Temps et Contretemps

Disclaimer : L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas et sont à sir ACD, et leurs versions modernes à Mark Gatiss et Steven Moffat. Quant à Harry et au monde magique, ils appartiennent à J.K.R.
Je ne touche aucun argent pour mes écrits.

Bonjour à tous ! Un chapitre un peu particulier aujourd'hui, je dois avouer que je redoute un peu vos réactions…

Un grand merci à Aurore Heart et à PetitLutin22 pour leur reviews, ainsi qu'au lecteurs qui ont mis cette fics en fav ou en follow !

Enjoy !


Temps 3 : Nouveaux plans

22 juillet - Harry a bientôt 11 ans.

Cher Directeur Dumbledore,

Nous avons reçu la lettre de votre école ce matin, et pris acte de l'inscription de notre fils. Étant des personnes non-magiques, nous ne savons rien de votre monde, et nous avons donc quelques questions pour vous.

Où pouvons-nous trouver les fournitures demandées ?

Quelles sont les matières enseignées à Poudlard ?

Avez-vous une autre monnaie que la nôtre ? Quel est le taux de change ?

Vous nous demandez de nous rendre sur un quai de train le premier septembre. Cela veut-il dire que c'est un internat ? Quelles sont les périodes de vacances ?

Comment aller sur le quai 9 ¾ ?

Existe-t-il d'autres écoles de magie ?

De plus, nous avons remarqué que la lettre est adressée à Harry Potter, or notre fils a pris nos noms et s'appelle Harry Watson-Holmes. Merci d'en prendre note pour ne plus reproduire cette erreur à l'avenir.

En attente d'une réponse de votre part, nous vous prions d'agréer, monsieur, nos salutations distinguées.

Sherlock Holmes et John Watson

oOo

Dumbledore reposa la lettre sur son bureau, soupirant. Il en avait tiré tout ce qu'il pouvait depuis qu'il l'avait reçue, cinq jours auparavant, mais il ne pouvait s'empêcher de la relire encore et encore, dans l'espoir de trouver ce qu'il avait pu rater.

Jamais il n'avait envisagé que tout son plan puisse être contrecarré avant même de commencer, mais c'était pourtant ce qui était arrivé. Ça n'avait pas tenu à grand-chose finalement : il avait juste sous-estimé la haine de Pétunia envers sa sœur et la magie.

Dès réception de la lettre, Dumbledore s'était précipité au 4 Privet Drive, pour savoir ce qu'il s'était passé avec les Dursley et les sorts entourant la maison, qui auraient dû le prévenir du départ d'Harry. Mais sur place, il n'y avait plus de Dursley. Une autre famille s'était installée là, et y vivait depuis 6 ans.

Il avait alors cherché ce qui était arrivé aux Dursley, et avait rapidement trouvé la réponse : Vernon Dursley était en prison pour maltraitance sur mineur à charge, Pétunia Dursley serait bientôt en liberté conditionnelle, et Dudley Dursley vivait chez sa tante.

Cela avait horrifié Dumbledore. S'il savait que les Dursley n'auraient jamais considéré Harry comme leur fils, jamais il n'aurait pensé qu'ils puissent faire ça !

La disparition des sorts de protections et de surveillances avait alors pris tout son sens : ils n'avaient en fait jamais existé.

En effet, plutôt que de poser une superposition de sorts indépendants les uns des autres, ce qui les auraient affaiblis, Dumbledore les avaient interconnectés pour les renforcer. Mais ainsi, les conditions d'existence de la protection de sang – qu'Harry considère cette maison comme la sienne, et que Pétunia l'accueille chez lui et lui reconnaisse une place sous son toit – s'appliquaient à tous les sortilèges posés par le directeur. Et comme au moins la première condition n'avait pas été remplie, tous les sorts s'étaient évaporés – un peu comme si on les avait lancé sur du vide.

Néanmoins, si les sorts n'avaient pas pu le prévenir, Dumbledore aurait quand même dû être mis au courant de la situation, que ce soit par le ministère ou Gringotts. Or, il s'était rendu compte que quelqu'un était passé avant lui et avait fait en sorte de faire les modifications – la passation de tutelle, l'arrêt des versements aux tuteurs d'Harry, le remboursement des Dursley de tous ceux qu'ils avaient perçus quand Harry était chez eux – sans qu'il ne soit mis au courant. Si la discrétion des gobelins était facile à acheter, que cette personne ait réussi à intervenir au ministère – sur le dossier d'Harry Potter entre tous ! – sans que personne ne soit au courant était vraiment très inquiétant. Quelqu'un d'autre dans le monde sorcier était au courant de la situation d'Harry, quelqu'un qui avait du pouvoir. C'était vraiment mauvais.

Mettant ça de côté, le directeur s'était concentré sur le plus urgent et avait fait quelques recherches sur la nouvelle famille d'Harry. Il avait été en partie rassuré de ce qu'il avait trouvé. Harry semblait heureux avec eux, et Dumbledore remerciait Merlin que Sherlock Holmes et John Watson aient trouvé Harry. Qui sait ce qui serait arrivé s'ils ne l'avaient pas fait ? Malgré l'échec de son plan, Dumbledore était heureux que les choses aient tourné ainsi. Jamais il n'avait voulu qu'Harry soit maltraité, et il regrettait de ne pas s'être rendu compte de ce que subissait le petit garçon avant.

Si tout s'était passé normalement, Pétunia aurait dû accueillir Harry chez eux, encouragée par les versements mensuels faits à partir des comptes de la famille Potter – une mesure prise par les Potter eux-mêmes, puisque le directeur n'avait bien évidemment pas accès à ces comptes. Dumbledore savait bien que les Dursley ne considéreraient jamais Harry comme un fils, mais c'était un sacrifice nécessaire. Pour le plus grand bien. Ainsi, ils auraient sûrement refusé la magie d'Harry et l'aurait tenu ignorant de son héritage, ce qui servait les intérêts du directeur : en envoyant Hagrid chercher l'enfant et lui faire visiter son nouvel univers, le petit Harry verrait le monde magique comme celui qui l'avait sauvé, l'endroit où il aurait enfin sa place. Hagrid se chargerait efficacement de lui dépeindre un portrait peu flatteur des Serpentards, et de faire les éloges de Gryffondor. Cela aurait été suffisant pour qu'Harry fasse le bon choix sous le choixpeau : il fallait que le survivant soit à Gryffondor, c'était impératif. Sinon, la population sorcière risquait de ne pas se ranger derrière lui.

(Et si Dumbledore avait pu faire en sorte qu'Harry devienne ami avec le jeune Weasley, cela aurait été encore mieux. Ainsi, il aurait pu garder un œil sur ses actions bien plus facilement, et lui donner une famille de substitution, l'ancrant encore plus dans la société sorcière.)

Oui, si tout c'était passé comme prévu… Mais il n'en était rien. Les Dursley avaient maltraité Harry, et le garçon avait été recueilli par d'autres.

Et si le directeur admettait que c'était finalement pour le mieux, il savait aussi que ça allait contrarier fortement ses plans. En effet, l'éducation qu'avait reçue Harry auprès de ses nouveaux parents ne tendait sûrement pas vers Gryffondor. John Watson aurait probablement été un Poufsouffle ou un Gryffondor s'il avait été à Poudlard, mais Sherlock Holmes était sans aucun doute un pur Serpentard, de même que son frère (qui était politicien en plus). Et Harry devait aller à Gryffondor, pour le bien de la guerre à venir. Les sorciers ne seraient pas prêts à accepter le Survivant dans une autre maison, et c'était à Gryffondor que son rôle de Survivant pourrait vraiment s'épanouir, et pousser Harry à faire tout ce qu'il fallait pour le plus grand bien.

Maintenant, il fallait que Dumbledore décide de la suite. Le futur était encore plus incertain qu'avant, et cela l'inquiétait beaucoup.

Et cette histoire de nom l'embêtait aussi. C'était Harry Potter le Survivant, et non Harry Watson-Holmes. Ce nom était trop connu pour être changé, et il valait mieux mettre le moins possible en avant le fait que le survivant ait deux pères : la société sorcière était assez homophobe.

Selon son plan d'origine, c'était Hagrid qui devait faire pencher la balance pour Gryffondor. Mais maintenant, Dumbledore doutait que cela marche réellement. Et mettre Hagrid face à un génie risquait de faire plus de mal qu'autre chose. Le géant pourrait-il vraiment faire le poids face à Sherlock Holmes ?

Peut-être… Dumbledore se caressa la barbe d'une main, pensif. L'idée qui avait germé dans son esprit était vraiment risquée, et avait de grandes chances de ne pas marcher. Mais avait-il réellement le choix ? De toute façon, les choses ne pouvaient pas empirer.

Il allait compter sur la psychologie inversée. Plutôt que de faire l'apologie de Gryffondor auprès d'Harry, il allait lui présenter un membre de Serpentard assez détestable pour qu'il n'ait pas envie d'y aller. Encore moins quand ce membre en était le directeur de maison…

Décidé, Dumbledore jeta de la poudre de cheminette dans l'âtre.

« - Severus, pouvez-vous venir dans mon bureau ? J'ai une tâche à vous confier… »


Et voilà ! Et oui, tout ça juste pour expliquer pourquoi c'est Severus qui amène Harry sur le chemin de traverse…

Bon en vrai, j'avais envie de poser ça en toile de fond, parce que c'est à peu près mes head-canons sur le personnage de Dumbledore. Mais vraiment, ça ne devrait pas beaucoup revenir dans l'histoire. Il y aura quelques allusions quand même et ça aura un petit impact sur les évènements (je ne pose pas tout ça pour rien) mais ça ne sera jamais au premier plan. Ne vous inquiétez pas, CETTE FIC NE DEVIENDRA PAS UN BASHING!DUMBLEDORE, ce n'est absolument pas le but !

Si vous êtes des lecteurs assidus de fics HP, vous connaissez sûrement ces théories sur les motivations de Dumbledore. Si vous êtes au contraire des lecteurs du fandom Sherlock qui n'ont jamais lu plus que ça des fics HP, vous êtes sûrement un peu perdu. Si vous voulez savoir tous ces head-canons du fandom HP autour de Dumbledore, je vous conseille vivement le chapitre 4 (le reste de la fic est très bien aussi !) de la fic de l'auteur The Devil is Lucky, « Harry Potter : C'est quoi ce délire, au juste ? » (Attention, l'auteur va volontairement assez loin dans la théorie et la provocation, gardez ça en tête !). Il y a aussi les fics de Crystal of Shadow, qui n'écrit quasiment que des fics exploitant cette théorie (par contre, c'est du vrai bashing de Dumbledore, Molly, Ginny et Ron. N'allez pas lire si vous n'aimez pas le bashing !).

Moi je n'aime pas vraiment cette théorie de Dumbledore en tant que grand méchant suprême qui contrôle toute la vie d'Harry. Je le vois plus comme un vieil homme qui a trop fait la guerre et est bloqué sur ce mode de pensée : il n'arrive plus à se focaliser sur la paix et prévoit déjà la prochaine guerre, plaçant ses pions sur l'échiquier et perdant de vue l'humain, prêt à tout pour « le plus grand bien » (oui, je n'aime vraiment pas cette expression). D'ailleurs, je vous conseille fortement la fic « Poison Pen » (qui as été traduite en français sous le titre « Poison Pen ou Plume Empoisonnée ») qui est une fic absolument géniale (même s'il faut passer sur les fautes parfois assez grosses, mais on finit par les oublier) et exploite cette explication-là.

Voilà, dîtes-moi ce que vous en avez pensé, si vous avez aimé, pas aimé, rien compris, êtes d'accord, pas d'accord ? J'accepte tout :), je sais que ce n'est pas un chapitre facile.