Disclaimer : l'univers merveilleux de la terre du milieu et ses personnages appartiennent à Tolkien sauf le personnage de Dylis. Une grande partie de cette fiction (pour ne pas dire la quasi-totalité…) s'inspire des films de Peter Jackson.
Merci pour vos reviews :-)
Chapitre 3 : Prises de bec dans les terres sauvages
Le lendemain matin ce fut la douce et mélodieuse voix de Thorïn qui réveilla Dylis.
- Levez-vous, on n'a pas que ça à faire il faut reprendre la route ! Cria-t-il juste à côté d'elle.
Il fut particulièrement content de son petit effet. La jeune femme qui jusqu'à maintenant était profondément endormie sursauta et sa tête vint heurter le rocher contre lequel elle c'était assoupi. Elle se releva chancelante et adressa à Thorïn un regard meurtrier. Ce n'était pas la première fois qu'il la réveillait de façon si brutale, cela semblait même être devenue une habitude.
- Abruti, marmonna-t-elle en se massant le crâne.
- Vous étiez la seule encore endormie, ce n'est pas de ma faute si vous ralentissez la compagnie. S'indigna-t-il. Alors ne m'insulter pas !
- J'ai parlé à haute voix ? Demanda innocemment Dylis alors qu'un immense sourire s'étendit sur ses lèvres, même Ori qui pouvait pourtant se montrer très naïf ressentit toute l'hypocrisie qui en émanait.
Les nains firent mine de se détourner craignant une nouvelle dispute. En effet ces dernières avaient été très fréquentes depuis le début de leur voyage. Thorïn avait pris grand soin d'éviter la jeune femme les deux premiers jours (Dylis clama longtemps que cette ignorance venait du fait que la fierté de Thorïn avait reçu un sacré coup quand il avait perdu son pari). Mais cela n'avait pas fait long feu, le troisième jour alors que la joyeuse troupe avait fait une halte pour le déjeuner, une violente querelle éclata. Tout avait été déclenché par une réflexion de Thorïn, juste une énième petit remarque mettant en scène ses doutes sur les capacités défensives de Dylis. Celle-ci qui avait d'abord paru très calme c'était enflammé, avait hurlé. Elle aurait très certainement frappé Thorïn si Dwalin ne l'en avait pas empêché. Le chef nain en premier lieu surpris c'était alors énervé à son tour. Pour que la situation ne dégénère pas Gandalf avait dut s'interposer pour les raisonner.
Depuis ce jour les accrochages plus ou moins violents entre Dylis et Thorïn s'étaient multipliés. Ils en étaient venus à se lancer des pics toute la journée, s'insultaient aussi souvent que possible et ne manquaient pas une occasion de se pourrir mutuellement la vie.
Ces continuelles altercations étaient presque devenues lassantes. Balin qui au départ avait essayé de calmer l'atmosphère ne se formalisait même plus des crises de colère à répétition que son ami avait envers la jeune femme il se contentait d'échanger des regards ennuyés avec Gandalf. Nori en revanche s'accommodait très bien de leurs disputes qui lui remplissaient les poches. Chaque fois que le ton commençait à monter le nain lançait des paris à tort et à travers en bénissant Thorïn d'être suffisamment absorbé dans une intense recherche de répliques cuisantes pour ne pas s'en rendre compte.
- Ne jouez pas à ce petit jeu avec moi, grogna Thorïn. Je me trouve déjà bien assez aimable avec vous !
- Aimable! La seule chose aimable que je ne vous ai jamais entendus me dire c'est "bonjour" ! Hurla Dylis en s'approchant du chef nain à grands pas.
- Alors ce n 'est certainement pas à vous que je m 'adressais!
- Espèce de sale...
- Eh! Fait attention à ce que tu dis gamine! Tonna Dwalin en se mettant entre eux.
Personne n'aurait pu dire s'il faisait cela pour empêcher une bagarre ou pour frapper le premier si la brune allait trop loin dans ses propos. Le nain se montrait toujours très hostile avec la jeune femme, il n'aimait pas que quelqu'un s'en prenne à leur chef et encore moins que cette personne soit une humaine.
Gandalf se tenait prêt à intervenir alors que Bilbo se creusait les méninges pour calmer la situation, chose qu'il savait parfaitement inutile car la seule fois où il avait songé à calmer une dispute la colère de Thorin était retombée sur lui.
- Gamine ? Mais vous croyez quoi ? Que je suis une grosse de vingt ans ? Protesta-t-elle alors que son visage se tordait dans une moue à mi-chemin entre la surprise et l'indignation.
- Comment pourrions-nous le savoir ? En deux semaines de voyage vous ne vous êtes jamais donné la peine de nous dire votre âge, dit Thorin alors qu'un rictus victorieux etirait ses lèvres.
-Pourquoi vous l'aurai-je dis ? En deux semaines de voyage vous n'avez jamais pris la peine de me poser la question, rétorqua-t-elle.
Le chef nain se renfrogna, non loin d'eux Fili et Kili se dandinaient d'un pied à l'autre. Ils furent un peu gênés en réalisant que jamais ils n'avaient réellement cherché à connaitre la jeune femme alors qu'ils passaient bien plus de temps avec elle que les autres nains.
- Pardonne-nous de ne pas te l'avoir demandé, et moi qui pensais les femmes n'aimaient pas qu'on parle de leur âge, déclara Bofur.
- Oui, quand elles ont passé la quarantaine, répondit Dylis qui braquait un regard venimeux sur Thorïn. Ce n'est pas mon cas. Je n'ai que trente et un ans.
- Trente et un ans ! Savais-tu que j'ai quasiment le même âge selon les années des hommes ! Se réjouit le nain.
Elle parut perplexe.
- J'aurais dit plus. Remarqua-t-elle ne portant plus aucun intérêt à Thorïn comme pour signifier que la conversation était close.
Bofur sembla déconcerté alors que le reste de la compagnie éclatait d'un grand rire oubliant toutes les tentions. Bombur hilare se laissa lourdement tomber sur une souche d'arbre et Kili du se retenir à son frère pour ne pas en faire de même. Le fou rire du jeune nain était tel que son esprit lui jouait des tours car l'espace d'un instant il crut voir son oncle esquisser un sourire.
Dylis adressa une moue d'excuse à Bofur bien qu'elle fût elle aussi très amuser par la situation.
Le rire de ce dernier se joignit finalement à celui de ses amis et il adressa un clin d'œil à la jeune femme.
- Ce n'est pas grave ! Justifia-t-il. C'est un effet dû au chapeau, on m'a souvent dit que cela me donnait un air sage.
- Un air idiot tu veux dire ! Railla Nori.
- Si je puis me permettre Nori, la façon que tu as d'arranger des cheveux et ta barde ne te donne pas l'air malin, fit remarquer Dylis.
Les rires reprirent de plus belle, Nori adressa un geste grossier à son frère cadet qui se moquait ouvertement de lui avant de se faire réprimander par Dori.
Thorïn se détourna du groupe et ramassa son sac avec impatience. Seul Balin pût constater que ce geste n'était en réalité qu'un moyen de masque son rire. Le vieux nain se sentit rassurer de voir que son ami pouvait encore trouver le sourire.
-Partons ! Exigea le futur roi après s'être raclé la gorge. Le soleil est déjà bien trop haut dans le ciel.
C'est assez détendu qu'ils reprirent la route. Si au départ les remarques de Thorïn avaient profondément énervé Dylis, leur petite discorde avait mis la jeune femme de bonne humeur.
Ils chevauchèrent dans les terres désertes une légère brise commençait à se lever, l'air était bien froid pour la saison.
- Vous devriez mettre une autre cape sur vos épaules jeune fille, je sens l'orage venir, avertit Oïn avant de continuer plus loin devant pour s'entretenir avec son frère.
- Oïn ne se trompe quasiment jamais en se qui concerne la météo ! Il faut que j'aille prévenir Ori, il ne faudrait pas qu'il attrape froid ! Bougonna Dori.
La brune jeta un coup sur la fine cape d'été qui recouvrait ses épaules. Evidement elle avait pris avec elle des vêtements bien plus épais mais ils se trouvaient actuellement dans un de ses sacs qui lui se trouvait sur le poney chargé des bagages et des provisions. Elle ne pouvait donc pas se changer sans s'arrêter et par conséquent ralentir la compagnie, ce qui donnerait raison à Thorïn. Elle poussa donc un soupir résigné et renonça donc à des vêtements plus chauds pour la journée en priant pour que le temps ne se dégrade pas trop vite. Mais la brise qui c'était levé quelques minutes avant commençait à prendre en puissance. En plus de ça l'estomac de Dylis se mit à gronder méchamment. Heureusement pour elle pour Bofur la rejoint peu de temps après avec de quoi se ravitailler.
- Tien prend ça, j'ai vu que tu n'as pas eu le temps de manger ce matin.
Il lui tendit quelques gâteaux sec qu'elle accepta avec joie, il affichait la même mine réjouie que d'habitude et Dylis fut contente de constater que le nain n'avait absolument pas été vexé par sa remarque sur son âge.
- Je meure de faim merci !
- Tu sais que c'est très mal de voyager le ventre vide.
- Thorïn ne m'a pas vraiment laissé le temps de manger, réclama-t-elle en élevant la voix pour que le chef nain qui se trouvait un peu plus loin devant l'entende. Mais seul Dwalin se retourna en montrant des dents.
- Alors pourquoi est-ce que tu ne t'es pas arrêté pour prendre à manger ? Ainsi que d'autres vêtements par la même occasion ?
- Pour que Thorïn et Dwalin affirment que je ne suis qu'une petite fille incapable de supporter les conditions d'un voyage, hors de question !
- Je suis sûr que tu finiras par bien t'entendre avec eux, dit Bofur. Il leur faut juste un peu de temps pour…s'habituer à ta présence.
- Je n'ai pas vraiment l'impression qu'il souhaitait s'habituer à ma présence, observa-t-elle. Mais bon, je ne suis pas la plus à plaindre.
D'un mouvement de tête elle désigna Bilbo un peu plus loin devant eux. Il avançait seul comme la plupart du temps.
- Bilbo joignez-vous à nous ! Proposa Bofur.
Le hobbit attendit qu'ils arrivent à sa hauteur un peu mal à l'aise.
- Vous vouliez me parler ?
- On peut se tutoyer Bilbo ! Dit Dylis en lui donnant une grande tape dans le dos qui le déstabilisa quelque peu (il faillit tomber de son poney) mais ni elle ni le nain ne semblaient s'en formaliser.
- Oh...très bien.
-Pourquoi restez-vous tout seul ainsi mon ami ? Demanda Bofur.
- Je ne veux pas déranger, d'ailleurs je vais…
- Non, non, non reste ici Bilbo s'exclama-t-elle.
- Soit, consentit Bilbo. De quoi parliez-vous ?
- J'expliquais à Bofur à quel point je trouvais Thorïn et Dwalin exaspérant.
- Ils changeront j'en suis persuadé ! Dwalin est toujours un peu…méfiant avec les gens qu'il ne connait pas, ça lui passera. Thorïn quand à lui…
Bofur poussa un soupir las et ajouta plus sombrement :
- Il a du mal à accorder sa confiance, après les événements d'Erebor ça se comprend.
-Il était différent avant ? Demanda Bilbo.
- Je ne sais pas, j'ai rencontré Thorïn quand il est arrivé dans les montagnes bleus après que Smaug est pris Erebor. Je n'étais qu'un jeune nain à l'époque, mes souvenirs sont flous, mais à en croire Balin, la bataille de la Moria l'a profondément changé.
Bilbo en hobbit curieux qu'il était, semblait avide de savoir toutes ces choses. Dylis quant à elle restait perplexe.
- Je ne comprends pas ! Balin aussi a assisté à tout ça et pourtant il a toujours été très aimable avec tout le monde !
Bofure éclata d'un grand rire qui raisona contre les parois rocheuses autour d'eux.
- Très chère, il ne faut surtout pas que tu oublies que les nains sont réputés pour être dotés d'un sale caractère, Thorïn fait parti de ceux chez qui ce trait est plus développé.
Il murmura la fin de sa phrase sur un ton de confidence un adressa un clin d'œil à la jeune femme, elle prit part à son hilarité ne remarquant pas que Bilbo à ses côtés avait une nouvelle fois failli tomber de son poney a cause d'une malencontreuse racine qui se trouvait sur le chemin de celui-ci.
-Mais assez parler des nains, parle-moi de toi, comme ça tu viens de Bree ?
- Oui mais je suis née dans pleine du Rohan. Expliqua Dylis.
- Est-ce aussi beau que le disent les livres ? S'émerveilla Bilbo.
- En réalité je ne m'en souviens pas vraiment, nous avons quitté le Rohan avec mes parents et mon frère alors que je n'avais que quatre ans.
- Pour quelle raison, demanda Bofur.
- Mon père voulait voyager, donc pendant un an nous avons traversé les contrées de la terre du milieu sans jamais s'installer nulle part. Le jour où nous somme arrivé à Bree ma mère n'a plus voulu en partir alors nous sommes resté. Je crois que mon père ne s'y est toujours pas fait, pour lui qui cherchait l'aventure, la seule action qu'il ait pu trouver là-bas c'était notre voisin bossu qui vendait des choux sous le manteau.
- Tu connais le vieux Bobby ! Ce bougre a une réputation abominable dans la comté. Affirma le hobbit.
- Je le sais bien, à chaque fois que des hobbits venaient au Poney Fringant ils me demandaient une table loin de la sienne.
- Je me disais bien que ton visage ne m'était pas inconnu ! S'exclama-t-il. C'est donc au Poney Fringant que je t'avais vu!
- C'est fort probable, j'y ai travaillé plusieurs années.
- Mais dis-moi, tu semblais avoir une vie très paisible alors pourquoi as-tu accepté de te joindre à la quête ? Questionna Bofur un peu surprit.
- Il semblerait que mon père m'ait transmis son goût de l'aventure, Gandalf devait être au courant car il était très sur de lui quand il m'a fait cette proposition.
- Tu connaissais déjà Gandalf avant ?
- Que de nom, mais mon grand-père l'avait rencontré.
Ils continuèrent à parler tout le long du trajet, Fili et Kili s'étaient joint à eux. Le vent soufflait fort et bien qu'il soit aux alentours de midi pas un rayon de soleil de percer des nuages.
- Nous allons faire une pause pour déjeuner ! Dit enfin Thorïn. Puis on ne s'arrêtera plus avant la tomber de la nuit, il faudra être prudent nous devrons longer la rivière pendant un bon moment elle traverse le pays sur plusieurs miles mais si la pluie venait à tomber l'eau risquerait de monter très vite.
Ils regroupèrent les chevaux près d'un arbre, Oïn et Gloïn se hâtèrent de trouver un endroit abrité du vent pour allumer un feu.
- Thorïn, êtes-vous réellement sûr de la route que nous prenons ? Demanda la jeune femme.
Celui-ci fronça les sourcils ne sachant pas comment il devait prendre la question.
- Evidement, nous sommes obligé de longer cette rivière, nous sommes à l'orée des Terres sauvages c'est le moyen le plus rapide pour rejoindre les Mont Brumeux.
Personne ne semblait désapprouver, seul Gandalf poussa un soupir exaspérer mais Thorïn ne prit pas la peine d'y prêter attention.
- Vous avez l'air persuadé de ce que vous dites, remarqua Dylis.
- Et pourquoi ne le serais-je pas ? demanda Thorïn qui sentait la colère monter doucement en lui.
- Je disais ça comme ça…mais après tout si vous avez réussi à vous perdre la comté alors qu'il y avait des routes et que vous aviez une carte je me demande comment vous faites en plein milieu de nulle part.
Un silence pesant s'abatis sur les alentours. Thorïn complètement abasourdie réfléchissait à plein régime pour savoir qui était le traitre qui avait osé parler de ce fâcheux incident à Dylis. Presque aussitôt il tourna un regard haineux vers le hobbit.
- Vous…
- Ce n'est pas lui. Coupa la brune.
Le chef des nains balaya sa compagnie de regard, ils se dévisageaient tous plus intrigués les uns que les autres. S'il pensa un instant à ses neveux il changea vite d'avis en les voyant se chuchoter des choses en fixant tour à tour leurs amis. Soudain Thorïn compris. Gandalf c'était un peu éloigné du groupe pour aller s'assoir sur un tronc déraciné. Il fumait tranquillement sa pipe et semblait passionné par les nuages lourds de pluie qui passaient au-dessus de sa tête.
- Cela vous amuse ? S'exaspéra Thorïn.
Le magicien toussota un recrachant un peu de fumée avant de feindre un regard surpris en direction du futur roi.
- Plaît-il ?
Thorïn inspira une grande bouffée d'air pour essayer de se calmer et ordonna à Bombur d'aller préparer le déjeuner ce que le gros nain qui était affamé s'empressa de faire. Thorïn quand à lui s'éloigna à grands pas.
- Où vas-tu ? Lui demanda Fili.
- Voir si nous pouvons continuer à avancer si le niveau de la rivière monte.
- Ou vérifier si on n'avance pas en direction d'une impasse, murmura Dylis.
- Explique-moi, comment veux-tu que Thorïn finisse par t'apprécier si tu fais tous pour le mettre en colère ? Ironisa Fili.
- Je ne me rappelle pas avoir dit que je voulais qu'il m'apprécie, répondit-elle avec un sourire en coin.
Les deux plus jeunes nains la regardèrent avec surprise mais elle n'ajouta rien.
Thorïn revint dix minutes plus tard et ils déjeunèrent sous les bourrasques étonnamment froides.
L'après midi, il fut beaucoup plus compliqué de voyager, ils étaient fatigués et avançaient à contre sens du vent, à peine quelques heures après leur départ le ciel s'était trop assombris pour continuer à avancer et ils s'installèrent dans une caverne étroite pour passer la nuit.
- On ne peut pas faire de feu ici, soupira Oïn, c'est bien trop il n'y a pas assez d'espace ici.
- De toute façon il ne serait pas resté allumer bien longtemps, ajouta Dylis en frissonnant.
En effet le vent violent avait laissé place à une véritable tempête, les arbres craquaient de façon inquiétante sous les asseaux du vent. La caverne n'en était pas protégée et des courants d'air glacer s'infiltraient sous les capes des membres de la compagnie.
Dylis dut sortir pour récupérer sont son sac, la caverne n'étant pas assez grande pour y faire entrer les poneys ainsi que les deux chevaux.
-Le vent souffle de plus en plus fort dit-elle en revenant dans leur abri de fortune complètement frigorifiée.
- C'est sûr qu'avec une cape si légère vous ne risquer pas d'être protégé.
- Ne me prenez pas pour une idiote ! J'en ai des plus épaisses avec moi ! Dit-elle en désignant son sac.
- Vous auriez du y pensez ce matin !
- Vous ne m'en avez pas laissé le temps. Dit-elle calmement en dépilant ses affaires à la recherche d'une couverture pour passer la nuit.
- Pensez-y la prochaine fois, si un membre de la compagnie venez à tomber malade on prendrait un retard considérable !
- Le mauvais temps vous rend encore plus aigri que d'habitude.
Ce n'était pas faux, la menace de l'orage les rendait tout le monde maussade. Ce soir ils prirent un repas froid, personne ne parlait on n'entendait que le vent qui se déchainait dans les pins.
- Allez-vous coucher, dit Thorïn, la journée de demain va être éprouvante mieux vaux que vous soyez reposés.
Ils acceptèrent avec joie, Bombur et Ori s'étaient déjà endormie affalé contre la paroi rocheuse de la grotte.
- Je vais prendre le premier tour de garde, dit Balin.
- Bien, réveille-moi après, répondit Thorïn bien qu'au fond de lui il sût qu'il n'allait pas fermer l'œil.
Le vieux nain hocha la tête et se munit d'une grosse cape et une épaisse couverture de fourrure avant d'aller s'assoir devant leur repaire.
Dylis essaya de s'installer confortablement sur le sol froid, le vent sifflait autour de sa tête et elle finit par se réfugier complètement sous sa couverture en espérant pouvoir dormir un peu. Alors qu'elle fermait les yeux la voix de Fili s'éleva doucement :
- Bonne nuit.
Dylis fit émerger son visage juste assez pour pouvoir parler.
- Je ne vois pas vraiment comment on peut passer une bonne nuit dans un trou pareil.
- Les trous de hobbit sont très confortables, marmonna Bilbo à mi-chemin entre le conscient et le rêve.
- Ce trou là a plus de chance d'avoir été un jour habité par un gobelin plutôt que par un Hobbit.
C'est sur ces paroles qui eurent dont de parfaitement réveiller Bilbo qu'elle s'endormie bercer par le sifflement inquiétant du vent.
Thorïn se retourna pour la énième fois sur le sol. Cela devait bien faire trois heures que tout le monde dormait autour de lui mais il était incapable de garder les yeux fermé plus de quelques secondes. Une angoisse montait à l'intérieur de lui. Depuis leur départ Gandalf essayait de les amener en direction de Fondcombe mais lui avait refusé catégoriquement. Il savait pourtant que les routes à travers les terres sauvages se feraient de moins en moins praticables de plus il était très facile de se perdre dans ses étendues de forêts broussailleuses. Il repensa avec amertume aux paroles échanger avec Dylis dans l'après-midi, sa fierté en avait encore prit un coup. Il finit par se lever regardant autour de lui, Gandalf n'était plus parmi eux. Resserrant sa cape sur ses épaules il sortit de la caverne.
Le ciel était d'un noir d'encre et le vent ne s'était pas calmé bien au contraire. Assis un peu plus loin contre une pierre plate, Balin enveloppé dans ses fourrures surveillait les alentours.
- Du mal à dormir mon garçon ? Demanda-t-il alors que Thorïn vint s'assoir près de lui.
- Oui je crois que je ne dormirais pas ce soir, tu n'aurais pas vu Gandalf ? Il n'était plus à l'intérieur et je ne l'ai pas entendu se lever.
- Il est parti il y a quelque temps déjà mais il ne m'a pas dit pourquoi, c'est un magicien après tout il doit avoir ses raisons et il sera de retour à l'aube…quelque chose ne va pas Thorïn ? Tu semble soucieux.
Le chef de la compagnie replia ses coudes sur ses genoux pour se protéger du froid et poussa un soupir las.
- Il va pleuvoir dans les jours qui viennent et les chemins que nous devions emprunter deviendront impraticables, cela ne jouera pas en notre faveur.
- Que veux-tu dire par là ?
- Nous n'avons pas rencontré de gros danger jusqu'à maintenant mais plus nous approchons des Monts Brumeux et plus la menace des orques se fait pesante. Même si nous sommes habitués à des combats nous ne pourrons pas défendre tout le monde.
- Tu t'inquiètes pour Dylis et Bilbo n'est ce pas ?
- Comment veux-tu que le hobbit se défende face à une troupe d'orques, il ne parvient même pas à tenir sur son poney.
-C'est un petit gars intelligent il sera se débrouiller.
Thorïn ne parut pas convaincu.
- Et pour ce qui est de Dylis ? Je ne l'ai jamais vu magner une arme, je pense bien qu'elle soit en mesure de se sortir d'une situation difficile mais dans un vrai combat…
- Seul le temps nous le dira, ajouta Balin.
- Kili et Fili m'inquiètent aussi, ils sont trop jeunes pour une aventure pareil.
Un sourire nostalgique apparut sur le visage du vieux nain.
-Tu n'étais pas beaucoup plus vieux que Fili quand tu as battu l'orque pâle rappelles-toi.
- Mais j'avais plus d'expérience…tu devrais aller dormir un peu Balin, je ne pourrais pas fermer l'œil ce soir, je m'occupe de la garde.
-Tu es sûr de ne pas vouloir te reposer une heure ou deux ?
-Certain, répondit-il avec un sourire.
Le vieux nain partit donc se coucher après avoir posé une main réconfortante sur l'épaule de Thorïn.
Ils ne furent pas assaillis par la pluie le lendemain mais les chemins devinrent étroits, escarpés et très dangereux pour la chevaucher.
Plusieurs fois, Bilbo manqua de tomber dans la rivière qu'ils longeaient.
Deux jours plus tard, un véritable déluge s'abattit sur eux. Il avait tous les nerfs à vif. Bofur ronchonnait avec son cousin en essayant désespérément d'allumer sa pipe. Bombur à qui la pluie donnait faim était devenue insupportable et Dylis commençait à être parfaitement exaspéré par le comportement de Dori qui maternait Ori lui demandant de réajuster son capuchon tout les quarts d'heure et elle dut retenir un bon flot de remarque sarcastique. Même Fili et Kili semblait avoir perdu leur bonne humeur habituelle.
Mais le plus à peindre dans cette histoire c'était Bilbo. Le hobbit n'avait pas de capuchon accrocher à sa cape et se retrouvait maintenait dégoulinant de tous les côtés. Dwalin lui avait bien prêté un capuchon mais celui-ci était trop grand et glissait continuellement de sa tête.
- Dites, Monsieur Gandalf, ne pouvez-vous rien faire contre ce déluge ? Demanda Dori.
- Il pleut maître Dori et il continuera de pleuvoir jusqu'à ce que la pluie cesse ! Si vous souhaitez changer le temps il vous faut trouver un autre magicien.
Dori se renfrogna frustré.
- Il y en a d'autre ? Demanda alors Bilbo.
- Quoi ? Grogna Gandalf.
- Des magiciens ?
- Nous somme cinq. Le plus grand de notre ordre est Sarouman le blanc, expliqua Gandalf en se tournant vers le hobbit. Ensuite il y a les deux mages bleus…j'avoue que je ne sais plus du tout comment ils s'appellent.
- Et qui est le cinquième ?
- Le cinquième c'est Radagast le brun !
- C'est un grand magicien où est-il…plutôt comme vous ?
Si Gandalf ne sembla pas relever l'allusion de Bilbo, Dylis elle la comprit très bien et parti d'un grand éclat de rire qui fut en partit couvert par l'écharpe qu'elle avait nouée autour de son visage. Même Thorïn quelque peu surprit et amusé avait porté son attention sur le hobbit.
- Je dirais que c'est un très grand magicien à sa manière, continua Gandalf comme si de rien n'était. C'est un être très doux qui préfère la compagnie des animaux à tout autres. Il surveille sans relâche les vastes étendus de foret très loin à l'est ce qui est une excellente chose car le mal cherchera toujours à mettre un pied dans ce monde…
Il se perdit dans ses pensées lointaines et le silence retomba sur la compagnie.
Comme l'avait craint Thorïn le lit de la rivière était monté et les chemins devenus presque impraticables. Ils durent continuer à pied tirant poneys et chevaux par la bride.
Ce soir-là il ne trouvères pas d'autre abri que celui que procuraient les arbres autour d'eux.
- Il va falloir être vigilant ce soir, le niveau de l'eau peut encore monter pendant la nuit, dit Thorïn.
Pour ne pas arranger les choses un orage éclata et le poney qui transportait les bagages prit peur et fuit jusqu'à la rivière.
- Il faut le faire sortir de là ! Paniqua Ori.
Fili et Kili qui étaient les plus jeunes et donc les plus vifs furent envoyé pour le récupérer. Mais la pluie battait son plein déchainant les eaux de la rivière. Les deux jeunes nains faillir être emporté par les courants alors qu'ils venaient de ramener le poney sur la berge. Gandalf et Thorïn durent combiner leurs efforts pour les hisser sur la terre ferme.
- Oïn, Gloïn allumez un feu ils sont trempés !
Bien que la pluie tombait dru ils avaient tous été protégés par leurs lourdes capes à capuchons, mais celles de Fili et Kili était maintenant gorgées d'eau et ne les protégeaient plus de rien.
- Venez, dit Thorïn en tirant ses neveux un peu étourdit à sa suite jusqu'à l'endroit où Oïn et Gloïn essayaient désespérément d'allumer un feu.
- Asseyez-vous là et retirez vos capes de voyage elles ne vous sont d'aucune utilité trempées comme ça, ajouta-t-il en les poussant délicatement sous un grand pin.
Ils s'exécutèrent en silence un peu sonné et engourdi par le froid.
- Thorïn, le feu ne prend pas, le bois est trop humide ! S'exclama Gloïn.
- Laissez-moi faire, dit Gandalf.
Le magicien se pencha au-dessus des branches entassées marmonnant des paroles incompréhensibles, le feu s'alluma doucement.
- Il faut calmer le poney ! S'exclama Bilbo. Il est toujours nerveux et risquerait de s'enfuir une nouvelle fois.
- Je m'en occupe, dit Dylis.
Elle tira l'animal par la bride mais toujours effrayer il se débattait, la pluie ne facilitait pas la tâche.
- Dwalin, va l'aider ! Ordonna le chef nain.
Le nain tatoué s'exécuta sans poser de questions, à eux deux ils réussirent à tirer le poney à l'abri des arbres.
- Toutes les affaires qu'il transportait ont pris l'eau, remarqua Dylis.
- Quelqu'un a-t-il des vêtements secs avec lui ? Demanda Thorïn si il reste comme ça ils vont tomber malade.
- Ne t'inquiète pas, ça finira bien par sécher, dit Fili sans grande conviction car même s'ils étaient protégés de la pluie sous les arbres l'air était humide.
Mais son oncle l'ignora.
Heureusement pour eux Dori était prévoyant et avait des tuniques sèches dans son sac.
- Elles sont trop grandes mais c'est mieux que rien, dit-il.
C'est donc une fois que les jeunes nains furent plus ou moins sec qu'ils se retrouvèrent tous autour du feu que Gandalf avait réussi à allumer.
Thorïn avait donné sa lourde cape de fourrure à ses neveux bien qu'ils se soient contentés de refuser pendant de longues minutes. Ils avaient tous les deux finit par s'endormir en dessous blotti l'un contre l'autre.
La nuit ne fut agréable pour personnes. Dylis attendait frissonnante sous sa couverture la fin de son tour de garde. Elle lança un léger coup d'œil à la compagnie éclairé par quelques braises survivantes et put constater que Thorïn ne dormait pas. Il était étendu sur le dos fixant vaguement les branches aux dessus d'eux.
- Vous ne dormez donc jamais ? Demanda-telle.
Il sursauta l'ayant totalement oublié. Le nain se redressa sur un coude afin de se trouver face à elle.
- Vous me voyer une fois réveiller dans la nuit et en déduisez que je ne dors jamais ?
Sa voix était calme sans aucune touche d'animosité.
- Non mais je vous vois tous les jours grincheux et fatigué…
Il ne répondit pas les yeux dans le vague, elle n'avait pas vraiment tort mais il ne voulait pas l'avouer. La quête l'épuisait bien plus qu'il ne l'aurait pensé.
- Si vous dormiez un peu plus vous seriez beaucoup moins désagréable.
- Il n'y a que vous qui me trouvez désagréable.
- Je ne suis pas sûr que Bilbo soit d'accord avec ça, marmonna-t-elle.
- Il est préférable que je ne dorme pas trop, le bruit de la pluie pourrait masquer un quelconque danger, mieux vaux monter la garde.
- Vous pensez que je suis entrain de faire quoi là ? Prendre un bain de soleil ?
- On n'est jamais trop prudent…
- C'est sur qu'en regardant la pluie tomber à travers les arbres vous allez en voir venir des ennemies.
Il grogna dans sa barbe et lui tourna le dos.
La jeune femme soupira, au moins ce bref échange l'avait un peu fait sortir de son ennuie. Elle essaya d'oublier les quelques goutes d'eau qui tombait sur son capuchon, les braisent qui avaient survécurent jusqu'à maintenant commençaient à s'éteindre et ils se retrouveraient dans le noir complet. Heureusement que Bifur qui prenait le prochain tour de garde se trouvait non loin d'elle, ça lui éviterait de réveiller tout le monde.
- Vous n'appréciez pas Gandalf, dit soudain Thorïn évasif.
- Je vous demande pardon ?
Elle tourna toute son attention sur lui et constata qu'il s'était assis, elle ne l'avait pas entendu. Le peu de lumière qui émanait encore du foyer irradiait sur son visage et la jeune femme put constater avec surprise qu'il souriait.
- Jamais je n'avais vu quelqu'un rire ouvertement de Gandalf.
- Je ne riais pas de lui je riais de la réflexion de Bilbo et je ne dis pas ça uniquement parce que Gandalf est très certainement entrain d'écouter notre conversation, ajouta-t-elle en dardant un regard soupçonneux sur la silhouette endormie du magicien.
- Cela ne revient-il pas au même ?
- Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?
Il se contenta de ricaner doucement mais n'insista pas.
- Je pense que vous pouvez réveiller Bifur maintenant, dormez un peu demain nous ne ferons pas de pose avant la nuit.
Elle ronchonna un peu, l'idée de passer la journée en mouvement ne l'enchantait guère. Elle réveilla Bifur qui lui adressa quelques paroles qu'elle ne comprit pas cependant elle hocha la tête faisant mine d'affirmer ses dires. Elle s'endormit sans réaliser que la pluie s'était calmée.
Les jours suivants le soleil revint ainsi que la bonne humeur de tout le monde. Ils purent enfin passer des nuits beaucoup plus paisibles. Bombur en revanche était devenue très désagréable à cause des repas qui se faisaient de plus en plus légers.
Au début du mois de juillet ils arrivèrent près des ruines d'une ancienne ferme.
-On va passer la nuit ici ! Kili, Fili occupez-vous des poneys et surtout rester près d'eux, ordonna Thorïn.
Les deux frères emmenèrent poneys et cheveux un peu à l'écart alors que Gandalf examinait les ruines avec une certaine arpentions dans le regard.
- Un fermier et sa famille vivaient ici, dit-il s'adressant plus à lui-même qu'aux autres. Je crois qu'il serait plus sage de se remettre en route, il fait encore jour on pourrait aller jusqu'à la vallée cachée.
Dylis vit alors le visage de Thorïn blêmir, il s'approcha du magicien l'entrainant un peu a l'écart mais personne ne semblait s'intéresser à eux. La jeune femme s'approcha discrètement faisant mine de chercher du bois pour Oïn.
- Je vous l'ai déjà dit je ne m'approcherais pas de cet endroit, siffla le chef nain avec colère.
- Pourquoi ? Les elfes nous aideraient, nous aurions à manger, un lit, des conseils.
- Je n'ai que faire de leurs conseils, protesta-t-il
- Nous avons une carte que nous ne pouvons pas lire, le seigneur Elrond peut nous aider.
- Vraiment ? Cracha Thorïn. Un dragon attaque Erebor, quelle aide recevons-nous des elfes ?
Dylis releva la tête surprise par le ton de Thorïn, c'était un mélange de tristesse et de colère à l'état pur qu'elle n'avait encore jamais entendu chez lui. Gandalf en revanche semblait de plus en plus en irriter par ce refus.
- Des orques pillent la Moria, profane nos salles sacrées, les elfes regardent et ne font rien. Donc selon vous je devrais aller voir ceux qui ont trahi mon grand-père, qui ont trahi mon père ? Demanda-t-il d'une voix rauque.
- Vous n'êtes ni l'un ni l'autre, je ne vous ai pas donné cette carte et cette clé pour que vous ressassiez le passé.
-J'ignorais qu'elles vous appartenaient. S'exaspéra Thorïn.
Gandalf siffla d'irritation et tourna les talons avec colère. Laissant Thorïn seul derrière un reste de mur en brique.
- Tout vas bien ? Demanda Bilbo un peu inquiet de voir le magicien si en colère. Gandalf ou aller vous ?
- Rechercher la compagnie de la seule personne ici qui à avoir la tête sur les épaules !
- Et qui est-ce ?
Le hobbit commençait à s'agiter, il n'aimait pas du tout la tournure que prenaient les évènements.
- Moi monsieur Baggins ! Hurla-t-il. J'ai eu assez affaire aux nains pour aujourd'hui.
Et il partit sans ajouter un mot.
Bilbo commençait à paniquer, sans le magicien ils se retrouvaient tous dans une situation difficile et le hobbit craignait de ne pas le voir revenir en cas de danger. Les nains ne semblaient pas vraiment surpris par ce coup de colère.
- Ne t'inquiète pas mon gars il va revenir, lui dit Balin.
- Mais quand ? On ne sait pas ce qui peut arriver en son absence.
- Je ne me ferais pas de soucie pour ça si j'étais toi. Cependant j'aimerais tout de même savoir ce qui s'est passé.
Si le vieux nain et Bilbo cherchèrent une réponse auprès de Thorïn ils ne l'obtinrent pas.
- Dépêches-toi de préparer le repas Bombur, on a faim ! Se contenta de commander le chef nain.
Il s'éloigna dans la direction opposée.
- Eh ! Attendez une seconde ! L'interpella Dylis.
Il l'ignora continuant à avancer entre les ruines mais le bruit des pas de la jeune femme le suivait, quelques secondes plus tard n'y tenant plus il s'arrêta brusquement et elle manque de le percuter de peu.
- Vous pourriez prévenir quand vous vous arrêtez comme ça ! S'énerva-t-elle.
- Et vous, vous n'avez rien de mieux à faire que de me suivre ? demanda-t-il d'un ton étrangement calme comparé à quelques minutes plus tôt. Allez plutôt aider Bombur.
- Je ne sais pas cuisiner.
- Pourquoi cela ne m'étonne-t-il pas ? Grommela-t-il.
-Vous savez ce n'est pas parce que vous êtes frustré que…
- Je ne suis pas frustré mais énervé ! La coupa-t-il.
- Ce n'est pas une raison pour être si agressif.
Il étouffa un soupir un passa une main dans ses cheveux.
- Je n'arrive pas à croire que vous refuser de passer des nuits en sécurité à Fondcombe juste par rancœur ! Enchaina-t-elle.
- Ecouter c'est une affaire entre Gandalf et moi alors ne vous en mêler pas.
- Parfais, continuons jusqu'au mot brumeux sans passer par Fondcombe et quand on arrivera dans ses montagnes sordides ou rien ne pousse on réfléchira au fait qu'on a plus de provision et…
- Vous croyez vraiment que je n'y ai pas pensé ! Cria soudain Thorïn.
Elle fit un pas en arrière sous la surprise et dévisageant Thorïn. La fureur qui émanait de lui la mettait mal à l'aise mais une part d'elle mourait d'envie de hurler à son tour.
C'est ce qu'elle fit.
- Mais vous avez vraiment un problème ma parole ! Vociféra telle ! Pour commencer ce n'est pas la peine de hurler comme un demeurer je suis à côté de vous et j'entends très bien ! Non mais vous m'avez pris pour Oïn ou quoi ! Ensuite si vous y aviez vraiment réfléchi alors expliquez-moi comment vous compter survivre ! Les elfes pourraient nous donner des provisions sans quoi on n'a aucune chance de s'en sortir bordel !
Elle reprit son souffle et replaça furieusement une mèche brune derrière son oreille.
- C'est bon vous avez fini votre crise ? Demanda-t-il apparemment plus calme.
- Non mais je rêve vous me dite ça alors que je dois subir vos sautes d'humeur depuis avant !
Il inspira une longue bouffée d'air et s'adossa au reste de mur de pierre derrière lui.
- J'aimerais des explications plus claires ! Exigea Dylis.
- Alors asseyez-vous…s'il vous plaît.
- Pourquoi vous n'aimez pas lever les yeux quand vous parler à quelqu'un ? Ironisa-t-elle.
Il fit mine d'ignorer sa remarque mais ne put empêcher le coin de ses lèvres de se relever dans un rictus agacé.
-Si nous allons à Fondcombe les elfes essayeront de nous empêcher d'atteindre notre but.
- Pourquoi ferait-il ça ? Demanda-t-elle perplexe. Je ne vois pas en quoi cette quête les intéresserait.
-ils savent que d'autres peuples convoitent Erebor, cela pourrait amener des…conflits.
Elle resta silencieuse, l'expression de Thorïn la laissait songeuse car pour la première fois elle put voir quelque chose d'autre derrière l'habituelle colère et la détermination du nain.
- Vous avez peur n'est ce pas ?
-Bien entendu et je serais bien idiot si ce n'était pas le cas. Jusqu'à maintenant nous n'avons traversé que les terres sauvages mais dès que nous serons près des monts brumeux la menace des orques se fera inévitable, vous n'imaginer pas le danger que cela représente.
- Bien sur que si ! C'est d'ailleurs pour ça que je suis là car malgré tout le respect que je porte aux membres de cette compagnie…du moins à certain, ils n'ont pas tous la capacité d'affronter des orques.
Ori se ferait tuer en moins de deux, songea-t-elle.
- Parce que vous si ?
-Ça fait des semaines que je vous le répète ! S'emporta-t-elle.
- Et je n'ai pas changé d'avis, vous resterez en arrière en cas d'attaque sauf si c'est inévitable. Proclama-t-il d'un ton qui ne laissait place à aucune négociation.
- Je sers à quoi dans ce cas -à ?
- Étant donné que vous ne savez pas cuisiner, la question peut se poser.
Elle voulut répliquer mais se retint lorsqu'elle vit le sourire en coin du nain.
-Arrêtez le sarcasme ça ne vous va pas, ronchonna-t-elle.
- Vous préférer quand je hurle ? L'interrogea-t-il.
- Je préfère quand vous ne parlez pas ! Grommela Dylis.
- Et après ça c'est moi qui ai un mauvais caractère !
Un hululement sinistre passa au-dessus d'eux un hibou était sorti chassé avec la tomber de la nuit.
- On ferait mieux d'aller hurler près du camp avant que les autres se mettent à croire qu'on s'est entretué.
Ils rejoignirent le reste de la compagnie en silence, Dwalin, Balin, Bofur et Bilbo leur lançaient des regards surpris mais personne ne dit rien.
Une heure plus tard la nuit s'était complètement abattue sur eux, Bofur leur servit le diner.
- Voilà pour toi dit-il à Dylis quand elle s'approcha du feu.
- Merci beaucoup, ça a l'air délicieux Bombur et dire que Thorïn voulait que je vous aide, je vous aurais tous empoisonné, ricana-t-elle.
- Tu as pourtant dit que tu avais travaillé au Poney Fringuant s'étonna le nain au chapeau.
- Oui, mais comme serveuse, corrigea-t-elle.
Bilbo vient vers eux la panique se lisait sur son visage
-Ça fait longtemps qu'il est partie !
- Qui donc ? Demanda Bofur
- Gandalf, ce n'est pas normal qu'il ne soit pas encore de retour.
-C'est un magicien il fait ce qu'il veut, répondit le nain avec nonchalance ? Tenez soyez gentille allez porter ça aux gars.
Il lui tendit la part de Fili et Kili et le hobbit parti suivi de près par les regards de Bofur et Dylis
-Au moins avec Fili et Kili il ne pensera plus à Gandalf, soupira Dylis.
Effectivement l'esprit du hobbit fut bien occupé à autre chose.
Bilbo s'éloigna de la compagnie et traversa les branchages environnant en essayant de ne pas renverser ce qu'il portait, Fili et Kili ne furent pas difficiles à trouver. Il les aperçut parmi les sapins, fixant les poneys avec une raideur étrange.
- Tenez voilà le…euh que ce passe t'il ? Demanda le hobbit un peu surpris de l'inertie des jeunes nains.
- Nous devons surveiller les poneys, dit Kili d'un ton dramatique.
- Oui…mais encore ?
- Seulement nous avons un léger problème, continua Fili.
- Quel genre de problème ? Demanda Bilbo en fronçant les sourcils.
- Nous en avions seize et maintenant il y en a…quatorze.
- Quatorze, répéta Bilbo, mais…
Il ne put finir sa phrase que Fili et Kili se mirent soudain en mouvement tournant autour des poneys restants.
- Daisy et Bungo ont disparu ! s'exclama Kili.
- Mais vous…n'avez rien vu ? Interrogea le hobbit en les rejoignant. Il portait toujours les deux écuelles en mains. C'est ennuyeux, très ennuyeux…
Un petit rire nerveux franchit ses lèvres.
- Prévenons-nous Thorïn ?
- Non ! s'exclama Fili, ça ne sert à rien de l'inquiéter, en temps que cambrioleur vous pourriez étudier la question.
-Oh…et bien quelque chose de gros a déraciné ces arbres, constata-t-il.
Il ne faisait qu'énoncer une évidence.
- C'est ce qu'on pensait, marmonna le plus jeune nain.
- Quelque chose de très gros et potentiellement très dangereux, ajouta le hobbit inquiet.
- Hey venez voir là-bas ! S'exclama soudain Fili en se cachant derrière une grosse souche, il y a de la lumière.
- Baissez-vous, murmura Kili à l'adresse de Bilbo quand ils arrivèrent à la hauteur de Fili.
Le nain blond leur indiqua une faible lueur un peu plus loin devant.
Un grognement sinistre se fit entendre.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Bilbo bien qu'il ne fût pas sûr de vouloir le savoir.
- Des trolls, siffla Kili entre ses dents.
Les deux nains se précipitèrent vers l'avant laissant derrière eux le hobbit.
Bilbo hésita un instant et finit par les suivre.
Ils se cachère derrière un gros arbre et le virent. Un énorme troll s'éloignait d'eux avec un poney sous chaque bras. Bilbo se pétrifia sur place et se laissa glisser le long du tronc.
- Mon Dieu il emmène Myrtille et Mindy ! S'horrifia-t-il.
Prenant son courage à deux mains il ajouta :
- ils vont les manger nous devons faire quelque chose !
- Oui ! s'exclama Kili, allez-y !
Il le poussa vers l'avant.
-Les trolls des montagnes sont lents et idiots, continua-t-il sans prêter attention aux protestations du hobbit. Vous êtes tout petit ils ne vous attraperont pas !
- Non, non, c'est hors de question !
- Mais si, vous ne risquez rien nous serons juste derrière vous !
- Si vous avez des ennuis hululer deux fois comme chouettes effraie et une fois comme une chouette rayer, lui indiqua Fili en le poussant encore plus en avant.
- Deux fois comme chouettes effraie et une fois comme…non...deux fois…Vous êtes sûr que c'est une bonne idée ?
Mais quand le hobbit se retourna les deux nains étaient déjà loin.
- Hé oh ? Vous êtes toujours là ?...non ?
- Du mouton hier, du mouton aujourd'hui et que je perde un œil si c'est pas encore du mouton demain ! Rugis une voix ignoble.
Bilbo Inspira profondément, il n'avait jamais tant regretté son fauteuil.
Fili et Kili couraient à travers les arbres pour rejoindre au plus vite le reste de la compagnie.
- Thorïn va nous tuer ! Articula Fili à bout de souffle.
- On n'aurait jamais dû laisser Bilbo y aller tout seul !
- C'était pourtant ton idée !
- tout bien réfléchie je crois qu'elle était mauvaise, s'essouffla Kili.
Ils arrivèrent en trombe près du camp.
-Thorïn ! On a un problème ! S'époumona Fili.
Celui-ci se leva d'un bond, l'écuelle qu'il avait dans les mains se fracassa se le sol.
- Que vous arrive-t-il ? Est-ce que ça va ? Demanda-t-il en se précipitant sur ces neveux.
- On a un petit problème avec les poneys Bilbo et…
- Et quoi ? S'inquiéta leur oncle.
- Et des trolls. Acheva sombrement Kili.
Voilà pour le chapitre 3 j'espère que ça vous avez aimé : )
Je voulais juste revenir sur un petit point du chapitre : l'âge de Bofur.
Tout d'abord il faut savoir que je n'ai aucune idée de l'âge que le personnage à réellement, Tolkien ne le précise pas dans le Hobbit mais j'ai lu quelque part qu'il avait plus de 150 ans.
En revanche je ne sais absolument pas à quel âge cela correspond pour les hommes.
C'est tout ce que j'avais à dire.
Laissez une petite review pour me donner votre avis )
À la prochaine
Nuts
Petite note pour Ben et Gertrude : Vous avez vu j'ai réussi à le finir ce chapitre ! …oui cette note n'a aucune utilité xD
