendu parler ? » Répondit Don.

«Je connais un indien qui était membre de ce mouvement. Ours debout. Lorsque je militais avec votre mère chez les Californiens Pacifistes, nous nous rassemblions de temps en temps entre organisations pacifistes. Pour parler politique ou pour organiser des manifestations communes, enfin ce genre de chose. »

Ce commentaire éveilla la curiosité de Liz.

« Alan, vous étiez militant pacifiste ?!»

« Absolument. »

« Alors vous êtes un ancien hippie ?! »

Don et Charlie s'échangèrent un petit sourire malicieux et laissèrent Liz s'aventurer en terrain miné. Ils savaient que ce sujet était très sérieux pour leur père, un sujet non ouvert à la plaisanterie. Ils le taquinaient souvent à ce sujet, emportant à chaque fois la fureur d'Alan. Mais Alan était un homme distingué et accorda un traitement de faveur à Liz en restant calme.

« Je vous arrête tout de suite. Je n'étais pas un « Baba Cool », je n'ai jamais eu les cheveux longs, disons qu'ils avaient une longueur raisonnable, je ne portais pas de larges chemises de toutes les couleurs, je ne me droguais pas et je ne recherchais pas la spiritualité. Et ne croyez surtout pas ce que ces deux grands dadais pourraient bien vous raconter. »

« Ce qu'il ne te dit pas c'est qu'il s'est fait arrêté. » Ajouta Don, au nom de la transparence.

« Vraiment ? »

« Ouais. J'avais trois ans, mes parents m'ont emmené à une manifestation et la police l'a emmené avec les menottes. »

« Donnie, il faut toujours défendre ce que l'on croit juste. On se battait pour améliorer la société et parfois il pouvait arriver, malencontreusement, que l'on en vienne aux mains. »

« Je ne le crois pas ! Combien de fois tu m'as dit, lorsque j'étais au lycée, que l'on ne devait jamais répondre par la violence ?! »

« Ce n'était pas pareil. »

« Je défendais Charlie. C'était parfaitement justifié. Si je ne l'avais pas fait, crois-moi il serait rentré à la maison avec trois fois plus de bleus sur le visage !»

« Donnie, il faut que tu comprennes que nous défendions de grandes causes… »

« Alors je ne suis pas une grande cause ?! » Coupa Charlie, indigné.

Don et Alan s'arrêtèrent un instant, se regardèrent et grimacèrent tous les deux à Charlie.

« Non ! »

« Hey ! Je vous rappelle que je suis un génie, un grand mathématicien très respecté ! »

Les trois hommes commencèrent à se chamailler, chacun défendant ouvertement ses positions et ne s'écoutant pas vraiment entre eux. Liz les observait avec affection, plus particulièrement Don. Il était la meilleure chose qui lui soit arrivée dans sa vie. Mais il n'était certainement pas du genre à s'engager avec quelqu'un pour la vie. Sa nature était beaucoup trop indépendante pour cela. Elle s'estimait déjà chanceuse de la longueur de leur relation, elle n'allait pas pousser sa chance trop loin. Elle préférait ne rien dire sur son désir d'engagement plutôt que de perdre l'homme qu'elle aimait. Parfois, elle se demandait si ses sentiments envers Don étaient réciproques. Il pouvait être tellement froid et renfermé par moment qu'elle avait peur de découvrir qu'effectivement Don n'éprouvait pas les mêmes sentiments envers elle.

« Les policiers nous intimidés et nous menacés avec leurs matraques, il fallait bien que l'on réagisse ! Alors que toi tu pouvais très bien aller chercher un adulte au lieu de te bagarrer !»

- «Et pendant que j'en trouve un, que j'explique la situation et que je le persuade de venir avec moi, Charlie aurait été roué de coups !»

« Ça ne vous dérange pas de faire comme si je n'étais pas là ?! De toute façon vous ne m'écoutez jamais ! »

L'agent Warner siffla avec ces doigts pour se faire entendre par-dessus le brouhaha.

«Messieurs, pouvez-vous arrêter vos chamailleries un petit moment afin que nous puissions revenir à notre affaire ? »

Alan, Don et Charlie s'arrêtèrent et Liz eut l'étrange sensation d'être une maman qui réprimande ses enfants. Ils ne disaient plus un mot.

« Alan, vous êtes toujours en contact avec votre ami ? »

« Je ne peux pas dire que nous nous voyons souvent mais nous sommes toujours restés en bon termes. »

« J'aimerais l'interroger. Tu pourrais me passer ses coordonnées ? » Demanda Don.

« Ours debout est assez mal à l'aise avec les agents du gouvernement. Je doute qu'il veuille te rencontrer. »

« Ce n'est pas une option. Il s'agit d'une enquête fédérale et toute personne refusant de répondre aux questions des fédéraux peut être poursuivie pour obstruction. »

« Je comprends, Donnie, mais Ours debout est quelqu'un de bien et je ne veux pas avoir d'inimitié avec lui. Je vais l'appeler pour lui demander s'il veut bien te recevoir. Et s'il ne veut pas, je peux l'interroger moi-même. Tu n'auras qu'à me dire les questions que je dois lui poser.»

« Papa, ce n'est pas aussi simple. Tu n'es pas habilité à poser des questions sur une enquête. »

En remarquant la mine désappointée de son père, Don se radoucit.

« Ecoutes, papa. Tu peux l'appeler et s'il ne veut vraiment pas me rencontrer, nous essaierons de trouver une solution qui pourra satisfaire tout le monde. D'accord ?»

« D'accord. Je te fais confiance. »

« Bien, Liz et moi devons retourner au bureau. Charlie, tu m'appelles si tu as du nouveau. Papa, tu appelles ton ami et tu me tiens au courant. »

« Donnie, toi et Liz pourriez venir dîner à la maison ce soir ? »

« Merci, papa, mais nous avons prévus d'aller à la patinoire. »

Don et Liz s'en allèrent mais avant de franchir la porte Don entendit son père commencer à réprimander son frère au sujet de la chaudière. En bon frère courageux qu'il était, il décida d'aider Charlie qui l'implorait du regard.

« Papa… »

Alan le regarda et lui lança une lueur d'avertissement.

« Donnie »

« D'accord, je m'en vais. »

Il était courageux, d'accord, mais après des années d'expériences il savait reconnaître les signaux l'alertant qu'une discussion était perdue d'avance avec son père et qu'il fallait mieux ne pas insister. D'autant plus que la maison était un des sujets extrêmement sensible. Lorsqu'il en était encore propriétaire, Alan veillait scrupuleusement à son entretien, n'admettant pas le moindre petit délabrement. Encore aujourd'hui, alors même que Charlie était le nouveau propriétaire, son père continuait à l'entretenir, sachant que ce n'était pas le passe-temps favori de son cadet. Cela ne le dérangeait pas, bien au contraire, il aimait s'en occuper. Mais il y avait des jours où il était plus qu'irrité de voir que Charlie négligeait réellement la maison, au point de la laisser se dépérir. Et aujourd'hui était l'une de ces journées.

Choqué par le départ de son frère, les yeux de Charlie s'agrandirent et il hurla après lui :

« Don attends ! Tu ne peux pas me faire ça ! Tu ne peux pas me laisser avec papa ! Don ! »

Malgré les appels au secours désespérés de son petit frère, Don ne put s'empêcher de sourire en s'imaginant la scène qui était sur le point de se dérouler dans le bureau.

« Tu ne vas pas aider Charlie ? » L'interrogea Liz.

« Non. Crois-moi, il vaut mieux pour nous que nous soyons loin d'ici avant l'Armageddon imminent. Charlie va s'en sortir tout seul, ne t'en fais pas pour lui. »

NUMB3RS

A une heure aussi tardive, la patinoire était presque déserte. Cinq personnes jouaient au hockey avec l'un des buts tandis que Don et Liz utilisaient l'autre. Comme prévu, Don était le gardien. Liz commençait à devenir réellement agacée. Elle n'avait pas réussi à marquer un seul but et lorsqu'enfin elle réussit, Don hurla « Dégagement interdit ! »

« La dernière fois tu avais fait exactement la même chose et tu avais validé le but ! »

« Je n'étais pas derrière la ligne médiane. »

« Je n'ai pas envoyé le palet derrière le but ! »

« Ça ne change rien. Le but est nul. »

« Dis plutôt que tu façonnes les règles en ta faveur. » Maugréa Liz en envoyant un autre palet, droit dans le genou de Don.

« Aië ! »

Avec un cri de douleur à faire hérisser les cheveux sur la tête, Don s'effondra sur la glace en tenant son genou meurtri. Liz laissa tomber sa crosse et patina rapidement vers lui.

- « Don ! »

Elle se laissa tomber à genoux et le força à la laisser examiner son genou.

« Je suis vraiment désolée. Je n'ai pas fait exprès. Oh mon dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?! »

En deux temps trois mouvement et avant même qu'elle ne le réalise, Liz se retrouva allonger sur la glace, coincer sous le corps de Don.

« Don ? Qu'est-ce que tu fais ? Ton genou ! »

« Veux-tu m'épouser ? »

Prise au dépourvue, Liz resta sans voix pendant que le cœur de Don tambourinait de façon alarmante en sortant la bague de sa poche. Liz regarda tour à tour Don et la bague. Cet instant était trop magique pour être vrai.

« Qu…qu…quoi ? »

«Je veux passer le reste de ma vie avec toi. Je t'aime.»

Les yeux de Liz se remplirent de larmes. Son corps et son esprit étaient engourdis. Insensible au froid de la glace sous elle, elle avait seulement conscience du battement effréné de son cœur et elle pouvait presque entendre celui de Don. De son côté, Don était impatient et effrayé que Liz le rejette. Il avait fait des efforts pour que leur relation dure. Il s'était investit du mieux qu'il pouvait, allant même jusqu'à s'ouvrir à elle, même s'il était conscient d'être encore un peu trop renfermé parfois. Mais peut-être que tous ses efforts n'étaient pas assez pour Liz, peut-être qu'elle recherchait un homme meilleur que lui, un homme qui pourrait lui offrir tous ce qu'elle désirait. Il ne pouvait pas lui offrir la grande vie mais il ferait en sorte de la rendre heureuse chaque jour que la vie lui offrait.

« Ces larmes signifient que tu veux bien devenir ma femme ? »

« Oui…Oui, je veux être ta femme. »

Cette fois-ci, c'est Don qui resta bouche bée.

- « C'est vrai ? Tu veux bien de moi ? »

Liz lâcha un petit rire nerveux.

- « Je ne veux personne d'autre. »

Elle ne fut plus la seule à avoir ses yeux remplis de larme. Ils s'embrassèrent passionnément sans s'apercevoir que les cinq autres personnes présentes dans la patinoire s'approchaient d'eux, inquiètes de ne pas les voir se relever. Don libéra Liz et s'agenouilla à côté d'elle. Il enleva ses gants tandis que Liz se redressa en enlevant ses propres gants. Puis Don prit délicatement sa main et lui passa la bague au doigt.

« Elle est magnifique. »

« Charlie m'a aidé à la choisir. »

Ils furent tous les deux surpris d'entendre des applaudissements derrière eux. Ils se retournèrent et découvrirent leur assistance. Tous les deux rougirent d'embarras heureux. Liz prit le visage de Don dans ses mains et l'embrassa tendrement.

« Je t'aime. »

Don retourna le geste et se souvint tout à coup d'une petite chose qu'il avait promit. Il retira son téléphone de sa poche et, tout en continuant à embrasser Liz, il envoya un SMS.

NUMB3RS

La soirée était tranquille dans la maison familiale des Eppes. Alan lisait le journal dans un fauteuil en buvant à petites gorgées son café tandis que Charlie et Amita travaillaient avec leurs ordinateurs portables sur le divan. Peu de mots étaient échangés, chacun appréciant le calme réconfortant du cocon familial. Seul le petit moteur de l'aquarium et le bruissement des pages du journal perturbaient le silence, jusqu'à ce que le téléphone de Charlie se mette à vibrer. Tranquillement, le jeune génie vérifia son message texte et une vague de bonheur le submergea sans prévenir.

« OUI ! »

Son hurlement de joie et son rire hystérique firent sursauter Amita et Alan.

« Qu'est-ce qui t'arrives Charlie ? » Demanda Alan après avoir réussit à faire ralentir son rythme cardiaque.

« Rien. Je suis simplement content.»

Amita se pencha pour essayer de voir ce que disait le SMS mais Charlie referma son téléphone et le remit dans sa poche. Amita et Alan se regardèrent et insistèrent pour savoir le contenu du message mais Charlie resta désespérément silencieux. Il brûlait d'envie de dire que Liz avait acceptée la demande en mariage mais il ne voulait pas voler son frère. C'était à Don que revenait la joie d'annoncer à leur père qu'il allait se marier, pas à lui.

A suivre