Pomme en Or, épée de Glace

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Bonjour à tous !

J'ai enfin à nouveau internet et peux continuer à écrire et poster… Encore merci à ma correctrice !

Malicia Malfoy : Merci beaucoup pour ton commentaire !

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Mardi 12 juillet 1994

Chapitre 4 : L'aura

Eloïse, si tu as un souci, n'importe lequel, viens me voir, compris ?

Le ton autoritaire de l'infirmière ne rassura pas Eloïse, mais elle acquiesça lentement après un coup d'œil vers son professeur actuel. La femme repartit et elle voulut demander des explications au professeur qui lui fit signe de se taire.

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Eloïse regardait par la fenêtre de la chambre depuis quelques dizaines de minutes déjà. Elle avait mal dormi, et son mal de tête s'était aggravé durant la nuit.

Les sortilèges de diagnostic de l'infirmière l'avaient rendue curieuse et Snape lui avait promis de lui apprendre quelques bases. Ils avaient encore beaucoup de travail, et du haut de ses quinze ans, elle aurait préféré dormir toute la matinée en ignorant le bruit qu'il y avait en bas. Elle savait qu'elle aurait dû être prête il y a un quart d'heure déjà. Mais elle était trop mal en point pour bouger de son nid douillet.

Ce fut sans ménagement que la porte s'ouvrit sur un Maître de mauvaise humeur, qui exigea un regard de son presqu'apprentie.

Le visage pâle et les yeux rouges qu'il vit lui fit l'effet d'une douche froide.

- Que s'est-il passé ?

La voix semblait dangereuse, calme, mais dangereuse.

- Rien, monsieur.

- Rien ?

- J'ai mal dormi, j'ai juste mal à la tête. J'arrive.

- Non, vous allez rester dans votre lit. Je reviens.

Il ne revint pas. Pomfresh par contre, arriva quelques minutes plus tard.

- J'aurais dû y penser. Vous n'avez pas d'anticorps contre l'huile de Sisymbre que vous avez utilisé hier. Tenez, buvez ça.

Une potion jaunâtre avec un goût plus qu'étrange. Elle n'aimait pas le jaune. Et encore moins devoir boire des potions.

- Ça devrait passer dans l'heure qui suit. Vous avez dormi un peu ?

- Non madame.

- D'accord. Severus en prendra compte, ne vous inquiétez pas. Prenez cette potion toutes les heures et rejoignez-nous dans dix minutes, mais avant, allez prendre une douche.

- Oui madame.

Eloïse se leva lentement, prise de vertige, et se dirigea vers la salle de bains.

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- Severus, cette enfant a beaucoup souffert, faut-il vraiment lui faire avaler le plus de connaissances possibles ?

- Albus le souhaite, pour qu'elle entre en quatrième année à la rentrée.

- En quatrième année ? Mais elle n'aura jamais toute les connaissances nécessaires ! C'est de la folie !

- Tu connais Albus…

- Filius, même si je connais Albus, c'est de la pure folie. La petite est encore fragile, Severus s'en occupe très bien, mais qu'adviendra-t'il après la rentrée ?

- Nous garderons un œil sur elle. Et Albus sera là.

- Je suis désolée, mais j'émets des doutes sur Albus pour le fait de prendre soin de sa filleule.

- On parle de Dumbledore, là.

- Oui, mais il ne vient pas vérifier l'état de santé de sa soi-disant protégée, la laisse aux soins d'autres personnes sans demander de nouvelles, répondit vivement l'infirmière. Ce n'est pas la première fois qu'il prend la santé de ses élèves à la légère, regardez Potter !

- Du calme, Pompom, modéra Filius. Ça ira. Eloïse est entre de bonnes mains et sera remise d'ici la rentrée. Severus fait du bon travail avec elle, je dois admettre que je suis très positivement surpris.

- Merci, tant de sympathie de votre part me touche, fit ironiquement le concerné.

- De rien, cher collègue.

- Excusez-moi ?

- Oh, Eloïse, nous ne t'avions pas entendu, fit Pomfresh alors que Snape levait les yeux au ciel pour la énième fois. Dumbledore aurait mieux fait de confier l'enfant à l'infirmière, vu comment elle se réjouissait de la voir à chaque fois. Quoi qu'Eloïse semblait apprécier cette attention affective autant que lui, c'est-à-dire très peu.

Snape et Eloïse reprirent les cours doucement, et Filius les regarda s'entraîner aux sortilèges de base, et il eut la preuve en image que la jeune élève apprenait bien vite.

- Aller, encore une fois. Levez votre baguette, faites un cercle en partant de la gauche, puis…

- Expelliarmus !

La baguette de Snape vola de l'autre côté de la pièce.

- Très bien Eloïse ! s'exclama Snape.

Elle vit les yeux de l'homme briller quelques secondes, ce qui, pensa-t-elle, devait être un élan de fierté chez lui. Elle lui sourit en retour.

- Tu as mérité une pause, tu peux aller dans le jardin si tu veux.

- Ah ? Merci, oui, je veux bien.

Il la regarda sortir et s'asseoir dans l'herbe, près de l'eau. Ses longs cheveux bruns se mêlaient au vent. Pensant être seule, elle chantonna quelques minutes puis s'allongea en observant les grenouilles se baigner dans le petit lac. Elle s'endormit.

Les deux professeurs discutèrent quelques temps des sortilèges pouvant être utiles et des bases restantes à enseigner à la jeune fille. Severus fut étonné par l'élan de sympathie qu'il avait gagné de son collègue en quelques jours.

Il était devenu un bon conseiller et n'empiétait pas sur son propre territoire comme aimaient le faire Albus ou Minerva.

- Prenez bien soin de cette enfant, Severus. Elle me semble différente de nos autres élèves et très précieuse. Je ne sais pas pourquoi je dois vous dire cela, mais j'ai un pressentiment étrange.

- Je comprends. Merci pour votre aide, Filius.

Se voyant congédié, Filius sourit doucement avant de saluer son collègue et quitter l'appartement professoral.

Snape sorti à son tour, mais du côté jardin, s'approcha doucement et s'assit à côté du corps maigre de sa nouvelle protégée, puis retira les quelques mèches de cheveux qui se promenaient devant le visage de la jeune fille.

Le temps passait plus rapidement, accompagné de cette élève venue de nulle part. Et il devait faire attention et tenir le rythme scolaire qu'avait fixé Dumbledore.

Il avait beau résister, affirmer le contraire à Dumbledore et McGonagall, il s'était quelque peu attaché à elle et le temps passait extrêmement vite.

Elle absorbait les cours, souriait aux remarques acerbes et ironiques du directeur de Serpentard, et l'écoutait presque religieusement lorsqu'il lui racontait l'histoire de Potions ou de Sortilèges. Elle aimait sa façon d'être et de faire, et lui le ressentait et souriait discrètement en voyant son élève concentrée sur un exercice.

Il n'avait pas eu cette impression d'être à sa place, et d'être apprécié, depuis bien longtemps. Ses pensées dévièrent vers Lily. Lily Evans. Qu'il avait tant aimé, qu'il aimait encore et à jamais. Eloïse avait étrangement les mêmes yeux, le même menton, les mêmes mains. Ou alors était-ce son imagination ? Dumbledore l'avait-il placé sous sa responsabilité pour cette ressemblance, pensant qu'il prendrait ce cas à cœur ? Il fallait qu'il se sorte de là, ne pas s'attacher. Ne surtout pas apprécier qui que ce soit, car c'était la meilleure manière pour souffrir plus tard.

Le corps jusque-là immobile se mit à trembler. Severus sortit de ses pensées pour observer le phénomène. Elle se mordait les lèvres, et ses doigts pianotaient violemment sur l'herbe. Sans réfléchir, le professeur s'allongea derrière elle et la blotti contre lui, serrant son corps comme pour la rassurer. Il esquissa un sourire lorsque le corps de la petite se détendit. Il ne comprenait pas son propre geste, mais remit ses réflexions à plus tard.

Le soleil caressait agréablement leurs peaux et le vent doux et tiède endormi le Maître des Cachots, tenant fermement le sosie de Lily contre lui.

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Presque un mois s'était passé déjà depuis l'arrivée d'Eloïse au château. Snape restait froid et distant avec elle. Eloïse ne se doutait pas que son professeur ait dormi plusieurs heures à ses côtés, ni qu'il ressentait quelque sentiment que ce soit.

Elle passait son temps à apprendre, faire des potions et des siestes dans le jardin. Le programme imposé lui convenait parfaitement, même si son professeur s'absentait de temps en temps pour des réunions. Flitwick passait deux à trois fois par semaine, et expliquait le fonctionnement de l'école à la protégée du Château.

Un soir, alors que la fin du mois de juillet approchait, Dumbledore fit une visite surprise pour sa filleule.

- Les cours se passent bien Severus ?

- Oui. Eloïse a presque le niveau théorique des quatrièmes années en Potions et Botanique, bien qu'en pratique elle n'ait pas un niveau aussi élevé bien entendu, et plutôt le niveau des troisièmes années en Sortilèges et Défense. Je lui ai donc donné des livres sur l'Histoire de la Métamorphose que nous avons commencée la semaine passée. Elle lit énormément et ne dort pas beaucoup.

- Déjà ? fit-il impressionné.

Ok. Albus semblait plus intéressé par l'apprentissage que par l'état de sa filleule, releva Snape pour lui-même.

- Tout à fait, elle apprend extrêmement vite et n'a aucune autre occupation à part les cours et regarder l'herbe pousser une ou deux heures par jour, répondit-il sur un ton ironique.

- Très bien. Où est-elle ?

- Elle lit un livre dans le jardin.

- Serait-ce une deuxième miss Granger ? se moqua légèrement le directeur.

- Pas réellement, plus… réservée.

- Bien, merci pour ce service Severus. Elle pourra peut-être renter en troisième année en septembre voire quatrième.

- Je pense que la troisième année serait bien, en effet. Surtout si elle continue à apprendre aussi rapidement.

Troisième année… c'était déjà bien assez. Dumbledore avait apparemment des envies de luxe.

Il n'avait même pas demandé l'avis de la concernée et ne demanda pas à la voir. Snape haussa les épaules en fermant la porte de ses appartements derrière Dumbledore. Après tout, ce n'était pas ses affaires. Mais tout de même…

Etait-ce le fait qu'il s'investisse autant dans le combat contre les forces du mal qu'Albus oubliait le sens du mot « vivre » ? A croire que Severus changeait peu à peu, et était plus humain que ce que les élèves pensaient.

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Sirius Black s'était échappé l'année précédente, et le Ministère se calmait peu à peu bien que toujours à la recherche de l'homme fou et partisan de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Severus avait eu la joie – quelle ironie – de se retrouver entouré de lui et Lupin, peu après une réunion de l'Ordre du Phénix, l'organisation que dirigeait Dumbledore.

Sirius avait expliqué son point de vue d'une voix étonnamment calme, alors que Remus lui, surveillait de près les paroles de son ami d'enfance. Il était hors de question qu'il gâche leur seule chance de gagner la confiance de Snape. Mais gagner la confiance d'une telle personne ne se fait pas du jour au lendemain…

- Severus, fit Lupin en évitant de justesse le surnom pitoyable qu'ils lui avaient jadis donné. Nous ne savons pas trop quoi en penser, mais cette histoire est vraiment étrange. Je croyais véritablement que Sirius nous avait trahi, à l'époque, alors qu'avec du recul et les souvenirs tout redevient plus clair.

- Espèce de gryffondor.

- C'est bien beau, pour toi de dire ça, hein ! s'énerva Sirius. J'ai plusieurs années de prison derrière moi, alors que toi tu peux te pavaner dans Poudlard !

- Et terroriser les élèves, oui on le sait Sirius, temporisa Remus. Ce que j'aimerais, c'est comprendre pourquoi plusieurs mangemorts – dont toi – ont eu des procès alors que Sirius fut simplement jeté en prison sans cérémonie.

- Ah parce qu'il faut faire une cérémonie pour les chers gryffondors aussi ?

- Rem', laisse tomber, tu vois bien que ce c…

- Toi, tu ferais mieux de te taire, sale cabot ! fit froidement Snape en l'attrapant par le col.

- Hé, du calme, tu sais bien qu'il réagit au quart de tour, intervint Lupin.

Snape le lâcha et daigna les écouter. Cette histoire l'intriguait aussi, même s'il ne souhaitait guère l'avouer.

- Il y a plusieurs choses que je ne comprends pas, à vrai dire, fit Sirius.

- Comme d'habitude, en somme, marmonna Snape.

- Dumbledore tente de m'amadouer pour que je ne vois pas mon filleul. Il m'explique qu'il est plus en sécurité chez ces porcs de moldus ! Pétunia n'a jamais aimé la Magie.

- Harry est chez Pétunia ?

- Severus, t'es sourd ou quoi ? Bien sûr que oui, Harry est chez Pétunia.

- Les Dursley…

- Vernon Dursley est le mari de Pétunia, et à côté de lui, elle est une adorable fille, fit ironiquement Sirius.

- Normal que Harry soit aussi nul en cours, s'il a eu cette famille là sur le dos, grogna Snape.

- Tu ne le martyrise pas trop, j'espère, fit Sirius.

- Il t'en parlera lui-même, répondit-il avec un rictus amusé.

- On n'est pas là pour parler de ça, fit Lupin.

- Dumbledore.

- Dumbledore a un agissement étrange, rajouta Snape. Mais ce n'est pas la première chose qui me préoccupe.

- Pourquoi ?

- Je ne peux pas en parler pour l'instant. Mais il est certain que ce n'est pas normal que tu n'aies pas eu de procès, cabot.

- Sirius, je m'appelle, Sirius, fit le concerné en levant les bras au ciel.

- N'en demande pas trop. Donc je disais, Albus utilise plusieurs personnes comme de simples pions, et je sais que ma formulation ne vous plaira pas, mais c'est clairement ce que je pense. Il envoie Harry à l'abattoir.

- Comment ça ?

Sirius s'assit, la tête dans les mains.

- Il ne ferait jamais ça, Dumbledore est le chef de la Lumière, il tient aux gens, il ne ferait pas ça…

- Siri, chut, laisse Snape parler.

- Je disais donc. Ça fait la troisième année que votre petit protégé subit les foudres directes ou non d'un Mage Noir dont je tairai le nom. Dumbledore ne l'a jamais mis en garde et ne lui a pas permis d'analyser toutes les actions qui se sont produites ces dernières années. Potter était – et est encore maintenant apparemment – dans une famille qui lui veut plus de mal que de bien, certainement. Connaissant Lily, cela m'étonne qu'elle n'ait pas strictement interdit Albus d'envoyer son fils là-bas si quelque chose se produisait.

- Je suis sûr qu'elle l'a fait, fit Lupin.

- Ce serait inquiétant, car il l'a tout de même fait.

- Il n'a pas veillé sur lui ? Il n'est pas allé voir si tout se passait bien ? Remus, pourquoi n'as-tu pas pris Harry en charge ?

- Je suis un loup-garou, je te rappelle. Dumbledore m'a dit qu'il était dans un endroit sûr où rien ne pourrait lui arriver, et je l'ai cru.

- Quelle naïveté… Tous les gryffondors sont comme ça ? Non parce que dans ce cas, je m'inquiète vraiment pour votre survivant !

- Oh Snape, arrête un peu, s'énerva à nouveau Sirius.

- Quand j'y pense, Harry avait l'air mal en point en arrivant à l'école en septembre, fit Lupin.

- Il a un air cadavérique à chaque rentrée, Molly en fait part tous les ans à Dumbledore, mais rien ne change, fit Snape.

Il ne savait pas pourquoi il continuait de parler avec eux, cela ne mènerait à rien de toute façon. Certes, il y avait des choses étranges, mais après ? Dumbledore avait ses propres raisons. Et pour le moment, Snape pensait surtout à sa protégée qui devait être en train d'enfreindre la règle du couvre-feu pour la énième fois à cause d'un livre trop intéressant.

- Severus ?

- Oui ?

- On fait quoi ?

- Je vous laisse patauger dans la boue.

- Oh s'il te plaît.

- Oh s'il te plaît, fit Snape en grimaçant, déclenchant un léger rire de Sirius.

- On attend d'en savoir plus. Black, je te déconseillerais de sortir si j'étais toi.

- Oui mais Harry…

- Se débrouillera sans toi, comme d'habitude depuis plusieurs années déjà. Nous trouverons une solution. Lupin, veille bien sur ton chien. S'il y a quelque chose d'étrange qui se produit, n'hésitez pas à m'en faire part, mais seulement via ce carnet.

Le Maître des Potions sorti un carnet bleu profond, avec une loutre dessinée sur la page de couverture.

- Seuls vous et moi pourrons lire ce qui y sera écrit. Aucun patronus ni aucune conversation ici, je ne pense pas qu'Albus ait déjà mis des systèmes de surveillances, mais ca ne tardera pas.

- Systèmes de surveillance ?

- Oui Lupin. Il y en a dans chaque appartement professoral et aussi dans la cuisine en bas. On les reconnait à l'aide de sortilèges de…

- Oui je vois, c'est bon, mais Dumb…

- La magie blanche peut être aussi dangereuse que la noire, espèces de gryffons. C'est pas tout, mais j'ai du travail qui m'attend.

- Merci d'être resté, fit Lupin alors que Snape disparaissait dans un tour de cape.

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