Comme promis voici la suite ! Le chapitre est un peu long, mais j'espère qu'il vous plaira. Où l'on voit l'apparition d'un nouveau personnage ! Et que Zoro devrait se faire greffer un GPS !

Merci à tous mes reviewers ! Et à ceux qui lisent sans laisser de com' (s'il y en a) ! Bonne lecture, et comme toujours j'espère vos reviews !

Ps : ce chapitre était TRES attendu par une certaine personne qui se reconnaîtra (et quand je dis « TRES », je n'exagère pas !). J'espère que tu ne seras pas déçue !

Chapitre III : Mauvaise journée

16 mars : Nous sommes finalement arrivés, au terme de nombre de péripéties, sur la fameuse île de la viande, chère à notre capitaine, et qui s'est finalement révélée être une île préhistorique. A peine débarqués, nous fûmes attaqués par trois spécimens particulièrement intéressants :

-un Silodon populator, ou neogaeus, aussi appelé tigre à dents de sabre, un félidé connut notamment pour ses fameuses canines aiguisées comme les sabres de notre épéiste, longues de 18 cm au bas mot, lui servant à poignarder, égorger, déchiqueter ses ennemis.

-un Pachyrhachis problematicus, ce gigantesque serpent pourvu de quatre pattes, ancêtre de nos serpents actuel, redoutable par sa capacité à enrouler son très long cou autour de ses victimes pour les écraser et les étouffer, avant de les avaler, ou de les mordre en les empoisonnant.

-le tyrannosaurus rex enfin, l'un des plus redoutables prédateurs préhistoriques, donc le nom signifie littéralement « lézard tyran ». Mesurant près de 13 mètres de long, la puissance de sa mâchoire était phénoménale, ses dents de 15 à 20 cm de long était acérées comme des couteaux, et lui servaient à broyer, déchiqueter sa nourriture, alors que ses terribles griffes lui permettaient d'un seul coup d'éventrer ses ennemis…

« Robin qu'est-ce que tu fais ? ».

L'archéologue cessa d'écrire dans le livre de bord et regarda la navigatrice qui l'avait interpelée. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle parlait à haute voix en écrivant.

« Tu es en train de le traumatiser ! », insista Nami en désignant Usopp.

Le jeune homme était livide, il tremblait en regardant les ossements de leurs ennemis de la veille, pensant au sort terrible auquel ils avaient échappé : lacérés, déchiquetés, éventrés, étouffés, broyés, etc. Même Franky avait pâli en écoutant la description de la brune.

« Et puis qu'est-ce que c'est que ces détails sans importance ? Tu n'écris pas un roman mais un livre de bord je te signale !, poursuivit Nami.

-Mlle la navigatrice veut peut-être s'en charger elle-même ?, rétorqua Robin, un peu vexée. A moins que tu ne préfères que je cède ma place à… Quelqu'un d'autre ? ».

La navigatrice revit Luffy, trépignant d'impatience de pouvoir écrire dans le livre, ainsi que sa réaction quand elle lui avait interdit de toucher son précieux carnet. Elle déglutit et fit un sourire aussi spontané et sincère que possible à son amie, même si le résultat ressemblait plus à un rictus.

« Excuse-moi Robin ! Tu as raison ! Et puis, qui suis-je pour oser critiquer ta façon d'écrire ? Continue s'il-te-plaît… ».

Elle soupira en se retournant, et secoua la tête. Pourquoi avait-il fallu qu'elle se foule justement le poignet droit ? Oh, et il ne manquait plus que lui. La jeune femme sentit une migraine se profiler à l'horizon.

« Mes chéries, minauda Sanji avec le rouge aux joues, je vous apporte vos en-cas de l'amour spécial beautés célestes ! ».

Il déposa une petite tarte aux fraises devant Robin qui ne releva même pas le nez du livre, avant de se mettre à genoux devant Nami en lui tendant un Paris-brest.

« Ma petite mandarine chérie, fit-il en détachant un morceau de la pâtisserie avec une cuillère et en la lui présentant, ouvre grand la bouche…

-Sanji !, dit la jeune femme en contenant sa rage. Ecoute-moi bien, c'est la dernière fois que je te le dis : je n'ai pas besoin d'aide pour manger, ni pour me laver ou pour m'habiller ! Compris ? », ajouta-t-elle en lui lançant un regard terrible.

Le jeune homme, son cœur et son espoir brisés, prit son air de chien battu habituel. C'était comme ça depuis le matin, elles n'arrêtaient pas de le rembarrer. Il s'éloigna, les mains dans les poches, shootant si fort dans une pierre qu'elle vint percuter la coque déjà très abimée du Sunny.

« Crétin de cuistot !, hurla Franky, tu trouves que le navire n'a pas assez morflé comme ça ! Recommence ça et je te pète la tête, foi de Suuuper Franky ! ».

Les deux nakamas commencèrent à se disputer sous le regard d'Usopp, hilare. Ca y est, la migraine envahissait les tempes de la navigatrice. Elle n'essaya même pas de les calmer, qu'ils se débrouillent, elle était fatiguée. Mais alors qu'elle allait s'allonger sur sa chaise longue pour se reposer, elle entendit du bruit venant de la jungle. Aussitôt les cinq pirates furent sur le pied de guerre. Et virent Luffy sortir des fourrés en courant.

« Ca… Ca…, commença-t-il, haletant. Ca sent le Paris-brest ! ».

Pas croyable ! Les Mugiwaras se regardèrent, désespérés.

« Mais où sont les autres ?, demanda Nami en lui donnant sa pâtisserie qu'elle n'avait même pas entamée, provoquant par ce geste le désespoir de Sanji.

-Chai pas, ich était chuste derrière moi ! », répondit la capitaine en attaquant le gâteau, malgré les menaces du cuisinier.

Un bruit de course leur parvint et ils virent arriver Chopper sous sa forme animale. Le jeune renne eut l'air rassuré quand il vit son capitaine et il reprit sa forme habituelle, mode peluche, pour rejoindre ses camarades.

« J'ai eu peur de vous avoir perdus !, dit-il, légèrement essoufflé. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Chai chenti du Paris-brest !, lança Luffy en avalant la dernière bouchée. Sanji, j'en veux encore ! Aïe !, ajouta-t-il après que le blond lui ait balancé sa semelle en plein figure.

- J'ai cru que tu t'étais fait attaquer !

- Vous avez encore vu des dinosaures ?, demanda Usopp. Raconte, ajouta-t-il avec des étoiles plein les yeux.

- Et bien, commença Chopper avant de remarquer que, pour une fois, les rôles étaient inversés. Euh… Un terrible monstre s'est jeté sur Luffy alors, n'écoutant que mon courage, je l'ai combattu, raconta-t-il en bombant le torse. Il a appris à ses dépens qu'il ne faut jamais défier le terrible… Docteuuur Chopper !

- Ouah ! Et il est où le dino ?, demanda le sniper qui n'était pas dupe (ça n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces).

- Euh… Luffy ? C'est pas toi qui devais ramener le…

- Nan c'est Zoro ! ».

Le silence se fit. Tous regardèrent dans la direction d'où étaient arrivés Luffy et Chopper. Mais rien ne vint, aucun signe du sabreur. La migraine de Nami s'en donnait à cœur joie maintenant, et la jeune femme avait bien envie de passer ses nerfs sur quelqu'un. Comme toujours, le quelqu'un était tout trouvé.

« Vous deviez le surveiller !, cria-t-elle à son capitaine. Qu'est-ce qui s'est passé ? ».

Luffy et Chopper se regardèrent, essayant de se remémorer les dernières heures.

« Hum… On a pourtant fait très attention… On avançait en file indienne, avec Zoro entre nous deux pour ne pas le perdre de vue. Ensuite on a été attaqués… Et puis…, commença le médecin avant de s'interrompre en rougissant. Euh…

- Quoi « Euh » ?, demanda Nami d'un air suspicieux.

- Luffy est parti devant en courant…

- Bah ouais, le Paris-brest !

- Et… Et moi… J'ai vu un magnifique spécimen d'Achillea ptarmica, et je me suis arrêté juste deux minutes pour…

- …, firent les autres en soupirant, désespérés.

- Mais après je me suis rendu compte que j'étais tout seul, et j'ai couru en pensant que Zoro et Luffy étaient ensemble !, fit Chopper, au bord des larmes.

- On ne peut vraiment pas te faire confiance, dit Luffy en secouant la tête, avant qu'un coup de poing de Nami ne le fasse taire. Méheu !

- Tu ne l'as pas volé ! Tu es aussi responsable que lui ! Vous êtes nuls tous les deux !, éructait la navigatrice.

- Nami-swan a raison !, insista Sanji, heureux comme à chaque fois que la rousse s'en prenait à Luffy.

- Ils n'ont pas tort cette fois, intervint Robin. Combien de fois on vous l'a dit avant que vous ne partiez en exploration : il-ne-faut-jamais-quitter-Zoro-du-regard !

- Ca ne serait pas arrivé si vous aviez accepté que je vous encorde », fit remarquer Franky.

Usopp regardait fixement la jungle. Il n'écoutait pas les disputes de ses camarades. Lui seul mesurait pleinement les conséquences de la disparition de Zoro. Il allait falloir aller le chercher…

« Il faut aller le chercher !, dit fermement Nami.

- Mais on ne peut pas laisser le Sunny, dit Franky.

- On va faire deux groupes : Robin, Luffy, Sanji et Chopper vous allez chercher Zoro ! Franky et moi on garde le Sunny.

- Mais où est Usopp ? », demanda soudain le petit renne.

Encore une disparition ? Les Mugiwaras regardèrent autour d'eux. Soudain Robin leur fit signe de regarder en direction du navire. Grimpé sur le pont, le sniper leur faisait des signes.

« Je reste avec Franky pour surveiller le Sunny !, cria-t-il. Nami, tu n'as qu'à aller avec eux !

- Quel lâche, murmura la jeune femme, pas plus rassurée que ça de devoir aller dans la jungle. Et quel imbécile de bretteur, ajouta-t-elle en serrant le poing. Bon allez, on n'a pas le choix…

- Exploration !, cria Luffy avant qu'un coup d'œil assassin de Nami ne le fasse taire. Bah quoi ? J'ai rien dit !

- T'es trop enthousiaste… ».

Non loin de là, perdu dans la jungle, un certain sabreur était arrêté et regardait autour de lui, pensif. Il traînait derrière lui le cadavre d'un vélociraptor.

« Les gars ? », appela-t-il.

Mais il ne reçut aucune réponse. Il était seul, profondément enfoncé dans la jungle. Ces boulets allaient encore dire qu'il s'était perdu… Alors que techniquement, il avait avancé tout droit depuis le départ, alors on pourrait plutôt dire que c'est eux qui s'étaient perdus. Voilà, exactement, c'était eux qui avaient un mauvais sens de l'orientation. Le jeune homme regarda autour de lui. Mais il ne voyait que des arbres qui se ressemblaient tous. En marmonnant il se remit en route, se fiant à son instinct, et il s'enfonça encore plus profondément dans la jungle. Il marcha des heures, tournant en rond sans même s'en apercevoir. Fatigué et énervé, il finit par aviser un rocher plat sur lequel il s'assit pour faire le point sur sa situation. Bon. Autant se l'avouer, il était complètement perdu, seul, sans rhum, sans eau non plus mais le rhum c'était plus grave. La jungle était si dense qu'il ne voyait même pas le soleil. Il ne pouvait donc pas déterminer quelle heure il était. Néanmoins, il avait de quoi manger grâce au cadavre du dinosaure. Et il fallait noter qu'il ne s'était pas fait attaquer depuis longtemps. C'était plutôt de bonnes nouvelles.

« Kyaaaa ! ».

Zoro se tendit en entendant ce cri, aussitôt suivi d'un grondement menaçant. Il se leva et dégaina ses sabres en se dirigeant vers le cri. Il n'eut pas à aller bien loin. Il vit soudain apparaître une jeune femme poursuivie par un allosaure, cousin du tyrannosaure mais plus petit et beaucoup plus rapide. Zoro, lui, ne vit qu'un ennemi et n'hésita même pas avant de se mettre entre le dinosaure et sa proie. L'allosaure gronda en découvrant une gueule pourvue de dents tranchantes comme des rasoirs. Pas impressionné, le jeune homme serra le sabre de Kuina entre ses mâchoires et se prépara à attaquer.

« Ichi Gorilla, Ni Gorilla : Nigorizake ».

Ses biceps enflèrent soudain et il attaqua. Le coup fut si puissant que l'allosaure fut projeté en arrière et s'écrasa sur le sol quelques mètres plus loin. Zoro rengaina immédiatement, ne gardant qu'un seul sabre. Il sauta sur l'animal qui était toujours à terre et lui coupa la tête. Il rangea alors son sabre, et se retourna vers la jeune femme poursuivie. Celle-ci était assez secouée. Elle était couverte de coupures et d'ecchymoses, et elle tremblait comme une feuille. Le sabreur ne savait pas trop quoi faire. Dans ce genre de situation, d'habitude, il y avait les autres : Chopper aurait vérifié qu'elle allait bien, les filles l'aurait rassurée, Sanji aurait fait le joli cœur. Mais là il était seul avec elle. Voyant qu'elle le regardait, il comprit qu'il devait dire quelque chose.

« Euh… Salut ».

La jeune femme fronça les sourcils en l'observant. Il lui avait d'abord paru menaçant, encore plus que l'allosaure. Mais maintenant il avait l'air perdu et un peu gauche, comme s'il ne savait pas comment se comporter avec elle. Elle se releva en s'appuyant à un tronc d'arbre. Zoro vit alors qu'elle était assez petite mais qu'elle devait avoir à peu près son âge.

« Je m'appelle Anaïs, dit-elle en s'approchant. Tu fais partie des pirates qui sont arrivés hier ? ».

Il acquiesça en silence. La jeune femme se rapprocha encore. Sa timidité s'était envolée et elle tournait maintenant autour de Zoro en le dévisageant.

« T'es pas muet pourtant… Je suis sûre de t'avoir entendue parler. T'es timide ! », réalisa-t-elle soudain en riant.

Le sabreur piqua un fard et grogna. Il aurait préféré ne pas avoir entendu son cri. Un dinosaure, il pouvait s'en débarrasser facilement mais là… Il ne pouvait quand même pas la trancher. Quoique, ils étaient seuls, il n'y aurait pas de témoins…

« T'es trop mignon toi !, continuait la jeune femme. C'est quoi ton p'tit nom ?

- Zoro, grommela-t-il.

- Hein ? Parle plus fort !

- Zoro », articula-t-il.

- Ca fait très vengeur masqué ! J'adore ! ».

La jeune femme continua à tourner autour de lui en gloussant et en faisant des commentaires. Le sabreur, qui commençait sérieusement à envisager l'idée de la faire taire à jamais, finit par l'interrompre.

« Bon bah, au revoir. Hein ? Adieu… ».

Anaïs restait plantée devant lui, sans bouger. Il pensait pourtant avoir été clair, elle n'avait pas dû saisir l'allusion.

« Hum… J'm'en vais… Tout seul… Salut ! », dit-il en s'éloignant.

Mais il s'arrêta en se rendant compte que la jeune femme le suivait. Il repartit d'un bon pas, tentant de retrouver le corps du dinosaure qu'il avait abandonné pour aller au secours d'Anaïs. Mais elle le suivait toujours. Finalement il se mit à courir.

« Mais pourquoi tu me suis ?, explosa-t-il finalement en se retournant.

-Bah… Je ne peux pas rester toute seule quand même ! ».

Le sabreur sentait une migraine arriver, et commença à plaindre Nami qui devait subir ça régulièrement. Il se massa les tempes.

« T'es de l'île non ? Bah alors, t'a qu'à rentrer chez toi ! T'a bien un chez toi ?

-Evidemment crétin, répondit Anaïs en le regardant bizarrement. Mais c'est loin, et si je suis toute seule je vais encore me faire attaquer ! Alors je reste avec toi ! ».

Zoro laissa échapper un gémissement. Il avait eu du mal à se contenir au « crétin », et maintenant elle lui disait qu'elle voulait le suivre.

« Hors de question !, rugit-il.

- Si !, lança-t-elle d'un ton décidé. Et puis de toute de façon, t'as besoin de moi !

- Hein ?, fit-il, franchement surpris.

- Bah… T'es perdu, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Mais moi je connais la jungle comme ma…

- Attends, qu'est-ce qui te fait croire que je suis perdu ? Tu te plantes complètement ! ».

Pour toute réponse elle éclata de rire et alla s'assoir sur un rocher. Elle se calma un peu en voyant le coup d'œil que lui lançait Zoro. Au milieu de quelques gloussements, elle réussit à s'expliquer :

« Bah déjà t'es tout seul. Ensuite, quand je te suivais, je t'ai vu repasser trois fois par le même endroit sans que tu t'en rendes compte. Enfin, tu as la tête du type perdu et qui refuse de demander son chemin, comme beaucoup d'hommes d'ailleurs. C'est un truc que j'ai jamais compris ça, pourquoi…

-Attends ! Stop ! Arrête de parler juste deux minutes ! ».

Zoro se retourna et réfléchit. Elle n'avait pas tort, il était complètement perdu. Il n'arrivait même pas à retrouver l'endroit où il avait laissé le dinosaure. Et cette fille, qui était de l'île, avait l'air de bien connaître la jungle. Mais lui demander de l'aide… C'était hors de question. Il était en proie à un combat intérieur déchirant. Pendant ce temps, Anaïs s'était retournée et regardait derrière les lianes et les fourrés.

« Bon, fit Zoro en se retournant. Qu'est-ce qu'elle fout ? », ajouta-t-il en la voyant disparaître derrière les fourrés.

Il la suivit et la trouva assise sur le rocher plat près duquel il avait laissé le cadavre du dinosaure. Etonné, il regarda autour de lui pour vérifier si on ne lui faisait pas une mauvaise blague. Il avait pourtant marché longtemps, et couru, alors qu'il était juste à côté de son but.

« Alors ?, lança négligemment la jeune femme.

- Hum… Bah, répondit-il en essayant de ne pas perdre la face, je ne peux pas te laisser toute seule, tu risques de te faire dévorer. Pas que ça m'inquiète ou quoi, mais je me ferai engueuler par mes nakamas.

- Tu me reconduis à mon village alors ?, fit-elle avec un grand sourire.

- Nan, faut d'abord que je retrouve mes compagnons. Pas que je sois perdu, hein, non c'est eux en fait… Qui ont… Laisse tomber ! », fit-il en voyant le regard qu'elle lui lançait.

En se demandant dans quelle galère il s'était encore mis, il attrapa la carcasse du dinosaure par la queue et le traîna derrière lui en soupirant. Mais il se rendit compte que quelque chose n'allait pas. Il se retourna pour voir qu'Anaïs était restée immobile.

« C'est quoi ton problème ? Je te dis de me lâcher, tu me suis. Je te dis de me suivre, tu bouges pas ! Qu'est-ce qu'y a encore !, cria-t-il au comble de l'énervement.

-Tu vas où exactement ? », répondit-elle calmement, en secouant la tête d'un air dépité.

Zoro regarda autour de lui. Il allait avancer au hasard, sans réfléchir.

« Euh… Bah en fait… Par là quoi…

- Ils sont où tes amis ?, reprit-elle en s'adressant à lui comme à un petit enfant.

- On a débarqué dans une clairière traversée par la rivière. Mais arrête de me parler comme…

- Bien, je sais où c'est ! Allez en route ! », ajouta-t-elle en passant devant lui.

Zoro serra les poings, résistant à l'envie de lui tordre le cou, avant de finalement la suivre pour ce qui allait se révéler être un pénible parcours, accompagné par les questions et les clins d'œil de la jeune femme qui n'arrêtait pas de le reluquer et de se moquer gentiment de lui.

« Luffy ! »

Le capitaine, pris la main dans le sac, fit une grimace et retira sa main du sac à dos de Nami.

« Pas touche au livre de bord ! », dit celle-ci en lui lançant un regard noir.

Le jeune homme soupira et se mit à bouder. C'était la troisième fois qu'il essayait de subtiliser le carnet depuis qu'ils étaient partis à la recherche de Zoro, mais à chaque fois la navigatrice s'en était rendu compte, comme les deux bosses sur son crâne l'attestaient. Ca n'était pas juste. Robin avait le droit d'écrire dedans, elle. Et il était sûr que les autres pourraient aussi. Il n'y avait que lui qui n'avait pas le droit d'y toucher. Il shoota dans un caillou qui ricocha et frappa Sanji à l'arrière d'une jambe. Celui-ci regarda autour de lui à la recherche du coupable, mais sans trouver, ce qui rendit le sourire au capitaine. Il prit un malin plaisir à recommencer, essayant de pousser le blond à bout. Robin et Chopper, qui marchaient près de lui, souriaient et essayaient de ne pas rire mais c'était de plus en plus difficile quand ils voyaient Sanji lancer des regards noirs aux arbres et aux fleurs, cherchant en vain le coupable.

Ils étaient partis depuis plusieurs heures, se fiant à l'odorat de Chopper pour retrouver leur nakama. Mais celui-ci s'était vite avoué vaincu.

« C'est incompréhensible, avait-il dit. Sa piste est là, mais je la sens partout, c'est comme s'il avait passé son temps à tourner en rond, à revenir sur ses pas, à changer de direction… Il n'y a aucune logique !

-C'est lui ! », firent en chœur les Mugiwaras.

Ils avaient donc dû suivre le même chemin que Zoro, et commençaient maintenant à fatiguer, lassés de tourner en rond dans la jungle. Sanji surtout, qui portait le plus lourd paquetage, car il avait tenu à emmener de quoi préparer des petites douceurs pour ses chéries. Chéries qui s'en fichait complètement, et qui ne faisaient même pas attention à lui. C'était décidément une sale journée, encore aggravée par ces mystérieuses attaques dont il était victime: quelqu'un lui balançait des cailloux, et il n'arrivait pas à savoir d'où ils venaient. Ruminant ses idées noires, il se promit de faire payer l'addition à un certain Marimo dès qu'il lui aurait mis la main dessus. Il se rendit soudain compte que ses compagnons s'étaient arrêtés.

« Qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes fatiguées mes anges ? Vous voulez que je vous…

-Non mais ça va continuer encore longtemps ?, disait Nami sans faire attention à lui. Vous avez vu cette côte ? Moi je ne grimpe pas ça ! ».

Ils se trouvaient devant une grande côte, particulièrement raide.

« Mais la piste…, commença Chopper.

- Je me fous de la piste !, fit la navigatrice en tapant du pied. Zoro !, cria-t-elle.

- Ramène tes fesses ici tout de suite !, hurla Luffy.

- Crétin de sabreur !, renchérit Sanji.

- Vous n'avez pas entendu quelque chose ? », demanda Robin.

Tous tendirent l'oreille.

« Au secours ! », entendirent-ils avant de voir quelqu'un apparaître au sommet de la côte.

Le quelqu'un en question c'était Anaïs. Emportée par son élan, alors qu'elle se retournait pour regarder Zoro en douce, elle s'était pris le pied dans une racine et était tombée en avant, du sommet de la côte. Elle dévalait maintenant la pente, prenant de la vitesse, s'écorchant sur les pierres. Elle se protégea la tête avec les bras, appréhendant la chute. Qui ne vint pas. Elle fut récupérée par Luffy qui, allongeant son bras, freina sa descente et la ramena vers lui. Mais il avait mal géré son « étirement » de bras, ramenant la jeune femme beaucoup trop rapidement. Anaïs le percuta et ils roulèrent tous les deux en arrière, finissant cul par-dessus tête.

« Qu'est-ce que vous foutez là ? ».

Les Mugiwaras virent Zoro, accroupi au sommet de côte, qui avait regardé la scène avec un air réjoui.

« On te cherchait, qu'est-ce que tu crois ?, lança Nami. Il a encore fallu que tu te perdes ! ».

Pour toute réponse, le sabreur laissa tomber le corps du dinosaure qu'il traînait toujours derrière lui, lui faisant dévaler la pente. Il s'écrasa sur le sol, provoquant un nuage de poussière. Zoro descendit tranquillement pendant que ses compagnons toussaient à fendre l'âme en bas de la côte. Mais ils n'eurent pas le temps de lui expliquer leur façon de penser. Ca s'agitait du côté de Luffy et d'Anaïs. Le capitaine se redressa et s'assit sur le sol, mort de rire. De son côté la jeune femme réussit péniblement à se mettre à genoux, tournant le dos au groupe de pirate. Sanji, n'écoutant que son bon cœur, voulu aller lui porter secours.

« Attends, laisse-moi t'aider petite », dit-il en lui tendant la main, la prenant pour une enfant à cause de sa taille.

Il se retrouva face à deux yeux verts qui ne semblaient pas contents du tout, comme leur propriétaire.

« Petite !, cracha-t-elle en le fusillant du regard. Petite !

-Pardon… Mademoiselle… Je… », fit Sanji, pour une fois à court de mots devant une jeune femme.

Zoro regardait la scène, hilare.

« Petite !, répétait toujours Anaïs. Tu sais ce qu'elle te dit la petite ? Espèce de… , commença-t-elle avant d'aviser la cigarette du cuisinier. Espèce de toxico miteux ! Sourcil bizarre ! ».

Les Mugiwaras éclatèrent de rire, amusés par la colère de la jeune femme et l'air désespéré de leur nakama. Zoro notamment appréciait la scène. Finalement, il l'aimait bien cette fille, elle avait du caractère. D'ailleurs elle se tournait vers lui.

« Zoro ! C'est un copain à toi ça ?, fit-elle en désignant le blond.

-Pas du tout, vas-y, lâche-toi ! ».

La jeune femme lança un dernier regard méprisant vers le cuisinier avant de rejoindre Zoro et les autres pirates. Sanji les entendit faire connaissance. Il entendit également le sabreur se moquer de lui, ainsi que la jeune femme inconnue. Il baissa piteusement la tête. C'était décidément une très mauvaise journée.

Décidément, ils étaient difficiles à tuer ces jeunes gens. Le vieil homme réfléchit. Ils avaient résisté sans problèmes aux attaques, et maintenant ils avaient rencontré une des villageoises. Mais c''était peut-être une bonne chose, finalement. Il allait changer de stratégie. Il sourit. Un plan machiavélique se formait dans son esprit.