Alastor Maugrey:

« Vigilance constante, vigilance constante » ne cessait de grogner Maugrey depuis 10 minutes. Il était assis à une chaise de la cuisine et était arrivé pile poil pour le repas du soir.

Il y avait la petite famille Weasley, mais comme d'habitude Arthur n'était pas présent car encore au Ministère. Hermione, Sirius, Albus Dumbledore et Kingsley étaient aussi dans la pièce.

Molly continuait de ramener des plats : saucisses, pommes de terre, jus de citrouille, bierraubeurre, tarte à la mélasse, pudding et haricots verts. Alors que les jeunes gens avaient l'impression que Poudlard était venu à eux, les adultes avaient l'impression d'être de nouveau des adolescents à l'école de sorcellerie.

« Arrêtes de grogner Alastor, bientôt tu ne pourra plus parler comme un humain normal » se moqua gentiment Sirius.

« Vigilance Constante! C'est ma règle d'or! » répliqua Maugrey dont l'oeil bleu électrique ne cessait de tourner dans son orbite comme s'il avait une volonté propre.

« Ça, on avait compris » rigola Fred en se servant une portion de saucisse en évitant soigneusement les haricots verts.

« Oui, vous nous l'avez assez appris l'année dernière » ajouta George d'un ton pompeux.

« Euh, je vous rappelle que ce n'était pas lui qu'on avait comme professeur de défense contre les forces du mal l'année dernière » rectifia Hermione, toujours prête à détromper les jumeaux.

« Ah oui, c'était Barty Croupton Junior. Mais il connaissait tellement bien la leçon sur la vigilance constante que j'ai la légère impression que Fol Oeil lui a fait un lavage de cerveau » pouffa Ron accompagné de Ginny et Sirius.

« Vous ne devriez pas vous moquer. C'est une importante leçon, surtout quand on devient auror. Maugrey a parfaitement raison d'insister sur ce point. » interrompit Kingsley, « Notre époque est aussi dangereuse que lors de la première guerre et je pense que la situation va empirer. D'ailleurs, les mangemorts s'approchent de plus en plus de l'arme que nous devons protéger et … »

« Kingsley! » coupa aussitôt Fol Oeil sèchement alors que tous les jeunes présents à table avaient levé la tête de leur assiette et regardaient avidement celui qui avait failli lâcher le morceau.

En effet, grâce aux oreilles à rallonge inventées récemment par les jumeaux Weasley, ils avaient réussi à capter quelques informations lors des réunions de l'Ordre. Ils savaient qu'ils cachaient et protégeaient quelque chose, mais ils ne savaient pas quoi.

« Hum, oui mon cher Kingsley, il serait préférable de garder le secret sur les activités de l'Ordre. Ces jeunes gens ne font pas partie officiellement de la résistance contre Voldemort. On ne peut donc pas se permettre d'attirer le danger sur eux » argumenta Dumbledore.

« Bah depuis notre première année, avec Hermione et Harry, le danger nous suit. Alors un peu plus ou un peu moins… » répliqua Ron.

« Eh bien Mr. Weasley, je dirais que vous avez raison sur une chose mais tord sur l'autre » s'amusa le directeur de l'école. « Certes vous devez faire face à des dangers depuis votre première année. Mais il ne vient pas à vous, c'est vous qui allez vers lui. La pierre philosophale était très bien protégée et Voldemort n'aurait pas pu la prendre à cause du miroir du Rised. Pour votre deuxième année, l'école aurait été fermée et en troisième année Sirius ne vous aurez pas tué » contredit Dumbledore une lueur de malice derrière ses lunettes en demi-lune.

« Mouais, c'est sûr » bougonna Ron.

« Jeune homme tu vas parler différemment à ton directeur! Ce n'est pas parce que tu en es plus proche que beaucoup d'élèves qu'il faut être insolent! » gronda Molly.

« Ce n'est pas grave ma chère ».

« T'inquiètes Ronald, je ne t'aurais pas tué » dit ironiquement Sirius.

« Et sinon, comment va Harry? » coupa Ginny, pressée d'en finir.

« Ouais, bah Potter ne fais rien, une vraie larve. Si il veut devenir auror, il est sur la mauvaise pente. Ses journées sont d'un ennui, il pourrait faire de l'exercice, étudier pour prendre de l'avance » énervé, Maugrey ne faisait que grogner et gronder. « Vous savez quoi? Il est la cible numéro 1 de Voldemort et de ses mangemorts, mais ça ne lui fait ni chaud ni froid. Il ne se boucle pas dans sa chambre ni rien. »

« Harry ressemble vraiment à James hein? J'ai l'impression de revenir en arrière quand je lui parle. » dit Sirius d'un air rêveur.

« Oui, il ressemble à James. Un parfait petit crétin. Il croit quoi? Que Vous-savez-qui le cherche pour lui faire des guilis? » tonna Fol Oeil.

« Avada Guili ! » dirent Goerge et Fred en faisant des gestes avec une fourchette. Sirius, toujours prompt à la rigolade, éclata de rire. Cependant, les autres ne trouvaient pas cette plaisanterie très drôle car ça montrait bien qu'Harry prenait trop les choses à la légère.

« Je comprends mieux ce que tu disais Alastor par rapport à la vigilance constante. Il est en danger constamment puisqu'il ne fait pas attention à ce qui l'entoure. Il fait preuve d'une idiotie surprenante. » murmura Kingsley d'une voix grave et suave qui atténua tous les soucis des autres.

« Oh, non. Si Hermione n'était pas toujours avec nous, croyez-moi, Harry serait vraiment dans le pétrin. Il n'est pas aussi intelligent qu'on pourrait le croire. » dit Ron d'une voix où une certaine jalousie perçait.

Depuis l'année dernière, Ron éprouvait une jalousie de plus en plus grande envers Harry qui était toujours au centre de l'attention et qui avait tous ce qu'il voulait. Le rouquin cherchait donc à le rabaisser, à le remettre à sa place à chaque occasion. Hermione avait ressentit sa jalousie depuis le Tournoi des Trois Sorciers et elle essayait de calmer Ron qui semblait de plus en plus irascible. Sa crise d'adolescence allait être difficile à gérer.

« Ouais, bah comptez pas sur moi pour revenir faire une patrouille autour de sa petite personne. J'ai perdu une journée à rien faire. J'aurais préférer chercher des mangemorts et les coincer. » Fol Oeil semblait véritablement de mauvaise humeur.

« Vous ne pensez pas que si Harry est aussi laxiste c'est qu'il a deviné la présence des membres de l'Ordre autour de lui? » demanda Ginny, inquiète.

Cette petite question éveilla les soupçons de toute la table. Les personnes présentes étaient troublées par la question pertinente de la plus jeune des Weasley. Mais Hermione les apaisa en leur déclarant que si Harry était au courant, ils auraient certainement reçu une beuglante.

« Je suis content de savoir que Harry va bien. Je m'excuse mais je dois rentrer. Demain, ce sera Remus qui se chargera de surveiller la journée de notre chère ami. Alastor, j'aimerais vous entretenir d'une affaire. Transplanez avec moi devant Poudlard. Bien le bonsoir, mes chers. Passez une bonne nuit. » finit aimablement Dumbledore alors que la plupart des personnes commençaient à débarrasser la cuisine.