Voilà maintenant et enfin le chapitre 4 (je sais, vous savez lire, je ne sais pas pourquoi je crois bon de le mentionner…) Ca va être enfin être un peu plus clair pour ceux qui se demandent quand ils pourront enfin comprendre ce qui se passe dans la tête de notre cher docteur Reid…
Désolé d'avoir mis autant de temps à le poster, je travaille sur ce chapitre depuis 10 h ce matin, mais entre deux harcèlements j'avais de la difficulté à me concentrer et enfin bref, ça avançait vraiment lentement… Néanmoins, il est un peu plus long que le précédent (et beaucoup plus que mes premiers par conséquent!), donc j'espère que ça compensera un peu quand même… :(
J'ai recu 2 review pour le chapitre 3 : Merci à vous de prendre le temps de m'écrire encore une fois :)
Addict-Peter-Stiles : Je t'ai répondu par PM (je le dis au cas où, je ne sais pas si c'est facile à voir, si tu t'attends à ce que ce soit ici ou quoi. Enfin.
Émilie : Merci :) Mais t'inquiète, je fais le plus vite possible, je n'ai pas l'intention de la faire trainer une éternité ;)
J'en profite pour vous demander de bien vouloir me laisser des reviews svp :) (positive, négative ou même neutre, mais c'est toujours mieux de savoir ce qu'on fait de bien et de mal pour une prochaine fois svp :) ) De plus, j'aime bien aussi simplement savoir ce que vous en pensez ;)
Sinon merci de vous être rendus jusqu'ici dans votre lecture! Bon, j'arrête les blablas inutiles, voilà l'histoire :
Après plusieurs longues minutes à être resté planté là sans bouger, à côté du bureau maintenant vide de Spencer, mais restant toujours en état de choc, Morgan alla rejoindre Garcia dans son bureau, s'accompagnant d'un air abattu. Garcia, simplement en se tournant vers lui, comprit qu'il n'allait pas bien du tout :
Elle s'approcha donc de lui, lui prit la main et l'installa sur la chaise de son bureau, avant de demander :
« Hey, mon beau chevalier, que se passe-t-il? »
Il fondit alors en larme dans les bras de Garcia. Avec elle, il ne se donnait même pas la peine de tenter de masquer ses émotions. Garcia savait bien que sous ses allures de grand charmeur musclé et insensible se cachait un homme au cœur tendre, extrêmement sensible, pouvant peut-être même concurrencer le génie. Elle s'inquiétait d'ailleurs pour ce dernier depuis quelque temps, mais non, ce n'était pas le moment de penser à lui, c'était Morgan qui avait besoin d'elle. Tant pis pour Reid s'il ne souhaitait plus se confier à elle, c'est tout. Elle continua donc de caresser le dos de Morgan durant un moment, tentant ainsi de le rassurer. Puis, quand elle sentit ses sanglots se calmer un peu, elle reprit.
« Mon cœur, qu'est-ce qui a bien pu te mettre dans cet état? »
Il éclata de nouveau en incontrôlable sanglots, tout en essayant de lui expliquer, tant bien que mal. Cependant, tout ce qu'elle était parvenue à comprendre c'est quelques mots de temps en temps : « Reid, partir, faute »
Elle ne savait vraiment pas quoi en penser. Elle savait qu'il était amoureux de Spencer dès le début où elle avait rejoint l'équipe (au regard qu'il lui portait, alors que les autres pensaient que c'était un regard protecteur qu'un grand frère porte à son second, elle, savait bien différencier ces deux éléments. Pas par expérience, elle était bien plus à l'aise avec ses ordis qu'avec les gens après tout, elle n'a eu que ces quelques histoires, notamment avec Kevin Lynch il y a quelques années, et auparavant cet homme qui a tenté de la tuer, ainsi qu'un hacker dans sa jeunesse, et pour résumé ce n'était que des lamentables échecs. Néanmoins, elle ressentait ces choses; sous ses airs de filles obsédées et excentriques, elle pouvait empathir avec tout le monde, expliquant par le fait même qu'elle avait tant de mal avec les horreurs du quotidien de son boulot, ce don étant probablement un cadeau de la tragédie qui a sévi lorsqu'elle avait 18 ans et qui a emporté ses parents dans un tragique accident de voiture… C'est d'ailleurs grâce aux sentiments du métis avec Reid que leur relation a pu évoluer si rapidement, car elle l'avait confronté dans son bureau, et il avait fini par déclarer forfait dans un long soupir et s'installant dans cette même chaise en lui avouant que oui il l'aimait, mais que Reid était également impossible à ne pas aimer après tout. Son visage, son corps, ses manies avec ses doigts qui bougeaient dans tous les sens, son incapacité à comprendre les blagues pourtant si simple ou même à tenir des baguettes, tout chez lui le faisait littéralement craquer. Cependant, il lui avait dit après qu'il savait aussi que c'était une histoire d'amour impossible, puisqu'il ne semblait avoir confiance en personne dans l'équipe, toujours collé ou presque à Gideon, et ne parlant ou presque que par le biais de phrases qu'il avait tirées de livres, incapables pour le moins même d'entretenir une conversation avec quelqu'un, sans parler des contacts physiques, il ne disait rien et les acceptais, mais il sentait bien à quel point il détestait cela et qu'il se crispait à chaque fois… Rien à faire donc, cela va sans dire, donc il se contenterait de l'écouter comme il le faisait déjà avec ses trois sœurs et veillerait sur lui. Garcia l'avait écouté, sans l'interrompre, de plus en plus gêné d'avoir provoqué une conversation de ce genre, mais ne le laissa pas paraître, et se contenta donc lui murmurer à la fin de son récit que si l'on croyait en quelque chose, rien ne pouvait être impossible, et lui avait donné un doux baiser sur la joue et l'avait laissé seul dans son antre. C'est ce qui avait marqué le début d'une profonde amitié entre les deux, et qui a duré depuis tout ce temps. Néanmoins, était-ce pour cela que même après plus de 10 ans il n'avait pas pu oublier ses sentiments envers le génie? C'était donc de sa faute à elle s'il était dans cet état aujourd'hui? Non, elle ne devait pas penser comme ça.
Elle essaya de comprendre mentalement ce qui pouvait bien se passer, mais ces quelques mots ne l'aidaient en rien. Elle essaya d'y mettre de l'ordre… Reid devait partir parce qu'il avait commis une faute? Ou bien quelqu'un devait partir à cause d'une faute de Reid? Non, ça n'avait aucun sens, dans un choix comme dans l'autre, et elle ne voyait vraiment pas qu'est-ce que signifiaient ces mots autrement. C'est sûr que pour mettre Derek dans un état pareil, la première solution avait quelque chose de plus cohérent, mais après tout jamais son génie préféré ne commettait d'erreur. Elle n'arrivait décidément pas à comprendre. À moins que Reid ne parte à cause de Derek? Non, sûrement pas, jamais Derek n'aurait fait quelque chose qui aurait pu faire fuir Spencer, pour cela, même la première solution avait quelque chose de plus vraisemblable. Elle continua de bercer un moment son ami Derek se disant que cela serait bien plus simple quand il se calmera pour ensuite lui parler. Ils restèrent ainsi durant environ cinq minutes, puis Derek, reprenant contenance, se releva légèrement, et essuya son visage du reste de toutes ses larmes à l'aide de son bras. Il reprit donc, et lui raconta l'histoire au grand complet (oubliant la plupart des confidences de son ami par contre, celles qui jugeaient qui n'étaient pas très importantes pour comprendre en quoi ils ne pourraient pas être amants un jour, et ne voulant pas tromper davantage la confiance de ce dernier après tout… Malgré tout, il avait quand même l'impression de le trahir en mentionnant que Spencer n'avait pas encore su tourner la page sur Maeve…)
Garcia était vraiment surprise, et ne s'attendait vraiment pas à une histoire de ce genre-là. Elle trouvait d'ailleurs que ça semblait un peu surréaliste, ne comprenant vraiment pas le comportement du génie qui semblait pour le moins paradoxal… Elle devait avouer qu'il a toujours été quelqu'un de complexe; il était très émotif physiquement, mais à vrai dire malgré ses talents pour décoder les autres, elle n'arrivait jamais à comprendre les raisons qui se cachaient derrière les gestes de Spencer… Pour comprendre un génie, il fallait sûrement un génie après tout… Néanmoins, elle se rapprocha de Derek, et posa ses mains sur ses joues avant de relever sa tête afin qu'il la regarde, et lui dit :
« — Mon beau Derek, tu ne peux pas le laisser partir ainsi, sinon tu le perdras à tout jamais. Tu dois aller le voir. »
« — Garcia, il est trop tard, tu le sais, il va partir lundi, en fait il va sûrement prendre un vol dimanche, mais c'est un fait; il va être trans….
Garcia lui coupa alors la parole, ne voulant pas entendre ses propos inutiles davantage : « — non, tu sais très bien que je peux tout faire avec mes bébés et que je peux m'arranger pour régler tout ça. Mais toi tu ne dois pas laisser tomber. Tu dois lui montrer à quel point il compte pour toi, et pour nous tous bien entendu en même temps. Donc, tu vas lever tes jolies fesses de ma chaise, te ressaisir, prendre ta voiture et foncer chez Reid, tu m'entends? »
Morgan ne bougea pas, certain que ça ne servirait à rien et honnêtement, n'ayant pas vraiment envie d'essayer. Spencer lui avait avoué de ne pas être capable de tourner la page de Maeve, alors ne serait-il pas égoïste de foncer tête baissée et de l'obliger à le faire? Non, vraiment, ce n'était pas une bonne idée.
Garcia remarqua les doutes qui tiraillait son beau métis, et lui dis donc : « Écoute, je sais que ce n'est pas facile. Cependant, tu le connais, tu sais qu'il a pour envie de fuir toute possibilité de bonheur, car il se sent encore responsable de la mort de Maeve, je l'ai compris. »
En entendant cela, Morgan ne put s'empêcher de penser qu'il aimerait tellement que ce soit si simple… Si Pénélope connaissait vraiment toute l'histoire, elle saurait elle aussi que c'est peine perdue et ne lui dirait certainement pas de foncer, mais il ne pouvait décidément pas tout lui raconter, il se contenta donc d'écouter la suite de son amie.
« Néanmoins, il ne peut pas continuer à se détruire à cause d'elle jusqu'à la fin de ses jours, il a 34 ans. Il lui reste tant d'années à vivre. Tu ne peux pas le laisser comme ça. Et puis pense à nous aussi, l'équipe, qu'est-ce qu'on ferait sans lui dit moi? C'est presque toujours lui qui trouve les clefs de nos enquêtes après tout. Et sans ses longs discours d'informations totalement inutiles? » Elle sourit, repensant à quel point ça pouvait être à la fois fatiguant et intéressant avec sa façon de parler si rapidement comme si sa vie en dépendant. Elle se reconcentra alors sur Derek qui n'avait toujours pas bougé…
Elle regarda donc Morgan fixement durant un moment, et finie par lui dire en souriant « Chéri, si tu ne te lèves pas toi-même pour y aller, je te passe les menottes, abuserait de ton corps quelques instants histoire de profiter de l'occasion et te trainerait ensuite jusqu'à chez lui. »
Morgan sourit un instant en s'imaginant la scène; elle savait toujours comment lui remonter le moral, c'était peu dire. Il se leva donc, prit Garcia dans ses bras un moment et lui murmura un « merci » et lui posa un baiser sur le front. Il sortit donc du bureau, prit sa voiture et se mis en direction de chez Reid. Il se demandait bien comment il pourrait le convaincre de revenir, le beau génie pouvait parfois se montrer têtu après tout, mais il essaya de se préparer un petit discours mentalement. Ce n'était pas son genre de réfléchir avant de parler, mais il voulait éviter de lui dire des choses qu'il pourrait regretter par la suite ou encore de rester simplement figé devant lui ne sachant pas quoi lui dire…
Il arriva sur place une dizaine de minutes plus tard, et grimpa jusqu'à son appartement. Il cogna à la porte une première fois, mais Spencer ne lui répondit pas. Il réessaya, une deuxième puis une troisième fois en vain. Cependant, il ne pouvait pas abandonner si facilement, il s'imaginait déjà en train de raconter à Garcia qu'il était parti, car Spencer refusait de lui ouvrir… Non, vraiment, il fallait qu'il trouve le moyen de lui parler avant de partir, simplement pour ne pas s'attirer les foudres de sa beauté ténébreuse…
Il entama donc de lui parler à travers la porte, espérant vraiment qu'il veule bien lui ouvrir la porte. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait vraiment l'air d'une adolescente dans un film à l'eau de rose, il se sentait tellement ridicule…
— Spencer, c'est moi, Derek. Écoute, je veux seulement te parler. Laisse-moi au moins une chance de le faire, je t'en prie, et pas au travers de cette foutue porte. Après si tu le souhaites toujours je partirais et te laisserait d'accord? Mais je ne peux pas te laisser partir comme ça sans discuter. S'il te plait, ouvre-moi.
Quelques secondes passèrent ainsi, bien que cela semble plutôt être une éternité pour Derek. Il donna un coup de poing dans le mur à côté de la porte sentant son désespoir monté, et tourna dos à la porte, et s'engagea dans les escaliers pour partir quand il entendit du bruit.
Spencer vint alors ouvrir la poste, sans rien dire, et sorti en refermant brutalement la porte derrière lui. Il se contentait de regarder Derek, le regard complètement impassible.
Face à l'attitude du génie, Derek était complètement déstabilisé. Il ne se souvenait plus de tout de ce qu'il avait prévu de lui dire. Il se laissa donc guider par ses émotions :
« Spencer, pourquoi fais-tu ça? Tu vas refuser d'être heureux toute ta vie? Tu crois vraiment que tu ne le mérites pas? Tu es quelqu'un de bien, de fantastique, tu es le seul qui ne s'en rend pas compte, ouvre les yeux. T'entendre comme ça te dégrader me brise le cœur ok? Pour moi tu es simplement parfait. Physiquement, regarde-toi, tu es simplement magnifique. Cependant, ce n'est rien face à ce que tu es à l'intérieur de toi. Tu es intelligent, tu es quelqu'un de généreux, de profondément gentil, d'attentionné, en fait je ne sais même pas comment te dire à quel point tu es fabuleux, tu l'es c'est tout. Et malgré ce que tu peux penser, tu es la personne la plus forte et la plus courageuse que je connaisse, réellement. En effet, tu as traversé beaucoup plus d'épreuves que la plupart des personnes, et ce depuis ton jeune âge et tu as toujours réussi à t'en sortir brillamment et puis … »
Spencer, qui écoutait depuis le début en silence sans bouger, se décida enfin à parler avant que Derek ne continue à lui donner des qualités qu'il ne pensait pas mériter : « Arrête ca Derek, je t'en prie. »
Derek le regarda, il était vraiment triste que Spencer ait si peu d'estime de lui-même… Cependant, il lui répondit : « Pourquoi n'acceptes-tu pas le fait que tu es quelqu'un de bien? »
Spencer le regarda un instant sans rien dire, puis se lança : « Parce que c'est faux d'accord! Je suis faible, autant que je l'ai toujours été. Je t'ai menti, tu sais. Il y a plusieurs choses que je ne t'ai jamais parlé, à personne d'ailleurs, et ce n'est pas seulement à propos de la mort de mon père, si seulement ça serait si simple » Spencer lui fit un sourire triste, puis reprit : « Par exemple, tu sais, je t'ai raconté sur une enquête les brutalités qu'on m'a fait subir à l'école, dont la fois où on m'avait attaché nu à un but? Eh bien, ce n'est pas exactement ce qui s'est passé. Après qu'ils m'aient attaché, ils m'ont, enfin tu vois, un après l'autre pour me montrer ce que les vrais hommes faisaient aux gamines comme moi… Tu sais le pire? Ce n'était même pas la première fois, loin de là. Quand j'étais gosse, suite au départ de mon père, et ma mère qui ne travaillait évidemment pas et moi qui n'avais pas l'âge légal pour le faire, on ne vivait que de l'argent qu'avait laissé mon père en partant. Ca a suffi un temps, puis quand j'avais 12 ans, ma mère m'avait avoué dans un pseudo éclat de lucidité qu'on n'avait plus rien pour payer le loyer et que le gouvernement irait donc venir nous chercher, enfin bref, je ne savais pas quoi faire, mais je ne pouvais pas laisser faire ça. J'ai appelé mon oncle, il m'a dit de passer chez lui après les cours. Je lui rendais des services, pas besoin de te faire un dessin, et lui en échange faisait des virements sur le compte de ma mère afin qu'elle puisse continuer à payer les factures. Ça a duré quelques mois, puis j'ai obtenu mon BAC, évidemment j'avais fait mes demandes pour poursuivre mes études. J'ai été au MIT, j'avais obtenu une bourse comme vous le saviez, mais en fait elle ne couvrait pas tous les frais, notamment les livres, donc j'ai continué durant plusieurs années à faire ces trucs avec mon oncle, qui survenait à la fois à mes besoins et à ceux de ma mère. Une prostituée, voilà tout, voilà à quoi je me résumais. À mes 18 ans, j'ai fait placer ma mère à l'hôpital soi-disant pour la protéger d'elle-même, mais en réalité c'est que j'en avais assez, assez de la regarder dans ses moments de lucidité vanter mon oncle qui avait été si gentil d'accepter de nous aider financièrement, et j'en avais assez par-dessus tout de m'occuper d'elle. Tu sais aussi que je ne l'avais pas revu avant cette enquête où elle s'est retrouvée mêlée? Je me contentais de lui écrire des lettres, car je me sentais coupable de ne pas lui rendre visite. Je n'aurais d'ailleurs probablement jamais été la voir, encore aujourd'hui, si ça n'avait pas été de ce cas. Mais bon, après l'avoir fait placé j'ai continué un temps ces choses avec mon oncle, mais j'avais assez d'économies pour me passer de ce "travail", de toute façon je commençais à être trop vieux et à ennuyer mon oncle et ses amis, donc je suis partie en Virginie où j'ai étudié à Yales où enseignait Gideon. Tu connais la suite de l'histoire. »
Ils restèrent tous les deux en silence durant de longues minutes. Spencer se sentait libéré d'un poids du fait d'avoir raconté une partie de lui que personne ne connaissait à son ami, mais il regrettait en même temps de l'avoir fait, cela faisait partie de ses secrets, et il avait honte de s'être dévoilé ainsi à son collègue, honte de tout ce qu'il avait fait à l'époque, honte de qui il était par-dessus tout. Il était tellement sal, dégueulasse même, encore plus à cet instant précis. Cependant, il ne pouvait pas rester encore silencieux face à son collègue, il voulait l'entendre dire à voix haute ce qu'il pensait :
« Vas -y, dis-moi à quel point je te déçois du fait que je ne t'ai pas parlé de tout ça, et du fait que je t'ai menti si souvent. Hurle-moi à quel point ça te met en colère, et que je suis dégoutant. Allez, fais-toi plaisir! Frappe-moi si tu en as envie je le mérite après tout!
Derek s'approcha alors de Spencer doucement, et lui prit une main. Spencer se demanda un instant ce qu'il allait faire de sa main : l'utiliser comme intermédiaire pour le frapper? Comme ça après tout il se frappait lui-même, et les mains de Derek seraient épargnées d'une partie de sa saleté, mais il ne semblait pas vouloir la diriger pour l'instant. Donc, la lui brisé en la tordant peut-être? Mieux, la lui couper en lui arrachant avec ses dents? Non, mais quel imbécile, comment pouvait-il avoir pu penser à une chose pareille, c'est physiologiquement impossible. Il se contenta donc d'attendre et de voir quel sort il lui réservait.
Contre toute attente de la part de Spencer, Derek commença à parler, s'accompagnant d'une voix douce : "Ne dis pas des choses comme ça, c'est injuste. C'est normal que tu n'aies pas voulu en parler. Tu sais ce que Buford m'a fait, si ça n'avait pas été de cette enquête où vous l'avez découvert, je ne vous l'aurais pas dit non plus, tu le sais... Tu restes la personne la plus incroyable à mes yeux, malgré tout, et renforces mon idée que tu es la plus forte que je connaisse. Il lui plaça une mèche derrière l'oreille. Reid se crispa alors violemment et se recula.
Spencer bégaya alors : 'Je, non, je ne peux pas. Je n'en ai pas le droit.'
Derek le regarda un instant et soupira, en se rapprochant doucement de Spencer, avant de reprendre : 'Pourquoi? À cause de Maeve? Ça fait 3 ans et demi maintenant. Tu as bien vu Hotch, il a réussi à tourner la page sur ce qui est arrivé à Haley. Toi tu vas t'empêcher de le faire et d'être heureux durant toute ta vie?'
Spencer, tout en se reculant face aux pas que faisait dangereusement Derek dans sa direction, jusqu'à être totalement appuyé contre sa porte, lui répondit avec une voix des plus rapides témoignant ainsi de l'angoisse qui l'habitait :
« J'avais accepté quand j'étais jeune le fait que je finirais seul tu sais, et je vivais bien avec ça. Je m'étais promis de ne pas succomber à ces tas d'émotions les plus irrationnelles les unes que les autres. J'ai déjà rompu cette promesse une fois et regarde où ça a mené Maeve? Elle est morte à cause de moi. Et puis tout est plus simple comme ça, je le mérite c'est vrai, d'ailleurs regarde un peu ce que tu fais à cause de moi… »
Derek lui coupa alors la parole, il se sentait déjà ridicule, il n'avait pas besoin que Spencer en rajoute, il faisait ce qu'il fallait faire après tout, il ne le regrettait pas. Il lui dit donc : « C'est faux, seule Diane était responsable de la mort de Maeve. Tu n'y étais pour rien, tu as fait tout ce qu'il fallait et tu le sais. D'ailleurs, je t'ai vu tellement plus heureux durant ces mois où tu correspondais avec Maeve, ton sourire, tes yeux, tu semblais tellement plus... Comment dire? Serein. Enfin. Laisse-moi t'aimer, laisse-moi te faire découvrir le plaisir. Laisse-moi te rendre heureux à mon tour. »
« — C'est trop tard maintenant, même si je le voulais, je vais partir, tu le sais Derek. »
« — Non, si tu le souhaites Garcia fait annuler la demande de transfert et y efface toute trace, tout de dépend que de toi. »
Reid savait qu'il n'avait même pas besoin de Garcia puisque Cruz lui laissait 1 semaine pour changer d'avis, mais la vérité c'est qu'il souhaitait plus que tout trouver des excuses afin que Derek laisse tomber et parte.
Il poursuit donc sur sa lancée avec une nouvelle excuse (même si celle-ci n'était que la triste vérité) en parlant encore plus rapidement que précédemment : « J'ai trop peur, Derek. Physiquement, je n'ai jamais fait quoi que ce soit avec quelqu'un, enfin de mon plein gré je veux dire, même si avec mon oncle on peut considérer que je le voulais, mais enfin bon. Les contacts avec les autres ont toujours eu quelque chose de difficile pour moi, cadeau d'un QI plus élevé de la normale, qui s'accompagne dans 73 % des cas d'une asociabilité et déjà que je fais partie de cette statistique rajoute ce que j'ai fait et subit quand j'étais gosse alors tu peux tout de suite conclure que c'est environ 98 % de chance que je ne sois jamais en couple. Ajoute par-dessus cela ma phobie des contacts physiques que j'ai toujours trainés avec moi malgré tout, et oui tu peux te moquer après tout, mais j'en suis terrifier, c'est ironique considérant que j'ai eu beaucoup plus de partenaires que la moyenne des jeunes à cet âge-là, mais bon, c'est comme ça et c'est tout. Tu sais que j'ai fait beaucoup d'efforts avec vous dans l'équipe comme me le demandait Gideon pour accepter davantage d'être touché, je me suis beaucoup amélioré, et parfois même c'est moi qui initiais l'étreinte dans les moments où l'on considère que c'est socialement de vigueur, j'ai même été capable d'accepter et de répondre aux baisers de Lila dans cette piscine à Los Angeles après tout, mais là ce que tu me demandes c'est trop tu comprends. Je n'en ai pas la force malgré tout ce que tu me dis et je ne reste qu'un gamin terrifier par tout point final.
Dereck avait entendu tout ce que Spencer avait déblatéré, et n'avait pas vraiment réussi à tout comprendre tant ce dernier avait parlé vite et que ce qu'il avait déblatéré était confus, mais il lui répondit tout de même : « — hey, calme-toi, ça va aller d'accord. Tu me fais confiance? »
Spencer était vraiment bouleversé, et à vrai dire, il n'était même pas sûr de lui faire confiance, c'est vrai qu'ils travaillaient ensemble depuis plus de 10 ans et que Derek l'avait toujours beaucoup soutenu au travers des épreuves au travail, mais malgré tout il ne pouvait s'empêcher de douter de lui et il ne savait pas pourquoi il lui demandait cela tout d'un coup… Spencer lui répondit donc simplement « — J'imagine, mais je ne vois pas le rapport »
Derek se rapprocha alors de Spencer, qui ne bougeait pas et était toujours acculé contre sa porte fermé, comme si en s'enfonçant comme ça contre elle il pourra la traverser et disparaître… Derek arriva rapidement proche de lui, et posa alors doucement ses lèvres sur celles du génie.
