Bonjour ! Je tiens à vous rassurer, je compte bien finir cette fiction. Mes temps de parution sont certes espacés, mais j'espère me rattraper au niveau de la longueur de mes chapitres. Merci de me suivre malgré tout ! )

Chapitre 4

- Je pense que tu voudrais bien savoir pourquoi je me trouve de nouveau dans le même lit que toi, non ?

Le jeune homme mit quelques secondes avant de répondre, trop prit dans son observation détaillée du petit morceau de ventre apparent, par l'ouverture de la chemise de l'homme. Ce que Severus n'avait pas du tout manqué de remarquer.

- … Oui.

Severus s'écarta légèrement du jeune homme pour pouvoir le regarder plus facilement dans les yeux. Harry se sentit déçu de cet éloignement, mais ne dit rien. Severus n'avait rien manqué de sa réaction. L'espoir au fond de son cœur grandit un peu plus.

- Si on se réveil dans le même lit depuis deux jours, c'est à cause de tes cauchemars. Expliqua calmement Severus.

- Mes cauchemars ? Je fais des cauchemars ? Pourtant je n'en ai aucun souvenir. Fit Harry.

- Pourtant, ils sont très violents. Tu hurles, bouges, gémis… La seule façon que j'ai trouvée pour que tu te calmes, c'est de te prendre dans mes bras. Et les deux fois tu t'es accroché solidement à ma chemise. Tu as une sacrée poigne Harry, même quand tu dors. Alors je me suis allongé.

Harry était surprit. Il faisait des cauchemars ? Pourtant, il ne s'en rappelait pas du tout. Il ne se réveillait même pas, alors qu'il empêchait l'homme de dormir. Harry avait honte. Surtout que Severus prenait le temps de le calmer.

De son côté, Severus attendait la réaction du jeune homme face à cette nouvelle. Il savait parfaitement qu'Harry allait se sentir honteux. Il était exactement le même qu'au tout début de leur relation. Combien de temps il lui avait fallu pour convaincre Harry que s'il avait un problème, il pouvait lui en parler à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit. Mais à chaque fois, le brun avait honte de le déranger.

- Tu sais Harry, ce n'est pas ta faute. Et ça ne me dérange pas de me faire réveiller en pleine nuit. Surtout si c'est pour la finir avec toi dans le même lit.

Évidement, Harry rougit au sous-entendu, mais ne fit aucune remarque. Le Capitaine de police lui avait dit exactement ce qu'il avait besoin d'entendre. Il laissa un léger soupir sortir d'entre ses lèvres. C'était assez déstabilisant d'avoir quelqu'un à vos côtés qui semble vous connaître par cœur, alors que vous, vous le connaissez à peine.

- Ce qui est étrange, c'est que tu n'avais jamais fait de tels cauchemars avant. Rajouta Severus. Il ne voulait pas qu'Harry réfléchisse trop à la situation. C'était quand le jeune brun se mettait à réfléchir que les situations se compliquaient entre eux et surtout, qu'il devenait vraiment trop timide.

- Je ne faisais pas de cauchemars avant ? Alors, est-ce qu'il serait possible que ce soit des souvenirs qui essayent de revenir ?

- Je ne sais pas Harry. Mais vu ta réaction, j'espère que non. Severus priait de tout son être pour que ce ne soit pas des souvenirs de la prise d'otages qui remontent à la surface. Harry n'était pas prêt pour cela.

- Mais, si ce n'était pas mes souvenirs, qu'est-ce que ce serait d'autre ?

Severus eut un sourire. Il savait que ce qu'il allait faire était mal. Mais peut-être que d'une certaine façon, cela permettrait au brun de mieux dormir.

- La seule chose qui ait changée, à part ta perte de mémoire, ce sont nos habitudes. Severus s'exprimait d'un ton détaché pour ne pas faire peur à Harry.

- Nos habitudes ? Harry ne comprenait rien.

- Nous dormions ensemble, sauf lorsque j'étais en déplacement. Et avant, tu m'as déjà dit que lorsque tu ne dormais pas dans mes bras, tu te sentais mal et que tu n'arrivais pas à t'endormir. Il est fort possible que maintenant, inconsciemment, tu cherches ma présence. Surtout que tu sais je ne suis pas loin.

Harry resta interdit. Est-ce qu'il cherchait vraiment la présence de l'homme pour dormir ? Est-ce que sa mémoire le réclamait à ce point ? Mais si jamais il n'était pas capable de dormir sans Severus, ça voulait dire qu'ils devaient dormir ensemble ! Harry rougit fortement. En plus, c'est que l'idée ne le dégoutait absolument pas. Pire, elle le tentait réellement. Restait à savoir si Severus serait d'accord.

- Alors, pour pouvoir dormir sans faire de cauchemars, il faut que je dorme avec vous ?

Severus intériorisa un grand sourire. Il avait réussi à l'amener exactement là où il voulait. Rien n'avait changé de ce côté-là, apparemment.

- Hé bien, je suppose que cela simplifierait beaucoup les choses. Et je pense, que si nous devons dormir ensemble, tu peux parfaitement me tutoyer. Je crois te l'avoir déjà dit. Fit Severus avec un regard indulgent.

- Je… Oui. Donc… Harry était complètement perdu. Il allait dormir avec Severus toutes les nuits ! Il n'arrivait pas vraiment à savoir si cela le rendait heureux ou lui faisait peur.

- Bien, maintenant que ce détail est réglé, nous devrions nous lever. Même si tu peux être en retard à la chocolaterie, il faut malgré tout que je sois à l'heure au commissariat.

Severus se leva tranquillement et se dirigea vers la salle de bain, refermant la porte de la chambre derrière lui. Il savait parfaitement qu'Harry avait besoin d'un peu de temps pour réfléchir à tout ce qui venait de se passer.

Harry souriait. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il ne pouvait s'en empêcher. Il était heureux et terrifié en même temps. C'était tellement étrange. Il allait dormir avec Severus à partir de maintenant. Ça voulait dire qu'il allait se réveiller tous les matins dans les bras du policier ! Le brun roula dans le lit, son sourire s'élargissant un peu plus. Il posa sa tête sur l'oreiller que l'homme avait utilisé, respirant son odeur. Il se faisait l'effet d'une adolescente en manque d'amour, mais tant pis ! Il était tellement heureux ! Il ferma les yeux de contentement.

Soudain, une série d'images lui traversa l'esprit. Deux hommes enlacés dans le lit, riant aux éclats en lisant un livre ensemble. Le même couple, dans différentes positions pendant l'amour. Puis, des impressions accompagnèrent les images protection, amour, bonheur, désir. Les visions s'arrêtèrent aussi rapidement qu'elles étaient apparues. Harry ne bougeait plus, les yeux grands ouverts, la respiration courte. Il venait de se voir avec Severus. Il était sûr, au fond de lui, que c'étaient ses souvenirs qui venaient de faire leurs apparitions. Sa mémoire venait de refaire surface .Il ne savait pas du tout pourquoi, ni comment. Mais c'était bien cela.

Il se concentra sur ce qu'il avait vu et ressentit. Severus et lui avaient vraiment l'air heureux et amoureux. Surtout pendant les différentes scènes d'amour. Harry rougit à ce souvenir. Il n'arrivait pas à imaginer qu'il pourrait faire de telles choses avec un homme. Surtout que les positions dans lesquels il s'était vu n'étaient vraiment pas des plus… Simple. Il devait vraiment l'aimer.

Mon Dieu ! Il aimerait tellement ressentir à nouveau cet amour, aussi fort qu'il l'avait vécu dans ces visions. Pourtant, au fond de son cœur, il était intimement convaincu que cet amour n'attendait que le bon moment pour se montrer et s'exprimer. Il fallait juste qu'il arrive à se lâcher un peu. Mais il n'avait pas encore suffisamment confiance en lui pour être totalement détendu avec Severus. Il ne savait pas s'il arriverait un jour à faire avancer les choses de lui-même. Mais il le voulait tellement ! Il voulait devenir plus proche de l'homme et se sentir aimé, comme l'ancien Harry !

Prit d'une nouvelle énergie, Harry se leva du lit, s'habilla en quatrième vitesse et profita du fait que Severus était encore sous la douche pour essayer de préparer un petit déjeuner. Après tout, il avait très vite retrouvé le coup de main à la chocolaterie le jour précédent, alors faire le petit déjeuner ne devrait pas être si compliqué.

Severus se séchait tranquillement dans la salle de bain. Il allait devoir être calme à partir de maintenant avec Harry. Certes, ils allaient dormir à nouveau ensemble, mais il ne fallait pas non plus qu'il se laisse trop aller. À moins que Harry ne le lui demande, il fallait qu'il laisse le brun venir vers lui. Doucement.

Severus attrapa ses vêtements et les enfila rapidement. Puis il jeta un regard dans le miroir. Même s'il laissait le jeune homme venir a lui, cela ne l'empêchait pas de le pousser un peu. Bien qu'il savait parfaitement que sa tenue allait lui valoir quelques remarques salaces au boulot. Dire que c'était Harry qui lui avait offert ce pantalon noir en jeans très serrés et ce T-shirt bleu nuit près du corps. Les vêtements étaient sexy mais ne l'empêchaient en aucun cas de bouger à sa convenance. Il était vraiment beau dans cet ensemble. Pour une fois qu'Harry avait écouté les conseils de Drago, il ne l'avait pas regretté. Surtout lorsque Severus l'avait remercié de son cadeau.

Quand l'homme ouvrit la porte de la salle de bain, une agréable odeur de pain grillé et de café flottait dans l'appartement. Se dirigeant rapidement vers la cuisine, Severus fut surprit de trouver Harry en pleine préparation de pancakes, un magnifique sourire sur les lèvres. Le capitaine de police ne put s'empêcher de s'adosser au mur pour observer son bien-aimé pendant quelques secondes, se remémorant leur vie à deux. Durant ce laps de temps infime, tout était revenu à la normale pour Severus. Mais lorsque Harry se retourna vers lui, son rêve prit fin. L'étincelle absente dans les yeux verts fit revenir Severus à la réalité. Malgré le goût amer qui prit possession de sa bouche, l'homme remarqua que la légère lueur présente dans les deux émeraudes avait prit un peu plus de vigueur. Peu importe ce qu'avait décidé Harry, Severus était persuadé que cela les rapprocherait de leur ancienne vie.

Tranquillement le policier s'assit sur son siège, observant ce qu'Harry avait déjà posé sur la table.

De son côté Harry n'en menait pas large. Pourquoi Severus avait enfilé une tenue aussi… Sexy ! Harry n'arrivait plus du tout à se concentrer sur ses pancakes. Lorsqu'il avait sentit le regard de l'homme sur sa nuque, il s'était retourné pour savoir ce qu'il voulait en plus pour son petit déjeuner. Mais il s'était retrouvé face à un Severus habillé d'une façon des plus délicieuses ! Pourquoi Severus possédait-il une telle tenue ?! Harry s'était rapidement retourné en direction de sa poêle, essayant de penser à quelque chose d'autre. Mais c'était mission impossible. Comment allait-il manger face à l'homme sans passer son temps à regarder son torse ?!

Lorsqu'il se rendit compte que son pancake était en train de brûler, Harry prit une grande inspiration histoire se donner du courage et se retourna pour servir Severus, sans le regarder. Une fois cela fait, il se servit lui même un pancake déjà cuit et s'assit en face du policier.

Severus voyait parfaitement que le jeune homme évitait de le regarder. Mais cela ne le dérangeait absolument pas, bien au contraire. Il savait parfaitement qu'Harry était gêné par sa tenue, mais pas dans le mauvais sens.

Le déjeuner se passa dans le calme et le silence. Mais les coups d'œil étaient fréquents des deux côtés du comptoir. Harry ne pouvait empêcher ses yeux de détailler le torse apparent de Severus, ainsi que ses bras musclés et ses épaules. Il ne l'avait jamais vu de cette façon, si sexy et attirant. Le rouge ne quittait plus ses joues. Il savait parfaitement que son visage était en feu, mais il n'osait pas sortir de table. Il n'avait pas envi de quitter Severus aujourd'hui. Malgré tout, il fallait quand même que chacun se rende à son travail.

Ce fut vingt minutes plus tard que Severus décida de mettre fin à cet étrange petit-déjeuner en sonnant l'heure du départ. Ils débarrassèrent ensemble, Harry en profita pour frôler le policier le plus possible, sans être trop envahissant. Severus ne put s'empêcher de sourire devant le comportement plus qu'adorable du jeune chocolatier. Enfin, ils prirent la voiture et Harry fut déposé devant « Les Serpent d'ors » avec un « Passes une bonne journée, je viendrai te chercher à la même heure qu'hier. »

Une fois la voiture disparut, Harry se rendit à l'intérieur de la cuisine par la porte arrière. Évidemment, tout le monde était déjà présent et personne ne se gêna pour faire remarquer que le patron était en retard.

- En même temps, il faut le comprendre, Severus n'est pas en déplacement. Fit Drago avec un sourire joueur.

Harry se sentit rougir, comprenant parfaitement à quoi Drago faisait référence.

Le reste de la journée se déroula dans ce qu'Harry identifia comme une routine des plus mouvementée. Les clients étaient nombreux, demandant les nouveaux produits, des conseils pour leurs réunions entre amis et avec quoi servir tels ou tels chocolats. Mais le plus souvent, tous demandaient des nouvelles du jeune patron. Bien que Drago, Pansy, les jumeaux et Neville se débrouillaient pour qu'Harry ne passe pas trop de temps à la caisse, il était souvent difficile de l'arracher à ces vautours.

Harry était heureux, même si les clients étaient parfois un peu envahissant. Il ne pouvait leur en vouloir, car ils s'inquiétaient pour lui. Mais personne, n'avait voulu lui parler de ce qu'ils appelaient l'incident, l'accident ou encore, l'événement. Toutes les personnes autour de lui semblaient craindre le jour où il découvrirait ce qu'il c'était passé, comme si ça allait le traumatiser. Harry en venait à craindre le jour où cela arriverait. Car, s'il y avait bien une chose dont il était sûr, c'est qu'un jour il retrouverait entièrement la mémoire. Après tout, plus il passait de temps au « Serpents d'ors », plus la mémoire lui revenait.

Il avait d'ailleurs fichu une peur bleue à ses amis et collègues, car à chaque fois qu'il avait des réminiscences, il restait sur place sans bouger. Plusieurs fois, il avait risqué de se blesser dans la cuisine ou dans le magasin. Du coup, Drago le surveillait en permanence comme s'il était en cristal. À cause de tout cela, il était très fatigué, surtout qu'une migraine des plus intense commençait à pointer le bout de son nez. Il n'avait plus qu'une envie, que Severus vienne le chercher pour le ramener à la maison. Mais il restait encore 2 heures avant que le policier ne puisse quitter son travail. Harry n'en pouvait plus.

Severus était à peine arrivé au commissariat que déjà, ses collègues lui faisaient gentiment remarquer sa tenue plus qu'appréciable. Heureusement, un regard noir de sa confection les avait rapidement tous calmés. Il était maintenant tranquillement assit à son bureau. Le meuble croulait sous toute la paperasse que sont propriétaire devait encore lire, signer et renvoyer à l'administration. S'il y avait bien une chose que Severus détestait par dessus tout, c'était les papiers à remplir. Il détestait devoir s'occuper des rapports de fin de mission ou des demandes de renfort. Il laissait toujours ce boulot à ses subordonnés, sous l'excuse que cela les entrainaient pour leur future gradation.

Cela faisait déjà 6 heures qu'il était arrivé et son supérieur était déjà venu trois fois. Albus ne pouvait s'empêcher de glisser quelques allusions sur son style vestimentaire, tout en sous entendant que Harry ne devait pas y être étranger. Ce vieux crouton ne venait que pour se moquer de lui ou l'énerver un peu plus. Il sentait que si son chef osait revenir mettre son nez encore une fois dans son bureau, il quitterait le commissariat pour la journée, irait chercher Harry pour le ramener à la maison et s'enfermerait dans l'appartement avec un bon bouquin et un verre de scotch.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas prit un verre d'alcool. Harry étant contre, il n'avait pas mit longtemps à se mettre au café à forte dose. Le jeune homme n'était absolument pas tolérant envers le penchant qu'avait eu Severus avant de le rencontrer. Les seules fois où il pouvait boire c'était au restaurant et lors des fêtes. Mais il n'avait le droit de ne toucher qu'au champagne et au vin. Rien d'autre. Il était déjà arrivé une fois que Severus passe outre à l'ordre de son amant et il l'avait chèrement payé. Harry était parti de l'appartement pendant qu'il dormait et n'était revenu qu'un mois plus tard après maintes et maintes supplications du policier et la promesse que plus jamais il ne boirait d'alcool fort.

Mais Harry avait perdu la mémoire. Alors Severus se disait qu'il pouvait passer outre la règle, juste pour un verre.

À la chocolaterie, Drago retournait enfin la pancarte de fermeture du magasin.

- Enfin ! J'en pouvais plus ! Fit Fred.

- On sait Fred ! S'exclama le reste de la troupe.

- Y a rien à faire, il peut pas s'en empêcher ! Fit dramatiquement Pansy.

Ils étaient tous réunis dans la boutique, attendant que Severus vienne chercher Harry.

- En tout cas, on a passé une sacrée journée ! Fit Neville en s'appuyant contre le comptoir.

- Je suis bien d'accord, j'ai cru qu'on n'allait jamais réussir à fermer la boutique ! Rajouta Drago en venant s'appuyer près de Neville.

- Comment tu te sens Harry ? Demanda brusquement George en se dirigeant vers le petit brun.

Ce dernier s'était adossé à l'encadrement de la porte de la cuisine, une main contre son front. Il avait une migraine atroce depuis deux heures et elle ne faisait qu'empirer. Il était vraiment heureux que la journée soit finie. Soudain, une main se posa sur son épaule le faisant sursauter violement.

- Harry ? Tout va bien ?

Le jeune homme enleva sa main pour tomber dans le regard inquiet de Fred ou de George, dans son état, il était totalement incapable de faire la différence entre les deux.

- Ça va, je suis juste un peu fatigué. Je pense que c'est à cause des flashs que j'ai eus tout au long de la journée. Mais avec une bonne nuit de sommeil, tout devrait aller mieux.

Brusquement, une information capitale lui revient en tête. Ce soir serait la première fois qu'il dormirait toute la nuit avec Severus, d'un commun accord. Le rouge prit immédiatement possession de son visage.

- Harry ! Qu'est-ce qui passe ! Tu as de la fièvre ? Il vaudrait mieux que tu t'assois ! S'exclama George en faisant un signe à son jumeau.

Immédiatement, Fred ramena une chaise de la cuisine et aida George à faire asseoir Harry. Ce dernier ne se rendait même pas compte qu'on le manipulait comme une marionnette tellement il était prit dans ses pensées. Il allait dormir dans le même lit que Severus en aillant pleinement conscience de la présence de l'autre homme. Mais comment allait-il faire pour s'endormir ?!

Une douleur lui vrilla brusquement les tympans l'obligeant à se pencher en avant, serrant sa tête entre ses mains. Mais qu'est-ce qui pouvait arriver à son cerveau pour que ça lui face aussi mal ?!

Alors que tout le monde s'était réuni autour d'Harry, la porte du magasin s'ouvrit doucement, laissant entrer un Severus plus qu'énervé. Albus était vraiment insupportable ! Plus jamais il n'irait au boulot habillé de cette façon. Déjà que devoir gérer ses collègues féminins était difficile, mais avoir son patron sur le dos en plus ! À ça non, plus jamais !

Soudain, Severus se rendit compte du silence qui pesait sur la pièce habituellement remplie de bruits et d'éclats de rire. L'homme fit un peu plus attention à son environnement, remarquant alors l'attroupement au milieu du magasin.

- Que se passe t-il ?

- Severus ! S'exclama Drago.

- Tu nous as fait une peur bleue ! S'écrièrent les jumeaux.

- On s'en fou là ! Harry ne va pas bien ! Fit Pansy, une main posé sur l'épaule gauche du jeune homme.

Immédiatement, Severus s'approcha du jeune chocolatier et l'obligea à relever la tête. Harry ouvrit alors les yeux, tombant directement dans ceux noirs du policier. La douleur présente dans les deux émeraudes vrilla le cœur de Severus. Le médecin l'avait prévenu que le jeune homme pourrait avoir de fortes migraines, si jamais ses souvenirs du quotidien revenaient en trop grand nombre. Pourtant, il ne s'attendait pas à ce que cela arrive aussi vite. Voyant que son amour baissait à nouveau la tête de douleur, Severus fit la seule chose qui lui vient à l'esprit. Il posa ses deux paumes de mains sur les oreilles d'Harry, s'agenouilla devant le jeune homme et posa son front contre le sien.

Le brun ne savait pas du tout comment réagir face aux gestes calmes et aimants du policier. Car oui, il y avait de l'amour dans ces mains qui se posaient doucement sur ses oreilles, dans ce front qui venait effleurer le sien. Le même amour présent dans les bribes de souvenir qu'il avait eu le matin même. Comment pouvait-il résister à une telle chose ?! Comment avait-il pu oublier l'amour que lui portait cet homme ?! Doucement, il ferma les yeux et se lassa aller contre l'autre homme. Il entendait distinctement le sang de Severus pulser contre ses oreilles et, étrangement, cela le calmait. C'était un son calme, doux, rassurant. Il se laissa bercer par les battements, s'appuyant de plus en plus contre le front du policier. Lentement, sa migraine s'amenuisa et se fit plus supportable. Une fois suffisamment calmé, Harry rouvrit les yeux et soupira de fatigue.

- Ça va ? L'inquiétude dans les yeux noirs le toucha profondément.

- Mieux maintenant. Fit Harry avec un petit sourire. Il était vraiment, vraiment exténué.

Sans un mot de plus, Severus l'attrapa par les épaules et l'aida doucement à se remettre debout. Harry comprit parfaitement le message et fut soulagé qu'il le ramène à la maison. Après avoir dit au revoir à tout le monde, Harry s'engouffra rapidement dans la voiture et ferma les yeux durant le trajet. Évidement, ils arrivèrent très rapidement. Une fois garé, Severus ne lâcha plus Harry même pour ouvrir la porte de leur appartement. Il avait vraiment trop peur que le jeune homme s'écroule si jamais il s'éloignait de lui. Harry était vraiment touché de l'attention que Severus avait envers lui, surtout qu'il était persuadé que l'homme était aussi fatigué que lui.

Avant qu'il n'ait le temps de s'en rendre compte, Harry était en pyjama, au lit avec un bol de soupe. Une fois son repas fini, Severus l'obligea à prendre quelques médicaments que lui avait prescrit le médecin en cas de migraine et l'obligea à s'allonger. Harry s'endormit à peine la tête posée sur l'oreiller. Severus sortit de la chambre en refermant doucement la porte derrière lui. Certes il était fatigué, mais il avait bien l'intention de manger avant d'aller dormir.

Pour ne pas faire trop de bruit, il se fit un rapide sandwich et s'installa sur le canapé, son assiette sur la table basse et un roman entre les mains. Il avait besoin de se détendre. Au bout d'une demi heure, son sandwich finit, Severus reposa son roman et alla ranger l'assiette dans le lave-vaisselle. En se relevant, son regard tomba sur la porte du placard où Harry rangeait les bouteilles d'alcool. Le brun avait caché la clef lorsque Severus lui avait fait sa promesse. Évidement, il avait rapidement trouvé la cachette d'Harry, mais n'avait jamais été tenté d'ouvrir cette porte. Et elle n'avait jamais été rouverte depuis, sauf lorsqu'ils avaient des invités. Dès lors, Harry avait toujours trouvé un moyen de récupérer la clef, sans qu'il ne le voit, faisant des pieds et des mains dans ce but à chaque fois. Severus le trouvait plus qu'adorable dans ces moments là. Raison pour laquelle il n'avait jamais dit à Harry qu'il savait parfaitement où elle était.

Mais ce soir là, il avait vraiment besoin d'un verre. Il savait que ce n'était pas bien, qu'il avait promit à Harry de se contrôler, mais le jeune homme avait perdu la mémoire et sa journée avait été assez éreintante. Il s'était parfaitement contrôlé jusqu'à maintenant, même quand il avait reçut le corps inanimé de son amour entre ses bras le soir de l'incident, même quand il avait veillé des jours et des jours sur son amant dans le comas, même quand il avait apprit qu'Harry ne se souvenait plus de lui, même quand il avait découvert que leur amour n'avait pas survécu à l'épreuve que le jeune homme avait traversé. Il avait tout supporté ! Tout ! Et il était bien décidé à tout faire pour que les choses redevienne comme avant. Mais il n'était qu'un homme et il avait parfois besoin de craquer. Ce soir, avoir vu tant de douleur dans les yeux de son ange lui avait fait bien plus de mal qu'il ne l'avait cru. Il n'était pas capable de le protéger. Comme ce même jours, quatre semaines et demi plus tôt.

Immédiatement, Severus se dirigea vers une des étagères, saisit le livre « Dix petits nègres » d'Agatha Christie, l'ouvrit à la page 248 et attrapa la petite clef d'argent pressée entre les pages. Une fois le livre remit en place, il se dirigea vers le meuble et ouvrit la porte du placard. La bouteille de scotch sembla briller quelques secondes à la lumière du salon. Severus s'en empara et prit un verre dans le buffet.

De nouveau installé dans le canapé, il regarda la bouteille pendant quelques secondes, pesant le pour et le contre. Sa décision prise, il ouvrit la flasque encore scellée et se versa un verre, avant de se reculer dans le canapé. Le liquide ambré flamboyait à la lumière et Severus n'arrivait pas à en détacher son regard. Il en avait envi et en même temps, il était dégouté. Il savait parfaitement pourquoi. Sa raison n'était qu'à quelques mètres derrière une porte. Il ne pouvait pas rompre sa promesse.

Dans la chambre à coucher, Harry commençait doucement à ouvrir les yeux. Il avait moins mal à la tête, même si une légère douleur persistait. Se levant doucement il jeta un regard au réveil et se rendit compte qu'il était tard et que Severus n'était toujours pas à ses côtés. Pourtant, ils avaient bien décidé le matin même de dormir ensemble à partir de ce soir ! Alors pourquoi n'était-il pas avec lui ? Est-ce que finalement, il avait changé d'avis ou avait-il eu peur de le déranger à cause de son état ? Ne voulant pas plus tergiverser, Harry se leva doucement du lit et ouvrit la porte. Il aperçut immédiatement l'homme affalé dans le canapé un verre et une bouteille d'alcool devant lui. Sans qu'il sache pourquoi, cette vision le mit hors de lui et une seule pensée envahie son esprit. Comment pouvait-il rompre aussi facilement sa promesse ? Une image d'eux, dans ce même salon, s'imposa à lui. L'homme lui jurant de ne plus boire, lui disant qu'il était désolé, qu'il voulait qu'il revienne à ses côtés et qu'il ne pouvait pas vivre sans lui. Il se voyait parfaitement cacher la clef du placard dans un livre que jamais Severus n'ouvrirait. Le livre d'Agatha Christie « Dix petits nègres » avait été utilisé par un tueur en série lors de sa première année sur le terrain. Ce qui l'avait profondément marqué. Mais apparemment, Severus avait surmonté son aversion, au moins le temps de récupérer la clef.

Sans plus réfléchir à ce qui lui arrivait, Harry s'élança sur Severus, le plaquant contre le dossier du canapé et s'installant à cheval sur l'homme.

- Qu'est ce que tu fais ! Tu m'avais promis que tu ne recommencerais plus jamais ! Tu me l'avais promis ! Pourquoi est ce que tu recommences à boire ?! Ça ne nous a pas déjà assez fait de mal ?! Si tu as des problèmes, tu devrais m'en parler au lieu de les noyer dans l'alcool ! Tu ne me fais pas assez confiance ! Severus, répond moi ! Pourquoi ? Pourquoi ?!

Le jeune homme devenait de plus en plus hystérique. Il s'était mit à taper le torse de l'homme avec ses poings, ponctuant chacun de ses mots par un coup.

Il fallut quelques secondes à Severus pour comprendre pleinement ce qu'il se passait. Apparemment, Harry s'était réveillé et l'avait vu assit dans le canapé, une verre d'alcool devant lui. Mais il n'avait pas encore remarqué que la bouteille venait juste d'être ouverte et que son verre était encore plein. Jusque là, Severus n'avait aucun problème. Non. Ce qu'il n'arrivait pas à remettre en place c'était qu'Harry parlait de leur promesse. Est-ce que le jeune homme commençait à se rappeler de leur histoire ? L'espoir prit brusquement possession du cœur de l'homme qui se redressa, sans aucune difficulté, le jeune homme toujours sur les genoux, continuant de le frapper. Ce dernier le regardait avec des yeux emplis de rage et de larmes retenues.

- Harry…

- Non ! Je ne veux pas entendre la moindre excuse ! Tu avais promis ! Les larmes commencèrent à déborder des yeux verts étincelant de rancœur.

- Harry calmes-toi ! Severus attrapa brusquement les bras du jeune homme.

- Lâches-moi ! Harry essaya par tous les moyens de se défaire de la prise du policier.

- Harry ! Ça suffit ! Si tu regardes bien, la bouteille est neuve et je n'ai pas touché à mon verre ! S'exclama l'homme en plaquant les poings du brun contre son torse.

- Parce que tu n'en as pas eu le temps !

- Parce que je n'en avais pas envi !

Immédiatement, Harry se calma, regardant Severus droit dans les yeux. Lui mentait-il ou lui disait-il la vérité ? L'autre comprit parfaitement les interrogations du jeune homme.

- J'ai certes sorti la bouteille et me suis servi un verre, mais après je n'ai pas pu me résoudre à rompre ma promesse Harry.

Un léger silence prit place entre les deux hommes. Severus attendait patiemment que le jeune homme se calme et comprenne qu'il n'avait absolument rien bu. De son côté, Harry prit le temps de regarder la bouteille et le verre posés sur la table. Effectivement, le volume présent dans le verre correspondait à ce qu'il manquait dans la bouteille. Alors, il tourna son regard vers les deux orbes noirs de Severus. Il ne lui mentait pas. Il n'avait pas touché à l'alcool. Il avait tenu sa promesse. Un doux sourire fleurit sur les lèvres du jeune homme.

- Pardon. Ce simple mot sembla apaiser toute la tension présente dans leur corps et Harry appuya son front contre l'épaule de Severus, la perte de colère le laissant sans force.

Instinctivement, Severus passa ses bras autour du jeune homme, sachant pertinemment que, dès qu'Harry se rendrait compte de leur position, il s'écarterait rapidement de leur étreinte. Il en profitait pleinement. Pourtant, au bout de quelques secondes, Severus ne pu s'empêcher de se dire qu'il profitait d'Harry. Que leur étreinte n'était pas aussi pure qu'il voulait le croire. Alors, doucement, il repoussa le jeune homme toujours installé sur ses genoux.

- Harry, tu as parlé de notre promesse. Fit lentement remarquer Severus.

- Oui. Je… Harry ne comprenait pas vraiment ce que voulait dire l'homme. Lorsque soudain, la situation lui sauta littéralement au visage. Il s'était souvenu de leur promesse, c'était un souvenir d'eux, il s'était même souvenue du livre et de l'aversion de Severus envers ce dernier. Ce n'était pas un souvenir de son comportement habituel à la boutique ou dans l'appartement. Non ! C'était un souvenir qui les concernait eux et seulement eux deux.

Severus pu parfaitement voir dans les yeux de son amant à quel moment la réalisation de ce qu'il venait de se passer le frappa. Alors, il laissa ses mains retomber contre le canapé. Il ne voulait pas que le jeune homme se sente prit au piège. Il devait savoir qu'il pourrait s'éloigner de lui à tout moment. Il ne le forcerait pas à rester sur ses genoux. Surtout que leur position était assez équivoque.

Mais Harry n'avait pas encore réalisé la position dans laquelle il se trouvait. Pour l'instant, il était surtout concentré sur le fait qu'il avait de nouveau des souvenirs de sa relation avec Severus. Il se remémora ce qu'il venait de se dérouler. Il avait accusé Severus sans avoir de preuves, il l'avait frappé et pourtant l'homme l'avait calmé doucement. Il ne s'était pas énervé, il ne lui avait pas hurlé dessus. Son cœur se serra brusquement, mais cela ne lui fit absolument pas mal, bien au contraire. Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait bien à ce moment là.

Il ferma doucement les yeux quelques secondes pour profiter de ce sentiment. Quant-il les rouvrit, il tomba directement dans le regard de Severus. Il était plus petit que le policier, alors pourquoi devait-il baisser la tête pour le regarder ? Brusquement, Harry se rendit compte de leur position et de la proximité de leur corps.

Severus vit les joues du jeune homme s'enflammer. Ha ! Il venait enfin de se rendre compte qu'il était sur ses genoux depuis un bon moment. Sachant pertinemment que Harry allait fuir, Severus plaça ses bras sur le dossier du canapé, attendant que le jeune chocolatier abandonne précipitamment ses cuisses.

Néanmoins, Harry n'osait pas bouger. Certes, il savait parfaitement où il se trouvait et que cela était plus qu'équivoque. Cependant, il avait prit la décision, le matin même, qu'il voulait que sa relation avec Severus évolue. Il savait qu'il ressentait quelque chose pour l'homme mais, pas si ça venait de sa mémoire perdue ou de lui. Pourtant, il était sûr d'une chose ! Il voulait connaître et ressentir l'amour présent dans les rares souvenirs de leur couple. Harry prit donc sa décision et lentement passa ses bras autour du coup du policier.

Severus ne s'attendait absolument pas à cela. Pourquoi Harry l'enlaçait au lieu de s'enfuir se cacher dans leur chambre ? Qu'est ce qui avait changé ? Il n'en savait rien, mais il n'était sûrement pas déçut par l'initiative du jeune homme. Loin de là. Délicatement, il passa de nouveau ses bras autour d'Harry et les posa légèrement contre ce corps, l'attirant un peu plus près de lui, sans trop le bloquer non plus. Il ne voulait pas lui faire peur.

Mais Harry était loin d'avoir peur. Bien au contraire, il se sentait parfaitement protégé. Une immense plénitude prit possession de tout son être. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait réussit à vivre jusqu'à maintenant sans connaître la chaleur des bras de Severus. Il était certain qu'à partir d'aujourd'hui, il ne pourrait plus s'en passer. Il resserra ses bras autour du cou de l'homme et blottît son visage dans le creux de son cou. Il était bien là, il ne voulait plus jamais bouger.

Severus se laissa totalement faire, trop heureux de pouvoir tenir Harry dans ses bras. Le sentir se blottir contre lui à nouveau. Ça lui avait tellement manqué. Les minutes passèrent doucement sans qu'aucun des deux ne bougent. Au point que Severus sentait le corps de son amour devenir de plus en plus lourd contre lui. Mais cela ne le gênait absolument pas. Il laissa Harry se rendormir doucement contre lui. Après tout, ils avaient décidé de dormir ensemble à partir de maintenant.

Lorsqu'il sentit la respiration d'Harry devenir complètement calme et régulière, il desserra son étreinte et s'extirpa de la prise Koala du brun. Puis, il l'allongea doucement sur le canapé avant de prendre la direction la direction de la chambre. Il ouvrit en grand la porte et défit un peu plus les couvertures du lit. Une fois sa tache accomplie, il retourna dans le salon et souleva son amour dans ses bras pour le porter jusqu'à la chambre. Une fois arrivé dans la pièce, il le déposa dans le lit. Il alla ensuite se changer dans la salle de bain, puis de glissa entre les draps à son tour. Avant même qu'il ait le temps de s'installer, Harry se mit à remuer et se retourna brusquement pour se coller contre lui. Un léger sourire prit possession des lèvres de Severus face au comportement d'Harry. Il attira alors le jeune homme contre lui , s'endormant le menton appuyé sur le haut de la tête brune et le corps serré contre celui de son amour.

Le lendemain, le réveille strident décida de se faire entendre à 6h du matin. Une main implacable s'abattit sur lui, lui coupant le sifflet. Lentement, Harry commença à sortir des limbes du sommeil. Il n'en avait pourtant aucune envie. Il était tellement bien. Il se sentait protégé et aimé comme jamais ! Doucement, il ouvrit les yeux et tomba directement sur le visage encore endormi de Severus. Qu'est-ce qu'il était beau ainsi. Harry s'autorisa quelques minutes pour observer l'homme. Soudain, il réalisa qu'il ne se souvenait pas d'être aller se coucher. Il se rappelait parfaitement de ce qu'il s'était passé et de la crise qu'il avait fait en voyant Severus devant un verre d'alcool, puis du câlin qu'ils avaient partagé. Mais c'était tout.

Est-ce que cela signifiait qu'il s'était endormi sur les genoux de Severus et que ce dernier l'avait porté jusqu'au lit ? Les joues d'Harry se colorèrent à la pensée que Severus l'avait porté et couché dans le lit. Ou plutôt dans leur lit. Un franc sourire fleurit sur les lèvres du jeune homme.

C'est sur cette magnifique image que les yeux du policier s'ouvrirent. Il ne savait pas pourquoi son ange souriait, mais le voir aussi heureux de si bon matin lui fit chaud au cœur.

- Bonjour. Fit doucement Severus en fixant le jeune homme.

- Bonjour. Harry enfonça un peu plus sa tête dans l'oreiller, espérant cacher un peu de sa rougeur.

Ils restèrent quelques minutes à se regarder, profitant de l'instant présent. Puis, Severus se décida à se lever pour aller prendre une douche. Avec un sourire à Harry, il prit la direction de la salle de bain. Le brun ne détacha pas son regard de l'homme, jusqu'à ce qu'il passe la porte de leur chambre. Alors, Harry décida de s'habiller et de préparer le petit déjeuner, plus qu'heureux en ce beau matin.

Le petit déjeuner et le trajet en voiture se déroulèrent tranquillement entre les deux hommes. Personnes ne revient sur la soirée précédente. Et ils se quittèrent devant la porte de service de la chocolaterie.

À partir de ce jour là, une sorte de routine s'installa entre Harry et Severus. La première fois qu'Harry avait du se coucher avec Severus avait été un peu laborieuse, mais un sourire de l'autre l'avait rassuré et mit en confiance. Les autres soirs s'étaient déroulés sans problème. Harry avait prit l'habitude de cuisiner pour eux et de se faire accompagner et raccompagner par Severus. Ses souvenirs revenaient petit à petit. Mais sans lui créer de nouvelle migraine.

De son côté Severus avait l'impression de revenir au bon vieux temps, avant l'incident. Il retrouvait un Harry souriant et apparemment heureux. L'avoir de nouveau dans ses bras la nuit avait été un supplice au début. Il ne pouvait pas le serrer aussi fort qu'il le souhaitait et il fallait avouer que les idées qui lui traversaient parfois l'esprit étaient certes normales pour lui, mais déplacées envers l'état d'Harry. Néanmoins depuis quelques semaines, il s'y était enfin habitué.

Un autre petit rituel s'était installé entre les deux hommes sans qu'ils ne s'en rendent vraiment compte. Il arrivait souvent que Severus embrasse Harry sur le front, les tempes ou encore la joue, quand ils passaient du temps à lire ensemble côte à côte ou le matin au réveil. En fait, Severus profitait de toutes les opportunités qui s'ouvraient à lui pour déposer un baiser sur le visage du jeune homme. Mais il n'avait jamais touché à ses lèvres depuis qu'il était sorti du coma. Et même si cela lui manquait énormément, il ne voulait pas brusquer le jeune chocolatier. Déjà qu'il avait de nouveau des sentiments pour lui, il n'allait pas tout gâcher en se précipitant. Après tout, il avait prit la décision de laisser le garçon venir à lui.

Harry était ravi des nouvelles attentions de Severus, mais au fils des jours, il se demandait de plus en plus ce que cela ferait d'embrasser le policier. Un vrai baiser, pas juste un bisou. Mais il n'avait jamais trouvé l'occasion de faire l'expérience. Même s'il était timide, il avait vraiment envi de gouter aux lèvres de Severus. Et cela de plus en plus souvent.

Le mois de Novembre s'installait confortablement sur Londres.

Harry était en train de cuisiner tranquillement à l'arrière de la chocolaterie, Drago à ses côtés épluchait des oranges.

- Je te promets que la prochaine fois, c'est toi qui t'y colles Harry ! S'exclama le blond, une orange dans les mains.

- Mais tu le fait si bien ! Fit le brun un grand sourire sur les lèvres.

- C'est ça ! En attendant c'est moi qui vais avoir les ongles orange et les mains qui vont puer tout le reste de la journée !

Harry était mort de rire, intérieurement bien sûr, il ne voulait pas vexer son ami. Ils s'étaient lancés dans la confection de chocolats à l'orange depuis 2 bonnes heures et ils avaient tranchés à pierre/papier/ciseaux celui qui éplucherait les oranges. Drago ayant perdu, il n'avait pas arrêté de se plaindre tout au long de sa besogne.

Soudain, le téléphone du coin bureau se mit à sonner. Harry baissa le feu sous sa marmite de chocolat et alla décrocher.

- « Les Serpents d'or », bonjour ?

- Harry, c'est Severus.

Au son de la voix du policier les joues d'Harry s'empourprèrent.

- Qu'est ce qu'il se passe ? Severus ne l'avait encore jamais appelé à la chocolaterie, le cœur d'Harry se mit à battre à cent à l'heure.

- Je ne vais pas pouvoir venir te chercher ce soir. Albus a prévu une réunion et j'ai encore un tas de paperasse à finir avant de rentrer. Il faudrait donc que Drago te ramène à l'appartement ce soir.

- D'accord, je vais lui demander. Ne te fatigue pas trop quand même. À ce soir.

- Ne t'en fais pas ! À ce soir.

Le brun raccrocha et se retourna vers Drago.

- Est-ce que tu penses pouvoir me ramener ce soir ? Fit le brun en revenant devant sa marmite.

- Severus ne peut pas venir ? Drago était surprit de la demande de son ami. Severus n'avait jamais laissé Harry rentrer avec quelqu'un d'autre depuis l'incident.

- Non, trop de travail apparemment. Fit doucement le jeune homme, touillant mollement son chocolat.

- Pour moi il n'y a pas de problème, je te raccompagnerait jusqu'à chez toi. Par contre, je ne pourrais pas rester.

- Un rendez-vous ? Un grand sourire prit possession du visage d'Harry.

- En quelques sortes. Répondit mystérieusement Drago.

- Bien, je ne voudrais surtout pas t'empêcher de prendre du bon temps.

Avec un sourire moqueur Harry vit les joues de Drago se colorer de rose. Evidemment, il n'avait aucun problème à taquiner les autres sur leur vie sentimentale, mais quand il s'agissait de la sienne, le jeune homme devenait très prude.

- Harry ! Je ne veux pas parler de ça ici ! D'ailleurs je ne veux en parler nul part ! Le blond se concentra sur l 'épluchure de ses agrumes, faisant semblant de ne pas voir le grand sourire de son patron et ami.

C'est sur cet échange que les jumeaux entrèrent dans la cuisine, venant relever Harry. À la vision de leur patron souriant et d'un Drago plus que concentré sur une tâche qu'il détestait particulièrement, ils comprirent rapidement qu'il y avait anguille sous roche. Harry eu à peine le temps de sortir de la cuisine avant que Drago ne soit prit dans un ouragan de question de la part des jumeaux pour savoir ce qui faisait tant rire leur patron adoré.

Harry se retrouva donc à la caisse pour les trois heures restantes. Cela ne le gênait plus depuis que ses souvenirs revenaient de temps en temps. Les clients avaient compris qu'il ne fallait pas le brusquer. Tout était redevenu calme dans la petite boutique et Harry prenait un grand plaisir à conseiller ses clients et à prendre les commandes.

Mais lorsque la journée fut terminée, la cuisine rangée et nettoyée, Harry se retrouva seul avec Drago pour fermer le magasin. Cela lui était très étrange. Il avait tellement l'habitude que Severus vienne le chercher qu'il n'avait pas l'impression d'avoir fini sa journée tant qu'il n'aurait pas revu l'homme.

- Je suis désolé Harry, cela doit te sembler bizarre de rentrer sans Severus et surtout à pied. Fit le blond en commencent à marcher.

- Un peu oui. Severus m'avait dit qu'on attendrait des jours plus chauds pour venir au magasin à pied et surtout qu'il ne bosse pas en même temps que moi. Le commissariat est beaucoup, beaucoup plus loin de l'appartement. Expliqua Harry, les mains enfoncées dans les poches de son manteau.

- T'en fais pas, tu ne crains rien avec moi ! On a déjà fait la route ensemble un bon nombre de fois et il ne nous est jamais rien arrivé à tout les deux. Même quand on rentrait séparément !

- Oh je n'ai pas peur Drago ! Je sais que tu es là pour me protéger ! Harry bouscula gentiment le blond de son épaule.

Le reste du chemin se fit dans la joie et la bonne humeur. Une fois arrivé au pied de l'immeuble, ils se souhaitèrent une bonne soirée et Harry promit au blond de prier pour que son rendez vous se passe bien. C'est dans un éclat de rire que Drago tourna au coin de la rue, laissant Harry rentrer seul dans son appartement.

Harry prit l'ascenseur jusqu'au 6ème étage, ouvrit sa porte et la referma rapidement à clef derrière lui. Bizarrement, il ne se sentait pas vraiment en sécurité ce soir. Il supposa que l'absence de Severus y était pour quelque chose. En même temps c'était la première fois qu'il se retrouvait tout seul depuis qu'il s'était réveillé à l'hôpital. Soit il était avec Severus, soit il était à la boutique avec Drago, les jumeaux, Pansy et Neville. Il pouvait en profiter alors ! Il avait l'appart' pour lui tout seul.

Harry était planté au milieu du salon, regardant autour de lui à la recherche d'une idée d'activité. Mais la seule chose qui lui venait à l'esprit était la lecture. Alors, il attrapa rapidement le livre de Conan Doyle qu'il avait commencé depuis un bon moment et qu'il ne trouvait jamais le temps de finir. Mais à peine avait-il commencé la première page qu'il se sentit oppressé. Il n'y avait pourtant aucune raison pour qu'il se sente si mal.

Harry reposa son livre sur la table basse et s'adossa au canapé en fermant les yeux, essayant de se détendre. Il respira doucement, faisant le point. Oui, il était tout seul pour l'instant mais Severus lui avait dit qu'il rentrerait à la maison, donc il n'avait qu'à attendre que l'homme revienne. Après tout, il n'était que 21h30. Un peu rassuré, Harry décida de préparer le dîner pour lui et Severus. Ce dernier aurait sûrement faim en rentrant.

Une fois mit au travail, Harry ne vit pas le temps passer. Lorsque enfin il eu fini de cuisiner, il leva les yeux vers l'horloge du salon. Il était 22h passé. Bon, il s'était occupé trente minutes, il fallait qu'il trouve autre chose. Il décida alors de prendre une douche et de prendre tout son temps. Mais cela ne l'occupa pas plus de quarante minutes et Severus n'était toujours pas là.

De nouveau assit sur le canapé, fraîchement lavé, Harry sentait la panique l'envelopper lentement dans son étreinte. Il était maintenant plus de 23h et Harry n'avait aucune nouvelle de Severus. Il avait bien essayé de l'appeler mais le policier ne répondait pas.

Soudain, une suite d'images défila dans son esprit. Il se voyait dans l'appartement, attendant sur le canapé, se tordant les doigts, l'inquiétude et la panique le dévorant. Il se voyait arpenter fébrilement l'appartement de long en large, essayer de joindre quelqu'un et parfois pleurant même dans le lit.

Harry n'eu aucun mal à comprendre que son stresse le faisait revivre différents moment où il avait du attendre le retour de Severus sans avoir aucune nouvelle. Mais bien qu'il retrouve une partie de ses souvenir, Harry ne fut pas du tout heureux de récupérer cela, il aurait largement préférer les oublier. Surtout qu'il ne savait pas si Severus était bien rentré à chaque fois.

La panique le prit un peu plus à la gorge, au point qu'il commença à avoir du mal à respirer. Une crise de panique ! Il faisait une putain de crise de panique et personne n'était là pour l'aider !

Dans la pénombre de l'appartement, Harry se laissa tomber sur le sol, au pied du canapé et essaya de calmer sa respiration, priant pour que Severus rentre rapidement.

À suivre.

Alors ? Qu'en dites-vous ?

Je remercie ma béta pour tooouuuut le temps qu'elle à consacrée à ma fic pour la corriger !