Chapitre II : Roque avorté
Auteur : Rain
Disclaimer : Shaman King appartient à Hiroyuki Takei. Je ne fais que jouer avec ses pitchou personnages *regard de chiot* je veux Hao n'et Jeanne n'et les autres…
Note: Le roque est une technique permettant d'échanger les positions du roi et de la tour.


Bagdad, qu'il avait dit. L'Irak. Cela se situait au Moyen-Orient, se rappelait-elle de ses leçons de géographie. C'est-à-dire à des centaines, des milliers de kilomètres de l'Italie. Si elle n'avait eu que peu de chance de retrouver Marco jusqu'à présent, une fois là-bas ce serait simplement impossible. Elle serait obligée de rester avec Hao et son groupe… Si elle comptait partir, cette nuit serait sa seule et unique chance. Mais n'avait-elle pas décidé de continuer sa mission ? Si elle laissait Rackist ici… Elle aurait voulu lui parler, le persuader de revenir – mais elle n'avait pas eu une seconde avec lui ce soir-là, et chaque regard qu'elle cherchait l'évitait soigneusement. Il voulait rester, c'était évident. Mais rester…

Ce jour avait prouvé qu'elle n'était pas en sécurité dans cet endroit. Sans esprit, sans aucune faveur de la part de qui que ce soit, elle était totalement à la merci de ces brutes.

« Arrête de penser, tu m'empêches de dormir. Et les insultes gratuites ne servent à rien. »

Après un instant de surprise, elle se retourna, des yeux sceptiques braqués dans la direction du lit d'Hao. « Vous voulez que j'arrête de penser ? »

Il soupira, et dans le noir elle devina qu'il passait une main sur son front, moquant son ignorance : « Les informateurs des X-Laws sont bien moins doués que je ne l'imaginais. Personne ne t'a jamais parlé du Reishi, petite Maiden ? »

Reishi… Non, elle ne savait pas. La sonorité du mot indiquait une origine japonaise, comme le jeune homme en question, mais… Elle fut interrompue dans ses pensées par son interlocuteur, qui reprenait : « Quand à tes premières pensées, ne songe même pas à partir d'ici. Sans esprit, sans carte, tu serais perdue en quelques minutes, et tu mourrais au milieu de la campagne, sans personne pour te retrouver puisque je ne viendrais pas te chercher.
- Et alors ?
- Oh, moi cela ne me dérangerait pas – mais je ne veux pas perdre Rackist. C'est un bon Shaman. » L'insulte vola au-dessus de la tête de la jeune fille sans qu'elle ne paraisse y prêter attention. Apparemment lassé de discuter avec elle, le Shaman ajouta, paresseusement : « On te trouvera bien un esprit de remplacement en attendant de trouver un fantôme gardien… Dors. Tu seras fatiguée demain. »

Jeanne fronça les sourcils, saisie par l'envie enfantine de le contredire – mais elle était suffisamment intelligente pour savoir qu'il avait raison.

Partir. Rester. Elle ne savait pas.

Le sommeil l'enleva comme un voleur, et ses paupières se refermèrent sans son accord.


« Allez, debout. On a du chemin a faire aujourd'hui, et je ne transporte pas les marmottes de plus de vingt kilos. »

Ce jour-là le soleil était encore couché quand elle ouvrit les yeux, et les mots d'Hao lui servirent de réveil matin énergique. Le brun, vêtu comme à son habitude de son seul pantalon, la secouait sans ménagement. La jeune fille cligna des yeux avant d'obtempérer, laissant le Shaman sortir sur le seuil avant de s'habiller rapidement, serrant les rubans au maximum avant de tenter une sortie. Alors qu'elle s'extirpait de la tente, elle découvrit une toute autre vision que les jours précédents. La plupart des tentes étaient pliées et empilées dans un coin, où Mathilda et ses doigts agiles faisait les nœuds après que Turbein ait serré au maximum les cordes pour retenir le tissu et les montants de bois.

Si le visage de Boris resta impassible, une ombre d'incompréhension et de mortification passa sur celui d'Ashiru. Sans comprendre, Jeanne rejoignit Marion, qui comme elle n'était que peu utile pour ranger les lourdes tentes, et Mathilda, qui venait de finir. Kanna, elle, râlait devant la taille immense

Pour s'occuper les mains, la fillette suivit le mouvement des deux autres et s'attela à la préparation des sandwiches du groupe, se rendant bien vite compte qu'espionner Marco quand il était en cuisine allait lui servir très vite. Après purement et simplement interdire à Mathilda de s'approcher du repas, elle comprit que d'habitude c'était Yamada, Zang-Ching ou Hao lui-même qui s'occupait de sustenter ce petit monde, et vit bien pourquoi… Hésitant un instant, Jeanne décida que rendre le repas d'Hao immangeable serait puéril et confia sa fabrication à Marion, qui non seulement se débrouillait plutôt bien avec un couteau de cuisine, mais connaissait mieux qu'elle le brun et ses goûts. Sans compter que la blonde serait moins tentée, même inconsciemment, d'empoisonner ou tout du moins rater le fameux sandwitch.


« Allez, on y va. »

Mathilda, qui décidément avait été chargée de l'acclimater à sa nouvelle vie, attrapa Jeanne par la main et lui demanda de sauter. Son fantôme aux allures d'Halloween prit le contrôle et les fit décoller toutes deux, avant de les poser doucement sur les épaules de l'esprit flamboyant. En un instant, tout fut chargé – et Hao laissa son fantôme prendre de l'altitude.

Elle était bien obligée de reconnaître que c'était impressionnant. La terre s'éloignait d'eux à une vitesse sidérante. Elle avait l'impression de tout voir : l'ancien emplacement du camp, puis juste une épaisse forêt, puis les Alpes, Milan… Elle se pencha, tentant d'apercevoir les bâtiments de plusieurs dizaines de mètres qui composaient le complexe abritant la principale base des X-Laws, au sud de la ville… Et fut rattrapée par un Rackist qui semblait préférer la fillette assise sur l'esprit qu'en crêpe quelques centaines de mètres de plus bas. Elle tourna la tête, puis comprit qu'Hao ne l'avait – heureusement – pas vue presque dégringoler dans le vide sans aucun fantôme pour la rattraper. Le brun, le menton posé dans le creux de ses mains, posait un regard absent sur l'Italie en dessous d'eux.

Marion semblait absorbée par sa poupée de paille, Mathilda discutait vivement avec Turbein et Peyote, Ashiru la regardait de travers, tout comme Bill et… Comment ça Ashiru la regardait de travers ? Elle avait fini par comprendre que Bill ne l'aimait vraiment pas, mais que le petit brun aussi, c'était nouveau. Elle fronça les sourcils. Le Grec la vit le regarder, et au lieu de détourner les yeux ou de s'excuser, sembla devenir encore plus renfrogné. Jeanne, peu désireuse d'attirer l'attention du Shaman Millénaire, retourna à son observation de ce qu'elle pouvait distinguer de la terre en dessous d'eux sans tomber.


Quand ils furent enfin arrivés, chacun se laissa tomber de l'impressionnant esprit de feu, et Hao, après une trentaine de minutes à trouver un lieu propice pour installer les tentes, déclara doucement, « Turbein, tu viens avec moi. Les autres, installez le camp rapidement, avant que le soleil ne soit trop haut. »

Tout le monde acquiesça, plus ou moins déjà en train de décharger, et le Shaman de feu disparut dans une langue de flamme, Turbein s'évanouissant à sa suite. Alors, tout le monde se mit véritablement au travail.

Mathilda, Ashiru et Marion défaisaient les nœuds qui serraient les paquetages, et Jeanne, quand elle eut compris l'idée de base, se mit à les aider, avant de laisser les plus musclés monter le tout. Cela prit une bonne partie de la journée, en partie pour des questions d'organisation – les trois filles, qui se tassaient tant bien que mal à trois dans leur tente, avaient pour cette raison la priorité sur les places et refusaient catégoriquement d'être placées à côté des tentes masculines, pour des raisons de vie privée (à cet instant, Jeanne se demanda pourquoi elles y avaient droit, mais finit par cesser d'y penser), alors qu'Ashiru réclamait une place dans la tente la plus proche de celle d'Hao que les Boz lui refusaient car ils tenaient à tout prix à être ensemble, etc. Après de longues heures et de pénibles diatribes, chacun se régala de la cuisine de Yamada. Jeanne, qui avait bien du mal à se débrouiller avec son repas typiquement japonais, réfléchit pendant toute la durée du repas avant de demander, discrètement, aux jeunes filles assises à ses côtés, « Où sont-ils partis exactement, au fait ?
- Mmh, » répondit Mathilda avant d'avaler ce qu'elle avait dans la bouche et de se lever pour mieux lui montrer, « Au nord. Bagdad se trouve environ à une vingtaine de kilomètres par là. » En lui indiquant le chemin, la rousse était sortie du campement, et Jeanne avait suivi, inconsciente du moment où elle avait posé le pied hors du champ d'influence de Spirit of Fire. A cet instant précis, l'albinos se sentit attirée comme par un amant. Alors que Mathilda pointait la ville au loin d'une main sûre, un malaise la prit à l'estomac et la força à se retourner vers le sud. Sans même s'en rendre compte, la fillette fit quelques pas vers le désert avant de s'effondrer, avec l'impression que sa tête allait exploser. Une voix pressante, surpuissante l'envahissait, faisant hurler chaque nerf de son corps. Mais si la douleur avait été physique, elle aurait pu la supporter… Ceci était plus insidieux, écrasant aussi, comme une main géante serrant son âme entre ses doigts…

Marion pencha la tête, et Mathilda fronça les sourcils. Elle avait beau ne pas aimer beaucoup la fillette qu'elle avait devant les yeux, ceci ne présageait rien de bon. « Mari, va chercher le vieux. Vite. » La blondinette acquiesça et s'éloigna lentement, chuchotant quelque chose que Jeanne n'entendit pas. La dernière chose que l'albinos emporta dans l'inconscience fut le regard presque inquiet de la rousse.


« Ne bouge donc pas tant, » elle entendit une voix plus ou moins familière prononcer, « tu vas nous refaire un malaise. Pas que ça me dérange, mais bon. »

Jeanne ouvrit ses grands yeux écarlates pour se retrouver dans la tente qu'elle connaissait bien, face-à-face avec un garçon qu'elle connaissait moins bien… Avait-elle été transférée de la tente d'Hao à celle d'Ashiru pendant son moment de faiblesse… ?

« Pourquoi…
- Suis-je ici ? A toi de me le dire, » la coupa le Grec. « Je veux juste vérifier que tu connais ta place. Je ne te laisserai pas te rapprocher d'Hao-sama. »

Elle se redressa franchement, un mauvais pressentiment à l'estomac, affrontant le garçon aux cheveux courts du regard : « Me quoi ?
- Tu t'imagines peut-être, » il s'échauffa, « qu'il suffit d'arriver ici, de faire ton intéressante et de dormir dans sa tente pour l'avoir ? »

Elle ne comprenait désormais plus rien… Après tout, elle avait fait clairement fait comprendre au Shaman Millénaire quelles étaient ses intentions en suivant le groupe. Ce n'était pas comme si elle avait tenté de le tromper ou de l'empoisonner ou de l'attaquer par surprise ou quoi que ce soit – son honneur ne lui aurait pas permis une telle chose – mais alors quoi… ?

« Je ne comprends pas…
- C'est ça, fais l'imbécile. Cela ne marche pas sur moi. Si Hao-sama ne nous avait pas expressément demandé de ne pas te toucher, je ne sais pas ce qui me retiendrait de… »

Jeanne fronça les sourcils, sentant le furyoku du jeune homme se troubler. Alors que l'imposant esprit du Grec transparaissait derrière celui-ci, la sensation de malaise revint, dix fois plus forte, lui brûlant les entrailles alors qu'elle essayait d'estimer la dangerosité du Shaman. Ne comptant sur aucune aide extérieure, et sans esprit, la question était vite réglée… Elle parvint à ne rien montrer de son trouble intérieur et demanda froidement : « Qu'êtes-vous venu faire ici ?
- Te prévenir. Arrête de jouer à ce jeu-là. »

Si seulement elle comprenait de quoi il parlait… Et la douleur qui continuait de frapper l'intérieur de son crâne, comme un marteau sur une enclume. Pourtant elle était résistante à la douleur, et elle s'entraînait tous les jours dans l'Iron Maiden, mais ceci était différent. Comme si c'était son âme qu'on martelait, qu'on déchirait… Elle eut un vertige, et quand elle rouvrit les yeux, Ashiru était sur le seuil, en train de regarder avec un mélange de joie et d'appréhension mêlée le retour de son maître. Jeanne se leva et le rejoignit.

L'apparition du Shaman de feu eut deux conséquences très différentes pour la jeune fille. La première lui parut normale : embarras à cause de ce qui lui était arrivé, perplexité parce que c'était la première fois qu'il ne souriait pas en sa présence et que ses yeux ne brillaient pas d'amusement… Mais la deuxième la fit froncer les sourcils. Tout malaise avait disparu au moment où Spirit of Fire s'était posé dans le camp, la laissant peut-être épuisée mais en paix.

« Ashiru, sors.
- Mais, Hao-sama… ?
- Je t'ai dit de sortir, » répéta-t-il d'un ton qui, s'il restait léger, laissait entrevoir une réelle colère, « j'ai senti l'état de cette jeune fille depuis Bagdad, alors ne va pas me l'exciter pour rien. »

Le Grec hésita un instant, puis s'inclina et sortit de la tente. Un moment passa. Le Shaman Millénaire éleva à la hauteur de ses yeux un collier de perles pâles, son attention toute entière placée dans les sphères transparentes. Jeanne, sur ses gardes, tenta d'interroger le brun : « Qu'est-ce que…
- Elle s'est enfuie avant notre arrivée. Elle a eu peur. »

Il resserra les doigts autour du collier, et Jeanne vit ses jointures blanchir à un point inquiétant. Elle ne fut presque pas surprise de voir les fragiles sphères exploser, et détourna la tête suffisamment tôt pour ne pas en recevoir dans la figure. Alors qu'elle relevait la tête vers le brun, la jeune fille vit les morceaux restants fondre sur le sol.

« Ne sors pas, cette nuit. L'Irak n'est pas sûr pour une jeune fille telle que toi, et je ne prends pas le risque de te laisser sortir et de me provoquer une nouvelle migraine. »

Ceci dit, le brun ressortit sans un mot.


Une sensation grandissante d'appel, résonnant tout autour d'elle, l'écartelant vers mille destinations différentes et inconnues, qui lui emplissait l'esprit… L'impression d'oublier jusqu'à son nom, de ne plus pouvoir respirer, d'imploser dans le noir… Une gracile silhouette devant elle, trouble et indistincte, qui courait dans une ville inconnue, cherchant quelqu'un avec désespoir… Une explosion, dans le lointain… Pas si lointain que ça… Quelque chose lui tombant sur le crâne… L'impression de ne plus jamais pouvoir repartir, comme si tout s'arrêtait là, comme si elle était morte…

Puis une autre silhouette, plus large, qui se penchait sur elle, indifférent au fait qu'elle ne respirait plus depuis un moment…

Ishtar… ? C'est toi… ? Non…

Un hurlement qui déchira ses tympans… Un éclair, puis le noir, et encore l'appel, qui la forçait à avancer…

Viens… Cela fait trop longtemps…

Ordre hypnotique qui guidait chaque pas hasardeux, difficile. Chaque particule de son être lui semblait être en feu, comme si elle avançait droit vers le soleil, sans pour autant voir la moindre lumière…

Ishtar… !

Elle se redressa en sursaut. Il devait être plus de minuit. Hao n'était toujours pas rentré… Fronçant les sourcils, la jeune fille jeta un regard au-dehors, puis sortit de la tente, ses mains se resserrant sur elle-même pour se réchauffer alors qu'elle se dirigeait dans le camp désert. Bientôt, elle arriva devant le feu. Hao était assis devant son tas de bois éteint, le regard sur les étoiles, une expression étrange sur le visage. Une chape de plomb semblait écraser toute la scène, et la jeune fille se retrouva figée là, incapable du moindre geste. Il n'était plus le garçon moqueur d'auparavant, ni le Shaman furieux d'avoir laissé échapper sa proie…

Elle voulut se retourner et repartir vers la tente, mais un faux mouvement la fit trébucher, attirant l'attention du brun. En un éclair il ne fut plus là, et une main saisit ses bras, comme pour l'empêcher de s'enfuir.

« Bien, bien, bien, qu'avons-nous là ? »

Soudain ils furent de nouveau dans la tente. D'un mouvement leste, il la fit basculer sur son lit et se pencha sur elle, ses longs cheveux bruns venant chatouiller le pâle visage de la jeune fille. Ses bras frêles étaient coincés le long de son corps, empêchant toute fuite alors que ceux de l'omnyôji appuyaient sur ses épaules. « Je t'avais dit de rester sage. »

La voix du jeune garçon vibrait, comme lors de leur première discussion, avec violence et pouvoir – mais Jeanne ne se laisserait pas intimider. Elle redressa le menton, les yeux plantés dans ceux de l'omnyôji. « Je ne suis pas votre esclave, je n'ai pas à vous obéir. »

Il eut un petit rire de gorge, « Décidément tu es lente à la détente. Tu devrais être reconnaissante pourtant, tu sais ? »

Ses sourcils se levèrent, alors qu'elle reprenait, incrédule : « Reconnaissante ? Vous voulez rire ? »

« Le fait que tu sois en vie aujourd'hui… Est un pur miracle, » finit-il en se penchant vers l'oreille de la jeune fille, comme pour lui confier un secret. « Tu es lâche, nerveuse, faible, stupide, peureuse, arrogante, ignorante… Tu veux me tuer, petite sotte. Tous ceux que j'ai croisé et qui ont eu cette intention sont morts ou pire. » La pression sur ses épaules s'accentua. « Alors apprends à te faire toute petite avant de m'énerver pour de bon.
- Je n'ai cure de vos menaces. J'exécuterai ma mission. »

Cela le fit rire. « Tu vois, la différence entre les autres et toi, c'est qu'ils ont peur pour eux-mêmes, tous autant qu'ils sont, alors que toi tu trembles pour des couards qui t'ont transformée en machine de guerre. C'est assez mignon, mais c'est ce qui te rend bête, petite Maiden. Tu n'as pas idée, » il chuchota à son oreille, « de ce que je pourrais te faire.

Elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils devant le sourire carnassier du jeune homme, qui se dessinait contre sa joue. Il n'oserait pas… ?

« Et je ne pensais même pas à quelque chose d'aussi amusant que cela, » lui assura-t-il aussitôt. « Ton éducation te jouera des tours si tu penses que la violence… » Il s'arrêta calmement, puis passa une main sur le côté de la cage thoracique de la jeune fille, froissant le tissu de la chemise de nuit de Marion, un sourire amusé aux lèvres. « Physique… » La main remonta vers son menton, caressant la peau pâle comme en prélude à une attaque. « Est la pire qui soit. »

Cette fois-ci elle n'avait pu s'empêcher de frissonner, et lança un regard noir au jeune homme qui riait au-dessus d'elle. Après un silence, il reprit : « Tu as choisi de rester.
- Et vous avez choisi de m'épargner, dans votre grande mansuétude.
- Ton sarcasme m'étonne.
- La surprise est un avantage certain, » contra-t-elle. Le sourire de l'autre persista, et ses doigts vinrent s'égarer dans la frange de la jeune fille alors qu'il soufflait : « Mais indigne d'un petit ange dans ton genre…
- Le principe des X-Laws est que le moyen importe peu pour écraser le mal. »

Il leva un sourcil. « En ce moment, c'est plutôt moi qui t'écrase, non ? »

Elle cligna des yeux, de marbre : « C'est à votre tour d'user d'un humour douteux.
- C'est le privilège des puissants, hm ? »

Il se releva, laissant la jeune fille se redresser alors qu'il faisait s'évanouir la lumière de la pièce. Elle ferma les yeux en l'entendant se déshabiller et attendit le chuintement des couvertures avant de les rouvrir.

« Qu'allez vous faire?
- A propos de quoi? » Demanda-t-il d'une voix paresseuse. Elle expira pour garder son calme, puis reprit : « Puisque vous avez laissé passer la Shamane qui vous intéressait, qu'allez-vous faire maintenant ? »

Silence.

« Je n'y ai pas encore réfléchi. Peut-être dévorer ton âme. Mais il faut d'abord que ton cher Rackist passe un petit test.
- Un test ? » Demanda-t-elle, apparemment insensible aux mots précédents.

Il n'y eut pas de réponse. Le shaman s'était endormi, ou du moins voulait le faire croire.


Rain : Rea-chan, ne google pas Ishtar. Ne cherche même pas à te rappeler qui c'est. Tu vas te gâcher la surprise.

Hao : ... Tu crois sérieusement qu'en une semaine elle va pas comprendre de quoi tu parles?

Rain : ... Je fais ce que je peux. J'hésitais entre Ishy et Aya, mais Aya est un peu différente, et en plus c'est pas ce pairing que je fais.

Hao : Heureusement.

Rain : Ahah... J'avais pas besoin de visualiser les images... *malade*